- il y a 2 jours
Officiellement retirée de la vie politique depuis 2017, Marion Maréchal, 29 ans, se consacre aujourd’hui à l’école de sciences politiques qu’elle a lancée à Lyon à l’automne 2018. Pour Marion Maréchal, qui a accolé le nom de son grand-père au sien en 2010 avant de le retirer en 2018, la politique est un héritage, parfois compliqué à gérer. Elle a notamment vu dans son enfance les adultes du clan Le Pen se déchirer, ou encore assisté à l’éviction de Jean-Marie Le Pen du parti qu’il avait fondé en 1972. Un temps considérée comme héritière naturelle du parti, Marion Maréchal a finalement pris ses distances avec le chemin qu’on lui avait tracé. Mais pour combien de temps ? Cet épisode de Code source est raconté par Alexandre Sulzer et Olivier Beaumont, du service politique du Parisien, au micro de Clawdia Prolongeau. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Jeanne Boezec - Montage : Isabelle Field - Réalisation et mixage : Benoît Gillon - Musiques : François Clos pour Binge Audio - Identité graphique : Upian.
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NewsTranscription
00:00Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:13Depuis 50 ans, les Le Pen se sont imposés dans le paysage politique français.
00:18D'abord avec le père, Jean-Marie, qui crée le Front National en 1972.
00:22Puis avec la fille, Marine, qui prend la présidence du parti d'extrême droite en 2011
00:27avant de le rebaptiser Rassemblement National, 7 ans plus tard.
00:32Mais c'est aujourd'hui à la nièce que nous allons nous intéresser.
00:35Un temps considéré comme héritière naturelle du parti,
00:38Marion Maréchal a finalement pris ses distances avec le chemin qu'on lui avait tracé.
00:42Mais pour combien de temps ?
00:44Dans cet épisode de Code Source, Olivier Beaumont et Alexandre Sulzer,
00:48journalistes au service politique du Parisien,
00:50vont nous raconter la trajectoire de cette femme,
00:52qui a seulement 29 ans, est déjà retraitée de la politique.
01:02Marion Maréchal-Le Pen, elle mène sa première campagne électorale en 2010.
01:06Elle se présente donc pour la première fois à une élection,
01:08ce sont les régionales en Ile-de-France.
01:10Olivier Beaumont, c'est à ce moment qu'elle accole le nom de son grand-père haussien.
01:14En 2010, en effet, Marion Maréchal décide d'accoler le nom,
01:18le patronyme Le Pen à son nom parce qu'elle se lance en politique.
01:22C'est la première fois qu'on la découvre dans le paysage politique français.
01:26C'est dans le cadre des élections régionales en Ile-de-France.
01:28Et c'est à l'époque la tête de liste du FN en Ile-de-France,
01:31Marie-Christine Arnautu, qui lui propose d'être candidate sur la liste dans les Yvelines.
01:37Juste pour la petite anecdote, Marion Maréchal ajoute Le Pen quand elle entre en politique.
01:42Mais en fait, elle est née Marion Le Pen.
01:44Elle est devenue Maréchal uniquement à l'adoption par Samuel Maréchal.
01:48Mais finalement, elle retrouve son nom originel de naissance à ce moment-là.
01:54Cette première expérience, elle est parfois difficile pour elle.
01:57C'est une fille qui est très rigoureuse, qui est très sérieuse, qui est une grosse bosseuse.
02:00Tous ceux qui la connaissent le disent.
02:02Et elle va se mettre une pression très forte sur les épaules.
02:05Ceux qui l'ont connue à l'époque racontent qu'elle était présente quasiment tous les soirs
02:08au siège du Front National pour revoir un peu ses éléments de langage.
02:12Il y avait un fameux paperboard où elle faisait des tableaux,
02:15où elle mettait un peu les objectifs, les compétences de la région, etc.
02:19Et puis, elle était très présente, très assidue sur les marchés.
02:22Elle faisait du tractage et tout.
02:23Jusqu'au moment où elle va, en effet, craquer sur une question,
02:27somme toute, assez anodine.
02:28Ça se passe sur un marché, un dimanche midi.
02:30Et une journaliste l'interroge sur les compétences de la région.
02:35Et là, il y a un gros blanc.
02:38Excusez-moi, je réfléchis, je ne réfléchis pas, tout en tête.
02:42Le programme du FNJ ?
02:43Non, non, pas le programme du FNJ sur les actions sociales.
02:48Elle ne sait pas quoi répondre.
02:49Elle se réfugie derrière sa longue chevelure blonde.
02:52Elle bafouille, elle quitte le champ des caméras.
02:55Et elle reconnaîtra plus tard qu'elle a littéralement bugué
02:57et avec le sentiment d'être passée pour une bécasse,
02:59pour reprendre ses propres mots.
03:01Et cet épisode l'a beaucoup marqué.
03:03D'ailleurs, l'après-midi, quand elle rentre à Montre-Tout,
03:04elle pleure, elle est dans sa chambre et en se disant
03:07« plus jamais je me ferai avoir comme ça ».
03:09Le visage de Marion Maréchal, en fait, on l'avait déjà vu
03:11sur une affiche de campagne électorale en 1992.
03:15À ce moment-là, elle avait trois ans.
03:16Est-ce que vous pouvez nous raconter cet épisode ?
03:18C'est dans le cadre des élections régionales en 1992
03:20en Provence-Alpes-Côte d'Azur.
03:22Jean-Marie Le Pen est tête de liste.
03:24Et en effet, il y a besoin de faire un slogan, une affiche, pardon.
03:27Ça se fait un petit peu par hasard, cette affiche.
03:29Jean-Marie Le Pen voulait s'afficher avec un enfant ou une enfant.
03:33Et quelque part, Marion était là à ce moment-là.
03:35Elle est jeune, en effet, elle a deux ans et demi.
03:37Et il la prend dans ses bras et elle pose sur cette photo.
03:40Quand elle voit cette affiche aujourd'hui,
03:41elle n'a aucun souvenir de cette photo.
03:43Et d'ailleurs, elle le dit, mais c'est bizarre.
03:44Dessus, on voit que je fais la mou, que je boude et tout.
03:47Et voilà, c'est un peu le hasard.
03:49Et cette affiche avec ce slogan,
03:51« la sécurité première des priorités pour les Français »,
03:54ça donne le ton aussi de ce qu'elle sera aussi plus tard
03:57et en tout cas de son combat politique, de son engagement.
03:59Et cette affiche, quand elle sera élue députée à Carpentras,
04:03elle la mettra dans sa permanence.
04:09Marion Maréchal, comme son nom l'indique,
04:11elle ne porte pas celui de son grand-père.
04:13Qui est son père ?
04:15Son père, qui n'est pas son père biologique, en effet,
04:17c'est Samuel Maréchal, fils de pasteur,
04:19qui a regrandi dans la région nantaise.
04:21Il a été responsable du Front National de la Jeunesse.
04:23Il a gravi beaucoup d'échelons au sein du Front National.
04:26Il a notamment aussi dirigé la cellule de communication du Front National.
04:31Le fameux slogan, ni gauche ni droite,
04:33c'est Samuel Maréchal.
04:34C'est quelqu'un qui est très important,
04:36très influent dans le Front National des années 90
04:39et qui va tomber amoureux de Yann Le Pen au tout début des années 90
04:44parce qu'il fréquente la même bande de potes,
04:46Jean-Lin Lacapel, Marie Derbet, Frédéric Chatillon.
04:49Voilà, une histoire d'amour va naître entre les deux.
04:51Et donc, il se marie.
04:52Et c'est lui qui va élever avec Yann, Marion Maréchal.
04:57Et c'est quelqu'un de très important, de très influent,
04:58encore aujourd'hui dans la vie de Marion Maréchal.
05:03En novembre 2013, l'hebdomadaire L'Express va révéler le nom de son père biologique
05:06et on découvre que c'est un homme qui est connu de beaucoup de Français.
05:09Pour le Front National, c'est un secret de polichinelle.
05:11Tout le monde savait, y compris d'ailleurs dans le milieu journalistique,
05:14que Samuel Maréchal n'était pas le vrai père de Marion.
05:18Il y avait un certain nombre de personnes qui savaient, en effet,
05:19que c'était Roger Auc.
05:20Roger Auc, c'est qui ?
05:21Pour rappeler, il a été otage au Liban en 1987.
05:25C'est quelqu'un qui décrit comme un baroudeur playboy dans le milieu.
05:27Il s'est engagé ensuite en politique.
05:29Il a été candidat aux élections municipales en 2008
05:32et en 2009, il est nommé ambassadeur de France en Érythrée,
05:35un poste pour lequel il va y rester trois ans
05:38avant de revenir en France pour des problèmes de santé.
05:40Il a un cancer, une tumeur au cerveau, et il décède en fait en 2014.
05:45Marion Maréchal, elle va apprendre très tard
05:47que son vrai père n'est pas Samuel Maréchal, mais Roger Auc.
05:51En fait, elle l'apprend en 2002.
05:53Ça se passe le soir du 21 avril 2002, une date que tout le monde connaît,
05:57puisque c'est le soir où Jean-Marie Le Pen se qualifie
05:59pour le second tour de l'élection présidentielle.
06:02Et c'est là que tout le monde l'ignore.
06:05Mais que va se jouer une scène inattendue aux étages supérieurs
06:08de la maison de Montretout.
06:09C'est-à-dire que pendant qu'au rez-de-chaussée,
06:10tous les journalistes, les observateurs et les états-majors
06:14du Front National couvrent la qualification de Jean-Marie Le Pen,
06:17aux étages supérieurs, Roger Auc rencontre pour la première fois
06:20sa fille, Marion.
06:21À ce moment où le nom de son père biologique est révélé dans la presse,
06:24comment Marion Maréchal le prend ?
06:26Elle le prend très mal.
06:27Et d'ailleurs, quand l'Express révèle que son vrai père,
06:29son père biologique, n'est pas Samuel Maréchal,
06:31mais le journaliste Roger Auc, sa première réaction sera d'attaquer
06:35pour violation de la vie privée.
06:36Elle se doutait depuis un petit bout de temps déjà,
06:38maintenant que ce secret que tout le monde essaie de garder
06:40et conserver jalousement finirait par sortir à un moment donné.
06:43Et quelque part, elle va aussi se dire,
06:45j'ai souvenir de cette conversation que j'ai eu au téléphone
06:46quand cette affaire a été révélée au grand public,
06:48où elle est un effet très furieuse,
06:49mais en se disant, quelque part,
06:51il y avait une part de soulagement pour elle
06:52de se dire qu'elle n'avait plus à cacher ce lourd secret.
06:58Quel lien est l'entretien avec sa tante Marine Le Pen ?
07:01C'est elle qui, avec sa mère Yann, l'a élevée les premières années.
07:06Elle était même là à l'accouchement.
07:08Elle était très présente les premières années.
07:11Finalement, c'est tout le paradoxe,
07:12c'est qu'une forme de rivalité née en politique,
07:15mais qui entre assez violemment en contradiction
07:18avec leur relation familiale, leur histoire personnelle,
07:21ce qui a rendu les choses extrêmement complexes.
07:22C'est aussi une des clés, une des raisons
07:25pour laquelle Marion Maréchal, Le Pen à l'époque,
07:29a pris la distance,
07:30s'est retirée peut-être raisonnement de la politique
07:32parce que cette histoire familiale,
07:35ces déchirements familiaux,
07:36elle ne voulait pas les revivre avec sa tante
07:37avec laquelle elle a entretien cette relation extrêmement proche.
07:40Et avec son grand-père Jean-Marie Le Pen,
07:41est-ce qu'elle s'entend bien ?
07:42Jean-Marie Le Pen, ce n'est pas quelqu'un
07:44qui s'est beaucoup occupé de ses petits-enfants.
07:46Marion dit régulièrement qu'elle n'a pas de souvenirs particuliers,
07:49de moments tendres avec Jean-Marie Le Pen,
07:51mais elle va vraiment commencer à parler avec son grand-père
07:54à l'âge de 18 ans, 19 ans,
07:56où elle va l'interroger sur le Front National,
07:59pourquoi on est autant diabolisé,
08:00parce que Marion aussi, c'est une jeune fille
08:02qui, dans sa scolarité,
08:04elle a des problèmes aussi au lycée,
08:05elle raconte souvent qu'on lui crachait dessus,
08:07qu'on l'enfermait dans les toilettes,
08:09et à un moment donné, elle a voulu comprendre,
08:10comprendre pourquoi on lui en voulait,
08:12pourquoi on n'aimait pas son grand-père,
08:14et donc c'est à ce moment-là
08:14qu'elle va commencer à se rapprocher dans un premier temps,
08:16et que d'ailleurs, elle va décider de s'engager en politique,
08:18dans un premier temps,
08:20en prenant sa carte au Front National de la Jeunesse.
08:22Sa relation, elle va évoluer dans ce contexte-là
08:24avec Jean-Marie Le Pen,
08:25jusqu'à ce fameux moment de 2012,
08:28où c'est lui qui va la convaincre
08:30d'être candidate aux législatives
08:33dans la circonscription de Carpentras.
08:35Où est-ce qu'elle grandit, Marion Maréchal ?
08:37Elle a grandi à Montretout,
08:38qui est cette grande maison de 400 mètres carrés,
08:41perchée sur les collines de Saint-Cloud,
08:43juste à côté de Paris.
08:44C'est l'épicentre familial politique du Front National.
08:47C'est là où Jean-Marie Le Pen,
08:48il a eu les bureaux du Front National,
08:50et c'est là où Marine, Yann et Marie-Caroline,
08:53les trois filles, ont grandi.
08:54Et bien sûr aussi, Marion,
08:56c'est le lieu de la tribu Le Pen,
08:58c'est le symbole majeur de cette saga familiale.
09:01Et Montretout, c'est ce côté dynastie,
09:03un petit peu Dallas,
09:04c'est le lieu de toutes les ruptures,
09:06les trahisons et les unions
09:08et les déchirements de cette famille.
09:13Après l'essai peu concluant de 2010,
09:15son vrai début politique,
09:16on vient de le dire, c'est en 2012,
09:19elle est élue députée dans le Vaucluse
09:20sous l'étiquette Front National,
09:21elle a alors seulement 22 ans.
09:23C'est la plus jeune députée de l'histoire de France,
09:26ce qui est quand même pas anodin,
09:28qui a contribué aussi un peu à forger son image,
09:31et l'idée qu'elle s'inscrirait durablement
09:33quand même dans le paysage politique.
09:35Il faut rappeler qu'en 1956,
09:37son grand-père avait lui aussi été le Benjamin
09:39de l'Assemblée Nationale,
09:40à l'époque député poujadiste.
09:42Donc ça renvoie évidemment à toute cette histoire familiale.
09:44Quand elle est élue,
09:45c'est parce que son grand-père
09:47l'a très largement incité à se présenter.
09:50Elle n'était pas du tout partante au début,
09:53mais il l'a poussée à se présenter à Carpentras.
09:56Carpentras, évidemment, c'est pas innocent,
09:57c'était pour, selon le grand-père,
09:59laver l'honneur familial
10:00par rapport au scandale,
10:02enfin à l'affaire de la profanation du cimetière de Carpentras,
10:05dans lequel le nom du Front National avait été associé.
10:09Jean-Marie Le Pen avait toujours vécu ça comme un affront,
10:11il voulait le laver.
10:12Il se trouve que c'est également une terre extrêmement frontiste,
10:16une très bonne terre électoralement,
10:17et quand on s'appelle Le Pen,
10:18puisque désormais elle s'appelle Maréchal Le Pen,
10:22c'est beaucoup plus facile pour gagner.
10:23Dès cette première candidature législative,
10:25elle l'emporte,
10:26alors même que sa tante, au même moment,
10:28échoue dans son fief à Hénin-Beaumont,
10:30dans le Pas-de-Calais,
10:30et il le vivra d'ailleurs assez mal.
10:32Une fois élue,
10:32est-ce qu'elle est une députée active à l'Assemblée Nationale ?
10:35Une fois qu'elle est élue députée,
10:36il y a un gros phénomène de curiosité,
10:38mais la première chose, en tout cas,
10:39c'est que ça va être une députée très absente.
10:41Quelqu'un qu'on voit beaucoup dans l'hémicycle,
10:43mais ils ne sont que deux députés élus,
10:45avec Gilbert Collard,
10:46ils n'ont pas de groupe parlementaire,
10:47et donc, autant dire qu'ils ont un rôle politique quasi nul.
10:50Par contre, il y a un rôle médiatique
10:52qui, lui, peut être plus important.
10:53Mais, comme elle est traumatisée encore
10:55par l'épisode dérégional de 2010,
10:58c'est quelqu'un qui, pendant la première année,
10:59ou les 18 premiers mois,
11:01ne va faire aucun média.
11:02Si on se remet en revient,
11:04on ne la voit pas à cette époque-là.
11:05Elle fuit la salle des quatre colonnes,
11:06elle fuit le micro intempestif
11:09qui pourrait lui poser une question
11:10sur laquelle elle n'a pas forcément la bonne réponse
11:12ou laquelle elle n'est pas à l'aise.
11:13C'est aussi quelqu'un qui a un rapport
11:14à son image très particulier,
11:15c'est-à-dire qu'elle n'aime pas poser pour les photos,
11:18ça peut surprendre,
11:18mais c'est quelqu'un qui n'est pas naturellement à l'aise
11:20devant les objectifs.
11:22Et surtout, elle va profiter des premiers mois
11:24et de la première année
11:25pour énormément bosser.
11:27Et d'ailleurs, Gilbert Collard
11:27va souvent lui reprocher en lui disant
11:29« Mais arrête de faire de la sérieuse,
11:30tu bosses de trop,
11:31tu fais chier à trop travailler,
11:33fais de la bonne politique,
11:34la politique politicienne, comprendre. »
11:36Mais non, elle,
11:36elle va vraiment beaucoup travailler en coulisses
11:40pour progressivement commencer, en effet,
11:42à s'exposer au fur et à mesure
11:44dans les médias
11:46et ça va monter vraiment crescendo.
11:48Mais après, son poids politique
11:49et son pouvoir politique
11:50dans l'hémicycle,
11:52il est quasi nul.
11:54C'est le défi
11:56qui nous est lancé
11:57par le monstrueux business
11:59des mères porteuses
12:00ou de la PM1 sans père.
12:02Pendant le quinquennat de François Hollande,
12:04Marion Maréchal manifeste dans la rue
12:06contre le mariage pour tous,
12:07contrairement à sa tante Marine Le Pen.
12:09Est-ce que vous savez pourquoi ?
12:11Marion Maréchal Le Pen
12:12est une personnalité
12:14qui ne cache pas
12:15ses convictions catholiques.
12:16C'est un aspect de son combat
12:18qui est assez fondamental.
12:19Les questions sociétales
12:20lui tiennent beaucoup à cœur.
12:21Les questions sociétales
12:21sur lesquelles il y a des positions
12:22évidemment extrêmement conservatrices.
12:25En revanche,
12:25ce n'est pas du tout
12:26un sujet prioritaire
12:27pour sa tante Marine Le Pen,
12:29pour laquelle l'enjeu sociétal
12:31et l'enjeu des mœurs
12:32n'est pas du tout prioritaire.
12:34Donc, à l'inverse de sa nièce,
12:36Marine Le Pen ne s'investit pas du tout
12:38dans le combat contre le mariage pour tous.
12:41Par différence, effectivement,
12:43Marion Maréchal Le Pen
12:43devient une des figures de ce mouvement.
12:46Elle se met en avant
12:47et prend vraiment l'ascendant
12:49sur ce mouvement-là.
12:51Elle devient l'une des figures politiques
12:52les plus engagées dans le mouvement.
12:53Il faut rappeler aussi
12:54que Marine Le Pen
12:55est un petit peu prise en étau
12:56à ce moment-là
12:56puisqu'il y a aussi une rivalité
12:57en interne qui naît
12:59entre Marion Maréchal Le Pen
13:00et Florian Philippot,
13:01l'influent vice-président numéro 2
13:03du FN à cette époque-là.
13:04Florian Philippot
13:06dont on apprendra plus tard
13:07en effet qu'il est gay,
13:08qu'il est homosexuel
13:08et qui, lui, bien sûr,
13:09ne va pas manifester
13:10dans les rangs
13:11de la manif pour tous.
13:12Marion Maréchal,
13:13elle va aussi se construire
13:14dans cette opposition-là
13:15et Marine Le Pen,
13:16elle ne va pas
13:17dans les rangs
13:18de la famille pour tous
13:19aussi parce que
13:20son numéro 2
13:21est contre cette position-là
13:23et qu'autour
13:24de Florian Philippot
13:26et dans l'entourage proche
13:26de Marine Le Pen,
13:27il y a aussi un entourage gay
13:29qui sera d'ailleurs dénoncé
13:29aussi par Jean-Marie Le Pen
13:31et Marine Le Pen,
13:32elle n'arrive pas
13:33à trancher
13:33entre ces deux positions
13:35totalement opposées
13:36au sein du Front National.
13:38Marine Le Pen
13:38et Marion Maréchal Le Pen
13:40ont des convictions
13:41profondes
13:41un peu différentes.
13:42Quelle vision
13:43a Marion Maréchal Le Pen
13:45de ce que devrait être
13:46le Front National ?
13:46On peut aussi renvoyer ça
13:48à la genèse
13:48à l'éducation
13:49de ces deux personnalités.
13:50Marine Le Pen,
13:50elle a grandi
13:51dans un univers
13:51très, très libertaire,
13:53très baba-cool
13:54à l'époque,
13:54à Montre-tout,
13:55où les parents
13:56étaient très absents
13:57et les filles
13:57faisaient un peu
13:58ce qu'elles veulent,
13:58elles sortaient beaucoup.
14:00Marion Maréchal
14:00n'a pas du tout
14:01grandi là-dedans.
14:02Il y a eu ce passage
14:03en effet à Saint-Pédis
14:04et puis c'était une fille
14:05très rigoureuse
14:06et très sérieuse
14:06qui a été très encadrée
14:08par sa maman Yann
14:08et ce n'est pas du tout
14:10la même école,
14:11j'ai envie de dire.
14:12Et donc c'est ça aussi
14:12qui font que sur les questions
14:13de société aussi,
14:15elles ne sont pas du tout
14:15sur le même ADN.
14:17Et Marion Maréchal,
14:18elle est aussi en opposition
14:19sur tout le positionnement
14:21économique.
14:21Marine Le Pen,
14:22elle va beaucoup soutenir
14:24et d'ailleurs c'est ce qui va
14:24aussi causer sa perte
14:27pour en tout cas
14:27pour l'élection présidentielle,
14:29la fameuse sortie de l'euro
14:30que va beaucoup défendre
14:31Florian Philippot.
14:31Marion Maréchal,
14:32elle n'est pas du tout
14:33là-dedans.
14:34Elle est question économique,
14:35elle considère que ça ne va pas
14:35être le sujet prioritaire
14:36et principal du Front National
14:38et en ça,
14:39elle rejoint d'ailleurs
14:39un certain Jean-Marie Le Pen
14:40qui a souvent reproché
14:42aussi à Marine Le Pen
14:43de trop aller sur
14:44les questions économiques
14:45et de ne pas assez parler
14:46des questions d'identité
14:47et d'immigration notamment.
14:48Donc en fait,
14:49son opposition avec le parti
14:51à ce moment-là,
14:52elle vient de son opposition
14:53avec Florian Philippot.
14:54C'est un des aspects
14:55mais elle a l'impression
14:56qu'elle est marginalisée
14:57au sein de ce parti,
14:57qu'elle n'est pas écoutée
14:58à la juste mesure
14:59de sa popularité réelle
15:01effectivement auprès des sympathisants.
15:02Et avec le sentiment aussi
15:03qu'à chaque fois
15:04que Marine Le Pen
15:04doit prendre des arbitrages,
15:06Marine Le Pen
15:07prend systématiquement
15:08le parti de Florian Philippot
15:09et pas celui de Marion.
15:14En août 2015,
15:16son grand-père Jean-Marie Le Pen
15:17est exclu du Front National
15:18pour ses propos réitérés
15:20sur Pétain et les chambres à gaz.
15:22Qu'est-ce qu'elle en pense ?
15:23Elle est embêtée
15:24parce qu'elle comprend bien
15:25que son grand-père
15:26fait n'importe quoi
15:26en termes de communication
15:27et joue la surenchère,
15:28la provocation avec sa fille.
15:30Mais en même temps,
15:30évidemment,
15:31elle a de l'attachement,
15:31l'amour même pour son grand-père.
15:33Donc elle est extrêmement embêtée.
15:34Elle va participer
15:35au bureau politique
15:36qui vote les sanctions
15:37contre son grand-père.
15:39Elle va voter en faveur
15:41effectivement des sanctions
15:42mais en revanche,
15:43elle s'opposera au fait
15:44qu'il soit exclu du parti.
15:46Elle est sur une position
15:47un peu intermédiaire,
15:48pas très à l'aise
15:49avec la position maximaliste
15:51de Marine Le Pen sur le sujet.
15:53Et ça renvoie
15:53à tout ce qu'elle ne voulait pas
15:54au tout début
15:55quand elle s'est engagée en politique,
15:56c'est-à-dire
15:57au règlement de comptes familiaux.
15:59Une fois de plus,
16:00la politique prend le dessus
16:02sur les liens personnels,
16:04intimes et familiaux
16:04de cette famille.
16:06Et une fois de plus,
16:07le Front National
16:08a raison de ses relations
16:10entre membres de la famille Le Pen.
16:12C'est tout ce qu'elle ne voulait pas,
16:13Marion Maréchal.
16:14En 2017,
16:15quelques jours après
16:16le débat raté de sa tante,
16:17Marine Le Pen,
16:18face à Emmanuel Macron,
16:19elle annonce qu'elle se retire
16:20de la vie politique.
16:21Elle a 27 ans.
16:22Pourquoi est-ce qu'elle fait ce choix-là ?
16:24Elle arrête la politique
16:24pour plusieurs raisons
16:25parce qu'en effet,
16:26il y a eu ces tensions très fortes
16:28depuis plusieurs années
16:29avec Fléon Philippot,
16:30tous ces arbitrages
16:30qu'elle a systématiquement perdus
16:32auprès de sa tante.
16:33La ligne politique
16:34pour laquelle elle est
16:35en désaccord profond
16:36et puis aussi des raisons personnelles.
16:38Elle a eu quelques années plus tôt
16:41une petite fille
16:42qui s'appelle Olympe,
16:43née d'une première union
16:44qu'elle a eue.
16:45Pendant ces années,
16:46Marine Le Pen
16:47ne s'est pas beaucoup
16:48occupée de sa fille.
16:49C'est essentiellement sa maman,
16:50Yann,
16:51qui s'est occupée d'Olympe
16:52et elle ressent aussi
16:53le besoin de jeunes mamans
16:55qu'on peut comprendre
16:56de vouloir passer plus de temps
16:57avec sa fille
16:58et c'est d'ailleurs l'argument
16:59qu'elle va exposer clairement
17:01au moment où elle va annoncer
17:02qu'elle se retire de la vie politique
17:04et puis aussi
17:04parce qu'elle a toujours considéré
17:07qu'on n'est pas obligé
17:07de faire de la politique à vie
17:09comme l'a fait son grand-père,
17:11comme est en train de le faire sa tante
17:12et elle considère qu'à 27 ans
17:13on peut faire d'autres choses.
17:14Plusieurs fois pendant sa vie de députée,
17:16elle a été régulièrement approchée,
17:18contactée
17:19par des entrepreneurs,
17:21des cadres,
17:21des chefs d'entreprise
17:22qui lui disaient
17:22si un jour vous arrêtez,
17:24on vous laisse notre carte,
17:25vous nous rappelez.
17:25Et donc elle se dit
17:26qu'il y a un coup à jouer.
17:27Elle, elle pense que
17:28c'est bien à un moment donné
17:28aussi de se frotter au privé,
17:29d'aller essayer d'autre chose
17:30que de la politique
17:31pour peut-être, pourquoi pas,
17:32un jour revenir.
17:33En tout cas,
17:33c'est ce pari
17:34qu'elle fait à ce moment-là.
17:35Au mois de septembre 2017,
17:36un magazine est créé
17:37par plusieurs personnes
17:38qui se sentent proches d'elle
17:39et de ses idées.
17:40Il s'appelle L'Incorrect.
17:42Est-ce que vous pouvez
17:42nous en parler, Alexandre Sulzer ?
17:44C'est un mensuel
17:44qui est effectivement créé
17:45par ses amis,
17:48tout simplement.
17:48On y retrouve Jacques de Guyubon.
17:51On retrouve à la manœuvre
17:52également Arnaud Stéphan
17:53qui s'occupe de la communication
17:55du magazine
17:55et qui écrit dedans
17:56et qui a été
17:56pendant toutes ces années
17:57à l'Assemblée nationale
17:59son conseiller en communication.
18:01C'est un magazine
18:02qui se veut politiquement incorrect,
18:05une sorte de valeur actuelle
18:06en plus jeune,
18:08en un peu plus radical,
18:09avec un ton plus impertinent
18:11et qui effectivement
18:11prône une ligne très droite
18:14et de dépassement
18:16des clivages partisans.
18:17France est en process
18:18de passer de la fille
18:19de la chambre catholique
18:21à la petite liste d'Islam.
18:23Le 23 février 2018,
18:25elle prononce un discours
18:26aux Etats-Unis
18:27près de Washington
18:28face aux conservateurs américains.
18:30Oui, elle est invitée
18:30effectivement au CIPAC,
18:33c'est-à-dire le grand Raoult
18:34annuel des conservateurs américains.
18:36Elle fait un discours
18:38en anglais
18:39avec un accent
18:41Frenchie,
18:42elle s'est prononcé,
18:43qui remporte un franc succès.
18:44C'est sa première réapparition
18:46politique
18:47depuis qu'elle a quitté
18:48sa vie de députée
18:49et dans son discours,
18:51elle reprend beaucoup
18:51des propos du langage
18:53de Donald Trump.
18:54Elle a quelques phrases
18:55assez fortes,
18:55assez marquantes
18:56quand elle dit
18:56que la France est passée
18:57du statut de fille
18:58de l'Église catholique
19:00à celui de nièce
19:01de l'Islam.
19:02C'est des propos
19:02qui sont faits
19:03pour frapper l'opinion
19:04et puis c'est retransmis
19:05en direct sur les chaînes info.
19:06Ça fait un vrai buzz
19:07quand elle réapparaît
19:08et ça va être très,
19:09très, très commenté
19:10dans les jours
19:11qui vont être suivis.
19:12Donc, elle a réussi son coup
19:13ce jour-là, clairement.
19:14Trois mois plus tard,
19:14en mai 2018,
19:15elle change de nom.
19:16Elle enlève le nom Le Pen
19:18de ses comptes
19:19de réseaux sociaux.
19:20Pourquoi, Olivier Vaud?
19:21Pour plusieurs raisons.
19:22D'abord parce que
19:24l'ICEP,
19:26son école de sciences politiques,
19:28c'est la concrétisation
19:29de sa reconversion professionnelle
19:32et donc, c'est son projet,
19:34ce n'est pas celui
19:34de la famille Le Pen
19:35et donc, elle veut vraiment
19:35le dissocier.
19:37Et elle veut surtout
19:37que son école
19:38ne soit pas considérée
19:39comme un sas,
19:40comme une antichambre
19:41du RN.
19:42De retirer ce nom,
19:43c'est une forme
19:44d'émancipation pour elle.
19:46Ça va être très mal pris
19:46par l'entourage
19:47dans la famille Le Pen,
19:49notamment de la part
19:50de Jean-Marie Le Pen,
19:51bien sûr,
19:52aussi du côté
19:53de ses tantes
19:53qui vont voir ça
19:54comme une forme d'abandon
19:55au moment où Marine Le Pen
19:57a encore du mal
19:57à se remettre
19:58de ce débat raté
20:00d'entre-deux
20:00aux élections présidentielles.
20:01Ça passe très très mal.
20:06L'ICEP se veut
20:08une alternative,
20:09une bouffée d'oxygène
20:11aussi intellectuelle
20:12face à une forme
20:13de militantisme,
20:15de sectarisme,
20:16de prêt-à-penser,
20:17de politiquement correct.
20:18À la rentrée 2018,
20:19Marion Maréchal lance à Lyon
20:21une école privée
20:22de sciences politiques.
20:23Qu'est-ce que c'est
20:24comme type d'école ?
20:25C'est une école
20:25qui a pour vocation
20:27de former les élites,
20:29former les futurs élus
20:32qui incarneraient
20:32ce rassemblement des droites.
20:34Est-ce qu'on sait
20:34combien il y a d'élèves
20:35et est-ce qu'on sait
20:36combien ils coûtent ?
20:37Puisque j'imagine
20:37que ce n'est pas
20:38une école publique.
20:39C'est une école
20:39qui est assez chère.
20:40Il faut compter
20:415 500 euros
20:42de frais annuels
20:43pour un magistère
20:44et 1 980 euros
20:47pour être en formation continue,
20:48c'est-à-dire
20:49pour des gens,
20:50des étudiants
20:50ou même des jeunes actifs
20:51qui travaillent
20:52et qui viennent
20:53une fois par mois
20:53pour des sessions
20:54le week-end.
20:55Pour le nombre d'élèves,
20:56c'est une centaine
20:57sur l'année
20:58mais dont une toute
21:00petite minorité,
21:00seulement une quinzaine
21:01sont en magistère,
21:02c'est-à-dire seulement
21:04une quinzaine
21:04qui suivent réellement
21:05une scolarité sur place.
21:07Quand on va dans les locaux,
21:08c'est vraiment très modeste,
21:10c'est quelques pièces
21:10sans âme
21:11avec une bibliothèque
21:13où habite quelques livres,
21:15quelques dizaines,
21:16quelques petites centaines
21:18de livres,
21:18mais c'est très modeste,
21:20c'est 340 m²
21:21donc c'est plus petit
21:22que montre-tout.
21:22Qu'est-ce qu'elle veut faire
21:23Marion Maréchal
21:24avec cette école ?
21:25C'est une école
21:25qui se veut
21:26un peu à la confluence
21:28sans mauvais jeu de mots
21:29entre une école de commerce
21:30et un science-po
21:31plus traditionnel
21:32donc à la fois
21:32des cours d'économie,
21:34de management
21:34mais également
21:35de sciences politiques.
21:36C'est aussi une façon
21:37pour elle
21:38de faire de la politique
21:40sans trop
21:41donner l'impression
21:41d'en faire.
21:42Ça lui permet
21:43d'intervenir régulièrement
21:44dans le débat public
21:46au titre d'une école
21:47de sciences politiques
21:49mais sans être
21:50dans le jeu politique
21:51bassement partisan
21:52avec un positionnement
21:54académique,
21:55universitaire,
21:56autoproclamé
21:56qui lui donne
21:57une sorte de statut
21:58un peu en aplomb
21:59du jeu politique
22:01dans lequel les autres
22:02se trouvent encore
22:03notamment au Rassemblement National.
22:04Donc en fait,
22:05Marion Maréchal
22:05n'a pas vraiment
22:06quitté la politique ?
22:08Non mais c'est vrai
22:08qu'il y a un peu
22:08une forme d'hypocrisie
22:09dans son discours en ce moment.
22:11C'est-à-dire que
22:11quand elle fait des conférences
22:12de presse à l'ICEP,
22:13elle dit au préalable
22:14« je ne répondrai
22:14à aucune question d'actualité ».
22:15Sauf que quand elle provoque
22:17ses conférences de presse,
22:18c'est aussi pour être présente
22:19sur la scène médiatique
22:20et elle se doute bien
22:21qu'elle va être interrogée
22:22sur la vie politique française.
22:24Son école a besoin
22:25de sa notoriété
22:26pour grandir
22:27mais elle aussi a besoin
22:28de l'école
22:28pour exister encore
22:29politiquement et médiatiquement.
22:31Quel est son objectif politique
22:32aujourd'hui ?
22:33L'objectif politique,
22:34il n'est pas totalement stabilisé.
22:35La question que tout le monde
22:36se pose, c'est
22:37est-ce qu'elle va revenir
22:37un jour en politique ?
22:39Et comment ?
22:40C'est difficile de répondre
22:41à ces questions-là.
22:42On a quelques jalons quand même.
22:43Elle s'est prise au jeu politique,
22:44Marion Maréchal,
22:45clairement,
22:46même s'il y a eu
22:47des réticences
22:47au tout début de son engagement,
22:48aujourd'hui on se rend compte
22:50que le fait de la réentendre
22:52régulièrement,
22:53ça prouve que la vie politique
22:54lui manque,
22:55que c'est une Le Pen,
22:56bien qu'elle ait enlevé
22:57ce patronyme-là
22:58et donc elle a ça
22:59dans les gènes.
23:00Elle avance
23:00et elle se tient prête
23:01pour peut-être
23:02un jour en effet
23:03revenir d'une manière
23:04ou d'une autre
23:06à l'avancée politique.
23:11Cet épisode de Code Source
23:12a été conçu et préparé
23:13par Jules Lavi
23:14et Isabelle Field.
23:15Production
23:16Jeanne Boézek
23:17et Claudia Prolongeau
23:19Réalisation et mixage
23:20Benoît Gilon
23:25Code Source est un podcast
23:27d'actualité quotidien.
23:28Vous pouvez retrouver
23:29tous les épisodes
23:30sur le site internet
23:31du Parisien
23:31et sur toutes les applications
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23:33Si vous voulez nous écrire,
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