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Germinal Peiro, Président du Conseil Départemental de la Dordogne, rend un vibrant hommage à Lionel Jospin, une figure marquante de la politique française dont la vie fut intimement liée à la Dordogne. Découvrez comment une rencontre décisive a conduit à une importante réforme des retraites agricoles, un combat mené avec détermination.

Revivez l'impact de Lionel Jospin, premier ministre au moment où Germinal Peiro faisait ses premiers pas en tant que député. L'homme d'État est salué pour sa rigueur, son honnêteté et ses avancées sociales, telles que les 35 heures et la réduction du chômage. Un engagement sincère pour le progrès du pays.



Plongez dans les souvenirs d'une collaboration politique intense, où la confiance et le respect mutuel ont permis des réalisations majeures. La création du régime complémentaire pour les retraites agricoles, loi Perrault de 2002, témoigne d'une volonté d'équité et de reconnaissance du travail des agriculteurs.

Germinal Peiro partage également sa vision sur les récents résultats électoraux à Périgueux, soulignant l'importance de la démocratie et le bilan des élus sortants. Un regard lucide sur les dynamiques politiques locales et nationales.

#LionelJospin #Dordogne #Politique#RéformeAgricole

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Transcription
00:00On reçoit ce matin le président du conseil départemental de la Dordogne
00:03qui répond à vos questions, Thibaut Delmarle.
00:05Bonjour Germinal Perrault.
00:06Bonjour.
00:07Lionel Jospin est mort dimanche.
00:09Vous l'a entendu ce matin, son histoire est liée à la Dordogne
00:11avec la tempête de 99.
00:13Il était venu aussi lié à votre histoire, votre histoire de député.
00:18Il est venu ici en Dordogne pendant votre campagne
00:21et ensuite il vous a demandé cette réforme de la retraite agricole.
00:27Exactement. Lionel Jospin est venu suite à la dissolution hasardeuse,
00:32encore une, de 1997 qui avait été inspirée par De Villepin.
00:39Il est venu faire campagne pour le Parti Socialiste.
00:42Il était allé à Bordeaux. Il est venu au centre des expositions de Marsac.
00:46J'avais organisé avec lui une rencontre avec Maurice Bouilloux
00:50qui à l'époque était le leader, un leader très puissant, des retraités agricoles.
00:55À un moment où dans les années 90, un mouvement national est né
01:00et il faisait des réunions à plus de 10 000 ou même 14 000 personnes.
01:04Je lui avais demandé de rencontrer Maurice Bouilloux
01:05qui avait pu expliquer les problèmes et qui réclamait 75% du SMIC
01:09pour les chefs d'exploitation.
01:11Lionel Jospin l'a écouté et il lui a fait un courrier.
01:14Il lui a dit, voilà, si je deviens Premier ministre, j'accorderai,
01:17on ira vers les 75% du SMIC pour les chefs d'exploitation.
01:21Ayant cotisé 40 ans, à l'époque, les agriculteurs cotisaient 37 ans et demi.
01:25Bref, il est devenu Premier ministre.
01:28Moi, il se trouve que je suis devenu député en même temps que Michel Lasseux,
01:32René Dutin et Michel Suchot en juin 1997.
01:36Il m'a demandé un rapport sur les retraites agricoles
01:39et à la première page du rapport, j'ai mis son courrier.
01:42Vous s'étiez engagé.
01:43Oui, oui, je lui ai mis son engagement sous le nez, d'une certaine façon.
01:47Il a tenu bon, il a engagé un plan quinquennal de revalorisation.
01:50Mais on est arrivé, au bout du plan, au 50% qui est la retraite de base des salariés.
01:57Et là, il y avait un problème puisqu'il n'y avait pas de retraite complémentaire dans le régime agricole.
02:01Et il m'a demandé de préparer une proposition de loi
02:04pour créer un régime complémentaire en agriculture.
02:07C'est ce que j'ai fait.
02:08J'en suis très fier.
02:09C'est la loi Perrault de 2002.
02:12Et on est arrivé les derniers
02:14puisque les commerçants l'avaient fait en 1974
02:17et les artisans en 1976.
02:19Quel souvenir vous gardez de Lionel Jospin comme homme que vous avez rencontré,
02:23celui qui vous a soutenu, celui que vous avez peut-être revu récemment ?
02:26Alors, je l'ai connu en tant que militant socialiste.
02:29Il a été premier secrétaire national du PS après 1981.
02:33Il avait donc participé à la victoire de François Mitterrand.
02:36Mais je l'ai surtout connu pendant 5 ans
02:38où j'ai été député.
02:39Mon premier mandat, j'ai fait 4 mandats députés,
02:41mais le premier mandat, de 1997 à 2002,
02:45il était premier ministre.
02:46Donc je le voyais là toutes les semaines.
02:49Ce que je retiendrai surtout, c'est sa rigueur en vérité,
02:52son honnêteté et sa rigueur.
02:55Parce qu'il a voulu faire des avancées sociales pendant son mandat.
03:00On a connu les 35 heures,
03:02on a connu les emplois jeunes,
03:03on a conduit l'aide aux personnes âgées dépendantes.
03:06Il a créé le PAX pendant ses 5 ans.
03:09Il a été rigoureux, surtout sur le plan économique.
03:12On l'oublie, mais on a réduit la dette
03:14pendant les 5 années de Jospin.
03:16Et surtout, le chômage est passé de 3 millions à 2 millions.
03:20Moi, j'étais nouveau député, plus jeune,
03:23et on avait l'impression de marcher sur l'eau.
03:25D'inauguration en inauguration,
03:27les choses s'amélioraient pour notre pays.
03:29Malheureusement, ça s'est mal fini,
03:31puisque en 2002,
03:34il n'a pas été au deuxième tour
03:36du fait de l'éparpillement de la gauche.
03:39Et Jacques Chirac s'est retrouvé face à Jean-Marie Le Pen.
03:43Et brutalement, sa carrière s'arrête le 21 avril.
03:46Vous savez, je crois que c'est à la fois sa rigueur et son honnêteté.
03:49Il a considéré qu'il était désavoué,
03:51et qu'il ne pouvait plus mener le bateau.
03:54Sa femme avait dit, d'ailleurs,
03:55mon mari est conséquent.
03:56Et il en a tiré les conséquences le soir même.
03:59Il a dit, j'abandonne la vie politique,
04:01parce que pour lui, c'était un échec terrible.
04:03A titre personnel, mais l'échec, c'était surtout
04:05que Jean-Marie Le Pen soit au deuxième tour de la présidentielle.
04:07Et bien entendu, on a voté Jacques Chirac.
04:09Lionel Jospin qui est mort le jour du deuxième tour
04:11des élections municipales.
04:13Ici, en Dordogne,
04:15notamment à Périgueux,
04:17le Parti Socialiste a perdu.
04:19La mairie, c'était quelque chose
04:21auquel vous vous attendiez ?
04:22Écoutez, on savait que les choses seraient difficiles.
04:25Il faut d'abord rappeler que le Parti Socialiste
04:27avec Delphine Labaisse a gagné
04:29la dernière fois, il y a six ans,
04:31à à peu près 40%.
04:32Il a gagné sur une triangulaire.
04:35Aujourd'hui, cette fois-ci,
04:37il n'y avait pas de triangulaire,
04:38c'était un face-à-face.
04:40Et les électeurs de droite
04:42avaient le choix de rassemblement
04:44entre Antoine Audi et Michel Cadet.
04:46Donc, on n'était pas dans la même configuration.
04:49Ce que je regrette, c'est que,
04:51sincèrement,
04:52ce n'est pas parce que ce sont des amis,
04:53mais je crois que le mandat
04:55de Delphine Labaisse et d'Emeric Lavitola
04:58restera dans l'histoire de Périgueux.
04:59Il suffit de voir la rue Taillefer,
05:01la place de la Côte.
05:02Il suffit de voir le grand sade de Périgueux.
05:05Ce sont des grands projets qui resteront
05:07et qui, je crois, montrent qu'on avait
05:09à la tête de Périgueux
05:10des gens sérieux, appliqués, honnêtes.
05:12Mais la démocratie, c'est ça.
05:14C'est le choix des Périgueux.
05:15Est-ce que, comme de nombreux maires,
05:17Émeric Lavitola a payé ce dégagisme
05:21de fin de mandat,
05:23comme ça a été le cas dans d'autres communes ?
05:25On pense à Trelissac.
05:27Je ne sais pas si on peut comparer les choses,
05:30mais en tout cas, c'est vrai
05:31qu'il y a un mouvement de dégagisme
05:33que l'on a senti,
05:34et on ne le sentait pas aussi fort
05:36au cours des dernières sélections municipales.
05:38Vous savez, on dit toujours
05:39que le maire, c'est l'élu préféré des Français.
05:43Mais là, franchement,
05:44on a attribué aussi au maire
05:46des compétences qui ne sont pas les siennes.
05:48On a beaucoup parlé des déchets, par exemple.
05:50Je regrette, mais le SMD3,
05:52ce n'est pas la ville de Périgueux,
05:54ce n'est pas la ville de Tréhysac.
05:55Il y a des problèmes qui dépassent
05:59les fermetures de classe, par exemple.
06:01Ce n'est pas eux qui les décident.
06:02La vie des hôpitaux, c'est l'État qui le décide.
06:04Ce n'est pas forcément la commune.
06:05Mais je crois qu'il y a une confusion
06:07entre les compétences aujourd'hui.
06:09Et c'est vrai que l'esprit de dégagisme
06:11a joué en Dordogne comme ailleurs.
06:13À Sarla aussi, où Basile Fahni
06:15a très largement gagné
06:17face à celle qui devait succéder,
06:19qui a été désignée en tout cas
06:20pour succéder à Jean-Jacques de Peretti,
06:21maire depuis 37 ans.
06:22Oui, là aussi, il y a une forme
06:24d'injustice, mais il faut l'accepter.
06:27Et Basile Fahni, je crois,
06:29a remporté une victoire tout à fait personnelle.
06:31Il ne faut pas oublier qu'il y a 6 ans,
06:33il était à 130 ou 140 voix
06:34derrière Jean-Jacques de Peretti.
06:36Et il n'a pas lâché le terrain.
06:38Il a fait une campagne de terrain
06:39pendant 6 ans.
06:39Il a un bon contact.
06:40Et donc, cette victoire,
06:42elle est personnelle.
06:42Elle n'est pas forcément politique.
06:45Mais il n'empêche que Fabien de Lagoubi,
06:49par exemple, a payé la suite et le dégagisme,
06:52puisqu'elle est apparue aux yeux de tous,
06:54d'ailleurs,
06:55comme la continuité de Jean-Jacques de Peretti.
06:58Et les gens voulaient tourner la page
07:00et voulaient changer.
07:00Merci d'avoir été avec nous ce matin.
07:02Germinal Perrault,
07:03vous êtes le président
07:04du conseil départemental de la Dordogne
07:06pour revenir sur le décès de Lionel Jospin
07:09et donc le résultat
07:10de ces élections municipales en Dordogne.
07:12Merci d'avoir été avec nous ce matin.
07:12Je vous en prie, avec plaisir.
07:14On vous retrouve cette interview
07:15sur ici.fr.
07:16Il est 7h53.
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