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  • il y a 6 heures
Dimanche soir, Donald Trump avait prévenu que l'armée américaine pouvait prendre "très facilement" le contrôle de l'île de Kharg, un site pétrolier essentiel pour l'Iran, lors d'un entretien au Financial Times.

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Transcription
00:00Donald Trump qui souffle le chaud et le froid au fur et à mesure de ses déclarations
00:03est là la toute dernière déclaration extrêmement menaçante.
00:07Donc il menace tout simplement de tout faire exploser.
00:13Oui, il pose deux conditions à cela.
00:15Il faut que l'accord de paix soit réalisé sous peu
00:19et il demande à ce que le détroit d'Hormuz soit immédiatement libéré pour l'accès des bateaux.
00:25Et si ce n'est pas le cas, Donald Trump menace fermement l'Iran de faire sauter
00:30effectivement les centrales électriques, les puits de pétrole et l'île de Karg.
00:34Alors Donald Trump qui menace de nouveau après avoir pourtant estimé que les avancées diplomatiques étaient sérieuses.
00:42Donc c'est vrai que les signaux sont contradictoires mais en même temps on voit bien aussi
00:46que se prépare cette intervention terrestre. Est-ce qu'elle aura lieu ?
00:50On ne le sait pas mais en tout cas il y a des signes.
00:52Des centaines de membres des forces spéciales américaines sont arrivés sur place
00:56d'après le New York Times, notamment des Rangers de l'armée de terre ou encore des Navy Seals
01:02qui viennent renforcer les milliers de marines et de parachutistes
01:05qui étaient déjà arrivés il y a quelques jours.
01:07Bref, l'option est désormais clairement sur la table de Donald Trump.
01:11Le Pentagone a tout fait pour préparer au mieux cette option.
01:15On verra si Donald Trump choisit de l'activer ou non.
01:18Merci beaucoup à vous Axel. Axel Meunier, correspondant à Washington.
01:22On décrypte évidemment tout ce qui se passe, je vous le disais, avec nos envoyés spéciaux sur le terrain
01:25mais aussi avec nos experts, nos spécialistes en plateau.
01:28Patrick Soss est toujours là. Merci beaucoup Patrick.
01:30Romien Melkarek, bonjour. Merci aussi à vous d'être là.
01:33Et Pierre Berthelot, directeur de la revue Orient Stratégique,
01:35chercheur au centre de géopolitique d'HEC.
01:38Merci aussi à vous d'être là.
01:39Est-ce que Donald Trump, avec ses dernières déclarations, est encore crédible ?
01:44Il y a quelques heures à peine, il disait qu'il y avait des discussions extrêmement sérieuses
01:48avec un nouveau régime.
01:49Il qualifie de nouveau régime, beaucoup plus responsable.
01:52Est-ce qu'on peut encore prendre au sérieux les déclarations de Donald Trump ?
01:55Non, mais ce n'est pas l'objectif.
01:56Il n'a jamais été vraiment sérieux ou crédible.
01:58C'est toujours, comme vous l'avez rappelé, alterner le chaud et le froid
02:02parce que peut-être derrière se cache une stratégie qu'on ne connaît pas.
02:06C'est aussi un moyen peut-être de faire pression
02:09parce qu'on dit qu'il y aurait des négociations en coulisses via le Pakistan.
02:15Donc, c'est très difficile à évaluer.
02:16C'est aussi pour mettre sous pression les Iraniens
02:19parce qu'ils peuvent se dire qu'effectivement,
02:22Karak peut être un endroit qui peut être potentiellement frappé,
02:25même si en réalité, on prépare une opération peut-être ailleurs.
02:28Donc, il n'y a pas de grands changements.
02:30Ça a plus ou moins toujours été la stratégie de Trump.
02:33Jusque-là, il pense que ça lui a plutôt bien réussi,
02:36que ce soit en politique, voire dans certaines opérations politiques étrangères
02:40comme au Venezuela.
02:42Maintenant, peut-être qu'on est face aux limites
02:45parce qu'on a un adversaire qui est résilient, qui résiste
02:48et qui, de toute façon, va faire ce qu'il dit ou ce qu'il a annoncé.
02:51Si vous frappez Karak, on va taper les infrastructures énergétiques de la région
02:55qui, jusque-là, n'ont été frappées que graduellement.
02:58Et ça va faire encore montrer le prix du pétrole.
03:00Oui, parce qu'il y a cette option d'une opération terrestre
03:04qui, concrètement, est bien en train de s'organiser.
03:06On va voir dans un instant, avec Marguerite Dumont,
03:08l'une des options qui serait de faire un raid pour s'emparer de cet uranium enrichi.
03:13Patrick, cette option d'une opération terrestre,
03:15on sait maintenant qu'il y a eu des renforts.
03:17Il y a des renforts sur place, à proximité,
03:19au cas où Donald Trump donnerait son feu vert.
03:21Oui, la planification, elle est là pour tout type d'opération,
03:25y compris quelque chose de plus grande ampleur.
03:29Encore une fois, moi, je commence vraiment à me dire
03:32que si Donald Trump annonce notamment
03:34comment l'arrivée de forces spéciales, Delta Force, Navy Seals,
03:39comme personne ne pourrait le faire,
03:41c'est qu'il sait que c'est possible.
03:44Le reste, c'est du bruit.
03:46Il a envoyé son message à 7h30,
03:48c'est la matinale aux Etats-Unis,
03:50ça n'est pas encore l'ouverture des marchés,
03:52on est lundi matin,
03:53et il remet un peu les bases finalement
03:55quand il dit je menace de tout faire exploser.
03:57Il se trouve que c'est son ultimatum de 10 jours,
03:59dans une semaine, il l'avait dit,
04:01le 6 avril, si on arrive au bout de l'ultimatum,
04:04je tape tout.
04:05Il utilise des mots dans tout son vocabulaire,
04:08mais pour le coup, rien n'a changé.
04:09Et pour le reste, il continue de faire du bruit en disant
04:12voilà, j'ai affaire à des gens qui sont désormais raisonnables.
04:15L'ancien régime, c'est celui qui a massacré des Américains
04:17pendant 47 ans, ce ne sont plus ces gens-là.
04:20Techniquement, il a raison,
04:22ce ne sont plus les mêmes hommes,
04:23les autres ont été éliminés,
04:24mais pour le reste, tout est prêt pour.
04:27Et encore une fois, je fais l'analogie avec la France,
04:30imaginer le président Macron annoncer
04:32le déploiement du commando Uber
04:33sur tel endroit pour aller le chercher,
04:35s'il n'a pas 95% de certitude
04:40que ça va bien se passer,
04:41il ne le fait pas.
04:42Je ne suis pas...
04:43Encore une fois, je le répétais avant la guerre,
04:46je le répète maintenant,
04:47ce n'est pas un va-t'en-guerre, Donald Trump.
04:49S'il le lance, à part l'idée d'avoir un scalp
04:52ou une espèce de grand coffre avec l'uranium,
04:55il a quand même des adultes dans la pièce,
04:57comme on dit,
04:58avec les chefs d'état-major au Pentagone.
05:00Ce n'est pas un va-t'en-guerre, Donald Trump.
05:01Effectivement, ce n'est pas dans la tradition
05:03des républicains interventionnistes,
05:04mais en même temps,
05:05il a lancé plusieurs conflits
05:07depuis qu'il est arrivé au pouvoir.
05:09Est-ce qu'il a changé, finalement, Donald Trump ?
05:10Est-ce que cette menace-là,
05:12menace de faire tout exploser,
05:13il détaille tout, d'ailleurs, dans son message,
05:15les centrales électriques,
05:16tous les puits de pétrole,
05:17il donne des menaces très concrètes.
05:20Est-ce qu'il a changé ?
05:21Est-ce que, finalement,
05:21il est prêt à aller jusqu'à une intervention au sol ?
05:24Je ne sais pas s'il a changé,
05:25parce qu'en fait, je ne suis pas certain
05:27qu'il ait eu un jour des certitudes sur le sujet.
05:31Il a toujours été hostile
05:32à des interventions militaires
05:33parce que ça coûte de l'argent.
05:35Et donc, en bon promoteur immobilier,
05:38il se dit, on investit tant,
05:39on ne récupère pas grand-chose,
05:40ce n'est pas rentable.
05:41Et puis, parce que, surtout,
05:42son électorat était hostile à ses interventions.
05:45Et donc, pour faire plaisir à son électorat,
05:47il disait, sous mon mandat,
05:50il n'y aura pas de grande guerre
05:51comme on en a connu par le passé.
05:53Pour autant, il a quand même
05:55une utilisation de l'outil militaire
05:57qui est extrêmement radical.
06:01Depuis ce mandat-là,
06:02il l'a d'abord utilisé
06:03sur son territoire national
06:04avec un usage totalement inédit
06:06des forces militaires
06:08pour faire du maintien de l'ordre,
06:09pour faire de l'appui
06:10à des services de sécurité intérieure,
06:12mais dans des dispositifs
06:13qu'on n'avait jamais vus
06:14dans ces proportions-là.
06:16Donc, usage excessif de la force
06:18sur le territoire.
06:19Et puis, il a pris le goût
06:20d'utiliser cet argument
06:22de la puissance militaire
06:24à l'international.
06:24D'abord, assez modestement,
06:26en menaçant la Russie
06:26à deux, trois reprises,
06:27nous avons un moment
06:28avec des sous-marins.
06:29Le Venezuela, je pense qu'il s'est dit,
06:30bon, ben, ça marche.
06:32Et puis, lors de la première intervention
06:34en Iran,
06:34il a probablement cru
06:35qu'il aurait des résultats rapidement,
06:37que justement,
06:38ce poids de la force
06:40allait peser.
06:41Et on se rend compte
06:42qu'en fait,
06:43les Iraniens ne sont pas dupes
06:45et ne se laissent pas impressionner.
06:46Sous-titrage Société Radio-Canada
06:46Mm-hmm.
06:47Sous-titrage Société Radio-Canada
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