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MEDI1TV Afrique : Guerre au Moyen-Orient : au 13ᵉ jour, le spectre d’un conflit sans issue - 12/03/2026
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00:12Hello everyone, 13th day of war, and this evening, this war has not ralentied, it has changed
00:19the face. At first it was Washington and Israel who wanted to hit quickly,
00:23destroyed, neutralized, imposed a choc militaire in Iran. But 13 days later, Téhéran responds
00:29autrement. Not necessarily by the superiority aérienne, nor by the conquest, but by the
00:34usure, by the duration and by the asphyxie. Today, the new supreme guide iranian, Mujtaba Khamenei,
00:42sort of silence and his message is not a call to the escalate. He promet vengeance,
00:49maintien de la fermeture du détroit d'Hormuz et la poursuite des attaques contre les bases
00:54américaines, notamment dans les pays du Golfe. En clair, Iran dit au monde qu'il ne peut peut-être
01:01pas gagner cette guerre au sens classique, mais qu'il peut la faire payer à tout le monde.
01:06Et c'est là que le conflit devient mondial. On parle déjà de la plus grande perturbation
01:11d'approvisionnement de l'histoire du marché pétrolier, c'est d'ailleurs l'Agence internationale
01:15de l'énergie qu'il dit. Alors la vraie question, c'est qui peut tenir le plus longtemps ? Qui
01:21peut absorber le choc politique ? Qui peut encaisser la colère des opinions ? Et pendant
01:26ce temps, le Liban s'embrasse de nouveau, des centaines de morts, un million de déplacés
01:33et le risque d'un embrasement régional total n'est plus théorique. Alors ce soir, il faut
01:37regarder cette guerre avec lucidité. Ce n'est pas seulement un affrontement armé, c'est
01:42un test de résistance, un test de nerfs, un test de seuil. Et peut-être le moment
01:48où l'Iran, qui est déjà prélégilisé militairement, essaie de renverser la table en transformant
01:54sa faiblesse en armes systémiques. Nous en parlons aujourd'hui avec mes invités. J'ai
02:00plaisir d'accueillir le professeur de relations internationales d'Université Mme 5 de rabat
02:03professeur Zakaria Boudaab. Bonjour. Bonjour Lalla Khadija, merci beaucoup. Merci à vous d'être
02:07avec nous. Toujours un plaisir de s'accueillir. Et un plaisir aussi d'avoir avec moi en plateau
02:12mon confrère. Il est rédacteur en chef économie au journal L'Opinion. Soufiane Chahid,
02:18bonjour. Bonjour Lalla Khadija, merci pour l'invitation.
02:20Marhaba Bikmana. Toujours un plaisir de commenter l'actualité avec vous et aussi avec mes deux
02:25autres invités qui se joignent à nous depuis Casablanca. D'abord le consultant en stratégie
02:30spécialisée dans les énergies hydrocarbures. Anna Sabdoun, bonjour et merci de vous joindre à nous.
02:36Bonjour, merci pour l'invitation.
02:39Merci à vous d'être avec nous et merci aussi au professeur universitaire, professeur Nabil Adel,
02:44de se joindre aussi à nous depuis Casablanca. Bonjour professeur Adel.
02:50Bonjour Frédéja, merci pour l'invitation.
02:52Marhaba. Nous allons commencer par un tour de table sur le bilan, 13 jours après le début des frappes.
02:58Alors on passe d'un conflit présenté comme ciblé à une guerre régionale qui de plus en plus
03:06s'apparente à quelque chose de durable. Un commentaire après 13 jours du début de ce conflit.
03:11Professeur Abou Dahab, déjà du point de vue du droit international, si on peut encore en parler.
03:18Oui, on peut toujours en parler puisqu'il y aura toujours après des révisions, des évaluations.
03:23Non, ça va de soi et on se pose la question d'abord sur le fondement même des attaques israélo
03:28-américaines.
03:29S'il y avait une résolution adoptée, quelque part c'était comme le scénario par exemple Libyen en 2011,
03:35à la limite, 1970 et 1973, la résolution, ou bien le cas irakien, même s'il est problématique en 2003.
03:42Il y avait quand même les lendemains du 11 septembre 2001.
03:45Néanmoins, on savait qu'à l'époque il y avait aussi beaucoup de fissurations sur le plan de l'alliance
03:51américaine
03:52avec des pays occidentaux, par exemple le niet français et allemand.
03:56Mais aujourd'hui on voit qu'il y a un flou stratégique, comme le disent beaucoup d'observateurs,
04:01par rapport à l'action états-unienne et israélienne.
04:04Ça c'est le premier point.
04:05La conséquence ou les conséquences vont être lourdes sur le plan du droit international.
04:09D'abord qui va endosser le coût moral des opérations,
04:13les assassinats ou plutôt les décès en série, par exemple les élèves iraniennes sans séquence.
04:20Sinon plus, le bilan est très très lourd.
04:22Et puis par ailleurs, les dégâts qui peuvent en résulter à la suite des actions menées au détroit d'Hormuz.
04:27Et on sait bien que par la suite, il y aura probablement élargissement même du spectre.
04:33À cela s'ajoute aussi la riposte iranienne qui a concerné non seulement les États-Unis,
04:38leurs intérêts ou leurs cibles mais également israéliennes,
04:41mais en fait tous les pays du Golfe arabe.
04:44Ce qui fait qu'aujourd'hui, nous sommes dans un non-lisement, probablement aussi aggravation de la situation.
04:52À la suite, nous y reviendrons du discours de Moustaba Khaminaï, donc le successeur de son père.
04:58Et puis les menaces proférées contre tout pays qui se mêle avec les Américains et Israéliens pour attaquer l'Iran.
05:05Donc on voit très très bien que malheureusement, de ce point de vue, le cadre n'est pas très très
05:10clair,
05:10que ce soit sur le plan stratégique, militaire, que ce soit aussi sur le plan politique.
05:15Et d'ailleurs, le Conseil de sécurité, hier ou aujourd'hui, discute ces considérations-là.
05:21– Bien sûr, on peut s'attendre quand même à un veto américain,
05:24mais vous parlez de droit international qui doit assumer la responsabilité des attaques.
05:28Et quand les attaques sont décidées par l'intelligence artificielle, à qui incombe la responsabilité au final ?
05:34– Grande question, Mme Khadija, mais…
05:36– C'est quand même un conflit qui est aussi…
05:41– Une dimension…
05:44– Oui, et puis les forces américaines ne s'en cachent pas.
05:48Ils font appel à l'intelligence artificielle pour mieux, je cite, cibler les targets.
05:57C'est-à-dire, à un moment, qui va assumer la responsabilité si c'est l'intelligence artificielle ?
06:02– Mais il y a quelqu'un derrière qui a déclenché le process.
06:05Pour le moment, il y a ce qu'on appelle le manuel de Tallinn, 2013, revue, corrigée.
06:09Il y a ce qu'on appelle le centre d'excellence de l'OTAN,
06:12qui a mis en place, justement, à la suite des attaques menées contre l'Estonie en 2007.
06:16Il y a le Conseil de l'Europe qui a mis en place un cadre normatif,
06:20mais il n'est pas obligatoire, l'Union européenne.
06:22Mais sur le plan unusien, nous n'avons que des résolutions,
06:25notamment de l'Assemblée générale, voire même du Conseil de sécurité.
06:28On dit, au final, qu'il faut qu'il y ait l'humain, en fin de compte,
06:32qui puisse lui-même donner l'ordre de frapper.
06:34Sinon, la question se pose aujourd'hui au niveau des armes dites létales autonomes.
06:39Mais au-delà de ça, ça reste quand même des questions liées aux réparations.
06:43Parce que, par exemple, quel est le reliquat ou la conséquence des attaques iraniennes
06:49qui ont cibli les pays du Golfe, alors qu'on sait très bien
06:51qu'ils ne sont pas engagés directement contre l'Iran ?
06:54Ce qui fait que, du point de vue droit international, les réparations,
06:56probablement, nous allons assister à des scénarios de ce genre
06:59devant peut-être des tribunaux internationaux demain.
07:02Demain.
07:02Mais aujourd'hui, 13e jour, Sofiane Chahid,
07:05quelle est la situation, selon vous, qui a observé un peu les faits,
07:10qui aussi s'accélère ?
07:13Avec, nous allons revenir en détail sur le fait politique majeur,
07:17c'est bien sûr la première prise de parole de Moujtaba Hamidai.
07:19– Au 13e jour, on voit que les objectifs, disons, fixés dès les premières attaques
07:25par Trump n'ont pas été atteints, c'est-à-dire décapiter le régime iranien
07:31pour, disons, le renverser, qu'il y ait un renversement du régime de l'intérieur,
07:36ce qui n'a pas été fait.
07:39On voit que le régime, même si ses plus grands dirigeants
07:42dans les principaux corps révolutionnaires, les Basidji, etc.,
07:47le guide suprême sont morts, le régime vit encore.
07:51Il a réussi à remplacer petit à petit ses dirigeants.
07:55Donc, au 13e jour, on voit que la guerre est en train de s'enliser
07:58et que toute la région, maintenant, s'est enflammée,
08:02c'est-à-dire que ce n'est plus Israël, l'Iran et les États-Unis,
08:07c'est tous les pays du Golfe, surtout par exemple les Émirats arabes uniques
08:12qui ont reçu le plus de missiles et de drones iraniens,
08:17c'est-à-dire plus qu'Israël.
08:20Il y a aussi les répercussions économiques.
08:24On a parlé de la fermeture du détroit d'Hormuz.
08:27S'il y a une fermeture, ça va être une crise planétaire.
08:31Bien plus grave, disons, que ce qui s'est passé
08:34durant la guerre Ukraine-Russie en 2022,
08:40c'est-à-dire qu'on peut se diriger vers un 3e choc pétrolier.
08:44N'oublions pas que le 2e choc pétrolier était aussi dû à la région,
08:48à cette même région, c'est-à-dire en 1979,
08:52il y avait la révolution iranienne puis la guerre Iran-Irak.
08:56Donc, si le baril de pétrole reste en-dessus de 100 dollars
09:02ou qu'ils atteignent même...
09:03Il les frôle aujourd'hui.
09:04Il les frôle.
09:06Il y a certains qui disent qu'il va même atteindre 120, 130, 150.
09:11Ça sera un impact pour l'économie de la planète entière
09:16avec des répercussions très, très graves,
09:18notamment famine, chômage de masse, etc.
09:21Et surtout l'inflation qui va revenir, qui va s'installer.
09:24Quels sont les mécanismes qui pourraient, justement,
09:27Anna Sabdoun, puisqu'on parle de choc,
09:28transformer cette crise en véritable choc pétrolier mondial ?
09:34Oui, alors, effectivement, on a déjà commencé à avoir des signes de stress
09:39au niveau des marchés financiers.
09:40Je rappelle qu'une semaine avant le début du conflit,
09:43on était à un baril à 60 dollars.
09:45Il est monté un peu à 70 dollars avant le début du conflit
09:48parce que les marchés avaient commencé à anticiper la possibilité,
09:52effectivement, que les négociations n'aboutissent pas
09:54et qu'il y ait le déclenchement d'un conflit.
09:56Et puis, on a très rapidement franchi la barre des 100 dollars.
10:00Ce qui est intéressant, c'est qu'on a eu l'intervention d'un Donald Trump
10:04qui avait dit que la guerre était terminée, qu'on arrivait à la fin.
10:07Et en fait, ce n'était pas une déclaration diplomatique,
10:09ce n'était pas une déclaration politique à l'attention des Américaines,
10:14des Américains, mais c'était une déclaration à l'attention du marché.
10:16On a vu, effectivement, le marché réagir à cela plutôt positivement.
10:20Il a baissé un petit peu de 10 dollars.
10:22Et aujourd'hui, on est, au moment où je vous parle, à 100 dollars, 100,00.
10:27Donc, on est vraiment sur cette barre-là.
10:28Et donc, on voit bien que l'ensemble des dynamiques qu'on met en évidence
10:34ou des mécanismes qu'on essaie de trouver pour amener une pression baissière
10:38ne fonctionnent pas.
10:39Le plus intéressant, je crois, et peut-être qu'on aura l'occasion d'y revenir,
10:43c'est que ces deux, trois derniers jours, on a vu des annonces
10:45au niveau des États-Unis, au niveau de l'Union européenne,
10:48au niveau de l'Agence internationale de l'énergie, de l'OCDE,
10:50tout le monde disait, on va relâcher les fameux stocks stratégiques.
10:54Donc, les fameux centres de stockage stratégiques,
10:55on parle d'à peu près des centaines de millions de barils qui sont stockés.
11:00Et donc, l'idée, c'est qu'on va relâcher ces stocks stratégiques.
11:02Et à partir du moment où on les relâche, la machine reprend,
11:05le flux est à nouveau disponible.
11:07Et donc, on va sur une pression baissière.
11:09Et au même moment, il y a un élément intéressant,
11:11et c'est là où je vais pouvoir répondre directement à votre question,
11:13c'est que nous avons un drone ou un missile
11:16qui est tombé directement sur le centre de stockage de Fujera.
11:20Fujera, c'est à 70 mètres des côtes iraniennes.
11:23C'est à peu près 100 millions de barils stockés.
11:25Et donc, pendant qu'on a un certain nombre d'organismes et d'États
11:27qui essayent de rassurer les marchés pour dire,
11:29il y a encore du stock de disponible,
11:31ce que disent les Iraniens de manière indirecte,
11:34c'est que la majorité des stocks qu'on a dans la sous-région
11:37des pays du Golfe saoudien et irakien
11:39sont largement apportés de mes missiles et de mes drones.
11:43Et donc, c'est là où il y a un point de rupture très important.
11:45On est déjà dans un marché tendu.
11:48La pression haussière va continuer tant qu'on n'aura pas trouvé
11:50d'alternative au détroit d'Hormuz.
11:52Il n'y a pas vraiment d'alternative.
11:54On peut trouver quelques mécanismes à travers la mer Rouge,
11:56à travers le port de Fujera sur le Golfe d'Omane.
11:59Mais 80 % est quand même bloqué.
12:01Et donc, il y a un vrai problème au niveau des exports.
12:03Mais là où ça peut vraiment, je dirais, exploser
12:06au niveau des prix du baril,
12:08c'est qu'on va directement s'attaquer soit au pétrolier,
12:10soit au centre de stockage.
12:11Et là, pour le coup, c'est un baril qui peut dépasser
12:15les 200 dollars très, très facilement.
12:17Donc, ces attaques contre les tanqueurs
12:19vont également jouer sur le cours du baril,
12:23même s'il y en a pour l'instant trois de confirmés,
12:27notamment près des côtes irakiennes.
12:28Mais on peut envisager que cela met davantage de pression
12:33sur les marchés, au-delà du détroit d'Hormuz.
12:37Parce que là, ils n'étaient pas au détroit d'Hormuz,
12:40n'est-ce pas, ces pétroliers ?
12:42Oui, oui.
12:43Alors, l'idée, c'est qu'effectivement,
12:44pour l'instant, les trois pétroliers
12:46qui ont été recensés,
12:48c'était quand même des tentatives de franchir
12:51et donc de ne pas forcément
12:53de respecter l'ordre des gardiens de la Révolution.
12:54Puis on a vu, ces derniers 24 heures,
12:57on a eu une attaque sur un pétrolier,
13:00pour le tout, qui n'était pas en position
13:02de ne pas respecter finalement l'ordre des gardiens
13:04de la Révolution.
13:05Et le deuxième, c'est les infrastructures de stockage.
13:07Or, les infrastructures de stockage,
13:09rien qu'à Fujaira, on est à peu près à 100 millions.
13:11Si vous ajoutez les centres de stockage
13:13de Sarodi Aramco, de Babco, de Coït Petroleum,
13:16de Qatar Énergie,
13:17vous avez là une immense poudrière
13:19qui sont plus apportées de la puissance iranienne.
13:22Et là, vous avez un vrai facteur de puissance.
13:25Je crois que ce qui s'est passé là
13:27était des messages aux Iraniens,
13:29aux marchés, pour rappeler qu'ils ont cette capacité-là.
13:31C'est une carte d'extrême recours.
13:34Mais ce qu'il faut garder à l'esprit,
13:36c'est que les détroits d'Hormuz,
13:37au niveau de la guerre énergétique,
13:39est la première carte.
13:40Ce n'est pas du tout la dernière carte.
13:41Il y aura la possibilité de bloquer le golfe de Oman,
13:44le détroit de Bab-el-Mendeb et le centre de stockage.
13:46Donc, le facteur de pression est encore très important.
13:49Absolument, d'autant plus que les proxys,
13:51notamment les Houthis au Yémen,
13:53sont pour l'instant en stand-by.
13:54On n'en entend pas parler.
13:55Pas encore, en tout cas.
13:57Celui qu'on a entendu aujourd'hui,
13:58pas vraiment entendu parce qu'il a juste adressé
14:02un message aux Iraniens via une journaliste
14:06qui a lu son message sur la télé officielle iranienne.
14:09Il s'agit donc du nouveau guide suprême,
14:14Moustaba Khamenaï,
14:15qui a donc adressé son premier discours,
14:19son premier message.
14:20Il promet de venger, je cite, les martyrs,
14:23de maintenir fermé le détroit d'Hormuz,
14:25de poursuivre les frappes
14:27contre les bases américaines dans la région.
14:29Toutes les bases américaines, je le cite,
14:31toutes les bases américaines de la région
14:32doivent être immédiatement fermées
14:34car elles seront attaquées.
14:35Rien de nouveau.
14:37Et d'ajouter que nous obtiendrons réparation de l'ennemi.
14:40S'ils refusent, nous nous emparerons de ces biens
14:42dans la mesure que nous nous jugerons appropriés.
14:45Et si cela s'avère impossible,
14:46nous détruirons une quantité équivalente
14:48de ces propriétés.
14:52D'abord, un commentaire, Nabil Adel,
14:55sur le ton utilisé par…
15:00Avant même de commenter,
15:02est-ce que cela, selon vous,
15:03Nabil Adel, met fin aux rumeurs
15:05que le nouveau guide suprême
15:08aurait été éliminé par les frappes américaines
15:13israéliennes ?
15:13Alors, le message du nouveau guide
15:18renvoie à une réalité
15:19que les Américains et les Israéliens
15:21semblent les connaître.
15:22C'est qu'ils ont affaire à un État
15:24qui est là depuis 2500 ans
15:26et qui a de vieilles traditions d'État.
15:28Je pense que c'est quelque chose
15:31à laquelle ils n'ont pas fait attention,
15:32ils n'ont pas fait celui d'en faire attention.
15:33Ils ont pensé que ça va être comme la Bolivie,
15:35on va décapiter la tête
15:36et puis après, le numéro 2 viendra…
15:38Venezuela, peut-être, pas la Bolivie.
15:41Venezuela.
15:42Venezuela, Venezuela.
15:44Et le numéro 2 viendra discuter avec nous
15:45et puis c'est bon, ça va être plié,
15:47on va bombarder massivement,
15:49les gens vont sortir dans les rues,
15:52renverser le régime
15:52et puis voilà, on va avoir un nouveau régime,
15:56on va ramener l'ancien chat
15:58et tout se passera bien dans le meilleur des mondes.
16:00Donc ça, c'est une vision qui manque caricaturale
16:02de la complexité de la réalité au Moyen-Orient
16:05et donc la sortie aujourd'hui du nouveau guide
16:07a mis fin à ces rêves en rose
16:11qui ont précipité l'économie mondiale
16:13et le monde entier dans une crise la plus grave,
16:16on parle de la crise la plus grave
16:17depuis la Deuxième Guerre mondiale
16:18et ça ne fait que 10 jours que ça a commencé.
16:21Le deuxième message qui est envoyé
16:24au pays du Golfe
16:25et c'est un message en un peu plus clair,
16:28les États-Unis étaient là pour vous protéger,
16:31vous avez payé des trillions de dollars
16:32pour votre protection.
16:33Aujourd'hui, non seulement il n'arrive pas
16:34à vous protéger de nous,
16:35mais ils sont devenus un passif
16:38parce que c'est à cause d'eux
16:39que nous vous attaquons.
16:40Et donc, vous devez les chasser.
16:42Et ça, c'est un message qui est extrêmement violent
16:45et extrêmement dangereux
16:46dans la mesure où il remet en cause
16:48un pacte vieux de 70 ans,
16:52de 80 ans,
16:53c'est-à-dire le pacte de Quincy
16:54entre le roi fondateur de Abdaïs al-Saoud
16:59et Roosevelt.
17:01Et donc, selon lequel,
17:03les États-Unis procuraient le soutien militaire,
17:07la protection,
17:08et les al-Saoud procuraient du pétrole.
17:10Donc là, il est en train de démontrer
17:16par les faits que c'est un accord
17:18qui ne tient plus
17:19et que les États-Unis ne sont même plus capables
17:20de protéger ces pays du Golfe.
17:22Non, ils ne sont pas capables
17:23de protéger ces pays du Golfe,
17:24mais ils sont devenus un passif.
17:26D'ailleurs, la guerre a montré
17:28la fragilité du réseau d'alliances
17:30des États-Unis
17:30puisque même en Corée du Sud,
17:32on a déplacé des SAD
17:35pour protéger Israël.
17:36On est en train de déplacer
17:38un actionnel de défense
17:40des pays du Golfe
17:41pour défendre Israël.
17:42Donc ça montre qu'aujourd'hui,
17:44leur sécurité,
17:45la sécurité pour laquelle ils ont payé
17:48passe par perte de profit.
17:49Donc, le troisième message
17:50qui est important,
17:51c'est qu'il peut faire mal,
17:52l'Iran peut faire mal.
17:53C'est-à-dire, à travers le détroit,
17:55nous remontent.
17:57Aujourd'hui, on a fait bondir
17:59les barils du pétrole
18:00à presque 100 dollars.
18:02Le problème que nous risquons d'avoir
18:04n'est pas tant
18:05une augmentation des prix,
18:07mais carrément une rupture
18:09de l'approvisionnement.
18:10Et c'est ça le grand danger
18:11que nous expérons.
18:12– On l'a vu,
18:13on l'a vu dans plusieurs pays,
18:15le Pakistan qui suspend
18:17l'enseignement
18:19pour quelques jours,
18:21d'autres pays
18:22qui appellent les populations
18:24à restreindre
18:25leurs déplacements,
18:27notamment en Asie du Sud-Est.
18:28La situation commence déjà
18:30à sentir les effets
18:33déjà chez les clients
18:34directs de ce pétrole
18:36qui passe par le détroit d'Ormone.
18:38– Et vous me permettez
18:39de faire la transition
18:40vers le quatrième message.
18:41– Il a dit qu'on allait frapper
18:43les États-Unis
18:44dans des endroits
18:45où ils ne s'attendent pas.
18:47Alors, beaucoup de gens spéculent
18:49quels sont ces endroits.
18:51Alors, aujourd'hui,
18:52le cauchemar noir de tout le monde,
18:55c'est que les hautsis
18:57qui ne sont pas encore
18:57entrés dans le conflit
19:00ferment le Babi Mende.
19:03Et là, ça va être
19:04un scénario noir
19:05du jamais vu,
19:06que personne n'a anticipé.
19:07Et Donald Trump
19:09ne peut pas
19:11qu'il a essayé
19:11de rassurer les marchés
19:12en disant
19:13qu'on va accompagner
19:14les pétroliers.
19:15Mais c'est une vue de l'esprit.
19:17C'est vraiment
19:17une vue de l'esprit.
19:18Nous avons une centaine
19:20de navires qui sont bloqués.
19:22Combien il peut accompagner ?
19:24Deux, trois en même temps.
19:25Mais on parle
19:25de centaines par jour.
19:26– Juste un mot
19:27sur ce nouveau guide suprême.
19:30Il est plus intransigeant
19:31que son père ?
19:31– Il n'a pas encore
19:33dévoilé toutes ses cartes.
19:34Et donc, je pense
19:35qu'on ne peut pas
19:36véritablement apprécier
19:37son behavior,
19:38son comportement
19:39allant seulement
19:40de ce discours
19:41d'aujourd'hui.
19:43Il n'est pas menaçant,
19:44mais il a réclamé
19:45la vengeance
19:46du son de son père,
19:47mais également
19:48de tous les martyrs.
19:49Vous voyez,
19:49dans le chéisme,
19:50il y a cette conception
19:51très importante,
19:51très aiguë
19:52par rapport
19:53à la vente d'État.
19:54Et ça va de soi
19:55parce que ça constitue
19:56une sorte d'ADN
19:58qui compose même
19:59le pouvoir
20:00en tant que tel
20:02établi par le Khomeini
20:03en 1979.
20:05Mais également,
20:06il ne veut pas
20:06gouverner seul,
20:08il aura besoin
20:08de s'appuyer
20:09sur tous les leviers
20:10du pouvoir.
20:11Mais ce que nous remarquons
20:13à partir de cette première sortie,
20:15qu'il ne voudrait pas
20:16lâcher du lest
20:17et qu'il voudrait encore
20:18aller de l'avant.
20:19D'ailleurs,
20:20il y a quelques jours,
20:22je pense même avant hier,
20:23le ministre des Affaires étrangères
20:24qui dit
20:24que c'est l'Iran
20:25qui va décider
20:26de l'arrêt
20:27ou pas
20:27de la guerre.
20:29Et donc,
20:29ça ne va pas être
20:30une capitulation.
20:31Il y a certes
20:32la guerre psychologique,
20:33informationnelle,
20:34tout ce qu'on veut,
20:35mais beaucoup quand même
20:36d'observateurs
20:36avaient apprécié
20:38l'ingéniosité
20:40même du militaire iranien,
20:42la cache des missiles
20:44dans le sable,
20:45etc.
20:46La réaction,
20:47je pense,
20:47n'a pas été très bien calculée
20:49de la part
20:49ni des Israéliens
20:50ni des Américains.
20:51Je suis tout à fait d'accord
20:52avec Seyadil
20:53quand il dit
20:53que l'attaque
20:54israélo-américaine
20:55s'est faite
20:56au moment où
20:56les négociations
20:57étaient en cours.
20:58Ça nous rappelle
20:59le juin 2025,
21:00c'était la même chose
21:01parce que l'AIEA
21:01a fait une délégation
21:03qui a été dépêchée
21:04à Téhéran
21:04justement
21:05pour s'enquérir
21:06de près de la situation
21:07et là,
21:08nous sommes dans
21:08la surprise stratégique,
21:10c'est-à-dire des frappes
21:11d'ailleurs,
21:11c'était le premier jour
21:13sinon le deuxième jour
21:14du bon Ramadan,
21:15un mois sacré.
21:16Donc,
21:17ce qui fait
21:17qu'il y a eu
21:18une précipitation,
21:19je pense,
21:20que du point de vue
21:21de la doctrine stratégique
21:22d'abord américaine
21:25puis israélienne,
21:25pourquoi j'ai dit
21:26d'abord américaine
21:27puis israélienne,
21:27beaucoup d'observateurs
21:28disent que finalement
21:29peut-être Trump
21:31avait été entraîné
21:32dans la guerre
21:33à cause de Netanyah,
21:34quelque part,
21:35d'une manière
21:36ou d'une autre.
21:37Mais on pourrait dire
21:38que récemment,
21:39M. Donald Trump
21:39lui-même
21:40qui remet peut-être
21:41même en cause
21:43les informations
21:44qui ont été présentées
21:45par ses proches
21:46collaborateurs
21:47et je voudrais aussi
21:48dire une chose
21:48pour injecter
21:50un peu de dose théorique
21:51sur ce que nous sommes
21:51en train de dire,
21:53la crise des missiles
21:54de Cuba 1962,
21:55c'était en raison
21:56justement des bureaucraties
21:57d'IQ,
21:57des bureaucraties
21:58en termes
21:59de politique étrangère.
22:00Cela veut dire,
22:01il y a un Graham Allison
22:02qui même en 2018
22:03avait écrit
22:04le piège
22:05de Thio Cidide
22:06en alertant
22:06les Américains,
22:07attention,
22:08ne faites pas
22:09comme Athènes
22:10qui a attaqué
22:11Sparte
22:11par guerre préventive
22:13de crainte
22:14de voir son leadership
22:15s'écorner.
22:17Attention,
22:18n'attaquez pas la Chine
22:18parce que
22:19si vous le faites,
22:20vous allez tomber
22:21dans le même piège
22:21de Thio Cidide.
22:22Ils sont tombés
22:23dans le piège
22:23de Thio Cidide
22:24en attaquant l'Iran
22:24cette fois-ci
22:25et pas la Chine
22:25parce que derrière,
22:27il y a de grands joueurs,
22:28il y a la Chine,
22:29il y a la Russie
22:30et quelque part,
22:31les Américains
22:32et les Israéliens
22:32sont entraînés,
22:33je pense,
22:33dans un bourbier
22:35et j'espère
22:36qu'ils en tireront
22:37les conséquences
22:37qui s'imposent.
22:38Au moins,
22:39aujourd'hui,
22:40les gens
22:41de bonne foi
22:43disent qu'il faut
22:45décréter
22:45un cessez-le-feu
22:46immédiat
22:46et après réparer
22:47ce qu'il y a à réparer.
22:49Il ne parle pas
22:50de cessez-le-feu,
22:51il parle d'ouverture
22:53d'autres fronts
22:54dans les zones
22:55où l'ennemi
22:55a peu d'expérience,
22:56c'est extrêmement vulnérable.
22:57C'est ce qu'évoquait
22:58Nabilaad tout à l'heure,
22:59ces nouveaux fronts
22:59pourraient être activés
23:00si l'état de guerre
23:01se poursuit
23:01et si cela est jugé
23:03approprié.
23:04Ça,
23:04ce sont les paroles
23:05du nouveau guide suprême,
23:07Moujtaba Khamenei,
23:09Soufiane Chahid,
23:10la Chine aussi
23:10qui se repositionne
23:11et qui désapprouve
23:12les attaques iraniennes
23:13sur les pays du Golfe.
23:14Juste pour revenir
23:15sur ce qui a été dit
23:16tout à l'heure,
23:17vous avez raison,
23:18le guide suprême
23:19n'est pas dans une logique
23:20de négociation
23:20mais Trump non plus.
23:21Il a dit que
23:23la fin de la guerre
23:24sera avec la capitulation
23:25de l'Iran.
23:26Il n'est pas du tout
23:26dans une logique
23:27de négociation.
23:28Il n'était même pas
23:29dans une logique
23:30de négociation
23:30avant les frappes
23:31parce que
23:32quand il y avait
23:32des négociations
23:33disons entre
23:34les Iraniens
23:35et les Américains
23:36à Oman,
23:38lui,
23:38il avait trois conditions.
23:39C'est arrêter
23:40l'enrichissement
23:41de l'uranium,
23:43laisser tomber
23:44ses proxys
23:45et laisser tomber
23:46ses missiles balistiques.
23:47Ce qui était inacceptable
23:48pour les Iraniens
23:49parce que
23:49c'est les trois
23:50garanties de survie
23:52du régime iranien.
23:53Donc,
23:54même Trump,
23:55il n'était pas
23:55disons,
23:56les Iraniens disent
23:57on était en train
23:57d'avancer dans les négociations
23:59mais Trump,
24:00il ne voulait pas
24:01que les Iraniens
24:02négocient.
24:03Il voulait juste
24:03qu'ils acceptent
24:05ces conditions.
24:06Après,
24:06pour la Chine,
24:08oui,
24:08la Chine dépend
24:09beaucoup
24:09du pétrole
24:11iranien.
24:12Rappelons que
24:1245%
24:14des pétroliers
24:15qui sortent
24:17du détroit
24:17d'Hormoz
24:18vont vers la Chine
24:18qui est un très
24:19très gros
24:19consommateur
24:20de pétrole.
24:21Donc,
24:22ils sont
24:23beaucoup plus
24:24affectés
24:24que tous
24:25les autres pays.
24:28La Chine
24:28a aussi
24:29des alliances
24:29avec l'Arabie Saoudite,
24:31avec les Emirats,
24:31tout comme la Russie
24:32qui a dit
24:33la même chose,
24:33qui a dit
24:34qu'ils refusaient
24:35les frappes
24:36sur ces pays
24:39et qu'ils soient
24:41entraînés
24:41dans cette guerre.
24:43Donc,
24:43bien sûr,
24:44la Chine
24:44et la Russie
24:45peuvent être considérés
24:46comme des alliés
24:47de l'Iran,
24:49mais ces deux pays
24:50cherchent avant tout
24:54leurs intérêts
24:55dans cette guerre.
24:55Absolument.
24:57Si la Chine
24:58s'est prononcée,
25:00c'est qu'elle a
25:00un intérêt vital
25:02dans la stabilité
25:02énergétique
25:03du Golfe.
25:04Bien sûr.
25:04Aussi.
25:05Mais,
25:06fait intéressant,
25:07les pays du Golfe,
25:10Anna Sabdoun,
25:12sont les grands exposés
25:15et ils encaissent,
25:16ils continuent
25:17d'encaisser
25:18coûts sécuritaires,
25:19énergétiques
25:19et économiques.
25:20Jusqu'où peut aller
25:21l'onde de choc
25:22de cette déstabilisation
25:24inédite historique
25:25dans toute cette région,
25:27selon vous ?
25:31Oui,
25:32elle est extrêmement importante.
25:33Ce qu'on remarque,
25:34effectivement,
25:35et ça,
25:35on l'a vu
25:36dans les deux ou trois
25:37premiers jours
25:37de la guerre,
25:38c'est que l'alliance stratégique
25:41qui a pu exister
25:42entre les États-Unis
25:44et un certain nombre
25:46de pays de la région
25:47et pays du Golfe,
25:47notamment cette alliance
25:49pétrole contre sécurité,
25:51a complètement sauté.
25:52A complètement sauté déjà
25:53parce que dès 2014,
25:552015,
25:55on a vu effectivement
25:57les Américains
25:58être plutôt dépendants
25:59au niveau de la production
26:00pétrolière
26:00avec la découverte
26:02du pétrole et du gaz
26:02de schiste,
26:03ce qui rendait mécaniquement,
26:04si vous voulez,
26:06la dépendance
26:07ou la mutuelle dépendance
26:10entre les pays
26:11du Moyen-Orient
26:11et les États-Unis
26:12plutôt déséquilibrée.
26:13Ce qu'on tentait de faire,
26:14finalement,
26:15les pays du Golfe,
26:16c'est d'investir massivement,
26:19notamment dans l'armement,
26:20bien sûr,
26:20mais aussi les investissements
26:21directs étrangers
26:22aux États-Unis.
26:23On se souvient que
26:24dans la dernière tournée
26:25de Donald Trump,
26:25juste avec le Qatar,
26:27les Émirats-Unis
26:28et l'Arabie Saoudite,
26:28c'est à peu près
26:29plus de 2 000 milliards
26:30d'investissements.
26:31On se rend compte aujourd'hui
26:32que ces pays-là
26:33se retrouvent finalement
26:35au premier plan
26:36face à la puissance iranienne,
26:39à la puissance balistique,
26:40à la puissance des drones,
26:41qui sont l'incapacité
26:43de se défendre.
26:44Alors,
26:44ce n'est pas surprenant
26:45pour un pays,
26:46pour les petites pétromonarchies
26:47comme le Koweït,
26:48Bahreïn,
26:48les Émirats,
26:49par rapport à un géant
26:50de 90 millions d'habitants
26:51qui a une profondeur continentale,
26:52on aurait pu peut-être
26:54s'attendre un peu plus,
26:55si vous voulez,
26:55de la part de l'Arabie Saoudite,
26:57d'autant qu'elle s'est
26:58elle-même positionnée
26:59comme un acteur régional important,
27:01voire challengeant
27:02le leadership régional
27:04des Iraniens.
27:04Là, on se rend compte
27:05que sans l'appui des Américains,
27:07même les Saoudiens
27:07ne veulent pas se risquer,
27:08si vous voulez,
27:09à cette confrontation directe.
27:10Et donc,
27:11on se rend compte
27:11qu'il y a plusieurs fractures
27:13politiques qui opèrent.
27:14Et la principale fracture politique,
27:16en tout cas,
27:16dans les pays du Golfe,
27:17qu'ils en veulent,
27:18bien sûr,
27:19et évidemment,
27:21aux Iraniens
27:21et au fait que les Iraniens
27:24frappent dans leur territoire,
27:25mais ils en veulent aussi
27:26énormément aux Américains
27:28qu'ils vivent
27:28cette situation
27:29comme un abandon
27:30parce que la base navale
27:33à Bahreïn,
27:34qui est le siège
27:35de la 5e flotte,
27:35a été carrément abandonnée
27:37et le porte-avions
27:37est loin de l'océan Indien.
27:39Et la base d'Al-Obaïd,
27:40qui est la première,
27:41la plus grande base aérienne
27:42de la région,
27:44a vu l'ensemble
27:45de ces avions.
27:45D'habitude,
27:46il y a toujours
27:46des boudaines et des dizaines
27:48dans des centaines
27:48d'avions de chasse
27:49dans le coin.
27:50Là,
27:50ils étaient tous positionnés
27:51en Jordanie
27:51pour défendre Israël.
27:53Et donc,
27:53il y a des vrais débats,
27:54notamment au niveau
27:55de la presse officielle
27:57et des personnes
27:58en poste officiel
27:59au niveau de l'Arabie saoudite,
28:00des Émirats arabes unis,
28:01du Koweïd,
28:01qui commencent à critiquer
28:02ces accords.
28:03Donc,
28:03je crois qu'il y a
28:03une vraie fracture politique.
28:07Jusqu'où ça pourra aller,
28:08c'est là où,
28:08ce qui est intéressant,
28:10c'est qu'il y a
28:11un processus
28:11de,
28:13je dirais,
28:13de jaugage
28:14qui est en train
28:14d'être fait
28:15et il faut aussi
28:17faire preuve
28:17de nuances
28:18dans l'analyse politique.
28:19C'est-à-dire que
28:20l'ensemble des pays
28:22du Golfe
28:23ne sont pas tous
28:23logés à la même enseigne.
28:25Ils sont tous frappés,
28:26ils sont tous vissés,
28:27ils ne sont pas du tout
28:27logés à la même enseigne.
28:28Vous avez d'abord
28:30le Sultanat d'Omane
28:31et le Qatar d'un côté
28:32qui sont des pays
28:34qui ont toujours été
28:35pour l'intégration,
28:36si vous voulez,
28:36de l'Iran
28:37dans le concert de nations
28:38et pour un accord
28:39avec des très bonnes
28:40relations diplomatiques.
28:41Et donc,
28:42on voit qu'il y a
28:42vraiment une vraie prudence,
28:44notamment,
28:45surtout vis-à-vis
28:46du Sultanat d'Omane
28:47parce qu'il n'y a pas
28:47de base militaire américaine,
28:48mais même la manière
28:50dont les Iraniens
28:52frappent en permanence
28:53la base militaire
28:54aérienne américaine
28:56et aussi au niveau
28:57des infrastructures radar,
28:58on n'a pas vu
28:59d'attaque
28:59sur les infrastructures
29:00civiles au Qatar.
29:01Et à chaque fois
29:02qu'on frappe
29:02les infrastructures militaires,
29:04on joue toujours
29:05le chaud et le froid.
29:06Vous avez Ali Ali Jani
29:07qui dit
29:08qu'on joue un petit peu
29:10l'aile dure du pouvoir.
29:12Vous avez tout de suite
29:12derrière
29:12le ministre des Affaires étrangères
29:13qui décroche son téléphone
29:15et qui rassure en disant
29:16que ce n'est pas une guerre
29:17contre le Qatar,
29:18c'est une guerre
29:18contre les bases américaines,
29:19etc.
29:20Vous avez ensuite
29:22des frappes
29:23au niveau
29:23de la base aérienne
29:24de Riyad
29:25et aussi
29:25de l'ambassade américaine
29:27à Riyad
29:27au niveau
29:28de l'Arabie saoudite,
29:29là encore
29:29de manière très ciblée
29:30par les infrastructures
29:31civiles.
29:32On a eu
29:32quelques frappes
29:35sur les infrastructures
29:36énergétiques
29:36que les Iraniens
29:37ont démenties,
29:38donc même ça
29:38c'est une sacrée partie
29:39de la stratégie.
29:40Et en tout cas,
29:41on essaye surtout,
29:42et ce qui est important,
29:42c'est que la désescalade
29:44qui a été permise
29:45après l'accord bilatéral
29:47qui a eu lieu
29:48sous l'Égypte de la Chine,
29:48c'est de ne pas le casser.
29:49Bien sûr,
29:50il est vraiment challengé.
29:51C'est un accord
29:52où beaucoup
29:53étaient sceptiques
29:55lorsque ces deux pays,
29:56qui en fait
29:56c'était les deux frères
29:57ennemis de la région,
29:58se sont mis d'accord.
30:00Cet accord-là
30:01a traversé finalement
30:02la crise
30:04du génocide
30:04à Gaza,
30:05la crise
30:05de la guerre
30:06des 12 jours,
30:07la crise
30:07de l'assassinat
30:08des responsables
30:09du Hamas
30:10en Iran.
30:11Et les Saoudiens
30:12ont toujours été,
30:12si vous voulez,
30:13du côté de l'Iran,
30:14ne plus que dans les communiqués.
30:15Et donc là,
30:16il y a un côté,
30:16vous ne jouez pas le jeu.
30:17Donc les Iraniens,
30:18essaient un petit peu
30:18de garder,
30:20de ne pas finalement
30:21casser,
30:22de mettre la pression maximale,
30:24mais pas non plus
30:24de pousser à bout
30:25les responsables saoudiens.
30:26Et puis,
30:27vous avez le troisième groupe,
30:29je dirais,
30:29c'est les Émirats arabes unis
30:31et Bahreïn
30:31qui ont de très mauvaises
30:32relations diplomatiques.
30:34Bahreïn,
30:34parce que la démographie
30:36est ce qu'elle est,
30:36parce que la majorité
30:37est chiite,
30:38parce qu'il y a toujours eu
30:39des accusations d'ingérence
30:40et donc forcément
30:41les Iraniens ne vont pas
30:42avec le dos d'un cuillère
30:43et parce que les Émirats arabes unis
30:45étaient le dernier pays
30:47lorsque l'ensemble
30:48des pays du Golfe,
30:49on se souvient,
30:50il y avait une déclaration commune
30:51entre le Qatar,
30:52l'Arabie saoudite,
30:52l'Omène
30:53et même la Turquie
30:53en disant
30:54il y a un mois,
30:56s'il y a une intervention militaire,
30:58elle ne doit pas être faite
30:58les bases militaires
31:00de nos pays
31:00ne doivent pas être utilisées
31:03et l'espace aérien non plus.
31:05Les Émirats arabes unis
31:06n'avaient pas donné
31:08cette même garantie,
31:10il a fallu attendre
31:1015 jours supplémentaires
31:11sous la pression des Saoudiens
31:13pour qu'ils se rangent
31:14sur ce côté-là
31:15et donc pour les Iraniens,
31:17les Émirats arabes unis
31:18sont le cheval de Troie
31:20de la politique israélienne
31:21dans la région
31:22et c'est la raison pour laquelle
31:23elle n'hésite pas
31:24à être beaucoup plus offensive,
31:26beaucoup plus vindicative
31:27dans sa politique militaire
31:28sur les infrastructures énergétiques,
31:30c'est lié des militaires.
31:32Quelle est la réponse aussi
31:34à attendre ?
31:35Si l'Iran utilise
31:37le levier énergétique,
31:39quel levier peut être
31:40désormais utilisé
31:41par les autres pays
31:43pour protéger
31:44leurs intérêts
31:45et donc se protéger
31:45contre l'Iran
31:46sans pour autant
31:47s'engager
31:48dans un réel
31:51affrontement militaire ?
31:54Nabil Adel.
31:55En réalité,
31:56Bon, allez-y,
31:57allez-y,
31:57allez-y,
31:58NSF,
31:58je passe la parole après à…
32:01Vous avez quelque chose
32:02à ajouter là-dessus ?
32:04Très rapidement,
32:05parce que je laisserai
32:06la parole à mon collègue,
32:08je ne vais pas
32:08monopoliser la parole,
32:09mais c'est là où,
32:10à mon sens,
32:10il y a eu une forme
32:11d'intelligence
32:11dans la stratégie iranienne,
32:13c'est-à-dire que
32:14les pays du Golfe,
32:15maintenant,
32:15la seule manière
32:17qu'ils ont
32:17de protéger
32:18leurs infrastructures
32:19pétrolières,
32:21ils ne peuvent pas
32:22attaquer l'Iran
32:22parce qu'il y a une asymétrie
32:23en termes de puissance militaire,
32:24d'expérience militaire,
32:25la seule manière
32:26qu'ils ont de garantir
32:27leurs installations pétrolières,
32:29qui, je rappelle,
32:30ce n'est pas simplement
32:30un pan important
32:31de l'économie,
32:32c'est la base
32:32de leur économie
32:33et donc la base
32:34de leur stabilité politique.
32:35Et donc,
32:36la seule manière
32:36qu'ils ont de préserver ça,
32:37c'est de jouer
32:38la transparence
32:39au niveau des renseignements,
32:40au niveau de la diplomatie,
32:41et il semblerait,
32:42d'après certains
32:43officiels de Washington,
32:43que c'est ce qui commence
32:45à faire,
32:45ce qui agace pas mal
32:46les Américains.
32:47– Nabil Adel.
32:50– Écoutez,
32:51il faut comprendre
32:52un petit peu
32:52la psychologie des marchés.
32:54Aujourd'hui,
32:55quand vous avez
32:56une augmentation
32:56des prix du pétrole
32:58de 10%,
33:00ce n'est pas pour réagir
33:01à l'événement lui-même.
33:02Les marchés réagissent
33:04à l'avenir.
33:05C'est-à-dire que les marchés
33:05prévoient que c'est un conflit
33:07qui va continuer.
33:08L'information historique
33:10n'est qu'une donnée
33:11sur laquelle on va s'appuyer
33:13pour construire
33:14les prévisions futures.
33:15Donc, quand on dit
33:16que le prix du pétrole
33:17a augmenté de 10%,
33:18on ne dit pas
33:19qu'il y a une guerre,
33:21un conflit au Moyen-Orient,
33:22on dit que ce conflit
33:23va continuer.
33:24Et c'est ça,
33:25notre crainte.
33:26Maintenant,
33:26face à cela…
33:27– C'est plus de 10%,
33:2810% sur les 24 dernières heures,
33:31mais depuis le début
33:31du conflit.
33:32– Voilà, c'est ça.
33:32Je parle de 24 dernières heures.
33:34– Voilà, exactement.
33:35Mais ce qui est intéressant,
33:36est-ce que l'Iran
33:37n'a pas d'intérêt
33:38dans la région ?
33:39Est-ce que les Iraniens,
33:40est-ce que les oligarques
33:42iraniens n'ont pas
33:42des intérêts,
33:45est-ce que les Iraniens
33:47n'ont pas aussi
33:48quelque chose à perdre
33:50pour faire court
33:53pendant qu'ils ciblent
33:55justement ces pays-là
33:57qui accueillent
33:59leurs intérêts économiques
34:00et autres ?
34:01– En fait,
34:02c'est le pot de terre
34:03contre le pot de fer.
34:04L'Iran joue sa survie,
34:06le régime joue sa survie.
34:08Et donc,
34:08dans pareille situation,
34:10tous les autres intérêts
34:11passent au second degré.
34:12D'ailleurs,
34:13beaucoup de régimes
34:14totalitaires
34:14utilisent la guerre
34:15en tant que levier
34:17pour se maintenir
34:17et pour cimenter
34:19l'intérêt national.
34:20D'ailleurs,
34:20cette guerre
34:21a rendu un service
34:22au régime iranien
34:24que plus qu'on peut l'imaginer
34:26parce que là,
34:27contre l'invasion externe,
34:28contre l'ennemi agresseur,
34:30il n'y a pas de meilleur moyen
34:31pour cimenter
34:33le front intérieur.
34:34Et donc,
34:34aujourd'hui,
34:35même,
34:35combien même
34:35ils auraient des intérêts,
34:37ce sont des intérêts
34:37qui vont passer
34:37en perte de profit,
34:38dans la mesure,
34:39on va leur dire
34:40si demain,
34:40les Américains
34:41réussissent leur entreprise,
34:44il va nous arriver
34:45ce qui est arrivé
34:45à l'Irak
34:46et à l'Afghanistan.
34:47Ça dépend
34:47de partir
34:47pour 20 ans
34:49de partition,
34:51de déstabilisation
34:52et de chaos.
34:53Donc là,
34:54vous avez un peuple
34:55qui est unique
34:55pour ne pas subir
34:56le même sort,
34:57justement.
34:57Comment mettre la pression ?
34:59On les a vus,
34:59ce n'est pas les communiqués,
35:00ce ne sont pas les communiqués
35:01qui manquent,
35:02il y a eu une réunion ici
35:04des ministères des Affaires
35:05des Transjères Dimanche.
35:06Les leviers économiques,
35:09les leviers douaniers,
35:12activer les mesures.
35:13Ils sont déjà
35:14sous embargo.
35:16Écoutez, madame,
35:17soit on fait ça,
35:19soit on est parti
35:20pour un baril
35:21qui peut atteindre
35:21les 150-480 dollars
35:24et toute l'économie mondiale
35:25va s'effondrer.
35:27Et je vous rappelle
35:28que la guerre d'Ukraine
35:30et l'agression
35:31de l'Ukraine par la Russie,
35:33quelques mois après,
35:34on a eu des inflations
35:35qu'on n'a jamais vécues
35:36depuis longtemps.
35:37Vous vous rappelez
35:38qu'à un certain moment,
35:39on parlait de 12%
35:40de l'inflation.
35:41Avant qu'on parle
35:42de cela,
35:43j'aimerais bien
35:44qu'on parle du Liban.
35:45Il nous reste 10 minutes.
35:46Il faut qu'on parle
35:47quand même du Liban.
35:48Le front libanais
35:50est clairement activé
35:51ou réactivé pleinement.
35:54Professeur Abou Dahab
35:55et puis on l'a vu
35:56en plein mois de Ramadan.
35:57Ce sont des centaines
35:58de milliers de familles
35:59qui ont dû quitter
36:01leur domicile
36:01dans le sud du Liban.
36:02Hélas,
36:03c'est l'un des dégâts
36:05collatéraux
36:05de cette attaque
36:07israélo-américaine.
36:08On se disait
36:09que le président
36:10Aoun,
36:11finalement,
36:12ira dans le sens
36:13de la démilitarisation
36:16du Hezbollah,
36:17alors que maintenant,
36:17c'est une fenêtre
36:18d'opportunité
36:20géostratégique
36:21pour cette milice,
36:23alignée évidemment
36:23totalement
36:24sur le régime
36:25iranien.
36:26Et ça veut dire
36:27que finalement,
36:28au bout de plusieurs
36:29attaques,
36:30Israël n'a pas pu
36:31venir au bout
36:32de cette milice.
36:33Ce qui interroge
36:35justement l'efficacité
36:36de l'approche israélienne
36:37depuis au moins
36:38les lendemains
36:39du 7 octobre
36:402023,
36:41puisque le Hezbollah,
36:42quelques jours
36:43juste après,
36:44s'est coalisé
36:44avec notamment
36:45le Hamas
36:46pour mener des frappes
36:47depuis le sud libanais
36:49contre Israël
36:50au niveau du nord
36:52de cet État.
36:53Ça,
36:53c'est le premier point.
36:54Deuxième point,
36:54comme on l'a dit
36:55tout à l'heure,
36:56alors tous ces proxys
36:57iraniens aujourd'hui
36:58peut-être se verront
37:00un peu,
37:01retrouver un peu
37:02du souffle
37:03quelque part.
37:04Malheureusement,
37:04le grand perdant,
37:05c'est le peuple libanais.
37:06Quelle malédiction,
37:07malheureusement,
37:08frappe ce peuple
37:10extraordinaire
37:10depuis les années 70
37:11jusqu'à aujourd'hui.
37:12C'est un pays
37:13qui a émeurtri
37:14depuis même
37:15la déflagration
37:15du port
37:16Abdi al-Beirut,
37:18etc.,
37:18ce qui prouve
37:19justement
37:20qu'au final,
37:21en dépit même
37:22de la disparition
37:22de Hassan Nasrallah,
37:24l'explosion
37:24des bipers,
37:25etc.,
37:26voilà le Hezbollah
37:27qui prouve
37:28qu'il est toujours là
37:28et encore une fois,
37:29ce qui l'intéresse
37:30ne sont pas
37:31les populations civiles,
37:32libanais de façon générale,
37:33mais encore une fois,
37:34c'est une alliance
37:36un peu sectaire,
37:37dogmatique
37:38avec le régime
37:39des mollas iraniens.
37:40– Soufiane Chahid,
37:42commentaire aussi
37:43sur le front libanais
37:45et un élargissement
37:46régional clair ?
37:47– Sur le front libanais,
37:49je pense que le scénario noir,
37:51c'est que le Liban
37:51retombe en guerre civile,
37:53parce que ce sera
37:55vraiment un cauchemar
37:56pour toute la région.
37:57Là, il y avait un accord
38:01après la guerre,
38:02la première guerre
38:03entre Israël
38:04et le Hezbollah,
38:06c'était un accord
38:06de désarmée
38:07le Hezbollah
38:08sous l'égide
38:10des Américains.
38:11Le Hezbollah
38:12n'a pas été désarmé.
38:13Et là,
38:14ils refusent
38:14même de donner
38:16leurs armes,
38:17même s'il y a
38:17une pression interne
38:18au Liban,
38:19parce que Trump
38:20met la pression
38:21sur les dirigeants
38:22libanais.
38:23Il y a une quasi-unanimité
38:25des autres partis
38:26chrétiens,
38:27maronites,
38:28etc.
38:29pour aller dans ce sens
38:31de désarmer
38:31le Hezbollah.
38:33Le Hezbollah
38:33refuse de se désarmer.
38:35On attend de voir
38:36ce que fera l'armée.
38:36Est-ce que l'armée
38:37libanais va intervenir
38:39pour désarmer
38:39de force
38:40le Hezbollah,
38:41ce qui va se transformer
38:42en une guerre civile ?
38:44Et là,
38:44on risque de voir
38:45un éclatement
38:46de toutes les communautés
38:48libanaises
38:49et personne n'a envie
38:50de voir ça.
38:51Exact.
38:52Et un autre mot
38:53sur la réaction
38:54des marchés.
38:56Là,
38:56on a parlé tout à l'heure
38:57d'un autre proxy,
38:59il s'agit des Houthis.
39:02S'ils venaient
39:04à fermer
39:04Beub el-Mendeb,
39:05ce serait vraiment
39:09le cataclysme
39:10sur les marchés
39:12pétroliers et financiers ?
39:13Ce serait le cataclysme.
39:15Après,
39:16bien sûr,
39:16il faut voir
39:17la réaction
39:17des autres puissances.
39:19On a déjà vu
39:20que la France
39:21et l'Angleterre
39:23envoient des frégates
39:25dans toute la région
39:26pour ne pas permettre
39:31que le détroit d'Hormos
39:33soit fermé.
39:34Mais s'ils ferment
39:35le Beub el-Mendeb,
39:36peut-être qu'on va voir
39:37une coalition
39:37beaucoup plus large
39:38contre l'Iran
39:40et contre ses proxys.
39:42On va voir
39:43ce qui va
39:44commencer à développer.
39:45Anas Abdoun
39:47sur ce qu'il faut
39:48peut-être surveiller
39:50des prochaines 48
39:51à 72 heures.
39:55Oui,
39:56déjà,
39:56pour rebondir
39:57sur le détroit
39:58de Beub el-Mendeb,
39:59il y a un vrai risque.
40:00C'est-à-dire que
40:01si les Houthis
40:02décident de le fermer,
40:03il ne faut pas forcément
40:04qu'ils aient la…
40:06C'est le mécanisme
40:07des marchés.
40:07C'est-à-dire que
40:07si à un moment donné
40:08le risque de le traverser
40:09est tellement important,
40:11même si vous ramenez
40:12toute l'armada
40:12de la marine française
40:14ou américaine,
40:15c'est-à-dire que les armateurs
40:15ne prendront pas le risque,
40:17les primes d'assurance
40:18ne suivront plus
40:18et donc le marché
40:20se détournera.
40:21Encore une fois,
40:21c'est une logique
40:22de profondeur continentale.
40:24Entre parenthèses,
40:25juste avant que vous finissiez,
40:26je voudrais juste
40:27vous interpeller
40:27sur la réaction
40:28des assureurs.
40:29Vous en avez parlé.
40:30Pourquoi Lloyd,
40:32principal assureur
40:33de ses navires,
40:38pétroliers et autres,
40:40pourquoi ont-ils réagi
40:41aussi vite ?
40:42C'est-à-dire
40:42dans les 24 heures
40:43après les frappes
40:44américano-israéliennes
40:45sur l'Iran ?
40:48Écoutez,
40:48c'est le principe même
40:49de l'économie
40:50de l'assurance,
40:51c'est-à-dire...
40:52Non, mais est-ce que
40:52dans d'autres circonstances,
40:54ils auraient réagi
40:56aussi rapidement ?
40:57Dans les 24 heures
40:58qui sont une frappe ?
41:00Est-ce qu'ils ont...
41:01Alors, question.
41:02Est-ce qu'ils ont réagi ?
41:03Ils n'allont pas très loin.
41:04Est-ce qu'ils ont réagi
41:04de la même manière
41:05en juin 2025
41:06lors de la guerre
41:06des 12 jours ?
41:07Enfin, de la guerre ?
41:08Non, non.
41:10C'était complètement différent
41:11mais la nature de la réaction
41:12était complètement différente
41:13et en fait,
41:13c'était prévisible.
41:14Je suis surpris
41:16que les Américains
41:17et les Israéliens
41:18aient été surpris
41:19de la réaction iranienne,
41:20si vous voulez,
41:20parce qu'elle était
41:21largement prévisible.
41:22Il y avait de cela
41:23les deux derniers mois.
41:25Il y avait une annonce
41:27de l'Ayatollah Khamenei
41:28et des gardiens de la Révolution
41:29qui disaient
41:30que si l'Iran est attaqué,
41:31ce sera une guerre régionale
41:33et on fermera le détroit.
41:34Bien sûr,
41:35ils ont souvent répété
41:36qu'il fermera le détroit
41:37mais là,
41:38la guerre avait
41:39une signification
41:41totalement différente
41:41par rapport à celle
41:42de la guerre des 12 jours.
41:43La guerre des 12 jours,
41:43c'était le but annoncé
41:46déjà était clair,
41:47la stratégie était claire,
41:48c'était réduire
41:49si vous voulez
41:50le programme nucléaire
41:51et d'ailleurs,
41:51l'ensemble des frappes
41:52étaient sur des sites nucléaires
41:54Isfara, Natanz, Boucher, etc.
41:56Et donc là,
41:57la stratégie était claire.
41:59Mais là,
41:59ce qu'on nous a entendu,
42:01c'est le régime
42:02où le pouvoir iranien
42:03est affaibli,
42:05Bachar Al-Assad est tombé,
42:07le Hezbollah n'existe plus.
42:08Il y avait un petit peu
42:09cette idée
42:09que les Iraniens
42:10étaient fragiles,
42:10c'était le moment
42:11de les frapper.
42:11On ne cherchait pas
42:12à réduire le programme
42:14balistique ou nucléaire,
42:15ça c'était dans la négociation.
42:16Ce qu'on cherchait,
42:17et dans les 24 heures
42:18de la guerre,
42:19ça a été annoncé,
42:20c'est finalement
42:20un régime change.
42:21À partir du moment
42:23où le pouvoir central iranien
42:25part du principe
42:26qu'on essaye
42:26d'atteindre à sa survie,
42:28eh bien forcément,
42:29il va être
42:29beaucoup plus vindicatif.
42:30Et donc,
42:31tout ça pour dire,
42:32il y avait déjà
42:33des délégations
42:33qui avaient été envoyées
42:34dans l'ensemble
42:35des pays du Golfe.
42:36Il y a de cela
42:38quatre semaines
42:39pour dire,
42:39attention,
42:40s'il y a un conflit,
42:41c'est un conflit régional,
42:42je préfère vous prévenir,
42:43et que les bases militaires
42:45seront ciblées,
42:45que ce n'est pas l'État.
42:47Et donc,
42:47il faut savoir
42:47que l'ensemble
42:49de ces compagnies-là,
42:50notamment les assurances
42:51maritimes,
42:52ont un très grand
42:53département de risque
42:54qui font appel
42:55à l'ensemble
42:56d'analyses de cabinets
42:58sur l'analyse de risque
42:59que j'ai politique,
42:59sur les différentes doctrines.
43:00Et donc,
43:01on nous en prie,
43:01cette menace au sérieux.
43:04– Cette menace au sérieux,
43:06et la menace,
43:07elle pourrait,
43:07juste pour vous laisser finir
43:08votre analyse
43:10sur vraiment les points
43:11qu'il faudra peut-être observer
43:14ces prochains jours,
43:16et notamment après ce discours,
43:19ce message,
43:20il y a beaucoup de psychologie,
43:23il y a beaucoup de politique
43:24dans ce message
43:25du nouveau guide suprême.
43:27Est-ce qu'il aura aussi
43:28son impact sur les marchés
43:30un peu à l'image
43:32de ce message
43:33beaucoup plus rassurant
43:34du président américain
43:35il y a deux jours ?
43:36– Oui, je crois que là,
43:38on est dans une forme
43:40de contraste assumé,
43:41où effectivement,
43:42on a le nouveau guide
43:44qui balaye un petit peu
43:45cette idée
43:46de trêve prématurée
43:47ou d'un cessez-le-feu.
43:48Et l'idée, effectivement,
43:49des Iraniens,
43:50c'est que vous avez décidé
43:51de la guerre
43:51et nous déciderons
43:52quand à ce que ça terminera.
43:54Il y a aussi une partie
43:55de politique à temps,
43:56je pense,
43:56à partir du moment
43:57où il y a eu
43:57une forme de crise politique
43:59et que les gardiens
44:00de la Révolution
44:01ont pris beaucoup
44:01de pouvoir
44:02dans cette transition.
44:03Il y a un petit peu
44:04cette idée,
44:04parce que finalement,
44:05vous l'aviez dit
44:06en préambule,
44:06il répète un petit peu
44:07des choses qui sont déjà là,
44:08c'est-à-dire on va se venger,
44:09on va fermer le détroit
44:09d'ordre,
44:10on va viser les bases
44:10militaires américaines.
44:11Il y a peut-être aussi
44:12une idée de s'épirmer
44:14face à l'homme fort actuel
44:15qui est quand même
44:16à Ali Lali-Djani,
44:17objectivement.
44:17Donc je pense qu'il y a aussi
44:19un angle d'analyse
44:20qui peut être
44:21de la politique à terme.
44:22Ce qu'il faudra surveiller
44:24inéluctablement,
44:24c'est le théâtre d'opération,
44:26c'est qu'aujourd'hui,
44:27effectivement,
44:28les Iraniens
44:28ont quasiment détruit
44:31l'ensemble des bases
44:32de radars
44:33et de surveillance
44:33des pays du Moyen-Orient.
44:35On se concentre
44:36un peu plus maintenant
44:37sur Israël.
44:38L'idée, effectivement,
44:39c'est de voir
44:39quelle est la réponse israélienne
44:42et surtout,
44:43quelles vont être
44:43les infrastructures énergétiques
44:45qui vont être sensibilisées.
44:46Est-ce qu'on va simplement
44:47se contenter de voir
44:48un ou deux pétroliers
44:49ou un incident
44:50dans une raffinerie,
44:51ce qui serait en fait
44:53un signe de stagnation
44:55au niveau de la crise
44:56ou alors on va aller
44:57dans des scènes
44:58beaucoup plus chaotiques.
44:59On va effectivement
45:00toucher les centres de stockage.
45:02On va peut-être toucher
45:03même la production iranienne.
45:04Et là, on est dans un engrenage
45:05où on aura du mal
45:06à revenir en arrière.
45:07Exactement.
45:08Si, effectivement,
45:10aussi cette production iranienne
45:11venait à être touchée
45:13et là,
45:14ce n'est pas seulement
45:15la Chine qui va être touchée,
45:16c'est tellement de pays asiatiques
45:18qui vont être touchés.
45:19Et là,
45:20c'est l'autre question
45:21que je voulais vous poser,
45:22c'est sur les chaînes de valeur
45:24parce qu'il n'y a pas
45:24que le pétrole.
45:25Il y a toute la logistique maritime
45:27qui va être touchée un peu,
45:29va revivre des épisodes
45:32malheureux du Covid
45:33et aussi de la guerre en Ukraine.
45:35Soufiane Chahid.
45:36De toute façon,
45:3790% du commerce international
45:40passe par la mer.
45:41Donc,
45:42s'il y a vraiment
45:44une mise en chaos
45:45de toutes les chaînes de valeur
45:47et toutes les chaînes industrielles
45:48et commerciales du monde,
45:49ce sera vraiment catastrophique.
45:51Exact.
45:52Et l'ONU,
45:52qui rappelle quand même
45:54la cessation immédiate
45:55des attaques de l'Iran
45:55contre les États du Golfe,
45:58ça risque aussi
45:59d'entraîner
46:00un professeur Abou Dahab,
46:03des impacts
46:04beaucoup plus importants
46:05à long terme
46:06sur même
46:07les marchés financiers,
46:08mais sur cet équilibre
46:10géopolitique
46:11très fragile,
46:12mais certes,
46:12il existait
46:13dans cette région.
46:14Donc là,
46:14on est en train
46:15de peut-être vivre
46:18une autre forme
46:19de cet équilibre
46:20géopolitique
46:21à reconstruire
46:22dans la région
46:23du Moyen-Orient.
46:23Ce qui est désolant,
46:24c'est qu'il y avait
46:25quand même
46:26un certain élan
46:26pour pacifier
46:27ce Moyen-Orient
46:29toujours compliqué,
46:32poudrière,
46:32entre guillemets,
46:34même si c'est mauvais
46:35à le dire,
46:35mais c'est la réalité
46:36parce que c'est un épicentre
46:37où il y a plusieurs facteurs
46:39de déstabilisation.
46:41Des tentatives,
46:42par exemple,
46:42comme les accords d'Abraham
46:43qu'on pourrait aujourd'hui
46:44considérer comme
46:45en stand-by,
46:46plus ou moins,
46:47et c'est d'ailleurs
46:48l'une des quêtes
46:49du régime iranien
46:50que de les annihiler
46:52par des actions
46:53ça et là.
46:54Et que deuxièmement,
46:56ce Board of Peace
46:57qui a été mis sur pied
46:59il y a quelque temps,
47:01encore l'espoir
47:02de voir peut-être
47:03plus une culture,
47:04une doctrine
47:04de pacification,
47:06ce qu'on appelle
47:07la culture de la paix,
47:09hélas,
47:09tout cela
47:09est partie en fumée.
47:11Mais il faut revenir
47:12quand même
47:12à la case de départ,
47:14c'est que de toutes les manières
47:15l'action israélo-américaine
47:18n'avait pas
47:19de fondement légal
47:20et n'était pas légitime.
47:21À la limite,
47:22on pouvait peut-être
47:23comprendre
47:24les attaques
47:24menées en juin 2025
47:26parce qu'elles étaient
47:27bien targetées,
47:28bien ciblées,
47:29etc.
47:29Mais aujourd'hui,
47:31là,
47:31mettre en feu
47:32toute cette région
47:33avec des conséquences
47:34non mesurables
47:35et encore,
47:36on vient de sortir
47:37dès le lendemain
47:37du 7 octobre 2023,
47:39la séquence Covid,
47:40l'inflation
47:41qui revient,
47:42plus maîtrisable
47:43aujourd'hui,
47:44etc.
47:44Et je me pose aussi
47:45la question
47:46par rapport même
47:47au Maroc
47:48parce qu'il sera
47:49de toutes les manières,
47:50d'une manière
47:50ou d'une autre,
47:51touché par ce qui se passe
47:53au Moyen-Orient.
47:54Et donc,
47:54la grande question
47:55aujourd'hui,
47:55quelle issue,
47:57quelle lueur d'espoir,
47:58médiation russe,
48:00chinoise,
48:00plus de pression,
48:01politique interne,
48:02états-unienne,
48:04bientôt les mid-terms,
48:05le 3 novembre 2026,
48:07parce que Donald Trump
48:08est dans une difficulté
48:09certainement,
48:10très probablement,
48:11il perdera la majorité
48:12au Congrès américain.
48:13– Si ce n'est dans les deux chambres.
48:14– Absolument,
48:14si ce n'est dans les deux chambres,
48:16le Sénat et la Chambre des représentants.
48:17– Surtout que l'économie américaine,
48:19déjà ne se portant pas
48:21– Absolument.
48:22– très bien, on va dire,
48:25avec cette opération en Iran
48:28qui dure encore plus longtemps,
48:30va certainement impacter
48:31l'économie américaine.
48:33– Imaginons si cela dépasse
48:34les 90 jours,
48:35c'est-à-dire l'exception
48:36qui permet à un président
48:37d'aller outre le feu vert
48:38du Congrès américain.
48:40On aurait dans une affaire,
48:42non pas Watergate,
48:43mais une autre appellation,
48:45peut-être procédure d'impeachment,
48:47c'est-à-dire de destitution.
48:48Vous voyez,
48:49on peut déjà anticiper
48:50sur des considérations de ce genre,
48:52mais aujourd'hui,
48:53l'issue n'est pas du tout calculable
48:55et on voit très bien,
48:56comme disait Anas Abdoun tout à l'heure,
48:58que nous sommes dans l'engrenage,
48:59un terme très cher à Henri Kissinger
49:03quand il avait décrit
49:04le contexte des années 40.
49:06– On est loin de ce contexte,
49:08enfin, je ne sais pas
49:09si on est loin de ce contexte
49:10ou on est dedans,
49:10mais en tout cas,
49:12beaucoup portent à croire
49:14que le brouillard est là
49:16et il est là pour durer.
49:18Merci beaucoup, en tout cas,
49:19d'éclairer notre lanterne
49:21dans ces temps incertains.
49:23Merci, Prof. Abou-Dahab,
49:25et à vous également,
49:25Soufiane Chahid.
49:26Merci, Nabil Adel,
49:28merci d'avoir été avec nous.
49:30Et merci à vous aussi,
49:32chère Anas Abdoun.
49:33– Merci pour l'invitation.
49:35– Merci à vous.
49:36– Merci.
49:36– C'est la fin de cet épisode 2
49:38qui se contente.
49:40Très bonne suite des programmes
49:41et que c'est pour toi tous.
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