00:00Et c'est l'heure d'analyser ce qui se passe sur les réseaux sociaux.
00:02Manon, aujourd'hui vous nous parlez de la propagande iranienne, très active justement sur les réseaux.
00:06Bah oui, le pays est plongé dans un blackout quasi total depuis le 8 janvier.
00:10Des millions d'Iraniens sont coupés du monde et surtout d'informations essentielles sur la guerre qui perdure avec les
00:15Etats-Unis et Israël.
00:16Et pourtant, ça n'empêche pas le gouvernement de mener des campagnes de propagande sur les réseaux sociaux.
00:20Pour ça, plusieurs méthodes sont employées par les autorités iraniennes, à commencer par l'utilisation de l'intelligence artificielle.
00:27Comme Israël et comme les Etats-Unis, l'Iran utilise aussi cette technologie pour diffuser des opérations militaires soi-disant
00:33réussies.
00:34Il y a par exemple eu de fausses images d'un porte-avions américain détruit par des frappes iraniennes ou
00:39des dégâts qu'auraient fait des missiles iraniens en Israël.
00:42Mais elles sont diffusées par qui ces images ?
00:43Et bien justement, une étude très intéressante de l'université de Clemson en Caroline du Sud vient d'être publiée
00:48à ce sujet.
00:49Elle a analysé des centaines de contrôles sur X, aujourd'hui pro-iraniens, mais qui ne l'étaient pas du
00:55tout jusque-là.
00:56Par exemple, certains de ces comptes étaient entièrement consacrés à la politique écossaise ou irlandaise.
01:01Et au moment du conflit, ils se sont soudain mis à parler de la mort du guide suprême iranien ou
01:05à dénoncer la frappe meurtrière contre une école qui a fait plus de 175 morts.
01:10D'autres comptes se présentaient, eux, comme des comptes latino-américains et publiaient des contenus contre la politique migratoire de
01:16Donald Trump.
01:17Et bien pareil, ils sont maintenant devenus des relais pour diffuser de la propagande iranienne.
01:21Ils expliquent comment ce changement ?
01:22Selon l'étude, ce sont des comptes créés par les gardiens de la révolution islamique.
01:26Ils adoptent une stratégie qui se fait beaucoup sur les réseaux, établir des comptes dormants.
01:31Autrement dit, ils se construisent sur un temps long, ils parlent d'un sujet en particulier, ils attirent une audience,
01:36construisent une communauté
01:37et switchent quand ils ont besoin de lancer des campagnes de propagande à grande échelle.
01:42Une technique de plus en plus employée sur les réseaux, notamment par la Russie et par la Chine.
01:46L'objectif, polariser le débat, évidemment, propager des fausses informations et influencer l'opinion publique.
01:53Ce n'est pas la seule méthode employée par l'Iran.
01:55Sur le compte Instagram officiel du ministère des Affaires étrangères, on retrouve de plus en plus de vidéos générées par
02:01IA qui parodient des œuvres de pop culture pour parler de la guerre.
02:05Qu'est-ce qu'on y voit ?
02:06Il y a dix jours, par exemple, deux vidéos iraniennes sont devenues virales, elles reprennent l'esthétique des Legos, le
02:11jeu Lego.
02:12Elles montrent notamment Donald Trump et Benjamin Netanyahou qui déclenchent des frappes contre des civils.
02:17Avant une riposte iranienne présentée comme héroïque, une autre séquence montre carrément le retour de Ramenei après sa mort.
02:24Une méthode qui rappelle évidemment celle employée par les États-Unis et par Donald Trump.
02:29Sur le compte officiel de la Maison-Blanche, le gouvernement poste régulièrement des vidéos inspirées de Call of Duty, de
02:35Pokémon, de GTA, de Top Gun.
02:37C'est une gamification du conflit.
02:39Et il n'y a pas d'influenceurs iraniens qui prennent la parole ?
02:41Alors en Iran, non, c'est impossible vu le blackout.
02:43Mais il y a quand même des voix qui s'élèvent, notamment aux États-Unis où la diaspora iranienne compte
02:48plus de 750 000 personnes.
02:50Certains tiktokers tentent de produire des analyses sur la guerre comme Ariana Afshar, suivie par 300 000 personnes.
02:57D'autres créateurs soutiennent la guerre et il y en a aussi qui donnent des nouvelles de leur famille là
03:02-bas, le peu de nouvelles qu'ils arrivent à avoir.
03:03Mais ce n'est pas sans risque car selon les informations du Guardian, des Iraniens vivant à l'étranger affirment
03:09avoir reçu des appels ou des messages
03:10les menaçant de perdre leur nationalité ou de mettre leur famille en danger s'ils publient des contenus critiques envers
03:18le régime sur les réseaux sociaux.
03:20Le numérique devient donc une arme de plus en plus redoutable.
03:23Merci Manon pour cette très belle veille sanitaire.
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