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  • il y a 11 heures
François Bousquet s’explique sur cette «nouvelle France» qui émerge : «LFI est un dépôt de munitions et Jean-Luc Mélenchon est la mèche».

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Transcription
00:00Oui, manifestement, même si cette victoire est symbolique.
00:03Au niveau national, LFI et Mélenchon gagnent assez peu de villes.
00:08Mais ce sont quand même des places fortes de la gauche, des villes symboles, très très fortes.
00:12Et Mélenchon a l'art de transformer des défaites électorales en victoire.
00:15Rappelez-vous, élisez-moi Premier ministre.
00:17Donc on n'a parlé que de Roubaix, que de Creil, que de Vaud-en-Velin, que de Vénitieux,
00:21qui sont des zones qui sont très largement grand remplacées,
00:24ou en tout cas, les populations d'origine extra-européenne sont majoritaires.
00:27Et ça n'avait pas de traduction. Les administrés étaient extra-européens, mais pas les élus.
00:33Exception faite de Roubaix, et je pense que c'est une dernière.
00:37Dans sept ans, la majorité restera LFI.
00:40Mais oui, on assiste à un plébiscite de la ligne de Mélenchon, la Nouvelle-France,
00:43la racialisation, la montée aux extrêmes, la conflictualisation.
00:46C'est tout ce que Mélenchon défend depuis une dizaine d'années,
00:49c'est-à-dire une forme d'avant-guerre civile,
00:51comme le dit un auteur auquel Mathieu Bocoté et moi-même sommes très attachés,
00:54Éric Werner, auteur-philosophe suisse.
00:57Mélenchon travaille à ça, une sorte de France, de deux Frances,
01:01qui sont sur un dépôt de munitions, et lui, il tient la mèche,
01:04il est prêt, il est en train de l'allumer, parce qu'il fait le pari
01:07qu'il lui manque 600 000, 700 000 voix pour être au deuxième tour de l'élection présidentielle.
01:12Je ne pense pas, moi, que n'en déplaise aux commentateurs politiques,
01:16que ce soit un tel camouflé, les alliances LFI vers PS.
01:21D'abord, on en reparlera en 2027.
01:23Au nom de pas d'ennemis à gauche, il est très vraisemblable que la gauche se rallie
01:27comme un seul homme derrière Mélenchon, ce qui a été le cas en 2022.
01:30Et le pari, c'est d'arriver au deuxième tour.
01:32Il sait que sa France est minoritaire, au jour d'aujourd'hui, elle est minoritaire,
01:35sauf dans certains quartiers que vous évoquez,
01:37mais à moyen terme, sinon à long terme, elle est majoritaire,
01:40du moins si les courbes démographiques se prolongent et ne s'inversent pas.
01:44Quand Jean-Luc Mélenchon parle, on parlait tout à l'heure avec Mathieu aussi,
01:48des blancs tout moches, même s'il est revenu sur ses propos,
01:51et que des mers sortants sont chassés sous les huées, on l'a vu, les insultes à Creil, etc.
01:56Est-ce qu'on n'est pas face à un racisme anti-blanc assumé ?
01:59Est-ce qu'on peut encore nier qu'il existe dans certains territoires ?
02:02Est-ce que ce n'est pas une forme de racisme anti-blanc toléré, là ?
02:04Oui, globalement, le racisme anti-blanc est toléré, est accepté.
02:07Il est à la marge, il est puni par les magistrats, par les tribunaux, mais c'est très marginaux.
02:11Je pense qu'il n'y a pas eu dix condamnations en France pour racisme anti-blanc,
02:15alors que c'est un phénomène qui existe depuis un demi-siècle.
02:18Et ce qui arrive à des élus, c'est assez ironique,
02:20parce que par clientélisme, par paternalisme, par reine de soie qu'évoquait Mathieu Bocoté,
02:25ils ont fait le choix du tout migratoire, parce qu'ils étaient encore élus par ces gens-là.
02:30Aujourd'hui, ils sont grands remplacés, ils sont jetés, renvoyés sous les houes,
02:34ce n'est pas une haie d'honneur, c'est une haie de déshonneur,
02:37avec une forme de racisme anti-blanc.
02:39En gros, ce que les administrés blancs subissaient depuis dix ans, vingt ans,
02:43eux, le subissent depuis dimanche soir.
02:45C'est une découverte pour eux, c'est que le monde qu'ils avaient fantasmé,
02:48le délire multiculturel qu'ils avaient fantasmé,
02:51est en train de se transformer en délire, en folie multiguarrière, multiraciale.
02:58Donc oui, c'est une forme de racisme anti-blanc qui est en train de coloniser l'espace public.
03:02Pour moi, c'est le bruit de fond de la société.
03:04Simplement, ce bruit de fond, on ne le voit pas dans les médias centraux.
03:06Et là, tout d'un coup, on l'a vu, ça nous est arrivé au visage, on parle de vénitieux.
03:11Un papier dans le Figaro, il y a six mois, ça devrait nous interroger,
03:15les insultes, salle blanche, c'est monnaie courante ici à vénitieux.
03:19Moi, c'est ce que me disent tous les témoins que je rencontre depuis deux ans,
03:21c'est que ce sont des insultes aujourd'hui qui sont tolérées, qui sont normalisées.
03:25Pourquoi elles sont normalisées ? Parce qu'elles ne sont pas pénalisées.
03:28Ce qui n'est pas interdit est autorisé de fait.
03:30Et dès lors que vous plaignez de racisme anti-blanc, on vous reproche à votre tour d'être un raciste.
03:35C'est-à-dire qu'il y a des mécanismes d'inversion accusatoire dans lesquels Mélenchon est un expert
03:42qui se retourne contre le petit blanc qui...
03:45Pardonnez-moi, Josette, comment est-ce que vous pouvez expliquer le fait...
03:49On a vu, par exemple, si on parle...
03:50Comment est-ce qu'on en est venu à voter en fonction de la couleur de peau ?
03:53Et puis, comment est-ce que vous expliquez le cas, par exemple, d'Hélène Geoffroy, qui n'est pas blanche
03:58?
03:59Elle est noire, elle s'est fait expulser à Vaud-en-Velin, elle est anti-aise, elle a été PS
04:05pendant des années.
04:06Comment vous expliquez...
04:07Parce qu'elle ne correspond pas au schéma racialiste plébiscité par Mélenchon.
04:10On pourrait même...
04:11Elle pourrait pouvoir se pouvoir exposer au reproche d'être un bundi ou une bundi.
04:16C'est-à-dire qu'il y a des coefficients.
04:17Les Asiatiques, par exemple, sont vus comme des blancs.
04:20Certains noirs sont vus comme des blancs.
04:21Donc des traîtres, des traîtres à la race, des traîtres à la couleur de peau.
04:24Ça ne correspond plus du tout au schéma indigéniste, racialiste que veut imposer Mélenchon.
04:28Mélenchon se fixe, il a raison, sur l'islamo-gauchisme.
04:32Mais il y a parallèlement à ça un gaucho-racialisme.
04:34C'est qu'il se voit d'une part comme le grand mufti de Marseille ou de la Seine-Saint
04:38-Denis,
04:38mais il se voit aussi comme le négus.
04:40Il est entre l'un et l'autre.
04:42Le LFI et les Insoumis, c'est un fusil à deux coups.
04:46J'emploie un dessin, fusil.
04:47Parce que, vraiment, il joue avec le feu.
04:49C'est un dépôt de munitions et lui, c'est la mèche.
04:51Ce n'est vraiment pas un pompier pyromane, c'est un pyromane.
04:53Il joue avec le feu et il défend cette ligne-là parce qu'il veut l'imposer.
04:58Moi, je trouve évidemment qu'elle est dangereuse parce que je ne suis pas le seul à le dire.
05:04La hantise de la guerre civile, moi, je suis un lecteur de Montaigne.
05:07Tous les essais de Montaigne, c'est sur la guerre civile.
05:09C'est la guerre la plus atroce.
05:10Et Mélenchon oeuvre en ce moment.
05:13Il est en train d'accoucher à cette guerre civile.
05:16Mélenchon a beaucoup changé.
05:16Il a été mitterrandien, jospinien, il défend l'écriture inclusive.
05:19Il a tout défendu.
05:20Mais la matrice, c'est le trotskisme.
05:22C'est quoi le trotskisme ?
05:23C'est la guerre éternelle.
05:24C'est la révolution éternelle.
05:25La révolution permanente.
05:27Le chaos permanent.
05:29Oui, mais dans ce...
05:30Sous-titrage Société Radio-Canada
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