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  • il y a 2 jours
Tandis que la pression s'intensifie sur l'Iran après les menaces répétées de Donald Trump, le président américain a mis en garde contre la possibilité d'un mauvais dessein pour la République islamique en l'absence d'accord avec Washington.

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Transcription
00:00Il y a une première rencontre entre Américains et Iraniens qui est annoncée vendredi en Turquie,
00:05des négociations directes sur fond de tensions militaires qui continuent.
00:08On a appris aujourd'hui qu'un drone iranien avait été abattu par les Américains par exemple
00:12et sans que le sort de la population iranienne ne soit évoqué,
00:16alors qu'on parle aujourd'hui sans doute de 50 000 personnes qui auraient été interpellées
00:21lors des manifestations du mois de janvier.
00:23On se souvient que Donald Trump avait incité à ces manifestations, avait incité les Iraniens à partir.
00:27La question est toute simple ce soir pour votre choix Elsa.
00:29Est-ce que Trump a abandonné les Iraniens ?
00:32C'est une des rares occasions que j'ai ici avec vous,
00:36une rare et triste occasion de répondre par la plus simple affirmative,
00:41sauf démentie des événements dans quelques jours.
00:44On n'est pas à l'abri d'un retour de tensions.
00:47Vous avez mentionné le drone iranien abattu aujourd'hui par les Américains
00:51mais qui ne remet pas en question les négociations.
00:54Eh bien oui, la population iranienne a été abandonnée de Donald Trump.
00:58Elle a surtout totalement disparu des discours du président.
01:03Il n'y figure plus que les dirigeants iraniens que Donald Trump menace régulièrement de frappes
01:08en cas d'échec de négociations à venir dont on ne sait pas grand chose.
01:12J'aimerais avoir un accord négocié.
01:16Je ne sais pas si cela va arriver mais enfin, si je le savais, je ne pourrais pas vous le dire.
01:21Ce serait très stupide de ma part de vous le dire.
01:23Pour l'instant, nous discutons avec eux, nous parlons avec l'Iran
01:27et si nous pouvions trouver un accord, ce serait formidable.
01:30Et si nous n'y parvenons pas, il se produirait probablement de mauvaises choses.
01:34– Pardon, ils discutent, je le rappelle, et ils doivent discuter du programme nucléaire,
01:39des missiles balistiques, etc.
01:40– Oui, effectivement.
01:41– Mais pas du déploiement de la démocratie en Iran.
01:43– Oui, on est donc à des années-lumière d'une déclaration faite par le 47e président américain.
01:48C'était le 13 janvier dernier.
01:51Et sur son compte, sur Truth Social, celui-ci appelait tout simplement les Iraniens
01:56à continuer à protester, il leur disait même « Prenez vos institutions, l'aide est en chemin ».
02:02Déclaration dont on mesure à postériori le caractère absolument irresponsable
02:07face à un bilan humain en Iran, celui de la répression, tout à fait inédit.
02:13Je vous explique simplement, on a probablement plus de 30 000 morts,
02:17ça ce sont selon des informations de réseaux de médecins officiels
02:21qui communiquent avec leurs homologues réfugiés en Allemagne.
02:25Plus de 50 000 personnes qui auraient été interpellées,
02:29le bilan d'une autre organisation humanitaire qui travaille à l'étranger,
02:34et 139 ressortissants étrangers arrêtés en Iran, ça c'est une source officielle.
02:39Ce bilan est le grand absent des discours américains de toutes sortes,
02:44et ce depuis deux semaines.
02:45– Et ce soir, ce sont les Européens qui appellent les autorités iraniennes
02:48à suspendre précisément la répression.
02:50– Oui, à l'instar du président Emmanuel Macron,
02:52aujourd'hui en marge d'un déplacement en Haute-Saône à Vezoul,
02:56pour assurer les agriculteurs,
02:58il est revenu sur la situation en Iran en précisant la priorité pour la France.
03:03– Je pense que la responsabilité de l'Iran aujourd'hui,
03:07c'est d'une part de respecter son peuple,
03:12face à la révolution qui s'est encore déroulée,
03:18et à la répression terrible que nous avons vue.
03:23Et donc c'est de respecter son peuple,
03:25c'est de libérer les prisonniers politiques,
03:28et ensuite c'est de réengager les discussions qui sont attendues d'elle,
03:32sur la question nucléaire d'une part,
03:33sur la question balistique d'autre part,
03:35et sur la stabilité régionale enfin.
03:38– C'est aussi, il enfonce le clou,
03:42ce qu'a répété le ministre des Affaires étrangères français,
03:45Jean-Noël Barraud, chez nos confrères de France Télévisions ce matin,
03:49en rappelant que la première des décisions à prendre par Téhéran,
03:53c'est évidemment de mettre fin à la répression sanglante.
03:56Et cela, c'est tout à notre honneur,
03:58mais j'ai envie de dire que ce n'est pas du tout la question qui se pose aujourd'hui,
04:00parce que la question qui se pose aujourd'hui,
04:02c'est celle de l'usage de la puissance américaine.
04:05Et il y a dans la posture de Donald Trump un paradoxe que je ne m'explique pas.
04:09Donald Trump, vous le savez, est obnubilé
04:11par laisser un bilan bien meilleur que celui d'Obama ou de Biden.
04:16Or, sur le dossier iranien,
04:18Obama a lui-même confessé avoir fait une erreur
04:21quand il n'était pas intervenu en Iran en 2009 suite au mouvement vert.
04:26Il a confessé cette erreur en octobre 2022 en disant
04:30avec le recul, je pense que c'était une erreur.
04:33Chaque fois que nous apercevons une lueur d'espoir,
04:36nous devons exprimer notre solidarité.
04:37Tout espoir de libération est-il perdu pour les Iraniens
04:41si le régime parvient à se maintenir ?
04:43Alors non, parce que d'une part personne ne sait
04:45si cette relative phase de désescalade
04:48qui aboutira peut-être sur des négociations va tenir.
04:52Donc on peut déboucher sur une nouvelle séquence
04:54de tensions militaires, merci Yves,
04:57qui serait tout simplement possible
04:59parce que la puissance de feu américaine dans la zone
05:01n'est pas retirée, elle est prête à servir.
05:04D'autre part, il serait tentant de se bercer d'illusions
05:06et de se dire que si l'Iran perdait ses atouts stratégiques,
05:10c'est-à-dire son programme nucléaire,
05:13c'est-à-dire ses missiles balistiques,
05:15mais aussi ses alliés dans la région
05:17qui sont en Irak, en Syrie, au Yémen, à Gaza,
05:21dix milices souvent chiites
05:23qui viennent déstabiliser la zone,
05:25alors que le régime serait moins craint,
05:28qu'en étant moins craint, il serait moins fort,
05:30que sa population pourrait donc se saisir à nouveau
05:32de son destin.
05:34Tout ça, je pense que ce sera assez indifférent
05:37dans le futur au nouvel Iran
05:39qui va émerger des ruines de ce régime
05:41qui est près de sa fin,
05:42dont les Iraniens se rappelleront
05:43qu'ils ont été seuls.
05:44qui sont en train de se passer
05:46de sa fin,
05:48qui sont en train d'émerger des ruines.
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