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  • il y a 7 minutes
Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, était l'invitée du Face-à-Face sur RMC et BFMTV ce lundi 16 mars 2026, au lendemain du premier tour des élections municipales. 

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Transcription
00:00Bonjour Mathilde Panot, vous êtes la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale,
00:04vous êtes vous-même députée La France Insoumise du Val-de-Marne, merci de répondre à mes questions ce matin.
00:09La France Insoumise qui est en position d'avoir gagné dès hier un certain nombre de villes,
00:15Saint-Denis évidemment étant la plus emblématique, en position très favorable à Roubaix,
00:19et en faiseur de roi dans un certain nombre de villes.
00:23Sophia Chikirou disait hier soir attendre l'appel d'Emmanuel Grégoire, est-ce que vous savez s'il l'a
00:28appelée cette nuit ?
00:29Alors je ne crois pas mais je veux commencer par dire que moi je me félicite et que je veux
00:33remercier l'ensemble des militants et militantes insoumis
00:36pour la percée remarquable que nous avons faite dans les élections municipales.
00:40Comme vous le savez nous sommes un mouvement qui a seulement 10 ans, c'est notre deuxième élection municipale
00:45et nous étions jusqu'à là à la tête de deux villes de moins de 20 000 habitants.
00:50Donc évidemment la victoire de Saint-Denis est une victoire qui pour nous est éclatante,
00:54qui montre aussi l'arrivée de la Nouvelle-France dans la scène politique municipale
00:59et la victoire de Bali Bagayoko nous rend fiers et je crois est un symbole extrêmement fort
01:06pour la deuxième plus grande ville d'Île-de-France et je rappelle que nous allons par exemple gagner Roubaix
01:10qui est la ville la plus pauvre de France, ce qui là aussi nous honore.
01:14Ça veut dire quoi la Nouvelle-France ?
01:15La Nouvelle-France c'est à la fois une France féminisée, une France jeune,
01:20nous avons beaucoup de jeunes y compris à la tête de nos listes,
01:23ce sont aussi des élus qui vont aller par centaines et par centaines voire par milliers
01:28dans les conseils municipaux qui seront des élus qui ont connu par exemple les problèmes de logement,
01:32qui sont des familles monoparentales notamment des mères célibataires,
01:36ce sont des personnes qui ne feront pas de la politique comme on faisait dans le vieux monde
01:41et qui notamment romperont avec un certain nombre de pratiques qui sont des militants associatifs,
01:46des militants syndicaux et donc je suis très fière que cette Nouvelle-France rentre dans l'Assemblée
01:50et je veux le dire avec y compris beaucoup de nos têtes de listes qui ont subi un racisme absolument
01:54crasse.
01:56Un racisme ?
01:56Oui bien sûr, si vous regardez Bali Bagayoko par exemple, le nouveau maire de Saint-Denis,
02:00il a eu comme beaucoup de nos têtes de listes vraiment une vague de racisme qui se sont abattus
02:08par des messages, par des menaces de mort, par des dégradations de permanence,
02:13par des dégradations parfois de domicile personnel et donc je veux aussi dire
02:17que c'est aussi cela la Nouvelle-France et que n'en déplaise notamment à l'extrême droite
02:23qui fantasme une France d'avant, et bien il y a une France d'aujourd'hui
02:27qui est une France qui assume ce qu'elle est et qui en est fière.
02:31Alors dans les très grandes villes, pour le coup, les scores ne sont pas non plus flambants
02:35mais vous êtes faiseur de Rouen et notamment c'est le cas à Marseille ou à Paris,
02:41je le disais, Sophia Chikirou, vous disiez attendre l'appel d'Emmanuel Grégoire,
02:44je vous repose la question, est-ce que vous savez s'il l'a appelé hier soir ?
02:46Alors à ma connaissance, il ne l'a pas appelé, effectivement nous faisons des scores
02:49qui nous rendent incontournables dans un certain nombre de grandes villes,
02:52je veux le dire aussi, nous pouvons par exemple gagner Lille,
02:55nous pouvons gagner par exemple Toulouse, donc ce sont des grandes villes
02:58dans lesquelles nous faisons des scores très impressionnants.
03:00Si je prends le cas de Paris ou le cas de Marseille,
03:04nous avons à chaque fois tendu la main aux listes qui étaient devant nous,
03:08j'entends que pour l'instant ces mains ne sont pas tendues
03:11et moi j'invite chacun et chacun à être responsable
03:17parce qu'il faut quand même comprendre que par exemple si on prend Marseille
03:20qui est le cas le plus emblématique, parce qu'il est évidemment hors de question
03:24pour la France insoumise, de faire en sorte de laisser Marseille être prise
03:29par le Rassemblement national, puisque Marseille est la deuxième ville de France
03:33et que nous, nous savons ce que fait le Rassemblement national
03:36quand il arrive au pouvoir dans des villes.
03:38Contrairement à ce qu'on dit souvent, nous avons déjà essayé le Rassemblement national,
03:41ça donne par exemple la fin des locaux pour le secours populaire
03:44et la fin des subventions pour le secours populaire,
03:47la privatisation de crèches, la privatisation de piscines,
03:50ça donne une augmentation des indemnités d'élus
03:54et donc nous ne voulons absolument pas ça pour les Marseillais et Marseillaises.
03:57Donc M. Payan doit être responsable.
03:59Donc Sébastien Delogu se retirera ?
04:00Non, en fait vous savez dans la tradition de la gauche, ce n'est pas le désistement.
04:04Dans la tradition de la gauche, c'est le Rassemblement.
04:07Et moi je veux alerter solennellement à votre micro.
04:10Si nous voulons pouvoir faire en sorte de battre la droite et l'extrême droite
04:14lorsqu'elles sont en mesure de l'emporter,
04:16alors M. Payan comme d'autres aura besoin des électeurs et des électrices insoumises.
04:22Et donc s'il décide de ne pas respecter la France insoumise,
04:26comment veut-il que les électeurs et les électrices aillent ensuite se déplacer massivement
04:30car c'est par la mobilisation qu'ils pourront battre la droite et l'extrême droite ?
04:34Mais pourquoi vous n'y avez pas pensé avant ?
04:36C'est-à-dire pourquoi vous n'y avez pas pensé quand par exemple Sofia Chikirou
04:39en lançant sa campagne a dit qu'elle était candidate pour qu'il n'y ait pas de maire socialiste
04:44?
04:44Pourquoi vous n'y avez pas pensé avant lorsque Sébastien Delogu a,
04:48pendant toute sa campagne, et je cite là Benoît Payan,
04:50basé cette campagne, je cite, sur la calomnie et le mensonge ?
04:54Vous n'avez pas créé les conditions ensuite d'une sorte d'unité, d'amour et de réconciliation ?
05:01Madame de Malheur, je vais vous donner un scoop.
05:03Vous avez l'air aujourd'hui de découvrir que peut-être il y a eu des ruptures un peu violentes.
05:07C'est vous que vous avez fini ? Je vais vous donner un scoop.
05:09Quand nous allons à une élection, nous y allons pour gagner.
05:12D'accord ?
05:13Non mais là, ce n'est pas pour gagner, c'est pour faire battre le parti socialiste.
05:15Non, non, non, non. C'est pour gagner.
05:18Et donc, évidemment, pour battre la mairie qui était en place,
05:20puisque nous considérons qu'avec la cantine gratuite, les transports gratuits,
05:24le référendum d'initiative citoyenne, nous avons un meilleur programme.
05:27Et d'ailleurs, nous avons eu raison d'y aller, Madame de Malheur.
05:29Parce que, par exemple, à Toulouse, si on avait écouté ce genre de raisonnement,
05:34nous ne serions pas, nous, en tête de la gauche.
05:35Tout à fait. À Toulouse, vous êtes devant les socialistes.
05:40À Lille, vous êtes au coude à coude.
05:42Mais, Mathilde Panneau, je vous repose cette question.
05:47Honnêtement, vous n'êtes pas surprise ce matin de la défiance,
05:51ou peut-être, en tout cas, de la résistance d'un Benoît Payan qui dit
05:54« On a quand même un peu d'honneur ».
05:56Il dit « Il faut avoir de l'honneur » quand, face à nous,
05:59Sébastien Delogu a basé, je redis, sa campagne sur la calomnie et le mensonge.
06:03– Écoutez, ce n'est pas parce que M. Payan dit qu'il y a eu une campagne de calomnie
06:07et de mensonge,
06:08il y a eu une campagne, justement, de conviction auprès des Marseillais et des Marseillaises.
06:12– Je vais vous dire quelque chose de très important, Madame de Malheur.
06:15– Les choses sont très simples.
06:16Ensuite, vous dites, franchement, ils exagèrent, ils ne saisissent pas la main tendue.
06:22Mais cette main a été quand même très violente pendant la campagne.
06:24– Vous savez qu'en faisant ça…
06:25– Il y a encore quelques jours, Mathieu Annotin, socialiste,
06:28était traité de petit bourgeois visqueux par Jean-Luc Mélenchon.
06:31– Oui, et qu'est-ce qu'il avait dit, remonté depuis le début, Madame de Malheurbe,
06:35qu'est-ce qu'il avait dit, M. Annotin, sur Bali Bagayoko,
06:38que la France Insoumise faisait campagne avec les narcotrafiquants ?
06:41Vous trouvez que c'est digne comme débat politique ?
06:43– Mais ce n'est pas une agence personnelle.
06:45Alors que, pardon, petit bourgeois visqueux, je pense que c'est une annonce.
06:48– Non, arrêtez, Mme de Malheurbe.
06:50Je vais vous dire, je vais vous dire, nous avons fait une campagne municipale
06:54où jamais aucune formation politique n'avait été autant attaquée,
06:59attaquée y compris physiquement.
07:01Je rappelle que, par exemple, Marianne Maximi, députée à Clermont-Ferrand
07:04et tête de liste, s'est faite agresser physiquement sur un marché.
07:07Je rappelle que nous avons une alerte à la bombe dans notre siège.
07:10– Tout à fait.
07:11– Donc, nous n'avons jamais subi un tel niveau de violence.
07:14Et je vais terminer sur M. Payan, dont vous parliez juste avant.
07:18Si M. Payan ne veut pas jouer le jeu de la droite et de l'extrême droite,
07:22lorsqu'on est responsable, lorsque des millions de gens comptent sur nous,
07:26on ne fait pas ce qu'il est en train de faire M. Payan,
07:29c'est-à-dire se réfugier derrière des petites polémiques
07:33de ce qui se serait passé pendant la campagne ou je ne sais quoi.
07:35– Pour vous, c'est des petites polémiques ?
07:37– Oui, oui, on est responsable.
07:38Écoutez, quand vous pensez qu'il est important
07:43de peut-être laisser l'extrême droite gagner la deuxième ville du pays,
07:46oui, je parle de choses très très sérieuses.
07:48Beaucoup plus sérieuses que je ne sais quel mot
07:49qui aurait été dit à quel moment,
07:51que vous ne m'avez d'ailleurs d'ailleurs pas cité.
07:53– S'il s'agit, comme vous le dites,
07:56d'un moment très très sérieux et grave pour la nation,
08:00constatant que Benoît Payan ne saisit pas en effet cette main,
08:04est-ce que Sébastien Delogu va en tirer en quelque sorte les conséquences
08:08et se retirer ?
08:08– Mais moi, je vais vous dire,
08:10j'appelle les Marseillais et les Marseillais
08:13à exiger de Benoît Payan qu'il y ait une fusion.
08:16Pourquoi ?
08:16Parce que moi, je ne me résous pas à ce que nous perdions Marseille.
08:20On parle de ça.
08:21Si les électeurs et électrices insoumis
08:23ne vont pas massivement aux urnes,
08:26alors Marseille pourrait passer à l'extrême droite.
08:29Donc ce que fait M. Benoît Payan est extrêmement dangereux.
08:33Il doit pour cela faire ce qu'on appelle une fusion technique,
08:37je vais expliquer, on pourrait l'appeler une fusion démocratique,
08:39c'est-à-dire le fait de dire que nous ne serons pas ensemble
08:42dans l'exécutif municipal,
08:43nous ne gouvernerons pas ensemble Marseille,
08:45mais par contre, qu'à juste proportion de ceux qui ont voté au premier tour,
08:51nous proposons une liste commune avec des insoumis qui seront représentés.
08:55– Ça veut dire quoi ?
08:55Pour être élu, mais ensuite, chacun reprend ses billets.
08:57– Oui, mais vous comprenez que du coup,
08:59les électeurs et les électrices insoumis auront envie d'aller voter
09:01parce que chacun sera représenté.
09:03– À cela, Benoît Payan dit, je ne fais aucune tambouille,
09:06parce qu'effectivement, ce sont quand même un peu de la tambouille.
09:07– Mais non, écoutez, une fusion technique, en tout cas démocratique,
09:11comme on le dit, ça permet de ne pas gérer la ville ensemble,
09:14donc nous respectons les différences des différents programmes,
09:17mais par contre, de respecter le vote des Marseillais et Marseillaises
09:20qui a été fait au premier tour.
09:21Et ça, je crois que faire respecter le résultat des urnes,
09:25c'est ce qui permet de maximaliser la mobilisation,
09:29justement pour pouvoir battre la droite et l'extra-droite à Marseille comme ailleurs.
09:33– Sophia Chikirou disait, j'attends l'appel d'Emmanuel Grégoire,
09:37vous dites pour l'instant, ce n'est pas arrivé.
09:39Semble-t-il, Sébastien Delogu espérait aussi l'appel de Bonin Payan,
09:42ce n'est pas arrivé.
09:43Est-ce qu'eux-mêmes, du coup, vont prendre leur téléphone et les appeler ?
09:47– Je crois que…
09:48– Ça peut marcher dans les deux sens, au fond.
09:50– Oui, oui, enfin, je pense que Sébastien Delogu a fait un appel public,
09:55Sophia Chikirou l'a fait aussi.
09:56Ce n'est pas une question de qui appelle qui.
09:58Le problème n'est pas de qui appelle qui.
10:00Le problème, c'est que…
10:01– Le problème, c'est que publiquement, M. Payan et M. Grégoire,
10:06aujourd'hui, disent publiquement non à cela.
10:08Et c'est cela qui était responsable.
10:09– En fait, ils n'ont même pas traité la question.
10:11C'est-à-dire que dans leur déclaration hier soir,
10:13il a dit que vous les avez écoutés bien attentivement.
10:16Il a fini par le faire lorsque les gens l'ont interrogé,
10:19mais l'un comme l'autre, lorsqu'ils ont fait leur déclaration,
10:21n'ont même pas mentionné la France insoumise.
10:22Vous dites qu'on est incontournable.
10:24Visiblement, ils estiment qu'ils peuvent gagner sans vous.
10:26– Eh bien, nous verrons.
10:27Mais du coup, ils prennent aussi la responsabilité
10:29de peut-être donner des villes à la droite et à l'extrême droite.
10:31– Sophia Chikirou qui disait, je la cite,
10:34« Il ne faut pas qu'un socialiste soit maire de Paris ».
10:36Est-ce que vous dites toujours la même chose aujourd'hui ?
10:40– Je vous redis ce que je disais.
10:42Lorsque nous nous présentons à une élection,
10:44nous nous présentons pour gagner.
10:46Et lorsque Sophia Chikirou dit qu'elle ne veut plus
10:49que la mairie soit socialiste,
10:50c'est parce qu'elle souhaite que la mairie soit insoumise.
10:53Ce qui est le propre d'une élection.
10:55Et moi, je vais vous dire,
10:56parce qu'on est beaucoup en train de parler de la gauche,
10:58qui est normale,
10:59mais il y a une des leçons de cette élection municipale
11:01dont on n'a absolument pas parlé,
11:02c'est que nous nous retrouvons dans une situation
11:05où les macronistes ont complètement disparu du paysage.
11:08– Totalement disparu, comme vous dites,
11:09je l'ai dit d'ailleurs dès hier soir.
11:11– L'après-Macron a d'ores et déjà commencé.
11:12L'après-Macron a d'ores et déjà commencé.
11:14Et dans le moment politique que nous sommes en train de vivre
11:17depuis plusieurs semaines,
11:19entre, je le redis très clairement,
11:21entre fascistes et antifascistes,
11:23il n'y a pas d'entre-deux.
11:24Il n'y a qu'un seul côté de la barricade.
11:26Et ce qui est en train de se passer,
11:27par exemple à Marseille,
11:29en est un des exemples les plus frappants.
11:31C'est-à-dire que lorsque vous avez des personnes
11:34qui sont incapables de dire,
11:35entre un rassemblement national au second tour
11:38des élections présidentielles
11:39et Jean-Luc Mélenchon,
11:41pour qui il voterait,
11:43eh bien il tourne le dos
11:44à la tradition historique de la gauche
11:47qui est de considérer que notre adversaire,
11:49c'est la droite et l'extrême droite.
11:51– Mathilde Panot, il y a Nantes,
11:54il y a effectivement Montpellier,
11:56il y a Lille, il y a Lyon.
11:59Une question sur Nantes.
12:00Nantes, Johanna Rolland, socialiste sortante,
12:03est en tête avec 35% des voix,
12:04mais elle est talonnée par le candidat de droite,
12:08Fulc Chambard-de-Lauve.
12:09Et puis il y a le candidat LFI
12:11qui est à 11%,
12:12donc en mesure de se maintenir.
12:14Est-ce que vous savez s'ils se sont parlé,
12:17s'ils envisagent une fusion ?
12:19Est-ce que vous savez où on en est ?
12:20– Je crois qu'il y a des discussions
12:21qui sont en cours.
12:22Je peux d'ores et déjà vous dire
12:24qu'il y a eu des fusions,
12:25et cette fois-ci, ça la montre
12:26à quel point nous, nous sommes cohérents
12:28avec ce que nous sommes en train de faire à Besançon,
12:30où vous le savez, la droite fait 40%
12:32et donc nous nous sommes rangés…
12:34– Donc fusion à Besançon ?
12:35– Exactement, derrière une liste écolo,
12:36avec une liste écolo,
12:38donc à proportion là aussi,
12:39nous avons une fusion programmatique à Tours
12:41qui s'est faite.
12:42Donc nous, nous prenons nos responsabilités
12:44à chaque fois qu'il le faut,
12:46contre la droite et contre l'extrême droite.
12:48– Tout à fait.
12:48– Pour l'instant, avec les écolos,
12:49ça se passe très bien ?
12:50– En tout cas, ça avance dans des discussions
12:53qui sont normales, respectueuses et dignes.
12:54– Mais avec le Parti Socialiste,
12:56ce n'est pas encore gagné ?
12:57– On va voir.
12:59J'entends que dans quelques heures,
13:01nous pourrions avoir des annonces pour Toulouse,
13:03qui, je l'espère, seront bonnes,
13:04et qui montreront peut-être qu'à des endroits,
13:07il y a des socialistes plus raisonnables que d'autres.
13:09– Donc pour vous, à Toulouse,
13:10on s'oriente plutôt vers…
13:13– Je l'espère.
13:13– Une alliance, malgré l'opposition
13:15de la présidente de la région, Carole Delga.
13:17– Oui, malgré, y compris d'ailleurs,
13:19le candidat socialiste qui lui aussi disait
13:21« Jamais, nous ne ferons de fusion ».
13:22– Vous allez faire des fusions,
13:23mais sur quel programme ?
13:24Une des particularités de cette élection,
13:27c'était aussi le fait que la sécurité
13:28apparaissait aux yeux des électeurs
13:30comme une question importante.
13:31Et là-dessus, ayant moi-même animé
13:33un certain nombre de débats,
13:35j'ai pu constater que vous n'aviez pas du tout
13:36la même vision les uns que les autres.
13:38On a d'un côté, par exemple,
13:39Sébastien Delogu qui dit « La police tue ».
13:41On a de l'autre côté, un Benoît Payan
13:42qui dit « Il faut réarmer la police ».
13:45LFI qui dit plutôt qu'il faut désarmer
13:47la police municipale,
13:48vous allez vous mettre d'accord,
13:48mais sur quoi ?
13:49– Non, la fusion programmatique,
13:53lorsque vraiment on décide,
13:56par exemple comme à Tours,
13:57de faire une possibilité d'exécutif commun,
14:00une fusion programmatique,
14:01on se met d'accord sur un programme.
14:02Mais dans le cas de Marseille,
14:04ce que nous demandons,
14:04une fusion technique ou une fusion démocratique,
14:07nous ne participerons pas
14:09à l'exécutif marseillais.
14:11Je veux dire, nous ne serons pas solidaires,
14:12ni des budgets, ni des...
14:14alors que vous avez des visions aussi différentes
14:17sur une question comme celle-là.
14:18– Oui, parce que nous considérons
14:19qu'il faut faire battre l'extrême droite,
14:21parce que nous sommes des gens responsables.
14:23– Mais ça veut dire qu'il n'y aura pas du tout
14:24de discussion sur le fond,
14:25ça veut dire que c'est uniquement
14:26une alliance vraiment électorale.
14:29– C'est une alliance de fronts antifascistes.
14:32– Mais ça veut dire que potentiellement,
14:33on se retrouve avec ce qui s'est passé
14:35pour la NUPES, c'est-à-dire
14:37sur le moment où vous avez gagné,
14:38et ensuite vous vous êtes chacun tourné le dos.
14:40– Non, parce que justement, sur la NUPES,
14:41le problème, c'est que le Parti Socialiste
14:43n'a pas respecté le programme
14:45que nous avions pourtant conclu ensemble,
14:47qu'ils avaient pourtant signé,
14:49et donc le problème, c'est d'abord
14:50le fait de ne pas avoir respecté la parole
14:53qui a été faite par les électeurs
14:54et les électrices.
14:54Là, ce que nous sommes en train de dire,
14:56c'est que nous, nous ne ferons pas de tambouille.
14:58Nous avons un programme, il n'a pas changé.
15:00Ce programme, il permet d'avoir
15:01plus de services publics,
15:03il permet d'avoir la cantine bio gratuite et locale.
15:05– Mais donc vous n'êtes pas d'accord sur le fond ?
15:06– Oui, bien sûr, ce n'est pas d'accord sur le fond.
15:07– Pourquoi vous dites que la gauche doit se rassembler ?
15:10Visiblement, c'est deux gauches assez différentes.
15:12– Et vous ne faites même pas semblant
15:14de vous associer sur le fond.
15:15– Dans le cadre d'une fusion démocratique,
15:17effectivement, nous ne faisons pas semblant,
15:19nous ne faisons pas de magouille,
15:19nous sommes transparents, nous sommes démocratiques.
15:21Nous disons qu'il faut respecter les votes
15:24de chacun et chacune au premier tour,
15:26justement pour le second tour,
15:27pour permettre de battre l'extrême droite.
15:29Encore une fois, parce que nous, nous savons
15:31ce que crée l'extrême droite
15:33lorsqu'ils prennent des villes.
15:35– On est bien d'accord, Mathilde Panot,
15:37s'il n'y a pas de fusion technique,
15:39comme vous dites, à Paris ou à Marseille,
15:43Sophia Chikirou et Sébastien Delogu
15:44se maintiendront.
15:46– Mais vous comprenez que dans des discussions,
15:48oui, pour l'instant, nous nous maintenons,
15:49oui, bien sûr.
15:50– Pour l'instant.
15:50Il est possible que Sébastien Delogu dise,
15:53bon, écoutez, il...
15:54– Mais vous savez ce que c'est une négociation,
15:55Madame de Malheur ?
15:56– Il ne veut pas, il ne veut pas, je me retire.
15:57– Vous savez ce que c'est une négociation,
15:58Madame de Malheur ?
15:59– Oui, bien sûr, bien sûr.
15:59Mais une négociation, ça veut aussi dire
16:01qu'on comprend quand même
16:02que potentiellement vous pourriez vous retirer.
16:04Est-ce que Sophia Chikirou est prête à se retirer ?
16:06– Non.
16:07– Non.
16:08Donc vous irez quoi qu'il arrive.
16:09– Mais écoutez, nous pensons...
16:12– Vous n'irez pas ?
16:12– Oui, nous irons.
16:13– Vous irrez.
16:14– Nous pensons que lorsque nous avons un risque de droite...
16:18– Quitte à faire élire l'ERN à Marseille.
16:21– Mais écoutez, le cas marseillais est un cas à part.
16:24Et moi, je vais vous dire,
16:25lorsqu'il y a des négociations,
16:26je ne réponds pas à ces questions.
16:28Mais à Paris, qui est un cas un peu différent,
16:32si M. Grégoire veut une fusion technique
16:35avec la France Insoumise,
16:36nous avons appelé à cela,
16:39nous avons dit...
16:39– C'est un peu différent, je n'ai pas compris.
16:40C'est-à-dire qu'à Paris,
16:41vous pourriez vous maintenir
16:42parce que vous vous dites
16:42qu'il n'y a pas de risque d'extrême droite,
16:43mais en revanche,
16:45vous inviteriez Sébastien Delogu,
16:47on le comprend bien,
16:47à se retirer,
16:48parce que sinon,
16:48il ne peut pas avoir la responsabilité du...
16:50– Non, mais écoutez,
16:51nous sommes en négociation,
16:53je ne répondrai pas à ces questions.
16:54Ce que je suis en train de vous dire,
16:55c'est que la France Insoumise est responsable,
16:57la France Insoumise fera tout
16:58pour ne pas laisser la seconde ville du pays
17:00à l'extrême droite
17:02et que ceux qui prennent la responsabilité
17:04aujourd'hui,
17:05ceux qui prennent la responsabilité
17:07de laisser l'extrême droite gagner Marseille,
17:09c'est ceux qui refusent la main
17:10– Vous dites qu'on ne fait pas de tambouille,
17:11mais à Toulouse, semble-t-il,
17:12vous avez fait un accord,
17:13en gros, la mairie pour LFI
17:15et la métropole pour l'EPS.
17:17– Je ne connais pas l'accord.
17:19– Vous faites des petits...
17:20– Je ne connais pas l'accord,
17:21mais en tout cas,
17:21je me réjouis de savoir
17:22que nous pouvons gagner Toulouse
17:23et que nous pouvons faire basculer
17:25la ville vers la gauche.
17:27– Mais vous n'appelez pas ça une tambouille
17:28quand on dit
17:28« il y en a un qui prend la mairie
17:29et puis toi, je te donne la métropole ».
17:31– Ça s'appelle un accord,
17:32mais je ne connais pas exactement
17:34l'accord qui en a été fait,
17:35mais ça s'appelle un accord
17:36et encore une fois,
17:37tant que c'est transparent
17:38et tant que nous gardons
17:39ce que nous portons,
17:40eh bien, je crois qu'il n'y a aucun problème
17:42sur ce que les électeurs et électeurs disent.
17:43– Mathilde Panneau,
17:43vous êtes la présidente du groupe
17:44La France Insoumise
17:45à l'Assemblée nationale.
17:47– Vous avez des nouvelles
17:47de Raphaël Arnaud ?
17:49– Oui, régulièrement.
17:50– Il ne vient plus à l'Assemblée,
17:52il ne va pas dans sa circo ?
17:52– Vous savez qu'on avait
17:53deux semaines de suspension,
17:54que nous en avons une troisième ?
17:55– Non, non, non, avant,
17:56avant ces deux semaines,
17:57il n'était pas revenu à l'Assemblée.
17:58– Oui, vous savez que Raphaël Arnaud
17:59est menacé.
18:00– D'après les journaux locaux,
18:01il n'avait pas mis non plus
18:01un pied dans sa circo.
18:02– Oui, Raphaël Arnaud
18:04est menacé de mort,
18:04peut-être que ça ne vous fait
18:05ni chaud ni finir.
18:06– Je vous inquiétez pas.
18:07– Il n'a pas dit un mot
18:08depuis que ses trois assistants
18:09parlementaires ont été arrêtés ?
18:11– Non, ce n'est pas vrai,
18:12il a fait des tweets,
18:13mais je vous rassure,
18:14Raphaël Arnaud va revenir.
18:16– Il va revenir ?
18:17– À l'Assemblée nationale ?
18:18– Et c'est un député
18:19qui est plus que jamais nécessaire
18:21dans le moment politique
18:21que nous sommes en train de vivre.
18:22– Plus que jamais nécessaire ?
18:23– Oui, bien sûr,
18:25quand vous avez une ministre
18:26qui parle de nous
18:27en disant que la France insoumise
18:28c'est l'anti-France,
18:30en utilisant les mots
18:31du théoricien antisémite
18:32d'extrême droite,
18:32Charles Maurras,
18:33lorsque vous avez Martine Vassal
18:35des Républicains à Marseille
18:37qui dit partager
18:38les valeurs du pétainisme
18:40et lorsque vous avez
18:41une marche néo-nazie
18:42qui est autorisée
18:43dans notre pays
18:43avec des saluts nazis
18:44et des chants homophobes
18:45et racistes,
18:46oui, l'antifascisme
18:47est plus que jamais nécessaire.
18:48– Merci Mathilde Panot
18:49d'avoir répondu à mes questions.
18:50Présidente du groupe
18:50La France insoumise
18:51à l'Assemblée nationale.
18:52Vous êtes bien sûr
18:53à l'AMC BFM TV.
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