- il y a 19 heures
L'ancien Premier ministre socialiste, "l'homme des 35 heures", est mort dimanche 22 mars à l'âge de 88 ans. Un hommage national, présidé par le chef de l'État en présence de nombreuses personnalités politiques, s'est tenu ce jeudi 26 mars à l'hôtel des Invalides.
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00:00:01L'hommage national à Lionel Jospin, ça va se passer ici, juste du côté sud des Invalides, l'hôtel des
00:00:10Invalides.
00:00:11Vous connaissez en général l'autre côté, la Grande Cour Carrée, mais il y a des travaux.
00:00:14Donc ça va se passer de l'autre côté pour vous expliquer un peu la géographie.
00:00:17Vous voyez les invités qui sont en train d'arriver les uns après les autres.
00:00:21On a aperçu Laurent Fabius en grande discussion avec Martine Aubry.
00:00:24Évidemment, c'est l'ensemble du gouvernement de la gauche plurielle qui est présent au premier rang.
00:00:30Voilà Laurent Fabius qui s'installe et qui salue Bernard Kouchner, que je crois reconnaître de dos.
00:00:38Ah non, pardon, ce n'est pas du tout Bernard Kouchner, autant pour moi, mais on l'avait aperçu il
00:00:43y a quelques instants plus tôt.
00:00:44Ses invités, ils arrivent et ils parlent à nos envoyés spéciaux.
00:00:50Pierre Moscovici notamment.
00:00:53La gauche qui disait quand vous étiez là, ah la gauche, c'était beau.
00:00:56Mais aussi par des gens de droite qui respectaient son intégrité et sa droiture.
00:01:00C'est vraiment une belle figure, belle figure de la gauche, grande figure de la gauche.
00:01:03Et un homme d'État que la nation honore, j'en suis très touché, aussi très heureux.
00:01:09Parce que voilà, c'était une époque, mais c'était aussi un homme qui a su faire grandir la politique
00:01:16avec une hauteur de vue qu'on ne trouve plus toujours aujourd'hui.
00:01:19C'était l'incarnation de cette gauche plurielle. Il en reste quoi aujourd'hui de cet héritage ?
00:01:23Ah ben je crois qu'il en reste plein de leçons.
00:01:26D'abord qu'un gouvernement de gauche doit être de gauche.
00:01:28Et faire des réformes, réformes comme les 35 heures, on peut les contester,
00:01:32mais c'est une réforme sociale pour beaucoup de gens.
00:01:34La CMU, la couverture maladie universelle, l'allocation pour les personnes âgées,
00:01:38créer des emplois jeunes alors que le chômage des jeunes était massif,
00:01:41faire des réformes de société, sociétales, le PACS qui préfigurait le mariage pour tous,
00:01:47ou encore la parité dans les conseils municipaux, sur toutes les listes, la proportionnelle.
00:01:51Donc un gouvernement de gauche, des conquêtes sociales, des progrès de société.
00:01:54Et à côté de ça, du réalisme, c'est-à-dire être capable de réduire les déficits,
00:01:57comme nous l'avons fait, de 4% à 1,5%.
00:02:01Avoir à cœur l'engagement européen, se qualifier dans l'euro, dans la zone euro, de la belle manière.
00:02:05Avoir une dette publique qui était l'équivalent exactement de celle de l'Allemagne.
00:02:08Aujourd'hui, elle est de 50 points de plus.
00:02:10Et donc c'est pour vous que cette gauche jospin, gauche plurielle si vous voulez,
00:02:14ça va être tenir un petit peu les deux bouts de la chaîne, les deux bouts de l'homme-dette,
00:02:18être vraiment, vraiment de gauche, et ça tout le monde le reconnaît,
00:02:21mais être aussi très réaliste, consciente des contraintes, des réalités,
00:02:26et de notre appartenance à l'Europe qui est, bien sûr, fondamentale et qui était fondamentale pour lui.
00:02:30Je crois que c'est une leçon qui n'est pas totalement datée.
00:02:33Merci beaucoup pour vos mots.
00:02:38Pierre Moscovici, qui était ministre des Affaires européennes sous Lionel Jospin.
00:02:44On voit ici Jean-Marc Ayrault.
00:02:45Et on a aperçu également l'arrivée du nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire,
00:02:50en compagnie de Anne Hidalgo, l'ancien.
00:02:53Le voilà, Bernard Kouchner.
00:02:54Je vous avais dit qu'il était là, évidemment, et pardon à Clotilde Walter,
00:02:57que j'ai malencontreusement évidemment confondu, deux dos.
00:03:02On a vu Anne Hidalgo également, Laurent Neumann, tomber dans les bras de la sœur de Lionel Jospin.
00:03:06Oui, Noël Châtelet.
00:03:07On a vu le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire.
00:03:11En fait, c'est toute l'histoire de la gauche qui va défiler sous nos yeux,
00:03:15la gauche actuelle, mais la gauche d'avant, celle des années 80.
00:03:19Robert Rue, ici.
00:03:20Celle des années 90.
00:03:22Robert Rue, dont il faut se souvenir qu'à l'époque, il était le candidat du Parti communiste face à
00:03:27Lionel Jospin.
00:03:28Et souvenez-vous, cette fameuse gauche plurielle que Lionel Jospin avait fait travailler ensemble,
00:03:33certains disaient qu'elle était la cause aussi de sa non-qualification pour le deuxième tour de l'élection présidentielle
00:03:39en 2002,
00:03:40puisque face à lui, sept autres candidats de gauche s'étaient présentés.
00:03:45Toute la gauche plurielle, en l'occurrence, dans sa diversité, dont Robert Rue, qu'on vient de voir à l
00:03:50'image pour le Parti communiste.
00:03:51Mais à l'époque, il y avait également Noël Mamère pour les Verts, Christiane Taubira, Jean-Pierre Chevènement, bien d
00:03:58'autres.
00:03:58Je crois même que cette année-là, il y avait trois candidats de l'extrême gauche.
00:04:02Il y avait Besant Snow, il y avait Daniel Gluckstein, il y avait Arlette Laguillet, alors qu'effectivement, on voit
00:04:10les anciens premiers ministres.
00:04:11Jean-Marc Ayrault à gauche de votre écran, Laurent Fabius au centre, et Jean Castex, évidemment.
00:04:19Donc évidemment, tous les anciens premiers ministres sont conviés à cette cérémonie d'hommage.
00:04:24Laurent Fabius, Edith Cresson, Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve.
00:04:29Je dis effectivement, c'est toute l'histoire de la gauche qui va défiler sous nos yeux.
00:04:34Et avec Amandine Nathalia, cette volonté de tracer un trait d'union entre la gauche de cette époque et la
00:04:40gauche de maintenant.
00:04:41Et c'est Emmanuel Grégoire qu'on voit ici de dos, qui est l'incarnation de cette passation de témoins.
00:04:47Exactement, mais ce sont des figures.
00:04:49C'est vrai que la gauche a énormément muté depuis.
00:04:52Et le personnage le plus spectaculaire de cette mutation, de toute façon, reste Jean-Luc Mélenchon,
00:04:57qui fut un ministre socialiste à l'époque et qui maintenant est le leader de la France insoumise,
00:05:03qui n'a plus de mots assez durs pour ce qui est devenu le parti socialiste.
00:05:07Donc aujourd'hui, ça va être l'un de ces rares moments où toutes ces figures de gauche qui parfois
00:05:12se divisent.
00:05:14Emmanuel Grégoire, le premier dans sa propre famille, avec Anne Hidalgo par exemple.
00:05:18Alors qu'on voit Manuel Valls et François Ruffin, vous voyez.
00:05:22Donc toutes ces familles, François Ruffin qui lui-même s'est distancié aujourd'hui de la France insoumise,
00:05:27vont se retrouver dans un moment d'apaisement pour un homme qui leur inspire à tous, c'est unanime, une
00:05:33forme de respect.
00:05:33C'est le mot qu'on a le plus entendu la semaine dernière pour sa hauteur de vue, pour son
00:05:39intégrité, pour son respect des valeurs.
00:05:41Et on a aperçu Manuel Valls qui allait vers les caméras. On l'écoute, il est avec Guillaume Daré.
00:05:46Oui.
00:05:47Oui, Manuel Valls qui était avec nous, avec Marie Chantret.
00:05:49Bonjour, monsieur le premier ministre. Vous avez été quatre ans au cabinet de Lionel Jospin.
00:05:52Quel est le sentiment qui prédomine ce matin ?
00:05:55À la fois la tristesse, bien sûr, avec des pensées pour Sylviane, pour ses enfants, pour sa famille.
00:06:02Sentiment aussi qu'un hommage juste lui est rendu aujourd'hui, mais d'une manière générale dans le pays.
00:06:08Il y a beaucoup de regrets qui s'estiment comme si nous avions vécu une autre époque à ce moment
00:06:12-là, sur la manière de gouverner, de faire de la politique.
00:06:15Et puis des pages qui se tournent pour chacun d'entre nous. C'est toute une vie, parce que j
00:06:18'ai connu Lionel Jospin bien avant.
00:06:20Je me suis engagé à ses côtés à partir de 1995 et j'ai vécu quelque chose d'incroyable à
00:06:26ses côtés.
00:06:26L'homme des 35 heures, l'homme du PAX, l'homme aussi de la gauche plurielle.
00:06:30Quand on voit aujourd'hui l'état de la gauche, Manuel Valls, quelle ironie quand même.
00:06:33Oui, bien sûr, et c'est pour ça que sans doute l'annonce de sa disparition au lendemain des municipales
00:06:40a été ainsi soulignée à travers ses souvenirs.
00:06:43Mais c'était aussi un autre monde, une autre époque. Lui était très attaché à l'union de la gauche.
00:06:47Mais il faut remarquer aussi que cette gauche a beaucoup évolué, que ce soit du côté du Parti Socialiste ou
00:06:53des autres formations.
00:06:54La division aussi a compté, bien sûr, également dans sa défaite en 2002.
00:06:59Mais moi, je retiens l'homme d'État, l'éthique, la manière de gouverner, une cohabitation qui n'était pas
00:07:05facile,
00:07:05mais qu'il a gérée avec Jacques Chirac de manière intelligente presque jusqu'au bout.
00:07:09Après, les choses ont évidemment évolué.
00:07:10Il aurait aimé ce type de moment ? Il aurait aimé cet hommage ?
00:07:14Je ne sais pas. Je pense que...
00:07:15Oui, d'une certaine manière, parce que la blessure du 21 avril 2002, de son élimination, était là à briser,
00:07:21d'une certaine manière, son destin
00:07:22et à changer le nôtre, et celui de la gauche et du pays incontestablement.
00:07:26Donc oui, moi, je pense que c'est important, de là où il est, qu'il comprenne qu'il y
00:07:31a de l'affection aussi, dans le pays et à gauche, bien évidemment.
00:07:33Vous avez dit que c'était une autre époque, mais qu'est-ce qu'on peut garder de Lionel Jospin
00:07:36pour la gauche d'aujourd'hui et de demain ?
00:07:38Que la gauche ne peut revenir au pouvoir que si elle accepte la réalité du monde,
00:07:44que si c'est une gauche réformiste et de gouvernement, qui est forte et puissante,
00:07:50et que si l'idéal républicain est toujours là.
00:07:52C'est ça, et puis une manière de gouverner aussi.
00:07:55L'hommage de Manuel Valls, il y a aussi l'hommage d'Olivier Fort qu'on entend en ce moment,
00:07:59merci.
00:08:00C'était un conseiller pour vous ?
00:08:02C'était un conseiller, c'était quelqu'un qui avait à cœur de partager et qui avait aussi le souci
00:08:11de la transmission de sa propre expérience.
00:08:14Il a été de ceux qui, aux Parti Socialiste, ont exercé le pouvoir au plus haut niveau, ils ne sont
00:08:19pas si nombreux.
00:08:20Et donc, il avait à cœur de toujours nous faire partager ce qu'il avait compris de nos institutions, de
00:08:27la vie politique, du combat politique.
00:08:30Et voilà, il était à la fois un grand républicain, et c'était aussi un grand socialiste.
00:08:36Son passage à Matignon l'a prouvé.
00:08:38Il était à la fois parfaitement respectueux de l'institution parlementaire, de la présidence de la République aussi,
00:08:45il était en cohabitation, mais en même temps déterminé à faire valoir un point de vue, celui d'un homme
00:08:49de gauche,
00:08:50et c'est la raison pour laquelle la gauche, mais surtout la France, lui doit les 35 heures, le PAX,
00:08:55les emplois jeunes, la couverture maladie universelle.
00:08:58Bref, tous ces éléments qui ont changé durablement la vie des Français et auxquels ils sont attachés désormais.
00:09:04Vous aviez demandé cet hommage national. Pourquoi est-ce qu'il était important que cet hommage lui soit rendu aujourd
00:09:08'hui ?
00:09:09Je l'avais demandé tout simplement parce que nous avons besoin, y compris par rapport aux générations suivantes,
00:09:18de faire passer un message simple dans un moment de grande défiance vis-à-vis de la politique,
00:09:23montrer que les hommes et les femmes politiques peuvent aussi avoir de vrais apports à notre vie collective,
00:09:31que nous pouvons changer la vie, que la politique n'est pas impuissance,
00:09:35et saluer aussi la mémoire d'un homme qui a donné sa vie à la politique, qui a donné sa
00:09:39vie à son pays.
00:09:41Et à un moment où l'engagement marque le pas, appeler aussi à l'engagement,
00:09:46dire que nous sommes toutes et tous appelés, chacun à des niveaux différents bien sûr,
00:09:50mais à nous engager pour notre pays et à le faire avec une claire conscience qu'on n'est pas
00:09:56toujours récompensé.
00:09:57Il ne l'a pas toujours été. En 2002, après avoir fait un excellent mandat, il n'a pas été
00:10:02récompensé de ses efforts
00:10:03puisqu'il n'a pas été qualifié pour le second tour de l'élection présidentielle,
00:10:07laissant sa place du fait de la division de la gauche à Jean-Marie Le Pen.
00:10:13Mais même si la vie politique n'accorde pas toujours des récompenses à la hauteur de ce que l'on
00:10:17a contribué à produire,
00:10:20eh bien au moment de sa mort, au moment de son départ, il est important qu'on restitue son œuvre,
00:10:28sa mémoire.
00:10:29Il est resté adhérent du Parti Socialiste ?
00:10:31Il est resté adhérent jusqu'au bout. Il participait encore à nos réunions,
00:10:35alors de manière plus épisodique, mais il était toujours présent.
00:10:39Et je veux dire qu'il a toujours été à la fois un grand dirigeant et un grand militant.
00:10:43Il n'a jamais snobé les militants. Il n'a jamais considéré qu'il était au-dessus de la masse.
00:10:49Il avait à cœur de partager, de faire partager son expérience.
00:10:53– Merci beaucoup, merci. – Merci à vous.
00:10:55– Alors que François Hollande répond à Guillaume Daré, Marie Chantret.
00:10:58– C'est de l'action de Lionel Jospin comme Premier ministre, avec les emplois jeunes, les 35 heures,
00:11:07l'APA, la couverture maladie universelle.
00:11:09Mais en tant que proche de Lionel Jospin, j'étais Premier secrétaire du Parti Socialiste quand il était Premier ministre.
00:11:16Et puis je l'ai accompagné.
00:11:18Ce dont je me souviens, c'est de la rigueur que représentait cet homme.
00:11:22Pas de la politique de rigueur, de la rigueur personnelle, de la rigueur morale,
00:11:27de la rigueur dans le raisonnement, de la sagesse aussi dans laquelle il avait voulu inscrire sa politique.
00:11:34C'était une politique audacieuse, au sens où il y avait des réformes,
00:11:37mais elle était sage, prudente quand il s'agissait de respecter la réalité
00:11:43quand elle se manifestait comme elle s'est manifestée durant son mandat.
00:11:48Donc voilà, j'ai aussi le souvenir d'un homme beaucoup plus chaleureux qu'il y paraissait,
00:11:53capable de sourire à des événements de la vie.
00:11:56Et puis j'ai aussi, et comment ne pas l'avoir, le souvenir cruel du 21 avril
00:12:03quand un Premier ministre qui était candidat à l'élection présidentielle,
00:12:06qui avait un bilan comme rarement il a été possible d'en présenter,
00:12:10n'a pas pu accéder au second tour parce que dispersion de la gauche,
00:12:15faible mobilisation, oubli de l'enjeu essentiel.
00:12:18Monsieur le Président, qu'est-ce qu'il y a à retenir de la gauche de Lionel Jospin
00:12:23pour la gauche d'aujourd'hui et la gauche de demain, Monsieur le Président ?
00:12:26Lionel Jospin, c'est la gauche plurielle.
00:12:29La gauche, elle a toujours été plurielle.
00:12:31Mais pour qu'elle ne se fragmente pas, pour qu'elle ne se divise pas,
00:12:34pour qu'elle ne s'empêche pas, il faut à la fois une incarnation,
00:12:38c'était celle de Lionel Jospin, et il faut avoir une ligne,
00:12:41c'est-à-dire ce qu'il appelait une ligne de clarté.
00:12:44Et enfin, il faut qu'il y ait une force au sein de cette gauche plurielle
00:12:48qui permette le rassemblement.
00:12:49Cette force-là, c'était le Parti Socialiste.
00:12:52Et la gauche plurielle, elle a tenu pendant cinq ans autour de ces principes-là.
00:12:56Et c'est quand elle s'est finalement désunie, quand il y a eu plusieurs candidats
00:13:00qui se sont présentés à l'élection présidentielle, sans comprendre qu'il y avait une continuité
00:13:05à assurer avec Lionel Jospin, que nous avons eu le résultat que l'on sait,
00:13:09et que Lionel Jospin s'est retiré de la vie politique avec le courage, l'élégance qui était la sienne.
00:13:15Parce que s'il y a un mot qu'il faut retenir de Lionel Jospin,
00:13:18c'est qu'il était élégant.
00:13:20Élégant au sens des capacités morales dont on doit faire preuve dans toutes circonstances.
00:13:25C'est-il remis dans sa carrière politique du 21 avril 2002 ?
00:13:30Le Jospinisme, c'est une pratique du pouvoir qui était une pratique respectueuse.
00:13:35Le Jospinisme, c'était aussi une conception du socialisme
00:13:39qui devait aller aussi loin que possible, mais dans le respect des règles et des réalités.
00:13:45Et puis c'était aussi une forme de rassemblement de la gauche autour d'une ligne
00:13:50qui pouvait permettre non pas d'additionner les sensibilités,
00:13:54mais leur donner un sens, ce qu'il appelait une synthèse.
00:13:58Merci.
00:13:58Merci Monsieur le Président.
00:14:01Voilà donc François Hollande, son hommage à Lionel Jospin avec l'arrivée ici
00:14:05du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez.
00:14:07Vous avez reconnu l'ensemble de ses visages qui arrivent pour assister à la cérémonie.
00:14:11Raphaël Glucksmann pour Place Publique, ici Bernard Cazeneuve.
00:14:14L'ensemble des anciens premiers ministres sont ici.
00:14:17Emeric Breillet est avec nous.
00:14:18Alors Lionel Jospin, vous l'avez très bien connu, vous avez même écrit un livre avec lui.
00:14:24On entend ses hommages qui sont unanimes,
00:14:26mais il n'a pas fait l'unanimité tout au long de sa carrière et de sa vie.
00:14:29Lionel Jospin, c'est le moins qu'on puisse dire.
00:14:30Racontez-nous les coulisses en réalité.
00:14:33Est-ce qu'il y a quand même des règlements de compte
00:14:35et des haines recuites dans tout ce qu'on entend là, au-delà de l'hommage ?
00:14:39Très bien connu, bien moins que beaucoup de ceux qu'on vient d'entendre.
00:14:42Vous avez travaillé avec lui.
00:14:43Parce que j'ai écrit, mais j'ai écrit presque par hasard,
00:14:48comme un militant ou un ancien militant du Parti Socialiste,
00:14:51pour qui la figure de Jospin comptait beaucoup.
00:14:54Bon, évidemment aujourd'hui c'est plutôt l'heure de se souvenir des côtés positifs,
00:14:59de l'homme d'État, du chef de gouvernement, du chef de parti.
00:15:03Mais quand on est un responsable politique, évidemment qu'il y a des confrontations,
00:15:07qu'elles peuvent être parfois raides, parfois rudes,
00:15:10et que la longévité de la carrière de Lionel Jospin,
00:15:13qui rentre au Parti Socialiste juste après le Congrès d'Épinay,
00:15:17par Pierre Jox, ce qu'on a aperçu, c'est Pierre Jox qui le fait venir au Parti Socialiste,
00:15:22jusqu'au 21 avril 2002.
00:15:26Bon, il y a une distance, une longueur de temps,
00:15:28qui fait qu'il y a eu effectivement quelques batailles auxquelles il a pris part.
00:15:33Et on aperçoit Anne Sinclair ici.
00:15:34On a vu aussi Jérôme Guedj, figure actuelle de la gauche et du Parti Socialiste.
00:15:40Il est avec vous, Marie-Chantre et Guillaume Daré.
00:15:44Oui, absolument. Bonjour Jérôme Guedj.
00:15:46Merci de nous accorder ces quelques instants.
00:15:49Vous étiez sur le plateau de BFM TV, lundi matin, quand on a appris ce décès.
00:15:54Vous pensez, vous qui l'avez quand même bien connu, croisé dans votre carrière politique,
00:15:57qu'il aurait aimé ce moment-là, ce moment d'hommage national ?
00:16:00Vous qui connaissez Lionel Jospin.
00:16:03Incontestablement.
00:16:04C'est-à-dire que c'était un homme connu à la fois pour son humilité, sa discrétion,
00:16:08mais c'était un homme qui revendiquait d'être un homme d'État.
00:16:11Il a concouru à la magistrature suprême.
00:16:14Il a été un grand serviteur de la République dans plusieurs fonctions,
00:16:18d'élus locales, de parlementaires, de ministres de l'éducation, de premiers ministres,
00:16:21de membres du Conseil constitutionnel.
00:16:23Et donc moi je trouve que c'est un moment de concorde national et je mesure l'ampleur
00:16:27et la diversité des témoignages, y compris de ceux qui ont été ses adversaires politiques,
00:16:31qui considèrent qu'il a servi dignement.
00:16:34Et c'est un beau mot qui lui va, la dignité, qu'il a servi dignement le pays.
00:16:37Et donc c'est légitime et nécessaire d'avoir cet hommage national.
00:16:41C'était un acteur de la gauche d'hier, vous êtes un acteur de la gauche d'aujourd'hui,
00:16:44vous voulez être un acteur de la gauche de demain.
00:16:45Qu'est-ce qu'il y a à retenir de la gauche de Lionel Jospin pour la gauche de demain
00:16:48?
00:16:49C'est que c'est possible de concilier la gauche du réel, celle qui est consciente des contraintes,
00:16:54du sérieux budgétaire, mais en même temps d'une aspiration de transformation de la société.
00:16:59Moi j'ai un souvenir au moment où il met en place, il est premier ministre en 1997,
00:17:03avec ses grandes mains de basketteurs et dans un environnement qui n'est pas facile,
00:17:07et il explique qu'il va faire les 35 heures.
00:17:10Et il a cette image, je la revois comme ça, il prend sa main et il dit
00:17:12ce qu'on peut prendre, on le prend.
00:17:16Et donc, parce qu'il l'a fait intelligemment, dans la négociation avec les partenaires sociaux,
00:17:22avec l'outil législatif à la fin pour contraindre.
00:17:25Et donc voilà, c'est cette intelligence des situations,
00:17:28la transformation radicale de la société,
00:17:30enfin même le bilan de ce quinquennat Jospin,
00:17:33même s'il n'a pas été président de la République,
00:17:35mais c'est cinq années de premier ministre,
00:17:37c'est un bilan qui matrice encore notre pays.
00:17:39Les 35 heures, je viens d'en parler,
00:17:41il y a des gens qui sont pour, des gens qui sont contre,
00:17:42mais personne ne les a remis en question.
00:17:44Mais il n'a pas été président de la République, Jérôme Guet.
00:17:46Ça restera une frustration, mais il a fait la part,
00:17:50il a fait la CMU, il a fait le PAC, il a fait la parité.
00:17:52Il s'est remis de ce 21 avril 2002, vous pensez ?
00:17:55Je crois qu'on ne se remet pas d'une situation comme celle-là.
00:17:59Évidemment que c'était une meurtrissure,
00:18:02mais il a continué à servir avec cette distance
00:18:07et parfois cette autodérision qui le caractérisait.
00:18:09Vous en aviez reparlé avec lui de ce 20 avril ?
00:18:12On avait parlé quelques années après,
00:18:15je me rappelle en 2006-2007,
00:18:17il était venu aux journées socialistes à La Rochelle.
00:18:22Mais plus récemment, on avait parlé du rapport à la politique.
00:18:26Il m'avait passé un coup de fil
00:18:28à un moment où j'avais été houspillé dans le débat public,
00:18:31en l'occurrence par Jean-Luc Mélenchon.
00:18:33Désolé de le re-mentionner.
00:18:34Et il m'avait passé un coup de fil
00:18:37pour expliquer qu'il faut tenir bon sur les principes et sur les valeurs.
00:18:41Et on parlait beaucoup d'universalisme républicain,
00:18:43qui est quelque chose que celui qui se définissait
00:18:45comme un protestant athée avait chevillé au corps.
00:18:47A savoir qu'on est dans le débat public,
00:18:49d'abord et avant tout, des citoyens libres,
00:18:51des éclairés qui ne peuvent pas être essentialisés.
00:18:53Merci beaucoup, Gérard Gage.
00:18:54Merci, Gérard Gage.
00:18:56protestant athée, un austère qui se marre.
00:18:58Il aimait bien ses formules, Lionel Jospin,
00:19:00alors qu'on continue à voir les arrivées des personnalités politiques.
00:19:04On vient d'apercevoir Éric Coquerel et Jérôme Gage.
00:19:06J'ai parlé de Jean-Luc Mélenchon.
00:19:07On ne le verra pas aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon.
00:19:09Alexis Cuvillet, Jean-Luc Mélenchon,
00:19:10qui a publié une note pour dire qu'il n'était pas invité.
00:19:12Puis ensuite, il a dit, bon, si en fait, j'étais invité.
00:19:14Oui, il y a eu un imbroglio sur ce sujet
00:19:17de l'invitation ou pas de Jean-Luc Mélenchon,
00:19:20qui, on le rappelle, a été un ministre de Lionel Jospin
00:19:24entre 1997 et 2002.
00:19:26Dans un premier message qui a été publié dans une note de blog,
00:19:30Jean-Luc Mélenchon s'est ému de ne pas avoir été invité à cet hommage
00:19:34en estimant que Lionel Jospin aurait peut-être regretté cette absence.
00:19:39Il a été ministre de Lionel Jospin, on le rappelle, à l'enseignement supérieur.
00:19:41L'enseignement supérieur.
00:19:43Et en réalité, de sources concordantes du côté de l'organisation,
00:19:48il nous a été expliqué que, comme tous les membres des gouvernements
00:19:52de Lionel Jospin entre 1997 et 2002,
00:19:54Jean-Luc Mélenchon avait bien été invité à cet hommage
00:19:56et que c'était un souhait de la famille.
00:19:59Il semble qu'une invitation en bonne et due forme
00:20:01qui a été envoyée hier ne soit pas parvenue à son destinataire.
00:20:06En tout cas, c'est vrai, Julien, Jean-Luc Mélenchon
00:20:08a ensuite renvoyé un deuxième message sur les réseaux sociaux
00:20:12en expliquant que, du côté des organisateurs,
00:20:14il avait été recontacté ce matin pour participer à cet hommage,
00:20:17mais qu'il est empêché et donc il ne sera pas présent.
00:20:21On a vu Éric Coquerel, qui est président de la commission des finances à l'Assemblée,
00:20:24qui était présent, qui est un proche de Jean-Luc Mélenchon.
00:20:26Hugo Coquepelli, vous êtes sur place.
00:20:28Expliquez-nous quel est le déroulement des minutes qui vont venir.
00:20:35Eh bien là, ce sont en ce moment les invités qui sont en train d'arriver.
00:20:38L'Élysée explique que 400 personnes, 400 convives,
00:20:42sont attendues pour cet hommage à Lionel Jospin.
00:20:45On voit un certain nombre de membres du gouvernement,
00:20:48mais aussi des députés socialistes, des sénateurs socialistes,
00:20:51toute la famille du Parti Socialiste qui est réunie ce matin.
00:20:55Alors, dans le détail, la cérémonie va commencer à 11h, très précisément,
00:20:58quand le président de la République arrivera ici.
00:21:01L'hommage qui débutera quelques minutes plus tard,
00:21:03lorsque le cercueil entrera donc ici,
00:21:05et puis le chef de l'État prononcera l'éloge funèbre
00:21:08avant que la sonnerie aux morts retentisse.
00:21:11Il y aura une marseillaise qui sera jouée par l'orchestre de la garde républicaine.
00:21:15Et puis donc, à l'issue de cette cérémonie,
00:21:18le cercueil de Lionel Jospin quittera ici les Invalides
00:21:22sur le son d'Yves Montand, les feuilles mortes.
00:21:26Voilà donc pour le déroulé de cette cérémonie
00:21:28qui va démarrer dans quelques minutes, très exactement.
00:21:31On a aperçu Pierre Jox également.
00:21:34On a aperçu la famille aussi, parce qu'il y a la famille politique.
00:21:37Et puis la famille de Lionel Jospin,
00:21:41avec notamment ses enfants, deux de ses enfants,
00:21:45Eva Jospin et Hugo, qui sont présents.
00:21:48On a vu Eva Jospin notamment dans les bras de François Hollande
00:21:50il y a quelques instants.
00:21:52Et ici, Anne Hidalgo avec Emmanuel Grégoire.
00:21:54À ses côtés, il y a cette présence.
00:21:59Et il y a aussi l'absence de Jean-Luc Mélenchon et Éric Breillet.
00:22:02Ils ont un passé idéologique commun, si je puis dire, les deux hommes,
00:22:05parce qu'ils ont tous les deux bien connu le trotskisme.
00:22:08Et à un moment, c'est ce que raconte Jean-Luc Mélenchon d'ailleurs,
00:22:10à un moment, Lionel Jospin dit, je choisis la social-démocratie,
00:22:13je choisis l'intérieur du système contrairement à toi.
00:22:15C'est ça la rupture idéologique entre les deux hommes ?
00:22:18– Oui, c'est un peu refaire l'histoire.
00:22:20Et donc réécrire après une logique qui n'en a pas forcément sur le moment.
00:22:25Il faut vraiment faire très attention,
00:22:27quand on raconte les histoires,
00:22:30de ne pas la raconter telle qu'on sait,
00:22:33la manière dont elle se finit.
00:22:34Donc il faut vraiment être très attentif à ça.
00:22:36Non, la rupture idéologique entre Lionel Jospin et Jean-Luc Mélenchon,
00:22:41elle se fait en réalité au moment du choix européen.
00:22:44C'est à ce moment-là que s'effectue la rupture,
00:22:46qui a toujours été un peu présente dans l'histoire de la gauche française,
00:22:50et singulièrement au sein du Parti Socialiste.
00:22:52– Allez, on retrouve Guillaume Néret, Marie Chantret.
00:22:56– Oui, nous sommes avec Elisabeth Guillaume,
00:22:57qui a été ministre effectivement de ce gouvernement.
00:22:59Vous l'avez bien connu, Lionel Jospin.
00:23:01Très concrètement, qu'est-ce que vous en retenez ?
00:23:03– D'abord, c'était un ami.
00:23:06Il avait des qualités humaines extraordinaires,
00:23:09sous des dehors un peu austères.
00:23:11Il était extraordinairement bienveillant, attentif à l'écoute.
00:23:17Et puis, il a su rassembler la gauche pour la dernière fois.
00:23:23Ensuite, il a mené ce gouvernement de la gauche plurielle pendant 5 ans, quand même,
00:23:28avec à la fois beaucoup d'écoute, mais il tranchait.
00:23:34Il avait une autorité, pas de l'autoritarisme, mais une grande autorité.
00:23:38Et quand il avait pris ses décisions, on était sûrs, on avait un cap,
00:23:43et on était sûrs qu'on serait soutenus.
00:23:46Voilà, et puis, il était ami des artistes, des intellectuels,
00:23:52enfin, c'était une personnalité beaucoup plus riche qu'on ne l'imagine.
00:23:56– L'homme de la gauche plurielle, Mme Guigou,
00:23:59quel était son regard sur ce qu'il se passait aujourd'hui sur notre vie politique ?
00:24:03– Je ne veux pas commenter.
00:24:04D'abord, je suis assis à ce moment-là, un devoir de réserve,
00:24:07au titre du Conseil supérieur de la magistrature, et puis il faut que j'y aille.
00:24:10– Merci infiniment, merci de ces quels moments.
00:24:13– Elisabeth Guigou, ancienne ministre de la Justice,
00:24:15et Sébastien Lecornu, qui est arrivé le Premier ministre,
00:24:19accueilli par le gouverneur militaire de Paris,
00:24:23et c'est le signe qu'Emmanuel Macron ne va pas tarder maintenant.
00:24:27On vous rappelle le début précisément à 11h,
00:24:30et les obsèques, ce sera à 14h au cimetière du Montparnasse.
00:24:35Donc après cette cérémonie, cet hommage national
00:24:39qui avait été demandé par le Parti Socialiste,
00:24:40Laurent Neumann, il n'y a pas eu beaucoup de temps d'intermoiement.
00:24:43Assez vite, l'Élysée a confirmé qu'il y aurait un hommage national.
00:24:45– Oui, c'est assez logique.
00:24:47D'ailleurs, tout le monde se souvient, et on l'avait suivi sur BFMTV,
00:24:50les derniers types d'hommages comme celui qu'on est en train de vivre,
00:24:54c'était pour Robert Badinter, c'était le 14 février 2024.
00:24:58Ça n'était pas dans la Cour des Invalides, mais c'était Place Vendôme.
00:25:02Et puis Jacques Delors, quelques semaines avant Robert Badinter.
00:25:08– Mais là, ce à quoi on est en train d'assister, effectivement,
00:25:12c'est à une photo souvenir, d'une certaine manière.
00:25:15Tous les anciens leaders de la gauche,
00:25:17et ceux qui essayent de tirer des leçons de l'époque Jospin
00:25:20pour essayer de les appliquer aujourd'hui,
00:25:23oublient quand même que les deux époques n'ont pas grand-chose à voir.
00:25:26À l'époque de Lionel Jospin, le Parti Socialiste était hégémonique à gauche,
00:25:30ça n'est pas le cas aujourd'hui.
00:25:31À l'époque de Lionel Jospin, la gauche avait un leader.
00:25:34Lionel Jospin, en l'occurrence, avec un vrai charisme.
00:25:37Aujourd'hui, on cherche bien qui pourrait être ce leader de la gauche.
00:25:41Donc attention aux comparaisons.
00:25:43En revanche, la gauche, elle est aussi plurielle aujourd'hui qu'elle l'était à l'époque.
00:25:49À l'époque, on ne disait pas qu'elles étaient irréconciliables.
00:25:53Et pourtant, vous venez de le dire, monsieur, il y a quelques instants,
00:25:57cette gauche-là, elle était très divisée sur des tas de sujets.
00:25:59Sur l'Union européenne, par exemple, les Verts étaient favorables,
00:26:02le PC ou Jean-Pierre Chevènement y étaient opposés.
00:26:06Sur le nucléaire, les Verts ne voulaient pas en entendre parler.
00:26:08Et pourtant, Lionel Jospin a fait travailler tout ce beau monde, si j'ose dire, ensemble.
00:26:13C'est vrai qu'il y avait de nombreuses divisions.
00:26:15Vous remarquez les présents, vous remarquez les absents aussi.
00:26:18Et Christiane Taubira, on ne l'a pas vu en tout cas pour l'instant.
00:26:20Et on sait que Lionel Jospin ne lui avait pas pardonné de s'être présenté contre lui
00:26:24lors de cette fameuse présidentielle de 2002.
00:26:27À 10h57, le début officiel de la cérémonie se rapproche.
00:26:32Hugo Capelli, c'est Emmanuel Macron qui est maintenant attendu dans les secondes qui viennent.
00:26:39Oui, très exactement, dans deux minutes.
00:26:42C'est en tout cas l'horaire officiel du début de cette cérémonie.
00:26:46On voit encore quelques invités qui sont en train de s'installer.
00:26:50C'est bien garni.
00:26:51Toutes les chaises sont presque remplies.
00:26:54On voit quand même beaucoup de socialistes qui sont présents ce matin.
00:26:59Claude Bartholone, l'ancien président de l'Assemblée nationale,
00:27:01qui se trouve à quelques mètres de moi.
00:27:03Beaucoup de membres de la direction du Parti socialiste, forcément.
00:27:07Et donc le président qui va être accueilli dans quelques instants
00:27:09par le Premier ministre Sébastien Lecornu
00:27:12et par le général de corps d'armée Loïc Mison.
00:27:15L'hommage qui débutera juste après l'arrivée du président de la République.
00:27:19On verra le cercueil de Lionel Jospin rentrer ici en présence de ses très bons amis,
00:27:25en présence de sa famille aussi qui s'est installée pour cet hommage
00:27:30qui démarre ce matin et va se poursuivre aujourd'hui.
00:27:32Vous l'avez dit tout à l'heure, dans la foulée,
00:27:34il y aura une autre cérémonie publique, cette fois-ci,
00:27:38du côté du cimetière de Montparnasse, à quelques kilomètres d'ici.
00:27:41– Hugo Capelli qui suit donc cette cérémonie de l'intérieur depuis les Invalides.
00:27:46Amandine Atalaya, on sait quelle était la nature des rapports entre Emmanuel Macron et Lionel Jospin.
00:27:50Ils étaient proches, ils consultaient de temps en temps l'ancien Premier ministre ou pas ?
00:27:53– Non, ils n'étaient pas très proches parce qu'Emmanuel Macron est d'une autre génération,
00:27:58tout simplement, comme Sébastien Lecornu d'ailleurs.
00:28:01Ce sont deux hommes qui sont arrivés bien après l'époque des grands éléphants socialistes en politique.
00:28:07– Mais Emmanuel Macron vient de la gauche alors que Sébastien Lecornu de la droite.
00:28:10– Exactement, et Emmanuel Macron, on s'en souvient tous,
00:28:13a été le ministre de l'économie de François Hollande.
00:28:16Et il a commencé sa carrière sous la gauche avant de faire une rupture extrêmement spectaculaire et symbolique
00:28:21avec ce président socialiste François Hollande empêché de se représenter.
00:28:27Et depuis, Emmanuel Macron a beaucoup évolué,
00:28:29au point qu'il a ensuite travaillé avec plusieurs figures de la droite
00:28:32et qu'il est aujourd'hui plus proche d'ailleurs du centre de la droite.
00:28:40Ce parcours d'ailleurs de Lionel Jospin est intéressant au sens,
00:28:46c'est un homme qui après le 21 avril 2002 a choisi la modestie,
00:28:51une forme de retraite de la politique.
00:28:54On l'a très peu vu parce qu'il est notamment parti, vous savez, sur l'île de Ré
00:28:56où il avait une petite maison.
00:28:58Et puis il a tenté quand même de faire un retour.
00:29:00C'était plus tard, c'était en 2007, il a eu une velléité,
00:29:03il a espéré être appelé par Dominique Strauss-Kahn et d'autres.
00:29:06Ça ne s'est pas produit et c'est Ségolène Royal qui à ce moment-là a été la candidate
00:29:10du Parti Socialiste.
00:29:11Lionel Jospin a été extrêmement critique d'ailleurs à l'encontre de Ségolène Royal.
00:29:15Il estimait qu'elle n'était pas armée pour être la bonne candidate
00:29:18et une candidate à l'élection présidentielle.
00:29:20Sauf erreur, on ne l'a pas vue d'ailleurs dans les visages.
00:29:22On ne l'a pas vue pour l'instant, mais bon voilà.
00:29:23Exactement, on ne l'a pas vue pour l'instant.
00:29:25Et ensuite, Lionel Jospin a compris qu'il ne serait plus sur le devant de la scène politique en tant
00:29:30qu'animal politique.
00:29:31Il est parti plus tard au Conseil constitutionnel et il est devenu celui qui conseillait beaucoup de socialistes
00:29:37qu'on voit encore aujourd'hui.
00:29:39Il était en faveur de l'Union, mais l'Union pas à tout prix.
00:29:42Et il n'aimait pas ce que la France Insoumise demandait en termes d'exigence,
00:29:46la façon dont elle tordait le bras ces derniers temps au Parti Socialiste.
00:29:49Oui, d'ailleurs, c'est assez saisissant cette image d'Éric Coquerel qui est là pour représenter la France Insoumise
00:29:54puisqu'on vous a expliqué les raisons, les dessous en tout cas de l'absence de Jean-Luc Mélenchon.
00:30:02Et c'est vrai, Alexis Cuvillier, qu'on voit bien par rapport à ce que nous disait Laurence sur le
00:30:07contexte.
00:30:07On voit ici tous les visages des anciens communistes, des anciens écologistes qui ont incarné cette gauche plurielle
00:30:13alors qu'aujourd'hui, c'est évidemment plutôt la France Insoumise qui a la main sur cette gauche.
00:30:17C'est vrai, c'est assez saisissant de voir le contraste entre Éric Coquerel ici isolé
00:30:21alors qu'en réalité, c'est son parti maintenant qui tire des ficelles à gauche.
00:30:24Un paysage politique extrêmement différent en l'espace de 30 ans, 25 ans.
00:30:29C'est en effet, comme disait Laurent, difficile d'appliquer des comparaisons sur des situations politiques
00:30:35qui ont beaucoup changé.
00:30:37C'est certain qu'aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon, la mouvance qu'il représente, le parcours qu'il propose,
00:30:45c'est quelque chose qui n'existait pas de cette façon-là en 2002.
00:30:50En 2002, la division de la gauche au premier tour est évidemment une des causes, si ce n'est la
00:30:58seule,
00:30:58de ce qui s'est passé le 21 avril 2002.
00:31:01Lionel Jospin était parfois plus mesuré dans la façon dont il présentait les choses,
00:31:05dans les explications qu'il apportait.
00:31:08François Hollande, tout à l'heure, expliquait aussi la faiblesse de la mobilisation,
00:31:11le fait que le risque à l'époque du Front National,
00:31:15le risque qu'il représentait pour la gauche n'avait pas été mesuré, n'avait pas été considéré.
00:31:19Mais c'est vrai, Julien, qu'aujourd'hui, la France Insoumise a pris une forme de « leadership » sur
00:31:26la gauche,
00:31:26même si, on le sait, et les résultats des municipales l'ont montré,
00:31:29la réalité du terrain, parfois, est différente,
00:31:32et le Parti Socialiste reste, bien sûr, un parti important.
00:31:34Et alors qu'on attend l'arrivée du président de la République,
00:31:36vous voyez ici Sébastien Lecornu, à gauche, c'est lui qui va l'accueillir
00:31:39avec le gouverneur militaire de Paris, Éric Breillet, Lionel Jospin.
00:31:44– Il n'a jamais pardonné à ceux qui se sont présentés contre lui en 2002,
00:31:49notamment Christiane Taubira.
00:31:50– Oui, je ne sais pas s'il n'a jamais pardonné, mais il n'a jamais oublié,
00:31:53ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
00:31:56Juste, revenir quand même d'un mot, il ne faut pas croire que l'arrivée au pouvoir
00:32:00de Lionel Jospin en 1997 est le fruit d'un long fleuve tranquille.
00:32:04En 1993, il faut se souvenir où en était la gauche, quand même.
00:32:08Et en 1993, Lionel Jospin a disparu de la scène politique.
00:32:11Il a même demandé à Alain Juppé, qui a dû s'en mordre les doigts ensuite,
00:32:15d'être nommé ambassadeur de la France, de retrouver son corps d'origine
00:32:19qui était le Quai d'Orsay.
00:32:20– Ça lui avait été refusé.
00:32:21– Et ça lui a été refusé.
00:32:22Et Lionel Jospin, au congrès de Liévin en 1994,
00:32:25il dépose une petite contribution, tout seul, qui n'est donc pas soumise au vote.
00:32:30Et trois mois après le congrès de Liévin, il y a ce qui se passe et qu'il devient…
00:32:33– Alors que pardon, je vous interromps, le président de la République
00:32:34est en train d'arriver, Hugo Capelli, je vous donne la main.
00:32:38– Oui, effectivement, le président de la République est sur le point d'arriver
00:32:41ici du côté des Invalides, tous les invités qui évidemment l'attendent
00:32:46pour que cette cérémonie démarre.
00:32:48On a vu beaucoup d'anciens ministres de Lionel Jospin qui sont présents aujourd'hui,
00:32:54qui étaient dans son gouvernement, qui nous ont raconté les moments
00:32:57qu'ils ont vécu aux côtés de Lionel Jospin.
00:33:00Et donc ils sont en train de se lever en ce moment,
00:33:02puisque le président arrive dans quelques secondes.
00:33:09– Voilà, avec un programme très solennel et la discussion entre le président
00:33:15de la République et son Premier ministre Sébastien Lecornu.
00:33:19C'est Emmanuel Macron qui va bien sûr présider cette cérémonie.
00:33:23Et c'est lui qui va prononcer tout à l'heure l'éloge funèbre.
00:33:26On sait, Alexis Cuvillier, quels seront les maîtres mots de cette prise de parole du président ?
00:33:30– L'entourage du chef de l'État nous parle d'un discours où évidemment il y aura un hommage
00:33:36à la personnalité de Lionel Jospin, à la rigueur qu'il représentait,
00:33:40à la force de son engagement en politique.
00:33:42Et Emmanuel Macron devrait aussi revenir sur le bilan de son passage à Matignon
00:33:47avec notamment la réforme sociétale qui a beaucoup marqué…
00:33:52– C'est Sylviane Agazansky là qui va saluer en premier bien sûr la veuve.
00:33:56– Sylviane Agazansky, la veuve de Lionel Jospin.
00:33:58Et donc Emmanuel Macron devrait évoquer en effet le PAX qui est une réalisation sociétale majeure.
00:34:03– Eva Jospin ici, la fille de Lionel Jospin et a priori Hugo, son fils, à côté d'Eva.
00:34:12– Et on verra cette éloge funèbre dans les prochaines minutes.
00:34:15– Alors qu'on voit aussi également, on aperçoit Noël Châtelet, la sœur de Lionel Jospin,
00:34:21la famille qui est présente aux côtés de la famille politique lors de cet hommage national.
00:34:29Lionel Jospin, Sylviane Agazansky, c'est une figure évidemment connue aussi, Laurent Neumann, une philosophe.
00:34:35– Oui absolument, et c'est elle avec l'Elysée qui a organisé, orchestré l'hommage auquel on va assister
00:34:43et qui commence à l'instant avec sans doute l'entrée du cercueil.
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