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  • il y a 16 heures
Les jeux de 2030 seront-ils aussi applaudis que ceux de Paris 2024 ? Après l'édition de Milan Cortina, le compte à rebours est lancé pour la France. Si les Alpes du Nord ont déjà accueilli les anneaux, c'est la première fois qu'un évènement d'une telle ampleur s'invite dans le département des Hautes-Alpes. Serre Chevalier et Montgenèvre accueilleront les épreuves de ski et de snowboard free-style, avec un village olympique prévu à Briançon. Les responsables politiques locaux comptent sur les apports de l'olympisme : désenclavement, afflux touristique, rénovation d'infrastructures, pour eux, pas de doute, ces jeux sont une opportunité. Mais les jeux d'Albertville avaient précipité plusieurs communes au bord de la faillite. Fort de cet enseignement, un collectif contre les jeux de 2030 tente d'informer le grand public sur les risques financiers et climatiques des jeux olympiques de 2030, pour une compétition plus éthique. Année de Production :

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00:06Musique
00:16Six en or, quatre en orgeant, trois en rose.
00:2634 ans après les derniers Jeux d'hiver à Albertville, le drapeau olympique est de retour en France.
00:44Musique
00:44Le compte à rebours est lancé, après la ferveur des Jeux de Paris 2024 et de Milan-Cortina.
00:50Dans quatre ans, les Alpes françaises auront à nouveau rendez-vous avec la flamme.
00:56Un grand moment de bonheur. On a ramené le drapeau olympique à la France.
01:00On a des champions exceptionnels et les prochains seront en France.
01:04Donc c'est un grand moment d'intenses émotions.
01:08Quatre ans pour transformer nos montagnes en une arène sportive grandeur nature.
01:12Qu'est-ce qu'on est heureux de retrouver ici, Albertville, ce temple de l'olympisme, la Française.
01:19Quatre ans, c'est suffisant pour faire des Jeux ?
01:23Oui, mais qu'est-ce que c'est ?
01:24Même à la montagne ?
01:25Même à la montagne ?
01:26Non, mais on a tout. On a tout. On n'a pas d'énormes constructures ou constructions à faire.
01:32Non, nous on a beaucoup avancé, on est prêts, on sera prêts. Non, non, ça va.
01:34Pourtant, depuis des mois, les démissions s'enchaînent au sein du comité d'organisation des Jeux.
01:39Comment en est-on arrivé là ?
01:41Le comité d'organisation des Jeux olympiques d'hiver fait face à de très fortes secousses.
01:47Des procédures judiciaires sont en cours, le budget ne cesse d'augmenter
01:51et les habitants des territoires hautes commencent à s'inquiéter.
01:55Ces déboires vont-ils être vite oubliés pour laisser place à la fièvre olympique ?
01:59Ou bien les Jeux 2030 sont-ils vraiment en train de prendre une mauvaise pente ?
02:08T'as les clés ?
02:10Attends, c'est technique, ça suffit.
02:11C'est technique, c'est technique.
02:14Alors, Bruno, tu vas prendre un seno ?
02:17Tiens.
02:19A quelques kilomètres de la cérémonie de retour du drapeau,
02:22Tu veux que je prenne ?
02:24Un petit comité a lui aussi prévu d'étendre ses banderoles.
02:28Tenir tout seul comme ça, et si tu le plantes un peu dans le...
02:31Non mais tiens, c'est sur l'arbre.
02:33Depuis deux ans, Delphine Lara ne se déplace jamais sans quelques pancartes, des tracts et un micro.
02:40Bonjour à tout le monde.
02:42Merci à toutes et à tous d'être ici présents avec nous pour cette contre-cérémonie d'arrivée du drapeau
02:51olympique.
02:51Et nous, on a amené notre propre drapeau.
02:54Alors, c'est un drapeau qu'on a nommé olympique sous. Pourquoi ?
02:58Parce qu'on trouve qu'il y a vraiment une grosse confiscation d'argent public pour un événement qui ne
03:03va bénéficier qu'à très peu de monde.
03:05Et qu'on va se traîner, nous, comme un boulet. D'où notre drapeau avec les cinq boulets olympiques.
03:11C'est elle qui a fondé ce collectif contre les Jeux 2030.
03:17Nous avons décidé de faire une contre-cérémonie de retour. On estime que c'est un retour de flamme.
03:23Il y a vraiment des gros problèmes, des problèmes financiers, des problèmes de déni démocratie et surtout une énorme urgence
03:29environnementale et climatique en cours
03:31qui nous font dire que ce projet n'est absolument pas une bonne idée.
03:34On essaie d'alerter la population, les élus, de montrer qu'on occupe le terrain et que la contestation à
03:42ce projet est toujours tout à fait vivante.
03:45Le collectif s'inquiète particulièrement pour un territoire, le département des Hautes-Alpes et la ville de Briançon.
03:53Dans un département qui ne compte que 130 000 habitants, où on a la plus faible densité de population,
03:57c'est là qu'en fait ce choc entre l'envergure du projet et entre le bassin de vie, la
04:02réalité du bassin de vie, c'est à mon avis c'est là que c'est le plus emblématique.
04:07On va commencer à déambuler ?
04:13Vous suivez la voiture de police ?
04:19Les épreuves sont réparties de Nice en passant par Montgenèvre,
04:24Serre-Chevalier, Courchevel, Val d'Isère et jusqu'au Grand Bornand.
04:338 sites olympiques, dispatchés sur les deux régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes.
04:40Pour la première fois, les Hautes-Alpes et la ville de Briançon accueillent les Jeux avec les épreuves de half
04:46-pipe, de ski de bosse et de ski acrobatique à Serre-Chevalier.
04:50Salut, ça va ?
04:54Ici, le ski c'est une religion et comme toute bonne religion, elle a ses coutumes.
05:00Briançon a une tradition bien ancrée, sa mythique course de ski.
05:07C'est qui gagne aujourd'hui ?
05:11Et c'est Benoît Beauvalet qui pilote cette 34e édition.
05:15T'en as fait combien d'éditions toi ?
05:18Beaucoup.
05:19Quelques-unes quand même.
05:20Bah ouais ouais.
05:21Là, dans la majorité, c'est les enfants du pays.
05:24Donc du coup, ils sont nés un petit peu sur les skis.
05:27Et du coup, ils adorent ça.
05:29Et ces compétitions, ça permet un petit peu qu'ils sont en concurrence les uns avec les autres, mais toujours
05:36dans un esprit un peu ludique.
05:38Pour ces jeunes skieurs, les Jeux olympiques, c'est un rêve.
05:41Tu sais ce qu'il se passe dans quatre ans ici ?
05:44Euh oui, les JO.
05:45Ça te fait quoi toi ? T'es contente ?
05:47Ouais, je suis contente.
05:47J'aimerais bien aller les voir et j'aurais bien aimé les faire, mais je suis trop jeune encore.
05:52Et c'est aussi le rêve de tout un territoire, d'entrer enfin dans la lumière.
05:56C'est vrai que c'est une chance.
05:58C'est une chance pour le brillant saunet.
06:01C'est une chance pour nous qui sommes passionnés du ski.
06:05Et puis pour montrer justement, bah là on le voit aujourd'hui, ce ciel bleu des Alpes du Sud.
06:11Et puis cette région sud effectivement, parce qu'on a beaucoup parlé des Alpes du Nord.
06:15Et c'est bien et c'est légitime avec Albertville 92.
06:21Après ce sera 28 et 29 !
06:23C'est vraiment, j'espère, une vraie opportunité pour la renommée des Alpes du Sud notamment,
06:29parce que bon, les Alpes du Nord, on va pas dire qu'ils ont une meilleure renommée que nous,
06:33parce que c'est pas vrai, mais voilà, ce sera une belle opportunité pour Briançon et les alentours.
06:39Une opportunité ou une sacrée prise de risque.
06:42Car si cette année était généreuse en neige, les Alpes se réchauffent en moyenne deux fois plus vite
06:47que le reste du territoire national.
06:52À Cerchevalier, la neige commence même à manquer au plus haut du domaine, à 2800 mètres d'altitude.
06:58Alors pour faire face, la station a investi dans ce qu'on appelle des retenues collinaires,
07:04des sortes de méga-bassines perchées dans la montagne, dont le seul but est de fabriquer de la neige artificielle.
07:12L'une d'entre elles se trouve derrière ces barrières en bois.
07:16Celle-ci, elle est prévue pour contenir autour de 40 000 mètres cubes d'eau.
07:20Soit c'est pompage dans les lappes phréatiques des rivières, soit c'est des sources qui sont gravitairement disponibles autour
07:27de la retenue.
07:28Et contrairement à ce qu'on croit, toute la neige qui fond ne va pas retourner dans la guisanne en
07:33bas.
07:33Une partie repart par évapotranspiration.
07:36Et cette perte d'eau, elle est préjudiciable à tous les milieux naturels.
07:39En plus, lorsqu'on remplit la retenue, on le fait à des moments où on est à l'étiage.
07:45L'hiver, il n'y a jamais autant peu d'eau qu'en ce moment.
07:49Janvier, février, vous regardez la glisanne, vous regardez la clarée, vous regardez la durance.
07:53Ce sont des rivières qui sont extrêmement basses.
07:55Donc à un moment donné où on prélève toute cette eau pour pouvoir faire de la neige artificielle,
07:59à la fois la nature a besoin d'eau et à la fois les populations ont besoin d'eau.
08:05C'est-à-dire que la station de Cerchevalier, c'est 50 000 lits.
08:08Ce qui fait que c'est en concurrence, ça sera de plus en plus en concurrence avec l'endagement artificiel.
08:14Les responsables de la station assurent qu'en période de tension sur l'eau, la production de neige sera réduite.
08:20Mais aucune étude n'a encore été publiée sur l'impact qu'auront les Jeux.
08:25Cette eau, de plus en plus précieuse, il faudra bientôt la monter jusqu'en haut de ce promontoire rocheux.
08:32A 1440 mètres d'altitude, cet ancien fort militaire construit sous Vauban devrait faire office de village olympique.
08:41Perché au-dessus de la ville de Briançon, pour y accéder cela demande quelques efforts.
08:46Mais ça ne fait pas peur au sénateur des Hautes-Alpes, Jean-Michel Arnaud.
08:51Quand on arrive au Fort des Trois-Têtes, c'est fou d'imaginer qu'on puisse avoir demain un village
08:56olympique.
08:56Il faut se projeter, mais c'est aussi l'ambition d'un projet comme celui-ci,
09:00transformer un site Vauban délabré en un lieu de vie du 21e siècle.
09:06Et je pense que c'est aussi l'ambition de faire de ce site une des tours Eiffel des Jeux
09:11olympiques de 2030.
09:13Le Fort des Trois-Têtes appartenait à l'armée depuis trois siècles, mais la commune de Briançon l'a racheté
09:18en janvier 2026.
09:20On voit bien que ce patrimoine, si on ne trouve pas une fonction, a vocation à disparaître pierre après pierre.
09:30Et donc nous avons la possibilité avec les Jeux olympiques, avec cette candidature des JO en retenant Briançon et le
09:37Fort des Trois-Têtes comme étant le village olympique,
09:39finalement de contrarier le destin qui est la finitude de ce site.
09:43Et puis sans projet olympique, sans projet majeur financièrement, il y a eu des tentatives sur ce fort qui ont
09:49échoué.
09:50C'est une mission impossible.
09:52La rénovation d'un tel bâtiment nécessite des autorisations complexes à obtenir, car ce fort est classé au patrimoine mondial
09:59de l'UNESCO.
10:00Mais dans le cadre des JO, une loi spéciale, dite loi olympique, permet des dérogations à plusieurs règles en matière
10:07d'urbanisme.
10:08Elle est pensée pour faciliter et accélérer la préparation des Jeux.
10:13La loi olympique pour les Jeux de 2030 a été adoptée en février 2026.
10:18Jean-Michel Arnaud a plaidé en sa faveur.
10:21Mes chers collègues, ce texte sera donc la première pierre de l'organisation des JOP dans les Alpes françaises,
10:26notamment le département des Hautes-Alpes et le Briançonnet.
10:28Ces Jeux sont certes l'opportunité d'être visibles durant 15 jours en Mondiovizon,
10:33mais ce sont surtout un facteur de l'aménagement durable du territoire pour les 15 ans qui suivront.
10:38Cela peut dire que sa promulgation est très attendue par le comité d'organisation,
10:41les collectivités territoriales Hautes, le mouvement olympique et plus généralement les habitants des Alpes.
10:47Le texte n'est pas encore promulgué car des députés ont saisi le Conseil constitutionnel.
10:52Ils estiment que les dérogations aux droits sont au contraire à la charte de l'environnement.
10:56Mais pour Jean-Michel Arnaud, ces exceptions sont inévitables.
10:59Si dans des dossiers comme celui-ci, compliqués, il n'y avait pas un assouplissement des règles
11:05permettant d'obtenir les autorisations, d'obtenir les agréments, notamment historiques,
11:14il serait impossible de réaliser dans les délais un tel village olympique pour les JO de 2030.
11:20Le projet est aujourd'hui chiffré à 296 millions d'euros avec l'idée qu'après les Jeux,
11:26le fort puisse se transformer en un nouveau quartier de la ville composé d'un hôtel de luxe,
11:31de logements saisonniers et de logements sociaux.
11:34Mais avant de rêver à une ville nouvelle, il faudrait déjà pouvoir accéder à ce fort plus facilement.
11:39Les porteurs du projet ont imaginé un téléphérique qui pourrait relier le fort au cœur historique de la ville.
11:47À l'approche des jeux, ce commerçant est encore dubitatif.
11:51Et merci beaucoup.
11:52Un petit déclin.
11:53Merci à vous.
11:54Je vous en prie.
11:56Le fort des têtes, pour moi, c'est un projet qui est immense pour un avenir incertain.
12:01Donc faire ça aujourd'hui là-haut, je trouve que c'est dommage.
12:05En plus, la mobilité pour arriver à ce fort des têtes, c'est très, très, très compliqué.
12:11On peut trouver des lieux vraiment adaptés et beaucoup plus faciles à gérer.
12:16Avec l'eau, les eaux usées, l'électricité, tout ça.
12:20Là-dessus, on se rejoint au moins pour partie.
12:22Donc comme vous dites, il faut être hyper raisonnable.
12:25Et aujourd'hui, c'est pas parti pour être hyper raisonnable.
12:27On est le coin le plus impacté, celui qui coûte le plus cher en travaux.
12:31On a les accès routiers.
12:33On a l'aménagement du village olympique.
12:35On a l'ascenseur valéen.
12:37Ce projet d'ascenseur valéen ou de téléphérique n'est pas encore acté.
12:42Mais l'un des membres du collectif contre les jeux en a fait son cheval de bataille.
12:47Chiffré à 26 millions d'euros, le téléphérique pourrait être construit ici,
12:52sur les remparts de la vieille ville, juste en dessous du fort des têtes.
12:56Alors nous, aujourd'hui, on n'est pas dans le secret des dieux.
12:59Donc c'est vrai qu'on ne sait pas exactement, techniquement, où ça va se faire et comment ça va
13:02se faire.
13:02Par contre, si on regarde la typologie des lieux, il n'y a que ici qu'on peut faire un
13:09relais
13:09sans aller abîmer la vieille ville où tout existe déjà.
13:14On a la chance d'avoir une ville entièrement classée monument historique
13:18et on vient lui implanter un chancre avec des cabines modernes,
13:20avec une gare intermédiaire qui est comme toutes les gares modernes.
13:25Ils ne vont pas la faire dans le style Vauban.
13:26Ça, je n'y crois pas.
13:28Et du coup, on va avoir un truc, une espèce de verrue bizarre
13:30qui, en plus, va faire en sorte que les cabines, au niveau du trajet,
13:35vont passer exactement dans la vue de tous les touristes qui sont là sur place quand ils regardent à l
13:40'entour.
13:41Ils auront les cabines qui leur passeront sous le nez.
13:43Quant à l'avenir du fort, Stéphane Forbrac ne croit pas aux promesses de logements sociaux et de logements saisonniers.
13:49Il y aura très peu de logements dédiés au Bouillon Saône et on va faire du tourisme là-haut,
13:53ne serait-ce que pour amortir les travaux.
13:55On a quand même des entreprises privées qui doivent équilibrer leurs opérations
13:59et pour équilibrer une opération comme celle-là sur un monument historique où il y a des surcoûts,
14:02il est obligatoire qu'on n'appuie pas ça sur une économie qui repose sur les travailleurs saisonniers
14:07et les logements à loyer modéré.
14:09Ce n'est pas tenable.
14:10Je crois que l'important de pouvoir disposer d'une offre diversifiée d'hébergement
14:16sur la ville de Briançon et sur le Briançonné n'est pas nouvelle.
14:19Il est fait allusion à la création d'un hôtel 4 étoiles.
14:23C'est ça Briançon, c'est à la fois une ville populaire, une ville qui se transforme,
14:27mais une ville aussi qui doit pouvoir accueillir au-delà des JO en héritage des clients
14:32qui aujourd'hui fréquentent déjà la vallée clientèle internationale.
14:36Pendant la période des Jeux, les athlètes, une fois descendus du fort,
14:39rejoindront les lieux des épreuves par une route longue de 14 kilomètres
14:43qui leur sera réservée.
14:45Aujourd'hui, cette voie n'existe pas.
14:47Il faudrait élargir les deux seules voies qui traversent la vallée
14:50pour en créer une troisième.
14:52Elle est où ?
14:55Donc là, on est sur la voie qui potentiellement pourrait devenir la voie olympique.
15:00Et nous, on se pose la question de savoir par où on peut passer.
15:03Là, visiblement, tout de suite, on s'en compte que s'il faut qu'on fasse passer
15:06une voie supplémentaire, il faut faire sauter tout stationnement d'un côté
15:09et une partie du trottoir.
15:11Or, déjà à Briançon, on n'a pas de stationnement.
15:14On n'arrive pas à se garer.
15:15Là, on voit bien que la route n'est pas large du tout.
15:17Donc, si on veut faire passer une troisième voie d'ici,
15:19il faut taluter, il faut gratter, il faut faire sauter toute cette végétation.
15:24Un chantier comme celui-ci, ça va durer deux ans, trois ans peut-être.
15:27Ça va scléroser tout l'accès à la vallée.
15:30Comment vont faire les gens qui travaillent pour aller d'un point A à un point B ?
15:33Aujourd'hui, nous, on est dans le flou.
15:34Je pense qu'on n'est pas les seuls.
15:35Et c'est quand même un peu Fort-Café de décider de faire une voie
15:38sans qu'on ait étudié tout ce qu'il faut pour savoir si elle est faisable,
15:41si elle peut remplir son rôle en phase héritage.
15:46Après les Jeux, cette voie est pensée pour désengorger la vallée de Cerchevalier,
15:50régulièrement embouteillée en période de vacances scolaires.
15:55Elle est aujourd'hui chiffrée à 41 millions d'euros
15:58et fait partie d'un ensemble d'aménagements routiers et ferroviaires
16:02prévus à l'occasion des Jeux.
16:04Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur
16:07y voit une opportunité de désenclaver la vallée de Briançon.
16:12L'accès sur Briançon se fait par la route ou par le train.
16:16On ne va pas faire d'autoroute.
16:18Par contre, on va enlever des points routiers
16:21qui sont des points noirs de circulation toute l'année.
16:25Vous allez avoir vraiment bloqué.
16:27Bon, mais ça, ça va être vraiment débloqué.
16:29Quant au train, il met aujourd'hui pour faire un Marseille-Briançon, par exemple, vous mettez plus de 5 heures.
16:34Nous, on va descendre à 3h40.
16:35Donc, on réorganise quand même la totalité de l'axe entre Marseille et Briançon
16:40en faisant une rénovation de toutes les gares.
16:43Aix, Pertuis, Fort-Calquier, Manosque et vous remontez Cisteron jusqu'à Briançon.
16:50Vous désenclavez aussi toute la zone de gap avec les toiles de veine de façon à ce que le train
16:55puisse remonter.
16:56On réamorce le train de nuit pour enfin pouvoir avoir un train de nuit qui aujourd'hui ne fonctionne pas
17:00entre Paris et Briançon.
17:02Je pense que de tous les départements de la chaîne des Alpes françaises, les Hautes-Alpes sont le département qui
17:15ont le plus à gagner
17:16parce que c'était le département qui avait le plus de retard en matière d'infrastructure.
17:19Je crois qu'il faut surtout considérer les JO comme étant un accélérateur de politique publique.
17:24Ce que nous aurions dû faire depuis 30 ans, nous n'allons peut-être pas totalement le faire dans les
17:294 ans qui viennent
17:30parce qu'il faut être réaliste et les pieds sur terre. En 4 ans, c'est un délai relativement court.
17:34Mais on peut avoir une remise à niveau pour un département comme celui des Hautes-Alpes
17:37qui n'a pas bénéficié d'événements internationaux depuis des décennies.
17:42Pour financer l'ensemble de ces infrastructures sur le Briançonnet, des axes routiers, ferroviaires,
17:48jusqu'au fort des têtes et son téléphérique, la facture pourrait dépasser les 800 millions d'euros.
17:53Avec une part de financement public encore inconnue.
17:56Et c'est bien ce qui inquiète les membres du collectif contre les Jeux 2030.
18:01On y va ?
18:05Ce matin, ils se sont donné rendez-vous à Lyon avec une drôle de banderole.
18:11Direction le siège de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
18:15Nous venons protester symboliquement contre la dépense d'argent public complètement aberrante pour le projet JOP 2030.
18:24Il est prévu de dépenser au minimum 2,5 milliards d'argent public.
18:28On ne sait pas le montant, c'est pour ça qu'on a matérialisé ça avec un chèque en blanc,
18:31puisque comme l'a dit François Bayrou le 27 juin dernier,
18:34je signe un chèque mais je ne sais pas le montant et on va espérer que cela va fonctionner.
18:39Donc nous, c'est un moyen d'attirer l'attention ce chèque en blanc.
18:41On voit que ça fait retourner les gens, ils se posent des questions.
18:43C'est l'occasion de les interpeller et de pouvoir leur donner des informations sur ce que ça va réellement
18:47coûter
18:48et de déconstruire un peu les éléments de langage qui sont fournis à volonté par les porteurs du projet.
19:00Une fois le grand chèque en blanc déployé, le collectif a prévu de sortir la version miniature.
19:08Jeunes hommes, s'il vous plaît, vous êtes au courant qu'il va y avoir des Jeux olympiques ?
19:12Oui, c'est bon.
19:13Oui, c'est super. Vous savez combien ça va coûter ?
19:15Non.
19:18A votre avis d'argent public, ça va coûter combien ? Dites un chiffre.
19:21C'est sûrement très cher, mais c'est une bonne chose.
19:23Ah ouais ? Alors vous êtes pour faire du sport, vous, ou juste pour le regarder à la télévision ?
19:27Les deux, nous on fait du sport.
19:28Mais sauf qu'il n'y a pas les sous pour les deux.
19:30Alors on choisit quoi ? Ah non, il n'y a pas les sous pour les deux.
19:33Le projet de loi de finance, il dit...
19:35La prise en otage.
19:36Non, c'est pas une prise otage.
19:37Le projet de loi de finance, il dit qu'il y a 300 millions de moins pour le sport pour
19:40tous,
19:41pour les associations sportives, mais il y aura de l'argent pour les Jeux olympiques.
19:44Donc on ne sait pas qu'il y a d'autres combats mieux à mener ?
19:46Non. Non, justement, c'est un combat démocratique.
19:48Vous savez pourquoi c'est un combat démocratique ?
19:50Parce qu'on a un droit de regard sur la manière dont notre argent public est dépensé.
19:53Bien sûr, moi ça ne me dérange pas que notre argent public soit dépensé pour les Jeux olympiques.
19:57Alors combien savez-vous que ça va coûter ?
19:58Je ne sais pas du tout, mais quand on regarde ce qui s'est passé à Paris, je trouve que
20:02c'était formidable.
20:02D'accord, mais savez-vous combien ça va coûter ? On n'a toujours pas la réponse à la question.
20:05Non, c'est pas, mais ça coûte sûrement très cher.
20:07Ça coûte sûrement très cher.
20:08Oui, ça va coûter au moins...
20:09Est-ce que vous avez une réponse pour nous ?
20:10Oui ?
20:11Eh bien, je veux bien l'entendre sous.
20:122,5 milliards d'argent public.
20:13Très bien.
20:15On va manger, s'il vous plaît.
20:16Elle est en train...
20:16Vous avez faim ?
20:17Alors, je vous laisse manger.
20:19On va prendre un trésor.
20:19Merci en tout cas.
20:20Je vous laisse manger.
20:21Merci à vous.
20:24Ce chiffre de 2,5 milliards d'euros d'argent public, le collectif l'obtient en additionnant
20:30la part des financements publics qui composent les trois budgets des Jeux olympiques.
20:34D'abord, le budget du comité d'organisation, aujourd'hui estimé à 2,13 milliards, est
20:42financé à hauteur de 550 millions par de l'argent public.
20:46Il y a ensuite le budget qui concerne les infrastructures sportives, estimé à 1,4
20:52milliard, dont 868 millions de financements publics.
20:55Et puis, il y a un troisième budget que le collectif inclut, celui de la mobilisation
21:01des services de l'Etat et qui concerne tous les services publics mis à disposition dans
21:05le cadre des Jeux.
21:06Ce budget n'est pas encore défini, mais celui de Paris 2024 avait dépassé les 2 milliards
21:11d'euros.
21:12Les opposants l'estiment donc à au moins 1 milliard pour les Jeux de 2030.
21:17Le calcul est donc le suivant, 550 millions plus 860 millions plus 1 milliard, égale
21:24près de 2,5 milliards d'euros.
21:29D'accord, très intéressant.
21:31On vous remet ?
21:33Ah ok !
21:34Il y a des petites explications ?
21:36Ok.
21:36Avec des petites infographies ?
21:38Bah super, merci.
21:39Ok, merci.
21:40Merci à vous.
21:41Alors, qui va payer ?
21:43Eh bien d'abord l'Etat, en grande partie, et puis les régions, qui se sont fixés
21:47un plafond.
21:48Mais un rapport de l'Inspection générale des finances de mars 2025 montre que la part
21:54d'argent public pourrait considérablement augmenter.
21:57Les opposants craignent alors que la facture retombe sur les collectivités locales.
22:02En 1992, des communes avaient frôlé la faillite après les Jeux.
22:06C'est le cas par exemple de la commune de Bride-les-Bains.
22:10On le savait depuis longtemps, les JO d'Alberville ont remporté la médaille d'or du dérapage
22:14budgétaire.
22:15Épingler également les déficits abyssaux de certaines communes comme Bride-les-Bains,
22:19dont les besoins de financement seraient évalués à 70 millions de francs rien que
22:22pour l'année en cours.
22:23Ou encore les saisies.
22:241900 habitants qui affichent allègrement une dette de 120 millions de francs.
22:28Quant à Albertville, les impôts avaient augmenté de 40% pour rembourser les infrastructures,
22:34comme ce théâtre construit à l'occasion des Jeux.
22:37Voilà.
22:37Alors ici nous sommes au Dôme Théâtre.
22:40C'est une structure qui accueille chaque année à peu près une centaine de spectacles,
22:44qui représente un spectacle par semaine en dehors des vacances scolaires.
22:48C'est une belle réussite grâce aux Jeux.
22:51Albert Gibello était adjoint au sport en 92, avant d'être élu maire d'Albertville
22:56trois ans plus tard.
22:59Ce théâtre a été inclus dans, j'allais dire, l'inventaire en termes global, des équipements
23:05divers et variés que nous voulions réaliser pour certains qui auraient dû l'être sans
23:13même l'attribution des Jeux, pour d'autres qui ont venu se greffer à l'occasion en se
23:18révisant, mais celui-là, peut-être, ces équipements-là, peut-être, ce serait bien
23:21de saisir cette opportunité pour les réaliser.
23:23Il y a eu un tel changement de cette ville en termes de service à la population.
23:29J'entends des équipements comme ce théâtre, comme la médiathèque, comme l'Alle Olympique,
23:36avec les sports de glace.
23:37Ça concernait quasiment chacune des familles.
23:41Le service à la population a augmenté dans cette ville et dans ces communes de Limitrof.
23:49Un théâtre, un hôpital, une gare TGV, un lycée technologique flambant neuf.
23:55Si Alberville a tiré son épingle des Jeux en évitant la faillite, la ville a mis plus
24:00de 20 ans à rembourser l'ensemble des équipements.
24:03Briançon aura-t-elle la même destinée ? Ou bien prend-elle plus de risques que sa
24:08cousine Savoyarde ?
24:09C'est la responsabilité de chacun des élus d'assumer ou ne pas assumer ce qu'ils veulent, ce qu
24:13'ils décident.
24:14Je suis désolé d'être très brutal dans mon expression, mais je réponds à votre question.
24:20Si on estime qu'on n'a pas la capacité, malgré les aides financières que l'Etat va vous apporter,
24:25la région et le département, pour réaliser tel ou tel équipement et que ça reste une charge très lourde
24:30pour les collectivités ultérieurement, c'est aux élus de prendre nos responsabilités.
24:36Je connais le niveau budgétaire de Briançon.
24:40Je connais le niveau budgétaire de la Comité commune du Briançonnet.
24:43Je connais le sens de responsabilité des exécutifs locaux.
24:47Ils n'ont pas pris d'engagement au-delà de ce qu'ils peuvent assumer.
24:51Et je vous le dis, les débordements ne pourront pas être supportés par les collectivités de proximité.
24:55Je parle des Hautes-Alpes en particulier, pour une raison simple, c'est qu'on n'en a pas les
24:58moyens.
24:59Et donc, elles ne se sont pas engagées au-delà de ce qu'elles pouvaient faire.
25:03Et je peux vous dire que nous sommes des montagnards, que nous gérons l'euro, l'euro,
25:07et que sur l'engagement d'hyper-proximité des communes, ces engagements sont raisonnables.
25:14D'ici à 2030, la Cour des comptes contrôlera régulièrement le budget
25:18pour éviter que le déficit ne se creuse et retombe sur les collectivités locales.
25:24A Briançon, les opérateurs des différents chantiers devraient être désignés dans les prochaines semaines.
25:30Avec une date butoir, tout doit être prêt le 1er septembre 2029.
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