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  • il y a 2 jours
Interview diffusée le 20 novembre 2023 dans la matinale Le 7/10 sur France Inter. David Hallyday évoque son parcours personnel et la difficulté de se construire face à l’héritage de son père, Johnny Hallyday. Un échange introspectif sur l’identité, la transmission et la place d’un fils dans l’ombre d’une icône.

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Musique
Transcription
00:00Léa, à votre micro ce matin, chanteur-compositeur.
00:03Bonjour David Hallyday.
00:05Bonjour.
00:05Merci d'être avec nous ce matin.
00:07Merci de me recevoir.
00:07Si vous étiez un livre et un défaut, vous seriez quoi ?
00:10Oula, on commence fort ce matin.
00:12C'est toujours comme ça que ça commence.
00:14Un livre, ils font choisir un simplement ?
00:17Oui, un seul.
00:18Un seul.
00:19C'est assez compliqué parce qu'il y en avait pas mal.
00:23Alors un qui n'est pas du tout littéraire,
00:26mais qui m'a servi à mes heures de perdition un petit peu,
00:30c'est le livre tibétain de la vie et de la mort
00:33qui m'a permis de voir un petit peu la vie,
00:36le grand tableau de la vie, on va dire,
00:38et de me recentrer et puis de hiérarchiser un petit peu
00:40les problèmes que j'avais à l'époque.
00:42Le bouddhisme donc, vous choisissez.
00:43Oui, voilà.
00:44Et si vous étiez un défaut, un seul ?
00:47J'en ai pas mal.
00:48Un seul, l'impatience peut-être ?
00:51Je travaille dessus.
00:54Oscar Wilde disait, on commence par aimer ses parents.
00:57Quand on grandit, on les juge.
00:59Parfois, on leur pardonne.
01:01Qu'en pensez-vous ?
01:02Oui, c'est tout à fait vrai.
01:05Je pense que quand on est jeune,
01:08on cherche l'amour de ses parents d'abord.
01:11Si je prends mon expérience personnelle,
01:13on cherche à exister parmi eux,
01:15qu'ils soient artistes ou pas d'ailleurs,
01:18ça n'a rien à voir.
01:19On cherche à être aimé.
01:25Je pense que c'est le propre de l'être humain.
01:28C'est l'amour quand même.
01:29C'est ce qui manque le plus d'ailleurs.
01:31Quand on grandit, on les juge.
01:32Quand on grandit, on les...
01:33Oui, forcément, il y a le jugement.
01:35Ça fait partie de la vie.
01:37Et parfois, on leur pardonne.
01:38Parfois, oui.
01:39Ça dépend des circonstances
01:42et ça dépend de ce qui s'est passé un petit peu.
01:44Vous avez pardonné, vous ?
01:46Oui, oui, je pardonne, on va dire, à 99%.
01:49Il y a des choses qui sont...
01:50Je pense qu'il faut pardonner.
01:52Parce que sinon, on n'arrive pas à avancer.
01:54Je pense que ça sert à avancer personnellement,
01:57à se sortir, de se libérer et s'alléger, on va dire.
02:01Pas facile d'être le fils de deux monstres sacrés.
02:03Pas facile de trouver sa place, son chemin.
02:05C'est ce que vous racontez dans cette autobiographie
02:07que vous sortez au Cherche Midi.
02:09Meilleur album, ça s'appelle.
02:11Et c'est la première fois que vous écrivez, David Hallyday.
02:13Ce livre était étonnant.
02:15Il est étonnant, il est touchant.
02:16Et il marque par votre humilité, par votre pudeur.
02:20Au fond, on a l'impression qu'il y a un paradoxe avec vous.
02:22C'est que vous êtes à la fois extrêmement connue
02:24depuis la seconde de votre naissance.
02:25Je pense que votre taux de notoriété en France est 100%.
02:28Et en même temps que les Français ne vous connaissent pas vraiment.
02:31Est-ce que c'est pour corriger ça que vous avez écrit ce livre ?
02:35Ça en fait partie, mais c'est d'abord pour laisser des traces chez moi.
02:38Parce que je pense qu'un livre,
02:39aujourd'hui, on écoute de la musique sur les plates.
02:41On ne garde rien finalement.
02:43Le CD est bientôt obsolète.
02:46Le vinyle revient un petit peu.
02:47Donc on peut garder des choses comme ça.
02:48Mais un livre, c'est quelque chose qui reste ou dans une bibliothèque,
02:51mais qui existe, qui est toujours là,
02:52si on a besoin de le lire ou de le relire.
02:54Je pense que c'est un marqueur familial, je trouve.
02:58Et puis, c'est pour qui ça pourrait intéresser.
03:01Donc d'abord pour ça.
03:03Et puis aussi, c'est vrai qu'on a beaucoup parlé à ma place.
03:05On m'a décrit un petit peu tel que...
03:08Enfin, ça dépend des désiratats et selon l'humeur générale.
03:14Donc c'est vrai que c'était important pour moi d'écrire un petit peu,
03:18de dire comment je me suis construit au milieu de tout ça,
03:21de cette frénésie, de cette excitation.
03:25Et sur le plan intellectuel aussi.
03:27Et puis, comment je me suis construit autour de la musique.
03:29Et c'est tout ça que vous racontez.
03:30Mais c'est tout ça, comment je me suis construit autour de la frénésie,
03:34autour de tout ça.
03:35C'est quand même fou cette enfance que vous avez.
03:37Sylvie présente son fils David Hallyday.
03:39C'est comme ça que Paris Match a annoncé votre naissance.
03:41Le 14 août 1966, vous racontez les premières années,
03:45vos dix premières années quand vos parents sont ensemble
03:47dans cet appartement de l'avenue du Président Wilson à Paris.
03:49Un appartement qui voyait défiler Louis de Funès, Coluche,
03:52les amis de vos parents, mais aussi Bob Dylan,
03:54qui aimait bien dormir chez eux quand il passait à Paris.
03:56Visiblement, il paraît, oui.
03:57Et oui, visiblement, il était...
03:58Mais c'était l'époque, vous savez.
03:59C'était l'époque où il y avait moins de clans artistiques.
04:02C'était tous les artistes se mélanger entre eux,
04:05quel que soit le style de musique.
04:07Ça jouait de partout.
04:08Les gens chantaient, jouaient.
04:10C'était la bohème, quoi.
04:11C'est exactement ça.
04:13Vous racontez les milliers de fans qui attendent vos parents
04:15en bas de l'immeuble, à tel point que vous pensez
04:16que tout le monde a des parents qui chantent
04:18et qui sont suivis par des photographes et des fans.
04:20Oui, quand on est tout petit et qu'on ne comprend pas bien
04:22le monde dans lequel on est arrivés et dans quelle famille
04:27on est arrivés sur Terre, on se demande.
04:30On pense que quand on est tout petit,
04:31que tout le monde fait la même chose.
04:33Moi, je me souviens avoir demandé à certains
04:37de mes petits camarades,
04:39et toi, ton père, il chante quoi ?
04:41Et ta mère, elle danse aussi ?
04:43Elle fait ça ?
04:44Donc, c'est rigolo.
04:45Ce qui fait de vous un enfant assez solitaire.
04:47Vous racontez que vous n'aviez pas beaucoup de copains
04:49à cette période-là.
04:50Vous vous sentez différent.
04:50Vous racontez le drame des anniversaires.
04:52Quand à chaque fois, on appelle votre mère,
04:54même Vartan, venez chercher votre fils.
04:56Il est tout seul.
04:56Il ne s'amuse pas et il pleure tout le temps.
04:58Non, je ne pleurais pas tout le temps.
05:00Mais c'est vrai que je ne sais pas.
05:00Une espèce de...
05:01Ce que je le raconte dans le livre,
05:03il y a quand même des zones d'ombre
05:06dans chaque individu.
05:07Et moi, c'est vrai que je suis né
05:11du bon côté de la barrière,
05:15dans une zone géographique
05:16ou une zone qui n'était pas en guerre à cette époque-là.
05:20On a vécu l'âge d'or.
05:22Donc, il n'y avait pas de raison, vraiment.
05:24Mais j'ai toujours gardé cette espèce de...
05:26Quand j'étais petit, cette espèce de...
05:27Je ne sais pas d'où venait cette tristesse.
05:29C'est ce qui m'a suivi pendant très longtemps.
05:31J'ai aimé d'où ça vient.
05:32Parce qu'il y a...
05:33Tout ça vient, cette tristesse.
05:35Et je pense que c'est une espèce de mélancolie.
05:37Je pense que c'est un peu génétique, peut-être.
05:41Ou j'ai été aimé par des parents,
05:44par une maman immigrée,
05:46qui est venue en France,
05:47qui s'est échappée,
05:49qui a fui le communisme
05:50et qui a...
05:51J'ai entendu toutes ces histoires.
05:52Peut-être ça.
05:54Et peut-être un petit peu de moi-même aussi.
05:55Mais je n'ai jamais été quelqu'un de triste, en fait.
05:58Vous mentionnez le mot paradoxal.
06:01Chez moi, c'est vrai, il y a des paradoxes.
06:04Mais bon, ça a été pendant longtemps
06:06une recherche personnelle,
06:09dont cet attrait vers le bouddhisme,
06:11cherchant des réponses à certaines choses.
06:15Je ne comprenais pas, entre autres.
06:17Vous racontez, et c'est touchant,
06:19votre relation ambiguë, contradictoire, paradoxale, là aussi,
06:21avec la notoriété.
06:23À la fois, enfant, elle vous pèse,
06:25on le comprend bien,
06:25et en même temps,
06:27ça c'est très joli,
06:28quand votre mère passe à la télé,
06:29à un moment, vous regardez la télé,
06:31elle est interviewée par je ne sais plus qui,
06:33Dr. Rucker, je pense.
06:34Moi, c'est Yves Mourouzi.
06:35Oui, Mourouzi, vous avez raison.
06:36Et elle passe à la télé,
06:37et vous regardez la télé,
06:39et vous attendez qu'elle parle de vous.
06:41Oui, c'est vrai.
06:42Vous dites, je voulais que ma mère m'adresse
06:43un compliment médiatique,
06:44me baptise de sa notoriété,
06:46non pas pour briller dans la cour de l'école,
06:48mais pour qu'enfin son amour envers moi
06:50soit officialisé.
06:52Oui, alors je pense qu'avec le recul,
06:53c'était...
06:54Je savais, je sentais que mes parents
06:56étaient souvent partis,
06:57ma mère essayait d'être là le plus souvent,
06:59mais j'étais épaulé par ma grand-mère,
07:01donc grande guerrière en son temps,
07:05et elle était souvent auprès de moi,
07:09ma mère aussi d'ailleurs.
07:10Mais c'est vrai que sentir cette absence,
07:13on se sent un petit peu délaissé quelque part,
07:14parce que c'était comme ça,
07:17et je me souviens avoir ressenti ça,
07:20et en replongeant dans mes souvenirs,
07:23en y étant forcé quelque part,
07:24parce que je devais écrire,
07:26et donc ce sont des sentiments auxquels
07:29je ne pense jamais dans la vie courante.
07:31Mais c'était assez intéressant de...
07:33Oui, c'est surtout pas...
07:35C'est les femmes.
07:36En fait, ce livre est une déclaration d'amour
07:37aux femmes de votre vie,
07:38à votre grand-mère,
07:39à votre tante qui vous ont élevée,
07:41votre grand-mère bulgare,
07:43nénée,
07:44à votre mère,
07:45immense frappe sur votre mère.
07:48L'époque qu'elles ont vécu, c'est...
07:49Et vous dites,
07:50elle m'a sauvée de tout, ma mère.
07:52Aussi vos femmes, Estelle,
07:54vos filles, Alexandra,
07:56votre femme actuelle, etc.
07:56C'est vraiment les femmes
07:58qui vous ont structurées.
07:59Et puis, il y a la grande figure, évidemment.
08:01Quelques hommes,
08:01quelques hommes aussi.
08:02Alors, quelques hommes,
08:03votre beau-père, Tony Scotti,
08:04il y a des belles phrases.
08:05Votre oncle, également,
08:06Eddie, le frère de Sylvie.
08:08Et puis le père,
08:09il y a cette phrase.
08:10Concernant mon père,
08:11les relations étaient plus épisodiques
08:13et furtives.
08:14Il était tout simplement
08:15moins présent dans ma vie.
08:17Bien sûr, oui.
08:17C'est généralement,
08:19dans ces métiers-là,
08:19ce sont des métiers qui sont
08:21très très prenants
08:22et qui...
08:23Et où l'absence
08:25est quand même quelque chose
08:26de vrais et de réels
08:28tous les jours.
08:29Mais je pense que c'est
08:30beaucoup de pères.
08:31Ce n'est pas simplement le mien.
08:32Je pense que c'est l'époque aussi.
08:33C'est les boomers aussi,
08:37cette génération d'hommes
08:38où c'est un peu compliqué,
08:40où ils ont vécu leur adolescence
08:41en pleine folie
08:42et tout était permis.
08:43On sort de la guerre
08:44et puis c'est youpi.
08:46On peut tout faire.
08:47Les excès sont...
08:48Puis à cette époque aussi,
08:50les années 60, 70,
08:51des époques compliquées
08:53pour les patriarches, en fait.
08:55Donc, tout ça a fait que,
08:58oui, c'était un peu compliqué.
09:01Mais quand on fait ce métier après,
09:03puis qu'on le fait soi-même
09:04et qu'on a des enfants,
09:05on peut comprendre certaines choses.
09:06Aujourd'hui, on a l'impression,
09:07en tout cas en me disant ces pages,
09:08que vous n'êtes pas le même père
09:11que votre père a été avec vous,
09:12avec vos enfants.
09:13En tout cas, vous êtes un père
09:13beaucoup plus présent.
09:14Non, mais il a fait
09:14de bonnes choses aussi.
09:15Oui, il a fait de bonnes choses.
09:16Johnny qui parle de vous
09:17en 1978,
09:19chez Jacques Chancel.
09:20Vous avez 4 ans, David.
09:21Je n'avais pas tellement l'habitude
09:25de cette vie de famille.
09:26Et puis, quand j'ai vu ce petit bambin,
09:28parce que moi, je l'appelle le bambin.
09:30David.
09:30David.
09:31Il a quel âge ?
09:31Il a 4 ans.
09:33J'ai eu un peu...
09:34J'ai eu la trouille, quoi,
09:34il faut le dire.
09:36Ensuite, je l'ai vu grandir,
09:37tout ça,
09:38et on est devenu copain,
09:40et je dois dire que c'est formidable.
09:42Et vous seriez fier
09:43si votre fils,
09:46dans une vingtaine d'années,
09:47était médecin,
09:49avocat,
09:49à l'opposé...
09:50Si c'est ce qu'il a envie de faire,
09:51oui.
09:51Et s'il le réussit, oui.
09:53Mais je veux dire,
09:54par là,
09:54est-ce que ça pourrait vous flatter ?
09:55S'il était dans le métier comme vous,
09:57s'il était artiste,
09:58je ne crois pas
09:59que cela pourrait vous étonner.
10:00C'est d'ailleurs...
10:01C'est-à-dire que j'aurais un peu la trouille,
10:03parce que moi,
10:04je m'en suis plus ou moins sorti,
10:06et j'aurais la trouille,
10:08s'il faisait ce métier,
10:10de quoi,
10:10je ne sais pas exactement,
10:11mais je serais pas tranquille.
10:14C'est une jungle.
10:17Je serais pas tranquille.
10:18J'avais déjà entendu celle-là,
10:19elle est mignonne.
10:20Elle est mignonne,
10:22elle est tendre.
10:22Elle est tendre, oui.
10:23Il aurait eu la trouille
10:25de pouvoir faire son métier,
10:26dit-il, en 1970.
10:28Je pense que c'est l'âge aussi,
10:29il était jeune aussi,
10:30et peut-être qu'à cet âge-là,
10:31on se pose des questions
10:33un peu différentes
10:34que quand on a 50 ans.
10:36Vous allez le faire, son métier ?
10:38Vous allez le faire d'abord planquer,
10:39derrière une batterie,
10:40puis ensuite,
10:41votre beau-père va vous pousser
10:42à être devant la scène.
10:44Et puis,
10:44il y aura la grande retrouvaille
10:45avec votre père,
10:46avec l'album 100%.
10:47Immense succès populaire.
10:48Je crois que ça reste
10:49l'album de votre père
10:50qui a été le plus vendu commercialement,
10:52qui a été le plus gros succès.
10:53Il me semble, oui.
10:54Est-ce que là,
10:54vous avez vu la fierté dans ses yeux,
10:56ce truc que vous recherchiez ?
10:58Même avant ça,
11:00je me rappelle les premières cassettes,
11:01parce qu'à l'époque,
11:01on avait des cassettes,
11:03où je lui ai fait écouter,
11:04je lui ai écouté
11:05mon premier album,
11:06les premières chansons,
11:07et quand il ne me reconnaissait pas,
11:10il disait,
11:10mais qui chante ?
11:10Je lui dis,
11:10c'est moi.
11:11Il fait,
11:12c'est toi qui chante là ?
11:13Je lui dis,
11:13oui, oui, c'est moi.
11:15Et je voyais déjà,
11:16ça a commencé à cette époque-là.
11:18Donc,
11:19on n'a pas attendu 100%
11:20pour ressentir l'un et l'autre
11:22cette fierté.
11:25Alors justement,
11:25vous chantez,
11:26et vous allez chanter,
11:27et vous allez chanter
11:28les chansons de votre père.
11:29Vous allez chanter
11:30les chansons de votre père,
11:31puisque vous avez deux actualités.
11:33Il y a ce livre,
11:33et il y a une tournée
11:35baptisée Réquiem pour un fou,
11:37qui débutera le 2 novembre,
11:38donc il a déjà débuté.
11:39Je lis ça.
11:40Non, ça débute
11:42dans quelques jours.
11:43Dans quelques jours.
11:44Vous avez plus de 100 dates
11:46un peu partout en France.
11:47Le premier single est sorti vendredi.
11:50Ça, c'est Réquiem pour un fou,
11:51on va l'écouter.
11:52On va écouter un extrait.
11:53Mais pourquoi cette idée
11:54de vouloir chanter partout
11:56en France l'année prochaine
11:58les tubes de votre père ?
12:00Alors, il n'y aura pas
12:00que les tubes,
12:01les gros standards de mon père,
12:03il y aura les miens aussi.
12:05En fait, c'est une idée
12:06qui m'est venue.
12:09Ce n'est pas un concours
12:10de circonstances.
12:11C'est-à-dire que ce livre
12:12m'a plongé dans mes souvenirs
12:13et a attisé ma curiosité
12:16dans des domaines différents.
12:18C'est-à-dire que j'ai réécouté 100%.
12:21Je me suis dit,
12:22tiens, je me rappelais à l'époque
12:23quand on m'a demandé
12:24de composer cet album
12:26où je n'avais pas
12:27le fil rouge de cet album
12:28et je l'ai trouvé comme ça
12:30en réécoutant
12:31les anciennes chansons de mon père.
12:33Et je me suis dit qu'un jour,
12:34si je pouvais tenter
12:36de lui composer
12:37les chansons que j'aimais bien
12:39quand j'étais gamin
12:41et que j'entendais
12:41à travers les murs,
12:42c'est vraiment quelque chose
12:46qui était importante.
12:47Réquiem pour un fou
12:48par David Alida.
12:50C'était qu'un fou
12:52mais par amour
12:55elle a fait de moi
12:59un fou, un fou d'amour
13:02mon ciel, c'était
13:06ses yeux, sa bouche
13:18Vous vous écrivez dans le livre
13:19La mort de Johnny,
13:21la mort de mon père
13:21m'a plongé dans un puits
13:22de chagrin.
13:25Oui, parce que forcément
13:27quand on aime ses parents
13:28et qu'il y en a un
13:28qui part,
13:31forcément c'est quelque chose
13:32de violent.
13:33Vous dites aussi,
13:34pour ceux qui attendent
13:35des règlements de comptes
13:36avec Laetitia,
13:37l'affaire de l'héritage
13:38et tout ça, n'achetez pas
13:39le livre, vous allez être déçus.
13:40Non, non, il ne faut surtout
13:40pas l'acheter.
13:41Vous avez,
13:43laissez-la encore
13:44votre pudeur.
13:45C'est pas,
13:46vous n'avez pas envie
13:47de ça.
13:48Vous savez, chez nous
13:49on a tous été élevés
13:50dans la création,
13:51dans la créativité
13:52et moi, mon expérience
13:54personnelle, c'est
13:55pour avancer,
13:57j'ai toujours fonctionné
13:59comme ça, tout petit.
14:01Mais vous laissez que
14:02juste en une phrase.
14:03On comprend,
14:04vous dites,
14:04on m'a volé sa mort.
14:06Oui, dans plein de domaines,
14:07oui, malheureusement.
14:09Et ça, c'est assez
14:10irrécupérable.
14:11C'est là votre tristesse,
14:12en fait, les 99%.
14:14Oui, c'est ça.
14:14Parce que le reste
14:15n'a aucune importance.
14:15Le reste passe,
14:16mais ce moment
14:18où vous écrivez cette lettre,
14:19il ne la reçoit pas.
14:20On ne peut pas
14:22refaire le livre.
14:24Votre souffrance,
14:25elle est là,
14:26quand vous évolez
14:26les derniers instants.
14:27Oui, c'est celle-là.
14:28Après,
14:30on avance dans la vie
14:31et puis ça restera toujours.
14:33On ne se guérit
14:34jamais de ça.
14:35Mais en tout cas,
14:36ce qu'on peut faire,
14:36c'est avancer,
14:37continuer à créer,
14:38dire des choses importantes
14:39et puis c'est ça qu'on fait.
14:41Question de fin,
14:41très très rapide,
14:42vous répondez en un mot
14:43ou deux.
14:44Viande ou végétarien ?
14:46Végétarien.
14:46Vous êtes très engagé
14:47sur les questions écologiques,
14:48vous le racontez dans le livre,
14:49si ce n'est votre passion
14:50pour les courses automobiles
14:51qui n'est pas très écologique.
14:53C'est pour ça que j'essaie
14:54d'équilibrer autre part.
14:55Vous parlez de l'époque
14:56aussi dans le livre,
14:57vous parlez de cette époque
14:58qui est inquiétante,
14:59vous critiquez
15:00les réseaux sociaux.
15:02Est-ce que,
15:02comme Michel Sardou,
15:03dont vous parlez dans le livre aussi,
15:04vous dites je hais cette époque
15:05ou non ?
15:06Je n'ai pas cette époque,
15:07non.
15:08Parce que chaque époque
15:08a ses bons côtés
15:10et je pense qu'il faut vivre
15:11avec l'époque
15:13dans laquelle on vit.
15:14Je pense qu'il faut s'adapter
15:15et il y a plein de choses
15:16que j'aime aussi.
15:18À votre jeune fille,
15:19Emma,
15:19qui se lance dans une carrière
15:20de comédienne,
15:20vous lui dites
15:21et qui risque de se faire tacler
15:23parce que fille de,
15:24parce que pistonée,
15:25parce que népo baby,
15:26comme on dit,
15:27vous lui écrivez
15:28celui qui craint
15:28le regard des autres
15:29et celui qui en souffrira le plus.
15:30À 20 ans,
15:31tu t'occupes de ce que les autres
15:32pensent de toi.
15:33À 40 ans,
15:34tu y prêtes moins attention.
15:35À 50 ans,
15:36tu t'en fous.
15:37Maintenant,
15:37vous vous en foutez ?
15:38Je ne me fous de rien en fait.
15:41C'est juste que j'ai appris
15:42et je me suis adapté à ça.
15:45Mais je remarque
15:45que cette nouvelle génération,
15:46elle est incroyable
15:47parce que je regarde
15:47mes enfants grandir
15:49avec les haters
15:50et tout ça.
15:52Et ça fait partie
15:53de leur quotidien finalement.
15:54Ils ont l'habitude de ça.
15:55Ils s'en foutent totalement.
15:57C'est assez incroyable.
15:58et donc j'apprends
15:59beaucoup de mes enfants
16:00aussi de ce côté-là.
16:02En un mot,
16:02Los Angeles ou Paris ?
16:04Aujourd'hui, Paris.
16:05Steve McQueen
16:06ou Al Pacino ?
16:07C'est dur.
16:08Oui, c'est dur.
16:09Ça doit être dur.
16:10Ça doit être difficile.
16:12Je dirais
16:14Steve McQueen.
16:15Michel Berger
16:16ou Jean Jagleman ?
16:18Oui, c'est comme ça.
16:22Je ne peux pas répondre
16:23à cette question.
16:24Les Beatles
16:24ou les Stones ?
16:26Les Stones.
16:28Que je t'aime
16:28ou Tennessee ?
16:30Que je t'aime.
16:31Votre chanson préférée
16:32de votre mère ?
16:33De ma mère ?
16:34Mon père.
16:36David Hallyday
16:37ou David Smet ?
16:40David Smet.
16:41Meilleur album,
16:42votre autobiographie
16:43David Hallyday
16:44ou les éditions
16:45du Cherche Midi.
16:45Un livre très touchant.
16:46Je vous laisse juste
16:48lire pour l'anecdote
16:49avec Luchini
16:50de votre père
16:51Johnny et Luchini.
16:52Ce que vous racontez
16:53sur ce moment-là.
16:54Je ne vais pas le dire
16:54comme ça,
16:55ça donnera envie
16:55aux gens de l'acheter.
16:57Mais ce moment
16:57où ils sont en train
16:58de tourner un film
16:58et comment ils se parlent.
17:00L'un parle de Bach
17:01et l'autre lui dit
17:01tu te fais chier.
17:02C'est hyper drôle.
17:05Merci.
17:06Et la tournée
17:06donc Requiem
17:07pour un fou
17:08qui commence dans quelques jours
17:09partout en France.
17:10Merci.
17:10Merci beaucoup.
17:11Merci beaucoup.
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