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  • il y a 2 jours
Plusieurs syndicats de l'Education nationale appellent à manifester ce mercredi à Arras et à Lille contre les plus de 400 suppressions de postes prévus à la rentrée 2026 dans l'académie de Lille. Catherine Piecuch, coordinatrice de la FSU pour le Nord-Pas-de-Calais, répond aux questions d'ici Nord.

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Transcription
00:00Bonjour Catherine Piecuch, vous êtes professeure en collège, coordinatrice de la FSU pour l'Académie de Lille
00:05qui couvre les deux départements du Nord et du Pas-de-Calais, 412 postes supprimés, 412 emplois supprimés à la
00:11rentrée
00:11pour nos deux départements, c'est ce qu'a acté le ministère de l'Éducation nationale, c'est définitif ?
00:15Ou est-ce que des négociations sont encore possibles dans les prochains jours ?
00:18Écoutez, on sait très bien que le rectorat garde des postes sous le coude, comme on dit,
00:24et les mobilisations comme celles d'aujourd'hui, comme celles qui ont lieu dans beaucoup d'établissements scolaires
00:27cette semaine et encore les semaines de la rentrée, puisque dans les collèges et les lycées,
00:32les conseils d'administration sont en cours, et les établissements, les collègues,
00:37espèrent, avec les parents d'élèves, obtenir des audiences pour récupérer des moyens supplémentaires
00:41pour améliorer la situation dans leurs établissements, et surtout faire face, effectivement,
00:46à cette destruction du service public à laquelle on est en train de faire face, justement.
00:50Pour le moment, ce qui est acté, 412 emplois supprimés à la rentrée,
00:53ce sont en fait 245 postes supprimés dans le premier degré, 167 dans le second degré,
00:58c'est-à-dire au collège et au lycée. Qu'est-ce que cela signifie ?
01:00Un poste supprimé dans l'éducation nationale, parce qu'il n'y a pas de licenciement d'enseignants,
01:05comment cela se traduit ?
01:06Alors, ce sont des emplois, c'est-à-dire qu'en poste, ça peut faire encore plus
01:10qu'effectivement que ces 400 et quelques postes, qui sont actuellement comptabilisés.
01:17Dans les écoles, c'est simple, un enseignant, ça correspond à une classe,
01:22donc ça veut dire une fermeture de classe. Et nous, pour le Nord-Réal-Pas-de-Calais,
01:25on craint avoir plus de 600 fermetures de classes qui seront connues
01:28après les élections municipales à la fin du mois de mars.
01:31Et dans le second degré, ça peut se traduire par à la fois
01:34quelqu'un qui perd son emploi dans l'établissement où il travaille,
01:38mais aussi plusieurs personnes qui peuvent être en service partagé,
01:40ce qui va avoir des conséquences aussi pour le travail des élèves,
01:43pour la réussite des élèves, puisqu'il y aura des effectifs
01:46beaucoup plus chargés dans les classes, et puis des personnels qui sont
01:49en service partagé sur deux ou trois établissements,
01:52peuvent moins bien au quotidien s'investir dans les différents projets
01:55qui se font aussi partie du suivi des élèves.
01:57Et ces suppressions d'emplois sont uniquement des enseignants,
02:00parce que vous dites fermeture de classe, ça se traduit par ça concrètement,
02:03ou est-ce qu'il y a d'autres aussi personnels de l'éducation nationale ?
02:06Le massif, c'est effectivement les personnels enseignants.
02:10L'académie tient le triste record de la suppression des emplois
02:14dans le premier et second degré sur l'ensemble de la France,
02:17mais il y a également une suppression d'emplois en CPE,
02:21et il y a également cinq suppressions d'emplois administratifs,
02:24et à côté de cela, il faut bien noter qu'il n'y a pas de création d'emplois
02:27en personnel infirmier ou assistant sociaux,
02:29alors que tous les clignotants de l'académie dans ces domaines-là
02:32sont aussi au rouge cramoisi.
02:347h45, ce n'est-il d'ici matin, nous sommes en direct avec Catherine Piécuche,
02:38coordinatrice de la FSU du Nord-Pas-de-Calais.
02:40Catherine Piécuche, la rectrice de l'académie de l'île, Sophie Béjean,
02:43était à votre place mardi dernier.
02:45Son argument à elle, c'est celui de l'éducation nationale,
02:47c'est-à-dire que l'académie a perdu 55 000 élèves en cinq ans,
02:51il y en aura encore 10 000 de moins à la prochaine rentrée,
02:53à la rentrée de 2026.
02:54Elle dit aussi que comparativement,
02:56les suppressions d'emplois sont moins importantes que la baisse du nombre d'élèves.
02:59Ce sont des arguments chaque année que les syndicats n'entendaient pas ces arguments-là.
03:05Pourquoi ?
03:06Non, parce que ça voudrait dire qu'on se contente d'accepter une situation
03:11qui est catastrophique et qui ne cesse de se dégrader.
03:13Tous les signes, je l'ai dit, sont au rouge dans l'académie.
03:16Taux de pauvreté 4 points au niveau de la moyenne nationale.
03:18Résultat aussi aux examens inférieurs à la moyenne nationale.
03:21Nombre d'enfants relevant de l'ASE ou en situation de handicap.
03:24Est-ce que le rectoire dit que les situations des deux départements
03:27ont été prises en compte dans le calcul de la classe scolaire ?
03:29Si je donne tous ces critères-là, ça veut dire que tous ces éléments-là
03:32ne sont pas pris en compte.
03:33On peut toujours dire qu'on a un petit peu pris en compte,
03:35mais on est loin du compte justement de ce qu'on devrait faire
03:39au niveau de l'État, au niveau du ministère et du rectorat
03:43pour prendre en compte toute la difficulté sociale et économique de l'académie
03:47et permettre à davantage d'élèves de réussir.
03:50Ici, on est vraiment à un point de rupture.
03:52Et pour nous, c'est vraiment un abandon de territoire entier.
03:55Les territoires, ce sont des enfants.
03:57Ce territoire, ce sont des familles qui sont abandonnées en termes éducatifs.
04:01Il y a quelque chose de très important pour la réussite scolaire des enfants,
04:04c'est le taux d'encadrement.
04:04Là aussi, l'éducation nationale, le rectorat disent que le taux d'encadrement
04:09de fait va s'améliorer si on regarde la moyenne,
04:13vu qu'encore une fois, le nombre de suppressions d'emplois
04:15est comparativement inférieur à la baisse du nombre d'élèves.
04:18Est-ce que le taux d'encadrement sera meilleur à la rentrée 2026 dans le Nord, dans le Pas-de
04:21-Calais ?
04:21Dans le second degré, non. Concrètement, on n'a pas une amélioration en collège et en lycée, non.
04:26Effectivement, on a des effectifs encore extrêmement chargés,
04:28y compris en éducation prioritaire, et on est loin des standards européens.
04:32Dans le premier degré, on a une amélioration, on ne peut pas les nier,
04:35mais encore une fois, c'est l'arme qui cache la forêt,
04:37puisque comme on est une académie largement défavorisée,
04:40on a beaucoup d'écoles en éducation prioritaire,
04:42avec des dédoublements qui font artificiellement baisser la moyenne.
04:46Or, éducation prioritaire, on est à 21,5, 22 élèves,
04:49de moyenne par classe, et pas du tout 19.
04:51Nous avons eu, il y a deux semaines, les chiffres bruts des suppressions d'emploi
04:55avec cette carte scolaire vont suivre les discussions, vous l'avez dit tout à l'heure,
04:57sur les fermetures et les ouvertures de classes.
04:59Il faut s'attendre à davantage de fermetures cette année,
05:02vu qu'encore une fois, le nombre de suppressions d'emploi annoncé est particulièrement élevé.
05:05Oui, alors comme je le disais tout à l'heure,
05:07effectivement, dans le premier degré, on craint 600 fermetures de classes,
05:10il y en a eu 300 l'année dernière, c'est-à-dire le double,
05:12alors qu'on est déjà à l'os.
05:14C'est comme si on déclenchait, cette année encore, un plan blanc,
05:17comme on le fait pour l'hôpital, pour l'éducation.
05:19Et donc, on voit bien avec cette image-là
05:21que la situation est vraiment catastrophique
05:24pour les élèves et les personnels de l'académie.
05:26Et sur ces fermetures de classes, vous avez cité tout à l'heure
05:27les élections municipales, est-ce que cela va jouer ?
05:29Est-ce que des maires vont mettre ça dans leur programme,
05:32à votre avis, se battre pour garder une classe au sein de leur commune ?
05:35On sait que c'est un argument politique, par exemple.
05:36Oui, bien sûr, c'est un enjeu, effectivement,
05:38puisque le maintien d'une classe,
05:40ou quelquefois la maintien d'une école,
05:42aussi dans une commune,
05:43c'est un élément important de cohésion sociale,
05:45et encore une fois, de réussite
05:47pour l'ensemble des enfants de la commune.
05:49Bien sûr, c'est un élément.
05:50C'est pour faire entendre toutes ces idées que vous manifestez,
05:52je dis vous, les syndicats, de manière générale,
05:54de l'éducation nationale,
05:56aujourd'hui, que ce soit devant le rectorat à Lille
05:58et devant l'inspection d'académie à Arras,
05:59c'est à 14h.
06:00Merci beaucoup, Catherine Piécuche,
06:02coordinatrice de la FSU du Nord,
06:03Pas-de-Calais, d'avoir accepté notre invitation
06:05ce matin sur ICI Nord.
06:05Bonne journée.
06:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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