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  • il y a 7 heures
Isabelle Burlet, présidente de l'USPO Isère, revient sur les difficultés auxquelles font face les officines qui sont de plus en plus nombreuses à fermer.

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Transcription
00:00C'est l'invité d'ici matin. Le village de la mode d'Aveillon risque de perdre sa seule pharmacie.
00:04Elle sera fixée sur son sort aujourd'hui.
00:05Le dossier passe devant le tribunal de commerce de Grenoble qui pourrait prononcer la liquidation judiciaire.
00:10Alors, est-ce que nos pharmacies sont en danger ?
00:12On en parle ce matin avec la présidente en Isère de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine.
00:17Bonjour Isabelle Burlet.
00:18Merci d'être avec nous dans ce studio.
00:21On a beaucoup de pharmacies qui ferment ou qui risquent de fermer en Isère ?
00:26Alors, qui risquent de fermer, ça on ne sait pas, mais qui ont fermé, j'ai regardé un petit peu
00:31les chiffres.
00:32En 7 ans, en Isère, on a 24 pharmacies qui ont fermé et le mouvement s'accélère parce que rien
00:38que l'année dernière, il y a eu 9 fermetures.
00:41Mais qui passent comme ça devant le tribunal, qui sont liquidés carrément judiciairement ?
00:45Pas toujours. Quelquefois, c'est une fermeture sèche parce que le pharmacien n'a pas trouvé de repreneur.
00:53Par à la retraite.
00:54Voilà. Quelquefois, ce sont des fusions de pharmacies qui se rapprochent pour mutualiser les coûts, pour mutualiser le travail.
01:04Mais là, dans ce cas précis, à la mode d'aveillant, effectivement, les difficultés financières ressortent.
01:11Le pharmacien a des dettes.
01:14Est-ce qu'il y a un souci de concurrence de plus en plus forte pour les pharmacies qui ont
01:19du mal à faire le chiffre d'affaires qu'elles faisaient avant ?
01:22Alors, concurrence, je ne pense pas, surtout dans des zones comme celle-ci.
01:27Là, je pense que ce qui s'est passé, c'est que le pharmacien, il faut savoir qu'en fait,
01:34nos rémunérations baissent de plus en plus.
01:37Chaque année, le prix des médicaments baisse.
01:39Il y a moins de médecins, donc moins de prescriptions, forcément.
01:43On a aussi des pénuries de médicaments, qui font que forcément, on vend moins.
01:49On ne les achète pas.
01:50Voilà, c'est mathématique.
01:52Nos charges ont beaucoup augmenté ces derniers temps.
01:56Et donc, au bout d'un moment, on se retrouve en déséquilibre entre ce qu'on achète et ce qu
02:00'on vend.
02:00Et on se retrouve avec des...
02:02Et ça met en danger certains pharmacies.
02:03Oui, il faut savoir aussi que les prix...
02:06On a certains médicaments qui sont très, très, très chers, qui sont sortis de la réserve hospitalière,
02:11qui, en fait, nous mènent à des difficultés de trésorerie.
02:17On ne peut plus acheter certains médicaments qui coûtent 10 000, 20 000, 30 000, quelquefois 60 000 euros par
02:24mois.
02:25Donc, les pharmaciens, dans ce cas-là, se retrouvent en déficit plus, plus, plus.
02:30Notre invitée, ce matin, c'est la présidente en ISER de l'Union des syndicats de pharmaciens d'office,
02:35Isabelle Burlet, pour revenir sur le danger qui menace peut-être nos pharmacies,
02:38avec le cas de la mode d'aveillant, qui pourrait perdre sa pharmacie.
02:41Ce qu'on entend aussi, au-delà des difficultés financières,
02:44c'est la difficulté de retrouver, de trouver un repreneur.
02:49C'est le cas à la mode d'aveillant.
02:50Vous en avez parlé aussi pour d'autres pharmacies.
02:53C'est compliqué, aujourd'hui, de trouver des repreneurs ?
02:55Oui, c'est compliqué.
02:56En fait, on est quand même à un commerce, mine de rien, avec de gros investissements.
03:01On a des amplitudes horaires qui sont assez larges.
03:05On est ouvert de 6 jours sur 7, en général, de 8h30 à 19h, 19h30.
03:10On n'a qu'une pause entre midi et 2.
03:12Avec des dimanches de garde aussi.
03:13Avec des dimanches de garde, des nuits de garde également.
03:17Et donc, il est difficile de trouver...
03:20Ça attire moins.
03:20Ça attire moins, oui.
03:22Les jeunes ont moins envie d'être pharmaciens ?
03:24Ou en tout cas, de prendre un commerce ?
03:26Ou si, les jeunes prennent encore des commerces, mais plus des pharmacies de plus grande envergure, en fait.
03:34Et c'est ça, finalement, vers quoi on se dirige ?
03:37Des grosses pharmacies qui seraient dans des grosses villes ?
03:41On aimerait bien que non, parce qu'en pharmacie, on a un maillage territorial qui est très important.
03:47Le nombre de pharmacies est corrélé à une population.
03:55Et dans certains villages, comme là, la mode d'aveillant, la pharmacie va fermer.
04:00Et donc, au niveau des relations sociales, au niveau des gens qui vont avoir leurs médicaments à aller chercher,
04:08il va falloir qu'ils prennent leur voiture, qu'ils fassent des kilomètres.
04:11Et ça, c'est déplorable.
04:14Et du coup, c'est quoi la solution ? On peut se poser la question ce matin ?
04:17Comment on fait pour attirer du monde dans les villages ?
04:20Déjà, il faudrait que notre gouvernement revoie notre mode de rémunération.
04:28Aujourd'hui, il est obsolète.
04:30Donc, nos syndicats travaillent pour justement demander une réouverture des négociations.
04:36Après, comment arriver à trouver des personnes qui viennent s'installer dans les communes un peu retirées ?
04:44Alors, il existe quelques solutions qui ne sont pas encore totalement acceptables, en fait,
04:52de faire des antennes de pharmacie.
04:55C'est-à-dire que la pharmacie dépend d'une autre pharmacie.
04:57Donc, il n'y a pas d'achat du fonds de commerce, etc.
05:01Mais c'est quand même difficile de trouver des personnes qui veulent aller s'installer dans des régions,
05:07enfin, sur des communes un peu isolées.
05:11Merci beaucoup, Isabelle Burlet, d'avoir été nous pour faire ce constat ce matin.
05:16Présidente en ISER de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine.
05:19Je vous souhaite une bonne journée.
05:20Merci.
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