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Devenu une star mondiale grâce à ses performances, Léon Marchand, 22 ans, a obtenu cinq médailles, dont quatre en or à Paris, pour ses premiers Jeux olympiques. Il est le Français ayant obtenu le plus de médailles d’or lors de cette compétition.
Cet épisode de Code source est raconté par Eric Bruna, journaliste au service sports du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Raphaël Pueyo, Barbara Gouy, Camille Ruiz et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : France TV
#jeuxolympiques #paris2024 #natation #leonmarchand
Cet épisode de Code source est raconté par Eric Bruna, journaliste au service sports du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Raphaël Pueyo, Barbara Gouy, Camille Ruiz et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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NewsTranscription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien,
00:08Codesource mobilisé comme le reste de la rédaction,
00:11pour vous faire vivre les Jeux Olympiques de Paris 2024.
00:18Il a 22 ans et son nom est inscrit dans l'histoire de la natation.
00:22Léon Marchand a gagné 5 médailles olympiques, 4 en or en individuel et 1 en bronze en relais.
00:28C'est le français qui a remporté le plus de médailles pendant ses Jeux.
00:31On lui a déjà consacré un podcast au début de Paris 2024,
00:35mais depuis, son histoire a basculé.
00:38En quelques jours, Léon Marchand est devenu une star mondiale de la natation.
00:42Cet épisode de Codesource est raconté par Eric Brunat,
00:45qui suit Léon Marchand pour le Parisien depuis des années.
00:58Une fois n'est pas coutumé, on commence ce podcast par la fin.
01:01Dimanche 4 août, Paris la Défense Arena.
01:04Léon Marchand, qui a déjà 4 médailles d'or en poche, en termine avec ses Jeux.
01:09Relais 4x100m avec Florent Manodou, Maxime Grousset et Johan Endoy-Brouard.
01:14Eric Brunat, décrivez-nous le relais français.
01:16Alors déjà, avant de décrire le relais, on peut peut-être décrire l'ambiance,
01:19parce que c'est une des dernières courses, c'est l'avant-dernière course d'une semaine extraordinaire.
01:24Il reste juste un relais féminin après celui-là.
01:26Donc les français sont galvanisés par le public de Paris la Défense Arena.
01:31C'est une courge pour écrire une nouvelle fois la magie ici à Paris dernière journée.
01:364x100m avec Johan Endoy lance le relais.
01:41Léon Marchand prend le relais.
01:43Et Léon Marchand, qui est parmi les français qui sont côte à côte.
01:46Ensuite, Maxime Grousset en papillon arrive à creuser un bel écart,
01:49et Florent Manodou attaque le crawl en tête.
01:51Florent Manodou, sois grand flow.
01:52Allez le champion.
01:54Bon, il a de sérieux clients face à lui, au moins les chinois et les américains.
01:58Il arrive à résister sur la première partie de course,
02:01craque sur la fin, et se fait dépasser par une fusée chinoise nommée Panzani.
02:05Florent Manodou contre les chinois.
02:06Allez Florent !
02:07Qui est le nouveau record mendument du 100m,
02:09et les américains.
02:10Et la France prend la médaille de bronze.
02:12Allez !
02:12Pour l'équipe de bronze, la Chine qui va gagner,
02:15et la France qui reporte la médaille de bronze !
02:18C'est l'euphorie parce que c'est un énorme moment de partage
02:21entre quatre garçons qui ont des trajectoires différentes,
02:24qui ont eu des semaines différentes aussi,
02:25parce que Florent Manodou a gagné le bronze sur 50 mètres d'agible.
02:29C'est le bronze qu'il était venu chercher pour parachever une carrière olympique magnifique
02:33avec six médailles au total.
02:36Léon Marchand a éclairé la semaine avec ses quatre médailles d'or.
02:40Et Maxime Grousset et Johan Ndoi, eux, n'avaient encore rien jusque-là.
02:43Donc cette médaille de bronze a une valeur énorme pour eux.
02:48Le lundi 5 août, vous suivez Léon Marchand toute la journée,
02:51notamment au Club France,
02:52où il est au milieu de milliers de supporters français venus voir leur héros.
02:56Décrivez-nous l'ambiance.
02:58Pour plaisanter, on peut dire que c'était un accueil de Céline Dion au Club France.
03:03C'est-à-dire, Léon Marchand est arrivé avec huit gardes du corps,
03:08bodybuildés, oreillettes, avec les lunettes de soleil,
03:10et il y avait un accueil de rockstar.
03:12Et après, pris dans un tourbillon un peu déjà médiatique,
03:15avec beaucoup de demandes, beaucoup de plateaux, télé, radio enchaînés,
03:18et quelques présentations sur scène devant un public en délire total.
03:25C'est la première fois qu'un parc des chansons comme celui-ci
03:27est mis en place pendant des Jeux Olympiques.
03:29Est-ce que ça rajoute quelque chose ?
03:30Ça change quoi, en fait, une scène comme ça,
03:32face à un monument aussi mythique ?
03:33Déjà, c'est magnifique.
03:34Je pense qu'on est tous d'accord pour dire ça.
03:36Et puis, les Français sont au rendez-vous.
03:38Je pense que le public a été incroyable depuis le début des Jeux.
03:40On a un peu l'impression d'être des rockstars, effectivement.
03:42Ça fait bizarre, on n'est pas habitués.
03:44C'est très rare pour un sportif, surtout pour un nageur.
03:47Donc, on en profite.
03:48On écoute ce qui se passe, on regarde,
03:49et on observe et on prend beaucoup d'amour du public.
03:52Éric Brunat, vous suivez Léon Marchand pour Le Parisien depuis 2019,
03:56vous l'interviewez régulièrement depuis 2019.
03:59D'un mot, depuis cette moisson d'or à Paris 2024, est-ce qu'il a changé ?
04:03Il n'a pas eu le temps de changer parce que sa moisson d'or est très récente.
04:07Il est en train de prendre conscience de ce qu'il a représenté pour la France pendant une semaine,
04:12de tout le bonheur qu'il a pu donner aux gens.
04:14Mais foncièrement, je ne pense pas qu'il change beaucoup dans les semaines ou les mois à venir.
04:18Comment vous pourriez le décrire humainement, il est comment ?
04:20Humainement, on peut le décrire par sa timidité et son humilité.
04:26Voilà, ce sont peut-être deux valeurs, surtout l'humilité,
04:29qu'il tire de son éducation familiale.
04:32Donc, c'est quelqu'un qui, globalement, saura garder les pieds sur terre.
04:36Alors, on va voir comment on en est arrivé là,
04:39comment il est devenu un tel héros pour les Français.
04:41On va revenir d'abord quelques années en arrière.
04:43Vous, ces dernières années, vous avez pu observer sa progression,
04:46par exemple en allant à deux reprises aux Etats-Unis,
04:49où il s'entraîne depuis trois ans.
04:51Vous l'avez vu, notamment pendant les championnats universitaires américains.
04:54En effet, j'ai eu la chance d'aller assister les deux dernières années
04:56aux championnats universitaires américains, les finales NCAA.
05:00Et par deux fois, Léon Marchand a carrément survolé la compétition.
05:03La première fois, il n'a pas réussi à permettre à son équipe
05:06de remporter ses fameuses finales.
05:09Mais cette saison, son université d'ASU, pour la première fois, s'est imposée.
05:12Et c'est bien grâce à lui.
05:13Vous l'avez vu monter en puissance, et pourtant, c'est assez peu connu,
05:17il a failli arrêter la natation à deux reprises.
05:20La première fois est un peu anecdotique.
05:22Il était tout petit et il trouvait l'eau trop froide.
05:24Comme il allait plus vite que les autres dans son club de Toulouse,
05:27il les attendait au bout de la piscine et il avait froid dans l'eau.
05:30La deuxième fois, c'était beaucoup plus important,
05:32à la fin de l'année 2019, quand il avait 17 ans,
05:35et alors qu'il commençait à se faire remarquer
05:37sur la scène mondiale de la natation,
05:39il a ressenti beaucoup de pression.
05:41Il avait peur de décevoir.
05:42Il venait à peine de faire sa première
05:45grande médaille internationale.
05:47Et il a commencé à se rendre compte
05:49de ce que pouvait représenter
05:51la natation de haut niveau,
05:52en termes de pression, de demandes, etc.
05:55Il a commencé à avoir quelques sollicitations.
05:57Et surtout, il a commencé à se rendre compte
06:00de ce qu'il était capable de faire.
06:01Ce qui veut dire qu'il nageait un peu
06:03pour de mauvaises raisons,
06:04à savoir avoir peur de décevoir peut-être ses parents,
06:07de décevoir son entourage,
06:08de se dire qu'il fallait absolument gagner.
06:10Donc, il est rentré dans une espèce de spirale
06:12totalement négative.
06:13Ces deux parents qui sont d'anciens champions de natation,
06:16ils ont tous les deux participé à des Jeux olympiques.
06:18Un coach mental l'a aidé à positiver
06:20sa pratique de la natation,
06:22un certain Thomas Samut.
06:23Qu'est-ce qui a changé à partir de là ?
06:25Alors, il faut déjà peut-être situer la période.
06:28C'est-à-dire que c'est tombé dans la période du Covid,
06:30du premier confinement.
06:31Donc, le premier confinement l'a obligé à arrêter de nager,
06:34lui a permis de se recentrer sur sa famille,
06:37sur les siens, de faire le point,
06:38donc déjà de souffler un peu.
06:40Il a donc pris la décision de faire appel
06:42à un coach mental, un préparateur mental,
06:45pour l'aider à trouver quelques clés
06:47dans la suite de sa carrière,
06:48mais beaucoup plus sur le plan humain
06:50que sur le plan du sportif.
06:52Et dans ce sens,
06:53Thomas Samut l'a aidé
06:54à évoluer vers une notion de plaisir,
06:58de bien-être,
06:59d'arriver à se détacher de la performance sportive
07:02pour favoriser son développement personnel.
07:04Et il y a cet épisode clé
07:05que vous nous racontiez
07:06dans un précédent épisode de Codesources.
07:08Au mois de mars 2020,
07:10Léon Marchand écrit à l'entraîneur américain Bob Bowman,
07:13l'ancien coach de la légende de la natation,
07:16Michael Phelps.
07:17Ce mail, le Parisien l'a publié.
07:19Cher monsieur,
07:20je suis un nageur français,
07:22mon nom est Léon Marchand, j'ai 18 ans.
07:24J'aimerais pouvoir rejoindre l'université d'Arizona State
07:27à l'été 2021
07:28pour nager et concourir
07:30avec votre incroyable équipe.
07:32Pensez-vous que je pourrais obtenir une bourse ?
07:34Quel est le niveau d'études requis ?
07:36Vous trouverez si joint mon CV.
07:38Merci pour le temps que vous passerez
07:39à étudier ma demande.
07:41Sportivement, Léon.
07:42Bob Bowman accepte de le coacher
07:44quelques jours plus tard après une visio.
07:46Eric Brunat, le 1er août,
07:48vous avez publié une longue interview
07:49de Bob Bowman
07:50où vous lui faites comparer
07:52Léon Marchand et Michael Phelps.
07:54Michael Phelps qui avait décroché
07:56dans les années 2000 et 2010
07:5723 médailles d'or olympiques,
08:0013 en individuel
08:01et 10 en relais.
08:02Il y a une grosse différence.
08:04D'abord, c'est leur physique.
08:05Léon Marchand a un corps
08:06moins athlétique que Michael Phelps.
08:08Déjà, tout simplement,
08:09parce que Michael Phelps
08:10est plus grand que Léon Marchand.
08:11Il fait 6 cm de plus.
08:13Il mesure 1,93 m.
08:14On va dire qu'il a un corps
08:16plus musculeux
08:17que celui de Léon Marchand.
08:18Donc, c'est là que se fait
08:19la grande différence.
08:20Léon Marchand s'est bien développé
08:21sur le plan musculaire
08:22depuis qu'il est aux Etats-Unis.
08:25Mais, on dirait,
08:26par exemple,
08:26pour le grand public,
08:27on dirait qu'il garde
08:27un physique entre guillemets normal.
08:29C'est-à-dire qu'il n'a pas
08:30les pectoraux démesurés
08:31d'un sprinter.
08:32Il garde un physique
08:33assez bien proportionné.
08:35En revanche,
08:35Léon Marchand est plus aquatique
08:37que Michael Phelps
08:38d'après Bob Bowman.
08:39Qu'est-ce que ça veut dire ?
08:40Ça veut dire qu'il glisse mieux
08:41dans l'eau.
08:42Pour faire très simple,
08:43on peut dire que Léon Marchand
08:44est plus poisson
08:45que Michael Phelps.
08:46C'est-à-dire que l'eau
08:47est plus en élément,
08:48Phelps est plus en puissance,
08:50Léon Marchand
08:51est plus en fluidité.
08:52Bob Bowman constate aussi
08:53qu'il doit donner
08:54ses directives
08:54de façon plus subtile,
08:56plus indirecte
08:57à Léon Marchand
08:58que ce qu'il faisait
08:58avec Michael Phelps.
09:00Bob Bowman a l'intelligence
09:01de s'adapter au caractère
09:02du nageur qui l'entraîne.
09:04Donc, Michael Phelps
09:05avait peut-être plus besoin
09:06d'une méthode
09:07un peu plus militaire,
09:08rigoureuse.
09:09On donne des ordres,
09:10il exécute.
09:11Léon Marchand aime bien
09:12comprendre ce qu'il fait,
09:14technique, tranquillement.
09:16Donc, la façon de communiquer
09:18n'est pas la même.
09:19Dernière différence,
09:20l'état d'esprit
09:20avec lequel Léon Marchand
09:21et Michael Phelps
09:22sont dans les minutes
09:23qui précèdent les courses
09:24en chambre d'appel
09:25ou au moment de monter
09:27sur le plot,
09:27ça n'a rien à voir.
09:28Sur ce plan-là,
09:29les deux sont totalement
09:30aux antipodes.
09:31Michael Phelps,
09:32c'était tout en tension
09:33et Léon Marchand,
09:34c'est tout en relâchement.
09:36C'est-à-dire que Michael Phelps
09:37était tendu
09:38comme une pile électrique
09:39au moment de partir,
09:41vraiment envoyé en lui
09:42bouillir l'énergie.
09:43Léon Marchand,
09:44lui, arrive avec un calme
09:46et on a l'impression
09:46qu'il se nourrit,
09:48qu'il absorbe
09:48toute cette énergie
09:49pour la retransmettre
09:50dans sa course.
09:52Éric Brunat,
09:52le dimanche 28 juillet,
09:54Léon Marchand monte
09:55sur le plot
09:56pour le 400 mètres
09:574 nages,
09:58première finale
09:59de ses Jeux Olympiques
09:59Paris 2024
10:00et là,
10:01c'est une démonstration.
10:04C'est une totale démonstration.
10:09On peut dire
10:10que quand on regarde la course,
10:11on n'a pas trop le temps
10:12de se poser des questions
10:13pour savoir qui va gagner
10:15parce qu'il est très vite devant,
10:17il ne fait qu'accentuer son avance
10:19et il domine littéralement
10:20toute la concurrence.
10:21Il a 15 mètres d'écart,
10:2215 mètres,
10:23c'est phénoménal.
10:24Pour finir avec
10:25près de 6 secondes
10:27sur le second et le troisième,
10:28donc c'est totalement
10:30hallucinant
10:30avec un temps
10:31de 4-0-2-95
10:33qui est très très proche
10:34de son record du monde
10:35établi l'an passé.
10:36Oh là là,
10:36Léon Marchand qui continue,
10:38Marchand qui est parti,
10:39Marchand qui est devant,
10:40Léon Marchand,
10:41champion olympique
10:42avec un nouveau record olympique,
10:45celui de Michael Fett.
10:48Phénoménal !
10:49À ce moment-là,
10:50des dizaines de millions
10:51de Français
10:51regardent cette performance,
10:52soit chez eux
10:53devant leur télé,
10:54soit dans des bars,
10:55le grand public français
10:57découvre le phénomène.
10:59Oui, on a vécu
11:00cette course en direct
11:01au Club France,
11:02ça y est,
11:02Léon Marchand,
11:03Léon Marchand,
11:05médaillé dehors,
11:06champion olympique,
11:07notre Français,
11:09le Club France
11:10a vibré.
11:10Regardez,
11:11les supporters sont là,
11:12on chante évidemment,
11:13tout le monde,
11:14tout le monde est venu le supporter.
11:15Eric Brunat,
11:16est-ce que même vous,
11:17vous êtes un peu surpris
11:18par l'écart creusé
11:19avec ses adversaires ?
11:20Alors surpris,
11:21oui et non,
11:22parce qu'on sait
11:22que le 400 mètres,
11:23c'est la distance
11:24de Léon Marchand,
11:25c'est sa distance favorite,
11:27celle où il a le plus de marge.
11:28Ce qui peut surprendre,
11:30c'est qu'on ne pouvait pas savoir
11:31dans quel état
11:31il allait arriver à Paris
11:32et pouvoir gérer
11:34toute cette pression,
11:35tout ce public.
11:36Il faut savoir
11:36que dès le dimanche matin
11:37en série,
11:38il y avait 17 000 personnes
11:40en train de scander
11:40Léon, Léon,
11:42du jamais vu en natation,
11:43donc on pouvait peut-être
11:44penser qu'il serait,
11:46non pas écrasé,
11:47mais qu'il subira un peu
11:47cette pression.
11:48Et là,
11:49il arrive,
11:49il gagne
11:50et il s'en va.
11:51Et ce n'est pas terminé.
11:52Déjà,
11:52Léon Marchand se lance
11:53un défi fou,
11:54il veut s'aligner
11:55dans le 200 mètres papillon
11:56et le 200 mètres brasse,
11:58c'est le même jour,
11:59et il sait qu'entre
11:59les deux finales,
12:00il n'y aura que
12:01deux heures d'intervalle,
12:03même son entraîneur,
12:04Bob Bowman,
12:05est circonspect.
12:06Alors,
12:07ce qui posait problème
12:08à Bob Bowman,
12:08ce n'est pas tant
12:09les finales
12:10que la veille,
12:12c'est-à-dire
12:12la journée
12:13où il fallait faire
12:14deux fois les séries
12:15et deux fois
12:16les demi-finales
12:17avec un temps
12:17beaucoup plus court
12:18que les deux heures
12:19qui séparaient
12:19les deux finales.
12:20Donc,
12:21c'est sur ce plan-là
12:21que Bob Bowman
12:22était inquiet.
12:22Et il faut savoir
12:23que Bob Bowman
12:24a quand même
12:24une expérience énorme
12:25et n'a jamais tenté
12:27de faire disputer
12:28à Michael Phelps
12:29deux courses individuelles
12:30dans le même jour.
12:31Donc,
12:31il était plus que mesuré.
12:34Et il a fallu
12:35que Léon Marchand,
12:35si j'ose dire,
12:36le travaille au corps
12:37jusqu'au dernier moment
12:38pour le convaincre
12:39qu'effectivement,
12:40il pouvait le faire.
12:40Une fois qu'il a remporté
12:42l'or du 400 mètres
12:43quatre nages,
12:44on peut dire
12:44que ça a déridé Bob Bowman
12:46qui lui a dit
12:46« Tu le sens, vas-y ! »
12:49Le mardi 30 juillet
12:50à 20h37,
12:51Léon Marchand
12:52est en finale
12:53du 200 mètres papillon.
12:54Face à lui,
12:55il y a notamment
12:56un Hongrois,
12:57Christophe Milak,
12:58gros adversaire.
12:59Est-ce que vous pouvez
12:59nous le présenter ?
13:00Alors,
13:00pour faire simple,
13:01on peut dire
13:01que sur les quatre courses
13:02individuelles
13:03que Léon Marchand
13:04doit disputer
13:05dans la semaine,
13:06la plus grosse adversité,
13:08c'est sur le 200 mètres papillon
13:09et c'est Christophe Milak.
13:11Christophe Milak,
13:11c'est le champion olympique
13:12en titre,
13:13c'est le record main du monde,
13:14donc c'est celui
13:15qui peut empêcher
13:16Léon Marchand
13:16de faire le grand chelem
13:17dans la semaine.
13:18Après 150 mètres de course
13:20dans ce 200 mètres papillon,
13:21Léon Marchand
13:22est mené
13:23par Christophe Milak.
13:24C'est fort ce que fait Milak,
13:25quand même pour l'instant,
13:26il construit magnifiquement
13:27sa course,
13:28il n'y a pas de défaillance.
13:29Décrivez-nous ce moment.
13:30Honnêtement,
13:30on se dit
13:31« Bon,
13:31ce coup-là,
13:32ça peut être l'argent
13:33parce que Milak est devant,
13:35Léon Marchand
13:36est bien derrière
13:36et on attaque
13:37le dernier virage.
13:42Allez Léon,
13:43et là,
13:44on attaque
13:45la dernière coulée.
13:46La coulée,
13:47c'est à chaque virage
13:48le moment
13:48où on passe sous l'eau
13:49et puis on ressort
13:50pour continuer de nager.
13:52La coulée,
13:52c'est le point fort
13:53de Léon Marchand.
13:54Donc là,
13:54tout le stade est debout
13:55et en fusion complète,
13:56c'est vraiment
13:57l'effervescence.
13:58Après la coulée,
13:59Léon Marchand
13:59ressort juste derrière Milak
14:01alors qu'il était bien distancé
14:03avant le virage.
14:04Il commence à refaire son retard.
14:06Léon Marchand
14:07contre...
14:08La balle,
14:08la balle,
14:09la balle,
14:10le roi.
14:11Christophe Milak
14:11et Léon Marchand,
14:12Léon Marchand
14:13qui revient.
14:13Milak s'en rend compte
14:15parce qu'on voit
14:16sur les images
14:17que Milak jette
14:18un petit coup d'œil
14:19en coin à sa gauche
14:20en train de se dire
14:20c'est pas possible,
14:21il va pas me doubler.
14:22Léon Marchand
14:23qui est en train de passer Milak,
14:24il va le faire,
14:25il va le faire,
14:26le pape du pape des Français,
14:28Léon Marchand
14:29reporte son deuxième titre.
14:31Et là,
14:32Léon Marchand le dépasse
14:33et Milak ne peut plus rien faire
14:34et Léon Marchand
14:35va toucher premier.
14:36C'est sûrement
14:37le moment le plus magique
14:39de toutes les courses,
14:40de toute la semaine de natation,
14:41des Jeux Olympiques.
14:42C'est une des courses
14:43qui restera dans l'histoire
14:44pour sa dernière ligne droite
14:45tellement c'était extraordinaire
14:47la façon dont il a doublé Milak.
14:52Et comment il est lui ?
14:54Presque d'un calme olympien.
14:55C'est-à-dire qu'il jubile
14:56mais il est obligé
14:58de contenir
14:59toute la joie
15:00qu'il aurait envie
15:00de partager avec le public
15:01parce que
15:02deux heures plus tard,
15:04il doit aller conquérir
15:05une troisième médaille d'or
15:06sur 200 mètres brasses
15:07et qu'il ne faut pas perdre
15:08la moindre énergie.
15:1022h31,
15:10il prend le départ
15:11de ce 200 mètres brasses.
15:13Comment ça se passe pour lui ?
15:14Je crois que tout le monde
15:15a pensé pareil
15:15une fois qu'il a gagné
15:17le 200 mètres papillon.
15:18Personne dans l'aréna
15:19pouvait imaginer
15:20un seul instant
15:21que Léon Marchand
15:22n'allait pas gagner
15:23le 200 mètres brasses
15:24parce que déjà
15:25il est largement au-dessus
15:26en brasses,
15:28galvanisé par ce qu'il avait fait
15:29avant dans la course
15:30qui était probablement
15:31la plus difficile de la semaine.
15:32Il était presque impossible
15:33que cette course-là lui échappe.
15:35Et le chrono qui va tomber,
15:36Léon Marchand,
15:38champion olympique !
15:39Record olympique !
15:41Et le record olympique !
15:42Quelle sensation !
15:44Léon Marchand est énormissime !
15:47Léon Marchand s'impose à nouveau
15:49et avec ce doublé réalisé
15:50le même soir,
15:51il dispose maintenant
15:52de trois médailles d'or olympiques.
15:55Par exemple,
15:55c'est autant que Marie-José Pérec
15:57sur l'ensemble de sa carrière
15:58ou encore Teddy Riner
16:00avant ses Jeux.
16:01Et surtout,
16:01Léon Marchand est devenu
16:03une star mondiale de la natation.
16:05Le grand public
16:06qui avait laissé échapper
16:07le 400m4nage du dimanche
16:09a beaucoup de mal
16:10à fuir le doublé du mercredi.
16:12Là, c'est sûr
16:12que ça le fait entrer
16:13dans une autre dimension.
16:14Je discutais avec
16:16Roddy Gaines.
16:17Roddy Gaines
16:18qui est triple champion olympique
16:19et qui est le commentateur
16:20vedette de NBC.
16:21Donc NBC
16:22qui est le plus gros diffuseur des Jeux.
16:24Et qui me disait
16:25que sur les antennes américaines,
16:28Léon Marchand avait eu
16:29un traitement égal
16:30sinon supérieur
16:31aux nageurs américains.
16:32Alors, il faut savoir aussi
16:33que comme il s'entraîne
16:34aux Etats-Unis,
16:35les Américains aiment bien
16:36en prendre un peu la paternité.
16:38Mais quand même,
16:39ça donne le niveau
16:39du traitement médiatique
16:41de Léon Marchand.
16:46Dans le Parisien,
16:47vous avez fait plusieurs papiers
16:48sur l'entourage
16:49de Léon Marchand.
16:50Il y a donc ses parents,
16:51anciens nageurs.
16:52Il y a aussi son petit frère
16:53Oscar, 17 ans,
16:55qui est son premier supporter.
16:57Oscar,
16:57c'est le premier
16:58qui se précipite
16:59dans ses bras
17:00pour aller le féliciter
17:01après une médaille,
17:02un podium.
17:03Là, en l'occurrence,
17:03après toutes les Marseillaises,
17:04c'est le premier
17:05qu'il est allé étreindre.
17:07Et c'est celui qui,
17:09pour la petite anecdote,
17:11depuis 2022,
17:13se balade sur chaque
17:14grande compétition
17:15avec un portrait
17:16de Léon Marchand,
17:17donc une grosse photo
17:18de Léon Marchand.
17:19Et derrière,
17:20à chaque fois,
17:21est parafait l'endroit
17:22où ils sont.
17:23Donc, il y a marqué
17:24Atlanta 2022,
17:25Budapest 2022,
17:27Fukuoka 2023.
17:28Et cette année,
17:29il a été un peu frustré
17:30à Paris La Défense Arena
17:31parce que le comité
17:32d'organisation
17:33qui a organisé
17:33des groupes
17:34de supporters officiels
17:35a donné à tout le monde
17:36des pancartes géantes,
17:37plus grandes que la sienne.
17:39Donc, il n'a sorti
17:40la pancarte
17:40que pour la première course
17:41du 400 mètres 4 nages
17:42et il a jugé
17:43qu'ensuite,
17:44elle pouvait aller se reposer.
17:45Dans l'équipe Marchand,
17:45il y a aussi une avocate,
17:46amie de la famille
17:47et elle a un rôle clé
17:48face aux très nombreuses
17:50sollicitations.
17:51Il faut savoir que
17:52Léon Marchand
17:52s'inspire beaucoup
17:53de Kylian Mbappé.
17:54C'est-à-dire Kylian Mbappé
17:55dont les intérêts
17:55sont gérés par la maman.
17:57Léon Marchand
17:58aime bien faire gérer
17:59ses intérêts en famille
18:00par des gens
18:01en qui il a confiance.
18:02Donc, en gros,
18:03ce sont ses parents,
18:05son frère
18:05et son avocate
18:06qui est avant tout
18:07une amie de la famille.
18:09Leur credo,
18:09c'est assez facile,
18:10ça tient en trois lettres
18:11et non.
18:12Donc, ils ont refusé
18:14énormément de sollicitations
18:16depuis 2-3 ans
18:16parce qu'il avait
18:18un idéal olympique
18:19et ils n'ont pas vraiment
18:20l'intention de changer
18:21de méthode
18:22dans les mois à venir
18:23quand Léon Marchand
18:24va crouler sous les sollicitations.
18:25Trois médailles d'or,
18:26trois finales
18:27mais à chaque fois,
18:28il y a aussi avant
18:28les séries
18:29et les demi-finales.
18:30On sait comment
18:31il récupère
18:32après les courses
18:32et dans quel état physique
18:33il se trouve
18:34avant sa quatrième finale,
18:36le 200 mètres 4 nages ?
18:38Avant de disputer la finale,
18:39il en est déjà
18:40à 10 courses individuelles.
18:43Alors après,
18:43il faut savoir
18:44qu'il y a tout un protocole
18:45qui est mis en place
18:45autour de lui
18:46pour optimiser
18:47sa récupération.
18:48dès qu'il sort de l'eau
18:49après chaque course,
18:50on lui fait ce qu'on appelle
18:51une prise de lactate,
18:53c'est-à-dire qu'on lui prélève
18:54une goutte de sang
18:55dans l'oreille
18:56pour calculer,
18:58en gros,
18:58pour faire très simple,
19:00combien de temps
19:00il va lui falloir
19:01pour récupérer.
19:02Ensuite,
19:03il part dans un bassin
19:04de récupération
19:04nager,
19:06parce qu'un nageur
19:06ça nage toujours,
19:07donc il part nager,
19:08se régénérer
19:09et au bout
19:10d'une vingtaine de minutes,
19:11on reprend une autre mesure
19:12pour savoir
19:12où il en est.
19:13Donc,
19:14il a toujours conscience
19:15exactement
19:15de sa capacité
19:16à refaire des courses.
19:18D'un mot,
19:19il a la chance
19:19d'avoir un corps
19:20assez exceptionnel
19:21en matière de récupération.
19:23Il y a eu des mesures
19:23qui ont été faites
19:24par la cellule optimisation
19:26de la Fédération
19:26française de natation
19:27et il fait partie
19:28des nageurs
19:29qui récupèrent le plus vite.
19:34Le vendredi 2 août
19:35à 20h49,
19:37Léon Marchand
19:37va essayer
19:38d'aller chercher
19:38un quatrième titre olympique
19:40dans l'épreuve
19:41du 200 mètres 4 nage.
19:43C'est la dernière course
19:44individuelle,
19:45donc là,
19:45c'est le dernier coup de collier,
19:46c'est peut-être
19:46la dernière médaille d'or.
19:48Donc,
19:48Léon Marchand
19:49s'élance en papillon,
19:50il vire en deuxième place
19:52et au virage,
19:54il prend la tête
19:54et il ne va jamais
19:56la lâcher.
19:57Nickel !
19:57Il est en place,
19:58il est déjà devant
19:59dans cette course,
19:59il va creuser l'écart,
20:01un peu j'oserais dire
20:02comme d'habitude
20:02et là,
20:04comme tous les jours
20:04depuis le début de la semaine,
20:06il va faire sa brasse
20:07au son du public
20:09qui lui donne une énergie folle
20:19et forcément
20:20dont il profite
20:21à chaque mouvement dans l'eau.
20:23en France,
20:23il va réussir
20:24son pari impossible !
20:254 titres à Fic !
20:27Il y a des titres
20:27pour la Fic !
20:29Oubliez tout ce que vous avez vu !
20:31Le plus grand champion français
20:33sur une Olympiade
20:34est Toulousain !
20:36Il a 22 ans !
20:37Il s'appelle Léon Marchand !
20:39Et il finit
20:40à 6 petits centièmes
20:41du record du monde
20:42en 1,54-0,6.
20:44Et là,
20:44il peut vraiment
20:45laisser exploser sa joie ?
20:46Là,
20:46il peut enfin savourer
20:47parce qu'il était mine de rien,
20:49c'est quand même difficile
20:50à imaginer.
20:52Quelqu'un qui a gagné
20:53sa première médaille d'or
20:54presque une semaine avant
20:56et qui depuis
20:57reste dans sa bulle
20:59concentrée
21:00pour accomplir
21:01tout le chemin
21:02qui s'est fixé.
21:03Donc là,
21:04c'est le bout du chemin,
21:054 courses,
21:054 médailles d'or,
21:064 records olympiques.
21:08Donc,
21:08il a tout fait,
21:09c'est le moment
21:10où, en effet,
21:11il peut savourer.
21:15Son entourage,
21:15ses parents,
21:16son frère,
21:16comment est-ce qu'ils vivent
21:17cette folie ?
21:184 médailles d'or au gillon.
21:19Ils la vivent très posément
21:21parce que,
21:21tout simplement,
21:22déjà,
21:23ce sont des nageurs.
21:24Enfin,
21:24ils ont été tous les deux
21:25nageurs de haut niveau.
21:26Donc,
21:26ce sont des techniciens,
21:27donc ils savent
21:27ce que c'est la natation.
21:29Il y a tout ce côté technique.
21:30Ensuite,
21:31parce que ce sont des gens
21:32qui sont discrets,
21:35réservés,
21:36donc ils ne s'enflamment pas.
21:37Donc,
21:37ils ont éprouvé
21:38beaucoup de plaisir
21:38pendant la semaine.
21:39Ils ont bien fêté
21:40toutes les victoires
21:41de leurs fils
21:41parce qu'ils ont
21:42un clan d'amis
21:43un peu dans toute la France
21:44et surtout à Toulouse.
21:45Donc,
21:45il y a eu jusqu'à 40 personnes
21:47qui sont venues avec eux
21:48voir Léon Marchand
21:49pendant les courses et tout.
21:50Donc,
21:50ils ont bien profité,
21:51ils ont bien fêté,
21:52mais ils ne sont pas du genre
21:53non plus à s'enflammer.
21:55Eric Brunat,
21:56est-ce que Léon Marchand
21:57peut rêver
21:58de battre le record
21:59de Michael Phelps,
22:0023 médailles d'or au GIO ?
22:02Alors,
22:02c'est toujours beau de rêver,
22:03mais là,
22:04on va quand même
22:05rester réaliste.
22:06Et surtout,
22:07il ne faut pas se focaliser
22:08sur les 23 titres
22:09de Michael Phelps.
22:10Les 23 titres
22:11de Michael Phelps,
22:11c'est un trompe-l'œil
22:12parce que Michael Phelps
22:13a gagné 13 titres
22:14en individuel
22:15et 10 en relais.
22:18Soyons réalistes,
22:19la France n'a pas
22:20la densité des Etats-Unis
22:21en relais,
22:22donc il est impossible
22:24d'imaginer
22:24que Léon Marchand
22:25puisse un jour gagner
22:2610 médailles d'or en relais.
22:27Donc,
22:28si on se focalise
22:29sur les 13 de Phelps
22:30en individuel,
22:31sachant qu'il en a 4,
22:33que potentiellement,
22:33il peut encore disputer
22:342 ou 3 Jeux Olympiques,
22:36alors là,
22:37pourquoi ne pas rêver ?
22:52Merci Eric Brunat.
22:53Paris 2024 est à suivre
22:55en temps réel
22:55sur leparisien.fr.
22:57200 journalistes du Parisien
22:59sont mobilisés
23:00pour vous faire vivre
23:00ces Jeux.
23:01Les médailles,
23:02les performances,
23:03les histoires des athlètes
23:04et bien sûr,
23:04les coulisses,
23:05la fête
23:06qui entoure cet événement.
23:07Rendez-vous aussi
23:08chaque matin,
23:08bien sûr,
23:09chez votre marchand de journaux.
23:10Cet épisode de Côte-Source
23:11a été produit par
23:12Barbara Agoui,
23:13Camille Ruiz,
23:14Raphaël Pueillot
23:15et Thibaut Lambert,
23:16réalisé par Julien Moncouquiol.
23:18Et puis,
23:18n'oubliez pas
23:19les deux autres podcasts
23:20du Parisien,
23:21Le Sacre,
23:2224 interviews
23:23de médaillés d'or
23:24olympiques
23:24et paralympiques
23:25et Crime Story
23:27avec cet été
23:28une série de 6 épisodes
23:29consacrés
23:30à l'affaire
23:31Xavier Dupont de Ligonnès.
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