00:00Il y a certaines pépites qui changent complètement les règles du jeu et Baldur's Gate 3 en fait partie.
00:04C'est le meilleur jeu de 2023, un carton critique et public avec une liberté presque totale et sa narration
00:09qui a mis tout le monde d'accord.
00:11Et donc tous les nouveaux jeux de rôle sont scrutés de très près.
00:14Solasta 2, développé par le studio français Tactical Adventures, arrive justement dans ce contexte.
00:19Et la question est simple, est-ce que c'est le digne successeur de Baldur's Gate 3 ou est-ce
00:22que c'est juste un bon élève condamné à rester dans l'ombre d'un monstre sacré du jeu vidéo
00:27?
00:27Et on va voir ensemble ce qu'il a dans le ventre.
00:33Solasta 2 est sorti en accès anticipé le 12 mars 2026 et ce qu'on a testé c'est une
00:37version en construction, pas un produit fini.
00:40Cet early access devrait durer environ un an avec du contenu ajouté progressivement et pas mal d'ajustements.
00:44Donc oui, il y a certaines limites qui sont normales à ce stade.
00:47Ça reste important de juger le jeu pour ce qu'il est aujourd'hui, pas pour ce qu'il promet
00:51d'être demain.
00:52Et dans sa version actuelle, Solasta 2 donne déjà une bonne idée de ses ambitions, de ses forces, mais aussi
00:57de ses faiblesses.
01:02Le jeu part sur une histoire totalement indépendante du premier épisode, pas besoin d'avoir joué au précédent.
01:08On incarne 4 héritiers de la famille Corwall qui retournent sur leur terre pour assister à des funérailles.
01:14Mais tout dérape très vite, résurrection ratée, intervention divine, téléportation vers un nouveau continent et une menace obscure tapie dans
01:21l'ombre.
01:21C'est classique sur le papier, mais c'est efficace.
01:25Au début, on ne comprend pas forcément tout, et c'est clairement voulu.
01:28Le jeu prend son temps, installe ses mystères et on se laisse porter par cette sensation d'être un peu
01:33perdu.
01:33C'est typique des récits de fantasy, ça fonctionne plutôt bien.
01:36Par contre, on ne va pas se mentir, le prologue manque un peu de souffle.
01:39On sent que c'est un tutoriel déguisé.
01:41C'est nécessaire, mais ce n'est pas très marquant.
01:43Heureusement, ça ne dure pas.
01:44Une fois lancé, le récit gagne en intensité et commence à aller vers quelque chose de bien plus grand,
01:49avec des enjeux presque apocalyptiques.
01:51Il y a du potentiel, notamment dans les personnages.
01:54Certains nous ont déjà intrigués, surtout du côté des antagonistes,
01:57et on a l'impression que l'histoire nous réserve bien des surprises.
02:00On a aussi aimé le travail sur le doublage.
02:02Tout est en anglais, mais entièrement sous-titré en français, et les voix sont convaincantes.
02:06Les personnages ont une vraie présence, ne sont pas juste là à dérouler des lignes de dialogue.
02:09On n'est pas au niveau de mise en scène de Baldur's Gate 3,
02:11mais il y a une vraie volonté de raconter quelque chose et de faire vivre le récit.
02:15Ça se ressent.
02:20Baldur's Gate 3 s'appuie à fond sur le lore officiel de Donjons et Dragons.
02:24Solasta 2, lui, il utilise uniquement les règles, sans reprendre l'univers,
02:29parce qu'il n'a pas les droits de l'univers.
02:30Et donc, finalement, on a trouvé ça plutôt rafraîchissant.
02:33Ça permet au jeu de créer son propre monde,
02:35sans être limité par des années de background que tout le monde ne maîtrise pas.
02:39On découvre le continent de Néocos, avec ses villes, ses forêts, ses ruines et ses secrets.
02:44L'exploration passe par une carte du monde ponctuée d'événements racontés en voix off.
02:48C'est d'une certaine manière le maître du jeu.
02:51Et ça, on a aimé.
02:52Pendant les trajets, il peut se passer plein de choses.
02:54Des rencontres, des embuscades, des petites histoires.
02:57Ça donne une sensation de voyage, ça renforce l'immersion.
03:00Certaines quêtes nous ont marquées.
03:01On pense à une dans un temple avec un puzzle basé sur des artefacts et un système d'énergie runique.
03:07On ne va pas en dire plus pour ne pas ruiner l'effet de surprise.
03:09Ah, ruine, ruiner, vous l'avez.
03:11C'est rien de très compliqué, mais l'ambiance était réussie.
03:13Globalement, le jeu encourage la curiosité.
03:16Explorer, fouiller, sortir des sentiers battus, ça paye.
03:19Et ça, c'est exactement ce qu'on attend d'un jeu de rôle.
03:21Côté visuel, Solasta 2 surprend dans le bon sens.
03:24Le jeu est découpé en zone semi-ouverte, ce qui permet de soigner les environnements.
03:28Et ça se voit.
03:28On a eu plusieurs moments où on s'est juste arrêté pour regarder le décor.
03:32Le camp d'Etat-Mèche au coucher de soleil, avec cette lumière orangée.
03:35Ou la ville de Kaermar, pleine de vie.
03:38Ce sont des endroits qui marquent les esprits.
03:41Les personnages sont très bien modélisés et animés avec soin.
03:44Et ça participe à faire du continent de Neocos un monde crédible et vivant.
03:48Solasta 2 s'en sort très bien et propose quelque chose de solide.
03:51Côté technique, on a rencontré quelques bugs.
03:54Rien de bloquant.
03:55Des petits soucis ici et là, déjà identifiés pour certains.
03:58Mais globalement, l'expérience est stable.
04:00Par contre, il faut une machine correcte pour en profiter pleinement.
04:03Sinon, il faudra faire quelques concessions.
04:07Solasta 2 est extrêmement fidèle à Donjons et Dragons 5ème édition.
04:12On l'a dit, pas sur l'histoire, mais sur les règles.
04:14Les jets de dés, la gestion des statistiques, les classes, les compétences, tout est là.
04:18On a l'impression de jouer une partie du jeu de rôle sur table.
04:20Et ça, on a aimé.
04:21Par contre, il est trop dirigiste et il offre peu de liberté en comparaison d'Abaldur's Gate 3.
04:26Qui lui, permet de tout faire, ou presque.
04:28Non, ici, on suit un scénario précis et ça laisse peu de place à l'improvisation.
04:33On l'a ressenti très tôt, notamment avec certains choix qui n'en sont pas vraiment.
04:37Dire non à une déesse, c'est pas une option en fait.
04:40L'illusion du choix peut être frustrante.
04:43On a aussi essayé de sortir du cadre, de faire des choses un peu absurdes, comme attaquer des passants.
04:48C'est impossible.
04:49Le jeu nous remet rapidement dans le droit chemin.
04:51C'est un peu comme un maître du jeu qui refuse de laisser sa campagne partir dans tous les sens.
04:56Il y en a qui vont peut-être apprécier, mais il y en a d'autres qui seront frustrés.
04:59Nous, on n'est plus partagé.
05:00On comprend la volonté de raconter une histoire, mais on aurait bien aimé un peu plus de liberté.
05:05La création de perso, c'est un gros point fort.
05:07On ne va pas créer un héros, mais un groupe de 4 personnages.
05:10Et les options sont nombreuses.
05:11On peut passer un temps fou à personnaliser chaque détail, l'apparence, les statistiques.
05:16Rien que sur le premier personnage, on a facilement passé une heure à tester différentes configurations.
05:21Et puis bon, pour ceux qui veulent aller plus vite, il y a un système automatisé qui fait tout ça
05:24très bien.
05:24La gestion des personnages est agréable par la suite.
05:27L'interface est claire, elle est lisible.
05:29On trouve rapidement ce qu'on cherche.
05:30On a aimé cette simplicité dans un système qui est pourtant très riche.
05:33En revanche, côté équipement, c'est plus limité.
05:36On a assez peu changé d'armes ou d'équipement pendant notre partie.
05:39C'est pas catastrophique, mais ça se ressent.
05:41Les combats sont clairement l'un des piliers du jeu.
05:44Tout se fait au tour par tour, avec une dimension très tactique.
05:47Positionnement, synergie, gestion des sorts, tout est important.
05:51Chaque affrontement demande un minimum de réflexion et on a apprécié cette exigence.
05:55Cela dit, les premières heures ne sont pas particulièrement difficiles.
05:57Faut surtout éviter les erreurs de placement, parce qu'un personnage mal positionné peut vite prendre cher.
06:02Dans l'ensemble, les combats restent accessibles tout en étant suffisamment profonds pour satisfaire les amateurs de stratégie.
06:07Et évidemment, comme dans toute partie de Donjons et Dragons qui se respectent,
06:10à la fin, celui qui a raison, c'est le D20.
06:16Le vrai problème aujourd'hui, c'est la quantité de contenu.
06:18L'Orly Access propose moins de 10 heures de jeu.
06:20C'est assez court pour un jeu de rôle.
06:22On a accès à la première partie de l'acte 1 et les possibilités pour créer son groupe sont limitées.
06:27Concrètement, on peut choisir entre 6 classes et 4 origines.
06:30De quoi proposer des combinaisons intéressantes, mais on perçoit déjà les limites sur la durée.
06:34La progression est aussi bloquée au niveau 4, ce qui stoppe net la montée en puissance des personnages.
06:39Ça donne un goût de trop peu, surtout quand on commence à bien comprendre les mécaniques et qu'on a
06:43envie d'aller plus loin.
06:44Mais il y a beaucoup de choses prévues pour la suite.
06:46Du multijoueur coopératif en ligne, des nouvelles classes, des nouvelles origines, plus de zones, plus de quêtes, plus de monstres.
06:51Et surtout une version finale qui devrait étendre la progression jusqu'au niveau 10 et conclure l'histoire principale.
06:57Le potentiel est là, c'est évident, mais aujourd'hui on reste sur notre fin.
07:01Sur l'asta 2, c'est un jeu qui pose de bonnes bases, mais qui n'a pas encore atteint
07:05son plein potentiel.
07:06Si on le compare à Baldur's Gate 3, il n'est pas dans la même catégorie en termes de liberté
07:09et de narration.
07:10Mais il propose autre chose, une expérience plus cadrée et plus fidèle aux règles de donjons et dragons.
07:15Et ça, on a aimé.
07:17On a aussi aimé son univers original, ses combats et son système de création de personnages.
07:21On est moins fan de son côté trop dirigiste et du manque d'impact de nos choix sur l'aventure.
07:25Et puis sa durée de vie en l'état pour une early access.
07:28Mais malgré ses défauts, on sent un projet porté par des passionnés.
07:32Solasta 2, c'est pas encore un grand jeu de rôle, mais il pourrait le devenir avec le temps.
07:36Si vous aimez les jeux tactiques et l'univers de donjons et dragons, c'est clairement un titre à surveiller
07:40de près et même à soutenir.
07:42Et c'est pour toutes ces raisons que nous lui attribuons la note de 14 sur 20.
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