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A 38 ans, Rafael Nadal, légende du tennis, considéré comme l’un des plus grands sportifs de son époque, a officiellement pris sa retraite et s’est éclipsé comme il a mené sa carrière : en toute humilité. Cet épisode de Code Source est raconté par Éric Bruna, journaliste au service sports du Parisien, qui a suivi la carrière de Rafael Nadal pendant vingt ans.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : C8, Euronews, INA
#rafaelnadal #tennis #rolandgarros
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00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Il restera comme l'un des plus grands joueurs de l'histoire du tennis.
00:15A 38 ans, l'Espagnol Rafael Nadal a pris sa retraite sportive le 19 novembre.
00:21Au cours de sa carrière, il aura remporté 22 titres du Grand Chelem.
00:25C'est deux de moins que Novak Djokovic, toujours en activité,
00:28et deux de plus que son ami Roger Federer.
00:31Mais au-delà des chiffres, Rafael Nadal était très apprécié sur le circuit.
00:36Un journaliste du service des sports du Parisien a suivi sa carrière depuis le début ou presque,
00:41Eric Brunat, dans Codesources.
00:43Aujourd'hui, il nous raconte pourquoi Rafael Nadal était à ses yeux unique et attachant.
00:58Eric Brunat, ces deux dernières années, Rafael Nadal a enchaîné les blessures.
01:01C'était deux années de galère où il a vraiment très très peu joué sur le circuit,
01:05où il a tenté, comme il pouvait, de revenir.
01:08En 2023, la mort dans l'âme, il a dû renoncer à Roland-Garros,
01:11et on pensait même que ça serait la fin de sa carrière,
01:13parce que lui-même disait qu'il employait beaucoup de conditionnels
01:17et vraiment est passé par des phases où il pensait que c'était terminé.
01:21Et puis, il a fait durer tant qu'il pouvait.
01:23Tant qu'il a eu cette impression qu'il pouvait encore gagner, il a continué.
01:33Le jeudi 10 octobre, il annonce qu'il va prendre sa retraite
01:36après la phase finale de la Coupe d'Evis,
01:38phase finale disputée par l'Espagne à domicile, à Malaga,
01:42entre le 19 et le 24 novembre.
01:45Quelle est l'idée à ce moment-là ?
01:46Que ce rendez-vous ait une importance vraiment particulière pour lui,
01:49parce que Nadal est très attaché à son pays.
01:51Il a gagné quatre fois la Coupe d'Evis avec l'Espagne.
01:54C'est quelqu'un qui a toujours défendu le maillot.
01:56Avant d'arriver à Malaga, il a joué 30 simples avec l'Espagne.
02:00Il en a gagné 29.
02:01Donc, il a vraiment un attachement viscéral à la Coupe d'Evis.
02:04Et en plus, c'est l'occasion de finir en apothéose
02:07devant son public, devant sa famille, devant ses amis.
02:10Bref, ça peut être la sortie idéale.
02:13Eric Brunat, vous suivez le tennis au Parisien
02:16depuis le début des années 2000.
02:17Vous écrivez sur Raphaël Nadal depuis précisément 20 ans.
02:21Vous allez nous raconter comment s'est passée cette fin de carrière
02:25à la fin de ce podcast.
02:26Mais d'abord, vous allez nous raconter pourquoi, d'après vous,
02:28Nadal restera comme un joueur unique sur les cours,
02:32mais aussi en dehors.
02:34Et ce qui vous frappe, c'est son humilité.
02:36C'est quand même un des plus grands champions de l'histoire du sport,
02:38tout sport confondu.
02:39Et finalement, ça restera jusqu'au bout le petit gamin
02:42qui vient de l'île de Mallorque,
02:44qui a reçu certaines valeurs,
02:45qui aime aller pêcher, qui aime faire du bateau,
02:47qui aime être avec ses amis.
02:49Si vous allez parler avec des employés de Roland-Garros,
02:52avec des secrétaires, avec les chauffeurs des véhicules,
02:55avec tous les gens qui gravitent autour du tournoi,
02:57avec les ramasseurs de balles, avec les arbitres,
02:59avec tous les corps de métier,
03:02ils ne se souviendront pas forcément des balles de match
03:04ou des victoires de Nadal.
03:06Ils se souviendront que Nadal, c'est quelqu'un qui arrivait,
03:09qui disait bonjour à tout le monde,
03:11hola, qu'est-ce qu'il allait saluer le moindre employé
03:14dans n'importe quelle salle.
03:15Et quand il vous passait devant
03:16et qu'il avait oublié de vous dire bonjour,
03:18parce qu'il avait la tête ailleurs
03:19ou parce qu'il pensait à quelque chose,
03:21il faisait demi-tour et il revenait s'excuser.
03:26Et il ne se plaint jamais.
03:28C'est d'ailleurs un peu le leitmotiv de Nadal
03:30dans toute sa carrière,
03:32c'est que s'il se passe quelque chose,
03:34ça sera sa faute
03:35et pas la faute du matériel, de l'entourage,
03:38de la météo, du stade ou de ce que vous voulez.
03:40Il est aussi très fidèle à son entourage,
03:42il travaille avec la même équipe
03:44depuis le début
03:45et il est fier de n'avoir viré personne
03:47pour reprendre ses mots.
03:48Parce qu'il marche à la fidélité,
03:50à la confiance,
03:51que ce soit pour son entourage,
03:53son staff proche,
03:54ses sponsors aussi
03:55qui l'ont accompagné tout au long de sa carrière.
03:57Donc son oncle Tony,
03:58il a entraîné pendant une très grande partie de sa carrière
04:01et quand Tony a passé la main,
04:03il a passé la main à Carlos Moya
04:05et Carlos Moya,
04:06c'est un peu le grand frère de Nadal,
04:07c'est quelqu'un qui a été numéro un mondial,
04:09qui a gagné Roland-Garros
04:10et qui vient de l'île de Mallorque aussi.
04:12Et il marche comme ça.
04:13Et le dernier qui a rejoint le clan
04:16en bout de carrière,
04:17c'est Marc Lopez.
04:18Marc Lopez, c'est un ami à lui
04:19avec qui il jouait le double,
04:21avec qui il a gagné les Jeux Olympiques en double.
04:23Et voilà, ça marche comme ça.
04:25C'est un clan qui reste toujours très uni.
04:27Et donc c'est son oncle Tony
04:28qui l'a entraîné depuis son plus jeune âge
04:30et il l'a entraîné à la dure.
04:32Il l'a entraîné à la dure.
04:33Alors là, je vais vous citer une phrase
04:35du livre de Raphaël Nadal,
04:36son autobiographie,
04:38qui dit « Il me mettait une pression très forte,
04:41usé d'un langage brutal,
04:43criait souvent,
04:44j'avais peur de lui. »
04:46Mais ça a marché
04:46parce que Tony avait aussi quelques ressorts,
04:49c'est-à-dire il jouait un peu
04:50avec les peurs du petit enfant.
04:53C'était un peu le grand méchant loup
04:54va venir te manger.
04:55Il aimait le frustrer
04:57en lui mettant des balles,
04:58en le faisant jouer avec des balles
04:59totalement pourries
05:00pour l'entraîner un peu à la dure.
05:03Enfin, il a eu quelques méthodes
05:04un peu iconoclastes
05:05mais qui ont franchement très bien fonctionné.
05:06Et c'est avec Tony Nadal
05:07qu'il commence à jouer de la main gauche
05:09alors qu'il n'est pas vraiment gaucher à la base,
05:11c'est ça ?
05:11Alors, il n'est pas gaucher du tout.
05:13Dans la vie de tous les jours,
05:14il est droitier,
05:14il écrit la main droite,
05:15il fait tout de la main droite
05:16mais il joue au tennis de la main gauche
05:17parce que quand il a commencé à jouer,
05:20il tenait sa raquette à deux mains.
05:22Donc, il était impossible de savoir
05:24de quel côté était son coup droit
05:25et de quel côté était son revers.
05:27Pendant quelques années,
05:28il a joué comme ça
05:30et à un moment,
05:30il a fallu faire un choix.
05:32Et Tony Nadal a estimé
05:34que c'était du côté gauche
05:36qu'il arrivait à frapper le plus fort dans la balle.
05:38Donc, ils ont opté pour faire le coup droit
05:40côté gauche,
05:41donc avec la main gauche
05:42et le revers de l'autre côté.
05:44Et c'est comme ça qu'il est devenu gaucher.
05:45Et c'est un avantage ça
05:46d'être gaucher sur le tour ?
05:48Alors, au départ,
05:48ils ne l'ont pas fait pour ça
05:50mais sur le tour,
05:51il faut savoir qu'il y a 15% de gauchers.
05:53Donc, ça veut dire que quand on est droitier,
05:55la plupart du temps,
05:56on rencontre des droitiers.
05:57Donc, on a des schémas de jeu,
05:59on a des tactiques adaptées
06:00en fonction d'un adversaire droitier.
06:02Nadal, il est aussi connu pour ses tiques,
06:04ses petites manies.
06:05Alors, ses petites manies,
06:07on peut dire ses grosses manies.
06:09Nadal, c'est quelqu'un
06:10qui est bourré de tiques,
06:11qui est bourré de routines,
06:12qui est bourré de rituels.
06:14Nadal, c'est les deux petites bouteilles
06:17soigneusement alignées devant le banc.
06:19Nadal, c'est tout un rituel
06:21avant de servir à se tirer le slip,
06:23à se tirer le polo,
06:25à se remettre les cheveux en place,
06:27à se toucher le nez.
06:28Nadal, c'est quelqu'un
06:30qui ne touche jamais les lignes,
06:31sauf pendant le jeu.
06:33Donc, il essaie soignement
06:33d'éviter les lignes par superstition.
06:36Ou par exemple, au changement de côté,
06:38il laisse toujours passer son adversaire
06:40en premier pour regagner le banc.
06:41Voilà, c'est un tas de petites choses
06:43qui font Nadal.
06:44Vous l'avez dit,
06:45il est toujours resté humble
06:46tout au long de sa carrière,
06:47mais quand il est sur le cours,
06:49il est extrêmement concentré
06:51sur chaque coup.
06:53Il est pareil à l'entraînement,
06:55pareil en match,
06:57pareil du 1er janvier au 31 décembre.
06:59Il met la même intensité
07:01dans chaque balle.
07:02C'est-à-dire que si vous regardez
07:03un match de Nadal
07:05sans le score affiché à l'écran,
07:07vous ne pouvez pas savoir
07:08si c'est le premier point du match
07:10ou si c'est la balle de match
07:11de Roland-Garros.
07:12Il met exactement tout
07:13dans chaque point
07:14comme si c'était le dernier,
07:15tout le temps.
07:16C'est un joueur qui a particulièrement
07:18souffert tout au long de sa carrière
07:20à cause d'une maladie génétique.
07:22Alors, il a souffert
07:24de beaucoup de choses
07:25parce qu'il a eu beaucoup de blessures,
07:26il a été cassé d'un peu partout,
07:28il a gagné 22 grands chelèmes,
07:30mais il en a manqué presque autant
07:31parce qu'il ne pouvait pas jouer.
07:34Mais effectivement,
07:35depuis l'âge de ses 18 ans,
07:36il souffre de ce qu'on appelle
07:38le syndrome de Muller-Weiss
07:39au pied gauche.
07:40C'est-à-dire, pour faire simple,
07:42c'est une dégénérescence
07:43de l'os du pied.
07:44Donc, c'est une maladie incurable
07:46qui lui occasionne
07:47des douleurs chroniques
07:48très très fortes
07:49et qui l'ont obligé,
07:50notamment ces dernières années,
07:52à jouer le plus souvent
07:52sous anti-inflammatoire,
07:54enfin, à faire de gros sacrifices
07:55sur son corps.
07:57Éric Brunat,
07:58vous partez en reportage
07:59sur son île,
08:00Mayork,
08:01en avril 2004.
08:02Il est déjà,
08:03à ce moment-là,
08:04l'un des favoris
08:04de Roland-Garros.
08:05Mais sur place,
08:07vous êtes face à l'un de ses oncles
08:08quand son portable sonne.
08:10C'est Raphaël au téléphone
08:11qui lui apprend
08:12qu'il s'est blessé
08:13et qu'il sera forfait
08:14pour Roland-Garros.
08:16Finalement,
08:17c'est donc l'année suivante,
08:18en 2005,
08:18qu'il dispute
08:19pour la première fois
08:20les internationaux de France
08:22et il se distingue
08:23d'abord par son look.
08:24C'est pas le classicisme
08:26de Wimbledon
08:27tout en blanc
08:27avec le polo à petit col.
08:29Il débarque
08:30avec un pantacourt blanc.
08:32Alors déjà,
08:32le pantacourt en tennis,
08:33c'est quand même assez rare.
08:34Un t-shirt sans manche,
08:36donc un bon Marcel
08:37vert fluo,
08:39le bandana,
08:39les cheveux super longs,
08:41donc c'est vraiment
08:42à la limite
08:43de la bande dessinée.
08:44C'est presque une caricature.
08:46Le jeune homme des baléards
08:47prend l'avantage
08:48pour mener 2-7-1.
08:50Mais Puerta
08:51ne veut pas abdiquer.
08:52Il se procure
08:523 balles de 4e manche.
08:54Nadal
08:55les sauve toutes
08:56avant de s'imposer
08:576-7,
08:576-3,
08:586-1 et 7-5.
09:00Raphaël Nadal
09:01reçoit la coupe
09:02des mousquetaires
09:03des mains de Zinedine Zidane.
09:04Comme Mats Villander
09:05en 82,
09:06Raphaël Nadal
09:07remporte
09:07les internationaux de France
09:08dès sa première participation.
09:10Son règne
09:11ne fait peut-être
09:11que commencer.
09:13Dans les premières années,
09:14il n'est pas vraiment aimé
09:15du public parisien.
09:17Alors il est apprécié
09:18au début
09:18comme la surprise
09:19qui avale tout
09:20sur son passage,
09:21mais c'est vrai
09:22qu'il commence
09:22à gagner
09:23en 2005,
09:24en 2006,
09:25en 2007,
09:26en 2008.
09:27Et ça commence
09:28un peu à faire beaucoup.
09:29Et va se greffer
09:31là-dessus
09:31l'amour du public français
09:32pour Roger Federer,
09:34qui est quand même
09:35Roger Federer,
09:35donc qui est suisse,
09:36il y a une proximité géographique.
09:37Roger Federer il est francophone,
09:39Roger Federer il fait rêver
09:40tout le monde,
09:41et quelque part le public
09:43a envie de voir Federer
09:44gagner une fois
09:45dans sa vie Roland-Garros.
09:47Federer n'attend qu'une chose,
09:48c'est gagner une fois
09:49dans sa vie Roland-Garros,
09:50et on se dit que
09:51tant que Nadal
09:52sera sur le circuit,
09:53jamais il ne va y arriver.
09:55Jusqu'en 2009,
09:57où en 2009,
09:59à la fois blessé au genou,
10:00perturbé par des problèmes personnels,
10:02le divorce de ses parents,
10:04Nadal va tomber
10:05à Roland-Garros.
10:06Il va être éliminé
10:06en huitième de finale
10:07par le Suédois
10:08Robin Soderling.
10:09Ce qui va être
10:10la voie royale
10:11pour permettre à Federer
10:12enfin de gagner
10:14une fois dans sa carrière
10:15Roland-Garros.
10:16Après l'épisode Federer,
10:17il regagne
10:18en 2010,
10:192011,
10:202012,
10:212013,
10:212014.
10:22Et là,
10:23le public le voit
10:23quand même
10:24d'un oeil différent
10:24parce qu'il se rend compte
10:26aussi de la portée
10:27de l'exploit
10:27qu'il est en train
10:28de réaliser.
10:29Il va quand même
10:30subir un soupçon
10:31de dopage.
10:32Alors,
10:32à la même époque,
10:33éclate en Espagne
10:34un grand scandale
10:35de dopage.
10:36Donc,
10:36il touche tous les sports,
10:37notamment le cyclisme.
10:39Et le nom de Nadal
10:40a été plus ou moins,
10:42parce qu'il n'y a jamais
10:43eu aucune preuve,
10:45a été plus ou moins
10:46évoqué
10:46dans ses affaires.
10:48Et en France,
10:49c'est une période
10:50où les guignotes de l'info,
10:51qui étaient une émission
10:53satirique sur Canal+,
10:54l'avaient pris pour cible.
10:56Et donc,
10:57il y avait le personnage
10:58bodybuildé de Nadal
10:59avec des seringues
11:00dans tous les sens
11:01qui, à l'époque,
11:02représentait le dopage.
11:04La ministre des sports
11:05de l'époque,
11:06Roselyne Bachelot,
11:07ne s'était pas contentée
11:08d'une allusion,
11:09avait carrément fait
11:10une déclaration
11:10en disant
11:11qu'on savait très bien
11:12pourquoi Nadal
11:13avait été absent du circuit
11:14quelques mois
11:15pour une prétendue blessure.
11:16C'est parce qu'en fait,
11:17il purgeait une suspension.
11:19Donc, Nadal l'a attaqué
11:19en diffamation
11:20et il a gagné
11:21quelques années plus tard
11:22ce procès.
11:23Mais c'est vrai
11:23que ça a contribué
11:24pendant quelques années
11:26à brouiller un peu
11:26cette image.
11:32Il a donc remporté
11:3314 de ses 22 titres
11:35du Grand Chelem
11:35à Paris.
11:36Il y a,
11:37depuis 2021,
11:38à Roland-Garros,
11:39une statue d'acier
11:40de 3 mètres de haut
11:41à son effigie,
11:42bouche ouverte,
11:43juste après un coup droit.
11:44Eric Brunin,
11:45on a choisi d'évoquer
11:46quelques matchs mythiques
11:47de Rafa,
11:48comme il est surnommé
11:49dans cet épisode
11:50de Code Source.
11:51Le premier,
11:51c'est le 8 juin 2008.
11:53Il corrige
11:54Roger Federer
11:54en finale de Roland-Garros.
11:566-1, 6-3, 6-0,
11:581h48 de jeu.
12:00Quelques semaines plus tard,
12:01les deux hommes
12:01se retrouvent en finale
12:02à Wimbledon
12:03au sud de Londres
12:03et le match
12:04est beaucoup plus disputé.
12:06C'est un match
12:07qui est resté
12:07dans l'histoire du tennis,
12:09une des plus grandes finales
12:10de l'histoire du tennis.
12:12Raphaël Nadal
12:13a perdu
12:14les deux éditions précédentes
12:16de Wimbledon
12:16en finale
12:17contre Roger Federer.
12:18Donc on est un peu
12:19dans le cas inverse
12:20de Federer à Roland-Garros,
12:21c'est-à-dire que Federer
12:22est celui qui empêche Nadal
12:23de gagner Wimbledon.
12:25Donc Nadal débarque
12:26fort de son titre
12:27à Roland-Garros
12:28où il a écrasé Federer,
12:29ce qui trotte un peu
12:30dans la tête du Suisse d'ailleurs,
12:32et va gagner
12:33les deux premiers sets.
12:38Donc là,
12:38on pense que ça y est,
12:39il a renversé
12:40toute la situation
12:41et il va peut-être même
12:42gagner en 3-7
12:43tellement il domine la rencontre.
12:45Et puis,
12:45le rapport de force inverse.
12:47Federer gagne
12:47le 3ème set,
12:49gagne le 4ème set
12:50en sauvant une balle de match.
12:51Il pleut sur Londres.
12:52Le match est interrompu
12:53deux fois.
12:54Donc il a commencé
12:55en milieu d'après-midi
12:56et la nuit tombe
12:58et le match dure toujours.
13:00On se retrouve
13:01au 5ème set.
13:02On est à 7 partout
13:03au 5ème set.
13:05Là,
13:05il fait carrément nuit
13:06et on se demande
13:07comment les deux joueurs
13:08voient la balle.
13:08dans les tribunes,
13:09honnêtement,
13:09on a du mal
13:10à la distinguer.
13:11Et là,
13:11Nadal va réussir
13:13au bout de la nuit
13:14à gagner 9-7.
13:24Donc il baffait des rares
13:269-7 au 5ème set
13:27vers 21h30 à Londres
13:29un dimanche soir.
13:30Et ensuite,
13:31il y a ces images inoubliables
13:32où on le voit partir en courant.
13:35il faut savoir
13:35que Wimbledon,
13:36il y a une certaine tradition,
13:37c'est un peu
13:37le temple du tennis.
13:38Et là,
13:39donc on a Nadal,
13:40toujours avec son pantacourt blanc
13:41et son tee-shirt blanc
13:43qui part en courant
13:44à scalader les tribunes
13:45pour aller embrasser
13:46sa famille,
13:46ses proches
13:47et qui ensuite
13:48court sur le toit
13:50de la course cive
13:51de Wimbledon
13:51pour aller poliment
13:53saluer le roi d'Espagne
13:54et le remercier
13:55d'être venu assister
13:56à son triomphe.
14:03En 2017,
14:05le 29 janvier,
14:06Nadal et Federer
14:07se retrouvent
14:07en finale de l'Open d'Australie
14:09à Melbourne
14:10à un moment
14:11où ils étaient
14:12tous les deux
14:12donnés finis.
14:13Ce match de Melbourne,
14:15c'est vraiment l'histoire
14:16d'une double résurrection.
14:18Nadal,
14:19ça fait deux ans
14:19qu'il galère
14:20et qu'il ne retrouve pas son niveau
14:22qui n'a pas gagné
14:23Roland-Garros
14:24et Federer,
14:25ça fait des mois
14:25qu'il se bat
14:26contre son genou,
14:27il a été opéré
14:28et il a 36 ans
14:29et on pense
14:30que sa carrière est finie.
14:32Et là,
14:32on a deux Phoenix
14:34qui arrivent
14:35en finale de Melbourne
14:36qui vont faire
14:38un match énorme
14:39en 5-7
14:39qui va être emporté
14:40par Federer.
14:41Mais c'est Nadal
14:42qui demande le challenge
14:43et vous vous rendez compte ?
14:44Il ne lui reste qu'un seul
14:45de challenge.
14:47Elle est annoncée
14:47sur la ligne.
14:48Le coup droit de Federer
14:49est annoncé sur la ligne.
14:51Et ça touche !
14:52Ça se touche !
14:54Mais finalement,
14:54à la limite,
14:55peu importe le vainqueur,
14:56tellement c'est extraordinaire
14:57de voir ces deux joueurs-là
14:58se retrouver à un tel niveau
15:00à un tel moment
15:01de leur carrière.
15:02Et à la fin du match,
15:03Federer a cette phrase
15:03qui veut tout dire.
15:04En tennis,
15:05malheureusement,
15:05il n'y a pas de match nul.
15:06Mais si aujourd'hui,
15:08il y avait eu un match nul,
15:09j'aurais aimé partager
15:10cette victoire avec Rafa.
15:22plus proche de nous,
15:23le dimanche 30 janvier 2022,
15:25Rafael Nadal signe son retour
15:27à 35 ans.
15:28Il est une nouvelle fois
15:29en finale de l'Open d'Australie,
15:30cette fois face au Russe Medvedev.
15:33En 2022,
15:34on est en pleine période Covid
15:35et Novak Djokovic,
15:37qui n'est pas vacciné,
15:38se fait refouler
15:39du territoire australien.
15:40Et donc,
15:41on se retrouve sur ce tournoi
15:42avec un Rafael Nadal,
15:44plus ou moins revenant,
15:45mais absolument pas
15:45parmi les favoris,
15:47qui va tranquillement arriver
15:48en finale
15:48contre Daniel Medvedev.
15:50Et là,
15:51on se dit qu'il a quand même
15:52atteint son plafond.
15:53Il se retrouve mené
15:542-7 à rien,
15:552-3
15:56et 0-40
15:57dans la troisième manche.
15:59Autant dire que le match
15:59est quasiment fini.
16:01Nadal,
16:02de 0-40,
16:03il va revenir,
16:04il va faire le jeu,
16:05il va gagner le troisième set,
16:06il va gagner le quatrième set
16:07et à la fin,
16:08il va gagner le match.
16:10C'est fait pour Nadal !
16:12Incroyable !
16:13Il devient le plus grand
16:14en Grand-Chlem !
16:1521e titre du Grand-Chlem
16:16pour Rafael Nadal,
16:17qui remporte son deuxième
16:18Open d'Australie !
16:19Il a passé tout son temps
16:21à avoir l'habitude
16:22de s'allonger
16:22quand il gagnait.
16:23Souvent,
16:24il s'allongeait
16:24sur le cours et tout.
16:25Et là,
16:26pas du tout,
16:27il reste debout,
16:27il prend sa tête
16:29dans ses mains.
16:30Il a ce regard
16:31incrédule,
16:32il regarde tout son clan
16:33et là,
16:34il mesure l'incroyable chemin
16:35qu'il vient de parcourir
16:36pour avoir cette victoire improbable.
16:41Eric Brunat,
16:42la même année,
16:42le dimanche 5 juin,
16:44Rafael Nadal
16:45est à nouveau
16:45en finale de Roland-Garros.
16:47Il vient de fêter
16:47ses 36 ans,
16:49deux jours plus tôt.
16:50Il joue ce Roland-Garros
16:52avec un pied gauche
16:53totalement anesthésié.
16:55La douleur est tellement forte
16:56qu'il est obligé
16:57d'avoir recours
16:58à des anesthésiants
16:59avant de jouer
17:00parce que sinon,
17:01il ne serait pas capable
17:01de la supporter
17:02sur le cours.
17:03C'est-à-dire que
17:04quand il sort du cours,
17:05il n'arrive plus à marcher.
17:07Donc,
17:07ce Roland,
17:08c'est à la fois
17:08le Roland du miracle
17:09et le Roland où on se dit
17:10mais jusqu'où
17:11on peut pousser son corps.
17:13Il joue en demi-finale
17:14contre l'allemand
17:15Alexander Zverev.
17:16C'est un début de match
17:18d'un niveau hallucinant,
17:20presque miraculeux
17:21pour Nadal.
17:21On se dit
17:22que jamais
17:22il ne va s'en sortir
17:23et sur ce match-là,
17:24c'est Zverev
17:25qui va se tordre la cheville
17:26et qui va abandonner.
17:28Donc là,
17:29on se dit
17:29qu'il y a quelque chose
17:31au-dessus de lui.
17:32Et là,
17:32Nadal arrive en finale
17:33face au Norvégien Kasper Rud.
17:35Sans faire injure
17:36à Kasper Rud,
17:37ce n'est quand même
17:37pas un adversaire
17:39d'un calibre énorme
17:41à ce moment-là
17:41d'un tournoi.
17:42On sait que Nadal
17:43va être favori.
17:43En plus,
17:44Kasper Rud
17:44s'est entraîné longtemps
17:45à l'Académie Nadal
17:46en Espagne,
17:47donc il lui voue
17:47une admiration
17:48sans borne.
17:50Et il y a cette image
17:52où on est dans les vestiaires,
17:54on a Nadal
17:54qui fait comme d'habitude
17:55des allers-retours
17:56en courant
17:57comme une bête féroce,
17:58comme un fauve
17:59en cage
18:00qu'on va lâcher.
18:01Et on a Kasper Rud,
18:03on dirait
18:03un petit écolier
18:05qui attend
18:05devant sa classe
18:06pour rentrer.
18:07Donc il y a son sac à la main
18:08qui est tout penaud,
18:09qui regarde passer Nadal
18:10et là,
18:11on se dit
18:11mais effectivement,
18:12il est battu
18:13avant même d'aller sur le cours
18:14et quand on rentre
18:15sur le central,
18:16il n'y a pas de match.
18:176-3,
18:186-3,
18:186-0,
18:19c'est donc son 22e sacre
18:21en grand chelème.
18:22Eric Brunat,
18:23tout au long de sa carrière,
18:25Raphaël Nadal
18:25n'a jamais cassé
18:27une raquette
18:27alors qu'on a souvent vu
18:29des joueurs
18:29casser des raquettes
18:30quand ils étaient énervés.
18:32C'est rare ça
18:32pour un joueur ?
18:33C'est pas rare,
18:34c'est juste exceptionnel.
18:35C'est impossible de penser
18:39qu'il a pu se contenir
18:40et ne pas tomber
18:42dans la facilité
18:43de jeter son matériel
18:45ou de s'en prendre
18:45à sa raquette
18:46quand quelque chose
18:46n'allait pas.
18:47Mais ça aussi,
18:47c'est le fruit
18:48d'une vraie éducation
18:49et de toutes les valeurs
18:50qu'il a apprises
18:51en étant petit.
18:53En revanche,
18:54si vous parlez
18:55notamment à Andy Murray
18:57qui s'est fait un plaisir
18:58de raconter l'anecdote,
19:00il a cassé
19:01des manettes de PlayStation
19:02dans tous les hôtels
19:02du monde.
19:03Parce qu'effectivement,
19:05en jouant à FIFA
19:06sur la console
19:07avec notamment
19:08l'argentin Juan Monaco
19:10qui était un de ses
19:10meilleurs amis,
19:11donc il jouait à deux
19:12contre les autres joueurs
19:15du circuit
19:15et là,
19:16il avait beaucoup plus
19:17de mal à contenir
19:17ses émotions.
19:18Il a gardé le même
19:19fournisseur de matériel,
19:20Babola,
19:21pendant toute sa carrière,
19:22donc 1250 raquettes livrées,
19:24aucune cassée
19:25et en 2019,
19:26quand il s'est marié,
19:27il a invité le représentant
19:29de cette marque
19:29avec qui il a créé des liens.
19:31Nadal,
19:31on ne peut pas dire
19:32qu'il travaille avec des gens,
19:34on va dire
19:34qu'il collabore,
19:36enfin,
19:37il n'a pas un rapport
19:38d'employeur-employé
19:39avec les gens
19:40avec qui il a collaboré.
19:41Donc il a construit,
19:42par exemple,
19:42avec Babola,
19:43une relation de confiance,
19:45donc il se retrouve
19:46à organiser son mariage
19:47qui n'était pourtant
19:48pas un mariage
19:49très people,
19:50enfin,
19:51il y a eu très peu de photos,
19:52ce n'était pas
19:52un grand mariage
19:54avec des milliers de personnes,
19:55mais au moment
19:56de faire la liste
19:57et de voir les invités,
19:58il regarde les gens
19:59qui ont pu compter
20:00au long de sa carrière
20:01et effectivement,
20:02il envoie un WhatsApp
20:03au directeur compétition
20:04de Babola
20:05en lui disant
20:06« je te préviens,
20:07je vais t'envoyer
20:08un carton d'invitation,
20:09tu es le bienvenu
20:10à mon mariage,
20:11etc. »
20:12et c'est vraiment
20:12une marque
20:13qui l'a vraiment touchée.
20:16Eric,
20:17on en revient au début
20:17de cet épisode de Code Source
20:19et à la phase finale
20:20de la Coupe Davis
20:20en Espagne,
20:21à Malaga,
20:22quart de finale
20:23du 19 au 21,
20:25demi les deux jours suivants
20:26et finale le dimanche
20:2824 novembre.
20:30Le 19 novembre,
20:31l'Espagne joue donc
20:32les Pays-Bas.
20:33Avant l'événement,
20:34Roger Federer
20:35lui écrit une lettre.
20:36Federer qui est retraité
20:38du tennis depuis 2022,
20:39grand rival et ami
20:41de Raphaël Nadal.
20:42Que dit-il dans cette lettre ?
20:44Une lettre d'hommage
20:45parce que les deux sont proches,
20:46parce que les deux
20:47sont indissociables
20:48dans l'histoire du tennis,
20:50dans le cœur des fans,
20:51parce que Nadal,
20:53quelque part,
20:54a fini sa carrière
20:55le jour où Federer
20:56a pris sa retraite,
20:57parce qu'il y a deux ans
20:58à Londres,
20:59quand Federer s'est arrêté,
21:01Nadal a dit lui-même
21:02« c'est une part de moi-même
21:03qui s'en va aujourd'hui »,
21:04parce qu'il y a cette image
21:06qui restera dans l'histoire
21:07du tennis
21:08où ils sont tous les deux
21:09mains dans la main
21:10et en larmes
21:10en train de regarder
21:11l'hommage à Federer
21:12sur l'écran géant
21:13de l'OTO Arena de Londres.
21:14Donc Federer a écrit
21:16une lettre
21:16pour le remercier
21:17de lui avoir
21:19toujours donné
21:20cet amour du jeu,
21:21de s'être autant dépassé,
21:23parce que finalement
21:23si Federer a duré
21:25et s'est renouvelé
21:26et s'est dépassé,
21:27c'est grâce à Nadal,
21:28parce qu'il avait Nadal en face.
21:30Donc il lui dit
21:30à quel point
21:31c'était un honneur
21:32et un bonheur
21:33d'avoir partagé
21:34le cours avec lui
21:34toutes ces années.
21:36Eric Brunat,
21:37vous avez préparé
21:38votre déplacement
21:39à Malaga
21:40un mois plus tôt,
21:41vous avez prévu
21:42d'arriver le jeudi,
21:43personne ne voit
21:43l'Espagne perdre
21:44face aux Pays-Bas,
21:45notamment grâce
21:46à sa nouvelle star
21:47Carlos Alcaraz,
21:49mais le mardi 19,
21:50l'entraîneur espagnol
21:52aligne Nadal
21:53dans le premier simple
21:54et c'est un très
21:55mauvais choix tactique.
21:57On n'a pas vu Nadal.
21:59Nadal,
21:59et c'est normal,
22:00manque de tout,
22:01manque de rythme,
22:02manque de compétition,
22:04manque cruellement
22:05de déplacements latéraux,
22:06donc il ne peut pas
22:07totalement se bouger,
22:08fait les mauvais choix tactiques
22:10parce qu'il manque
22:11d'habitude,
22:12enfin,
22:13joue des balles
22:13beaucoup trop courtes,
22:14donc on peut dire
22:15que tous ceux
22:15qu'on redoutait
22:16finalement
22:17arrivent en un seul package.
22:19Nadal perd
22:20ce premier simple,
22:21Carlos Alcaraz
22:22gagne le second,
22:24mais ensuite
22:25les Espagnols
22:25s'inclinent en double,
22:27l'Espagne est éliminée
22:28de la Coupe Davis,
22:29la carrière
22:30de Rafael Nadal
22:31est finie,
22:33décrivez-nous
22:33ce que vous voyez
22:34à la télévision du coup.
22:35Voilà,
22:36il est minuit passé,
22:37l'Espagne est éliminée,
22:38on donne un micro
22:39à Rafael Nadal
22:41pour un hommage,
22:43un hommage
22:43forcément galvaudé
22:44parce qu'en fait
22:45rien n'était prévu.
22:46Tout le monde,
22:47y compris
22:48Roger Federer,
22:49Novak Djokovic,
22:50Andy Murray,
22:51tout le monde
22:51avait plus ou moins
22:52prévu de venir
22:53pour le week-end
22:54pour lui rendre
22:55un hommage
22:56à la hauteur
22:56de sa carrière.
22:57Et là,
22:58on se retrouve
22:59la nuit de mardi
23:00à mercredi
23:01avec David Ferrer
23:02qui est le capitaine
23:03de l'équipe d'Espagne
23:04qu'on va inventer
23:06comme porte-parole
23:07de l'ensemble
23:07du monde du tennis
23:08pour lui dire
23:09à quel point
23:09il remercie
23:10juste parce que
23:10c'est le seul
23:11qui est sur place.
23:12Regarder
23:13une petite vidéo
23:14avec quelques pastilles
23:16de grands champions
23:17qui le remercient
23:18pour l'ensemble
23:19de sa carrière,
23:20le félicitent
23:20et lui souhaitent
23:21une bonne nouvelle vie,
23:22c'est absolument pas
23:23à la hauteur
23:23de tout ce qu'il a donné
23:24au sport.
23:29Et Raphaël Nadal,
23:30quand il a pris la parole,
23:31il a dit quoi ?
23:32Il a beaucoup,
23:33beaucoup,
23:33beaucoup remercié.
23:34Il a remercié
23:35les proches,
23:36le monde du tennis,
23:37tout ce que vous voulez,
23:37donc il a énormément
23:38remercié.
23:39Mais il a surtout insisté
23:41sur le fait
23:41qu'il était largement
23:43allé au-delà
23:43de ses rêves
23:44et toujours sur cette notion
23:46d'humilité,
23:47de simplicité
23:48en disant que oui,
23:49il y a les chiffres,
23:51oui,
23:51il y a les titres,
23:53mais le souvenir
23:54qu'il voudrait
23:54qu'on garde de lui,
23:55c'est ce petit garçon
23:57qui venait
23:58d'un petit village
23:59de Mallorque.
24:05Je l'ai dit,
24:05vous avez suivi
24:06l'actualité
24:07de Raphaël Nadal
24:08pendant 20 ans,
24:09vous l'avez vu
24:09à de multiples reprises,
24:11vous l'avez interviewé.
24:12Qu'est-ce qu'il vous a appris ?
24:14Je dirais qu'il m'a appris
24:15qu'il ne faut jamais
24:16dire jamais.
24:17Nadal,
24:18c'est celui
24:18qui ne renonce pas,
24:19c'est celui
24:20qui se bat,
24:21c'est celui
24:21qui n'abandonne pas
24:22un match.
24:23Là où tout le monde
24:25serait déjà
24:2620 fois au vestiaire
24:27avec un seuil
24:28de douleur
24:28mais hallucinant,
24:30lui se bat toujours
24:31et il considère
24:32que c'est manquer
24:32de respect à l'adversaire
24:33que de sortir du cours
24:34tant qu'on n'a pas joué
24:35la vraie balle de match.
24:37Et puis,
24:37il y a aussi le côté
24:38on peut gagner
24:40mais sans renier
24:40ses valeurs.
24:41Donc,
24:42on n'est pas obligé
24:42de tout sacrifier
24:44pour gagner,
24:44simplement,
24:45on peut gagner
24:45en restant soi-même.
24:46Parce qu'il y a
24:47beaucoup de sportifs
24:48qui jouent un rôle,
24:49qui ont une image
24:50publique différente
24:51de l'image privée.
24:52Nadal,
24:53il y a un côté naturel,
24:54c'est-à-dire
24:54qu'il reste la même personne.
24:55Vous allez parler
24:56à des basketteurs,
24:57des gens qui font
24:58des golfeurs,
24:59des footballeurs,
25:00des gens qui font
25:00des sports individuels
25:01ou collectifs.
25:02Beaucoup vous citeront
25:03en exemple
25:03du sportif ultime,
25:04Nadal,
25:05même si ce n'est pas
25:06leur sport.
25:07C'est quelqu'un qui,
25:08voilà,
25:09c'est comme ça,
25:09quand on le regarde,
25:11il remue quelque chose.
25:22Merci Eric Brunat.
25:24Cet épisode de Code Source
25:25a été produit par
25:25Thibaut Lambert
25:26et Clémentine Spiller.
25:28Réalisation,
25:29Julien Moncouquiol.
25:30Code Source
25:31est le podcast quotidien
25:32d'actualité du Parisien.
25:33Nous publions
25:34un nouvel épisode
25:35chaque soir de la semaine,
25:36du lundi au vendredi.
25:37N'oubliez pas de vous abonner
25:38pour n'en rater aucun.
25:40On vous invite également
25:41à écouter Crime Story,
25:42le second podcast du Parisien.
25:44Chaque samedi,
25:45une affaire criminelle
25:46racontée par Claudia Prolongeau
25:47avec Damien Delsenis,
25:49le chef du service
25:50Police Justice du Parisien.
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