- il y a 6 mois
Ouvrir l’accès à l’éducation et à la formation à la citoyenneté à tous les jeunes, c’est la mission de la Fédération Léo Lagrange. Vincent Séguéla, secrétaire général de l’organisation, explique comment faire de l’éducation populaire un sujet essentiel dans cette période d’élections municipales. Le combat de l’association en ce moment est de mieux réintégrer la jeunesse dans les politiques publiques.
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00:00– Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans
00:09notre économie, notre société.
00:11Aujourd'hui, je reçois Vincent Séguéla, bonjour.
00:13– Bonjour.
00:13– Bienvenue, vous êtes le secrétaire général de la Fédération Léo Lagrange. C'est quoi la Fédération Léo Lagrange ?
00:19– La Fédération Léo Lagrange, c'est une grande association qui a passé ses 75 ans,
00:24donc c'est quelque chose qui est bien installé dans le paysage de l'éducation populaire.
00:28Donc, c'est une association qui est reconnue d'utilité publique et qui a pour mission l'éducation et la
00:34formation tout au long de la vie.
00:35Et donc, chez nous, ça commence tout petit, tout petit, avec les crèches, évidemment, les actions sur la parentalité,
00:42beaucoup sur l'enfance et la jeunesse, qui est un peu notre cœur de métier, mais aussi auprès des adultes.
00:48Et notamment, nous sommes un organisme de formation assez important dans notre domaine,
00:55avec cette idée que toute la vie, nous évoluons, toute la vie, nous avons besoin de se former.
01:02Et notre objectif, c'est aussi quand même que ceux qui nous fréquentent, grâce à notre action,
01:08deviennent des citoyens actifs aussi, le moment venu et le plus tard possible.
01:14Oui, effectivement, cette notion de citoyenneté, elle est centrale et on va y revenir puisqu'on est en pleine période
01:19d'élection municipale.
01:22Éducation populaire, je comprends bien ce qu'il y a derrière ces mots, mais je veux bien entendre votre définition
01:27à vous.
01:28Oui, alors, ce n'est pas facile à définir l'éducation populaire, d'autant plus que tout le monde, effectivement,
01:32en a une certaine idée.
01:33Mais ce qu'on peut dire, c'est en gros, d'abord, c'est centré sur l'intérêt général et
01:38c'est porté par le tissu associatif.
01:42Depuis plus d'un siècle, il y a beaucoup d'associations d'éducation populaire, c'est quasiment un tiers, presque
01:50la moitié des associations en France.
01:52Donc, ça consiste à, comme je disais tout à l'heure, à faciliter l'accès à tous, à l'éducation
01:59et à la formation tout au long de la vie,
02:01ou à la formation permanente. Donc, c'est différent de l'instruction, c'est-à-dire qu'on est complémentaire
02:07de l'éducation nationale,
02:09pour ce qui est des enfants et des jeunes, mais on utilise aussi des méthodes différentes des lieux d'apprentissage,
02:17j'allais dire, traditionnels.
02:18Donc, on n'est pas dans un rapport sachant-apprenant, on utilise ce qu'on appelle des méthodes ou des
02:23pédagogies actives
02:24qui placent le sujet, l'enfant, le jeune, l'adulte, au centre de l'apprentissage, par la mise en expérience,
02:34le débat et le partage d'apprentissage.
02:38Et voilà, et donc c'est un certain nombre d'actions, beaucoup orientées, on utilise beaucoup le levier sportif, le
02:44levier culturel, la mobilité également.
02:49C'est cet ensemble qui vise à nous aider, à devenir citoyens, à nous aider à être parents, à rester
02:56dans les circuits du travail aussi,
02:59pour ce qui est de la formation et de l'insertion et de l'orientation professionnelle, par exemple.
03:01Est-ce qu'il y a une dimension politique à la création de la fédération ? Est-ce qu'elle
03:06existe encore ?
03:07Oui, bien sûr. L'objectif d'abord, c'est l'intérêt général. L'intérêt général, c'est quelque chose de
03:14politique.
03:16Favoriser l'intérêt général plutôt que les intérêts individuels, c'est une forme d'orientation tout à fait politique.
03:21Évidemment, on porte le nom de Léo Lagrange, qui a été secrétaire d'État il y a exactement 90 ans,
03:27puisqu'il se trouve que c'est les 90 ans du Front populaire,
03:30et qui a été le premier secrétaire d'État chargé des loisirs et de la jeunesse,
03:33et donc de mettre en œuvre les premières politiques publiques autour du temps libre,
03:37puisque pour la première fois, les Français, tous les Français, allaient découvrir les congés payés, donc les vacances.
03:4390 ans après, il y a encore à peu près la moitié des Français qui ne partent pas en vacances
03:47chaque année,
03:4840% d'enfants qui ne partent pas en vacances cette année.
03:51De ce point de vue-là aussi, militer pour favoriser le départ en vacances,
03:57oui, c'est un objet politique, bien sûr.
03:59Effectivement, avec quelques chiffres, plus de 43 000 adhérents,
04:03900 000 usagers, 3 000 bénévoles, je pourrais en citer beaucoup des chiffres,
04:06on a choisi ceux-là, plus de 30 000 jeunes dans les dispositifs dédiés,
04:09plus de 45 000 personnes formées.
04:11Cette dimension de formation au long de la vie, ça prend quelle forme ?
04:18Si vous pouvez nous donner des exemples de celles et ceux qui en bénéficient,
04:23et de ce que ça change dans leur vie aussi, parce que c'est ça l'important.
04:26Bien sûr. Alors, quelle forme ça prend ?
04:29On gère des crèches, on gère des centres de loisirs, des accueils péri-extrascolaires,
04:35des maisons de quartier, des centres socioculturelles, des centres sociaux, des espaces de vie sociale.
04:39On intervient aussi dans les collèges et les lycées sur des programmes, par exemple,
04:43de lutte contre les discriminations et le racisme,
04:47sur des programmes à l'éco-citoyenneté en élémentaire,
04:50pour préparer les enfants à devenir de futurs citoyens sensibles à leur environnement,
04:57sensibles aux vivants, etc.
04:59Et évidemment, comme je le disais tout à l'heure, on est aussi un organisme de formation.
05:03Donc là, on intervient aussi bien sur des champs de qualification à des métiers,
05:07divers et variés, dont les nôtres évidemment.
05:10On fait beaucoup d'orientations.
05:12On intervient, par exemple, auprès des publics sous main de justice.
05:14Donc on prépare le retour, après avoir réparé,
05:20on prépare le retour de ces personnes sur le chemin de l'insertion.
05:25Donc que le séjour en prison serve vraiment à ce à quoi il devrait servir,
05:28c'est-à-dire le retour dans la société après ?
05:30Exactement, pour éviter la récidive, etc.
05:33On travaille aussi auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration,
05:39c'est-à-dire ceux qui sont appelés à devenir français,
05:41ceux qui sont appelés à travailler en France.
05:43Donc on les accompagne, on les forme pour que ça fonctionne,
05:47que l'intégration soit réussie.
05:50En juillet dernier, vous avez commandé une étude,
05:53piloté une étude avec Exopé, Eurogroup ou Consulting,
05:56pour mettre en lumière le poids économique et l'impact sociétal de cette éducation populaire.
06:01Je vais donner quelques chiffres, un résultat de cette étude,
06:04467 000 salariés, 430 000 associations,
06:0726 milliards d'euros de budget annuel,
06:09ça représente plus de 1% du produit intérieur brut national.
06:13Pourquoi vous vous êtes dit qu'il faut qu'on mette ça sur la table ?
06:16Parce que traditionnellement, et c'est peut-être la faute des associations aussi,
06:22on est très centré sur notre objet, nous sommes non lucratifs.
06:25Donc nous, notre objectif, ce n'est pas de gagner de l'argent
06:27pour rémunérer des actionnaires ou que sais-je.
06:31Donc nous sommes sur l'intérêt général.
06:34Nous défendons des causes, les uns et les autres,
06:36et sensiblement les mêmes dans l'éducation populaire,
06:39puisque c'est ce qui nous réunit.
06:40Et donc, on est appréciés.
06:45Mais ça ne suffit pas.
06:46Vous aviez le sentiment de passer un peu sous les radars ?
06:49On voudrait être reconnus.
06:49Mais bien sûr, par exemple, il y a eu depuis quelques années
06:53toute une politique à destination des entreprises,
06:55dite politique de l'offre,
06:57où donc on a progressivement effacé les impôts de production,
07:01dite production.
07:03Nous, curieusement, on n'y a pas eu droit.
07:05Pourtant, les associations payent ce qu'on appelle une taxe sur les salaires,
07:11qui est un impôt de production.
07:12Nous, curieusement, on n'a pas eu droit à cet effort
07:15qui nous permettrait, demain, d'investir davantage,
07:19de nous développer et de faire plus d'intérêt général sur le territoire.
07:23Donc, on s'est dit, sans renier nos valeurs,
07:27sans mettre nos projets de sociétés associatifs derrière,
07:31il faut qu'on parle aux Français, aux décideurs,
07:34pour dire que nous avons un impact, y compris économique et réel,
07:38dans la vie des Français.
07:40C'est le cas, par exemple, si on fait un zoom sur le péri et l'extrascolaire
07:44ou les crèches.
07:46La présence de politiques et d'associations comme nous
07:51qui gérons des crèches, des accueils de loisirs,
07:53du péri scolaire et de l'extrascolaire,
07:55ça permet à beaucoup de Français et de Françaises d'aller travailler.
07:59Donc, ça crée du PIB.
08:02Donc, ça favorise aussi également, vous vous en doutez,
08:06le rapport égalité femmes-hommes au travail,
08:09parce que s'il faut garder les enfants,
08:12vous savez comment ça se passe, même si les choses progressent.
08:15Et c'est bon aussi pour, j'allais dire, le portefeuille,
08:18le pouvoir d'achat ou le pouvoir de vivre des familles,
08:20puisque un accueil péri-extrascolaire,
08:23ça leur coûte à peu près 3 000 euros en moyenne par an
08:26et ça leur permet de générer ou de conserver 11 000 euros
08:29de revenus par an.
08:31Et ça pose la question des communes.
08:33On est en pleine élection municipale,
08:34on va s'intéresser et prendre le temps
08:36de creuser certaines de vos propositions.
08:38Mais quand je vous entends,
08:41vous dites qu'on n'a pas été concerné par la politique de l'offre,
08:44mais peut-être même pire,
08:46les associations, elles voient leur budget,
08:48leur subvention reniée.
08:50Est-ce que vous, vous le ressentez au sein de ce tissu
08:53qui représente l'éducation populaire ?
08:56Très clairement, en ce moment, la période pour nous,
08:59c'est pile tu gagnes, face je perds.
09:01Donc on n'a pas été concerné par la politique de l'offre.
09:06Et effectivement, en plus,
09:09tous les mécanismes financiers et économiques
09:12à destination des associations d'éducation populaire
09:15sont orientés à la baisse.
09:16Les moyens de l'État...
09:17Ceux des collectivités locales aussi ?
09:19Ceux des collectivités locales aussi,
09:22par le truchement notamment de la baisse
09:24des dotations d'État vers les collectivités.
09:26Et attention, il y a aussi des collectivités
09:28qui font des choix,
09:28qui ne sont pas ceux de l'éducation populaire
09:30et qui sont, pour reprendre une formule
09:33que nous connaissons bien dans notre environnement,
09:35de préférer faire des ronds-points
09:37plutôt que d'ouvrir des places de crèche, par exemple.
09:40Alors, je vais vous citer.
09:41Il faut tout un village pour élever un enfant.
09:43L'éducation est une responsabilité collective,
09:47parents, enseignants, animateurs et associations,
09:49élus, voisins.
09:50Nous sommes tous des acteurs éducatifs.
09:51Dans le mot communauté,
09:52il y a le mot « commune ».
09:54J'ai choisi cette citation pour ouvrir ce chapitre
09:58consacré aux élections municipales
10:00parce que vous avez ouvert une sorte de plateforme nationale
10:04dédiée aux territoires sur le titre
10:06« Pour des territoires éducatifs, ouvrons tous ».
10:09L'objectif, c'est quoi ?
10:10C'était, et c'est,
10:11puisqu'on est entre les deux tours
10:14de ces élections municipales,
10:17d'en faire un enjeu central de ces municipales,
10:20l'éducation, l'éducation populaire ?
10:22Oui, bien sûr.
10:23Il faut en faire un enjeu central.
10:25C'est assez réussi.
10:28On est assez contents.
10:29En tous les cas, il y a des sujets,
10:31notamment le péril extrascolaire,
10:32la petite enfance,
10:33qui sont assez présents
10:37durant cette campagne.
10:39Et c'est effectivement une responsabilité importante
10:42pour une collectivité locale.
10:47Donc, il y a d'autres sujets, évidemment,
10:48qui préoccupent les Français,
10:52à la campagne ou dans les villes.
10:55Derrière ce que nous prenons aussi,
10:57il y a effectivement la question de la citoyenneté.
10:59Nous n'oublions pas que tout ce que nous faisons
11:01en termes d'éducation et de formation
11:02tout au long de la vie,
11:03et c'est ce que démontre l'étude qu'on a évoquée
11:06tout à l'heure,
11:07c'est que partout où il y a eu de l'éducation populaire,
11:10ça fait des Français qui sont davantage engagés.
11:14De façon très sensible,
11:1630 à 50 %,
11:17c'est-à-dire que demain,
11:18ils seront dans les associations,
11:19demain, ils seront dans la vie syndicale,
11:21et donc le paritarisme.
11:22Demain, ils seront eux-mêmes candidats.
11:24Ils sont beaucoup plus électeurs
11:26que ceux qui n'ont pas de contact
11:28avec l'éducation populaire.
11:29Ils ont beaucoup plus confiance en eux
11:32pour 50 % de plus,
11:34c'est quand même très important,
11:36sur le rebond professionnel,
11:37c'est-à-dire que leur passage
11:38à l'éducation populaire
11:39leur a permis d'acquérir
11:41des compétences de base,
11:43des compétences transverses,
11:44comme prendre la parole,
11:46avoir confiance en soi, etc.,
11:48qui leur permet d'être confiants
11:49dans leur avenir,
11:50notamment professionnels.
11:52Donc, l'enjeu de la citoyenneté,
11:54aussi, à l'échelle communale,
11:56est très important,
11:56parce que devenir citoyen,
11:58ça s'apprend.
11:59Donc, si je reprends la même étude évoquée,
12:02par exemple,
12:03les enfants qui passent
12:04par l'éducation populaire,
12:06curieusement,
12:06sont plus souvent
12:07ceux qui sont délégués de classe.
12:09C'est quand même un signe.
12:11Oui.
12:12Effectivement.
12:13Donc, il y a un affect.
12:14Moi, je vois l'impact social,
12:16sociétal,
12:17mais économique.
12:17C'est aussi ce qui est intéressant
12:19dans ce que vous nous dites.
12:21Vous faites des propositions
12:22à hauteur d'enfant
12:25dans cette plateforme.
12:27Je veux bien quelques exemples
12:29pour voir ce que c'est
12:30qu'une proposition
12:31à hauteur d'enfant.
12:32Le constat que nous faisons,
12:34nous ne sommes pas les seuls,
12:35évidemment,
12:36il y a beaucoup de collectivités
12:37qui le font avec nous,
12:38beaucoup d'autres associations
12:41ou acteurs du domaine,
12:44c'est que globalement,
12:45depuis des décennies,
12:47on a chassé
12:49les enfants et les jeunes
12:50d'à peu près
12:51toutes les politiques publiques,
12:53y compris l'espace public.
12:55Vous vous souviendrez sans doute
12:56que plus jeunes,
12:59vous voyez des enfants
13:00qui jouaient dans la rue.
13:01Ça n'existe plus.
13:03Quasiment plus.
13:04Oui, moins.
13:05Beaucoup moins.
13:07Donc, remettre la ville
13:09à hauteur d'enfant,
13:10c'est repenser la ville
13:11aussi pour les enfants.
13:13C'est le sens
13:14de la convention citoyenne
13:15organisée par le Conseil économique,
13:17social et environnemental,
13:18à la demande du gouvernement.
13:21C'est aussi repenser
13:22les rythmes de l'enfant,
13:25le rythme à l'école,
13:26les rythmes en dehors de l'école,
13:28plutôt que d'organiser
13:30tout cela autour
13:31des contraintes des parents,
13:33autour des contraintes
13:34des services municipaux,
13:36etc.
13:37Bref, ailleurs,
13:38prendre en compte
13:39les enfants et les jeunes
13:40et pas seulement l'adulte.
13:42Donc, ça va aussi bien
13:43sur l'aménagement du territoire,
13:45la question des mobilités,
13:46les horaires,
13:47les espaces
13:48qui leur sont réservés,
13:50la parole
13:52qu'on leur laisse,
13:54qu'on leur donne
13:55ou pas.
13:57On leur donne pas pour l'instant ?
13:59Pas beaucoup.
14:00Par exemple,
14:00dans nos propositions,
14:01il y a évidemment
14:02beaucoup de collectivités
14:03qui ont des conseils municipaux
14:04d'enfants,
14:04de jeunes,
14:05mais pas tant que ça.
14:06Et donc, nous,
14:07nous invitons les collectivités
14:08à mettre en place
14:09des instances
14:10de participation
14:11et de concertation
14:11dès le plus jeune âge,
14:13parce que plus,
14:14encore une fois,
14:15enfants,
14:16on est à plus estimuler,
14:17etc.
14:17Ils vont devenir citoyens.
14:19Voilà.
14:19Même s'il peut peut-être
14:20y avoir une frustration,
14:22ma question,
14:22elle est ouverte.
14:24C'est-à-dire que,
14:25moi,
14:25je trouve ça super,
14:26j'en vois,
14:27par exemple,
14:27j'ai aussi une émission
14:28sur la chaîne Publique Sénat,
14:29donc on voit,
14:31il y a une sorte de Sénat
14:32des enfants
14:32qui est organisé
14:33chacun, etc.
14:34Ils font des propositions,
14:35je me dis,
14:35mais qu'est-ce qu'il en sort après
14:37dans un conseil municipal
14:39des enfants ?
14:40Est-ce que,
14:40ne serait-ce qu'une proposition
14:41et parfois,
14:43reprise par le maire
14:44pour en faire un vrai projet ?
14:45Vous voyez ce que je veux dire ?
14:46Ça peut être aussi frustrant
14:47pour un enfant de se dire
14:48« Ah, on a eu plein d'idées
14:49et puis on ne voit rien arriver. »
14:50Oui, mais c'est aussi
14:51un apprentissage de la démocratie.
14:53Oui.
14:53On a eu plein d'idées,
14:54mais elles étaient peut-être majoritaires.
14:56On ne peut pas tout faire.
14:57Donc, vous voyez,
14:57tout ça n'est pas inintéressant.
14:59Ceci dit,
15:00en creux dans votre question,
15:01il y a un message de fond,
15:02d'ailleurs,
15:02qui n'est pas que
15:04la question des enfants
15:05et des jeunes,
15:05qui est un sujet
15:06un peu pour nous tous,
15:07qui est le renouveau démocratique.
15:09Bien sûr.
15:09Donc, en fait,
15:10tous les Français
15:11attendent d'être considérés
15:13et écoutés
15:14par ceux qui ambitionnent
15:17et qui se présentent
15:18pour diriger,
15:20que ce soit une commune,
15:21un pays
15:22ou être au Parlement.
15:24Et ça, pour nous,
15:24c'est très important.
15:25On s'appelle
15:25le dialogue civil
15:27et le dialogue citoyen.
15:28Et nous pensons
15:29que c'est un problème
15:30aujourd'hui dans le pays
15:32que la société civile
15:34ou les citoyens
15:35ne sont pas assez associés.
15:37et donc,
15:38vous le savez très bien,
15:39on le sait dans toutes
15:40les entreprises,
15:41si vous n'embarquez pas
15:42vos équipes,
15:43si vous n'associez pas
15:44les équipes au projet,
15:45c'est plus difficile
15:46de leur faire adhérer
15:47par la suite.
15:48Il y a notamment
15:48ce qu'on appelle
15:49le projet
15:50ou les projets éducatifs
15:51de territoire.
15:52C'est quoi un projet
15:53éducatif de territoire
15:54et puis quels sont
15:55les objectifs ?
15:56Alors,
15:57le projet éducatif
15:57de territoire,
15:58c'est un instrument
15:59qui est né
15:59avec la réforme
16:01des rythmes
16:01de l'enfant
16:02et scolaire de 2013
16:03avec le ministre Payon
16:05et donc le retour
16:06à la semaine
16:07des 4 jours et demi
16:08et donc,
16:09c'est un outil
16:10à la main
16:11des collectivités locales,
16:13c'est elle
16:13qui le pilote
16:14et qui permet
16:15de mettre autour
16:16de la table
16:16l'ensemble des acteurs
16:19agissant autour
16:20des enfants
16:20et des jeunes
16:21pour se coordonner,
16:23assurer ce qu'on appelle
16:24la continuité éducative
16:26et assurer
16:27la complémentarité éducative.
16:29On rejoint là,
16:30il faut tout un village
16:31pour élever un enfant,
16:33c'est-à-dire que
16:33tous les acteurs
16:34sont complémentaires.
16:36Le boulanger,
16:38le conducteur de bus,
16:39l'enseignant,
16:40l'éducateur,
16:41les parents naturellement,
16:43le théâtre,
16:45la piscine,
16:45etc.
16:46Donc comment,
16:47grâce à cet outil,
16:49on organise
16:51la continuité
16:52et la complémentarité
16:53éducative
16:54dans l'intérêt
16:55évidemment
16:55des enfants.
16:57Donc c'est un instrument
16:58qui est établi,
16:59qui est très bien évalué,
17:01très apprécié
17:02par les partenaires
17:03que nous sommes
17:03et aussi la Caisse Nationale
17:04d'Allocations Familières
17:05puisque derrière,
17:06évidemment,
17:07ça permet de tracter
17:08les financements,
17:09de les coordonner
17:10vers des objectifs
17:13communs,
17:14partagés
17:15et donc c'est un outil
17:16et un instrument
17:17très important.
17:18Et donc nous demandons
17:19qu'ils soient généralisés
17:21et qu'ils prennent
17:22de l'amplitude,
17:23c'est-à-dire trop de projets
17:24aujourd'hui concernent
17:25que la tranche des enfants
17:26puisque c'était,
17:27comme je le disais tout à l'heure,
17:28l'assise était la réforme
17:29des rythmes à l'école
17:30et donc nous nous prenons
17:32qu'ils soient ouverts
17:32dès le plus jeune âge,
17:33donc qu'ils intègrent
17:34la parentalité
17:35et les crèches,
17:36donc dès 0,
17:380,
17:39dès la naissance,
17:40voilà,
17:41et jusqu'aux jeunes,
17:42mais les jeunes,
17:43pour nous,
17:43c'est au moins jusqu'à 26 ans
17:44aujourd'hui,
17:45trop souvent,
17:46ça s'arrête à 17,
17:4718 ans,
17:47ce qui est une difficulté
17:49de notre point de vue.
17:50Une question de celui
17:51qui était à votre place
17:52la semaine dernière,
17:52Félix Delahaye,
17:53qui est directeur général
17:54de Tomorrow Food,
17:54alors son entreprise,
17:55elle crée des espaces,
17:57des restaurants
17:58et des espaces culturels,
18:00donc forcément,
18:00il a intégré cette donnée
18:02à la question.
18:03Bonjour Vincent,
18:04vous qui travaillez
18:05sur des dynamiques
18:06d'éducation
18:07pour les enfants,
18:08comment incluez-vous
18:10la logique
18:10d'alimentation
18:11et de loisirs culturels
18:13dans vos programmations
18:14en termes d'éducation ?
18:17Alors,
18:17on pourrait généraliser
18:18le bien manger,
18:19le bien manger
18:19et l'accès à la culture,
18:21ça fait partie
18:22de l'éducation populaire,
18:23ça ?
18:23Ah ben,
18:24complètement,
18:25je vais commencer
18:25par le bien manger.
18:28Alors d'abord,
18:29vous dire qu'on est aussi
18:29une association
18:30de défense des consommateurs,
18:32secteur qui est très
18:34malmené,
18:35pour ne pas dire
18:37chassé,
18:37de la sphère
18:38des politiques publiques,
18:39je pense évidemment
18:40à la fin de programmé
18:41de l'Institut National
18:42de la Consommation
18:42et d'autres collectifs
18:44dont l'éthique
18:45sur l'étiquette
18:46duquel nous faisons partie,
18:47c'est-à-dire que nous agissons
18:48en amont auprès
18:49des pouvoirs publics,
18:50déjà pour que le consommateur
18:51soit éduqué
18:52et qu'il ait l'information utile.
18:53En gros,
18:54je dois savoir
18:55ce qu'il y a
18:56dans mon assiette,
18:58donc d'où viennent
18:58les produits,
18:59etc.
18:59Ce n'est pas anodin
19:02comme travail.
19:02Après,
19:03évidemment,
19:03plus classiquement
19:04et plus concrètement,
19:05on travaille au quotidien
19:06avec nos publics,
19:07donc ça passe par quoi ?
19:08Par des ateliers cuisine.
19:09À travers les ateliers cuisine,
19:11évidemment,
19:11on apprend
19:11l'équilibre alimentaire,
19:13on apprend
19:14qu'il vaut mieux
19:14faire la cuisine
19:15soi-même
19:15plutôt que d'acheter
19:16des produits transformés
19:17qui sont souvent
19:18trop gras,
19:18trop sucrés,
19:19avec des emballages,
19:21évidemment.
19:22On travaille aussi
19:23sur les jardins,
19:24alors ça peut paraître
19:26évident
19:26et des fois
19:27un peu bisounours,
19:28mais avec des enfants,
19:30leur apprendre
19:30à faire pousser
19:31un pied de tomate,
19:32c'est le début
19:33de la réflexion
19:35sur la chaîne alimentaire.
19:36On fait un travail aussi
19:37sur les petits-déjeuners
19:38parce qu'on sait
19:38qu'il y a des enfants
19:39qui arrivent,
19:40le ventre pas complètement
19:42rempli,
19:43sur le goûter,
19:44complètement vide,
19:44à l'école
19:45ou au centre de loisirs,
19:46etc.
19:48Évidemment,
19:48les goûters,
19:49etc.
19:50Donc ça,
19:50on travaille beaucoup
19:50effectivement avec
19:51les collectivités
19:53notamment.
19:54Et puis après,
19:54notre autre angle,
19:56c'est le jeu.
19:57On a une pédagogie joyeuse
19:59et par le jeu,
20:00vous vous en doutez.
20:00Donc on a des plateaux
20:01de jeux,
20:02on a des jeux de cartes,
20:04on a des publications
20:05à destination
20:06de nos professionnels
20:06ou de nos publics,
20:07leurs parents,
20:10pour découvrir
20:10ces problématiques-là.
20:12On a le jeu
20:12de cette famille,
20:13par exemple,
20:13la famille du gras,
20:14du sucré,
20:15de l'acide,
20:15etc.
20:16C'est très sympa
20:17avec des dessins
20:17rigolos,
20:18etc.
20:18Pour apprendre à bien manger.
20:19Et sur l'aspect culturel ?
20:21L'aspect culturel,
20:23c'est énorme.
20:26C'est omniprésent ?
20:27C'est omniprésent.
20:28Le sport,
20:28la culture,
20:29c'est vraiment
20:29des piliers essentiels
20:31dans l'éducation populaire
20:32et dans nos actions.
20:33Donc ça va
20:35de la complémentarité
20:36avec l'enseignement artistique
20:37et culturel.
20:38Ça va évidemment
20:39vers le soutien
20:41aux jeunes artistes.
20:43On fait,
20:43on accompagne beaucoup.
20:45mais le levier culturel
20:46dans une logique
20:47d'émancipation,
20:48il est essentiel.
20:49La culture,
20:50elle va déranger,
20:51elle va susciter
20:51de l'émotion,
20:52de la discussion,
20:54etc.
20:54Et donc,
20:54c'est un levier
20:55qu'on utilise.
20:56Je vais vous laisser
20:57continuer
20:57donner des exemples.
20:58Le passe culture,
20:59finalement,
21:00il sert à quelque chose ?
21:02Il est trop embryonnaire ?
21:04Le passe culture,
21:06comme toute chose
21:07par ailleurs,
21:08peut être critiquable
21:09sur certains endroits.
21:10C'est vrai que,
21:11comme souvent,
21:12on n'arrive pas
21:13à toucher toujours
21:13les publics,
21:15les plus cibles,
21:16donc ceux qui étaient
21:17les plus éloignés
21:17de la culture,
21:18mais quand même,
21:18ça marchait.
21:19Nous,
21:19pour les municipales,
21:20on propose
21:20le passe curiosité.
21:21Donc là,
21:22il ne faut pas attendre
21:23quoi que ce soit
21:24de l'État.
21:24C'est la collectivité
21:25qui peut mettre en place
21:26un passe curiosité,
21:27c'est-à-dire
21:27qui permette
21:29aux enfants
21:29et leurs familles
21:30d'aller découvrir
21:33les lieux culturels
21:34gratuitement
21:35pour aller découvrir.
21:36Parce que,
21:37on se cherche
21:38quand on est enfant,
21:39quand on est jeune,
21:39etc.
21:40et donc,
21:41on se trouve comment ?
21:42En expérimentant,
21:43en poussant plusieurs portes,
21:44etc.
21:45C'est peut-être la musique
21:46qui va m'accrocher,
21:47peut-être le visuel,
21:48le cinéma,
21:49peut-être l'art de rue,
21:51etc.
21:51Et donc,
21:52pour ça,
21:52il faut multiplier
21:54les occasions de contact.
21:55Donc,
21:55nous,
21:55on propose
21:56le passe curiosity.
21:58Donc,
21:58ça,
21:59c'est à la discrétion
22:01des collectivités.
22:02C'est facile à organiser,
22:04etc.
22:05Et ça répond
22:05de cette logique
22:08et de l'importance
22:10pour nous
22:10de l'action culturelle,
22:12on va dire,
22:13dans la construction
22:14de chacun
22:16et dans son émancipation.
22:17Est-ce que la commune,
22:18c'est le bon échelon
22:19administratif
22:20ou est-ce que finalement,
22:21vous avez de plus en plus
22:22de discussions
22:23avec les intercommunalités ?
22:25Bien sûr.
22:25C'est vrai qu'il y a
22:2635 500 communes en France,
22:27il y en a peut-être
22:28un peu trop,
22:28mais c'est un débat
22:29qu'on ouvrira
22:30sans doute après
22:31ces municipales.
22:31Là, c'est trop tard.
22:33Si on se compare
22:33à l'Allemagne,
22:34il y a, je crois,
22:3510 000 communes en Allemagne
22:36qui a beaucoup plus
22:37d'habitants que la France.
22:38Bref, c'est un autre débat.
22:39Mais est-ce que l'interco,
22:40c'est un échelon administratif
22:41qui vous semble peut-être
22:43plus efficace parfois
22:44pour lancer des politiques
22:45justement publiques
22:46en matière d'éducation,
22:47d'accès à la culture,
22:48au sport, etc.
22:49Bien sûr, bien sûr.
22:50Et la plupart
22:50des intercommunalités
22:53ont pris la compétence
22:54enfance ou jeunesse,
22:55par exemple,
22:56ou de la petite enfance,
22:58précisément,
22:58parce qu'organiser
23:01la création de places
23:02de crèches
23:03dans une ville
23:05de 1 000 habitants,
23:06une autre de 500,
23:07etc.
23:07C'est évidemment
23:08plus intelligent
23:09et plus facile
23:10si on se regroupe.
23:11Donc, c'est évidemment
23:12un échelon
23:12avec lequel nous travaillons.
23:14On travaille
23:15avec toutes les communes
23:16en milieu rural,
23:17l'urbain,
23:17le très urbain,
23:18le périurbain,
23:19quartier prioritaire,
23:20pas prioritaire.
23:21Nous, on s'adresse
23:22à tous.
23:23L'émancipation,
23:24c'est pour tous.
23:25Donc, c'est tout terrain.
23:27Vous avez parlé des crèches.
23:28Je veux bien qu'on termine
23:29là-dessus.
23:29Il nous reste un peu
23:30moins de deux minutes.
23:30Est-ce qu'il y a toujours
23:31autant de difficultés
23:33pour les familles
23:33à avoir accès
23:34à des crèches ?
23:35Ou est-ce que c'est en train
23:36de se régler dans notre pays ?
23:37Oui, il y a toujours
23:38à peu près,
23:39je crois que le dernier chiffre
23:41officiel,
23:42c'est en termes
23:43de disponibilité,
23:45c'est à peu près
23:4762-63%.
23:47Donc, ça veut dire
23:48qu'il y a 4 familles
23:49sur 10 qui n'y ont pas accès.
23:52Donc, c'est assez important.
23:53Avec la baisse
23:54de la natalité,
23:55mécaniquement,
23:56ça va s'améliorer.
23:57Mais enfin,
23:58si on arrive
23:59à 7 sur 10,
24:01ça sera le bout du monde.
24:02Donc,
24:04ça reste un problème.
24:06Et l'autre problème,
24:07surtout dans ce secteur,
24:08qui est en crise,
24:11parce qu'il a été
24:12mal piloté
24:12au niveau
24:13des politiques publiques.
24:15Et ça a donné lieu,
24:16vous le savez,
24:17à des rapports parlementaires,
24:18à des commissions
24:19d'enquête
24:19qui sont en cours
24:20sur des affaires
24:21tout à fait scandaleuses
24:23qui concernent
24:24des gestionnaires
24:25de crèches privées
24:26lucratifs
24:26qui n'existaient pas
24:28il y a 25 ans
24:30et qui aujourd'hui
24:31représentent 50%
24:32des places de crèches
24:33en France.
24:34Donc,
24:34quand vous avez
24:35des acteurs lucratifs,
24:36c'est-à-dire,
24:36non,
24:36l'objet,
24:37c'est quand même
24:37de gagner de l'argent,
24:38ce qui est normal,
24:39on ne peut pas en vouloir
24:39à une entreprise,
24:40c'est son objet.
24:43Mais qu'une politique
24:43publique aussi importante,
24:46en 25 ans,
24:48ils aient capté
24:4850%
24:50du marché
24:51pour faire
24:52ce qu'on sait
24:52aujourd'hui,
24:54c'est-à-dire
24:54des dérives
24:55inacceptables,
24:58un impact
25:01sur l'emploi,
25:02parce qu'il n'y a plus
25:03grand monde
25:03qui veut venir travailler
25:04dans ces conditions-là.
25:07Donc,
25:08oui,
25:09c'est un secteur
25:10qui est en difficulté
25:11et plus que jamais,
25:11il faut que les politiques
25:12publiques,
25:12qu'elles soient nationales
25:14ou localement,
25:16se réintéressent
25:17à ce domaine
25:18et fassent là aussi
25:19le pari
25:19de l'intérêt général.
25:21D'abord,
25:22l'éducation populaire
25:23aussi.
25:24Merci beaucoup
25:24Vincent Séguéla
25:25et à bientôt
25:26sur Be Smart for Change.
25:27On passe tout de suite
25:28à notre rubrique
25:28Startup.
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