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  • il y a 1 jour
Les électeurs sont de nouveaux appelés aux urnes ce dimanche dans 108 communes du Nord et du Pas-de-Calais pour le second tour des élections municipales. Tristan Haute, maître de conférences à l'université de Lille, répond aux questions d'ici Nord.

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Transcription
00:00Il est 7h42 et ce matin on prend un peu d'avance sur la soirée électorale de dimanche ce soir
00:05à 48h du second tour des élections municipales.
00:08Quelles sont les forces en présence ? Qu'est-ce que le premier tour nous a appris ?
00:12Nous sommes en direct avec le politologue Tristan Haute, maître de conférence à l'université de Lille.
00:18Bonjour Tristan Haute. Bonjour.
00:19Le second tour dimanche ce sera dans 108 communes du Nord et du Pas-de-Calais, dans toutes les autres,
00:24soit environ 1400 villes et villages.
00:26Les maires ont été élus dès le premier tour, c'est toujours le cas où on a très peu de
00:30second tour cette année.
00:31C'est vrai qu'on rapporte 108 communes à toutes les communes du Nord et Pas-de-Calais, ça ne
00:35paraît pas beaucoup ?
00:36Alors ça ne paraît pas beaucoup, c'est quand même très très souvent le cas.
00:40On connaît finalement un taux d'élection dès le premier tour qui est similaire à 2020,
00:47alors qui est un peu plus élevé qu'en 2014, c'est vrai, lié à une réduction du nombre de
00:52listes dans de très très nombreuses communes.
00:54Il y avait une ou deux listes en liste seulement, et puis il y a des communes où il y
00:58avait même trois ou quatre listes, voire plus,
00:59où l'élection a été jouée dès le premier tour.
01:02Et il y a eu depuis le premier tour, en plus dimanche, des alliances, des fusions, des désistements.
01:06Il y a des choses qui vous ont étonné dans les différentes annonces qui ont été faites, des alliances auxquelles
01:11vous ne vous attendiez pas ?
01:12Alors ce qui est surprenant, c'est une forme de déconnexion entre ce qui peut se passer au niveau communal
01:19et ce qui peut se passer au niveau national. En réalité, ces alliances, elles sont vraiment à géométrie variable.
01:25Vous avez parfois, par exemple, des fusions, des fusions entre listes de droite ou du centre, ou entre listes de
01:32gauche.
01:32À gauche, par exemple, à Douai, à Sommin.
01:34Mais parfois, ces fusions, elles sont partielles, entre seulement certaines composantes de la gauche.
01:40Lille et Villeneuve d'Asque sont des bons exemples.
01:42Et puis, parfois, vous n'avez pas du tout de fusion.
01:44C'est le cas à Tourcoing, à Roubaix.
01:47Et parfois, vous avez aussi, ça c'est peut-être un élément qu'on voit peut-être plus désormais que
01:53aux précédents des élections,
01:54des désistements avec consigne de vote ou même sans consigne de vote.
01:58C'est-à-dire des candidats qui étaient en mesure de maintenir leur liste au second tour,
02:01mais qui finalement se retirent après pourtant avoir réalisé 13-15%.
02:06C'est le cas notamment à Alliévin ou à Valenciennes.
02:09Et pourquoi se retire-t-on sans donner de consigne de vote ?
02:11Parce qu'on est sûr de ne pas être élu et donc ça ne sert à rien de faire ça
02:13un second tour ?
02:14Parce qu'on est sûr de ne pas être élu et parce qu'il y a peut-être une mise
02:18en danger de certaines majorités municipales
02:22avec lesquelles on est en profond désaccord, mais face à d'autres listes d'opposition.
02:28Et notamment dans des communes où il y a un danger de conquête par le Rassemblement National,
02:33il y a peut-être des candidats qui, sans vouloir finalement s'affilier à la liste opposée au Rassemblement National,
02:41ne veulent pas finalement risquer d'être considérés comme responsables du basculement de la commune aux mains du RRN.
02:46On va parler du Rassemblement National dans un instant, mais une alliance a beaucoup fait parler cette semaine,
02:50celle à Lille entre les socialistes et les écologistes, alliance critiquée par la France insoumise.
02:55Est-ce qu'elle a quelque chose d'exceptionnel, cette alliance ?
02:58A la fois, elle n'est pas nécessairement exceptionnelle parce qu'il y a un passé d'alliance entre les
03:04écologistes et les socialistes,
03:05finalement jusqu'en 2020, une alliance en mairie.
03:11Elle est exceptionnelle par contre parce que depuis 2020, il y a une opposition très nette entre écologistes et socialistes,
03:19et les écologistes en 2020 et surtout en 2026 ont fait campagne autour de la thématique de l'alternance,
03:25et c'est en ça que cette alliance, elle est considérée comme surprenante.
03:29Finalement, au regard des positionnements nationaux des partis, ce n'est pas si surprenant.
03:32Au regard de la campagne locale des municipales à Lille, c'est extrêmement surprenant.
03:37Ici, il est 7h46, nous sommes en direct avec le politologue Tristan Haute, maître de conférence à l'université de
03:42Lille.
03:43Tristan Haute, Jean-Luc Mélenchon était hier à Lille en meeting,
03:46il a affirmé que la France insoumise avait davantage progressé au premier tour que le Rassemblement National.
03:51Est-ce que c'est vrai ?
03:52Alors, c'est vrai dans les grandes villes parce qu'elles partaient de plus bas.
03:57C'est aussi vrai parce qu'en termes de nombre de listes de la France insoumise présentes,
04:01il y en avait beaucoup plus qu'en 2020, aussi parce que la stratégie en 2020 avait été plutôt d
04:06'enjamber les élections.
04:07Alors que le Rassemblement National, au moins depuis 2014 et même auparavant,
04:11était engagé dans une stratégie d'implantation locale par ces candidats lors des élections municipales.
04:21Le Rennes qui a gagné 5 communes dimanche dernier dans le bassin minier,
04:25ça veut dire que c'est une implantation qui se précise de plus en plus.
04:28Est-ce qu'il pourrait en gagner d'autres ce week-end ?
04:30Oui, le Rennes pourrait gagner des nouvelles communes.
04:33Alors on pense à Courcel-les-Lances, Wani où il est en tête, peut-être Billy Montigny aussi,
04:40et puis peut-être des villes un peu plus grandes où le scrutin est encore plus incertain,
04:46Douai, Liévin notamment.
04:49Et en effet, le Rennes se met en position, comme au niveau national, pour prendre des grandes villes.
04:54On avait vu qu'au premier tour, les grandes villes lui avaient plutôt échappé.
04:57Lens était clairement un objectif qui lui a échappé au premier tour.
05:01Mais on voit qu'il y a encore des objectifs,
05:03et qui sont notamment rassemblés vraiment autour d'Énim-Beaumont et de Bruy-la-Bussière.
05:08On voit que l'implantation du Rassemblement National s'étend autour des communes déjà conquises en 2014 et en 2020.
05:14Vous avez cité Douai ainsi que Liévin.
05:17Il y a d'autres communes qu'il va falloir suivre ce dimanche,
05:20des villes où le scrutin est particulièrement incertain.
05:21Alors, outre Lille, le scrutin est assez incertain à Villeneuve-Dasque,
05:27où on a une cadre angulaire avec une fusion entre les deux tours de certaines listes de gauche.
05:34Et donc, ce sera vraiment très très incertain.
05:37Voilà, on a des villes où c'est quand même aussi beaucoup plus certain.
05:41C'est-à-dire que des villes où, comme à Tourcoing ou à Roubaix,
05:44la liste arrivée en tête est arrivée avec plus de 45% des voix,
05:48avec quasiment aucune fusion entre les deux tours.
05:51Voilà, c'est quand même beaucoup plus certain pour ces élus qui sont arrivés largement en tête du premier tour.
05:58Et Valenciennes, on n'a pas parlé, qui est une des grosses villes de la région,
06:01pareil, où il y aura une triangulaire.
06:02Ce week-end, Laurent Degallet est-il en difficulté ?
06:04Alors, il est en difficulté dans la mesure où ce qui va jouer,
06:09c'est le report des voix des listes qui se sont désistées
06:11ou qui n'ont pas été qualifiées pour le second tour,
06:14qui sont a priori des listes d'hiver droite, plutôt que la CA droite.
06:18Donc sur le papier, Laurent Degallet qui fait face à la gauche et au RN a toutes ses chances,
06:23mais ce sont des anciens membres de sa majorité
06:25ou des anciens opposants qui ont été assez durs finalement
06:29avec Laurent Degallet et notamment dans un contexte judiciaire assez pesant à Valenciennes.
06:35Dès lors, la question c'est, est-ce que ces électeurs vont aller voter ?
06:38Peut-être certains pour le Rassemblement National, peut-être d'autres pour l'Union de la Gauche.
06:42Ce sera tout l'enjeu de dimanche.
06:44Les reports de vote ne sont pas forcément automatiques.
06:46On ne peut pas additionner les voix comme ça.
06:48Toujours des électeurs sont libres de leur choix, bien évidemment.
06:50Et pour suivre ce second tour des élections municipales, je le précise,
06:53Sinor vous proposera de nouveau dimanche soir une soirée électorale à partir de 19h30.
06:58Et vous serez des nôtres Tristan Haute, politologue, maître de conférence à l'Université Lille.
07:02Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation ce matin.
07:05Et puis on vous dit à dimanche alors.
07:06À dimanche.
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