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  • il y a 2 semaines
Huit mois après la signature de l'accord de Bougival et deux mois après la signature de celui Élysée-Oudinot, la commission des lois examine le projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie. Celui-ci, adopté par le Sénat en octobre dernier, prévoit notamment une consultation par référendum sur l'Accord de Bougival, mais également la création de l'État de la Nouvelle-Calédonie et de la nationalité calédonienne dans la Constitution française, et l'élargissement du corps électoral. Pour débuter l'examen, les députés auditionnent la ministre des Outre-mer Naima Moutchou. Retrouvez les temps forts des échanges entre la ministre et les députés.

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Transcription
00:00:07Bonjour et bienvenue sur LCP. Dans cet épisode, on va parler d'un sujet difficile et explosif, la Nouvelle-Calédonie.
00:00:15A 11 000 kilomètres d'ici, ce territoire français attend toujours son statut,
00:00:21deux ans après des émeutes meurtrières qui ont fait sur place 14 morts et plus de 2 milliards d'euros
00:00:29de dégâts.
00:00:30Des accords ont été conclus entre Paris et les forces politiques locales pour créer un État de Nouvelle-Calédonie
00:00:38et inscrire cet État dans la Constitution.
00:00:41Des accords qui prévoient aussi l'ouverture du corps électoral aux résidents installés en Nouvelle-Calédonie après 1997.
00:00:51Seulement voilà, ces accords n'ont pas été signés par le FLNKS, le parti indépendantiste, et cela pose problème.
00:00:59Le gouvernement, dans ce contexte, a déposé un projet de loi à l'Assemblée nationale pour inscrire ces accords dans
00:01:08la loi problème.
00:01:10Eh bien, le Parlement n'est pas d'accord. C'est une mission compliquée pour Naïma Moutchou, la ministre.
00:01:16La séance est ouverte. A tout à l'heure.
00:01:18D'abord, Bougival part d'un constat simple. Le cycle référendaire qui est prévu par l'accord de Nouméa est
00:01:22arrivé à son terme.
00:01:24Les trois consultations ont eu lieu. Elles ont produit un résultat, mais elles n'ont pas à elles seules dessiner
00:01:29un cadre stabilisé pour l'après.
00:01:31Bougival propose précisément ce cadre. Il redéfinit les institutions calédoniennes et il organise de façon progressive le transfert des compétences
00:01:42régaliennes.
00:01:44Plus précisément, il prévoit l'inscription dans la constitution de l'État de la Nouvelle-Calédonie.
00:01:49Évolution importante. Elle reconnaît la singularité institutionnelle du territoire et lui donne une assise constitutionnelle claire.
00:01:57Il prévoit également la reconnaissance d'une nationalité calédonienne qui coexiste avec la nationalité française,
00:02:03selon des critères définis dans l'accord.
00:02:04C'est une manière de traduire juridiquement une réalité politique propre au territoire, dans un cadre constitutionnel sécurisé.
00:02:12L'accord organise ensuite l'adoption d'une loi fondamentale de la Nouvelle-Calédonie par son Congrès.
00:02:17Cette loi fondamentale aura un domaine propre, notamment pour définir les valeurs communes, la citoyenneté calédonienne, les signes identitaires et
00:02:24son fonctionnement institutionnel.
00:02:26Elle s'inscrira dans la hiérarchie des normes telles qu'elle sera précisée par la constitution et par la loi
00:02:31organique.
00:02:33Bougival encadre aussi la question des compétences.
00:02:36Les compétences de défense, de sécurité, de justice et de monnaie demeurent exercées par l'État.
00:02:41L'accord ouvre en revanche la possibilité d'un mécanisme de transfert progressif,
00:02:46qui est fondé sur une majorité qualifiée du Congrès et sur l'approbation par consultation des Calédoniens.
00:02:52Il ne s'agit pas là de verrou, comme je l'ai entendu, mais de garanties démocratiques fortes, compte tenu
00:02:57de la nature des compétences transférées.
00:03:01Transférer des compétences régaliennes n'est jamais un acte anodin.
00:03:04Cela engage la souveraineté, l'organisation de la justice, la sécurité et les équilibres financiers.
00:03:10Il est donc normal que la procédure soit exigeante, qu'elle repose sur une majorité qualifiée au sein du Congrès
00:03:16et qu'elle soit soumise in fine à l'approbation des Calédoniens eux-mêmes.
00:03:20Ces conditions ne sont dirigées contre personne, elles protègent tout le monde.
00:03:24Elles assurent que toute évolution majeure ne pourra intervenir qu'à l'issue d'un choix clairement assumé, partagé et
00:03:30validé démocratiquement.
00:03:32L'accord prévoit également que la Nouvelle-Calédonie pourra exercer dans le champ de ses compétences propres
00:03:36des relations internationales de coopération régionale, en lien avec son environnement pacifique
00:03:41et dans le respect des engagements de la France.
00:03:44Enfin, Bougival aborde l'équilibre institutionnel interne du territoire.
00:03:48Il conforte le rôle des provinces dans le développement économique et social, tout en maintenant un cadre de solidarité et
00:03:54d'unité à l'échelle du territoire.
00:03:56Les transferts éventuels vers les provinces seront encadrés par la loi organique, nous y reviendrons.
00:04:02Voilà la réalité du contenu de Bougival qui mérite d'être regardé de près, sans fantasmes et sans caricatures.
00:04:09L'étape Élysée-Oudino s'inscrit dans ce prolongement.
00:04:13Elle a permis de préciser et de consolider plusieurs points qui appelaient des clarifications à la demande des partenaires calédoniens
00:04:19eux-mêmes.
00:04:19Le premier concerne les identités.
00:04:22La reconnaissance de l'identité kanak, déjà inscrite dans le préambule de l'accord de Nouméa, a été réaffirmée comme
00:04:28un socle.
00:04:29Dans le même temps, l'affirmation d'une identité calédonienne a été confortée.
00:04:34Ces précisions répondaient aux interrogations exprimées notamment par l'Uni, par le FLNKS et par le Sénat coutumier
00:04:40sur la portée de certaines formulations de Bougival.
00:04:43Il était important que ces points soient explicités pour que personne n'ait le sentiment qu'un équilibre symbolique essentiel
00:04:49était fragilisé.
00:04:52Le deuxième point porte sur l'exercice du droit à l'autodétermination.
00:04:56Ce droit est réaffirmé.
00:04:58Il demeure au cœur du processus engagé depuis l'accord de Nouméa et du chemin de décolonisation reconnu par la
00:05:04République.
00:05:04Ce qu'apporte la séquence Elysée-Oudino, c'est d'avoir rendu ce principe plus concret et plus lisible.
00:05:10D'abord, en précisant que ce droit ne passerait plus par des référendums binaires qui ont abîmé le territoire,
00:05:17mais par un processus progressif.
00:05:19Des compétences peuvent être exercées de plus en plus largement par la Nouvelle-Calédonie,
00:05:24à mesure que les responsables politiques du territoire en prennent la responsabilité et que les Calédoniens y consentent.
00:05:30Ensuite, en organisant ce processus, un comité de suivi a été créé, qui est un véritable outil politique.
00:05:37Il doit suivre dans la durée la manière dont la Nouvelle-Calédonie est associée à l'exercice de certaines compétences,
00:05:42aujourd'hui assumées par l'État.
00:05:44Il doit évaluer ce qui fonctionne, ce qui doit être ajusté,
00:05:48et il doit permettre aux responsables politiques de décider, en connaissance de cause, des étapes suivantes.
00:05:53Il se réunira chaque année à cet effet, et il procédera à l'issue de chaque mandature,
00:05:57à un bilan du processus de décolonisation.
00:06:01Concrètement, cela signifie qu'on ne passe pas du jour au lendemain d'astintue à un autre.
00:06:05On avance étape par étape, en regardant ce que la Nouvelle-Calédonie exerce déjà,
00:06:10ce qu'elle peut assumer davantage et dans quelles conditions.
00:06:13Le troisième élément, c'est la loi fondamentale et la capacité d'auto-organisation.
00:06:18Les échanges de janvier ont permis de préciser la hiérarchie des normes
00:06:21et le rôle respectif de la Constitution, de la loi organique et de la future loi fondamentale.
00:06:26Là encore, il s'agissait de lever les ambiguïtés,
00:06:29notamment celles qui pouvaient susciter des craintes sur l'étendue du champ ouvert à la loi fondamentale.
00:06:35Le champ en question pourra être très large,
00:06:38et le législateur organique ne saurait en restreindre l'étendue
00:06:42sans méconnaître le principe d'auto-organisation.
00:06:45Quatrième point, c'est l'attractivité économique et le rôle des provinces.
00:06:49Ces provinces sont confirmées, confortées comme des acteurs essentiels du développement économique et social.
00:06:54Les discussions ont permis de rappeler que les transferts éventuels vers les provinces
00:06:58seraient encadrés par la loi organique
00:07:00et qu'ils ne sauraient remettre en question la cohérence et la solidarité territoriale.
00:07:05Ce point était important pour répondre aux préoccupations sur l'équilibre interne du territoire.
00:07:11Enfin, le calendrier de mise en œuvre a été clarifié.
00:07:15D'abord la révision constitutionnelle,
00:07:17puis l'élaboration de la loi organique, la consultation des Calédoniens.
00:07:20Enfin, les élections provinciales, ce séquencement a été discuté et posé par les partenaires
00:07:26pour donner de la lisibilité et permettre à chacun de se projeter dans les étapes à venir.
00:07:31Avec Élisée Oudino, vous aurez compris, nous explicitons la trajectoire institutionnelle.
00:07:38Pour que nous parlions de la même chose, je veux maintenant vous dire
00:07:40ce que contient le projet de loi constitutionnelle que vous examinez.
00:07:43Il comporte donc trois articles.
00:07:45L'article 1er ouvre la possibilité d'organiser la consultation des Calédoniens sur l'approbation des accords.
00:07:52Il fixe le principe de cette consultation et il précise le corps électoral
00:07:56qui sera appelé à se prononcer, celui des consultations référendaires mises à jour.
00:08:01L'article 2 porte le cœur de l'évolution statutaire.
00:08:05Il modifie le titre 13 de la Constitution qui devient de l'État de la Nouvelle-Calédonie
00:08:09et il crée cinq articles constitutionnels.
00:08:12Le premier renvoie à la loi organique en lui donnant un rôle très clair.
00:08:17Déterminer la répartition des compétences entre l'État et les institutions de la Nouvelle-Calédonie,
00:08:22fixer les modalités de transfert, y compris régaliennes,
00:08:24encadrer l'exercice des relations internationales dans le champ des compétences propres
00:08:28et préciser le cadre des compétences des provinces.
00:08:32Ensuite, un article qui crée la loi fondamentale adoptée par le Congrès calédonien
00:08:38qui aura donc un domaine propre, je l'ai dit, notamment sur les valeurs communes,
00:08:42les signes identitaires, les éléments de citoyenneté
00:08:44et avec un champ d'intervention important sur l'organisation et le fonctionnement des institutions.
00:08:49Les articles suivants précisent les instruments juridiques mobilisables,
00:08:53consacrent la nationalité calédonienne selon les critères définis par l'accord
00:08:57et fixent le corps électoral spécial pour les élections provinciales de 2026
00:09:01avec une règle d'évolution à compter de 2031 qui est liée à l'adoption de la loi fondamentale.
00:09:08L'article 3 du projet de loi constitutionnelle organise l'entrée en vigueur.
00:09:12Les dispositions les plus structurantes entrent en vigueur si les accords sont approuvés
00:09:17afin que ce processus repose au bout du chemin sur une validation par les Calédoniens eux-mêmes.
00:09:24Je vous indique que plusieurs amendements ont été adoptés au Sénat sur ce texte.
00:09:28Ils visent d'abord à tenir compte du calendrier actualisé de la consultation
00:09:31avec une date maximale qui est désormais fixée au 26 juillet prochain.
00:09:36Ils visent ensuite à intégrer les compléments issus de l'accord Élysée-Oudino
00:09:40pour que ces orientations soient bien prises en compte dans la base constitutionnelle.
00:09:44Ils prévoient aussi le report des élections provinciales
00:09:47en fixant leur tenue au plus tard le 20 décembre 2026
00:09:51avec des mesures d'organisation nécessaires à titre exceptionnel.
00:09:55Enfin, les sénateurs ont souhaité faire évoluer le texte sur deux points.
00:09:59Mieux garantir le respect du principe d'auto-organisation
00:10:02en voyant à ce que la loi organique n'en limite pas la portée
00:10:04et faire en sorte que les transferts de compétences aux provinces
00:10:07ne remettent en cause ni l'unité de la Nouvelle-Calédonie
00:10:11ni ses liens avec la France.
00:10:13L'objectif de ces amendements est de coller à la réalité du processus
00:10:17tel qu'il s'est consolidé entre les partenaires.
00:10:20Je sais pour autant que des questionnements, des inquiétudes subsistent.
00:10:23Chez certains d'entre vous, je n'emballerai aucune.
00:10:27Premier point, l'organisation d'élections à juin plutôt que décembre.
00:10:31C'est une position respectable.
00:10:32Elle parle d'une volonté légitime
00:10:34qui est de ne pas laisser le territoire trop longtemps
00:10:35sans renouvellement démocratique.
00:10:37Mais la question n'est pas seulement celle de la date.
00:10:40Elle est aussi celle du cadre dans lequel ces élections se tiendront.
00:10:43Organiser des provinciales avant d'avoir stabilisé le cadre constitutionnel
00:10:47et clarifié les règles issues de l'accord,
00:10:50ce serait prendre le risque d'ouvrir une nouvelle séquence électorale
00:10:53sur des bases encore incertaines.
00:10:55Cela fragiliserait les institutions au moment même
00:10:58où nous cherchons à les consolider.
00:11:00Le choix de décembre par les partenaires, c'est un choix de cohérence.
00:11:03Il permet d'avancer dans l'ordre, sécuriser constitutionnellement les équilibres,
00:11:08travailler sur la loi organique,
00:11:10consulter les Calédoniens et enfin renouveler les assemblées
00:11:14dans un cadre clarifié.
00:11:15Ce n'est donc pas un énième report,
00:11:17c'est une mise en cohérence institutionnelle.
00:11:20Et surtout, c'est un choix de stabilité.
00:11:22Le territoire sort à peine d'une crise profonde.
00:11:24Les acteurs économiques, les collectivités,
00:11:27les responsables locaux ont besoin de visibilité.
00:11:29Une élection dans un cadre stabilisé
00:11:32est plus protectrice qu'une élection précipitée.
00:11:35Le deuxième point, l'hyper-provincialisation.
00:11:39Là aussi, je veux être claire,
00:11:41parce que le terme circule beaucoup et suscite des peurs.
00:11:44L'accord ne prévoit pas un transfert massif
00:11:47et automatique de compétences vers les provinces.
00:11:49Il ne prévoit pas de mise en concurrence des territoires entre eux.
00:11:53Il ne prévoit pas un affaiblissement
00:11:55de l'échelon central calédonien.
00:11:58Ce qu'il prévoit, c'est la possibilité
00:12:00d'adapter certaines politiques publiques
00:12:03au plus près du terrain,
00:12:04tout en maintenant un cadre commun
00:12:06et des mécanismes de solidarité.
00:12:08Les transferts éventuels vers les provinces
00:12:10seront encadrés par la loi organique.
00:12:12Ils devront être décidés politiquement.
00:12:14Ils ne seront ni automatiques,
00:12:16ni de plein droit,
00:12:17et ils s'inscriront dans un système financier
00:12:20qui garantit la cohésion d'ensemble.
00:12:22L'unité de la Nouvelle-Calédonie n'est pas négociable.
00:12:25Elle est même un point d'attention constant
00:12:26dans la rédaction du texte,
00:12:28parce que chacun sait que l'équilibre du territoire
00:12:30repose précisément sur la capacité
00:12:32à reconnaître les spécificités locales
00:12:35sans fragmenter l'ensemble.
00:12:37Le débat est donc légitime,
00:12:38mais il ne correspond pas à ce que contient l'accord.
00:12:41Sur le point qui concerne la loi organique,
00:12:44je veux être transparente,
00:12:45nous aurions pu produire un texte
00:12:47qui soit entièrement ficelé,
00:12:49qui aurait pu être rédigé à Paris,
00:12:52puis présenté aux partenaires calédoniens,
00:12:54puis au Parlement,
00:12:55mais ce n'est pas la voie que nous avons retenue.
00:12:57La loi organique ne doit pas être un texte
00:12:59préparé à huis clos par l'administration,
00:13:01puis transmis au Sénat, à l'Assemblée nationale.
00:13:03C'est une pièce politique majeure.
00:13:05Elle doit être co-construite avec les forces calédoniennes
00:13:08et c'est à cette condition qu'elle sera légitime.
00:13:11C'est le sens de la mission que j'ai diligentée,
00:13:13qui est arrivée à Nouméa le 10 mars,
00:13:15dirigée par Pascal Gossy.
00:13:17Elle travaille depuis deux semaines déjà
00:13:19avec les partenaires dans un cadre de comité de rédaction.
00:13:22Conformément à l'engagement que j'ai pris devant vous,
00:13:25les travaux ont été engagés sans délai.
00:13:27Une première base de travail élaborée
00:13:29par la Direction générale des Outre-mer
00:13:31vous a été transmise.
00:13:32Elle comprend notamment des documents de référence
00:13:34et un tableau de répartition entre loi organique
00:13:36et futures lois fondamentales.
00:13:39Cette base propose des choix structurants.
00:13:42Repartir de l'ossature de la loi organique de 1999,
00:13:45l'adapter ensuite au nouvel état de la Nouvelle-Calédonie,
00:13:48réorganiser le bloc budgétaire et financier
00:13:50et tirer les conséquences de la fin du cycle référendaire.
00:13:53Mesdames et Messieurs les députés,
00:13:55nous ne sommes pas à la dernière étape.
00:13:57Il pourra y avoir bien sûr une navette
00:13:59si elle est nécessaire pour stabiliser le texte
00:14:01et surtout, il y aura un travail régulier
00:14:03sur la loi organique qui portera l'essentiel
00:14:06des modalités concrètes.
00:14:08Votre vote aujourd'hui,
00:14:12c'est le choix de laisser vivre un processus.
00:14:16C'est la possibilité de permettre qu'il s'améliore,
00:14:19qu'il se sécurise, qu'il se construise avec vous.
00:14:22Ne fermons pas la porte à ce travail collectif
00:14:26qui appellera d'autres étapes.
00:14:28Donnons une chance à cet accord
00:14:30parce qu'en Nouvelle-Calédonie,
00:14:31l'alternative à un processus politique ouvert
00:14:34n'est jamais l'attente tranquille.
00:14:36C'est l'incertitude.
00:14:37Et l'incertitude là-bas finit toujours par fragiliser la paix civile.
00:14:41Merci de votre attention.
00:14:43Monsieur le rapporteur, je vous laisse la parole.
00:14:46Je voudrais insister particulièrement sur trois éléments.
00:14:50Tout d'abord, premier point,
00:14:51l'accord de Bougival présente un caractère profondément novateur.
00:14:56C'est peut-être aussi pour cela qu'il perturbe.
00:14:58Il propose en effet une évolution institutionnelle
00:15:00qui ne se réduit ni au statu quo,
00:15:03ni à l'accession immédiate, c'est vrai,
00:15:05à la pleine souveraineté.
00:15:07On a tenu à éviter un effet binaire
00:15:10tirant les conséquences de ce qui s'était passé ces dernières années.
00:15:13J'y reviendrai dans quelques instants.
00:15:15L'accord prévoit la création d'un État de la Nouvelle-Calédonie,
00:15:18Madame la ministre l'a rappelé,
00:15:20au sein de la République,
00:15:21doté d'une capacité d'auto-organisation particulièrement large
00:15:24qui s'exprime notamment dans l'édiction d'une norme fondamentale.
00:15:28Cette capacité d'auto-organisation
00:15:30constitue une innovation institutionnelle majeure.
00:15:33Elle permettra aux institutions calédoniennes
00:15:35de définir elles-mêmes l'organisation de leur pouvoir public
00:15:38dans le cadre fixé par la loi organique.
00:15:41Plus encore, l'accord ouvre la possibilité
00:15:44de transferts progressifs de compétences
00:15:46qui sont aujourd'hui exercés par l'État,
00:15:49y compris dans les domaines régaliens.
00:15:51En réalité, ce transfert complet des compétences régaliennes
00:15:54marquerait un accès à la pleine souveraineté.
00:15:57Le mécanisme prévu me semble une innovation majeure
00:16:01dans un processus unique de décolonisation.
00:16:04Oui, il y a ici, avec l'accord de Bougival et celui de l'Elysée ou d'Inno,
00:16:09un modèle totalement rénové du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
00:16:14C'est un modèle sous-hygénéry.
00:16:16La IVe République et les débuts de la Ve ont mis en place
00:16:19un système d'indépendance et d'autodétermination
00:16:21qu'on peut qualifier de classique,
00:16:23dans la logique de la pré-seconde guerre mondiale,
00:16:25dans la logique aussi des Nations Unies naissantes.
00:16:28Les modalités qui aujourd'hui sont proposées dans les accords
00:16:31et donc dans le projet de loi constitutionnel diffèrent, c'est vrai,
00:16:35de ces modalités classiques.
00:16:37Ici, l'innovation est très singulière, par palier,
00:16:40pour limiter une fois encore les conséquences de ces séries binaires.
00:16:44C'est sans doute ce qui explique qu'elles puissent dérouter
00:16:46et donc aussi susciter des oppositions.
00:16:49Mais l'innovation me semble bien présente.
00:16:51L'esprit de Matignon, l'esprit de Nouméa, est bien respecté
00:16:56et me semble souffle bien sur ces accords de juillet 25 et de janvier 26.
00:17:01J'y reviendrai aussi dans quelques instants.
00:17:03Enfin, troisième point, l'accord prévoit la reconnaissance
00:17:06d'une nationalité calédonienne,
00:17:08une réforme du corps électoral provincial
00:17:11qui serait élargie dans un promettant
00:17:13à tous les natifs et aux personnes résidant
00:17:16depuis plus de 15 ans sur le territoire.
00:17:18En résumé, ces perspectives conduisent donc
00:17:21à une évolution institutionnelle majeure
00:17:23qui traduit la volonté de construire
00:17:26un modèle institutionnel original
00:17:28qui tient compte à la fois de l'histoire du territoire,
00:17:31de ses aspirations politiques,
00:17:32de son appartenance à la République.
00:17:35Second point des trois que je veux présenter,
00:17:38cet accord s'inscrit clairement dans la continuité
00:17:41du processus engagé depuis plus de 30 ans.
00:17:44Il est important de le rappeler,
00:17:45c'est un point qui fait débat,
00:17:47des désaccords sont apparus,
00:17:48mais je crois qu'il n'y a pas d'ambiguïté.
00:17:50Depuis les accords de Matignon en 88,
00:17:53puis l'accord de Nouméa en 98,
00:17:55la gestion de la question calédonienne
00:17:57repose sur une méthode constante,
00:17:59le dialogue politique,
00:18:01la recherche du compromis,
00:18:02la construction progressive d'un statut
00:18:04adapté aux réalités du territoire.
00:18:07Cette méthode, qui a été suivie
00:18:09depuis plus de trois décennies,
00:18:11a permis de préserver la paix civile,
00:18:13autant que faire se peut.
00:18:14Et je mets évidemment en parenthèse
00:18:17maladroite, malheureuse,
00:18:18évidemment ce qui s'est passé en 2024
00:18:21et sans doute il y a 40 ans,
00:18:23d'organiser progressivement
00:18:25l'émancipation politique du territoire.
00:18:27L'accord de Bougival ne rompt pas
00:18:29avec cette logique.
00:18:29Au contraire, je pense qu'il en constitue
00:18:32le prolongement.
00:18:32Il s'inscrit dans la même démarche,
00:18:35celle d'une évolution institutionnelle
00:18:37progressive,
00:18:39négociée entre les différentes sensibilités
00:18:41politiques du territoire
00:18:42et accompagnée par l'État.
00:18:44Troisième point de mes trois remarques importantes.
00:18:48Enfin, l'un des apports essentiels
00:18:51de l'accord de Bougival est de permettre
00:18:52de dépasser, me semble-t-il,
00:18:54la logique des référendums binaires.
00:18:56Le processus prévu par l'accord de Nouméa
00:18:59reposait sur une alternative claire,
00:19:01rester dans la République
00:19:02ou accéder à la pleine souveraineté.
00:19:05La tenue des trois référendums,
00:19:07même dans des conditions particulières
00:19:09comme celui du troisième,
00:19:11a permis l'expression démocratique
00:19:12de ses choix.
00:19:13Mais cette logique binaire
00:19:14a aussi montré ses limites
00:19:16dans un territoire qui est marqué
00:19:18par une forte diversité politique,
00:19:20historique.
00:19:21Et je ne l'oublie nullement,
00:19:24une forte identité
00:19:25et une forte culture
00:19:27qui est évidemment à souligner.
00:19:30L'accord de Bougival propose précisément
00:19:33une voie intermédiaire.
00:19:36Je l'ai dit il y a quelques instants
00:19:38et j'insiste,
00:19:39l'accord ouvre la possibilité
00:19:41d'un modèle institutionnel original,
00:19:44souïe générique
00:19:46et combine une large autonomie politique,
00:19:49une capacité d'auto-organisation renforcée
00:19:51et la perspective de transfert
00:19:53de compétences substantielles,
00:19:55tout en maintenant, à ce stade,
00:19:56l'appartenance à la République.
00:19:58En cela, il constitue, me semble-t-il,
00:20:02et indéniablement,
00:20:03une tentative de dépassement des clivages
00:20:04qui structurent le débat institutionnel calédonien
00:20:07depuis plusieurs années.
00:20:09Je le sais.
00:20:10Ces orientations,
00:20:12et ça ne m'a pas échappé,
00:20:13ne font pas l'unanimité
00:20:14parmi les forces politiques du territoire.
00:20:16Le principal mouvement indépendantiste,
00:20:19le FLNKS,
00:20:19est opposé à cet accord.
00:20:21Il faut toutefois rappeler
00:20:22que ces textes sont le résultat
00:20:23de plusieurs mois de négociations
00:20:25et qu'ils ont aussi été soutenus
00:20:26par cinq des six principales
00:20:29forces politiques calédoniennes.
00:20:29C'est l'Unipalika,
00:20:31c'est le loyaliste,
00:20:32le rassemblement,
00:20:33l'éveil calédonien
00:20:34et calédonie ensemble.
00:20:36Autrement dit,
00:20:38il s'agit sans être parfait,
00:20:39loin sans faux en tout point,
00:20:40mais à ce stade,
00:20:41à ce stade,
00:20:42du seul compromis politique
00:20:44ayant émergé
00:20:45après plusieurs années de discussion.
00:20:47Dans ces conditions,
00:20:48il semble nécessaire
00:20:49de respecter les équilibres,
00:20:50même instables,
00:20:51même compliqués,
00:20:53issus de ces accords,
00:20:54même si,
00:20:55j'insiste encore une fois,
00:20:56ils peuvent paraître imparfaits.
00:20:58Refuser aujourd'hui
00:20:59de donner une traduction
00:21:00constitutionnelle à ce compromis
00:21:01reviendrait sans doute
00:21:02à prolonger
00:21:03l'incertitude institutionnelle
00:21:05dans laquelle se trouve
00:21:06plongé le territoire
00:21:07depuis la fin du cycle référendaire.
00:21:10Or,
00:21:11chacun mesure bien
00:21:12au-delà de nos différences,
00:21:13de nos sensibilités,
00:21:14que le territoire
00:21:15a besoin aujourd'hui
00:21:16de visibilité
00:21:18et notamment
00:21:19de visibilité institutionnelle.
00:21:21Mais il a aussi besoin
00:21:22de prévisibilité.
00:21:23C'est une condition
00:21:24essentielle
00:21:26à la relance économique.
00:21:27qui investirait
00:21:29dans un territoire,
00:21:30dans des entreprises,
00:21:31des projets,
00:21:32sans en connaître
00:21:33en amont
00:21:33les cadres d'intervention ?
00:21:35Qui irait
00:21:37mettre de l'argent,
00:21:38se projeter dans l'avenir
00:21:40sans avoir
00:21:40un cadre d'intervention ?
00:21:42Cela vaut
00:21:42pour toutes les activités
00:21:44économiques
00:21:44et sans doute
00:21:45pour tous les territoires
00:21:46et donc aussi
00:21:47en Nouvelle-Calédonie
00:21:48et aussi a fortiori
00:21:50pour le Nouquel.
00:21:51Même si l'État
00:21:52a disjoint
00:21:53la reconstruction,
00:21:54le Premier ministre
00:21:55a été clair
00:21:56sur ce point
00:21:57ou l'abandon
00:21:58des créances
00:21:58de la réforme institutionnelle,
00:22:00il faut être réaliste.
00:22:01Les nombreuses difficultés
00:22:03sociales du territoire
00:22:04et sans doute
00:22:05plus qu'ailleurs
00:22:05les problèmes rencontrés
00:22:06par la jeunesse
00:22:07et son avenir
00:22:08doivent nous unir.
00:22:10Alors pour conclure,
00:22:11pour conclure,
00:22:12essayer d'ouvrir
00:22:13un peu ce débat,
00:22:15le projet de loi constitutionnelle
00:22:16que nous examinons aujourd'hui
00:22:17ne prétend pas résoudre
00:22:18à lui seul,
00:22:19c'est évident,
00:22:20l'ensemble des sujets,
00:22:21des difficultés
00:22:22et des questions
00:22:23qui traversent
00:22:23la société calédonienne,
00:22:25pas même l'ensemble
00:22:25des questions institutionnelles.
00:22:27Je le rappelais
00:22:28en introduction,
00:22:29sans aucun doute,
00:22:31les relations anciennes
00:22:32entre la France
00:22:32et la Nouvelle-Calédonie
00:22:33ont été faites
00:22:34de haut et de bas,
00:22:36d'ombre et de lumière,
00:22:37comme l'indique
00:22:37à juste titre
00:22:38le préambule
00:22:39de l'accord de Nouméa.
00:22:40Nul ne peut oublier
00:22:41qu'il y avait un peuple premier
00:22:42qui possède des droits
00:22:43indéniables,
00:22:44inaliénables et sacrés,
00:22:46pour reprendre
00:22:46en se gardant
00:22:47de tout anachronisme
00:22:48la formule du préambule
00:22:49de notre déclaration
00:22:51des droits de l'homme
00:22:51et du citoyen.
00:22:52Mais nul ne peut oublier
00:22:54non plus
00:22:54qu'une colonie de peuplement
00:22:56liée en partie
00:22:57à l'histoire du bagne
00:22:58est la source
00:22:58d'une autre culture
00:23:00enrichie depuis lors
00:23:01par d'autres apports
00:23:02et dont les droits
00:23:03sont tout aussi
00:23:05indéniables,
00:23:06inaliénables
00:23:07et sacrés.
00:23:08Plus qu'ailleurs ici,
00:23:10s'exprime l'universalisme
00:23:11français,
00:23:12l'universalité
00:23:13de notre pays
00:23:13dans sa diversité,
00:23:15dans sa richesse aussi.
00:23:17Beaucoup, évidemment,
00:23:18restent à faire
00:23:18pour apaiser
00:23:19et mieux se comprendre,
00:23:19pour assurer
00:23:20et faire vivre
00:23:21la diversité.
00:23:22Le rééquilibrage
00:23:23et l'évolution
00:23:24proposés dans ce projet
00:23:25de loi constitutionnel
00:23:26est la pleine démonstration
00:23:27que la France
00:23:28peut entendre la voix
00:23:28des peuples
00:23:29à disposer d'eux-mêmes,
00:23:30sans que l'on soit
00:23:31pour autant obsédé
00:23:33par l'homogénéité
00:23:34des statuts,
00:23:35notamment en cas
00:23:36d'éloignement géographique,
00:23:38pour des raisons
00:23:39historiques aussi.
00:23:40Cette affirmation
00:23:41est non seulement
00:23:42un acte de foi
00:23:42dans notre génie institutionnel,
00:23:44mais aussi une orientation
00:23:45et même un objectif
00:23:46pour les mois
00:23:47et pour les années
00:23:48à venir
00:23:49en Nouvelle-Calédonie.
00:23:50Si le passé
00:23:51a bien été le temps
00:23:52de la colonisation,
00:23:53avec ses difficultés,
00:23:54sans aucun doute,
00:23:55personne ne le nie.
00:23:57Pourquoi,
00:23:57parfois,
00:23:58ces heurts,
00:23:59parfois ces malheurs,
00:24:00des joies,
00:24:01des peines mêlées ?
00:24:02Le présent projet
00:24:03de loi constitutionnelle
00:24:04est celui,
00:24:04je veux y croire encore,
00:24:06qui permettra
00:24:07une étape supplémentaire.
00:24:09Les accords resteront
00:24:10à parfaire,
00:24:11c'est évident.
00:24:12Nous y reviendrons
00:24:13d'une façon ou d'une autre,
00:24:14et Madame la Ministre,
00:24:15vous l'avez dit,
00:24:15sans doute dans la loi organique,
00:24:17dans la loi fondamentale,
00:24:18mais peut-être aussi
00:24:19encore dans d'autres textes.
00:24:20Ce PJLC n'est donc pas
00:24:23une fin en soi,
00:24:24mais le début
00:24:25d'un nouvel avenir,
00:24:27je l'espère,
00:24:28de nouvelles relations.
00:24:30Souhaitons alors,
00:24:31et toujours dans l'esprit
00:24:33du préambule
00:24:33de l'accord de Nouméa,
00:24:35que ce futur
00:24:36demeure
00:24:37dans le respect mutuel.
00:24:39Sans naïveté excessive,
00:24:41croyons toujours
00:24:42autant d'un destin commun
00:24:45à écrire
00:24:46et assurément
00:24:48à plusieurs mains.
00:24:49C'est un destin
00:24:50qui, dans tous les cas,
00:24:51doit unir
00:24:52dans les valeurs
00:24:53de la République
00:24:53que nous partageons
00:24:55autour de l'État de droit.
00:24:57C'est dans cet esprit
00:24:58de responsabilité
00:24:59que la Commission
00:25:00est appelée
00:25:01à examiner ce texte
00:25:02aujourd'hui.
00:25:03Je vous remercie
00:25:04de votre attention.
00:25:05Yoann Gillet
00:25:06pour le groupe
00:25:07Rassemblement National
00:25:08et pour 4 minutes.
00:25:10La Nouvelle-Calédonie
00:25:11est une richesse
00:25:12pour la République,
00:25:13un territoire stratégique
00:25:14dans le Pacifique
00:25:15et une porte ouverte
00:25:16sur l'avenir
00:25:17de la France
00:25:17comme puissance.
00:25:19Et pourtant,
00:25:19aujourd'hui,
00:25:20ce territoire
00:25:21si précieux
00:25:22est en danger.
00:25:23Le drame
00:25:24de la Nouvelle-Calédonie
00:25:24n'est pas tombé du ciel.
00:25:26Il est le fruit
00:25:26d'erreurs répétées
00:25:27par des gouvernements
00:25:28successifs
00:25:29qui ont ignoré
00:25:30les alertes
00:25:30et les signes d'alarme.
00:25:32Le maintien
00:25:33du troisième référendum
00:25:34d'autodétermination
00:25:36en 2021,
00:25:39malgré la demande
00:25:40des Français
00:25:41d'origine mélanésienne
00:25:42de le reporter
00:25:44pour faire leur deuil
00:25:46de la Covid-19
00:25:47a été un premier pas
00:25:49vers la crise.
00:25:50Ensuite,
00:25:50la nomination en 2022
00:25:52de Sonia Bacchès
00:25:53au gouvernement
00:25:54alors qu'elle présidait
00:25:55la province sud
00:25:56a ajouté de l'huile
00:25:58sur le feu
00:25:58en bafouant
00:25:59la neutralité imposée
00:26:00par l'accord de Nouméa.
00:26:02À cela s'ajoutent
00:26:03les émeutes
00:26:03de mai 2024.
00:26:0514 morts,
00:26:06près de 1 000 blessés,
00:26:07près de 800 entreprises
00:26:08qui ont disparu,
00:26:0913,5%
00:26:10de contractions
00:26:11du PIB.
00:26:12Une tragédie
00:26:13que l'on aurait pu éviter
00:26:14si le gouvernement
00:26:15avait écouté alors
00:26:16Marine Le Pen
00:26:17lorsqu'elle avait alerté
00:26:18Gérald Darmanin
00:26:19sur le risque
00:26:20d'instabilité
00:26:21et de violence
00:26:22provoquée
00:26:23par le dégel
00:26:23du corps électoral
00:26:24à une période
00:26:25non appropriée.
00:26:26Sa mise en garde
00:26:27n'a pas été entendue
00:26:29et les conséquences
00:26:29sont lourdes et tragiques.
00:26:31Ces erreurs
00:26:31ont préparé le terrain
00:26:32à l'impasse actuelle
00:26:34que nous connaissons.
00:26:35Aujourd'hui,
00:26:36le gouvernement
00:26:37nous présente
00:26:37un texte
00:26:38doublement hors sol.
00:26:40Présenté
00:26:41comme un compromis
00:26:41historique,
00:26:42ce texte
00:26:43n'est qu'un faux consensus,
00:26:45dangereux
00:26:46et instable.
00:26:47Aucun accord réel
00:26:48n'existe
00:26:49sur ce projet
00:26:50comme en témoigne
00:26:51d'ailleurs
00:26:51le fait que
00:26:52nos deux collègues
00:26:53caédoniens du Sénat,
00:26:54l'un indépendantiste,
00:26:56l'autre non-indépendantiste,
00:26:57se sont refusés
00:26:58à le voter.
00:26:59Le faux consensus
00:27:01ne résout rien.
00:27:02Le texte
00:27:03reste enfermé
00:27:04dans des réponses
00:27:06purement institutionnelles
00:27:07alors que l'urgence
00:27:08est économique
00:27:09et sociale.
00:27:10Les 270 000 Français
00:27:12et les 16 000 entreprises
00:27:13locales affrontent
00:27:15un naufrage
00:27:15qui menace
00:27:16leur survie.
00:27:17Ce texte
00:27:18ne fait qu'acheter
00:27:19du temps
00:27:19comme une dette
00:27:20qui se reporte
00:27:21sur les années à venir.
00:27:22Il pose aussi
00:27:23un certain nombre
00:27:24de problèmes politiques
00:27:25et institutionnels
00:27:27majeurs.
00:27:27D'abord,
00:27:28la création
00:27:29d'un État calédonien
00:27:30et d'une nationalité
00:27:31calédonienne
00:27:32relève
00:27:33d'un véritable
00:27:34équilibrisme juridique.
00:27:36Ce choix fragile
00:27:37ne stabilisera pas
00:27:38la gouvernance
00:27:39et affaiblira encore
00:27:40le rôle
00:27:41de l'État
00:27:42et de son représentant.
00:27:43Ensuite,
00:27:44ce projet
00:27:45ouvre des perspectives
00:27:46profondément contradictoires
00:27:48en mêlant
00:27:48hyper-provincialisation
00:27:50et indépendance.
00:27:51Les trois provinces
00:27:52deviendraient
00:27:53de vrais centres
00:27:54de pouvoir
00:27:55au détriment
00:27:56des institutions
00:27:56territoriales
00:27:57qui devraient
00:27:58unir toute la Calédonie.
00:28:00Quant à l'indépendance,
00:28:02elle est au cœur
00:28:03de ce projet.
00:28:04A l'issue du transfert
00:28:05par l'État
00:28:06de ses compétences
00:28:07régaliennes,
00:28:08il ne restera
00:28:09qu'à constater
00:28:10l'indépendance
00:28:11de facto
00:28:12sans même besoin
00:28:13d'un référendum
00:28:14pour enteriner
00:28:14la fin du destin commun
00:28:16de la Nouvelle-Calédonie
00:28:17et de la France.
00:28:18Demain,
00:28:19la France
00:28:20pourrait ne plus être
00:28:21qu'un souvenir
00:28:22sur ces terres.
00:28:23Et cette remise
00:28:25en cause
00:28:25des équilibres
00:28:26se traduit aussi
00:28:27dans le report
00:28:28des élections provinciales,
00:28:30cette fois au plus tard
00:28:30le 20 décembre 2026,
00:28:33ce qui porterait
00:28:33la durée totale
00:28:34de la mandature
00:28:35débutée en mai 2019
00:28:37à 7 ans
00:28:38et 7 mois.
00:28:39C'est le quatrième report,
00:28:42quatre fois
00:28:42que les Calédoniens
00:28:44voient leur voix bafouée.
00:28:46Une conception douteuse
00:28:48de la démocratie.
00:28:49Face à ce constat,
00:28:50il est clair
00:28:50que cette loi
00:28:51ne répond pas
00:28:52au prix autoritaire
00:28:53et réelle
00:28:53des Calédoniens.
00:28:54La Nouvelle-Calédonie
00:28:55n'attend pas
00:28:56de nouvelles institutions,
00:28:57elle attend
00:28:58la prospérité,
00:28:59la sécurité,
00:29:00l'emploi,
00:29:01la relance économique
00:29:02et sociale.
00:29:03Nous y sommes.
00:29:04Le projet d'accord
00:29:05dit de Bougival
00:29:06arrive devant
00:29:07notre Assemblée
00:29:07et ce,
00:29:08en raison
00:29:09du seul acharnement
00:29:10forcené
00:29:11du président Macron
00:29:12parce que rien
00:29:13ne justifie
00:29:14la discussion
00:29:14de ce texte
00:29:15dans notre Assemblée.
00:29:16C'est une forfaiture historique,
00:29:1840 ans
00:29:18d'un processus unique
00:29:20de décolonisation
00:29:21ruiné par un nouveau
00:29:22coup de force.
00:29:23Madame la Ministre,
00:29:24combien de fois
00:29:25faudra-t-il vous le dire ?
00:29:26Il n'y a pas
00:29:27d'accord de Bougival.
00:29:29Trois des quatre parlementaires
00:29:31de Nouvelle-Calédonie
00:29:32refusent de voter ce texte.
00:29:34En Kanaki,
00:29:34Nouvelle-Calédonie,
00:29:35les scores de l'UCFLNKS
00:29:37aux élections municipales,
00:29:38les dissidences
00:29:38au sein de l'Uni
00:29:39et les mots
00:29:40de Paul Neahoutin
00:29:42réduisent à néant
00:29:43votre fable
00:29:43du consensus.
00:29:45Votre récit
00:29:45ne tient pas
00:29:46les preuves des faits.
00:29:47Le consensus
00:29:48sur Bougival
00:29:48n'existe pas,
00:29:49n'a jamais existé
00:29:51et n'existera jamais.
00:29:53Les conclusions
00:29:54de la dernière CMP
00:29:55de notre Assemblée
00:29:55étaient pourtant claires.
00:29:56Le Parlement
00:29:57n'a accepté
00:29:58le report
00:29:58des élections provinciales
00:29:59que dans l'espoir
00:30:00d'aboutir
00:30:01à un accord consensuel.
00:30:02Il n'y est pas.
00:30:04Désormais,
00:30:05la seule issue
00:30:06est d'abandonner Bougival,
00:30:07de convoquer
00:30:08les élections provinciales
00:30:09et d'amorcer
00:30:10un nouveau cycle
00:30:11de négociations
00:30:11sur de nouvelles bases.
00:30:13Voilà ce que
00:30:14le respect
00:30:14des accords
00:30:15de Matignon
00:30:15et de Nouméa
00:30:16dicte de faire.
00:30:17Mais vous voulez rompre
00:30:19avec tous les principes
00:30:20élémentaires
00:30:21du processus
00:30:21de décolonisation
00:30:22en Kanakie-Nouvelle-Calédonie.
00:30:24Rupture avec le principe
00:30:25du consensus d'une part
00:30:26puisque les représentants
00:30:28du peuple premier
00:30:28s'y opposent fermement.
00:30:30Rupture avec l'impartialité
00:30:32de l'État,
00:30:33condition des accords
00:30:34de Matignon-Oudino.
00:30:35Rupture avec l'exigence
00:30:36d'accompagner
00:30:37la Nouvelle-Calédonie
00:30:38dans le processus
00:30:39de décolonisation
00:30:40tel que prévu
00:30:41par l'accord de Nouméa.
00:30:42Mais depuis 2019,
00:30:44il est clair
00:30:45que les gouvernements
00:30:46macronistes successifs
00:30:47ont pris fête et cause
00:30:48pour le camp
00:30:49anti-indépendantiste.
00:30:50Et c'est bien pour cela
00:30:51que nous discutons
00:30:52aujourd'hui
00:30:53de bougivales.
00:30:54Alors même
00:30:55que vous aviez
00:30:55enterré
00:30:56le projet de débat
00:30:57du seul fait
00:30:58de l'opposition
00:30:59anti-indépendantiste
00:31:00alors même
00:31:01que les trois
00:31:01cinquièmes du Congrès
00:31:02auraient pu l'approuver.
00:31:04Votre acharnement,
00:31:05votre inconséquence
00:31:06et votre irresponsabilité
00:31:08historique
00:31:08mettent en péril
00:31:10l'avenir de l'archipel.
00:31:11Votre mépris
00:31:12de l'héritage
00:31:12de Lionel Jospin
00:31:13et de Michel Rocard.
00:31:15Votre mépris
00:31:16de l'esprit
00:31:16de la poignée de main.
00:31:17Votre mépris
00:31:18des parlementaires
00:31:19qui refusent
00:31:19votre passage en force
00:31:20ne peuvent mener
00:31:21qu'au chaos
00:31:21en Kanaki-Nouvelle-Calédonie.
00:31:23L'heure
00:31:24est déjà grave.
00:31:25N'avez-vous donc
00:31:26rien appris
00:31:27des événements
00:31:28de mai 2024
00:31:29que vous avez
00:31:29vous-même provoqués ?
00:31:31Les mêmes causes
00:31:31produisent toujours
00:31:33les mêmes effets.
00:31:34L'ordre colonial français,
00:31:35aussi brutal soit-il,
00:31:37est voué à disparaître.
00:31:38Vos coups de force
00:31:39ne valent rien
00:31:40face à la résistance
00:31:41d'un peuple
00:31:41qui se bat
00:31:42pour sa libération.
00:31:43Madame la ministre,
00:31:45l'accord de Nouméa
00:31:45est garanti
00:31:46par la Constitution.
00:31:47Vous nous demandez
00:31:48aujourd'hui
00:31:48d'approuver
00:31:49une révision constitutionnelle
00:31:50dans l'urgence
00:31:51sur la base
00:31:51d'un accord
00:31:52non consensuel.
00:31:53C'est gravissime.
00:31:54C'est le crédit même
00:31:55de la Constitution
00:31:56que vous sappe.
00:31:57Vous n'aurez
00:31:58aucune majorité
00:31:59à l'Assemblée nationale
00:32:00pour approuver
00:32:00une telle manœuvre.
00:32:01Votre rôle
00:32:02en vertu de Nouméa
00:32:03est d'œuvrer
00:32:04à la construction
00:32:05d'un consensus
00:32:06et d'accompagner
00:32:07la Canaqui Nouvelle-Calédonie
00:32:09vers la décolonisation.
00:32:11Mon groupe,
00:32:11comme tous ceux
00:32:12qui demeurent fidèles
00:32:13à l'héritage
00:32:13de la poignée de main,
00:32:14rejettera votre texte.
00:32:16Car nous savons
00:32:17qu'une autre issue
00:32:17est possible.
00:32:18Celle incarnée aujourd'hui
00:32:19par Georges Naturel,
00:32:20Robert Rowey
00:32:21et Emmanuel Chibaou,
00:32:22par exemple.
00:32:23Celle du respect
00:32:23de l'esprit
00:32:24et de la lettre
00:32:25de l'accord de Nouméa.
00:32:27Frantz Fanon disait
00:32:29« Chaque génération
00:32:30doit,
00:32:30dans une relative opacité,
00:32:32affronter sa mission,
00:32:33la remplir
00:32:34ou la trahir.
00:32:35Jacques Lafleur
00:32:36et Jean-Marie Chibaou
00:32:37ont rempli la leur.
00:32:38C'est à notre Assemblée
00:32:40aujourd'hui de choisir,
00:32:41trahir
00:32:41ou remplir sa mission. »
00:32:43Rejetez ce texte.
00:32:45La position
00:32:46sur le texte constitutionnel
00:32:47qui est aujourd'hui
00:32:48soumis à notre examen
00:32:49est connue.
00:32:50Les socialistes
00:32:51ont eu l'occasion
00:32:51de l'exprimer,
00:32:52en particulier
00:32:53lors de l'examen
00:32:54au Sénat.
00:32:55Nous avions indiqué
00:32:56que nous serions opposés
00:32:57si le texte restait
00:32:58dans l'état
00:32:59et si les discussions
00:33:01ne reprenaient pas
00:33:01et si le texte
00:33:02prévoyait un nouveau
00:33:03report des élections
00:33:04à ce texte.
00:33:06Il n'y aura pas,
00:33:07comme cela a toujours
00:33:08été le cas,
00:33:09de solutions durables
00:33:10assurant la paix
00:33:10et la stabilité
00:33:11et le développement
00:33:12sans un accord
00:33:13consensuel
00:33:14et inclusif.
00:33:15J'aurai peut-être
00:33:16l'occasion
00:33:17de l'exprimer de nouveau
00:33:18et nous aurons
00:33:19avec les collègues
00:33:19l'occasion de le dire
00:33:20dans les amendements
00:33:21que nous examinerons.
00:33:23Mais aujourd'hui,
00:33:24finalement,
00:33:24le texte que vous nous proposez
00:33:26n'étant pas
00:33:27à notre sens
00:33:28majoritaire
00:33:29au sein du Parlement,
00:33:30il faudra
00:33:30poursuivre le travail
00:33:32pour retrouver
00:33:33le chemin du dialogue.
00:33:34Permettez-moi néanmoins
00:33:35de souligner
00:33:36trois des raisons
00:33:37pour lesquelles
00:33:38nous avons
00:33:39des réserves fortes
00:33:40sur ce texte.
00:33:41La première,
00:33:42c'est celle
00:33:42de la méthode,
00:33:43celle
00:33:43que l'on remarque
00:33:45aujourd'hui
00:33:45qui n'est pas
00:33:46en accord
00:33:47avec la gestion historique
00:33:48de ce dossier,
00:33:49en particulier
00:33:49la question
00:33:50de la recherche
00:33:51d'un accord consensuel.
00:33:52Ce qui ne veut pas dire
00:33:52qu'il n'y a pas eu
00:33:53d'effort pour cela,
00:33:54mais force est de constater
00:33:55qu'une partie des acteurs
00:33:56et non des moindres
00:33:57n'a pas souhaité
00:33:58soutenir ce texte.
00:34:00Et donc,
00:34:01c'est l'un des points
00:34:02qui fait que nous ne pouvons
00:34:04nous inscrire
00:34:05dans la continuité
00:34:06de ce qui a permis
00:34:06de réussir.
00:34:07Et donc,
00:34:08voilà aussi pourquoi
00:34:09il faut reprendre
00:34:10les discussions
00:34:10pour,
00:34:11à tout prix,
00:34:12chercher le consensus.
00:34:13Sur le fond,
00:34:14nous considérons également
00:34:15quelques réserves.
00:34:16en particulier
00:34:18la question
00:34:18des perspectives
00:34:19de l'autodétermination
00:34:21qui suscitent
00:34:22les inquiétudes
00:34:23d'un certain nombre
00:34:23d'acteurs.
00:34:24Et il suffit
00:34:25de regarder
00:34:25les positions
00:34:26qui ont été exprimées
00:34:27lors des discussions
00:34:28d'Élysée Oudino
00:34:28par l'Uni
00:34:30ou par également
00:34:32Calédonie-Ensemble
00:34:32ou les Veilles Océaliens.
00:34:33Des inquiétudes légitimes,
00:34:35à la fois,
00:34:35ça a été évoqué
00:34:35sur l'hyper-provincialisation,
00:34:37mais aussi sur le manque
00:34:38de perspectives concrètes
00:34:39sur l'autodétermination.
00:34:41Et donc,
00:34:42il convient
00:34:42de reprendre le travail
00:34:43et des amendements
00:34:44que nous porterons
00:34:45soulignerons aussi
00:34:46les points
00:34:48restants en suspens
00:34:49dans ce texte constitutionnel.
00:34:51Enfin,
00:34:52la dernière raison
00:34:53qui a été évoquée
00:34:54par d'autres collègues,
00:34:55c'est que ce texte
00:34:55prévoit,
00:34:56par un amendement
00:34:57du gouvernement
00:34:57ajouté au Sénat,
00:34:58un nouveau report
00:34:59des élections,
00:35:00un quatrième donc,
00:35:01alors même que nous avions
00:35:02dit pour les socialistes
00:35:03que le troisième
00:35:04serait, à nos yeux,
00:35:05le dernier,
00:35:06et que s'il n'y avait pas
00:35:07de solution
00:35:07d'ici la fin
00:35:08du troisième report,
00:35:09il faudrait alors
00:35:10organiser des élections.
00:35:12Ces élections
00:35:13devront avoir lieu
00:35:14d'ici la fin
00:35:15du mois de juin,
00:35:16c'est en tout cas
00:35:16l'engagement
00:35:17que nous avions pris,
00:35:18c'est celui
00:35:18que nous maintenons
00:35:19et c'est aussi
00:35:20l'une des raisons
00:35:20pour lesquelles
00:35:21nous voterons
00:35:22contre ce texte.
00:35:24Nous formulons donc
00:35:25le souhait
00:35:25que le gouvernement
00:35:26tire les conclusions
00:35:27qui s'imposent à lui,
00:35:28qu'il maintienne
00:35:29une posture
00:35:30d'impartialité,
00:35:31qu'il participe
00:35:32de l'organisation
00:35:32d'une nouvelle séquence
00:35:33de dialogue
00:35:34pour aboutir
00:35:35à une solution.
00:35:36Le NLG Jospin
00:35:37écrivait également
00:35:39que la méthode,
00:35:40quant à la méthode,
00:35:41nous avions été constamment guidés
00:35:42par la conscience
00:35:43de la complexité
00:35:44de la situation sur place,
00:35:45des risques du retour
00:35:45de la violence.
00:35:46C'est pourquoi
00:35:47nous avons toujours écouté
00:35:48les meilleurs connaisseurs
00:35:49de la réalité néo-calédonienne,
00:35:50nous avons choisi
00:35:50des acteurs variés,
00:35:52nous avons associé
00:35:52au processus institutionnel
00:35:53les représentants
00:35:54des forces du territoire
00:35:56en les assurant toujours
00:35:57de l'impartialité de l'État.
00:35:59Puis ces mots
00:36:00continuaient à nous guider.
00:36:02La situation institutionnelle,
00:36:04politique, économique
00:36:04et sociale
00:36:05de la Nouvelle-Calédonie
00:36:06impose d'agir.
00:36:07Le processus de Nouméa
00:36:08est arrivé à son terme.
00:36:09Trois fois,
00:36:10les Calédoniens
00:36:11ont dit non
00:36:12à l'indépendance
00:36:12après avoir été consultés
00:36:13par référendum.
00:36:14L'accord de Bougival
00:36:15précisé par la séquence
00:36:16Élisée-Oudino
00:36:17constitue une étape importante
00:36:19pour sortir des blocages
00:36:20actuels
00:36:20et ouvrir une nouvelle page
00:36:21pour le territoire.
00:36:22Pour autant,
00:36:23notre soutien s'accompagne
00:36:24de plusieurs points de vigilance
00:36:25que je veux ici
00:36:26exprimer clairement.
00:36:27Premier point,
00:36:28le Parlement n'a pas encore
00:36:29été saisi
00:36:29du projet de loi organique
00:36:31pourtant prévu par l'accord
00:36:32et qui doit concrétiser
00:36:33largement
00:36:33les dispositions constitutionnelles
00:36:35que nous allons adopter.
00:36:36Ce texte est en cours
00:36:37de rédaction,
00:36:38nous le savons,
00:36:38mais voter une révision
00:36:39constitutionnelle
00:36:40sans connaître
00:36:40la loi organique
00:36:41qui en découlera,
00:36:42c'est voter une architecture
00:36:43sans en voir les plans.
00:36:44Nous serons exigeants
00:36:45sur ce point
00:36:46lors de l'examen à venir.
00:36:48Deuxième point,
00:36:48des clarifications
00:36:49restent nécessaires
00:36:50sur le calendrier
00:36:51et sur la question
00:36:51de la provincialisation
00:36:52du territoire
00:36:53et sur les conditions
00:36:54de transfert des compétences
00:36:55notamment régaliennes.
00:36:56Le gouvernement
00:36:57devra apporter des réponses
00:36:58précises dans le cadre
00:36:59du débat parlementaire.
00:37:00Les ambiguïtés actuelles
00:37:01ne sauraient perdurer au-delà.
00:37:03Troisième point,
00:37:04nous serons attentifs
00:37:05au risque d'une hyper-provincialisation
00:37:07du territoire.
00:37:07Un transfert trop large
00:37:09de compétences
00:37:09et de ressources fiables
00:37:10aux provinces
00:37:10pourrait en effet
00:37:11fragiliser durablement
00:37:13l'unité de la Nouvelle-Calédonie
00:37:14et compromettre
00:37:15les mécanismes
00:37:16de solidarité financière
00:37:17entre institutions.
00:37:18Enfin, chacun sait
00:37:19que la réussite
00:37:19de ce processus
00:37:20dépendra aussi
00:37:21de la capacité
00:37:21à répondre
00:37:22à la crise économique
00:37:23et sociale
00:37:23que traverse aujourd'hui
00:37:24la Nouvelle-Calédonie.
00:37:25Le PIB recule
00:37:26la filière nickel
00:37:27est en grande difficulté,
00:37:29l'emploi diminue,
00:37:30les protections sociales
00:37:32sont fragilisées.
00:37:33La relance économique
00:37:34sera une condition essentielle
00:37:35de l'acceptabilité politique
00:37:36de l'accord.
00:37:37On ne peut pas bâtir
00:37:38un avenir institutionnel
00:37:39sur un territoire
00:37:40économiquement à bout de souffle.
00:37:42Nous sommes prêts
00:37:43à avancer,
00:37:43soutenir ce texte
00:37:44tout en restant vigilant
00:37:45sur sa mise en œuvre
00:37:46et sur la nécessité
00:37:47de poursuivre le dialogue
00:37:48entre l'ensemble
00:37:48des forces politiques
00:37:49calédoniennes,
00:37:50y compris celles
00:37:51qui ne soutiennent pas
00:37:52cet accord.
00:37:53C'est à cette condition
00:37:53et à cette condition seulement
00:37:55que nous pourrons construire
00:37:56ensemble un consensus durable.
00:37:58Nous examinons aujourd'hui
00:37:59un texte qui sous couvert
00:38:00d'apporter une solution
00:38:01institutionnelle
00:38:01à une crise politique profonde
00:38:02porte en réalité en lui
00:38:04les germes
00:38:04d'un renoncement
00:38:05démocratique majeur
00:38:06car il prétend clore
00:38:07un processus de décolonisation
00:38:09sans même s'assurer
00:38:10du consentement du peuple
00:38:11qui en est au cœur.
00:38:12Car comment ne pas voir
00:38:13que ce projet de loi
00:38:14s'inscrit dans une logique
00:38:15profondément déséquilibrée
00:38:16où l'État entend redéfinir
00:38:18seul les termes
00:38:19d'un avenir commun
00:38:19en marginalisant précisément
00:38:21celles et ceux
00:38:22qui portent depuis des décennies
00:38:23la revendication légitime
00:38:25d'émancipation,
00:38:26à savoir le peuple canaque
00:38:27et ses représentants politiques.
00:38:29L'accord de Bougival
00:38:30que vous nous demandez
00:38:30aujourd'hui
00:38:31de constitutionnaliser
00:38:32a été explicitement rejeté
00:38:33par le FLNKS
00:38:34qui n'a cessé d'alerter
00:38:36sur son incompatibilité
00:38:37avec les acquis historiques
00:38:38de la lutte indépendantiste.
00:38:40Et l'accord Élysée-Oudino
00:38:41qui vient le compléter
00:38:42a été négocié
00:38:43en son absence
00:38:43dans un contexte
00:38:44de boycott
00:38:45qui loin d'être anecdotique
00:38:46révèle au contraire
00:38:47une rupture profonde
00:38:48du dialogue politique
00:38:49et cela Madame la Ministre
00:38:50ce sera votre bilan.
00:38:52Dans ces conditions
00:38:53peut-on sérieusement
00:38:54parler d'un accord ?
00:38:55Peut-on prétendre
00:38:56bâtir un avenir partagé
00:38:57sur une base aussi fragile,
00:38:59aussi contestée
00:38:59et aussi incomplète ?
00:39:00Madame la Ministre,
00:39:01ce texte organise un déplacement
00:39:03insidieux du principe
00:39:04d'autodétermination
00:39:05en le transformant progressivement
00:39:06en un mécanisme encadré,
00:39:08conditionné
00:39:09et finalement neutralisé
00:39:10au point que la perspective
00:39:11même d'une pleine souveraineté
00:39:13disparaît à l'horizon.
00:39:14Et pourtant,
00:39:15le droit international
00:39:16est clair,
00:39:16constant et sans ambiguïté.
00:39:18Les peuples ont le droit
00:39:19de disposer d'eux-mêmes
00:39:20et ce droit ne saurait être
00:39:21ni aménagé,
00:39:22ni contourné,
00:39:23ni vidé de sa substance.
00:39:24Comme le rappelle
00:39:25la résolution 1514
00:39:26de l'Assemblée générale
00:39:27des Nations unies,
00:39:28tous les peuples
00:39:29ont le droit
00:39:29à l'autodétermination.
00:39:31En vertu de ce droit,
00:39:32ils déterminent librement
00:39:33leur statut politique
00:39:34et poursuivent librement
00:39:35leur développement économique,
00:39:36social et culturel.
00:39:38Or,
00:39:38ce que vous nous proposez ici,
00:39:39ce n'est pas l'exercice libre
00:39:40de ce droit,
00:39:41mais son encadrement strict
00:39:42dans un cadre prédéfini
00:39:44où les compétences régaliennes
00:39:46demeurent entre les mains
00:39:47de l'État,
00:39:47où les transferts de compétences
00:39:49sont rendus quasiment impossibles
00:39:51par des verrous institutionnels
00:39:52et où aucun nouveau référendum
00:39:54d'indépendance
00:39:54n'est envisagé.
00:39:55Autrement dit,
00:39:56on organise la fin du processus
00:39:58de décolonisation
00:39:59sans jamais avoir permis
00:40:00son aboutissement.
00:40:01À cela s'ajoute
00:40:02une réforme du corps électoral
00:40:03qui,
00:40:03si elle peut se discuter
00:40:04sur le principe,
00:40:06intervient ici
00:40:06dans un contexte
00:40:07où elle risque de fragiliser
00:40:08encore davantage
00:40:09la représentation
00:40:10du peuple premier,
00:40:11en diluant sa voix
00:40:12dans un ensemble démographique
00:40:13qui ne reflète pas
00:40:15l'histoire coloniale
00:40:15du territoire,
00:40:16ni les rapports de domination
00:40:17qui en sont issus.
00:40:19Il y a encore plus grave
00:40:20car derrière ce texte,
00:40:21il y a une forme
00:40:21de pression politique
00:40:22qui ne dit pas son nom,
00:40:23celle qui consiste
00:40:24à conditionner l'accompagnement
00:40:25financier de l'État
00:40:26à l'acceptation
00:40:27d'un accord contesté.
00:40:29Et cela,
00:40:29mes chers collègues,
00:40:30ce n'est ni un partenariat
00:40:31ni un dialogue
00:40:31mais c'est un rapport de force.
00:40:33Franz Fanon écrivait
00:40:34dans Les Danées de la Terre
00:40:35« La décolonisation
00:40:36est toujours un phénomène violent
00:40:38parce qu'elle est le remplacement
00:40:39d'une espèce d'homme
00:40:40par une autre espèce d'homme. »
00:40:42Il faut comprendre
00:40:42le sens profond
00:40:43de cette citation
00:40:44car la décolonisation
00:40:45n'est jamais
00:40:45un simple ajustement institutionnel.
00:40:47Elle est un processus politique,
00:40:49historique et humain
00:40:50qui suppose reconnaissance,
00:40:52réparation
00:40:52et surtout consentement.
00:40:54Or, rien dans ce texte
00:40:55ne permet de dire
00:40:56que ce consentement
00:40:56existe aujourd'hui.
00:40:58Enfin,
00:40:58comment ne pas souligner
00:40:59l'incohérence démocratique
00:41:01qui consiste à demander
00:41:02au Parlement
00:41:03de modifier la Constitution
00:41:04sans même connaître
00:41:05le contenu de la loi organique
00:41:06qui viendra en déterminer
00:41:07les effets concrets.
00:41:08Ce qui revient
00:41:09ni plus ni moins
00:41:09à légiférer à l'aveugle
00:41:10sur l'avenir institutionnel
00:41:12d'un territoire
00:41:12et d'un peuple.
00:41:13Mes chers collègues,
00:41:14l'histoire de la Kanakie
00:41:15Nouvelle-Calédonie
00:41:16est une histoire
00:41:16de colonisation
00:41:17mais aussi
00:41:18une histoire de résistance,
00:41:19de dignité
00:41:20et de lutte
00:41:20pour la reconnaissance.
00:41:21Des accords de Matignon
00:41:23à celui de Nouméa,
00:41:24un chemin avait été ouvert,
00:41:25exigeant,
00:41:26parfois fragile
00:41:26mais fondé
00:41:27sur un principe simple,
00:41:28celui du respect du peuple
00:41:29concerné
00:41:30et de sa capacité
00:41:30à décider de son avenir.
00:41:32Ce chemin,
00:41:32aujourd'hui,
00:41:33vous choisissez
00:41:33de le contourner.
00:41:34Nous ne pouvons pas
00:41:35nous y résoudre.
00:41:36C'est pourquoi,
00:41:36fidèles à nos engagements,
00:41:37fidèles au droit international,
00:41:38à l'exigence de justice
00:41:39et d'égalité entre les peuples,
00:41:41nous voterons
00:41:41contre ce texte.
00:41:42Je vous remercie.
00:41:43A ceux qui croient
00:41:44que la seule alternative
00:41:45au statu quo,
00:41:46c'est la précipitation,
00:41:47notre groupe pose
00:41:48une interrogation existentielle.
00:41:50Que faisons-nous
00:41:51à l'orée du gouffre ?
00:41:52Oui, le statu quo
00:41:53est un naufrage
00:41:54et ce choc économique
00:41:56et social
00:41:57sur lequel vous êtes revenus
00:41:58les uns et les autres,
00:41:59Madame la Ministre
00:41:59et Monsieur le Rapporteur Général,
00:42:02en est l'illustration.
00:42:04Cet incendie
00:42:04dont on a respiré
00:42:05les cendres
00:42:06en mai 2024.
00:42:07Mais l'urgence,
00:42:08chers collègues,
00:42:09ne doit jamais dicter
00:42:11l'aveuglement.
00:42:12Notre première exigence
00:42:13doit être celle
00:42:13d'une humilité absolue
00:42:15face au temps océanien.
00:42:17Notre seule boussole,
00:42:18l'humilité devant
00:42:19l'expérience intime
00:42:21de ce territoire,
00:42:22devant ceux qui portent
00:42:23le poids des larmes
00:42:24et la force
00:42:24des espoirs calédoniens.
00:42:26On nous demande
00:42:27de graver dans le marbre
00:42:28constitutionnel
00:42:29l'accord des Bougival
00:42:30et l'accord d'Élysée-Oudino.
00:42:33Notre groupe souligne
00:42:34l'ambition de ce texte.
00:42:36Nous tornons d'ailleurs
00:42:37à saluer
00:42:38l'ensemble des ministres
00:42:39qui ont œuvré
00:42:40pour aboutir
00:42:41à ce texte.
00:42:42Penser l'architecture
00:42:43d'un État
00:42:44de Nouvelle-Calédonie,
00:42:45oser la création
00:42:46d'une loi fondamentale
00:42:47inédite
00:42:48ou consacrer
00:42:49une nationalité
00:42:50calédonienne
00:42:50indissociable
00:42:51de la nationalité française,
00:42:53cela témoigne
00:42:54d'une audace
00:42:55institutionnelle remarquable,
00:42:56je suis surpris
00:42:56que certains orateurs
00:42:57ne l'aient pas dit.
00:42:59C'est la promesse
00:43:00d'un destin commun,
00:43:01enfin doté
00:43:02d'une véritable
00:43:03chaire juridique.
00:43:04Pourtant,
00:43:05c'est précisément
00:43:05parce que nous respectons
00:43:06ce travail
00:43:07que nous disons
00:43:08qu'il faut être
00:43:09vigilant sur la méthode.
00:43:10La promotion
00:43:11de ces accords
00:43:12ne fondera jamais
00:43:13une paix durable
00:43:14si elle ne recueille pas
00:43:15l'adhésion pleine
00:43:16et entière
00:43:16de tous les partenaires
00:43:17historiques.
00:43:19La plus majestueuse
00:43:20des cathédrales
00:43:20s'effondrera
00:43:21si elle est bâtie
00:43:22sur un sol fracturé.
00:43:24Une méthode
00:43:25qui s'accompagne
00:43:25de la mise à l'écart
00:43:26des uns
00:43:27est condamnée.
00:43:27Avancer
00:43:28quand les forces légitimes
00:43:29manquent à l'appel
00:43:30peut être une faute politique.
00:43:33C'est la raison
00:43:33pour laquelle
00:43:34nous pensons
00:43:34que la difficulté
00:43:36pour nous
00:43:36c'est d'organiser
00:43:38ces élections provinciales
00:43:39sans dégèle
00:43:40préalable du corps électorale.
00:43:41Ce sera très difficile
00:43:42à atteindre.
00:43:43Je préfère le dire
00:43:43très clairement.
00:43:44Il faut d'abord
00:43:45purger cette tension
00:43:46démocratique,
00:43:47renouveler les légitimes
00:43:48les légitimités locales
00:43:49et permettre
00:43:50à de nouveaux interlocuteurs
00:43:51de s'assurer
00:43:51autour de la table.
00:43:52Mais l'immobilisme
00:43:53je le dis
00:43:54aux groupes d'opposition
00:43:55ne peut rester.
00:43:57On ne peut pas considérer
00:43:58et accepteriez-vous
00:43:59que sur le territoire français
00:44:01il n'y ait pas
00:44:02un dégèle du corps électoral ?
00:44:04Personne.
00:44:04Tous ceux
00:44:05qui défendent
00:44:05la démocratie
00:44:06devraient porter
00:44:07ces messages
00:44:08avec force.
00:44:08Je m'aperçois
00:44:09qu'il est en partie
00:44:10abandonné ici.
00:44:12Le destin
00:44:12de la Nouvelle-Calédonie
00:44:13est éminemment politique.
00:44:15Il ne peut être abandonné
00:44:16au moins de la technocratie
00:44:17et la vigilance parlementaire
00:44:19s'impose
00:44:19à chaque instant.
00:44:21C'est donc
00:44:21aux élus de la nation
00:44:22ou des territoires
00:44:22des bâtiments
00:44:23de la paix.
00:44:24Chers collègues,
00:44:24face à l'empeur
00:44:25des exigences
00:44:25que je viens de rappeler
00:44:26sur la méthode
00:44:27et sur le calendrier,
00:44:28faisons preuve
00:44:29collectivement
00:44:29de lucidité.
00:44:30Espérer un vote
00:44:31conforme sur le texte
00:44:32du Sénat
00:44:33nous paraît
00:44:34aujourd'hui
00:44:34bien difficile
00:44:35sur qui a pris
00:44:36les plus de paroles
00:44:37que je viens d'entendre.
00:44:38Notre seul horizon,
00:44:39au-delà des procédures,
00:44:40doit demeurer
00:44:41celui
00:44:41de Nouvelle-Calédonie
00:44:42réconcilié
00:44:43où le destin commun
00:44:44s'écrit enfin
00:44:45sous le sceau
00:44:45de la paix
00:44:46retrouvé
00:44:47et d'un consensus
00:44:49inaltérable
00:44:49et avec un renouveau
00:44:50économique
00:44:51tant attendu.
00:44:52Ce destin
00:44:53ne peut s'écrire
00:44:54avec une pume tremblante
00:44:55notre devoir absolu
00:44:57de ramener
00:44:57à l'instant
00:44:58le monde
00:44:58tout le monde
00:44:59autour de la table.
00:45:00Ne sacrifions pas
00:45:01l'avenir
00:45:02de la Nouvelle-Calédonie
00:45:02sur le tel
00:45:03de notre impatience.
00:45:04L'histoire
00:45:05ne nous pardonnerait
00:45:06jamais
00:45:06d'avoir confondu
00:45:08la hâte
00:45:09avec le courage.
00:45:10Je vous remercie.
00:45:11La Nouvelle-Calédonie
00:45:12est un territoire singulier.
00:45:14Son histoire,
00:45:14sa situation géographique
00:45:15et la prégnance
00:45:16de ses coutumes
00:45:17font d'elle
00:45:17un territoire unique
00:45:18au sein de notre République.
00:45:20La Nouvelle-Calédonie
00:45:21se singularise
00:45:21aussi par sa capacité
00:45:23à engager le dialogue,
00:45:24à le préserver
00:45:25et à le rétablir
00:45:26en surmontant
00:45:26les crises qui surgissent
00:45:27lorsque celui-ci se rend.
00:45:29Disons-le d'emblée.
00:45:31Rares sont les interlocuteurs
00:45:32issus de l'Hexagone
00:45:33ou bien des autres territoires
00:45:34du domaine
00:45:34à pouvoir saisir
00:45:35avec précision
00:45:36et dans toute leur complexité
00:45:38tous ces enjeux.
00:45:40Permettez-moi donc
00:45:40de saluer l'engagement
00:45:41du rapporteur
00:45:42Philippe Gosselin
00:45:42dans ses travaux
00:45:43et de le remercier.
00:45:45La fine connaissance
00:45:45qu'il a de la Nouvelle-Calédonie
00:45:47et la capacité d'écoute
00:45:48qui le caractérise
00:45:49permettront,
00:45:50j'en suis convaincu,
00:45:51d'apporter la sérénité
00:45:52nécessaire à nos débats.
00:45:54Permettez-moi ensuite
00:45:55d'inviter notre commission
00:45:56à faire preuve d'humilité
00:45:57dans l'examen
00:45:58de ce projet
00:45:58de loi constitutionnelle.
00:46:00Dans l'Assemblée fragmentée
00:46:01qui est la nôtre,
00:46:02la tentation sera grande
00:46:03de s'approprier le débat
00:46:05pour mieux l'instrumentaliser,
00:46:06de l'empêcher
00:46:07pour en tirer
00:46:08un gain politique propre
00:46:09et de l'enflammer
00:46:10pour rendre
00:46:10tout consensus impossible.
00:46:13Gardons-nous
00:46:13de telles postures
00:46:14qui risquerait
00:46:15d'être fatales
00:46:16aux futurs institutionnels
00:46:17d'un des territoires
00:46:18de notre République.
00:46:19Je l'ai dit,
00:46:20la Nouvelle-Calédonie
00:46:21est un territoire unique
00:46:22à bien des égards.
00:46:23Cette saint-légularité
00:46:24se traduit
00:46:24dans son organisation
00:46:26institutionnelle
00:46:26telle que prévue
00:46:27par l'accord de Nouméa.
00:46:2928 ans après cet accord
00:46:30et après avoir clos
00:46:31la séquence référendaire
00:46:32qu'il prévoyait,
00:46:34les parties calédoniennes
00:46:35ont remis le métier
00:46:35sur l'ouvrage.
00:46:37Une nouvelle fois,
00:46:37elles se sont attelées
00:46:38à définir
00:46:39le futur institutionnel
00:46:40de la Nouvelle-Calédonie
00:46:41autour d'un maître mot,
00:46:43le consensus.
00:46:44A l'issue de négociations
00:46:45longues et exigeantes,
00:46:47les forces politiques
00:46:48calédoniennes
00:46:48ont trouvé un accord
00:46:49que le présent projet
00:46:50de loi constitutionnel
00:46:51vise à inscrire
00:46:52dans la Constitution.
00:46:54Cet accord majeur,
00:46:55ce pari de la confiance
00:46:56du 12 juillet dernier,
00:46:57s'inscrit dans la continuité
00:46:59de la poignée de main
00:47:00pour l'histoire
00:47:00de Jean-Marie Djibaou
00:47:01et Jacques Lafleur
00:47:02en 1988
00:47:03et dans la continuité
00:47:04de l'accord de Nouméa.
00:47:06L'accord de Bougival
00:47:07repose en effet
00:47:08sur des concessions réciproques
00:47:09consenties par l'ensemble
00:47:10des forces politiques calédoniennes.
00:47:12Il constitue,
00:47:13à ce titre,
00:47:14un acte extrêmement courageux
00:47:16que notre groupe
00:47:17tient à saluer,
00:47:18celui de reprendre le dialogue
00:47:20après la crise profonde
00:47:21survenue le 13 mai 2024
00:47:23et qui a laissé
00:47:24de nombreuses traces.
00:47:25C'est pourquoi,
00:47:27dans un paysage
00:47:28désormais plus fragmenté,
00:47:30ce consensus,
00:47:31complété par les accords
00:47:32d'Élysée-Oudineau,
00:47:33bien que fragile et imparfait,
00:47:35notamment depuis le retrait
00:47:36du FLNKS,
00:47:38constitue un socle politique
00:47:40essentiel
00:47:40qu'il convient de préserver
00:47:42et de consolider
00:47:43par la poursuite du dialogue.
00:47:45Dans ces circonstances,
00:47:47il ne nous appartient pas
00:47:48de rouvrir les équilibres
00:47:49patiemment construits
00:47:50au cours des négociations.
00:47:52Par responsabilité
00:47:53et dans le respect
00:47:54du compromis trouvé
00:47:55entre les partenaires calédoniens,
00:47:57un vote favorable s'impose.
00:47:59Nous tenons à souligner
00:48:00la vigilance
00:48:00dont notre groupe
00:48:02fera preuve
00:48:03au sujet de la loi organique,
00:48:05compte tenu des renvois
00:48:06substantiels
00:48:06que ce projet de loi
00:48:07fait à un texte
00:48:08encore indisponible,
00:48:09ainsi que des incertitudes
00:48:11qui subsistent
00:48:12quant aux modalités
00:48:12de transfert
00:48:13des compétences régaliennes.
00:48:15Enfin,
00:48:16le report des élections
00:48:17provinciales,
00:48:18s'il soulève
00:48:18des interrogations
00:48:19légitimes
00:48:19d'ordre démocratique
00:48:20et juridique,
00:48:21apparaît comme une mesure
00:48:22transitoire nécessaire
00:48:23pour sécuriser le processus
00:48:26et stabiliser
00:48:26le cadre électoral.
00:48:27Je tiens à redire
00:48:28au nom du groupe
00:48:29Liotte
00:48:29notre solidarité
00:48:30pleine et entière
00:48:31aux Calédoniens
00:48:32et Calédoniennes,
00:48:33à leurs élus
00:48:33et à tous ceux
00:48:34qui subissent encore
00:48:35les conséquences
00:48:35d'une crise majeure
00:48:37qui a ébranlé
00:48:37jusqu'au fondement
00:48:39même du vivre ensemble
00:48:40sur ce territoire.
00:48:41La signature des accords
00:48:43de Bougival
00:48:43et d'Élysée
00:48:45Oudino
00:48:45que ce projet
00:48:46de loi constitutionnelle
00:48:47entend transposer
00:48:48s'inscrit ici
00:48:49dans une volonté
00:48:49de sortie de crise
00:48:50et a été une source
00:48:52d'espoir
00:48:53pour beaucoup
00:48:53de Calédoniens.
00:48:55Toutefois,
00:48:56il faut le dire
00:48:56avec lucidité
00:48:58des accords
00:48:58qui ne rassemblent
00:48:59pas pleinement
00:49:00ne peuvent seuls
00:49:01garantir un avenir
00:49:02apaisé pour ce territoire.
00:49:04Notre groupe
00:49:05demeure convaincu
00:49:06qu'il ne pourra pas
00:49:07y avoir de place
00:49:09pour un destin commun
00:49:10et une stabilité réelle
00:49:12en Nouvelle-Calédonie
00:49:13sans un accord
00:49:14incluant
00:49:14toutes les parties prenantes.
00:49:16Car le constat est là,
00:49:18ces deux accords
00:49:18ne font pas consensus
00:49:20localement
00:49:21et des acteurs
00:49:22politiques majeurs
00:49:22sont sans écarter.
00:49:23La politique
00:49:24de chaise vide
00:49:25du FLN
00:49:26est certes
00:49:28préjudiciable,
00:49:29mais s'agissant
00:49:30de l'avenir
00:49:30de la Nouvelle-Calédonie,
00:49:31il est difficile
00:49:32d'avancer sans eux.
00:49:33Nous avons tous
00:49:34en mémoire
00:49:34la tentative
00:49:35de révision constitutionnelle
00:49:36de 2024,
00:49:37votée ici même.
00:49:39Elle a pourtant débouché
00:49:40sur une crise majeure
00:49:41des émeutes,
00:49:42des drames humains.
00:49:43Cette séquence
00:49:44doit nous servir
00:49:44de leçon
00:49:45pour que ce projet
00:49:46de loi constitutionnelle
00:49:47ne soit pas assimilé
00:49:48à un nouveau coup de force
00:49:49et il nous appelle
00:49:51tout de moins
00:49:51à beaucoup d'humilité.
00:49:52Au-delà des problèmes
00:49:53de méthode,
00:49:54ce texte contient
00:49:55tout de même
00:49:55des mesures
00:49:55qui doivent être saluées.
00:49:57La reconnaissance
00:49:58d'un État calédonien
00:49:59au sein de la République,
00:50:00d'une nationalité
00:50:01calédonienne
00:50:02et d'un dégel
00:50:03du corps électoral
00:50:04équilibré
00:50:05avec des critères
00:50:05de résidence continu.
00:50:07Toutefois,
00:50:07des interrogations
00:50:08substantielles
00:50:09demeurent.
00:50:10Le report pour une quatrième fois
00:50:12des élections provinciales
00:50:13conduirait à la repousser
00:50:14pour une durée cumulée
00:50:15de plus de 30 mois.
00:50:16À force de reporter
00:50:17le moment du suffrage,
00:50:19ne prenons pas le risque
00:50:20d'affaiblir encore
00:50:21la légitimité
00:50:22des institutions locales.
00:50:23À un moment donné
00:50:24où le territoire
00:50:24a précisément besoin
00:50:25de confiance
00:50:26et de représentation
00:50:28renouvelée,
00:50:28il n'est pas forcément
00:50:29possible
00:50:30de ne pas redonner
00:50:31la voix
00:50:32aux électeurs.
00:50:33Autre point
00:50:34de vigilance
00:50:35qui a été évoqué
00:50:36par beaucoup
00:50:36des orateurs,
00:50:38l'ampleur des renvois
00:50:39à une future loi organique
00:50:41qui prévoit notamment
00:50:42de nouveaux transferts
00:50:43de compétences
00:50:44régaliennes
00:50:45de l'État
00:50:46et une autonomie
00:50:47accrue des provinces.
00:50:48Il y a certes
00:50:49une mission
00:50:50qui a été chargée
00:50:51de sa rédaction
00:50:52et qui rend compte
00:50:53de ses travaux
00:50:53au Parlement
00:50:54mais nous ne disposons
00:50:55aujourd'hui
00:50:56pas de la version définitive.
00:50:59En d'autres termes,
00:50:59nous sommes invités
00:51:00à tracer une trajectoire
00:51:01sans connaître précisément
00:51:03le point d'arrivée.
00:51:04Il ne s'agit pas pour nous
00:51:06de nier les avancées
00:51:07ni de fermer la porte
00:51:08mais notre groupe estime
00:51:09que la paix institutionnelle
00:51:10en Nouvelle-Calédonie
00:51:11ne pourra pas se construire
00:51:12dans la précipitation
00:51:13au risque de compromettre
00:51:14l'avenir du territoire.
00:51:16Nous appelons
00:51:16au gouvernement
00:51:17à revoir sa copie
00:51:18et surtout à reprendre
00:51:19les négociations
00:51:20en incluant
00:51:21toutes les parties prenantes.
00:51:23à ce stade
00:51:24compte tenu des enjeux
00:51:25des interrogations
00:51:26et des sensibilités
00:51:27notre groupe
00:51:28laissera à chacun
00:51:29de ses membres
00:51:29la liberté de vote
00:51:30sur ce texte.
00:51:31Je vous remercie.
00:51:32Il y a un mot dans ma langue
00:51:33où on dit
00:51:37c'est plus le temps
00:51:40il passe
00:51:41plus la parole
00:51:41elle remplit le jour
00:51:44plus le jour
00:51:45se raccourcit.
00:51:51ce que je veux dire
00:51:52par là
00:51:53c'est que
00:51:54on était ici ensemble
00:51:56à l'automne dernier
00:51:57lorsque
00:51:59nous avions décidé
00:52:00ensemble
00:52:01en commission
00:52:01mixte paritaire
00:52:03de poursuivre
00:52:05les discussions
00:52:05on a modifié
00:52:06le titre
00:52:06de la PPLO
00:52:09pour permettre
00:52:10de poursuivre
00:52:11les discussions
00:52:12en vue
00:52:12d'un accord consensuel
00:52:15et aujourd'hui
00:52:17on amène
00:52:18le débat
00:52:19sur le projet
00:52:20de loi constitutionnelle.
00:52:23La question
00:52:24que je pose
00:52:25c'est
00:52:25pourquoi
00:52:26s'entêter
00:52:27sur un texte
00:52:29alors qu'on a déjà
00:52:30statué ensemble
00:52:31avec les parlementaires
00:52:32sur une feuille de route
00:52:33à tenir
00:52:33dans laquelle
00:52:35l'ensemble des dispositions
00:52:36sur la méthode
00:52:36ont été rappelées
00:52:37par chacun
00:52:38on a rappelé
00:52:39également
00:52:40la mémoire
00:52:41de Lionel Jospin
00:52:41de la méthode
00:52:43qui a été mise en place
00:52:45et qui a fait
00:52:45le socle
00:52:46des accords politiques
00:52:48de Matignon-Odino
00:52:49et de Nouméa.
00:52:51Donc c'est
00:52:53aujourd'hui
00:52:54compliqué
00:52:55de s'avancer
00:52:58sur un texte
00:52:58qui n'a aucune
00:53:00valeur consensuelle
00:53:01et
00:53:04j'ai entendu
00:53:05j'ai lu
00:53:06le rapport
00:53:07qu'a fait
00:53:08Philippe Gosselin
00:53:09on fait valoir
00:53:12la question
00:53:13du compromis
00:53:14on fait valoir
00:53:15la question
00:53:16du consensus
00:53:17en notant
00:53:18qu'il y a
00:53:19une des parties
00:53:20prenantes
00:53:20manque à la table
00:53:21des discussions
00:53:22donc clairement
00:53:23sur
00:53:24les réserves
00:53:25elles ont été dites
00:53:26par tous
00:53:26sur la méthode
00:53:28comment on peut
00:53:29s'engager
00:53:30je le dis
00:53:30parce que
00:53:31j'ai signé
00:53:31le document
00:53:32avec mon collègue
00:53:34Mesdorff
00:53:34le 12 juillet
00:53:36et ce qui nous a été
00:53:37dit à ce moment là
00:53:38c'était
00:53:39depuis février
00:53:40dernier
00:53:42la valeur
00:53:43qui était mise
00:53:43en avant
00:53:43par le ministre
00:53:44en charge
00:53:45c'était
00:53:46le consensus
00:53:49et on fait valoir
00:53:51aujourd'hui
00:53:51que le FLNKS
00:53:52s'est retiré
00:53:53des discussions
00:53:54pourquoi
00:53:56parce qu'il a
00:53:57tenu compte
00:53:58de la méthode
00:53:59ce qui nous a été
00:54:00dit le 12 juillet
00:54:01c'était qu'il fallait
00:54:02faire un retour
00:54:03aux structures
00:54:03je le rappelle
00:54:04pour que ça soit
00:54:05bien clair
00:54:05entre nous
00:54:06on a respecté
00:54:07nos engagements
00:54:08on a présenté
00:54:08le texte
00:54:09les structures
00:54:09ont statué
00:54:10et c'est pour ça
00:54:11qu'on a demandé
00:54:12à poursuivre
00:54:13les discussions
00:54:14on nous dit
00:54:16il est urgent
00:54:17d'avancer
00:54:18parce qu'il n'y a
00:54:18pas de compromis
00:54:19il y a eu
00:54:20un compromis
00:54:21madame la ministre
00:54:23qui était à déva
00:54:25sur la proposition
00:54:27d'état associé
00:54:29l'UNI
00:54:30Calédonie Ensemble
00:54:31et Veille Océanien
00:54:31et le FLNKS
00:54:32se sont portés
00:54:33favorablement
00:54:34pour ce projet
00:54:35on a fait valoir
00:54:36le consensus
00:54:36à ce moment là
00:54:37on a respecté
00:54:38nos engagements
00:54:40on a fait valider
00:54:42une résolution
00:54:42au congrès
00:54:43de Nouvelle-Calédonie
00:54:43pour dire que
00:54:44c'est la démocratie
00:54:45qui l'emporte
00:54:46on a respecté
00:54:47nos engagements
00:54:48sur la valeur
00:54:49du consensus
00:54:51et c'est ce qui
00:54:52nous a engagés
00:54:52dans une nouvelle
00:54:53phase de négociation
00:54:54aujourd'hui
00:54:54vous venez nous dire
00:54:56le texte
00:54:57ne tient plus
00:54:59il y a de nouveaux
00:55:00équilibres à trouver
00:55:01Bougival
00:55:02l'UNI
00:55:03se porte favorablement
00:55:04dessus
00:55:04Calédonie Ensemble
00:55:05les Veille Océaniens
00:55:07les loyalistes
00:55:08et républicains
00:55:08se portent pour
00:55:09quand le FLNKS
00:55:11en respect
00:55:12et en application
00:55:13de la méthode
00:55:14qui a été convenue
00:55:15par l'Etat
00:55:17nous dit
00:55:18qu'il n'y aura
00:55:19pas de consensus
00:55:20on nous demande
00:55:22d'intervenir
00:55:23à l'intérieur
00:55:23de la loi organique
00:55:24aujourd'hui
00:55:25et dans le comité
00:55:26de rédaction
00:55:27mais
00:55:28enfin
00:55:30moi je parle français
00:55:32c'est ma deuxième langue
00:55:33je comprends
00:55:34le français
00:55:35donc la méthode
00:55:37si elle a changé
00:55:38il faut définir
00:55:39avec l'ensemble
00:55:40des participants
00:55:40c'est comme ça
00:55:41dans toutes les négociations
00:55:43aujourd'hui
00:55:43vous faites valoir
00:55:44ici en commission
00:55:45des lois
00:55:46un projet de loi
00:55:46constitutionnelle
00:55:47qui est contesté
00:55:48je ne vois pas
00:55:49à quel titre
00:55:49on va se
00:55:50permettre de trouver
00:55:51en tant que parlementaire
00:55:52des équilibres
00:55:53qui sont à la main
00:55:54du gouvernement
00:55:54c'est à la main
00:56:00du gouvernement
00:56:01merci chers collègues
00:56:02voilà juste pour terminer
00:56:04juste bien dire que
00:56:05alors très brièvement
00:56:06voilà pardon
00:56:08oui je m'excuse
00:56:09mais ça me touche
00:56:11c'est normal
00:56:11ça me touche
00:56:12parce que
00:56:12je vous en prie
00:56:12allez-y
00:56:13ça remet en cause
00:56:14ma parole
00:56:15moi j'ai été loyal
00:56:16et puis je pense
00:56:17que leur somme
00:56:18des collègues
00:56:18ont été loyal aussi
00:56:19sur les engagements
00:56:21qui ont été pris
00:56:21pour les indépendantistes
00:56:23donc c'est la perspective
00:56:25qui est la nôtre aujourd'hui
00:56:26on votera contre
00:56:27on demande à tenir
00:56:28les élections provinciales
00:56:29ne pas faire
00:56:30de quatrième report
00:56:31parce que sinon
00:56:32ça ouvre
00:56:33c'est encore une fois
00:56:34trouver des excuses
00:56:35pour ne pas remettre
00:56:37sur la table
00:56:37l'ouvrage
00:56:38qui est aujourd'hui
00:56:39mal ficelé
00:56:39et sur lequel
00:56:40les législateurs
00:56:41devront trouver
00:56:41des équilibres
00:56:42qui sont intenables
00:56:43merci monsieur le député
00:56:45écoutez nous on a fait
00:56:46tout ce que l'assemblée
00:56:47nous a demandé
00:56:50le texte sur l'ouverture
00:56:52du corps électoral
00:56:53a été retiré
00:56:54par Michel Barnier
00:56:55combien même
00:56:57il était issu
00:56:57d'un accord
00:56:58avec les indépendantistes
00:56:59déjà
00:57:01on nous a dit
00:57:02pas de dégel
00:57:02sans accord global
00:57:03on a trouvé
00:57:05un accord global
00:57:05qui s'appelle
00:57:06bougival
00:57:08on a souhaité
00:57:10faire une consultation
00:57:11des calédoniens
00:57:12sur cet accord
00:57:12qui a été trouvé
00:57:14on nous a dit
00:57:15non faut pas
00:57:15organiser de consultation
00:57:16il faut préciser
00:57:17bougival
00:57:18avec un deuxième accord
00:57:20on a été signé
00:57:22un deuxième accord
00:57:22politique
00:57:23qui s'appelle
00:57:23Élysée Audino
00:57:25puis maintenant
00:57:26on nous dit
00:57:26ben non en fait
00:57:28ni la consultation
00:57:29ni bougival
00:57:30ni Élysée Audino
00:57:31ne suffisent
00:57:31parce que le FLNKS
00:57:33ne veut pas d'accord
00:57:34il faut donc aller
00:57:35aux élections provinciales
00:57:36avec un corps électoral gelé
00:57:38bon
00:57:38ça fait beaucoup de points
00:57:40qu'en donne
00:57:41je trouve
00:57:41à l'UCFLNKS
00:57:43qui est le seul
00:57:45signataire
00:57:45des 6
00:57:46à s'être retiré
00:57:48des accords
00:57:49à chaque fois signés
00:57:50que ce soit
00:57:50le DGL à 10 ans
00:57:51prévu en 2024
00:57:52que ce soit
00:57:53bougival
00:57:53que ce soit
00:57:54Élysée Audino
00:57:56donc
00:57:56moi ce que
00:57:57je voudrais
00:57:58qu'on acte
00:58:00ici à l'Assemblée nationale
00:58:01c'est que
00:58:01qu'on arrête
00:58:03de prendre en otage
00:58:04le choix des Calédoniens
00:58:05et qu'on donne la parole
00:58:08au peuple calédonien
00:58:09sur cet accord
00:58:12et que les Calédoniens
00:58:13tranchent
00:58:15et c'est ce qui est prévu
00:58:16dans le texte
00:58:17c'est-à-dire que
00:58:17si on passe
00:58:18la réforme constitutionnelle
00:58:19ici à l'Assemblée nationale
00:58:21et au Congrès de Versailles
00:58:22in fine
00:58:23ce sont les Calédoniens
00:58:24qui vont décider
00:58:24si oui ou non
00:58:26bougival se met en place
00:58:27c'est pas l'Assemblée nationale
00:58:28ni le Congrès de Versailles
00:58:29c'est les Calédoniens
00:58:29qui décident à la fin
00:58:30parce que si les Calédoniens
00:58:31votent non au référendum
00:58:33concernant bougival
00:58:34il n'y a pas d'accord
00:58:35bougival
00:58:36donc pourquoi
00:58:37cette Assemblée
00:58:38qui nous demande
00:58:39de trouver un consensus
00:58:40à 100%
00:58:41de la classe politique calédonienne
00:58:42qui n'arrive même pas
00:58:43elle a trouvé de consensus
00:58:44pour un budget
00:58:45pardon
00:58:45vous nous demandez
00:58:47des choses
00:58:47que cette Assemblée
00:58:48est incapable de faire
00:58:49pour la France
00:58:51pourquoi
00:58:52vous empêchez
00:58:54les Calédoniens
00:58:54de voter sur l'accord
00:58:55bougival
00:58:57pourquoi
00:58:59pourquoi
00:59:01il y a des élections
00:59:03municipales
00:59:03qui se sont tenues
00:59:05le FLNKS
00:59:06par le porte-parole
00:59:07Dominique Fauchy
00:59:08a dit
00:59:08on va faire
00:59:09de ces municipales
00:59:10un référendum
00:59:11pour ou contre
00:59:12l'accord bougival
00:59:12le FLNKS
00:59:14avait 15%
00:59:14des inscrits
00:59:17une large victoire
00:59:18loyaliste
00:59:18dans le camp
00:59:19d'un indépendantiste
00:59:19une percée
00:59:20de l'unipalika
00:59:21qui soutient
00:59:21bougival
00:59:22dans le camp
00:59:22indépendantiste
00:59:25pardon
00:59:25mais il y a
00:59:26un moment donné
00:59:26respecter les Calédoniens
00:59:28parce qu'il n'y a pas
00:59:28plus colonial
00:59:29en fait
00:59:30de nous empêcher
00:59:31de choisir
00:59:31notre destin
00:59:33voilà
00:59:34dans l'ordre
00:59:36monsieur Gillet
00:59:37pour le rassemblement
00:59:38national
00:59:39a pointé
00:59:40un certain nombre
00:59:42de réserves
00:59:42qui n'existent pas
00:59:44d'abord vous avez parlé
00:59:45de faux consensus
00:59:48alors parler de faux consensus
00:59:49c'est ignorer la réalité
00:59:50encore une fois
00:59:50cinq forces politiques
00:59:52sur six
00:59:52se sont accordées
00:59:53sur un compromis
00:59:54ce compromis il existe
00:59:55il a été publié
00:59:56tout ça une notoriété
00:59:58publique
00:59:59si c'est la question
01:00:00de savoir
01:00:01il faut un accord parfait
01:00:03unanime
01:00:04qui emporte
01:00:05l'intégralité
01:00:06des camps
01:00:07ça n'a jamais existé
01:00:08tout ça n'a jamais existé
01:00:09dans l'histoire
01:00:10de la Nouvelle-Calédonie
01:00:10tous les accords
01:00:12qui ont structuré
01:00:12l'avenir institutionnel
01:00:13du territoire
01:00:14ont été des accords
01:00:15fragiles
01:00:16parce qu'imparfait
01:00:17mais à minima
01:00:18il permettait
01:00:18de régler
01:00:19un certain nombre
01:00:19de situations
01:00:20il trouvait des points
01:00:21d'équilibre
01:00:21ça ne pouvait satisfaire
01:00:22personne
01:00:23puisque vous avez
01:00:24en Calédonie
01:00:24deux ambitions politiques
01:00:26contradictoires
01:00:27ceux qui souhaiteraient
01:00:28rester dans la République
01:00:29ceux qui souhaitent
01:00:30l'indépendance
01:00:31ça ne peut pas se concilier
01:00:32intellectuellement
01:00:33ça ne peut pas se concilier
01:00:34et donc le travail
01:00:35que nous faisons
01:00:36avec la Nouvelle-Calédonie
01:00:36c'est toujours
01:00:37de construire ce chemin
01:00:38ce chemin de compromis
01:00:39et c'est comme ça
01:00:40qu'on a pensé
01:00:41Bougival
01:00:42c'est des concisions
01:00:44réciproques
01:00:44entre des forces politiques
01:00:46qui se sont engagées
01:00:47et qui l'ont fait d'ailleurs
01:00:48avec courage
01:00:49c'est exactement
01:00:50la même démarche
01:00:51qu'en 88
01:00:52et qu'en 98
01:00:54avec cette différence
01:00:55notable
01:00:55mesdames et messieurs
01:00:56les députés
01:00:56c'est que le contexte
01:00:57il a changé
01:00:58à l'époque
01:00:58il y avait une relation
01:01:00tripartite
01:01:00c'était quand même
01:01:01plus simple
01:01:01vous aviez deux camps
01:01:03le camp des loyalistes
01:01:04le camp des indépendantistes
01:01:04et l'État
01:01:05le paysage politique
01:01:06il a changé aujourd'hui
01:01:07il faut faire avec
01:01:07six forces politiques
01:01:09la situation par ailleurs
01:01:10n'est pas la même
01:01:11le territoire a traversé
01:01:12une crise profonde
01:01:14majeure
01:01:15et dans une situation
01:01:15économique dramatique
01:01:17tout ça
01:01:18tout ça doit nous amener
01:01:20justement
01:01:20à faire cet effort
01:01:22aujourd'hui
01:01:23de conciliation
01:01:24de médiation
01:01:25aussi
01:01:25parce que c'est bien
01:01:26votre rôle
01:01:26aujourd'hui
01:01:27dans le cadre
01:01:28de l'examen
01:01:29de ce texte
01:01:30vous opposez ensuite
01:01:31institutions
01:01:32et urgences économiques
01:01:33mais ça c'est une erreur
01:01:34la nouvelle
01:01:36Calédonie
01:01:36justement
01:01:37est dans une impasse
01:01:38aujourd'hui
01:01:38parce que les règles
01:01:39du jeu
01:01:39ne sont pas stabilisées
01:01:41donc
01:01:43s'il n'y a pas
01:01:43de cadre politique
01:01:44clair
01:01:44il n'y aura pas
01:01:45d'investissement
01:01:46l'État prend sa part
01:01:47je l'ai dit
01:01:471 milliard 100 millions
01:01:48d'euros d'investissement
01:01:49c'est colossal
01:01:51nous allons décliner ce plan
01:01:52nous sommes en train
01:01:53de le faire
01:01:53un dossier de presse
01:01:54qui est parti
01:01:54le commissaire aujourd'hui
01:01:55présente d'ailleurs
01:01:56l'exécution des premiers projets
01:01:58donc il va y avoir
01:01:59des réponses
01:02:00bien évidemment
01:02:00nous n'abandonnons pas
01:02:01la Calédonie
01:02:02mais nous disons
01:02:03et je redis
01:02:03que s'il n'y a pas
01:02:04d'accord politique
01:02:05couplé
01:02:06à cet effort économique
01:02:07il ne se passera rien
01:02:09c'est un pansement
01:02:10que nous sommes
01:02:11en train de mettre
01:02:12sur un territoire
01:02:12qui s'effondre
01:02:14dire ensuite
01:02:15que ce texte
01:02:15mènerait mécaniquement
01:02:17à l'indépendance
01:02:18sans référendum
01:02:20c'est faux
01:02:20rien ne se fera
01:02:22sans majorité qualifiée
01:02:24rien ne se fera
01:02:25sans un rapport
01:02:26entre les forces politiques
01:02:28elles-mêmes
01:02:29rien ne se fera
01:02:30à l'issue
01:02:31sans un travail
01:02:31entre l'État
01:02:32et la Nouvelle-Calédonie
01:02:33et enfin
01:02:34avec l'approbation
01:02:35des Calédoniens
01:02:36il y a un processus
01:02:37à la fois politique
01:02:38et démocratique
01:02:39qui est inscrit
01:02:39dans Bougival
01:02:40donc il n'y a pas
01:02:41une indépendance
01:02:42qui arrive par la fenêtre
01:02:43où c'est absolument
01:02:44pas d'abord
01:02:44ce qu'ont voulu
01:02:45les partenaires
01:02:45et ça n'est absolument
01:02:46pas ce qui est traduit
01:02:47dans Bougival
01:02:48Élysée
01:02:49ou Dino
01:02:51sur les élections
01:02:52oui
01:02:53je vous rejoins
01:02:54ça n'est pas satisfaisant
01:02:56de reporter à nouveau
01:02:57c'est jamais satisfaisant
01:02:58de procéder
01:02:59à un report
01:03:00d'élection
01:03:01la norme
01:03:02la normalité
01:03:02c'est de faire vivre
01:03:03la démocratie
01:03:04mais ce n'est pas
01:03:06un report de confort
01:03:07moi je pointe
01:03:08le risque
01:03:08d'organiser des élections
01:03:10dans quelques semaines
01:03:11alors que le cadre politique
01:03:13n'est pas stabilisé
01:03:14quelle campagne
01:03:15quelle tension
01:03:16sur le territoire
01:03:17quel risque de clivage
01:03:18c'est ça qui est
01:03:19c'est ça qui est en jeu
01:03:20aujourd'hui
01:03:21au sein des responsables politiques
01:03:22il faut que nous l'ayons
01:03:23en tête
01:03:23et donc je suis obligé
01:03:24de vous le dire
01:03:28donc à la fin
01:03:29la vérité
01:03:30elle est simple
01:03:30monsieur le député
01:03:31c'est que vous devez choisir
01:03:32sans vous cacher
01:03:33soit nous bâtissons un chemin
01:03:35il est imparfait
01:03:36mais il est solide
01:03:37et il n'y a pas d'alternative
01:03:38soit vous abandonnez
01:03:40vous décidez d'abandonner
01:03:40le territoire
01:03:41je constate que vous contestez
01:03:42tout dans Bougival
01:03:43que vous refusez tout
01:03:45et qu'au bout du compte
01:03:46vous ne proposez rien
01:03:47et donc vous voulez
01:03:49laisser le territoire
01:03:50sans solution
01:03:50je prends acte
01:03:51de la position
01:03:52qui est donc celle
01:03:52de Marine Le Pen
01:03:53pour les Calédoniens
01:03:55monsieur le député
01:03:56Lachaud
01:03:58monsieur le député
01:03:59je vous le dis
01:04:01vous continuez
01:04:02à jouer dangereusement
01:04:03avec des allumettes
01:04:04d'abord vous réécrivez
01:04:06largement
01:04:07une partie de l'histoire
01:04:08une partie des faits
01:04:11et on va y revenir
01:04:13et puis vous employez
01:04:14toujours des grands mots
01:04:16dire qu'il n'y a pas d'accord
01:04:18c'est faux
01:04:19enfin je veux dire
01:04:19vous pouvez dire
01:04:20que l'accord ne vous convient pas
01:04:21sur le plan politique
01:04:21que vous n'y adhérez pas
01:04:23qu'il y a des inquiétudes
01:04:24très fortes
01:04:25voire que tout le processus
01:04:28intellectuel
01:04:28ne vous va pas
01:04:29mais dire qu'il n'y a pas
01:04:30d'accord c'est faux
01:04:31il y a un accord
01:04:32qui existe
01:04:33d'abord il a été signé
01:04:34et au moment où il a été signé
01:04:36il a emporté l'unanimité
01:04:38mais même projet d'accord
01:04:39un projet d'accord
01:04:40est un accord
01:04:41et donc
01:04:42il a été signé
01:04:43pardon de vous interrompre
01:04:44c'est moi qui en suis désolé
01:04:46alors on va essayer
01:04:47de faire comme d'habitude
01:04:48madame la présidente Pannot
01:04:49monsieur Lachaud
01:04:50je le dis pour celles et ceux
01:04:51qui n'appartiennent pas
01:04:51à la commission des lois
01:04:52qui n'ont peut-être pas
01:04:53l'habitude
01:04:55de considérer que nous
01:04:56nous respectons chacun
01:04:57des orateurs
01:04:58et s'il y a des demandes
01:05:00de prise de parole
01:05:01à l'issue des réponses
01:05:02apportées par madame la ministre
01:05:03et monsieur le rapporteur
01:05:05il est tout à fait possible
01:05:06d'inscrire des orateurs
01:05:07individuels
01:05:07pour deux minutes
01:05:09et sur ce sujet
01:05:10il me semble que nous
01:05:11pouvons continuer
01:05:13la discussion générale
01:05:14dans le micro
01:05:14madame Pannot
01:05:15et les autres
01:05:16plutôt que hors micro
01:05:18pour que nous puissions
01:05:19nous écouter
01:05:19pardon pour cette interruption
01:05:20madame la ministre
01:05:21je vous laisse poursuivre
01:05:22merci monsieur le président
01:05:23donc dire qu'il n'y a pas
01:05:25d'accord c'est factuellement
01:05:25faux
01:05:26un accord qui a existé
01:05:27signé le 12 juillet 2025
01:05:29par toute la représentation
01:05:31politique calédonienne
01:05:33il y a eu ensuite
01:05:34un accord qui a continué
01:05:35à être défendu
01:05:36par cinq forces politiques
01:05:37sur six
01:05:37cinq sur six
01:05:38pardon moi
01:05:39des indépendantistes aussi
01:05:41c'est l'unipalika
01:05:42des non indépendantistes
01:05:44avec les loyalistes
01:05:44et le rassemblement
01:05:45des centristes
01:05:45et des progressistes
01:05:46avec les veilles océaniens
01:05:47et calédonien ensemble
01:05:48il y a eu un complément
01:05:50d'accord
01:05:50élisée ou l'inno
01:05:51le 19 janvier dernier
01:05:54tout ça est au journal officiel
01:05:56donc il y a des accords
01:05:57pour ne pas les porter
01:05:58mais ils existent
01:05:59vous posez le préalable
01:06:00du consensus total
01:06:02si l'objectif c'est
01:06:04l'unanimité
01:06:05avant tout
01:06:07alors dans l'état actuel
01:06:08de la situation
01:06:09le territoire peut attendre
01:06:09longtemps
01:06:10et en attendant
01:06:10le territoire il s'enfonce
01:06:12moi je pense aux calédoniens
01:06:13moi je vous dis
01:06:14ce qui est la réalité
01:06:15aujourd'hui de ce territoire
01:06:16ça va très mal
01:06:17je vous ai donné des chiffres
01:06:18tout à l'heure
01:06:1915% de perte de PIB
01:06:20je veux dire
01:06:21si ça devait nous arriver
01:06:23ici
01:06:24si on devait parler
01:06:25de la situation hexagonale
01:06:26on aurait des réunions
01:06:27d'urgence tous les jours
01:06:28ce serait branle-bat de combat
01:06:30évidemment qu'on n'accepterait pas ça
01:06:31c'est la même chose
01:06:32il faut se mettre
01:06:33à la place aujourd'hui
01:06:33des calédoniens
01:06:34des entreprises
01:06:35continuent de fermer
01:06:36les cicatrices sont encore
01:06:37très visibles
01:06:37de ce qui s'est passé
01:06:38il y a un an
01:06:40et demi
01:06:40et donc
01:06:41l'immobilisme
01:06:42encore une fois
01:06:43le statu quo
01:06:44n'est pas
01:06:45envisageable
01:06:46vous avez parlé de coup de force
01:06:48mais
01:06:49où est
01:06:50encore une fois
01:06:50le passage en force
01:06:51quand vous avez
01:06:52des partenaires politiques
01:06:53qui discutent
01:06:54depuis des mois
01:06:55dans des discussions
01:06:56qui ne sont pas simples
01:06:57je peux vous le dire
01:06:58puisque j'en ai mené
01:06:58quelques-unes
01:06:59avec eux
01:07:00quand
01:07:00ils construisent
01:07:02ensemble
01:07:02quand ils acceptent
01:07:04les uns et les autres
01:07:05de faire des concessions
01:07:06quand le parlement
01:07:07est amené à débattre
01:07:08quand on propose
01:07:09une consultation
01:07:10des calédoniens eux-mêmes
01:07:11c'est-à-dire
01:07:11les premiers concernés
01:07:12à la fin
01:07:13je veux qu'on m'explique
01:07:14où est le passage en force
01:07:16vous serez amené
01:07:17à vous prononcer
01:07:18j'espère qu'en séance publique
01:07:19nous pourrons avoir
01:07:20des débats de fond
01:07:20justement
01:07:20pour que chacun
01:07:21dise sa position
01:07:22et c'est le parlement
01:07:23qui tranchera
01:07:24et c'est la représentation
01:07:25nationale
01:07:25qui aura le dernier mot
01:07:26il n'y a évidemment
01:07:28pas de passage en force
01:07:29sur la décolonisation
01:07:32il faut là aussi
01:07:33sortir des slogans
01:07:34l'accord
01:07:35de Nouméa
01:07:36est respecté
01:07:37parce que le chemin
01:07:37qui est proposé
01:07:38dans Bougival
01:07:39c'est précisément
01:07:41d'avancer
01:07:41par étape
01:07:42avec des garanties
01:07:44démocratiques
01:07:44sans aucune
01:07:45rupture brutale
01:07:47donc le lien
01:07:47il est fait
01:07:48donc je n'accepte pas
01:07:50de dire
01:07:50que nous aurions fait
01:07:52l'impasse
01:07:52sur ce qui est
01:07:54un processus
01:07:55fondamental
01:07:56pour le pays
01:07:58oui vous avez raison
01:07:59monsieur Lachaud
01:08:00l'histoire nous regarde
01:08:01elle nous regarde
01:08:02et elle retiendra
01:08:02que vous avez choisi
01:08:04la posture
01:08:05que vous avez choisi
01:08:07l'impasse
01:08:07je le redis
01:08:08les Calédoniens
01:08:09n'ont pas le temps
01:08:09d'attendre
01:08:09ils n'ont pas le temps
01:08:10d'attendre
01:08:11ils attendent
01:08:12que vous preniez
01:08:12vos responsabilités
01:08:13ce que vous ne ferez
01:08:15pas vraisemblablement
01:08:16et bien vous devrez
01:08:17l'assumer auprès
01:08:18des Calédoniens
01:08:19eux-mêmes
01:08:21monsieur le député
01:08:22de la porte
01:08:24je vous remercie
01:08:26je vous remercie
01:08:26d'abord de votre
01:08:27transparence
01:08:28puisque je disais
01:08:29tout à l'heure
01:08:29qu'il n'y avait pas
01:08:31de contrepartie
01:08:32ou d'alternative
01:08:33à Bougival
01:08:34en réalité
01:08:35c'est pas tout à fait vrai
01:08:36puisque vous faites
01:08:36une contre-proposition
01:08:37aujourd'hui
01:08:38avec votre groupe
01:08:40avec le groupe socialiste
01:08:41au Sénat
01:08:41qui consiste
01:08:43à organiser
01:08:44ces élections
01:08:44provinciales
01:08:45à juin
01:08:45à suspendre
01:08:46le processus
01:08:47de Bougival
01:08:47et à reprendre
01:08:48les discussions
01:08:49je veux saluer
01:08:50cet effort
01:08:50je veux saluer
01:08:51cet effort
01:08:52parce qu'il consiste
01:08:52quand même
01:08:53à tendre la main
01:08:54aux Calédoniens
01:08:55ne consiste pas
01:08:56à juste agiter
01:08:57des slogans
01:08:57et à attendre
01:08:58que le train passe
01:09:01je ne peux pas
01:09:02et vous le savez
01:09:04je ne peux pas
01:09:06conforter
01:09:06la stratégie
01:09:07que vous proposez
01:09:08parce que je pense
01:09:09qu'elle mènerait
01:09:10à une impasse
01:09:11je crois que l'organisation
01:09:12d'élections
01:09:14anticipées
01:09:14précipité
01:09:15au mois de juin
01:09:16ne réglerait pas
01:09:16la situation
01:09:17je crains
01:09:18que
01:09:19l'absence de vote
01:09:21sur le projet
01:09:21de loi constitutionnel
01:09:22enterre
01:09:23le processus
01:09:24et j'ai toutes
01:09:25les inquiétudes
01:09:26sur la manière
01:09:27dont les élections
01:09:28se tiendraient
01:09:29et sur l'état
01:09:29du territoire
01:09:31ensuite
01:09:31mais
01:09:32j'espère que
01:09:33nous pourrons
01:09:34poursuivre ces débats
01:09:35les préciser
01:09:36et les affiner
01:09:36à l'occasion
01:09:38des débats
01:09:38d'autant que vous
01:09:38posez un certain
01:09:39nombre d'amendements
01:09:40au texte
01:09:41et donc
01:09:42ils seront intéressants
01:09:43parce qu'ils nous
01:09:43permettront justement
01:09:44d'aller
01:09:45dans ces débats de fond
01:09:46sur les questions
01:09:47fondamentales
01:09:48que vous avez soulevées
01:09:49qui sont les
01:09:49les questions
01:09:50effectivement
01:09:51ou les inquiétudes
01:09:52ou les préoccupations
01:09:53ou les points d'équilibre
01:09:53qui ont aussi
01:09:55animé beaucoup
01:09:56les discussions
01:09:56entre les partenaires
01:09:57le droit
01:09:58à l'autodétermination
01:09:59que se passe-t-il
01:10:00en cas de transfert
01:10:01total de compétences
01:10:03oui du consensus
01:10:04etc
01:10:04j'espère que nous aurons
01:10:05ces débats
01:10:06sur les trois réserves
01:10:07que vous avez évoquées
01:10:09sur le plan
01:10:10de la méthode
01:10:11et bien
01:10:11je viens d'y répondre
01:10:13sur les inquiétudes
01:10:14sur l'hyper
01:10:15provincialisation
01:10:16précisément
01:10:16nous avons adopté
01:10:18un amendement
01:10:19au Sénat
01:10:20sur le sujet
01:10:21mais je veux le redire
01:10:22très clairement
01:10:23il n'y a jamais eu
01:10:25de volonté
01:10:25de déséquilibrer
01:10:26le territoire
01:10:27il y a la volonté
01:10:29des partenaires
01:10:29calédoniens
01:10:30de dire que
01:10:31mieux développer
01:10:32sur le plan
01:10:32local
01:10:34les provinces
01:10:35et donner davantage
01:10:35de pouvoir
01:10:36aux provinces
01:10:37et ça
01:10:37ça s'entend
01:10:38tout à fait
01:10:39mais il n'a jamais
01:10:39été question
01:10:40de procéder
01:10:41à un déséquilibre
01:10:42qui ferait que
01:10:43une province
01:10:44pourrait l'emporter
01:10:45sur l'autre
01:10:45les mécanismes
01:10:46de solidarité
01:10:47d'unité
01:10:47ont été d'ailleurs
01:10:48réinscrits
01:10:49noir sur blanc
01:10:50mais nous pouvons
01:10:51encore retravailler
01:10:51à ces sujets
01:10:52si vous le souhaitez
01:10:54enfin sur les élections
01:10:56anticipées
01:10:56à juin
01:10:57j'y ai répondu
01:10:58effectivement
01:10:59je comprends
01:11:02je comprends
01:11:03l'idée
01:11:03qui consiste
01:11:04à dire
01:11:04qu'il vaut mieux
01:11:05organiser des élections
01:11:06ou relégitimer
01:11:06les élus
01:11:07mais je crains
01:11:08que de le faire
01:11:08dans un cas
01:11:09encore une fois
01:11:09qui n'a pas atterri
01:11:11sans ligne claire
01:11:12notamment pour les Calédoniens
01:11:14vis-à-vis
01:11:14des Calédoniens
01:11:17demeure un risque
01:11:18mais je propose
01:11:19que nous puissions
01:11:20poursuivre ces débats
01:11:21à l'occasion
01:11:21de la séance
01:11:21publique
01:11:23Monsieur le député
01:11:25Boucard
01:11:25merci beaucoup
01:11:27de votre soutien
01:11:32sur ce dossier
01:11:34évidemment les réserves
01:11:35que vous avez exprimées
01:11:37je les entends
01:11:38sur la loi organique
01:11:39j'y ai répondu
01:11:40tout à l'heure
01:11:41je sais que c'est
01:11:41une demande importante
01:11:42de votre groupe
01:11:43qu'il puisse y avoir
01:11:43un suivi
01:11:44sur ce qui est
01:11:45effectivement
01:11:46le texte
01:11:47de la grande architecture
01:11:48de demain
01:11:49pour les institutions
01:11:50calédoniennes
01:11:51le travail a déjà commencé
01:11:53sur la rédaction
01:11:54de ce texte
01:11:55à Nouméa
01:11:56c'est la main
01:11:57a été donnée
01:11:59aux partenaires calédoniens
01:12:00c'est à eux
01:12:00d'écrire ce que seront
01:12:01ces institutions
01:12:02demain
01:12:03la manière dont ça fonctionnera
01:12:04mais à votre demande
01:12:05à la demande
01:12:06aussi
01:12:08de sénateurs
01:12:09au moment de l'examen
01:12:10du texte
01:12:11dans l'autre
01:12:11dans l'autre chambre
01:12:12et bien
01:12:13nous vous associons
01:12:16régulièrement
01:12:16à l'état d'avancement
01:12:18de ce travail
01:12:19je sais que deux réunions
01:12:20se sont déjà tenues
01:12:21avec monsieur Gossi
01:12:22il vous a fait un premier état
01:12:24de ce que sont
01:12:25ces discussions
01:12:25nous poursuivrons
01:12:26évidemment
01:12:27ce lien étroit
01:12:28sur l'hyper-provincialisation
01:12:31pardon
01:12:31j'ai également répondu
01:12:34madame Sébailly
01:12:37vous avez parlé
01:12:38de bases incomplètes
01:12:43mais je vous rejoins
01:12:45moi je n'ai jamais dit
01:12:46que ce texte
01:12:47que le processus
01:12:49que ce soit le projet
01:12:49de loi constitutionnelle
01:12:50ou la suite
01:12:51étaient des éléments complets
01:12:52il ne peut pas y avoir
01:12:53de réponse
01:12:54effectivement
01:12:54à ces projets politiques
01:12:57et ce n'est pas le rôle
01:12:57de l'état
01:12:58d'ailleurs de répondre
01:12:59le rôle de l'état
01:13:00c'est d'organiser
01:13:01cette méthode
01:13:01et d'accompagner
01:13:02encore une fois
01:13:03le but
01:13:04c'est le chemin
01:13:05qui est pris
01:13:06par la nouvelle Calédonie
01:13:07mais à défaut
01:13:08d'être complet
01:13:10comme les accords
01:13:11qui les ont d'ailleurs
01:13:12précédés
01:13:13j'insiste
01:13:15Bougival
01:13:16c'est une base
01:13:17de travail
01:13:18qui d'abord
01:13:19à un moment donné
01:13:20a réussi à réunir
01:13:21tout le monde
01:13:22autour de la table
01:13:23j'entends la critique
01:13:24sur le projet d'accord
01:13:25versus l'accord
01:13:26mais à un moment donné
01:13:28Bougival
01:13:28ça a permis
01:13:29à chacun
01:13:30de se reparler
01:13:32ce qui ne s'était pas fait
01:13:33depuis très longtemps
01:13:33à chacun
01:13:34de réévoquer
01:13:35des sujets de fond
01:13:37et de parvenir
01:13:39à des concessions
01:13:40donc à un compromis
01:13:435 forces politiques
01:13:44sur 6
01:13:44aujourd'hui
01:13:45continuent
01:13:46de soutenir
01:13:46cet accord
01:13:47ça ne peut pas être
01:13:48balayé
01:13:48d'un revers
01:13:49demain
01:13:51sur le fait
01:13:52que l'autodétermination
01:13:54ne serait pas
01:13:54au rendez-vous
01:13:55je ne suis pas d'accord
01:13:57Bougival
01:13:57c'est une autre forme
01:13:58d'autodétermination
01:13:59parce que justement
01:13:59les partenaires
01:14:00au début
01:14:00de la discussion
01:14:01de Bougival
01:14:02ont fait le choix
01:14:03de sortir
01:14:04des référendums
01:14:05binaires
01:14:05du oui
01:14:06ou du non
01:14:07trop clivant
01:14:08vis-à-vis de la population
01:14:09il y a eu 3 référendums
01:14:11mais je veux dire
01:14:11ils se sont tenus
01:14:12l'état organisé
01:14:14et les Calédoniens
01:14:15sont allés voter
01:14:16ça existait
01:14:17précisément
01:14:18les partenaires
01:14:19ont souhaité
01:14:21innover
01:14:21et c'est peut-être
01:14:22effectivement
01:14:22je rejoins
01:14:23monsieur le rapporteur
01:14:23un peu perturbant
01:14:25ce qui est proposé
01:14:26par Bougival
01:14:27mais c'est un choix
01:14:28politique assumé
01:14:28par les partenaires
01:14:29calédoniens
01:14:31et donc
01:14:31la vraie question
01:14:33c'est pas
01:14:33est-ce qu'il faut
01:14:34à nouveau
01:14:34un cycle référendum
01:14:35c'est quel chemin
01:14:37politique
01:14:37juridique
01:14:38démocratique
01:14:39pour l'avenir
01:14:40du territoire
01:14:42quel maintien
01:14:43de la perspective
01:14:44d'autodétermination
01:14:46est possible
01:14:46et elle l'est
01:14:48on peut l'organiser
01:14:49autrement
01:14:50si les partenaires
01:14:51se mettent d'accord
01:14:52sur autre chose
01:14:53alors cette autre chose
01:14:54doit être sécurisée
01:14:55accompagnée
01:14:57juridiquement
01:14:57cette autre chose
01:14:58c'est quoi désormais
01:14:59c'est la capacité
01:15:00pour le congrès
01:15:01de Nouvelle-Calédonie
01:15:02de proposer une résolution
01:15:03de transfert
01:15:04de compétences
01:15:05régalienne
01:15:06si cette résolution
01:15:06est adoptée
01:15:07vous avez un travail
01:15:08qui s'enclenche
01:15:09entre l'État
01:15:10et la Nouvelle-Calédonie
01:15:11et ensuite
01:15:12le transfert
01:15:13de compétences
01:15:13est soumis
01:15:14à l'approbation
01:15:15des Calédoniens
01:15:17donc vous avez
01:15:18un processus politique
01:15:19encore une fois
01:15:19et à la fin
01:15:20l'exercice démocratique
01:15:21puisque les Calédoniens
01:15:22diront oui
01:15:23ou non
01:15:24s'ils veulent
01:15:25avancer
01:15:25donc la souveraineté
01:15:27elle disparaît pas
01:15:27c'est juste
01:15:28qu'elle prend
01:15:28une forme
01:15:29un peu
01:15:30nouvelle
01:15:31voilà
01:15:31avec un chemin
01:15:32qui est encadré
01:15:33différemment
01:15:36sur
01:15:38le chantage
01:15:39politico-économique
01:15:41Madame Sébain
01:15:42vous savez bien
01:15:42que ça n'est pas vrai
01:15:43vous savez bien
01:15:44que c'est pas vrai
01:15:45d'abord regardez
01:15:46on est en plein examen
01:15:48du processus politique
01:15:50et institutionnel
01:15:51alors que le volet économique
01:15:52est en train
01:15:52de se déployer
01:15:54il y a des amendements
01:15:55qui ont été votés
01:15:56dans le cadre du projet
01:15:57de loi de finances
01:15:57bien avant qu'on en arrive
01:15:58d'ailleurs
01:15:59à l'accord Élysée
01:16:00ou Lino
01:16:01on ne sait même pas
01:16:02s'il existerait
01:16:03ou pas
01:16:04et encore une fois
01:16:05tout ça est en train
01:16:06de se déployer
01:16:07dès le mois de décembre
01:16:08au Sénat
01:16:10puisqu'on a pu examiner
01:16:12la mission outre-mer
01:16:12ce qui n'a pas été le cas
01:16:13à l'Assemblée nationale
01:16:14dès le mois de décembre
01:16:15au Sénat
01:16:16des amendements
01:16:17ont été adoptés
01:16:17avec le soutien
01:16:18du gouvernement
01:16:19pour permettre
01:16:20un soutien
01:16:20à la filière nickel
01:16:21pour permettre
01:16:22un soutien
01:16:22à la création
01:16:23d'emplois
01:16:24le soutien
01:16:25aux entreprises
01:16:27pour permettre
01:16:27un filet social
01:16:28il y a des mesures
01:16:29vis-à-vis de la jeunesse
01:16:30tout ça est complété
01:16:31par Élysée ou Lino
01:16:32désormais
01:16:33puisque l'État
01:16:34s'est engagé
01:16:351 milliard 100 millions
01:16:36d'euros
01:16:36et vous avez eu
01:16:37les documents
01:16:38qui vous permettent
01:16:40de voir
01:16:40quels sont
01:16:41les différents secteurs
01:16:42d'activité
01:16:43dans lesquels
01:16:43nous souhaitons investir
01:16:44tout ça
01:16:45je le redis
01:16:48existe indépendamment
01:16:48de l'issue
01:16:50du projet
01:16:51de loi constitutionnelle
01:16:52et de Bougival
01:16:52en général
01:16:53l'État
01:16:54n'abandonnera pas
01:16:55la Calédonie
01:16:56nous sommes conscients
01:16:57de la spirale
01:16:58de récession
01:16:59dans laquelle
01:16:59est entré
01:17:00le territoire
01:17:00et donc nous faisons
01:17:01les investissements
01:17:02financiers
01:17:03conséquents
01:17:05mais
01:17:05vous le savez
01:17:07et nous le savons
01:17:07tous ici
01:17:08c'est la moitié
01:17:09du chemin
01:17:09c'est à dire
01:17:10que
01:17:10cet argent
01:17:12que nous allons
01:17:13mettre à disposition
01:17:14ce soutien
01:17:15nous allons apporter
01:17:16pour les jeunes
01:17:17pour les entreprises
01:17:18ces filets sociaux
01:17:21tout ça
01:17:22n'aura de portée
01:17:23que si nous stabilisons
01:17:24aussi la trajectoire politique
01:17:26parce qu'un investisseur
01:17:27c'est comme ça
01:17:28que ça résonne aussi
01:17:29voilà
01:17:29s'il n'y a
01:17:30pas de lisibilité
01:17:32s'il y a des risques
01:17:33s'il y a de l'attention
01:17:33les investisseurs
01:17:35n'investissent pas
01:17:36ou investissent
01:17:37assez faiblement
01:17:38et donc c'est sur cette dynamique là
01:17:41que j'essaie d'attirer
01:17:42votre attention
01:17:44Monsieur le député
01:17:45Monsieur le ministre Vigier
01:17:46je vous remercie
01:17:48de votre propos
01:17:49je sais que vous êtes
01:17:50très sensible
01:17:50à la situation
01:17:52des Calédoniens
01:17:54très conscient
01:17:55de ce qui s'y joue
01:17:57et vous avez évoqué
01:17:59un sujet sensible
01:18:00sur lequel nous allons
01:18:01effectivement très vite
01:18:03probablement devoir discuter
01:18:04qui est la question
01:18:05du corps électoral
01:18:07effectivement
01:18:08si nous nous projetons
01:18:10sur un processus
01:18:11qui n'aboutit pas
01:18:12sur des élections provinciales
01:18:14qui doivent être organisées
01:18:15à la fin du mois de juin
01:18:16je suis d'ores et déjà
01:18:18interpellée
01:18:18sur ce qui sera
01:18:20le corps électoral
01:18:22amené à se prononcer
01:18:23vous connaissez la situation
01:18:24le conseil constitutionnel
01:18:26a été clair
01:18:27je renvoie à la décision
01:18:29qu'il a rendue
01:18:29au mois de septembre 2025
01:18:31le corps électoral
01:18:32est gelé
01:18:33en l'état
01:18:34le corps électoral
01:18:34est gelé
01:18:36et pour ce qu'il a dit
01:18:39s'il n'y a pas
01:18:39de révision constitutionnelle
01:18:41c'est bien ce cadre
01:18:41qui s'impose
01:18:43même s'il peut y avoir
01:18:44d'autres formes
01:18:46d'ouverture
01:18:47du corps électoral
01:18:48qui ne soit pas
01:18:48un dégel
01:18:49au sens de
01:18:50de la rédaction
01:18:51du conseil constitutionnel
01:18:53mais justement
01:18:54Bougival a proposé
01:18:55de sortir de Saint-Apace
01:18:56par le droit
01:18:57c'est ça qui est important aussi
01:18:58il y a eu un consensus
01:18:59des partenaires calédoniens
01:19:01sur ce sujet
01:19:01très sensible
01:19:02et particulièrement
01:19:04inflammable
01:19:05sorti par le droit
01:19:06et pas par
01:19:06par la brutalité
01:19:08pour la première élection
01:19:09qui suivrait
01:19:10l'approbation
01:19:10de l'accord
01:19:12le texte prévoit
01:19:13un dégel partiel
01:19:14et donc serait admis
01:19:15à voter
01:19:15ceux qui participent
01:19:16déjà à la consultation
01:19:17d'approbation
01:19:18ceux qui sont inscrits
01:19:19sur les listes électorales
01:19:20spéciales provinciales
01:19:21et les personnes nées
01:19:22en Nouvelle-Calédonie
01:19:23ou qui y résident
01:19:25depuis au moins 15 ans
01:19:27à la fin des fins
01:19:29et je pense qu'on se rejoint
01:19:30sur un sujet pareil
01:19:31rien ne pourra se faire
01:19:32en dehors d'un consensus
01:19:34des partenaires politiques
01:19:35c'est évident
01:19:37et donc s'il y a une suite
01:19:38à écrire
01:19:39et vous le comprendrez bien
01:19:42il faudra un débat
01:19:43entre les partenaires
01:19:45calédoniens
01:19:46pour savoir
01:19:46si une solution
01:19:49est envisageable
01:19:51ou pas
01:19:51parce que
01:19:53ce sont des sujets
01:19:54particuliers
01:19:55qui de tout temps
01:19:56ont appelé
01:19:57à l'identité
01:19:58aux équilibres
01:19:59à la représentativité
01:20:00qui ne dépendent pas
01:20:01uniquement
01:20:02de ce qu'en dira
01:20:02l'Etat
01:20:03ou le gouvernement
01:20:06en attendant
01:20:07j'espère que
01:20:07l'Assemblée nationale
01:20:08prendra ses responsabilités
01:20:09pour ne pas
01:20:11que nous en arrivions
01:20:12à cette extrémité
01:20:15Madame la députée
01:20:17Firmin-Le Baudot
01:20:17je remercie
01:20:19de ses propos
01:20:21clairs
01:20:21de sa vision
01:20:23évidemment
01:20:24que je partage
01:20:26de son soutien
01:20:27aussi
01:20:27de longue date
01:20:28d'ailleurs
01:20:29sur les textes
01:20:31calédoniens
01:20:32et nous avancerons
01:20:33de concert
01:20:34bien évidemment
01:20:35je prends acte
01:20:35et je prends note
01:20:36des réserves aussi
01:20:38et des formes
01:20:39d'inquiétude
01:20:39qui ont été exprimées
01:20:40qui rejoignent
01:20:41ce que d'autres
01:20:42d'ailleurs
01:20:43ont pu dire
01:20:44aussi à l'occasion
01:20:45de ces débats
01:20:46nous pourrons y revenir
01:20:47à la fois sur
01:20:48le temps électoral
01:20:49des provinciales
01:20:50sur l'hyper-provincialisation
01:20:53j'espère que nous aurons
01:20:54l'occasion
01:20:55d'affiner
01:20:55notamment par voie
01:20:56d'amendement
01:20:58Monsieur le député
01:20:59Le Normand
01:21:00a exprimé
01:21:00une forme de soutien
01:21:01modéré
01:21:02si j'ai bien compris
01:21:03enfin un soutien
01:21:04quand même
01:21:05sous un certain
01:21:06nombre de réserves
01:21:08mais qui rejoignent
01:21:09là aussi
01:21:09des préoccupations
01:21:11communes
01:21:12le report des élections
01:21:13j'y ai répondu
01:21:14la loi organique
01:21:16là aussi
01:21:16j'ai expliqué
01:21:17le processus
01:21:18de suivi
01:21:18auquel nous souhaitons
01:21:20que les parlementaires
01:21:20soient assentiers
01:21:21étant rappelé
01:21:21que la loi organique
01:21:23c'est un travail
01:21:24en cours
01:21:25puisque dans le processus
01:21:26aujourd'hui
01:21:27le projet de loi constitutionnelle
01:21:29serait adapté
01:21:29par les deux chambres
01:21:30puis nous aurions un congrès
01:21:32les Calédoniens
01:21:33qui seraient amenés
01:21:33à se prononcer
01:21:34sur ce texte
01:21:35et un examen
01:21:37du texte organique
01:21:38pas avant octobre
01:21:40ce qui laisse encore
01:21:41du temps
01:21:41pour écrire
01:21:43pour que les partenaires
01:21:44écrivent
01:21:45et pour que nous puissions
01:21:45ensuite échanger
01:21:47avec tous ceux
01:21:48qui le voudront
01:21:49j'ai pris bonne note
01:21:50de la liberté de vote
01:21:52du groupe Elliot
01:21:54sur ce texte
01:21:57monsieur le député
01:21:59Djibahou
01:21:59monsieur le député
01:22:01vous avez commencé
01:22:02en rappelant
01:22:03l'épisode
01:22:04du mois
01:22:04de l'automne
01:22:07de l'automne dernier
01:22:09et moi j'ai dit alors
01:22:10et je l'avais dit
01:22:11à plusieurs reprises
01:22:12que je ne souhaitais pas faire
01:22:14sans le FLNKS
01:22:16pourvu que le FLNKS
01:22:17ne fasse pas
01:22:18sans les autres
01:22:22alors c'est pas moi
01:22:23qui conteste
01:22:23l'importance
01:22:25du front de libération
01:22:26d'abord
01:22:27je ne contourne pas
01:22:28le sujet
01:22:29c'est un acteur majeur
01:22:31de la vie politique
01:22:32calédonienne
01:22:33d'ailleurs
01:22:34personne ne dit
01:22:35le contraire
01:22:37ma méthode
01:22:38et vous le savez
01:22:40elle est claire
01:22:40depuis le début
01:22:41et depuis le premier jour
01:22:42depuis mon déplacement
01:22:43à Nouméa
01:22:44et encore jusqu'à aujourd'hui
01:22:46j'ai toujours tendu la main
01:22:47et je n'ai jamais
01:22:48fermé la porte
01:22:49jamais
01:22:49et jusqu'à aujourd'hui
01:22:50encore une fois
01:22:51c'est un processus
01:22:52qui prend du temps
01:22:53donc il y a
01:22:54d'autres étapes
01:22:55qui vont arriver
01:23:01et donc
01:23:01ce que je vais exprimer
01:23:02monsieur le député
01:23:03Djibaou
01:23:04c'est que toutes les positions
01:23:05sont respectables
01:23:06mais qu'il est difficile
01:23:07de faire avec quelqu'un
01:23:08qui ne souhaite pas venir
01:23:10et que la responsabilité
01:23:12qui est la mienne
01:23:12c'est d'offrir
01:23:14des solutions
01:23:14aux Calédoniens
01:23:15compte tenu
01:23:17par ailleurs
01:23:17de la gravité
01:23:18de la situation
01:23:19sur place
01:23:19qui ne peut pas
01:23:21être escamotée
01:23:21on ne peut pas parler
01:23:22en théorie
01:23:23du volet politique
01:23:24institutionnel
01:23:24sans parler
01:23:25de ce que vivent
01:23:26les Calédoniens
01:23:27tous les jours
01:23:28en termes
01:23:29de décrochage scolaire
01:23:30en termes
01:23:31d'entreprises
01:23:32qui ont fermé
01:23:33en termes
01:23:34de reconstruction
01:23:35du paysage
01:23:36en termes
01:23:37d'emplois
01:23:37donc toutes ces questions
01:23:39en vérité
01:23:40elles sont liées
01:23:43et vous le savez
01:23:44c'est compliqué
01:23:45monsieur le député
01:23:46de construire
01:23:48à la place
01:23:49de ceux
01:23:49qui n'ont pas souhaité
01:23:50revenir
01:23:50à la table
01:23:51et donc on ne peut pas
01:23:52non plus conditionner
01:23:53l'avenir
01:23:54de près de 300 000
01:23:55personnes
01:23:55à une absence
01:23:56aussi importante
01:23:57soit-elle
01:23:58et c'est ça ma difficulté
01:23:59vous le savez
01:24:00j'ai cherché
01:24:01des portes de sortie
01:24:03avec le FLNKS
01:24:05et je l'ai toujours dit
01:24:06d'ailleurs
01:24:06il n'y avait pas de sujet
01:24:07tabou
01:24:08à mettre
01:24:09sur la table
01:24:12alors je sais
01:24:12que vous contestez
01:24:13les accords
01:24:14vous l'avez dit
01:24:15vous l'avez redit
01:24:16encore une fois
01:24:17je respecte
01:24:18toutes les positions
01:24:19mais vous savez aussi
01:24:20que le territoire
01:24:22s'est construit
01:24:22aussi avec des accords
01:24:24contestés
01:24:25et que
01:24:26si la solution
01:24:27est de dire
01:24:28c'est l'indépendance
01:24:29ou même
01:24:30c'est déva
01:24:31puisque vous l'avez
01:24:32mentionné
01:24:33ce n'est pas
01:24:34un compromis
01:24:34ce n'est pas
01:24:35une voie de sortie
01:24:36ce n'est pas
01:24:37un projet partagé
01:24:38d'abord déva
01:24:39n'a été qu'une idée
01:24:41déva n'a jamais existé
01:24:43déva n'a jamais été écrit
01:24:46déva n'a jamais été consensuel
01:24:48entre les partenaires politiques
01:24:51je vous mets au défi
01:24:52de me produire
01:24:53le projet de déva
01:24:55il n'existe pas
01:24:57ça a été une idée
01:24:57mais c'est bien
01:24:59les idées doivent être testées
01:25:01jusqu'à trouver la voie du compromis
01:25:03déva n'est pas
01:25:04le compromis
01:25:05l'accord Kanaki
01:25:07n'est pas
01:25:07le compromis
01:25:10bougival
01:25:10était cette forme
01:25:11de compromis
01:25:12qui existait
01:25:13unanimement
01:25:14entre vous
01:25:15puis
01:25:15aujourd'hui
01:25:17sans vous
01:25:18mais je vous repose
01:25:19alors à la question
01:25:20si ce n'est pas
01:25:22le processus
01:25:23de bougival
01:25:23monsieur le député
01:25:24dans la situation
01:25:26dans laquelle
01:25:26les calédoniens
01:25:27sont aujourd'hui
01:25:28alors qu'est-ce
01:25:29que vous proposez
01:25:30qu'est-ce que vous proposez
01:25:32de suffisamment solide
01:25:33de suffisamment
01:25:34concerter avec
01:25:36vos homologues
01:25:37du territoire
01:25:38pour apporter
01:25:39des réponses concrètes
01:25:40des perspectives
01:25:41et un avenir
01:25:42au territoire
01:25:43et enfin monsieur le député
01:25:45Mitzdorf
01:25:46monsieur le député
01:25:47vous avez rappelé
01:25:49exactement
01:25:49le fil conducteur
01:25:50du dossier calédonien
01:25:52c'est quoi le fil conducteur
01:25:53du dossier calédonien
01:25:54c'est la traduction
01:25:55c'est la traduction
01:25:56des accords
01:25:57on ne peut pas faire fi
01:25:58on ne peut pas mettre
01:25:59à la poubelle
01:26:00des mois
01:26:01de discussions
01:26:03difficiles
01:26:03acharnées
01:26:04entre des partenaires
01:26:05calédoniens
01:26:05qui représentent
01:26:07une grande partie
01:26:08du spectre
01:26:08du paysage politique
01:26:10tout ça doit compter
01:26:11tout ça ne peut pas
01:26:12être mis
01:26:13de côté
01:26:13tout ça a encore
01:26:15de la valeur
01:26:15et ne nous trompons pas
01:26:17d'histoire
01:26:19il n'y a pas
01:26:20d'accord parfait
01:26:20et il n'y a pas
01:26:21d'accord unanime
01:26:22mais il y a
01:26:23un minima
01:26:24des accords
01:26:25qui apportent
01:26:25de la stabilité
01:26:26qui donnent du temps
01:26:27au territoire
01:26:28qui lui permettent
01:26:29de se relever
01:26:29et de se projeter
01:26:30et c'est bien là
01:26:31l'essentiel
01:26:31pour les Calédoniens
01:26:32Voilà donc pour cette audition
01:26:34de Naïma Mouchou
01:26:35ministre des Outre-mer
01:26:37et à l'issue
01:26:37de l'examen
01:26:38du projet de loi
01:26:40de réforme constitutionnelle
01:26:42qui porte sur la Nouvelle-Calédonie
01:26:43et bien les députés
01:26:45n'ont pas approuvé
01:26:46ce texte
01:26:47il repassera
01:26:48en séance publique
01:26:49ce sera
01:26:49le 1er avril prochain
01:26:51et LCP
01:26:52sera bien entendu
01:26:54aux premières loges
01:26:55pour vous faire suivre
01:26:56ce débat
01:26:57explosif
01:26:58c'est la fin
01:26:58de cet épisode
01:26:59à très bientôt
01:27:00sur LCP
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