00:01Inspirante, une femme chef qui a grandi dans la précarité en banlieue parisienne
00:04mais qui aujourd'hui est devenue multimillionnaire aux Etats-Unis
00:07où elle a ouvert six restaurants. Bonjour Mawa McQueen.
00:10Bonjour.
00:11Bienvenue, merci d'être avec nous.
00:12Alors on va parler de votre best-seller, évidemment dans quelques instants,
00:16votre fameuse crêpe au caviar.
00:17Mais d'abord votre histoire, vous êtes née en Côte d'Ivoire,
00:20vous êtes ensuite arrivée en France, vous êtes l'aînée d'une fratrie de 20 enfants.
00:23Votre en France, à Trappes, en banlieue parisienne, ça ressemblait à quoi ?
00:27Ça ressemblait à être en banlieue et je me levais le matin,
00:32je m'occupais de mes frères et sœurs, j'allais à l'école et voilà.
00:35Cette photo, ça vous inspire quoi ? C'est vous, hein ?
00:39Oui, c'est moi. J'étais vraiment petite.
00:42Ça vous replonge dans des souvenirs.
00:43Vous disiez que vous vous occupiez beaucoup de vos frères et sœurs,
00:46c'est ça qui vous a mené à la cuisine ?
00:48Oui, absolument. Je cuisinais trois fois par jour,
00:51donc c'était la seule chose que je savais faire.
00:55C'était pas une passion, c'était j'ai dû le faire et je l'ai fait.
00:59Et je me suis rendue compte que j'aimais être la bosse.
01:03Je crois que c'est ça, c'est diriger, c'est dire à tout le monde ce qu'il doit
01:08faire.
01:08Donc je crois qu'il y avait un côté que j'aimais beau.
01:11Et ça finissait les assiettes ?
01:12Ah oui.
01:13Jusqu'au bout ?
01:13Ah mais j'étais draconienne.
01:15Vraiment.
01:15Alors c'est une chose de cuisiner à la maison.
01:18Comment on passe ensuite à l'étape supérieure à en faire son métier ?
01:21Ça s'est passé comment ça ?
01:22Ça s'est passé comment ?
01:24Je suis allée au lycée hôtelier de 50 ans.
01:26J'ai fait un BEP et après je suis allée en Angleterre.
01:30J'ai appris l'anglais.
01:32Puis je suis allée aux Etats-Unis.
01:34Mais ça n'a pas été un parcours simple.
01:35Vous avez galéré aussi pendant toutes ces années.
01:37Bien sûr, bien sûr.
01:38Je veux dire, une vie sans galère, c'est pas une vie.
01:40Oui, je disais comme ça.
01:45Mais ça allait, je savais ce que je voulais.
01:47Mais c'était dur en cuisine, on vous faisait faire…
01:48On ne se disait pas que vous alliez devenir chef.
01:51C'était des premières années aussi où on vous mettait à des tâches plus ingrates.
01:57Bien sûr, faire le ménage, la plonge.
02:00Et puis j'ai dit non, absolument pas.
02:02Je crée mon propre destin.
02:04Personne ne va me dire ce que je dois faire.
02:07Donc d'où je suis très forte mentalement.
02:11Je dis je vais créer, je vais faire ce que je veux faire.
02:13Et ça sera à mon propre terme.
02:16Alors ça, c'est la première étape en France.
02:19Ensuite, vous partez aux Etats-Unis.
02:21Oui.
02:21C'est ça ? Alors ça, ce choix-là ?
02:23Je pars aux Etats-Unis parce qu'en étant en France, on m'a vendu le rêve américain.
02:27Les noix qui ont réussi, ils étaient américains.
02:30Moi, je ne connaissais pas à l'époque.
02:32Il y a 30 ans de noix qui avaient réussi, qui étaient millionnaires,
02:35qui étaient à l'une des journaux.
02:37Je n'en connaissais pas.
02:38Même pas mon docteur, personne.
02:41Aujourd'hui, il y en a plein.
02:43Je suis très contente.
02:44Et qui étaient vos modèles américains ?
02:46Je dirais Oprah Winfrey, Claire X. Ball du Cosby Show que j'ai rencontré.
02:53J'ai pleuré comme une Madeleine, mais c'est ma mère.
02:59En France, vous avez souffert du racisme pendant ce parcours ?
03:03Absolument.
03:04Parce qu'en fait, quand vous grandissez, vous croyez que tout le monde est pareil.
03:08Vous avez les mêmes choix.
03:10Vous allez à l'école.
03:11Ce n'est pas comme aux Etats-Unis où on vous dit tout de suite, il y a le racisme.
03:15Et la vie n'est pas, tu es noire, tu sais ce qui t'attend.
03:20Ici, on ne vous dit pas ça.
03:21On vous dit, tout le monde, il est pareil.
03:23Je vais en classe de neige.
03:25Je fais les mêmes choses.
03:26Et quand on arrive sur le marché du travail, c'est là où vous dites, mais qu'est-ce qui
03:30se passe là ?
03:31Moi, comment ça se fait que je vais, je suis dans un lycée hôtelier.
03:36Tout le monde va au Triano Palace pour faire leur stage.
03:38Et moi, je me retrouve à l'hôtel Ibis, par exemple.
03:41Ils me disent, mais ils ne font pas de cuisine là-bas.
03:44C'est n'importe quoi.
03:46Donc, c'est là que ça commence.
03:47Je me dis, il y a quelque chose qui ne va pas là.
03:50Et le fait d'être une femme, ça a rendu votre parcours plus compliqué ?
03:53Parce qu'on dit souvent que la cuisine, c'est un univers masculin.
03:55Bien sûr.
03:56Donc, moi, j'avais deux strikes, comme on le dit.
03:58Femme et noir.
03:59Il ne faut pas rêver.
04:00Ce n'est pas donné.
04:02Donc, j'ai décidé que je ne vais pas subir.
04:06Je me casse.
04:09Il faut qu'on parle donc de cette crêpe au caviar.
04:12Alors là, pardon.
04:13Oui, c'est ce que nous a rendu célèbre.
04:15C'est ce que nous a rendu célèbre.
04:16The bougie crêpe.
04:18Alors, comment vient l'idée ?
04:19Comment on se dit, tiens, je vais faire une crêpe au caviar ?
04:21L'idée vient quand on a fail deux fois.
04:27J'ai fait des crêperies qui n'ont pas marché.
04:29Vous avez échoué deux fois.
04:30Voilà, j'ai échoué deux fois.
04:32J'ai fait des crêperies qui n'ont pas marché.
04:34Et donc, cette dernière fois, je suis quelqu'un, je dis, c'est parce qu'il y a un truc
04:39que
04:39je n'ai pas compris.
04:40Je ne lâche pas l'affaire.
04:41Jusqu'à ce que j'ai ce que je veux, je dis, il y a un marché.
04:44On est à Aspen.
04:46Comment ça se fait qu'il n'y a pas de crêperies ?
04:47Aspen, on précise, c'est une station dans le Colorado très huppée.
04:51Il y a beaucoup de…
04:51Très, très huppé.
04:52Riche, oui, c'est peu de le dire.
04:54Et combien la crêpe, elle est à combien ? 180 euros.
04:57Aujourd'hui, oui.
04:58180 dollars.
04:59180 dollars.
05:00Plus les pourbois, ça fait plus.
05:02Alors, pardon, mais la crêpe, elle est chaude.
05:04Vous mettez le caviar dessus.
05:07Alors, il y a la crêpe, on met une sauce blanche, on met du smoke salmon, du soumon fumé
05:12et le caviar.
05:15Défois, on met des œufs ou sans œufs.
05:20Et les gens se régalent.
05:22Je cite quand même votre livre, parce que votre parcours, vous voulez qu'il serve
05:26aussi aux jeunes, vous voulez être un modèle.
05:28Une ambition sans limite, c'est le titre du livre.
05:30C'est important pour vous de jouer ce rôle de modèle, ce qui vous a manqué, vous,
05:33quand vous étiez enfant ?
05:34Absolument, absolument.
05:35Je veux dire que c'est possible.
05:37Je veux les inspirer.
05:39Je veux leur dire qu'il ne faut pas…
05:41Quand quelqu'un vous dit non, ce n'est pas la fin du monde.
05:44Il faut changer, il faut continuer, il faut se bouger.
05:50On n'est pas des fétisses.
05:51Vous avez toujours eu ça en vous, cette détermination.
05:54Oui, et je l'ai toujours.
05:55Je continue.
05:56Vous êtes devenue une star internationale.
05:58Juste si on peut montrer la photo, parce que vous parliez au début des morning shows
06:01qui vous avaient inspiré aux États-Unis.
06:02Maintenant, c'est vous qui en êtes l'invité de ces shows américains.
06:06On voit quelques images.
06:07Et on est ravis de vous avoir accueillis ici, dans le morning show français,
06:11dans Télématin.
06:12Merci.
06:12Merci d'avoir été notre invité.
06:15Et je suis un peu déçu de ne pas manger de crêpes au caviar.
06:17Mais c'est une autre histoire.
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