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  • il y a 11 heures
Dans son édito du 09/03/2026, Mathieu Bock-Côté revient sur [thématique de l'édito]

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Transcription
00:00D'abord et avant tout, si on a un peu de mémoire, on doit se rappeler que dans les années
00:0380 et tout le début des années 90, c'est une journée qui, ce qu'on appelle la journée de
00:08la femme, ne compte plus.
00:10C'est une journée un peu périmée. Le féminisme n'est plus à la mode. Il fut une époque, jusqu
00:15'au milieu des années 90, dirais-je, où on considère que les grandes batailles du féminisme sont remportées et que
00:22cette question n'est plus d'actualité.
00:25Mais on assiste à un tournant, même se dire, je me souviens quand j'étais tout jeune, se dire féministe,
00:29c'était franchement ringard. C'est comme se dire rocardien aujourd'hui.
00:32C'était complètement lunaire. Mais le monde a changé et le féminisme a repris vie à la différence du rocardisme.
00:38Et c'est dans la deuxième moitié des années 90 où commence ce recompose, ce qu'on pourrait appeler un
00:44féminisme bourgeois.
00:45Un féminisme bourgeois qui est fondé sur le principe suivant, la conquête des places pour les femmes dans les entreprises,
00:51dans les conseils d'administration, à l'Assemblée nationale,
00:54notamment sous le signe de la parité. Donc c'est un féminisme qui consiste à dire que les femmes individuellement
00:58ne peuvent pas réussir suffisamment.
01:00Il faut créer des conditions institutionnelles pour que les femmes puissent dépasser les plafonds de verre et s'installer au
01:07sommet de la société.
01:08Ça existe encore en passant à ce féminisme-là, mais il s'est fait dépasser par d'autres formes.
01:13C'est des années, les années aussi, 90-2000, même époque, où l'image de l'homme change dans la
01:18société.
01:19L'image de l'homme dans cette espèce d'époque de début de néo-féminisme, l'homme, qui était autrefois
01:24présenté comme l'autre pôle sexuel de l'humanité,
01:27passe de plus en plus, c'est l'époque de l'homme lavette, c'est l'époque de l'homme
01:31métrosexuel,
01:31c'est l'époque de l'homme qu'on présente toujours dans les publicités comme un parfait crétin.
01:35Rappelez-vous, moi ça m'a frappé des deux côtés de l'Atlantique, c'est une époque très singulière où
01:39la femme est au sommet de tout,
01:40et l'homme n'est pas méchant, il est imbécile. Et ça va créer une espèce d'exaspération chez plusieurs,
01:47donc c'est le culte de l'homme rouge, je l'ai dit, du métrosexuel, de l'aplatie, du tapis
01:52fier de l'être,
01:52et c'est une époque assez singulière.
01:55On bascule toutefois, dans les années 90, on pourrait dire, en fait 2000-2010,
02:01on passe du féminisme tout bourgeois avec de l'autre côté le mépris de l'homme,
02:06un féminisme clairement misandre, qui commence à détester l'homme,
02:10qui commence à détester l'homme, qui est présenté dès lors comme un prédateur,
02:15comme un prédateur inquiétant.
02:16Donc c'est cette idée que l'homme devient, et ça va culminer en France par exemple
02:20avec une forme de féminisme à la Sandrine Rousseau,
02:22qui dit de l'homme qu'il est lui-même traversé par des pulsions prédatrices
02:25et qu'il doit se déconstruire.
02:28Rappelez-vous la figure de l'homme déconstruit,
02:30qui était apparemment la figure de l'homme désirable,
02:32selon la figure bien connue du Parti vert.
02:34Et là, on est dans une période où on traque partout
02:38le patriarcat résiduel de l'Occident.
02:4020 ans plus tôt, on le croyait tomber le patriarcat.
02:43Et bien maintenant, on le croit tout-puissant,
02:44on va le chercher partout, partout ses traces, en Occident.
02:47Pas nécessairement dans une culture autre.
02:49On va le chercher partout, et notamment dans le...
02:51ça fait bondir marque, dans la langue.
02:54Donc l'écriture inclusive, qu'est-ce que c'est?
02:56C'est cette idée que la manière dont on s'exprime,
02:58c'est la trace, en fait, du patriarcat dominant dans nos sociétés.
03:01On doit reconstruire le langage pour faire apparaître la femme
03:04qui sinon aurait été étouffée.
03:06C'est aussi une période, je vous donne un exemple,
03:08je reviendrai dans un instant,
03:09où la théorie du genre commençait à apparaître.
03:12Elle se laissait deviner déjà dans la mode des années 90,
03:15surtout 2000 en fait, avec l'androgynie,
03:17le culte de l'androgynie,
03:18où désormais le corps désiré de la femme,
03:20c'est celui, le corps sans forme.
03:22C'est le corps délivré de la forme
03:24qui serait une forme d'obésité morbide,
03:26la présence de forme, qu'elle soit,
03:28vous savez ce qu'on appelle le sablier,
03:29eh bien ça, il faut le trancher pour ça,
03:32délivrer, pour que la femme devienne
03:34simplement une espèce de porte-vêtements,
03:35mais délivrée de toute féminité plus classique.
03:38C'est des années tragiques, ça.
03:41Mais pendant qu'il y a le délire en Occident,
03:44dans d'autres coins du monde,
03:45le réel nous rattrape.
03:46Et ça nous rattrape dans les années 2020,
03:48mais ça se laissait encore une fois deviner depuis longtemps,
03:50avec la question des femmes en Iran, en 2022.
03:53Et là, le féminisme, on était dans l'écriture inclusive,
03:57l'équité, on était dans tous les marchés
03:59du féminisme bourgeois au misant occidental,
04:01et là, boum, en Iran,
04:03les femmes se révoltent contre une vraie domination,
04:05un vrai patriarcat,
04:06un vrai système qui cherchait à les écraser,
04:08notamment en 2022, on le sait,
04:10et que fait-on à ce moment-là?
04:11On arrache le voile.
04:12On arrache le voile à ce moment-là.
04:14On dit, on en a assez de ce symbole
04:16qui nous infériorise,
04:17qui nous invisibilise dans l'espace public.
04:19Nous les y opposons.
04:20Et là, d'un coup, la question du féminisme
04:22retrouve aujourd'hui un vrai, vrai contenu.
04:24C'est la possibilité pour les femmes
04:25de se délivrer d'un régime théocratique
04:27qui les écrase.
04:28Et en Occident, la question d'un vrai féminisme
04:30revient aussi à quel moment?
04:32Autour de 2016, à Cologne,
04:34avec la question de la sécurité des femmes
04:36dans l'espace public.
04:37Est-ce que les femmes peuvent se promener
04:38librement dans l'espace public?
04:40Où sont-elles désormais la proie
04:42de nouveaux prédateurs?
04:43Soudainement, le féminisme redevient
04:45une question qui nous touche dans la rue.
04:47Cologne, effectivement.
04:48Rappelez-nous ces événements
04:49qui vont poser de nouvelles manières
04:51la question des femmes dans nos sociétés.
04:53Janvier 2016, si je ne me trompe pas,
04:56janvier 2016,
04:58on apprend,
04:59suite aux...
05:01on le sait,
05:02les vagues migratoires de 2015,
05:04on apprend que dans la nuit
05:05de la nouvelle année,
05:08eh bien, les femmes sont partout
05:09agressées à Cologne,
05:10et on comprend rapidement
05:11que c'est généralement par des migrants
05:12qui sont là et qui sont
05:13sur le mode conquérant.
05:15C'est-à-dire, vous savez,
05:16cette vieille idée inscrite
05:17depuis la nuit des temps
05:19qu'un geste de conquête,
05:20c'est généralement s'emparer
05:21des femmes d'un pays.
05:22Donc là, on voit finalement
05:24que la femme redevient
05:25un trophée de guerre
05:26dans ce qu'on pourrait présenter
05:27comme un choc des civilisations
05:28au quotidien.
05:29On ne parle évidemment pas
05:30de tous les migrants,
05:31bien évidemment.
05:31ça va de soi,
05:32qui dirait le contraire?
05:33Mais on parle d'une époque
05:34où finalement,
05:36les dangers pour les femmes
05:37sont culturellement teintés
05:39désormais.
05:40Le choc des civilisations,
05:41elles le vivent
05:41dans leur tenue,
05:42dans leur vie quotidienne.
05:43On le verra aussi,
05:44soit dit en passant,
05:45à Porte-la-Chapelle
05:45en France en 2017,
05:47mais on ne veut pas
05:47nommer le problème,
05:48rappelez-vous.
05:48On nous dit soudainement
05:49que les femmes ne vont plus
05:50à Porte-la-Chapelle en 2017.
05:51Pourquoi?
05:52Parce qu'il y a soudainement
05:52trop d'hommes dans les rues.
05:53Trop d'hommes.
05:54Mais quels hommes?
05:54On ne saura pas
05:55quels hommes
05:56parlent trop d'hommes.
05:57On commence à comprendre.
05:58La question de la presse
05:59des femmes
06:00dans les transports publics,
06:01est-ce que les femmes
06:01sont en sécurité
06:02dans les transports
06:03en France aujourd'hui?
06:04C'est dans ce contexte
06:05qu'émergent les némésis.
06:06Les némésis,
06:07un peu tardivement,
06:08émergent.
06:08Qu'est-ce qu'elles nous disent?
06:09Nous allons poser
06:10la question de la sécurité physique
06:12des femmes
06:13dans l'espace public,
06:14la sécurité des femmes
06:15qui sont désormais menacées
06:16en se promenant
06:17au quotidien dans la rue
06:18avec cette insécurité
06:20culturellement teintée.
06:21J'espère l'avoir dit
06:22dans des termes convenables.
06:24Eh bien,
06:24devant cette question nouvelle,
06:26il y a une peur nouvelle
06:26et le féminisme
06:27pose une question
06:28très concrète
06:28à la sécurité des femmes.
06:30Et à travers ça,
06:30il y a aussi deux enjeux
06:31qui ont été posés
06:32dans un livre magnifique
06:33« Où sont les femmes »
06:34de Sophie Durocher
06:34qui est une intellectuelle québécoise.
06:36Elle dit,
06:37elle parlait dans son titre
06:38« Où sont les femmes »
06:38de l'invisibilisation
06:39des femmes
06:40de l'espace public
06:41d'un côté par le voile,
06:42de l'autre côté
06:43par la théorie du genre.
06:44Le voile dit
06:45« Cachez-vous,
06:45votre féminité
06:47nous met en danger. »
06:48La théorie du genre
06:49« Votre féminité n'existe pas.
06:50Votre réalité corporelle
06:52n'existe pas.
06:53Il suffit de se décréter
06:54femme pour l'être soudainement. »
06:55Et on a vu
06:56que tout ça a éclaté
06:56avec la question,
06:57bien évidemment,
06:58du sport féminin
06:59ou quand des gens
07:00comme moi,
07:00des colosses comme moi,
07:01mais qui se décrétaient femme
07:02pouvaient désormais
07:03faire concurrence
07:04avec Charlotte
07:05en disant qu'il n'y avait
07:06aucune inégalité
07:07dans le fait
07:07qu'on allait faire
07:07de la lutte elle et moi
07:08parce que je suis femme moi aussi.
07:09Il ne se peut que
07:10le commune immortel
07:11ait commencé à douter de cela.
07:12C'est Gabriel
07:13qui apparemment
07:14fait le punching ball.
07:18Un nouveau sujet,
07:20Mathieu,
07:21inquiète les féministes,
07:22le masculinisme
07:24qui serait populaire
07:25chez les jeunes hommes.
07:26Est-ce qu'une inquiétude légitime ?
07:28C'est fascinant cette question
07:29parce qu'avec la question
07:30du masculinisme,
07:31c'est une nouvelle manière
07:32de dire que c'est
07:32l'extrême droite
07:33qui est de retour.
07:33C'est une manière de dire
07:34que qu'est-ce qui met en danger
07:35les femmes aujourd'hui
07:36si l'extrême droite
07:37encore ?
07:38Parce que se pourrait-il
07:39qu'elle ne soit pas
07:39le premier danger ?
07:40Non.
07:41Alors, ce qui est intéressant
07:42avec cette question,
07:43c'est qu'il y a un vrai problème
07:44dans les rapports
07:44entre les jeunes hommes
07:45et les jeunes femmes
07:45aujourd'hui.
07:46Qui dira le contraire ?
07:47D'un côté,
07:49il y a presque
07:49une crise du désir.
07:51Il y a un survirilisme
07:53chez certains jeunes hommes,
07:54ce qui est vrai aujourd'hui.
07:55Mais après avoir été déconstruit
07:56pendant 30 ans,
07:57il y en avait marre.
07:58Donc, il retrouve
07:58les codes classiques
07:59de la virilité.
08:00De l'autre côté,
08:01on voit qu'il y a
08:02toute une partie
08:02de l'imaginaire érotique,
08:03du désir,
08:04de la jeune génération
08:04qui est ravagée
08:05par l'univers Instagram
08:06et ainsi de suite.
08:07Donc, il y a une vraie,
08:08vraie question
08:09à poser ici.
08:10Mais derrière
08:11ces réflexions
08:12sur le masculinisme
08:14conquérant
08:14dont on peut parler,
08:15eh bien,
08:16on ne veut surtout pas
08:17parler d'une autre réalité,
08:18c'est le virilisme
08:19conquérant,
08:20culturellement teinté,
08:21marqué par l'islamisme.
08:23Rappelez-vous
08:24quand le Haut Conseil
08:25à l'autorité,
08:26quelque chose comme ça,
08:26de l'égalité
08:27entre les hommes et les femmes,
08:27nous disait
08:28qu'il y avait une menace
08:29masculiniste en France.
08:30On ne parlait pas
08:30de l'islam,
08:32on ne parlait pas
08:32de cultures extérieures
08:34qui n'ont pas
08:34la même conception
08:35que nous
08:35que de la liberté
08:37de l'homme et de la femme
08:37dans la société.
08:38Non, on parlait
08:39seulement de l'extrême droite
08:41qui se représente.
08:41Donc, on parle
08:42de l'extrême droite
08:43et du masculinisme
08:43pour ne pas parler
08:44de l'islamisme
08:45et des changements démographiques
08:46qui menacent les femmes
08:47aujourd'hui.
08:48Nous sommes habitués
08:49à ces pratiques
08:49de dissimulation.
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