- il y a 2 jours
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00:02...
00:09Annonce de baisse de budget du ministère du Travail,
00:12coup de drabeau sur le CPF ou l'apprentissage,
00:14ou encore des annonces de nouvelles négociations sur les contrats courts.
00:18La dernière année du mandat d'Emmanuel Macron s'annonce sous des auspices un peu compliqués.
00:23On peut se demander d'ailleurs s'il va pouvoir, avec ses équipes, faire grand-chose sur le sujet du
00:27travail.
00:28Et surtout, on peut se demander, dans un an, quel bilan on fera de dix années passées à la tête
00:33de l'État sur ces sujets,
00:35où il avait promis notamment du plein emploi, il avait promis plus de dynamisme.
00:40On va en parler avec mes invités. Véronique Reilsaud, bonjour.
00:43Bonjour.
00:43Présidente de Backbone et spécialiste de la mesure d'opinion en ligne.
00:49Ça va nous aider, je pense, aujourd'hui, parce qu'on est sur un sujet où il y a beaucoup
00:52de subjectivité.
00:53Patrice Huiband, président de Nouvel Essor Français, merci d'être là.
00:58Et Emmanuel Barbara, avocate en droit social, trois habitués de l'émission.
01:02Je vais commencer avec vous, Emmanuel, parce qu'on a eu ces annonces, qui n'étaient pas une surprise,
01:08baisse du budget du ministère du Travail, qui n'est pas le seul ministère impacté,
01:12à un an de la fin du second mandat d'Emmanuel Macron.
01:16Comment il faut percevoir ça comme un petit peu un début de clap de fin,
01:20un petit peu comme le déstockage avant la fermeture du magasin ?
01:23C'est que là, il ne va plus se passer grand-chose en termes de politique emploi,
01:28en tout cas jusqu'aux présidentielles ?
01:30Disons que la situation présente n'est rien moins que la traduction de ce qui avait donné lieu
01:37à plusieurs tentatives budgétaires successives,
01:39qui d'ailleurs étaient encore plus saignantes, si je puis dire,
01:42que l'on sait que de manière générale, s'agissant du budget,
01:46la partie, on va dire, sociale, pour prendre large,
01:50et la plus conséquente est celle qui se trouvait dans une forme de progression géométrique
01:54pour d'autres raisons simplement que les éléments que vous citez.
01:57Donc il est probable que cette disette adossée à des idées et des intuitions,
02:04qui étaient bonnes, constituent, j'allais dire, la preuve de manque de manœuvre,
02:12enfin de marge de manœuvre à la disposition de l'État,
02:15et donc le système devient plus sobre et se traduit forcément par des coupes budgétaires
02:22dans des secteurs qui sont très sensibles,
02:23vous l'avez rappelé rapidement, mais quand même l'apprentissage
02:26qui était un sujet d'enorgueillissement il y a quelque temps
02:29sur la politique de remise au travail et de la jeunesse,
02:33le CPF, on a pu en parler, la rupture conventionnelle, en passant,
02:39et les futures autres négociations, notamment sur le CDD.
02:43Donc tout ça montre qu'on est rentré dans quelque chose de plus sobre.
02:48Comment vous la voyez, vous, cette dernière année,
02:50jusqu'à la présidentielle 2027, on est face à une majorité,
02:55si on peut encore appeler ça une majorité présidentielle,
02:57qui en fait ne pourra plus du tout faire ce qu'elle avait l'intention de faire
03:01il y a encore 4 ans, ou même 10 ans, si on prend l'histoire du tout début,
03:05c'est que là en fait, pendant un an, il ne peut plus rien se passer,
03:08ou alors c'est du côté des partenaires sociaux éventuellement
03:11qu'il peut y avoir des choses.
03:12Sur la dynamique de négociations, éventuellement même paritaires,
03:18mais au sein des entreprises aussi, il peut se passer des choses,
03:20et donc là forcément c'est...
03:21Notamment sur les discussions autour des CDD actuellement.
03:24Absolument, mais ça il s'agit donc de négociations paritaires interprofessionnelles,
03:29mais il y a aussi la dynamique tout court des entreprises,
03:31qui pourraient aussi, comment dirais-je, utiliser le droit qu'elles ont,
03:34de bâtir le droit, leur droit, avec leurs partenaires sociaux,
03:38ou en accord d'entreprise tout court, ça c'est important.
03:42Et puis plus généralement, s'agissant de l'État et de mon secteur,
03:45si je puis dire, on l'attend sur une grande loi future,
03:48sur la transparence des salaires tirés de la directive.
03:51Voilà les travaux qui sont à l'œuvre dans l'économie.
03:53Ce sera le jour du signe, c'est ça ?
03:54Donc en juin, enfin plutôt fin d'année d'ailleurs.
03:56C'est fin d'année maintenant.
03:57Voilà, oui, donc il n'y a pas beaucoup de marge de manœuvre,
04:00et on doit faire déjà ce qu'on a dit qu'on ferait.
04:03Patrice Huiband, quand on regarde tout ce qui se dit,
04:07tous les gens qui s'expriment sur la politique gouvernementale en matière d'emploi,
04:12on a l'impression qu'il n'y a plus beaucoup de monde,
04:14à part dans le camp présidentiel, pour dire du bien,
04:17ou en tout cas pour être aussi dithyrambique qu'il y a neuf ans,
04:21aujourd'hui, qui peut encore se satisfaire,
04:23et encore, entre guillemets, satisfait de ce qui a été fait depuis neuf ans ?
04:28Disons que oui, le bilan se ternit, devient de plus en plus négatif,
04:33avec un certain nombre de mesures prises en 2017,
04:36qui aujourd'hui montrent des résultats, je dirais, relativement mitigés.
04:40Mais au-delà de ça, le péché originel du macronisme,
04:42c'est de penser qu'en lâchant un petit peu la bride sur le cou de nos entreprises,
04:45et en limitant les prélèvants obligatoires,
04:48qu'avec la croissance et les rentrées fiscales,
04:50ça allait lui permettre de s'abstenir de réformer l'État au sens large,
04:54État, collectivité, sécurité sociale.
04:56Or, on voit aujourd'hui que si on ne réforme pas l'État,
04:58l'État est obèse,
04:59l'État, je dirais,
05:01en plus de le pouvoir d'achat des salariés,
05:03entre ce que verse l'employeur, ce que touche en aide le salarié,
05:06les marges de nos petites et moyennes entreprises qui ne peuvent pas optimiser,
05:10comme les grands groupes,
05:11et puis même les agents publics sur le terrain, si vous voulez.
05:13On est champion du monde de la dépense publique,
05:14on a deux fois moins de magistrats, par exemple,
05:16pour 100 000 habitants que la moyenne européenne.
05:19Et donc, voilà, on arrive, finalement,
05:21le taux de prélèvement obligatoire n'a pas diminué,
05:22donc l'IS a diminué,
05:24mais les impôts de production n'ont pas beaucoup diminué,
05:26le versement transport, qu'on appelle maintenant versement mobilité,
05:29a tendance à augmenter.
05:31Donc, finalement, tant qu'on ne réforme pas l'État,
05:32c'est une équation à somme nulle.
05:34Et ça, ça ne se réformera pas en une année,
05:37je pense que là, c'est trop tard pour son double mandat.
05:39Par contre, il y a quelque chose qui va peut-être rester,
05:41Véronique Reissout, je me tourne vers vous,
05:43c'est l'image qu'il va laisser,
05:45parce que quand on prend tout son parcours
05:47à la tête de l'État et ses politiques en ploi,
05:50ça a commencé, donc on y reviendra,
05:52les ordonnances Macron, le barème Macron,
05:54au prud'homme qui a changé.
05:56Il y a eu d'autres mesures qui semblaient quand même plus favorables,
05:59en tout cas, qui allaient plus favoriser les employeurs
06:02par rapport aux salariés,
06:03je pense aux durées d'indemnisation pour l'emploi,
06:06enfin, France Travail maintenant,
06:08qui baissent.
06:09Sur les réseaux sociaux,
06:11j'imagine un peu la réponse de la part des salariés,
06:13mais il est perçu comment, Emmanuel Macron ?
06:16Quelqu'un qui a cassé le droit du travail ou pas ?
06:18Si on se dit que la visibilité est un signe d'inquiétude,
06:22en tout cas sur le sujet de l'emploi,
06:23on va dire qu'au début du premier quinquennat,
06:26l'emploi était une vraie préoccupation,
06:28il y avait des volumes assez importants,
06:30il y avait beaucoup de gens qui se posaient des questions,
06:31que ce soit les employeurs ou les employés,
06:34et puis petit à petit, ça a diminué,
06:35voire même, ça n'était plus une préoccupation,
06:38dans les sondages et dans l'ensemble des enquêtes d'opinion
06:40qu'il peut y avoir,
06:41ou d'observation de l'expression de l'opinion,
06:44dans le fond, l'emploi n'était plus fondamentalement
06:47un sujet d'inquiétude,
06:49c'était plus cristallisé sur deux catégories,
06:51qui étaient les jeunes et les seniors,
06:52mais globalement, l'emploi n'était pas un sujet
06:56de grande inquiétude,
06:57même si c'est une préoccupation au quotidien.
06:59Et puis, ce qu'on peut constater,
07:01c'est qu'il y avait aussi, depuis deux ans,
07:04une montée d'une inquiétude qui n'est pas liée au gouvernement,
07:07qui est l'arrivée de l'intelligence artificielle,
07:11et les inquiétudes qu'il peut y avoir...
07:12Des menaces sur l'emploi.
07:13Voilà, des menaces sur l'emploi.
07:14Donc, on voit bien que c'était quelque chose
07:15qui, dans le fond, avait fini par se décorréler
07:17de la réalité d'un gouvernement,
07:19mais plus d'un sujet de fond sur les jeunes,
07:21leur place, l'emploi des seniors,
07:24lié, bien sûr, au sujet des retraites.
07:26Donc, quelque chose qui s'était un peu éloigné.
07:28Le pouvoir d'achat aussi, je pense, lié aussi au salaire.
07:30Le pouvoir d'achat, bien sûr,
07:31mais il n'est pas forcément toujours lié à l'emploi.
07:33Enfin, il ne l'était pas à ce moment-là.
07:35C'est plus le logement qui est un sujet.
07:36Et puis, depuis un an, on voit que ça remonte.
07:39Ça remonte beaucoup plus fortement.
07:40C'est un sujet d'inquiétude beaucoup plus important.
07:43On voit que les volumes recommencent à être importants.
07:46Bien sûr, on parle toujours des seniors et des jeunes,
07:48en particulier de l'apprentissage,
07:49et on pourra y revenir.
07:50Mais ça devient quelque chose de plus récurrent
07:53sur l'ensemble de la population,
07:54avec beaucoup de questions sur la précarité,
07:57les types d'emplois, en disant,
07:58oui, il y a emploi, mais ce n'est pas toujours
08:00des emplois si rémunérateurs et si pérennes.
08:03Beaucoup, beaucoup de questions sur le manque de visibilité
08:05et l'impression que les choses fluctuent.
08:07Et là, de nouveau, comme il y a au début du quinquennat,
08:10se rejoignent les employés et les employeurs.
08:13Dans le fond, le sentiment que tout ça est un peu flou.
08:15Donc, peut-être une réforme de l'État est-elle nécessaire,
08:18mais ce n'est pas forcément ça qu'ils voient.
08:20Ils se disent, ils aimeraient bien avoir le sentiment
08:22qu'on ait une vision un peu plus claire
08:25et que l'instabilité, cette fois-ci,
08:27ça rejoint le sujet du gouvernement,
08:28qui est l'instabilité politique,
08:30est parfois vue comme la cause
08:33de tous les problèmes,
08:36donc celui-ci, évidemment.
08:37Donc, on comprend bien que ce n'est pas forcément perçu
08:39comme la faute d'un homme
08:41ou d'un gouvernement d'une équipe.
08:42Ça sera peut-être à terme,
08:43mais pour le moment, ce n'est pas forcément perçu.
08:44Malgré tout, si on fait un pré-bilan,
08:48Emmanuel Barbara,
08:49qu'est-ce qui restera de tout ce que
08:51la Macronie a essayé de mettre en place
08:53en termes de politique-emploi ?
08:55Qu'est-ce qui va pouvoir rester après 2027 ?
08:59Qu'est-ce qui est pérenne ?
09:01Alors, pérenne avec les soubresauts
09:03qu'on vient d'indiquer.
09:05C'est cette idée qui, je crois,
09:07est très juste
09:08et qui s'est traduite au départ
09:10par une loi de 2018
09:12sur la maîtrise des carrières professionnelles
09:14et la volonté de pouvoir donner
09:17les moyens aux personnes
09:18de pouvoir agir sur la dite carrière professionnelle
09:21désormais fractionnée,
09:22puisqu'on a intégré, dans le fond,
09:24l'idée que le new normal,
09:26c'est l'incertitude et l'instabilité.
09:28Ça, je pense que c'est bien acquis.
09:29De pouvoir se former toute sa carrière.
09:31Voilà.
09:31C'est-à-dire qu'on avait posé comme principe
09:34que le carburant du siècle
09:36était la formation tout le temps.
09:39Je ne veux pas dire continue
09:40parce que c'est un mot qu'on a échappé
09:41Mais à chaque étape de la carrière,
09:43jusqu'à la gare,
09:43on ne tient plus de mots.
09:44Donc, voilà.
09:45La formation tout le temps
09:46et la prise en main
09:48et donc l'outil qui avait été inventé
09:51qui, en plus, épouse les contours du siècle,
09:54c'est-à-dire qui épouse l'individualisation à l'œuvre.
09:56Et c'est les dix dernières années.
09:58C'est la traduction de cette poussée extrêmement forte
10:00de ce qu'individu veut dire.
10:02D'une part, en raison des réseaux sociaux,
10:05de l'Internet.
10:07Enfin, je veux parler des choses modernes.
10:08Je vous parle de votre outil, là.
10:10Voilà.
10:10À sortie de l'idée
10:12que je peux customiser toute ma vie
10:14depuis la consommation au travail.
10:15Eh bien, dans ce cadre-là,
10:17la formation au travers d'un compte personnel,
10:20et c'est cette idée
10:20d'individualisation extrême des droits
10:23et de la portabilité des droits,
10:25je pense que ce sont deux intuitions
10:27qui seront, à mon avis,
10:29une sorte de testament
10:33de l'approche qui était celle de...
10:35L'intuition, comme vous l'avez dit,
10:36c'est l'intuition qu'il faut, en fait,
10:38augmenter les personnes
10:39face à l'instabilité du monde
10:42et plutôt qu'en effet de se tourner
10:44vers cette idée de la flexibilité
10:47ou la sécurisation de l'emploi,
10:49c'est la sécurisation de l'individu.
10:50Le problème, c'est qu'il faut avoir les moyens
10:52et pour ça, probablement,
10:54réformer la protection dévolue
10:56par notre État social
10:57qui, lui, s'appelle un État-providence
10:59au bout du rouleau
11:00et cet État-providence, aujourd'hui,
11:01n'est plus capable d'assurer le produit
11:03qu'il assurait au XXe siècle,
11:05même finissant,
11:06au motif qu'aujourd'hui,
11:07l'équation se pose autrement
11:08et donc pose des nouveaux rapports de force
11:12et des nouveaux souhaits,
11:13et des nouvelles nécessités,
11:14des nouvelles protections,
11:15en quelque sorte,
11:15qui ne sont pas les mêmes que les anciennes.
11:16Bref, tout ça pour dire
11:17que cette intuition est juste,
11:20que la poursuite de l'individualisation
11:21au travers de comptes personnels
11:23et d'une portabilité des droits,
11:25de tous les droits,
11:26d'un statut à un autre,
11:27d'un emploi à un autre,
11:28est probablement le fil rouge,
11:30finalement, des années
11:30que nous allons connaître
11:32et de cela,
11:33il faut l'avoir remercié,
11:35d'y avoir pensé,
11:36de l'avoir mis en place.
11:37Mais évidemment,
11:38ce n'est pas parfait,
11:40ça ne fonctionne pas bien,
11:41notamment à l'aune d'aujourd'hui.
11:43Pas très suivant sur le...
11:44Là, on parlait du CPF,
11:45pour parler concrètement.
11:47Et Marie-Lise Léon,
11:48donc de la CFDT,
11:50avait critiqué les coûts de rabot,
11:52les réajustements,
11:53en critiquant le principe
11:55d'une réflexion budgétaire
11:57sur ce sujet-là,
11:59de la formation.
12:00Mais dans le contexte actuel,
12:02notamment le contexte international,
12:04aussi,
12:04qui impacte beaucoup
12:05ce qui se passe en France,
12:06est-ce que le président,
12:09son ministre,
12:10ses équipes,
12:10avaient d'autres options
12:12que réfléchir de manière budgétaire ?
12:15Plus particulièrement,
12:16par exemple,
12:16sur le CPF,
12:17mais on pourrait parler aussi
12:17d'autres sujets emploi.
12:19Tout à fait.
12:20Alors, je scouterai
12:20avec ce qui a été dit.
12:21C'est vrai que la réforme
12:22de la formation professionnelle,
12:23qui n'est pas,
12:25comment dire,
12:25à mettre uniquement au crédit
12:26d'Emmanuel Macron,
12:27c'est la réforme de 2014,
12:29sous François Hollande,
12:30mais c'est vrai que
12:31la simplicité d'utilisation
12:33avec mon compte formation,
12:34etc.,
12:35a vraiment fortement
12:37augmenté le recours
12:38à la formation.
12:39Donc, rappelons-nous
12:40ce qu'était la formation professionnelle
12:42avant 2014.
12:43C'est-à-dire que c'était
12:44à la main de l'employeur
12:44et là,
12:45on a multiplié...
12:47C'est-à-dire,
12:48l'avantage déjà
12:48de responsabiliser les gens.
12:50Voilà,
12:51on responsabilise les actifs.
12:52Alors, après,
12:53je ne suis pas adepte
12:53du coup de rabot,
12:54néanmoins,
12:55il y avait quand même
12:55un peu d'effet d'aubaine
12:56quand on voit,
12:57je dirais,
12:57sans critères au départ,
12:59le financement
13:00du permis de conduire,
13:01on peut se poser des questions.
13:02Sachant que l'ambition
13:03de cette réforme,
13:05c'est à la fois
13:05de responsabiliser les actifs,
13:07mais aussi d'éviter
13:08de financer des formations,
13:10on va dire,
13:11un peu barocques,
13:12parfois,
13:12avec des critères de qualité.
13:14Voilà,
13:14il y a quand même
13:15des variantes,
13:16c'est-à-dire qu'un demandeur
13:17d'emploi,
13:17je crois,
13:18peut encore financer
13:19en grande partie
13:20son permis de conduire.
13:21parce qu'il y a eu
13:22des ajustements
13:22et je pense qu'on peut,
13:23alors plutôt que faire
13:24le coup de rabot,
13:25c'est un peu ce qu'avaient
13:26proposé les organisations
13:29restes à charge
13:29si la formation
13:30que vous sollicitez
13:31n'est pas validée
13:32par votre employeur.
13:33Ça paraît de bonne alloi
13:34qu'il y ait un restes à charge,
13:35peut-être pas très très important,
13:37mais pour,
13:37une fois de plus,
13:39responsabiliser les acteurs
13:41et donc,
13:41en l'occurrence,
13:41les actifs.
13:42Même si le reste à charge
13:44150 euros
13:44pour certains actifs,
13:45c'est une énorme somme.
13:47Oui,
13:47alors après,
13:48on reste à décider
13:49du montant
13:50de ce reste à charge.
13:51parce que des tiers
13:52peuvent aussi compléter
13:53un financement de formation.
13:55Véronique Reilsoute,
13:56là,
13:56il y a des négociations
13:57qui sont ouvertes
13:58et pas forcément
13:58très facilement
13:59entre les partenaires sociaux
14:00sur les contrats courts
14:02parce qu'il y avait eu
14:03une volonté
14:03de moins faire recourir
14:06les entreprises,
14:07enfin,
14:07en tout cas,
14:07de les inciter
14:08à moins recourir
14:08aux contrats courts,
14:10favoriser le CDI.
14:11Il y a Antoine Fouché
14:12dans une interview récente
14:13qui dit oui,
14:13mais en fait,
14:14les contrats courts,
14:14ce n'est pas que les entreprises
14:15qui les plébiscitent,
14:16c'est aussi certains salariés,
14:19sur les indicateurs qu'on a.
14:21Qu'est-ce que les salariés disent,
14:22qu'est-ce que les actifs disent
14:23sur cette manière
14:25d'organiser leur carrière
14:26et de ne plus forcément
14:27vouloir d'un CDI
14:28et de se dire
14:29enchaîner des missions courtes,
14:30ce n'est pas si mal.
14:31Après,
14:32les grands professionnels
14:33du sujet de l'emploi
14:34me contrediront sans doute pas
14:37quand on dit emploi,
14:38il y a emploi avec un S,
14:40c'est-à-dire que vous avez
14:41des réalités très,
14:42très différentes
14:42selon les typologies de travail,
14:44les âges.
14:45Niveau de qualification.
14:47C'est vraiment très variable.
14:48Donc, évidemment,
14:49on a un poncif
14:50qui est de dire
14:51les jeunes n'aiment pas
14:52s'engager,
14:53ils sont en l'intention.
14:54Ce n'est pas si vrai
14:54que ça non plus,
14:55c'est une réalité,
14:56ça dépend du type de travail,
14:59ça dépend de la pénibilité,
15:00ça dépend de la complexité
15:01du secteur dans lequel vous êtes.
15:03Bien sûr,
15:03quand vous êtes dans un secteur
15:04où il y a le plein d'emploi
15:06ou en tout cas,
15:07il y a énormément d'offres.
15:08C'est quand vous maîtrisez
15:09votre retour à l'emploi.
15:10Exactement.
15:11Donc, en fait,
15:11c'est plus un sujet
15:12à chaque fois lié
15:14à la visibilité
15:15que vous pouvez avoir
15:15sur votre carrière.
15:16Donc, un contrat court,
15:18si vous avez le sentiment
15:19que quoi qu'il arrive,
15:20vous trouverez facilement
15:21du travail derrière,
15:22voire même vous pourrez
15:22renégocier un peu mieux
15:24sur le contrat suivant.
15:25Donc, on négocie facilement
15:26sur la retour conventionnelle.
15:27Exactement.
15:28Alors que, évidemment,
15:29il y a des emplois
15:30qui sont beaucoup plus compliqués
15:31et ça n'est pas que lié à l'âge.
15:33Il y a des secteurs
15:33qui sont plus bouchés,
15:34il y a des secteurs
15:35où ça demande une adaptation
15:36et une formation.
15:37on ne va pas utiliser le terme
15:39« user jusqu'à la corde »
15:40mais on va dire
15:40une adaptation constante.
15:42Et bien là, évidemment,
15:44les sujets de contrat court
15:45sont un peu plus compliqués
15:46parce que vous aimeriez
15:47que votre employeur vous accompagne,
15:48vous aimeriez une évolution
15:50de votre poste
15:51et puis je reviens
15:52sur le sujet de l'IA
15:52qui est quand même récurrent
15:53dans les angoisses
15:54que les uns et les autres
15:55peuvent avoir.
15:56Et puis ensuite,
15:57il y a le sujet
15:58de la qualité des formations aussi.
16:00Beaucoup se retrouvent
16:01face à quelque chose
16:02qui est « ok, admettons
16:03que j'ai des moyens,
16:04que j'ai un employeur
16:04qui me l'offre
16:05ou que j'ai des subventions,
16:06quelle est la bonne formation,
16:07où est-ce qu'il faut que j'aille ? »
16:09Il y a des surpromesses
16:09parfois un peu compliquées.
16:11Chez les organismes
16:11de formation aussi.
16:12Oui, et on va dire
16:14que quand je dis
16:15surpromesses un peu compliquées,
16:16c'est pour rester bien élevés.
16:17Et donc, vous avez des employés
16:19qui souvent sont extrêmement démunis.
16:20Donc, on ramène ça
16:21à la durée d'un contrat
16:22et à la typologie d'un contrat.
16:24En fait, c'est des chemins de vie,
16:25des parcours d'emploi
16:27qui sont de plus en plus compliqués.
16:28Et une volonté
16:29pour ceux qui le peuvent
16:30de maîtriser aussi
16:31son temps passé à travailler
16:32ou à faire autre chose.
16:33Alors, on a beaucoup parlé
16:36du travail, des contrats.
16:37Et on n'a peut-être pas pensé
16:39à certains sujets
16:40qui sont un petit peu externes,
16:41les bons de commande
16:42des entreprises.
16:43Il y a une semaine,
16:44Olivier Luanzi du CNAM
16:45en fait, nous parlait
16:46de la commande publique.
16:48Et je vous propose
16:49d'écouter ce qu'il disait.
16:50Et l'une des premières clés,
16:52encore une fois,
16:53pour réindustrialiser,
16:54on peut aider des entreprises,
16:55c'est bien,
16:56on peut accompagner des formations,
16:57on ne le fait pas assez,
16:58mais il faut des commandes.
16:59On ne produit pas pour produire,
17:01on produit pour vendre.
17:02Et quand on a une commande publique
17:04comme celle de la France,
17:05où on a à peu près 60%
17:07dans la commande publique
17:08de biens
17:09qui sont des biens importés,
17:11que l'Italie et l'Allemagne
17:12qui sont nos voisins,
17:13qui ont les mêmes directives
17:14européennes que notre,
17:15eux y sont à 40%.
17:17la différence,
17:18c'est 15 milliards d'euros
17:20pour les entreprises françaises.
17:22C'est dans la situation actuelle
17:2315 milliards de commandes
17:25supplémentaires
17:25qui nous tendent les bras.
17:27Patrice,
17:28je vais me tourner vers vous
17:29parce que je pense
17:29que ça, c'est un sujet
17:30qui vous plaît.
17:30Mais l'évaluation
17:32de l'argent,
17:34de la somme,
17:34ça, c'est propre
17:35à Olivier Luancy.
17:36Malgré tout,
17:37quand on pense aux économies
17:38qui vont être générées
17:40par les coûts de rabot actuels,
17:41on tourne à 2-3 milliards
17:43annuels,
17:44dans le meilleur des cas,
17:44lui parle de 15 milliards d'euros
17:47qui pourraient rentrer
17:48dans les caisses
17:48des entreprises
17:49si on fait un petit effort
17:50pour favoriser
17:51des entreprises françaises
17:52sur certains produits
17:54de la commande publique.
17:55Est-ce que vous y croyez ?
17:57Surtout,
17:57comment on peut
17:57mettre ça en place ?
17:59Parce que ça ne se décrète pas
18:00du jour au lendemain,
18:00d'avoir 20% de produits français
18:03en plus dans la commande publique.
18:04Il faut qu'on arrête
18:06d'avoir une logique comptable
18:07au niveau de la commande publique,
18:08sachant qu'on va vouloir
18:10toujours regarder
18:10le moins dix ans.
18:11Et le coût facial.
18:12Voilà, le coût facial.
18:14Effectivement,
18:14on peut faire quelques économies
18:15à court terme,
18:16mais après,
18:16c'est toute la machine économique
18:18française qui n'est pas valorisée
18:19et toutes les externalités positives
18:21qu'il y a derrière
18:22en termes de croissance,
18:23en termes d'emploi,
18:24en termes de pouvoir d'achat.
18:25Donc je pense que
18:25le patriotisme économique,
18:27en tout cas,
18:28à rapport qualité prééquivalent
18:29de privilégier
18:31des entreprises françaises,
18:33oui, c'est vertueux.
18:34Il y a peut-être
18:35un surcoût
18:36de 10-15% au départ,
18:37mais ce qui va largement,
18:39d'une logique keynésienne,
18:40se retrouver à la fin
18:41dans les comptes
18:42de la nation.
18:43Et sachant que,
18:43alors on va me dire,
18:44oui,
18:44il y a les règles de l'OMC,
18:45l'Organisation Mondiale du Commerce,
18:46les règles de l'Union Européenne.
18:47Mais c'est l'exemple
18:48de l'Italie et de l'Allemagne.
18:48Voilà, exactement.
18:49Donc tout le monde sait
18:50qu'avec la commande publique,
18:51en mettant les bons critères,
18:52on peut faire à peu près
18:53ce qu'on veut.
18:53J'aurais bien reposé une question
18:55à Emmanuel et à Véronique,
18:57mais on manque de temps
18:57puisque c'est l'heure
18:58de rendre l'antenne.
18:59Merci beaucoup
19:00de m'avoir accompagné
19:00sur un sujet
19:01qui en fait risque
19:02de nous occuper encore.
19:04Malgré tout,
19:04il reste un an,
19:05mais il peut se passer
19:06quand même quelques petites choses
19:07quand même
19:07dans la politique emploi
19:09du gouvernement.
19:10On en reparlera peut-être
19:11dans quelques mois.
19:13Merci à Émilie
19:14qui était en régie,
19:15qui m'accompagnait,
19:16qui me parlait
19:16de mes timings dans l'oreillette.
19:17Merci à Pierre-Loup
19:18à la réalisation
19:18et à Paul Hausson.
19:20Le taulier Arnoardouin
19:21sera là en fin de semaine,
19:22donc n'oubliez pas
19:23de revenir vendredi
19:24pour le retrouver
19:24dans SmartJob
19:25et d'ici là,
19:25continuez de regarder
19:26nos programmes.
19:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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