00:00Donald Trump qui souffle le chaud et le froid au fur et à mesure de ses déclarations
00:03est là la toute dernière déclaration extrêmement menaçante.
00:07Donc il menace tout simplement de tout faire exploser.
00:13Oui, il pose deux conditions à cela.
00:15Il faut que l'accord de paix soit réalisé sous peu
00:19et il demande à ce que le détroit d'Hormuz soit immédiatement libéré pour l'accès des bateaux.
00:25Et si ce n'est pas le cas, Donald Trump menace fermement l'Iran de faire sauter
00:30effectivement les centrales électriques, les puits de pétrole et l'île de Karg.
00:34Alors Donald Trump qui menace de nouveau après avoir pourtant estimé que les avancées diplomatiques étaient sérieuses.
00:42Donc c'est vrai que les signaux sont contradictoires mais en même temps on voit bien aussi
00:46que se prépare cette intervention terrestre. Est-ce qu'elle aura lieu ?
00:50On ne le sait pas mais en tout cas il y a des signes.
00:52Des centaines de membres des forces spéciales américaines sont arrivés sur place
00:56d'après le New York Times, notamment des Rangers de l'armée de terre ou encore des Navy Seals
01:02qui viennent renforcer les milliers de marines et de parachutistes
01:05qui étaient déjà arrivés il y a quelques jours.
01:07Bref, l'option est désormais clairement sur la table de Donald Trump.
01:11Le Pentagone a tout fait pour préparer au mieux cette option.
01:15On verra si Donald Trump choisit de l'activer ou non.
01:18Merci beaucoup à vous Axel. Axel Meunier, correspondant à Washington.
01:22On décrypte évidemment tout ce qui se passe, je vous le disais, avec nos envoyés spéciaux sur le terrain
01:25mais aussi avec nos experts, nos spécialistes en plateau.
01:28Patrick Soss est toujours là. Merci beaucoup Patrick.
01:30Romien Melkarek, bonjour. Merci aussi à vous d'être là.
01:33Et Pierre Berthelot, directeur de la revue Orient Stratégique,
01:35chercheur au centre de géopolitique d'HEC.
01:38Merci aussi à vous d'être là.
01:39Est-ce que Donald Trump, avec ses dernières déclarations, est encore crédible ?
01:44Il y a quelques heures à peine, il disait qu'il y avait des discussions extrêmement sérieuses
01:48avec un nouveau régime.
01:49Il qualifie de nouveau régime, beaucoup plus responsable.
01:52Est-ce qu'on peut encore prendre au sérieux les déclarations de Donald Trump ?
01:55Non, mais ce n'est pas l'objectif.
01:56Il n'a jamais été vraiment sérieux ou crédible.
01:58C'est toujours, comme vous l'avez rappelé, alterner le chaud et le froid
02:02parce que peut-être derrière se cache une stratégie qu'on ne connaît pas.
02:06C'est aussi un moyen peut-être de faire pression
02:09parce qu'on dit qu'il y aurait des négociations en coulisses via le Pakistan.
02:15Donc, c'est très difficile à évaluer.
02:16C'est aussi pour mettre sous pression les Iraniens
02:19parce qu'ils peuvent se dire qu'effectivement,
02:22Karak peut être un endroit qui peut être potentiellement frappé,
02:25même si en réalité, on prépare une opération peut-être ailleurs.
02:28Donc, il n'y a pas de grands changements.
02:30Ça a plus ou moins toujours été la stratégie de Trump.
02:33Jusque-là, il pense que ça lui a plutôt bien réussi,
02:36que ce soit en politique, voire dans certaines opérations politiques étrangères
02:40comme au Venezuela.
02:42Maintenant, peut-être qu'on est face aux limites
02:45parce qu'on a un adversaire qui est résilient, qui résiste
02:48et qui, de toute façon, va faire ce qu'il dit ou ce qu'il a annoncé.
02:51Si vous frappez Karak, on va taper les infrastructures énergétiques de la région
02:55qui, jusque-là, n'ont été frappées que graduellement.
02:58Et ça va faire encore montrer le prix du pétrole.
03:00Oui, parce qu'il y a cette option d'une opération terrestre
03:04qui, concrètement, est bien en train de s'organiser.
03:06On va voir dans un instant, avec Marguerite Dumont,
03:08l'une des options qui serait de faire un raid pour s'emparer de cet uranium enrichi.
03:13Patrick, cette option d'une opération terrestre,
03:15on sait maintenant qu'il y a eu des renforts.
03:17Il y a des renforts sur place, à proximité,
03:19au cas où Donald Trump donnerait son feu vert.
03:21Oui, la planification, elle est là pour tout type d'opération,
03:25y compris quelque chose de plus grande ampleur.
03:29Encore une fois, moi, je commence vraiment à me dire
03:32que si Donald Trump annonce notamment
03:34comment l'arrivée de forces spéciales, Delta Force, Navy Seals,
03:39comme personne ne pourrait le faire,
03:41c'est qu'il sait que c'est possible.
03:44Le reste, c'est du bruit.
03:46Il a envoyé son message à 7h30,
03:48c'est la matinale aux Etats-Unis,
03:50ça n'est pas encore l'ouverture des marchés,
03:52on est lundi matin,
03:53et il remet un peu les bases finalement
03:55quand il dit je menace de tout faire exploser.
03:57Il se trouve que c'est son ultimatum de 10 jours,
03:59dans une semaine, il l'avait dit,
04:01le 6 avril, si on arrive au bout de l'ultimatum,
04:04je tape tout.
04:05Il utilise des mots dans tout son vocabulaire,
04:08mais pour le coup, rien n'a changé.
04:09Et pour le reste, il continue de faire du bruit en disant
04:12voilà, j'ai affaire à des gens qui sont désormais raisonnables.
04:15L'ancien régime, c'est celui qui a massacré des Américains
04:17pendant 47 ans, ce ne sont plus ces gens-là.
04:20Techniquement, il a raison,
04:22ce ne sont plus les mêmes hommes,
04:23les autres ont été éliminés,
04:24mais pour le reste, tout est prêt pour.
04:27Et encore une fois, je fais l'analogie avec la France,
04:30imaginer le président Macron annoncer
04:32le déploiement du commando Uber
04:33sur tel endroit pour aller le chercher,
04:35s'il n'a pas 95% de certitude
04:40que ça va bien se passer,
04:41il ne le fait pas.
04:42Je ne suis pas...
04:43Encore une fois, je le répétais avant la guerre,
04:46je le répète maintenant,
04:47ce n'est pas un va-t'en-guerre, Donald Trump.
04:49S'il le lance, à part l'idée d'avoir un scalp
04:52ou une espèce de grand coffre avec l'uranium,
04:55il a quand même des adultes dans la pièce,
04:57comme on dit,
04:58avec les chefs d'état-major au Pentagone.
05:00Ce n'est pas un va-t'en-guerre, Donald Trump.
05:01Effectivement, ce n'est pas dans la tradition
05:03des républicains interventionnistes,
05:04mais en même temps,
05:05il a lancé plusieurs conflits
05:07depuis qu'il est arrivé au pouvoir.
05:09Est-ce qu'il a changé, finalement, Donald Trump ?
05:10Est-ce que cette menace-là,
05:12menace de faire tout exploser,
05:13il détaille tout, d'ailleurs, dans son message,
05:15les centrales électriques,
05:16tous les puits de pétrole,
05:17il donne des menaces très concrètes.
05:20Est-ce qu'il a changé ?
05:21Est-ce que, finalement,
05:21il est prêt à aller jusqu'à une intervention au sol ?
05:24Je ne sais pas s'il a changé,
05:25parce qu'en fait, je ne suis pas certain
05:27qu'il ait eu un jour des certitudes sur le sujet.
05:31Il a toujours été hostile
05:32à des interventions militaires
05:33parce que ça coûte de l'argent.
05:35Et donc, en bon promoteur immobilier,
05:38il se dit, on investit tant,
05:39on ne récupère pas grand-chose,
05:40ce n'est pas rentable.
05:41Et puis, parce que, surtout,
05:42son électorat était hostile à ses interventions.
05:45Et donc, pour faire plaisir à son électorat,
05:47il disait, sous mon mandat,
05:50il n'y aura pas de grande guerre
05:51comme on en a connu par le passé.
05:53Pour autant, il a quand même
05:55une utilisation de l'outil militaire
05:57qui est extrêmement radical.
06:01Depuis ce mandat-là,
06:02il l'a d'abord utilisé
06:03sur son territoire national
06:04avec un usage totalement inédit
06:06des forces militaires
06:08pour faire du maintien de l'ordre,
06:09pour faire de l'appui
06:10à des services de sécurité intérieure,
06:12mais dans des dispositifs
06:13qu'on n'avait jamais vus
06:14dans ces proportions-là.
06:16Donc, usage excessif de la force
06:18sur le territoire.
06:19Et puis, il a pris le goût
06:20d'utiliser cet argument
06:22de la puissance militaire
06:24à l'international.
06:24D'abord, assez modestement,
06:26en menaçant la Russie
06:26à deux, trois reprises,
06:27nous avons un moment
06:28avec des sous-marins.
06:29Le Venezuela, je pense qu'il s'est dit,
06:30bon, ben, ça marche.
06:32Et puis, lors de la première intervention
06:34en Iran,
06:34il a probablement cru
06:35qu'il aurait des résultats rapidement,
06:37que justement,
06:38ce poids de la force
06:40allait peser.
06:41Et on se rend compte
06:42qu'en fait,
06:43les Iraniens ne sont pas dupes
06:45et ne se laissent pas impressionner.
06:46Sous-titrage Société Radio-Canada
06:46Mm-hmm.
06:47Sous-titrage Société Radio-Canada
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