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  • il y a 5 minutes
Interrogé dans l'émission Questions Politiques, Michel Barnier, député LR de Paris et ancien premier ministre, réagit au conflit au Moyen-Orient et aux conséquences économiques pour la France et l'Union européenne. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/questions-politiques/questions-politiques-du-dimanche-08-mars-2026-2153610

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Transcription
00:03Générique
00:09Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Question Politique.
00:13Au neuvième jour de la guerre en Iran, Téhéran vient donc de choisir un successeur.
00:18Alayatollah Ramenei, éliminé dès le premier jour par des frappes israélo-américaines, son nom reste inconnu.
00:23Hier, le président iranien Massoud Pezeskihan a promis que son pays ne se rendrait jamais.
00:28Mais de son côté, Donald Trump affirme qu'il n'y aura pas d'accord avec l'Iran, seulement une
00:33capitulation sans condition.
00:35Et au Liban, Israël continue d'attaquer le Hezbollah, la milice chiite armée par les Iraniens.
00:40Le théâtre des conflits, vous le savez, s'est élargi avec des missiles iraniens qui frappent les Émirats, l'Arabie
00:46Saoudite, le Qatar.
00:48La France, quant à elle, est déjà touchée économiquement.
00:52Dans certaines stations-service, le prix des carburants dépasse désormais les 2 euros le litre.
00:56Les Français, les Européens, seront-ils aussi entraînés militairement dans une guerre qu'ils n'ont pas décidée ?
01:02Discussions géopolitiques ce midi, politiques également bien sûr, dans une semaine, ce sont les municipales.
01:08Avec notre invité, un ancien Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, vice-président de la Commission à Bruxelles.
01:15Il est aujourd'hui député Les Républicains de Paris.
01:17Michel Barnier est en direct sur France Inter, France Info, le canal 16 de la télévision.
01:23Une émission en partenariat avec le journal Le Monde.
01:26Et nous sommes ensemble jusqu'à 13h.
01:28France Inter.
01:30Question politique.
01:33Alexandra Bensaï.
01:35Bonjour et bienvenue Michel Barnier.
01:37Bonjour et merci pour votre invitation.
01:38Merci de l'avoir accepté.
01:39A mes côtés, pour vous interviewer, je les salue, Alix Bouillaguet de France Télévisions.
01:43Bonjour Alix.
01:44Bonjour Alexandra, bonjour à tous.
01:46Tout à l'heure, évidemment, le portrait de Michel Barnier.
01:48Oui Michel Barnier, lorsque vous entrez à Matignon, vous avez déjà été 4 fois ministre, 2 fois commissaire européen, député,
01:54sénateur.
01:55Derrière une image un peu lisse, les Français découvrent alors un style Barnier.
02:00Et elle vidence un homme qui nourrit de grandes ambitions.
02:02Notre confrère du monde, Abel Mestre, est également avec nous en plateau.
02:06Bonjour Abel.
02:06Bonjour Alexandra, bonjour à toutes et à tous.
02:08Tout à l'heure, ça sera vers la fin de l'émission.
02:10Nous prendrons de l'avance sur 2027, les grands débats qui animeront la présidentielle.
02:14Ce dimanche, vous avez choisi de parler avec Michel Barnier de...
02:17Réindustrialisation.
02:18Mercredi, la Commission européenne a présenté un texte qui met en place une préférence européenne pour lutter contre la désindustrialisation.
02:27J'y ai arrivé, merci, pardon.
02:29Mais on se demandera si c'est suffisant pour lutter contre le géant chinois.
02:32Mais d'abord, Michel Barnier, 5 minutes entre 4 yeux avec évidemment la dernière actualité.
02:37On a appris, il y a une heure, que le nouveau guide suprême iranien venait d'être nommé.
02:42Le président iranien promet que son pays ne se rendra jamais.
02:46Donald Trump, le président américain, exige désormais une capitulation.
02:50Cette guerre au Moyen-Orient, qu'est-ce qui peut l'arrêter maintenant ?
02:54Qui peut l'arrêter ?
02:55Est-ce que d'abord, vous me permettrez de dire un mot de la journée aujourd'hui internationale des droits
02:59des femmes ?
03:00Et des combats qui, depuis ceux de Simone Veil jusqu'à Gisèle Pellicot, font que, dans notre société,
03:07on a beaucoup de raisons de redire, toujours et encore, qu'il faut respecter les femmes.
03:11Donc voilà, je voulais dire cela.
03:12Maintenant, ce conflit, et en parlant des femmes, naturellement, on doit...
03:16Je viens à votre question, madame, parler du courage extraordinaire des femmes d'Iran et du peuple iranien.
03:25Quels sont les buts de guerre de M. Trump ?
03:28Ce n'est pas très clair.
03:29Quand on écoute son ministre des Affaires étrangères, M. Roubio, le ministre de la Défense, le président lui-même,
03:37on ne sait pas très bien si c'était seulement de détruire l'ensemble des sites nucléaires cachés ou connus,
03:45de détruire les bases de lancement de missiles ou alors de changer le régime.
03:49On a l'impression depuis quelques jours, depuis quelques heures, qu'ils veulent changer le régime.
03:53On ne sait pas très bien.
03:54Donc, en ce qui me concerne, je pense qu'il n'y a aucune sorte de complaisance à avoir à
03:59l'égard du régime des Paz-Daran et de Téhéran.
04:04Mais disant cela, est-ce que vous dites que les États-Unis ont eu raison ?
04:08Est-ce que les frappes israélo-américaines, c'était une bonne chose ?
04:12Je vais vous dire pourquoi il faut d'abord considérer que ce régime doit changer, doit disparaître tel qu'il
04:18est.
04:18Ce régime, c'est un régime qui a la volonté d'exporter le terrorisme, y compris chez nous, et soyons
04:24vigilants.
04:26Il a l'objectif de détruire l'État d'Israël.
04:30Et à ce qui me concerne, je dis ce que je disais lorsque j'étais Premier ministre, la sécurité d
04:34'Israël n'est pas négociable.
04:36Et troisièmement, il martyrisse son peuple au point qu'il y a quelques semaines, début janvier, ce régime a...
04:43C'est assez rare de voir un régime tuer ses propres enfants et son propre peuple.
04:47C'est arrivé du temps de Pol Pot et d'autres, mais je ne parle pas d'Hitler, mais là
04:51on a tué 35 000 jeunes manifestants parce qu'ils manifestaient pour leur liberté.
04:55Donc vous souhaitez le changement de régime, vous-même Michel Barnier ?
04:59Tout le monde souhaite ce changement de régime, tout le monde le souhaite.
05:01Donc c'est trop tard pour dire si c'était bien ou pas bien que les Américains et Israël y
05:05interviennent.
05:06J'ai expliqué pourquoi Israël a des raisons de s'auto-défendre par rapport à une menace existentielle qui pèse
05:12sur elle.
05:13Ce régime a continuellement, jour et nuit, répété qu'il voulait détruire Israël.
05:17Et on peut comprendre qu'Israël se défende comme ils se sont défendus après les attentats terroristes du 7 octobre.
05:22On entend dans votre bouche, disons cela, une validation finalement des attaques, des frappes israélo-américaines.
05:28Non, il n'y a pas de validation ou d'invalidation. C'est un fait.
05:32Et M. Trump nous a habitués à ne pas demander la permission pour jouer les gendarmes du monde,
05:37contrairement d'ailleurs à ce qu'il avait promis quand il est redevenu président.
05:41On est loin de ce repli sur les frontières nationales américaines.
05:45On voit qu'il met de l'ordre ou qu'il essaye de remettre sa marque un peu partout.
05:50Cette intervention a eu lieu. Les Israéliens s'y sont associés.
05:53Il faut maintenant gérer les conséquences.
05:55Et que peut faire la France ?
05:57La France et l'Europe n'ont pas été informés de cette initiative.
06:04Et nous devons accompagner.
06:05D'abord, vous me permettrez aussi, puisque je parle des hommes et des femmes,
06:09de dire un mot de solidarité et de soutien à tous ceux qui sont confrontés directement.
06:13Nos soldats sur le Charles de Gaulle et sur d'autres bateaux.
06:16Il vient d'arriver en Méditerranée, le Charles de Gaulle.
06:18Il est arrivé en Méditerranée et il y a beaucoup de soldats français dans cette région
06:22et des bases militaires.
06:23Il y a aussi des diplomates qui sont courageux.
06:26Ceux qui s'occupent de Cécile Collère et Jacques Paris, retenus à Téhéran.
06:30Les diplomates et les entreprises aussi.
06:32Les salariés des entreprises qui sont sur place expatriés.
06:36Vous savez qu'il y a 3 millions de Français qui vivent dans le monde,
06:38à l'extérieur de la France et notamment beaucoup dans cette région.
06:41Et puis les compagnies aériennes.
06:43Donc je pense à tous ces hommes et ces femmes, y compris les diplomates à Paris
06:46qui s'occupent de solidarité, pour leur dire notre solidarité et notre soutien.
06:52Le chef de l'État se rend demain à Chypre qui a été frappé par des drones.
06:56On l'a dit, le porte-avions Charles de Gaulle est désormais en Méditerranée.
06:59On a un déploiement français avec des rafales, une frégate,
07:02des moyens de défense anti-aérienne.
07:04Tout le monde se demande jusqu'où la France peut être entraînée dans ce conflit.
07:08Et je vous propose, avant d'entendre votre réponse,
07:10d'écouter la ministre des Armées.
07:12Catherine Vautrin.
07:13La France est dans une position défensive.
07:15Elle répond à une demande de pays attaqués.
07:18Voilà la position de la France.
07:20Défensive, réponse à des pays attaqués avec lesquels nous avons des accords de défense.
07:25C'est quand on dit qu'on a un accord de défense,
07:27on nous demande de l'activer, nous l'activons.
07:29C'est cela la fiabilité de la parole française.
07:31Alors, une position défensive.
07:33Défensive, alors qu'on a des accords de défense.
07:35Est-ce que, Michel Barnier, vous qui avez été ministre des Affaires étrangères,
07:39Premier ministre, est-ce que vous dites, c'est tenable ?
07:41Ça paraît difficile.
07:42Oui, la frontière est toujours étroite entre ce qui est défensif et offensif.
07:46En tout cas, nous avons trois accords de solidarité militaire
07:51avec trois États de cette région, notamment les États arabes unis.
07:57Et il faut être à la hauteur de ces accords.
07:59Et ces pays nous demandent notre aide de leur apporter.
08:02Mais alors, ça veut dire des armes, ça veut dire des hommes ?
08:04Qu'est-ce que ça veut... En fait, quand on est de l'autre côté des postes...
08:06Ça peut vouloir dire jusqu'à, y compris avec nos propres armes,
08:10en accord avec notre solidarité avec ces pays,
08:14détruire des bases logistiques qui attaquent ces pays.
08:17Quand vous voyez qu'au Bahreïn, et dans d'autres cas, vous avez des missiles et surtout des drones iraniens
08:24qui tombent un peu n'importe où, y compris sur des usines de dessalement actuellement,
08:28des installations vitales, on peut imaginer que la France, en harmonie avec ces accords,
08:34aille détruire et contribue à détruire ces bases d'où partent ces missiles et ces drones.
08:41Il n'y a pas que ça. Il n'y a pas que ça en termes de solidarité.
08:44Il y a ce que nous pouvons faire dans le détroit d'Hormuz,
08:47avec d'autres forces européennes ou américaines,
08:50pour garantir la fluidité du trafic.
08:52Et ça, il en va de l'économie et de l'intérêt général de l'économie mondiale,
08:55puisque 20% du pétrole et du gaz passent par le détroit d'Hormuz.
08:58Et puis, permettez-moi de dire un mot, du Liban...
09:01Où se trouve la finule, la force intérimaire des Nations Unies ?
09:05Il y a 700 Français.
09:08Est-ce qu'on peut dire que cette guerre n'est pas la nôtre,
09:11avec la finule qui a été visée ? Est-ce qu'on peut dire cela ?
09:14Non, je ne dis pas que cette guerre n'est pas la nôtre.
09:16En tout cas, je dis que nous sommes solidaires du peuple libanais,
09:20qui est un peuple frère.
09:21Et donc, s'agissant du Liban, peut-être qu'il faudra un jour s'interroger,
09:26évaluer l'action et les résultats de la finule,
09:31qui est spectatrice et qui est attaquée.
09:33Mais il y a des raisons d'être solidaires du peuple libanais,
09:36à la fois sur le plan humanitaire, avec 400 000 personnes
09:39qui ont été obligées de rejoindre le nord du Liban et de Beyrouth.
09:44Et puis, il y a sans doute à aider le gouvernement actuel du Liban,
09:47le président libanais, à consolider son armée
09:52pour aboutir réellement à ce qui était promis et engagé,
09:55ce qui n'a pas été fait complètement, la démilitarisation du Hezbollah.
09:59Parce que c'est ça la menace.
10:00La milice chiite armée par les Iraniens.
10:03Michel Barnier, si vous voulez bien, on ouvre la conversation
10:05à Abel Mestre et Alix Bouillaguet.
10:07Question d'Abel.
10:08Oui, justement, vous parliez du rôle de la France sur le plan militaire,
10:11mais aussi sur le plan politique.
10:13Est-ce que c'est à la France de prendre le leadership
10:15d'une voie diplomatique de l'après-conflit ?
10:18Est-ce que c'est le moment ?
10:19Est-ce que c'est comme ça que la France peut revenir
10:22dans le concert des nations sur ce sujet du Moyen-Orient ?
10:26Notre pays, et comme d'ailleurs je le dis en passant,
10:28le Royaume-Uni a une longue histoire au Proche-Orient.
10:31Parfois des histoires d'ailleurs controversées et contradictoires,
10:34et parfois tragiques.
10:35Et donc j'ai toujours pensé que s'agissant d'Israël,
10:38du destin de la Palestine,
10:41de la stabilité de région,
10:43le Royaume-Uni et la France auraient,
10:45et je l'ai dit d'ailleurs un jour à Londres,
10:47à travailler ensemble, plus qu'ils ne l'ont fait dans le passé,
10:49et puis à entraîner les autres Européens.
10:51Ce n'est pas la première fois dans l'histoire
10:54qu'on voit les Américains mener leur propre politique
10:57avec notre argent,
10:58notamment quand il s'est agi de reconstruire la bande de Gaza.
11:02Donc oui, nous avons un rôle pour la diplomatie,
11:05et l'Europe a un rôle pour la diplomatie,
11:07pas seulement de reconstruire,
11:09mais d'aboutir à la peine.
11:10Nous avons des liens avec beaucoup de ces pays,
11:12mais le moment n'est pas là.
11:14Le conflit est en train de s'intensifier,
11:17il y a des bombardements dans tous les sens,
11:19donc il faut que ce conflit s'arrête.
11:21On ne peut pas engager en parallèle une voie diplomatique en même temps que...
11:23Avec qui et comment ?
11:26On ne va pas discuter avec le régime actuel qui tient debout,
11:29et qui peut d'ailleurs tenir debout plus longtemps qu'on ne le croit,
11:31ou qu'on ne l'espère, à Téhéran.
11:35Méfions-nous du système iranien,
11:38des Pazdaran, des Basidji,
11:40qui sont le deuxième étage de surveillance du peuple iranien,
11:44tous ces gens qui se baladent en pick-up ou en moto
11:47avec leur Kalachnikov.
11:49Ce régime est très solide encore,
11:51donc il n'est pas tombé.
11:54On voit bien que le moment n'est pas celui de la diplomatie.
11:57Concernant cette intervention,
11:59on a eu le sentiment qu'Emmanuel Macron a fait un petit peu duer en même temps,
12:02c'est-à-dire ni condamnation franche de l'intervention américaine,
12:06ni assentiment.
12:07Est-ce que c'était, de votre point de vue, la bonne ligne,
12:10ou est-ce que finalement ne rien faire,
12:13c'est passer à côté de l'histoire,
12:16avec un peuple opprimé ?
12:19Non, je pense que le président a eu la bonne attitude.
12:23On ne va pas faire de surenchère,
12:25il faut aussi pratiquer le réalisme en diplomatie.
12:27Et le réalisme, c'est de reconnaître que les Américains
12:29n'ont demandé la permission à personne
12:31pour intervenir avec et aux côtés d'Israël,
12:34qui défend sa propre sécurité,
12:35et qu'aujourd'hui, il faut gérer les conséquences de cette crise,
12:38à la fois sur le terrain, j'ai parlé du Liban,
12:41j'ai parlé de la solidarité avec des pays avec lesquels nous sommes liés,
12:44j'ai parlé du rôle que nous pouvons jouer,
12:46qui n'est pas un rôle seulement défensif,
12:49pour sécuriser le décroi d'Hormuz.
12:51Je voudrais aussi dire qu'il y a une leçon à tirer sur les stocks d'armement.
12:54Un jour ou l'autre, peut-être assez proche,
12:56il y aura une pénurie d'armement, d'armes, de munitions.
13:00On le voit déjà sur certains pays,
13:02et peut-être aux États-Unis,
13:03y compris les outils qui coûtent très cher de défensif
13:06et d'interception des missiles.
13:09La leçon que je tire de ça,
13:11c'est qu'il ne faut pas être à court de munitions.
13:12Et donc, il faut produire, produire, produire.
13:14C'est un message à l'Europe quand vous dites ça.
13:16C'est un message pour l'Europe, pour la politique de défense.
13:18Il n'y a pas de politique de défense des Européens.
13:20Et on voit bien que,
13:21si nous ne faisons pas pour l'Europe ce que nous devons faire nous-mêmes,
13:24personne ne viendra faire à notre place.
13:25Et notamment, avoir des armements, des munitions,
13:28ça veut dire qu'il faut continuer à produire,
13:30et faire des stocks.
13:31Si on vous entend bien, vous êtes en train de nous dire ce matin que ça va durer.
13:35Vous pensez que ce conflit va durer ?
13:37Peut s'enliser même ?
13:38Je ne vais pas faire de spéculation,
13:40mais on a le sentiment que ça peut durer.
13:41En tout cas, aussi longtemps que le régime de Téhéran reste ce qu'il est.
13:46Et aussi longtemps que M. Trump n'aura pas des considérations de politique intérieure,
13:51peut-être pour changer de position avec lui.
13:52Les choses sont assez imprévisibles.
13:54Vous pensez, quand vous dites considération de politique intérieure,
13:56qu'est-ce que c'est ?
13:57Les cordes de rappel, c'est quoi ?
13:58Les cordes de rappel, c'est un, le mécontentement ou l'incompréhension dans son propre camp,
14:05et on le voit bien, qui est assez fort,
14:07l'approche des élections de mid-terme,
14:10les mouvements sur les marchés financiers,
14:12auxquels M. Trump est toujours très sensible,
14:14parce qu'il est entouré des spéculateurs et de financiers,
14:17et puis le désordre que ce conflit va créer dans le monde,
14:21en termes d'énergie notamment.
14:23Justement, sur ce sujet, est-ce que l'ONU n'a pas un rôle à jouer ?
14:25On a l'impression qu'elle est aux abonnés absents.
14:27Est-ce que vous diriez, comme Gabriel Attal sur ce plateau la semaine dernière,
14:31que l'ONU est devenue une ONG diplomatique, un simple guichet humanitaire,
14:35ou est-ce qu'elle a un rôle ?
14:37Oui, moi, je n'ai pas bien compris cette condescendance de M. Attal à l'égard des Nations Unies.
14:41Je reste persuadé que nous avons besoin d'un droit international,
14:44d'outils multilatéraux,
14:46et qu'il faut continuer à soutenir les Nations Unies,
14:49même si actuellement, ils sont en circuit,
14:51parce que vous avez dans ce monde,
14:52il faut bien en prendre conscience de manière réaliste,
14:55vous avez des empires qui se créent ou qui se consolident,
14:58l'Empire chinois, on pourra en parler tout à l'heure,
15:00les Russes qui nous agressent,
15:02et les Américains qui ne nous aiment pas,
15:04pour la première fois depuis 65 ans,
15:06le président des États-Unis d'Amérique ne soutient pas le projet européen.
15:09Donc ça, c'est une leçon aussi pour nous.
15:11Je reste persuadé qu'il faut des lieux multilatéraux de dialogue
15:15entre ces différents endroits du monde,
15:17et si je puis me permettre de le rappeler,
15:19il n'y a pas que ces trois empires,
15:20il y a des dizaines de pays avec lesquels nous pouvons discuter,
15:22l'Inde, le Brésil et d'autres.
15:24Michel Barnier, Donald Trump,
15:26si les pays européens ne coopèrent pas,
15:28il les dénigre, n'est-ce pas ?
15:29Avec l'Espagne, on l'a entendu,
15:31avec le Royaume-Uni qui est pourtant très proche,
15:33Trump a déclaré au sujet du Premier ministre,
15:35que ce n'est pas un Winston Churchill qui est en face de nous.
15:39Est-ce que ce sont encore...
15:40Et puis là, vous venez de détailler la position de Washington
15:42et sa décision d'y aller tout seul.
15:44Est-ce que ce sont encore des alliés, les Américains ?
15:46Oui, on pourrait dire que Trump,
15:48ce n'est pas Roosevelt ou ce n'est pas Obama.
15:49Tout ça, ce sont des mots et des polémiques
15:52qui n'ont pas beaucoup d'intérêt.
15:54C'est humiliant.
15:55Humiliant pour les Européens.
15:56Je trouve qu'on ne va pas commenter les mauvais points
15:59ou les bons points que M. Trump distribue,
16:00y compris à ses propres amis, quelquefois,
16:02ou à son gouvernement.
16:03Ça n'a pas beaucoup d'intérêt.
16:04Ce qui est important, c'est de tirer des leçons.
16:06Mais est-ce que ce sont des alliés ?
16:08Des stocks, on a parlé du Liban,
16:10on a parlé du détroit d'Hormuz,
16:12on doit parler de la politique de défense,
16:14de l'avenir politique de l'Europe,
16:16de notre capacité d'être autonome
16:19sur le plan de l'énergie
16:20et de faire pour nous-mêmes
16:22ce que plus personne, on le voit bien,
16:24y compris que les États-Unis,
16:25deviendra faire en notre place.
16:26C'est vrai pour la France
16:27et c'est vrai pour l'Europe aussi.
16:28La question des alliés,
16:29la question des alliés,
16:30est-ce que ce sont des alliés ?
16:32Oui, mais...
16:32La réponse n'est pas claire, Michel Barnier.
16:34Moi, je considère que les Américains
16:36sont toujours des alliés,
16:37mais l'alliance, ce n'est pas l'allégeance.
16:39L'alliance, ce n'est pas l'allégeance.
16:41Et on n'est pas des alliés.
16:42Moi, je suis gaulliste depuis que j'ai 15 ans.
16:44On pourra en parler à propos de la force de dissuasion.
16:47L'alliance, ce n'est pas l'allégeance,
16:48c'est le respect mutuel.
16:50Je me demande pour tout vous dire
16:51combien de temps il faudra
16:52pour que M. Trump, là où il est,
16:54comprenne qu'à force d'ignorer,
16:57de marginaliser,
16:58d'humilier quelquefois ses alliés,
17:00notamment les Européens,
17:01il se tire une balle dans le pied.
17:03Combien de temps il faudra
17:04pour se rendre compte
17:05qu'il est en train de désespérer
17:06ses plus proches amis
17:07et de faire des actions
17:09qui sont contre-productives
17:11pour les intérêts américains ?
17:12Quand on regarde un petit peu
17:13ce qui se passe au niveau européen,
17:16est-ce que vous avez compris
17:17la réaction de l'Espagne
17:18qui dénonce une action militaire unilatérale,
17:22injustifiée et dangereuse,
17:23tourner le dos aux Américains,
17:25leur refuser par exemple
17:26l'utilisation de leur base militaire ?
17:29Est-ce que le Premier ministre socialiste
17:31Pedro Sanchez a eu raison ?
17:32Non, je ne crois pas
17:33qu'il ait eu raison.
17:34D'abord de se désolidariser ainsi
17:36des Anglais, des Allemands
17:38ou des Français.
17:39Mais c'est sa position,
17:41on la respecte.
17:42Ça me conduit d'ailleurs
17:42à une réflexion sur
17:44une des leçons attirées pour l'Europe
17:46qui serait de changer le paradigme
17:49et de changer un peu
17:49le logiciel européen
17:50en matière de politique étrangère
17:51et de défense
17:52puisqu'on voit bien
17:53que les responsabilités
17:54ne sont pas claires.
17:55Madame van der Leyen
17:56qui essaye de tout faire
17:57et un peu trop
17:58en dehors de même
17:59de ses compétences.
18:00Je pense que le moment
18:01est venu de réfléchir
18:02à ce que pourrait être
18:03un Conseil européen
18:04de sécurité et de défense
18:05regroupant en dehors
18:06des institutions actuelles
18:07de manière intergouvernementale
18:09entre les États,
18:10entre les nations.
18:12tous ceux et toutes celles
18:13qui ont un engagement
18:13plus fort pour la défense.
18:15Je pense à l'Allemagne,
18:16à la France,
18:17bien sûr à l'Italie,
18:18à la Pologne.
18:19En parallèle de l'OTAN,
18:20un machin en plus
18:21si on voulait paraphraser de Gaulle.
18:23Non, non, non,
18:23je ne parle pas
18:24d'un machin en plus,
18:25je parle d'une structure
18:25de travail,
18:27Conseil européen
18:27de sécurité et de défense
18:29qui serait le lieu
18:30où les Européens volontaires,
18:32un peu dans l'esprit
18:32des coalitions des volontaires...
18:34Donc c'est à deux régimes
18:35si je puis dire ?
18:36Ça veut dire qu'il y a
18:36ceux qui veulent bien participer,
18:37ceux qui ne veulent pas,
18:38il y aurait des droits de veto,
18:39ça fonctionnerait comment ?
18:40Non, je ne sais pas
18:41comment ça fonctionnera,
18:42on verra bien.
18:42La question c'est
18:43est-ce qu'il faut ne pas créer
18:45un cadre où ces pays,
18:47y compris le Royaume-Uni
18:48et la Norvège
18:49et peut-être un jour l'Ukraine,
18:51se retrouveraient pour parler
18:52politique étrangère,
18:53défense, coopération
18:54en matière d'intelligence
18:55et peut-être aller plus loin
18:56dans des sujets stratégiques
18:58comme l'intelligence artificielle
18:59ou les technologies quantiques
19:01où il va falloir
19:02beaucoup d'investissement.
19:04Sur la base,
19:05dans l'esprit
19:05de la coalition des volontaires,
19:07réunir un Conseil européen
19:08qui n'aurait pas
19:09les lourdeurs
19:10et la bureaucratie
19:11de la Commission européenne
19:12ou des institutions actuelles.
19:13Michel Barnier,
19:14le chancelier allemand
19:15Friedrich Merz
19:16met en garde
19:16contre un effondrement de l'Iran
19:18et une vague migratoire
19:19incontrôlée.
19:20Est-ce que ça fait partie
19:21de vos angoisses ?
19:21Tout à l'heure,
19:22vous avez cité le terrorisme,
19:23j'ai bien noté.
19:24Michel Barnier, lui,
19:25Michel Barnier, pardon,
19:26Friedrich Merz
19:27parle d'une vague migratoire
19:28incontrôlée potentielle.
19:30Oui, mais il parle d'ailleurs
19:31d'expérience
19:31puisqu'on a vu
19:32de telles vagues
19:33se pourruire le passé
19:34à la suite du conflit
19:36en Irak, en Syrie,
19:37en Libye.
19:38On a accueilli
19:39beaucoup de personnes
19:41qui n'étaient d'ailleurs
19:42pas toutes réfugiées
19:42et nous avons dû gérer cela.
19:44Je pense que c'est
19:45le chancelier Merz
19:46que je connais assez bien
19:47a raison d'anticiper
19:49parce que toutes ces crises
19:50qu'on subit
19:51depuis une quinzaine d'années,
19:52ça a été la crise financière
19:53en 2008,
19:54le Brexit,
19:55on pourrait en parler
19:55et qui comporte
19:56des leçons pour nous d'ailleurs,
19:58les crises migratoires
19:59que vous évoquez, madame,
20:00mais aussi le Covid
20:01et puis la guerre en Ukraine.
20:03Toutes ces crises,
20:03on les a abordées
20:04en défensive,
20:05le dos au mur.
20:07On s'en est plutôt bien sortis
20:08en tant qu'Européens.
20:10Quelquefois,
20:10il m'arrive d'être
20:11plus optimiste
20:11pour l'Europe
20:12que pour la France.
20:14Ce que dit le chancelier Merz
20:16est juste
20:17parce que ça pourrait dire
20:18qu'il faut essayer
20:19d'anticiper
20:19et de réfléchir à l'avance
20:20pour ne pas être
20:21le dos au mur
20:22et en défensive.
20:23Et puis,
20:24Michel Barnier,
20:24il y a aussi
20:25les conséquences économiques.
20:27Est-ce que l'État
20:28est le grand gagnant
20:29de la hausse des prix à la pompe ?
20:30C'est en tout cas
20:31ce que dit
20:31le patron des supermarchés
20:33U,
20:33Dominique Schellcher.
20:35Vous savez,
20:35le grand gagnant
20:36dans cette affaire,
20:36c'est qui ?
20:37C'est l'État.
20:38Plus de 51%
20:40du prix
20:40que vous payez
20:41à la pompe
20:42part directement
20:43dans les poches
20:44de l'État
20:44et qui en a besoin
20:46en plus actuellement.
20:47L'essentiel
20:47du prix du carburant,
20:49ce n'est pas
20:49la marge
20:50du distributeur
20:51comme on peut l'imaginer
20:52et comme on l'entend
20:53de temps en temps actuellement,
20:54c'est,
20:55ce sont les taxes.
20:56D'où le débat politique national.
20:58Oui,
20:59c'est toujours facile
21:00de renvoyer à l'État.
21:02C'est sûr que l'État
21:02touche beaucoup de taxes.
21:04La moitié ?
21:04Il l'a dit lui-même,
21:06c'est l'État,
21:06c'est nous,
21:07c'est sur nos impôts.
21:07Si l'État réduit
21:08ses taxes
21:10sur le carburant,
21:11c'est la proposition
21:12du Rassemblement national.
21:13Ce n'est pas une bonne idée ?
21:14Non,
21:15je ne trouve pas
21:15qu'en ce moment
21:16ce soit responsable
21:18que de dire
21:18on va encore
21:19distribuer de l'argent
21:20qu'on n'a pas.
21:22Je ne vais pas revenir
21:22sur le combat
21:24que j'ai mené
21:25comme Premier ministre
21:25pour réduire le déficit.
21:28Le jour où quelqu'un me disait
21:30quelle serait
21:31votre politique de jeunesse
21:32pour la jeunesse française ?
21:33Je dis la première politique
21:34pour la jeunesse,
21:35c'est de ne pas augmenter
21:35le déficit,
21:36de ne pas augmenter les dettes,
21:37de tirer des chèques
21:38en bois ou en blanc
21:39sur les générations futures.
21:40On n'a pas le droit,
21:41on n'a plus le droit
21:42de faire ça.
21:42Donc,
21:43nous sommes dans un moment
21:44d'instabilité,
21:45de très grande gravité
21:46et d'instabilité dans le monde.
21:48Il faudra bien
21:48qu'on assume
21:49les conséquences
21:50de cette instabilité
21:51plutôt que de vouloir
21:52les masquer
21:52ou les faire oublier.
21:55Donc,
21:55on n'a pas d'argent actuellement.
21:57Très franchement,
21:57il faut dire la vérité
21:58à ceux qui nous écoutent.
21:59Donc,
21:59il faut que chacun
22:00fasse un effort.
22:01Ça n'exclut pas d'ailleurs
22:02pour les Français
22:03les plus défavorisés,
22:04ils sont plusieurs millions.
22:05Qui ont besoin
22:05de leur voiture
22:06pour aller au boulot.
22:06Ça n'exclut pas
22:07des dispositifs exceptionnels
22:08ou transitoires de soutien.
22:10Par exemple,
22:11un bouclier énergétique
22:12comme on l'a vu
22:12au moment de la crise énergétique.
22:14Je ne crois pas
22:14qu'on puisse reprendre
22:15les mêmes formules
22:16qui coûtent très cher.
22:19Nous n'avons pas d'argent,
22:20madame.
22:20Nous n'avons pas d'argent.
22:21Pas de bouclier énergétique
22:22en revanche,
22:23par exemple ?
22:24On emprunte
22:24à un point tel
22:25qu'aujourd'hui,
22:26nous payons 63 milliards
22:27par an,
22:2863 milliards
22:29d'intérêts d'emprunt.
22:30Je préfère
22:30qu'on mette cet argent
22:31dans la jeunesse,
22:32dans l'éducation,
22:33dans la sécurité publique
22:34et peut-être
22:35dans certains dispositifs
22:37transitoires exceptionnels
22:38pour aider les plus démunis.
22:39Transitoires exceptionnels.
22:41Donc ça,
22:41ce ne serait pas un bouclier.
22:42En revanche,
22:42bloquer les prix
22:43comme le souhaitent notamment LFI.
22:45Ce serait une bonne idée.
22:46LFI et le Rassemblement national
22:48n'ont pas un discours responsable.
22:49Ce n'est pas la première fois
22:50que je le constate.
22:51C'est pour ça que je pense
22:52qu'ils ne sont pas prêts
22:52pour gouverner.
22:54Transitoires,
22:55excusez-moi,
22:55ça veut dire quoi,
22:56votre mécanisme ?
22:57Ce serait quoi concrètement ?
22:58Ça veut dire un soutien temporaire
23:00aux personnes les plus fragiles
23:01pour les aider
23:02à avoir cette essence
23:03dont ils ont besoin.
23:04Ça peut être un chèque.
23:05Je ne sais pas ce que c'est.
23:06Ne me faites pas dire les choses.
23:07Pour l'instant...
23:08Vous avez été Premier ministre.
23:09Vous connaissez bien
23:09les outils possibles.
23:10J'étais Premier ministre
23:12avec un budget qui explose,
23:15des déficits qui explosent
23:16et des partis politiques
23:17comme ceux que vous avez cités
23:18et LFI ou le Rassemblement national
23:19qui ne sont pas à la hauteur
23:20des difficultés de la France
23:22d'aujourd'hui.
23:22Est-ce que la France et l'Europe
23:23doivent se préparer
23:24à un retour de l'inflation ?
23:26Je pense que l'inflation
23:27est bien maîtrisée
23:28grâce notamment au rôle
23:29de la Banque centrale européenne
23:30et je crois que ce n'est pas
23:32le risque principal
23:34que nous avons.
23:34Le risque principal,
23:35il est dans la désindustrialisation
23:37dont nous devons parler,
23:39dans la riposte
23:39où la résistance nous devons marquer
23:41à l'égard de la Chine
23:42et de ses exportations massives
23:44et puis aussi dans la capacité
23:46d'exister par nous-mêmes
23:48autrement que comme un grand marché.
23:49Nous ne sommes pas seulement
23:51un supermarché,
23:52nous devons être un acteur global
23:53et politique.
23:54Est-ce que vous redoutez
23:54une pénurie ?
23:56On sait que tout passe,
23:58carburant et gaz,
24:00par le fameux détroit d'Ormouz,
24:0220% de la production.
24:05Est-ce que vous dites
24:06qu'il ne faut pas
24:06que ça dure longtemps
24:07parce que ce serait
24:08une pénurie pénible pour les Français ?
24:09Si ce conflit devait durer
24:10avec le blocage
24:11des détroits d'Ormouz
24:12pendant des semaines
24:13et des semaines
24:13ou des mois,
24:14oui, il y aura un problème
24:15notamment pour le gaz.
24:16J'entendais le ministre Qatari
24:18disant hier ou avant-hier
24:19qu'il stoppait
24:21toutes les exportations de gaz.
24:23Nous aurions un problème.
24:23Mais pour l'instant,
24:24nous avons des réserves
24:24plus importantes
24:25pour le pétrole
24:26que pour le gaz.
24:28Et ça nous conduit aussi,
24:29si je puis me permettre,
24:30à un travail
24:30que nous avons commencé,
24:32heureusement,
24:32forcé le dos au mur
24:34en raison de la guerre en Ukraine,
24:36à diversifier nos sources
24:37d'approvisionnement,
24:39à économiser notre énergie.
24:39Mais justement,
24:40est-ce qu'il faut revenir
24:40sur le blocus ?
24:41Et si je puis me permettre
24:42à consolider le choix
24:43que la France a fait
24:44et heureusement fait
24:45depuis le général de Gaulle
24:46et Pompidou
24:47en face à l'heure du nucléaire.
24:48Est-ce qu'il faut revenir
24:48sur le blocus du gaz russe ?
24:50Non, je ne crois pas
24:51qu'il faille revenir...
24:52On peut s'en passer ?
24:52Je ne crois pas
24:53qu'il faille revenir
24:54sur les mesures
24:54que nous avons prises
24:55à l'égard de la Russie
24:56et de M. Poutine.
24:56Il n'y a que le langage
24:57de la force
24:58et le rapport de force
24:59que M. Poutine comprend
25:00et comprendra.
25:01Et le blocage
25:02des exportations russes
25:03de gaz ou de pétrole
25:05font partie
25:06de ce rapport de force.
25:07On ne va pas lever le pied
25:08maintenant.
25:09Ça renforcerait trop ?
25:10Moi, je pense
25:11qu'il faut diversifier,
25:12consommer moins,
25:13être plus sobre
25:14et produire davantage,
25:16y compris des énergies
25:18renouvelables
25:18et surtout
25:20consolider la filière
25:21du nucléaire
25:22comme nous l'avons fait
25:23en France
25:24malgré certaines périodes
25:25où on a levé le pied
25:26malheureusement.
25:27Michel Barnier,
25:28l'actualité internationale
25:29est très présente
25:30mais dans une semaine
25:31les Français
25:31y seront aux urnes
25:33et vous êtes engagé
25:33dans cette campagne
25:34des municipales.
25:35Vous avez fait
25:35un tour de France.
25:36Alors, vous êtes député
25:37de Paris,
25:37on va commencer
25:38par parler de la capitale.
25:39Ce dimanche,
25:40un sondage de l'Institut
25:41Elab pour la Tribune.
25:44Emmanuel Grégoire
25:44fait la course en tête
25:45avec 32% au premier tour.
25:47C'est le candidat socialiste.
25:49Sa rival, LR,
25:50Rachida Dati,
25:5126,5%.
25:53C'est les intentions de vote.
25:54On comprend bien
25:55que tout va se jouer
25:56au second tour.
25:57Je donne les intentions de vote
25:58pour Sarah Knafo,
25:59la candidate reconquête,
26:0013,5%.
26:01Pierre-Yves Bournazel,
26:03le candidat Horizon,
26:05également soutenu
26:06par Renaissance
26:06et lui à 12%.
26:08On l'écoute.
26:09Je mène campagne
26:10pour convaincre,
26:11je mène campagne
26:11pour gagner.
26:12Donc, les choses
26:12sont très claires.
26:13Au second tour,
26:14je ne rejoindrai
26:14ni Grégoire
26:15ni Dati.
26:16Je mène campagne
26:17pour gagner
26:17et je pense que ce match
26:19n'est pas du tout joué.
26:20Une question d'Abel Mestre.
26:22Pierre-Yves Bournazel
26:22disait il y a encore
26:23deux semaines
26:23qu'il ne s'allérait pas
26:24avec Rachida Dati
26:25au second tour.
26:26Pourquoi l'alliance
26:27ne s'est pas faite
26:28avec Rachida Dati
26:30et Pierre-Yves Bournazel ?
26:31C'est un problème
26:32de fond,
26:32de personne ?
26:33Le souci,
26:34c'est le casting de départ
26:34avec Rachida Dati ?
26:35Il y a des personnalités
26:36différentes,
26:37peut-être des ambitions
26:38différentes.
26:40Moi, je regrette beaucoup
26:41qu'il n'y ait pas eu
26:41une entente dès le début.
26:43Maintenant,
26:44la question que vous posez
26:45pour Paris
26:46et pour d'autres villes
26:46qui sont actuellement gérées
26:48par le Parti Socialiste
26:49et ses alliés,
26:51reconnus,
26:51publics ou souterrains
26:53comme LFI
26:54qui s'apprêtent à soutenir,
26:55y compris à Paris d'ailleurs,
26:57les candidats socialistes,
26:58sur la droite,
26:59M. Barnier.
26:59ces villes ne sont pas
27:00bien gérées.
27:01Excusez-moi
27:01de revenir sur le fond.
27:03C'est ça
27:03si on veut respecter
27:06pourquoi l'alliance
27:07ne se fait pas
27:07entre Rachida Dati
27:08et Pierre-Yves Bournazel ?
27:09Vous parliez des personnes
27:11et je souhaite
27:12qu'ils se retrouvent
27:13le soir du premier tour.
27:14C'est ça que vous voulez dire.
27:15Mais ça veut dire quoi
27:15concrètement ?
27:16Est-ce que vous demandez
27:17ce matin à Pierre-Yves Bournazel,
27:19candidat Horizon Renaissance,
27:20de se retirer
27:21si jamais il était qualifié
27:22au second tour ?
27:22Je termine.
27:23Est-ce que vous demandez
27:24aussi à Edouard Philippe
27:25qui est le patron d'Horizon
27:26de faire pression sur lui ?
27:27Non, mais je partage
27:28la conviction exprimée
27:30publiquement par Edouard Philippe,
27:31d'ailleurs dont je souhaite
27:32très clairement
27:32une élection franche au Havre.
27:35Il a dit lui-même
27:36qu'au soir du premier tour,
27:37il fallait que tout le monde
27:37se rassemble.
27:38Je suis exactement sur cette ligne.
27:39Je regrette la division.
27:40Il y a une chose qui est claire,
27:42mesdames et messieurs,
27:43pour ceux qui nous écoutent,
27:44c'est un,
27:45que la ville de Paris
27:46n'est pas bien gérée
27:47et que les Parisiens
27:48en ont assez
27:49qui a besoin d'alternance.
27:51Il y a besoin d'un changement
27:51à Paris pour la propreté,
27:53pour les logements,
27:54pour le commerce,
27:55pour la mobilité.
27:56Il y a besoin d'un changement.
27:57Et Pierre-Yves Bournazel,
27:58c'est pas le changement ?
27:59C'est Dati.
27:59Voilà ce que je pense.
28:00Tous les sondages le montrent.
28:01Vous l'avez dit vous-même
28:02tout à l'heure
28:03dans votre question.
28:03Le deuxième tour sera
28:05clairement entre
28:06le candidat du Parti Socialiste
28:07et de ses alliés
28:08et Rachid Dati.
28:10Le changement à Paris,
28:11c'est Dati.
28:11Et si le changement
28:12passe par une alliance
28:13ou un accord
28:14avec Sarah Knafow,
28:15qu'est-ce que vous diriez ?
28:16Vous avez interrogé
28:17les uns et les autres
28:18Mme Dati sur cette question.
28:19Elle a été extrêmement claire,
28:21permanente dans ses réponses.
28:22Il n'y aura pas d'accord
28:23avec Mme Knafow.
28:24Quitte à perdre Paris
28:25plutôt que de topar
28:26avec l'extrême droite.
28:27On ne perdra pas Paris
28:28et les Parisiens
28:29veulent changer.
28:30J'aime bien la manière
28:31dont vous dites
28:31perdre Paris.
28:33On ne va pas perdre Paris.
28:34On va changer
28:36la majorité de gauche
28:37qui gère mal Paris.
28:39Si la gauche passe
28:39parce qu'il n'y a pas d'accord
28:41entre Mme Knafow
28:42et Mme Dati,
28:42c'est que vous parlez de Paris.
28:43La question, c'est
28:43comment, dès dimanche prochain,
28:47dès dimanche prochain,
28:47tous les Parisiens
28:48et les Parisiennes
28:49qui veulent changer,
28:50et je pense qu'ils sont
28:50une grande majorité à Paris,
28:52y compris des gens de gauche
28:53qui voient les insuffisances
28:54et les promesses
28:55non tenues
28:55de la municipalité actuelle,
28:57sociale ou communiste,
28:58je pense qu'il faut
28:59que, dès le premier tour,
29:00Rachidati fasse
29:01le meilleur score possible
29:02pour entraîner l'Union
29:03et gagner Paris.
29:05Vous pensez
29:05que Pierre-Yves Bournazel
29:06peut être convaincu ?
29:07Vous croyez
29:08à ce rassemblement ?
29:09Je souhaite, et j'ai entendu
29:12la personnalité
29:13qui l'accompagne
29:13dans sa vie politique
29:14et Edouard Philippe
29:16dire qu'il fallait
29:16le rassemblement
29:17et donc je pense
29:18que c'est ça
29:18qu'il faut faire
29:19au deuxième tour.
29:20Rachid Adati
29:21qui va être jugé
29:22en septembre prochain
29:23pour corruption passive,
29:24trafic d'influence passif
29:25et recèle d'abus de pouvoir
29:27et d'abus de confiance
29:28dans l'affaire
29:29Renault-Nissan.
29:30Que se passe-t-il
29:31si, par exemple,
29:33Rachid Adati
29:33était condamné
29:34dans cette affaire ?
29:35Je rappelle,
29:36c'est à l'automne.
29:36Elle va être jugée.
29:38Vous ne pensez pas
29:39qu'il y a suffisamment
29:39de questions qui se posent
29:40pour qu'on puisse les traiter ?
29:41Non, mais c'est un élément
29:42aussi important
29:43pour ceux qui vont voter à Paris.
29:45J'ai entendu Rachid Adati
29:46dire que cette affaire
29:48était claire,
29:49qu'elle avait de quoi
29:50se défendre,
29:51elle n'est pas condamnée,
29:53elle a droit
29:53comme tout le monde
29:54et comme tous citoyens
29:55ni plus ni moins
29:55à la présomption
29:56d'innocence,
29:58voilà ce que je veux dire
29:58à ce sujet.
30:00On passe à Marseille,
30:02autre grande ville évidemment.
30:03La candidature de la LR,
30:05Martine Vassal ne prend pas.
30:06Pourtant,
30:07elle est implantée depuis longtemps,
30:07Martine Vassal.
30:08Qu'est-ce qui se passe ?
30:09Il y a une focalisation
30:10pour l'instant
30:11qu'on voit,
30:12mais je vous recommande
30:13de ne pas écrire
30:15le résultat du premier tour
30:16avant que les citoyennes
30:17se prononcent.
30:18Et vous avez raison,
30:18mais sa citation du maréchal Pétain
30:20ne l'a pas servi.
30:21Oui, je pense qu'en effet,
30:23c'était maladroit,
30:24mais elle s'en est expliquée très bien
30:25et on ne va pas faire
30:26trop d'histoire là-dessus
30:27parce que je connais bien
30:29Martine Vassal
30:29et je suis convaincu
30:30de ses convictions
30:30qui sont des convictions républicaines.
30:32Il n'y a aucun doute là-dessus.
30:33Est-ce que le parti,
30:34justement,
30:34sur cette question-là,
30:35l'a rappelé à l'ordre ?
30:36Est-ce qu'il y a eu
30:37une explication entre le parti
30:38et ses candidats ?
30:39Il n'a pas eu besoin
30:39de rappel à l'ordre.
30:40Elle a dit elle-même
30:41qu'elle avait fait une erreur
30:42et que...
30:43Mais je connais ses convictions.
30:44C'est une très bonne élue.
30:45Elle a fait ses preuves
30:46dans la gestion locale
30:48et départementale
30:48et il n'y a pas de polémique
30:50sérieuse à avoir là-dessus
30:51sauf à faire des mauvais esprits.
30:54Vous évoquiez tout à l'heure
30:55Édouard Philippe.
30:56Il joue aussi, lui aussi,
30:57gros au Havre
30:58face aux communistes.
31:00La partie, à l'évidence,
31:01ne semble pas gagner.
31:02Ça veut dire quoi ?
31:03S'il n'est pas élu,
31:04il ne sera pas candidat
31:05à la présidentielle ?
31:06Vous êtes marrant
31:07à me poser des questions
31:08qui ne se posent pas aujourd'hui.
31:09Vous êtes invité
31:10de questions politiques,
31:11Michel Barnier.
31:11On pose toutes les questions politiques.
31:13Mais elles sont légitimes,
31:13vos questions.
31:14Mais mes réponses le sont aussi.
31:15Elles sont en tout cas sincères.
31:16Moi, je pense qu'Édouard Philippe
31:18va être élu au Havre
31:18et je le souhaite.
31:20Et les Havrets auraient
31:21beaucoup de raisons
31:22de lui faire confiance à nouveau
31:24parce qu'il a bien géré cette ville
31:25et de la moderniser
31:26dans le prolongement
31:27de l'action d'Antoine Ruffenac.
31:29Allez, on passe à la présidentielle
31:30parce qu'il y aura des leçons
31:31des municipales
31:31qui sont peut-être intéressantes
31:32aussi pour la présidentielle.
31:33Oui, je pense en effet,
31:34excusez-moi,
31:34je pense en effet que
31:35je vais vous dire un mot de ça.
31:37Là où on est unis,
31:38et c'est le cas à Lyon
31:39et dans beaucoup de villes,
31:40on peut gagner
31:41ou on va gagner.
31:42Et là où on est désunis,
31:44on va perdre.
31:45Donc la première leçon
31:46des municipales,
31:48c'est grandeur nature,
31:49un appel à l'unité
31:50pour qu'il y ait
31:50un seul candidat
31:51de la droite et du centre
31:52aux élections présidentielles.
31:54Alors justement,
31:54vous faites un appel à l'unité,
31:56sauf qu'il y a quand même
31:57déjà une inflation
31:58de candidats
31:59ou de candidats potentiels
32:00au sein du bloc central.
32:02Édouard Philippe
32:02est déjà déclaré candidat,
32:04Gabriel Attal
32:04pourrait l'être appelé municipal,
32:06Gérald Darmanin,
32:07Bruno Retailleau
32:08est lui déjà candidat à droite.
32:10Donc,
32:11qui va les départager ?
32:12Est-ce que vous dites
32:13finalement ça va être les sondages,
32:14on va voir ce qui se passe
32:16à l'automne
32:16ou est-ce qu'il faut une primaire ?
32:17Non, je pense qu'il faut
32:18mettre les choses dans l'ordre.
32:19D'abord les municipales,
32:20test grandeur nature
32:21et vous allez le voir,
32:22un appel de la base
32:24venant du terrain
32:25de toutes les communes de France
32:27où on est capable
32:28de s'entendre
32:28et d'ailleurs
32:28après les élections
32:29on travaille ensemble
32:31malgré les différences.
32:32Donc un appel à l'unité
32:33qui va monter
32:33et auquel je pense
32:35que tous les leaders
32:35que vous avez cités
32:36et d'autres
32:36qui ne sont pas encore candidats
32:38peut-être
32:39seraient bien inspirés
32:40de faire attention.
32:42Deuxièmement,
32:43le travail en commun.
32:44Moi avec d'autres
32:45nous travaillons
32:45à ce que pourrait être
32:46le tronc commun
32:47d'un programme
32:49rassemblant
32:50les hommes et les femmes
32:51de la droite républicaine
32:52et des différents mouvements centriques.
32:54Enfin cela même...
32:54Ça va de vous à où ça ?
32:55Oui, et puis je ne comprends pas
32:56trop ce que vous dites.
32:57C'est une forme de décantation.
32:59On met des...
33:00Oui, oui,
33:00il faut apprendre à être patient.
33:01On attend ce qui se passe
33:02dans les sondages.
33:02Il faut apprendre à être patient
33:03à garder votre sang-froid,
33:05comme j'essaie de le garder devant vous,
33:07et prendre les choses dans l'ordre.
33:08C'est compliqué.
33:09Je ne vais pas vous dire
33:10que c'est simple.
33:10S'il y avait un seul candidat
33:11comme ça a été le cas
33:12de temps en temps
33:13à gauche ou à droite,
33:14pas tout le temps d'ailleurs,
33:15il y a parfois eu des divisions,
33:16on le saurait.
33:18Donc vous n'êtes pas
33:18pour une primaire en fait.
33:19Vous dites on attend de voir.
33:20Les municipales d'abord
33:21ne perturbons pas
33:22ce moment de démocratie
33:23du quotidien.
33:25Deuxièmement,
33:25un travail sur le fond
33:26parce que pour respecter
33:28les Français qui nous écoutent,
33:29c'est bien de parler
33:30des ambitions des uns et des autres.
33:31C'est mieux de parler
33:31de ce qu'on veut faire
33:32pour l'autorité républicaine,
33:34la liberté d'entreprendre,
33:35maîtriser l'immigration,
33:37assurer l'influence de la France
33:38et des sujets de fond
33:39sur lesquels
33:40il faut travailler ensemble.
33:41Et enfin,
33:42on verra les sondages
33:43qui vont jouer un rôle
33:44pour amener de la lucidité
33:46là où elle n'est pas spontanée,
33:48si je puis dire,
33:48parmi tels candidats.
33:50Et sans doute peut-être,
33:51comme l'a proposé Gérard Larcher,
33:53peut-être à la fin de la août,
33:55à l'automne,
33:55au début de l'automne,
33:56un système de primaire
33:57mais qui est compliqué
33:58à organiser techniquement
33:59et surtout entre plusieurs familles politiques
34:01qui ne sont pas les mêmes.
34:02Est-ce que de qui à qui
34:03de Datal jusqu'à Retailleau ?
34:06Je pense que
34:07les primaires
34:08entre des gens
34:08qui ont les mêmes valeurs
34:09et qui ont travaillé ensemble
34:10dans le passé,
34:11notamment quand j'étais Premier ministre,
34:12moi j'étais très fier d'animer,
34:14ça n'a pas été spontané,
34:15il a fallu cultiver cette unité,
34:17ce que j'ai appelé
34:18le socle commun,
34:19c'est-à-dire les mouvements centristes
34:20et les républicains.
34:21Jusqu'à Sarah Knafo ?
34:23Non, je vous ai dit,
34:24républicains,
34:25il n'est pas question pour moi
34:25de faire une quelconque alliance
34:28avec l'extrême droite.
34:29C'est ce que Laurent Wauquiez souhaite pourtant ?
34:31Peut-être,
34:31mais ce n'est pas ce que je souhaite.
34:33Vous parlez des attentes de terrain,
34:34qu'il fallait écouter,
34:35les attentes de terrain
34:35qui vont s'exprimer
34:36pendant les élections municipales.
34:38Si ces attentes de terrain,
34:39c'est l'union de la droite républicaine
34:40et l'extrême droite,
34:41qu'est-ce que vous faites ?
34:42Est-ce que vous dites
34:43« non, on ne l'écoute pas cette fois-ci » ?
34:44Non, je ne crois pas
34:45que ce sera ce message-là
34:46qui remontera.
34:47Celui qui remontera
34:48dans toutes les communes
34:49où nous sommes candidats,
34:50c'est qu'il n'y aura pas
34:59libre dans mon parti
35:00mais je suis resté loyal
35:02jusque aux différents mouvements
35:03centristes
35:04et peut-être d'autres
35:05qui nous ont quittés,
35:06des électeurs.
35:07Je n'ai pas de problème
35:08pour parler aux électeurs
35:09qui votent
35:10Gnafot, Zemmour
35:11ou Bardella
35:12ou même Ciotti.
35:13Je n'ai pas de problème
35:13pour parler,
35:14essayer de les convaincre
35:15de revenir
35:15à des positions sérieuses
35:17et raisonnables
35:18plutôt que de laisser
35:19aller à des positions
35:20démagogiques
35:21et nationalistes.
35:22Je n'ai pas de problème.
35:23Pas plus que j'ai de problème
35:24pour parler à des gens
35:24du centre-gauche
35:25et surtout à des électeurs
35:26qui ne croient plus
35:27en la politique.
35:28C'est ça qui est important.
35:29C'est de convaincre
35:30qu'il y a au centre-droit,
35:32à la droite et au centre,
35:33des hommes et des femmes
35:34qui méritent à nouveau
35:35le respect
35:35et l'attention
35:36et le soutien.
35:37Michel Barnier,
35:38vous êtes l'invité
35:38de Questions politiques.
35:39On va tenter
35:40de mieux vous connaître
35:41aujourd'hui.
35:50Et voici l'archive
35:51qu'Alix Bouillaguet
35:52nous a fait remonter.
35:54J'ai bien aimé
35:55la manière dont
35:57vous m'avez donné
35:58des...
35:58Non, pas des leçons.
36:05Enfin, les enseignements,
36:06même si ça n'a duré
36:07que huit mois,
36:09que l'on apprend
36:10quand on est Premier ministre.
36:11Ça va être très, très utile.
36:14On vient de vous entendre.
36:15Vous êtes sur le perron
36:16de Matignon
36:16lors de la passation
36:17de pouvoir
36:17avec Gabriel Attal.
36:19Nous sommes le 5 septembre 2024.
36:21Les Français découvrent
36:22un style,
36:23un style Barnier,
36:24pain sans rire,
36:25une dose de flègue
36:25mais d'ironie mordante.
36:27Qu'est-ce que vous avez voulu
36:28dire ce jour-là
36:29à Gabriel Attal
36:30qu'il fallait rester
36:33modeste en politique ?
36:36Il faut toujours être modeste.
36:37Mais ce n'est pas ça du tout.
36:38C'était d'ailleurs
36:40une rencontre assez improvisée
36:41et publique.
36:43Il a parlé très longtemps.
36:44Il m'a dit que tout était prêt.
36:46Très longtemps.
36:47Il m'a dit que tout était prêt
36:48sur le bureau
36:49et que je n'avais rien vu
36:50sur le bureau
36:50et que je n'avais plus qu'à signer.
36:51Je lui ai demandé
36:52si je pourrais avoir
36:52une petite valeur ajoutée
36:53comme Premier ministre.
36:57Ce n'est pas que c'est devenu collector
36:59cette passation de pouvoir
37:02mais je l'estime pour Gabriel Attal
37:06et on a bien travaillé ensemble.
37:07Vous avez passé 99 jours à Matignon.
37:11Le 4 décembre 2024,
37:13vous chutez sur une motion de censure.
37:16D'après un indiscret
37:17dans la tribune dimanche,
37:19Emmanuel Macron aurait jugé
37:20devant des proches
37:21que vous avez été trop rigide.
37:25Vous vous êtes arc-bouté
37:26sur les 50 milliards d'économies.
37:28Vous n'avez pas voulu pactiser
37:29avec les socialistes
37:30comme Sébastien Lecornu l'a fait.
37:32Est-ce que vous n'avez pas échoué
37:34dans votre mission
37:34de doter la France d'un budget ?
37:36Madame Bouillaguet,
37:37permettez-moi de vous dire
37:37que vous vous trompez.
37:39Au moins dans ce que vous venez de dire,
37:41je n'ai pas refusé
37:42de discuter avec le Parti socialiste.
37:43C'est lui qui a refusé
37:44de discuter avec moi
37:45dix jours après ma nomination
37:47de Premier ministre
37:47et qui m'a expliqué
37:49qu'ils avaient un engagement formel
37:51avec M. Mélenchon, toujours lui,
37:53que le Premier ministre
37:55après la dissolution
37:56devait être un Premier ministre
37:57de gauche.
37:58Et comme je n'étais pas de gauche,
37:59il voterait la censure.
38:00Donc votre tête devait tomber
38:01quoi qu'il arrive ?
38:02Dix jours après, je n'avais pas
38:03ouvert la bouche, je n'avais pas
38:05de programme, je n'avais pas
38:06encore de gouvernement.
38:07Dix jours après ma nomination
38:08et je l'ai dit à M. Vallaud
38:09le dernier jour, le jour
38:11où je suis tombé, grâce à lui
38:12et grâce...
38:13Oui, M. Boris Vallaud.
38:14Grâce à lui et grâce
38:15à la conjonction des votes,
38:17je ne l'oublie pas,
38:18je n'ai pas de rancune,
38:19mais j'ai de la mémoire,
38:20entre Mme Le Pen
38:21et M. Mélenchon
38:22qui ont voté la même chose
38:23contre nous.
38:24M. Vallaud était de ceux-là aussi.
38:25Je lui ai dit cela.
38:26Vous m'avez fermé la porte
38:27dès dix jours après
38:29et tout le reste,
38:29c'est du cinéma.
38:30Ils avaient un engagement
38:31dont ils se sont déliés,
38:32sans doute maintenant,
38:33avec M. Mélenchon.
38:34Quant au Rassemblement National,
38:35son vote n'est pas non plus lié,
38:37vous le savez bien,
38:38au budget,
38:39mais il est plutôt lié
38:40à la situation personne
38:41de Mme Le Pen
38:41à ce moment-là,
38:42fin novembre.
38:43Donc votre sort était scellé
38:45en quelque sorte.
38:45J'avais un chemin très étroit
38:47et je le savais.
38:49J'ai accepté d'être Premier ministre
38:51parce que je pense
38:51qu'il faut servir son pays
38:52quand on vous le propose
38:54et à ce poste-là,
38:55je ne regrette pas
38:56d'avoir accepté.
38:57J'ai fait de mon mieux
38:58pour être digne,
38:59pour dire la vérité aux Français
39:00et pour essayer de relever
39:01la ligne d'horizon.
39:02Et je vais continuer.
39:03Et vous n'auriez pas pu faire autrement ?
39:05Vous n'avez pas un regret
39:06en vous disant
39:06tiens, si j'avais joué
39:07cette corde-là plutôt qu'une autre ?
39:09Non, je ne crois pas
39:09pour les deux raisons
39:10que je viens de vous dire,
39:11des raisons liées
39:12à la situation de Mme Le Pen
39:14d'un côté
39:14et la décision partisane,
39:19comment dirais-je,
39:21totalement liée
39:21à l'actualité
39:23du Parti soisiste
39:24et de son alliance
39:24avec M. Mélenchon,
39:25je ne crois pas
39:26que j'aurais pu obtenir
39:27un accord à la fin
39:28avec des gens
39:29qui n'ont pas été
39:30à la hauteur de la situation.
39:31Quand vous êtes Premier ministre,
39:32vous n'avez que des problèmes
39:33à gérer.
39:34Et je n'avais que
39:34de mauvaises nouvelles,
39:35sauf pour quelques secteurs
39:37que je voulais protéger
39:37comme la santé mentale
39:38ou les soins palliatifs.
39:40Mais je n'avais que
39:41de mauvaises nouvelles
39:41pour faire des économies,
39:42pour réduire la dette,
39:44pour réduire la dette
39:44qu'on laisse peser
39:46sur la tête de nos enfants
39:47et ça suffit.
39:48Donc, il fallait
39:49que l'on soit responsable
39:50et j'espérais
39:51que je trouverais un chemin,
39:52je ne l'ai pas trouvé,
39:53mais je n'en suis pas
39:54davantage moins résolu
39:56à traiter les problèmes
39:57de mon pays.
39:58Alors, traiter les problèmes
39:59du pays, comment ?
40:01À droite, c'est vrai
40:01qu'on vous a longtemps cru
40:03ou vu comme un homme modéré
40:05et en fait,
40:06on vous découvre
40:07un petit peu radical
40:07pendant la primaire
40:08de la droite en 2021
40:09avec des propositions
40:10choc, retraite à 65 ans,
40:13super ministère
40:13de la Sécurité
40:14et puis surtout,
40:15l'instauration
40:16d'un moratoire
40:17sur l'immigration
40:17de 3 à 5 ans.
40:18Alors, à l'époque,
40:20ça fait vraiment polémique.
40:22Finalement, vous êtes où ?
40:23Est-ce que vous êtes,
40:24vous assumez d'être
40:25de cette manière
40:26ce qu'on appelle
40:26la droite dure ?
40:28Non, je suis d'une droite
40:30qui est soucieuse
40:32de l'autorité de l'État,
40:33qui est populaire,
40:34qui est sociale aussi.
40:35Je viens du gaullisme social
40:37et j'entends d'ailleurs
40:38le ministre actuel
40:39de la Justice,
40:40M. Darmanin,
40:41dire à propos de l'immigration
40:42exactement ce que j'ai dit
40:43il y a 3 ans.
40:44Lui-même a parlé
40:44d'un moratoire,
40:45vous vous en souvenez,
40:46puisque vous êtes
40:47une bonne journaliste.
40:49M. Darmanin a dit
40:50la même chose que moi
40:51mais il l'a dit 3 ans après.
40:53Donc,
40:53la question n'est pas
40:54d'être dure ou pas dure,
40:55la question est de traiter
40:56les problèmes
40:57qu'affrontent les Français.
40:58Et si on ne traite pas
40:59nous-mêmes les problèmes
41:00avec notre méthode,
41:01qui est une méthode rigoureuse,
41:02respectueuse et humaniste,
41:04ce seront d'autres
41:04qui la traiteront.
41:05Permettez-moi de vous le dire,
41:06parce que l'hypothèse
41:06de l'élection
41:07d'un candidat d'extrême droite
41:09à la présidence de la République
41:10n'est pas une hypothèse farfelue.
41:11Donc,
41:12si on ne veut pas
41:13que ça se produise,
41:14il faut qu'on traite
41:14les problèmes
41:15en matière d'immigration,
41:21quasi-programme présidentiel.
41:23Et justement,
41:23dans votre récent livre,
41:25Ce que j'ai appris de vous,
41:27vous racontez
41:27une petite anecdote
41:28à propos de Donald Trump
41:30que vous rencontrez
41:31au moment de la réouverture
41:32de Notre-Dame de Paris.
41:34Qu'est-ce qu'il vous dit,
41:35le président américain ?
41:36Il vous dit,
41:36vous êtes grand,
41:37vous êtes solide,
41:38vous tenez droit,
41:38il faut continuer.
41:40Est-ce que ce n'est pas
41:40une manière de dire,
41:41vous aussi,
41:43vous êtes taillé
41:43pour la présidentielle ?
41:44On dit que vous avez
41:45une ambition muette
41:47et ancienne.
41:50Muette et ancienne,
41:51je n'ai pas l'habitude
41:52d'être muet,
41:52même si j'ai quelquefois
41:54le souci de la discrétion
41:55de la sobriété
41:55comme les montagnards.
41:57Je ne suis pas toujours
41:58d'accord avec Trump,
41:59mais là,
41:59il m'a dit des choses
42:00intéressantes.
42:00Il vous a dit quoi ?
42:02Allez-y, lancez-vous,
42:032027,
42:04vous êtes taillé pour.
42:04Il a dit,
42:05j'ai un certain âge,
42:06monsieur le président.
42:07Il me dit,
42:07mais moi aussi,
42:08j'ai 78 ans,
42:09donc il est plus âgé que moi
42:09à l'époque.
42:11Continuez.
42:12Ça veut dire quoi ?
42:13Être candidat en 2027,
42:14Michel Barnier ?
42:15Continuez à être utile,
42:16madame Bouillaguet.
42:17Non, mais utile,
42:18tout le monde dit
42:18vous être utile.
42:19Non, je n'ai pas dit
42:20votre utile,
42:21j'ai dit contraigné.
42:21Ce qui me conseille
42:22est utile.
42:22C'est pour ça qu'après
42:23avoir quitté Matignon
42:24avec mes équipes,
42:25nous avons réfléchi
42:26à savoir si je devais
42:28continuer ou ne pas rester
42:30dans l'action politique.
42:31On a décidé,
42:32choisi ensemble,
42:32que je resterai.
42:33Voilà pourquoi j'ai
42:34sollicité la confiance
42:35des Parisiens
42:36dans la deuxième circonscription.
42:37Ça veut dire quand même
42:38que vous êtes là
42:38en embuscade,
42:39au cas où,
42:40si la décantation de l'automne
42:42vous fait émerger,
42:43vous irez banquer.
42:44Est-ce que vous avez le sentiment
42:44que je suis en embuscade
42:45là devant vous ?
42:46Pas du tout.
42:47Je suis clair,
42:48bien dans mes bottes
42:50et prêt à être utile
42:51et à affirmer
42:52l'exigence d'unité
42:53de la droite et du centre.
42:55Unité,
42:56c'est pour moi la clé.
42:57Un seul candidat
42:58au premier tour
42:59pour être présent au deuxième,
43:00sinon nous ne serons pas présents
43:01au deuxième tour.
43:02Et puis un programme sérieux
43:04de redressement,
43:05de rassemblement du pays
43:07pour éviter les extrêmes.
43:09Et enfin,
43:09un président qui devra être compétent,
43:13tenace et courageux,
43:14y compris avoir le courage
43:15d'être impopulaire.
43:16Et une des compétences
43:17aux mains du président,
43:18Michel Barnier,
43:19c'est évidemment
43:19la dissuasion nucléaire.
43:20C'est votre carte blanche.
43:22Ma carte blanche
43:23n'est pas seulement celle
43:24de la dissuasion.
43:25C'est le sentiment
43:27que j'ai éprouvé
43:27comme beaucoup de Français
43:29après le discours
43:30du président de la République
43:30qui a été à la hauteur
43:31de sa responsabilité
43:33l'autre jour à Lille-Longue,
43:34d'entendre venant
43:36des rangs des soldats
43:37cette Marseillaise.
43:39Et j'ai éprouvé
43:40un moment de fierté
43:41comme beaucoup de Français,
43:42fierté d'être Français.
43:43Je me dis que
43:44on vient de parler
43:4540 minutes
43:46de ce qui se passe
43:47dans le monde
43:47et en France,
43:49beaucoup de drames,
43:50de tragédies,
43:51beaucoup de raisons
43:52d'être pessimistes.
43:52Et moi,
43:53je pense que
43:53dans notre pays,
43:54on a des raisons
43:55d'être optimistes,
43:57d'être fiers,
43:57d'être Français.
43:58j'écoutais cette Marseillaise,
44:00mais on a eu le même
44:01moment de fierté
44:02au moment des Jeux Olympiques
44:03et pas seulement
44:04avec les sportifs,
44:05ceux d'aujourd'hui,
44:06d'ailleurs,
44:06je passe aux Jeux
44:07paroles olympiques
44:08à Cortina
44:08qui font des exploits.
44:10C'est pas seulement,
44:11c'est la capacité
44:12d'organiser un grand événement,
44:13la fierté aussi
44:14qu'on éprouve
44:15quand on visite des usines.
44:17J'étais l'autre jour
44:18à Lille,
44:19dans une entreprise
44:20de textile
44:20où je voyais
44:21des difficultés,
44:22mais aussi un espoir,
44:23une volonté de travailler ensemble.
44:25Je vois des exploitations agricoles
44:26où malgré les normes,
44:28les impôts,
44:29des gens qui se battent,
44:31des jeunes qui veulent
44:31continuer à produire.
44:33Je vois,
44:34nous sommes aujourd'hui,
44:36c'est la journée
44:37des Restos du Coeur,
44:38des bénévoles
44:39par centaines de milliers
44:40qui font vivre
44:41la République dans ce pays
44:42et qui donnent
44:43une belle image
44:44de la République,
44:45de l'unité nationale.
44:46Moi, je veux dire
44:46qu'il y a parfois
44:48des raisons de pessimisme
44:49mais aussi des raisons
44:49d'être fiers d'être français
44:50et de penser que notre pays
44:51vaut la peine
44:52qu'on se batte pour lui.
44:53Et c'est ce que je veux faire
44:54en me battant pour lui
44:55à la place où je suis.
44:57Vous parliez d'usines
44:58il y a une seconde.
45:00Alors, ça nous emmène
45:00à 2027.
45:01Les questions qui seront
45:02au cœur de la présidentielle,
45:04c'est le débat
45:04à Belmestre
45:05sur la réindustrialisation.
45:07Comment on fait
45:07pour arrêter
45:08l'hémorragie industrielle
45:09en Europe ?
45:10Exactement.
45:10Les fermetures d'usines
45:11se multiplient en Europe
45:13tout comme les destructions
45:14d'emplois.
45:14Rien qu'en Allemagne,
45:1510 000 emplois industriels
45:17sont détruits tous les mois.
45:19Pour lutter contre cela,
45:20la Commission européenne
45:21a présenté mercredi
45:22un texte qui assume
45:23enfin le Made in Europe
45:25et une forme
45:26de préférence européenne
45:27dans l'attribution
45:27des marchés publics
45:29ainsi que dans le déploiement
45:29des aides.
45:30Est-ce que ça n'arrive pas
45:31un peu trop tard ?
45:32Ça arrive très tard
45:33et ça ne suffit pas.
45:34Et ça ne suffit pas.
45:36Pourquoi ?
45:37Je pense que
45:38le prochain président de la République,
45:40enfin,
45:40le principal combat
45:41qu'il doit amener
45:42au-delà de la sécurité publique,
45:44de maîtriser l'immigration,
45:45ce sera de faire
45:46que notre pays redevienne
45:47une terre de production,
45:49qu'on soit fier de produire
45:50dans l'agriculture
45:51pour notre alimentation
45:53et pour l'industrie
45:54qu'on a abandonné
45:55depuis 35 ans.
45:57Tout politique confondue
45:59comme les Anglais
46:00l'ont fait de leur côté.
46:01Et je peux dire
46:01que c'est une des raisons
46:02du Brexit.
46:03D'ailleurs,
46:03que la désindustrialisation,
46:05et moi,
46:06il y a des affaires
46:06comme celle de Péchiné
46:07que je ne pardonnerai pas.
46:08Donc,
46:09il faut retrouver
46:10cette ambition
46:10de produire.
46:11Et les réponses à ça,
46:13elles sont nationales,
46:14elles sont aussi européennes.
46:16Je visitais l'autre jour
46:17à Laval une entreprise
46:18qui est le numéro 1
46:19en France
46:19de la machine outil,
46:20GIS,
46:21dont le responsable
46:22très dynamique
46:23me disait,
46:24au rythme actuel
46:25des importations chinoises
46:27chez nous,
46:28une sorte de tsunami
46:29venant des PME,
46:31PMI chinoises
46:32qui exportent tout
46:33et n'importe quoi
46:33avec le soutien
46:34de leur gouvernement,
46:36nous serons les seuls
46:37à rester dans 3 ans et demi
46:38en Europe
46:39dans la machine outil.
46:40Toute industrie allemande
46:41aura disparu.
46:42Il faut bloquer.
46:42Donc,
46:43voilà pourquoi
46:44cette initiative
46:45que vient de prendre
46:45la Commission
46:46est utile.
46:47Je la trouve très compliquée.
46:49Il y a plein d'incertitudes.
46:50Il y a beaucoup d'exceptions
46:51qui sont prévues,
46:52notamment avec des pays
46:52avec lesquels
46:53nous avons des accords commerciaux.
46:54Il y a 4 ans.
46:55Vous parlez du Made in Europe
46:55qui pourrait profiter
46:56aux pays
46:57qui ont des accords
46:58de libre-échange
46:58avec les pays
46:59et les États membres
47:00de l'Union européenne.
47:00Il faut voir aussi
47:00comment lutter,
47:01c'est ce qu'on appelle
47:02les règles d'origine
47:02à Bruxelles
47:03contre le risque
47:04d'assemblage
47:05de produits
47:06qui viennent de l'extérieur
47:07qu'on assemble
47:08et qu'on exploite.
47:09C'est une des fois
47:09que j'avais
47:10quand j'ai négocié le Brexit
47:11que d'éviter
47:11que le Royaume-Uni
47:12devienne un pays d'assemblage.
47:13Mais il faut aussi
47:14des taxes,
47:15il faut des tarifs
47:16à l'importation
47:18pour bloquer...
47:18Ça se fait au niveau du pays ?
47:19Par exemple,
47:20est-ce que vous êtes d'accord
47:21avec une partie de la gauche
47:22qui dit
47:23qu'il faut réhausser
47:24les droits de douane,
47:24il faut un protectionnisme économique
47:26au niveau de la France
47:27au niveau de l'Europe ?
47:28Non, il n'y a pas
47:29de droits de douane en France.
47:30Seulement,
47:31les droits de douane,
47:31ils sont européens.
47:32Les droits de douane,
47:33nous avons une petite commerciale
47:34et c'est l'Europe
47:35qui doit réagir
47:35avec un peu plus
47:36de vitalité et de courage
47:37que l'on a eu
47:38Mme von der Leyen
47:39l'autre jour
47:39quand elle est allée
47:40un peu humiliante,
47:43humiliée en Écosse
47:44négocier avec M. Trump.
47:46Il faut utiliser mieux
47:47que nous ne l'avons fait
47:48dans les quelques mois passés
47:49la force,
47:50notre seule force actuelle
47:52qui est celle
47:52du marché unique
47:53et qui est bien davantage
47:54qu'une zone
47:55de libre-échange
47:56c'est un écosystème
47:57complet de 450 millions
47:59de consommateurs
47:59et de 22 millions
48:00d'entreprises.
48:01Ça c'est notre force
48:02et il faut la mettre
48:02en face des Chinois
48:04très clairement
48:04qui d'ailleurs
48:05sont très surpris
48:06qu'on ne défende pas
48:07mieux nos intérêts
48:08stratégiques
48:09comme ils le font eux-mêmes
48:10et face à l'agressivité
48:11américaine aussi.
48:12Mais ça peut les braquer
48:12encore plus.
48:13Or l'industrie européenne
48:14elle est dépendante
48:15encore des terres rares chinoises
48:16et ça pourrait aussi
48:18entraîner des effets
48:19contre-productifs.
48:20Je ne crois pas
48:21à côté de l'effet
48:21contre-productif
48:22c'est qu'actuellement
48:22l'industrie de l'automobile
48:24de la chimie
48:25de la machine-outils
48:26sont actuellement
48:27méthodiquement détruits
48:28par les exportations chinoises.
48:30Je ne crois pas
48:30que ça braquera
48:31davantage les Chinois
48:32si nous faisons nous-mêmes
48:33en défendant
48:34nos intérêts
48:36avec clarté
48:37et sans complexe
48:38comme ils le font
48:38eux-mêmes
48:39pour leurs intérêts.
48:40Mais il n'y a pas de consensus
48:41au sein de l'Union européenne
48:42entre les États-Unis ?
48:43Non, il n'y a pour l'instant
48:43pas de consensus
48:43et je me demande...
48:44Et notamment entre la France
48:45et l'Allemagne
48:45comment faire sans ce consensus ?
48:48Eh bien il faudra le construire
48:49en rétablissant
48:50un dialogue un peu confiant.
48:51Vous savez le dialogue
48:51franco-allemand
48:52sauf du temps
48:53de Giscard et Schmitt
48:55quand on remonte
48:56à De Gaulle et Adenauer
48:57ce dialogue allemand
48:57il n'a jamais été
48:58franco-allemand
49:00spontané.
49:01Il a toujours été construit
49:03par la relation
49:04entre les deux responsables.
49:06Et je pense aussi
49:07pour tout vous dire
49:07que ce dialogue franco-allemand
49:08il est de plus en plus nécessaire
49:09et de moins en moins suffisant.
49:11Il y a d'autres grands pays
49:12en Europe
49:12et plus petits
49:13qui comptent
49:14notamment la Pologne
49:14ou l'Italie.
49:15Il en est où en ce moment
49:16le dialogue franco-allemand
49:17à votre réveillé ?
49:18Il ne va pas bien.
49:19Il ne va pas bien.
49:20On le voit pas seulement
49:20sur la question
49:21de l'avion de chasse
49:23mais aussi sur le flanc.
49:25Il y a beaucoup
49:26d'incompréhension
49:28et je pense qu'il est temps
49:29que le président français
49:30celui d'aujourd'hui
49:31et celui de demain
49:32et que le chancelier allemand
49:33Freddy Schmers
49:34se retrouve
49:35et coopère.
49:36Parce que
49:37quand il n'y a pas
49:38de dialogue franco-allemand
49:39tout se bloque.
49:41Quand il y a un dialogue
49:41franco-allemand
49:42ça ne suffit pas.
49:43Je vous l'ai dit
49:43de moins en moins suffisant.
49:45Il ne faut pas penser aux autres
49:45et quelle que soit leur taille
49:47moi je pense que
49:47chaque pays européen
49:48a une valeur ajoutée
49:49du plus petit au plus grand.
49:50Et l'Allemagne
49:51qui se réarme
49:52qui met beaucoup d'argent
49:53désormais dans sa défense
49:54c'est une bonne
49:55ou une mauvaise chose ?
49:56Est-ce que ça peut
49:57vous redouter ?
49:58Non je ne redoute pas
49:59et je pense que c'est bien
50:00parce que l'état
50:00de l'armée allemande
50:01était très mauvais
50:03et mal entretenu
50:04donc ils avaient du temps
50:05à attraper
50:05mais comme l'Allemagne
50:06était mieux gérée
50:07que la France
50:07sur le plan budgétaire
50:08ils ont de l'argent
50:09que nous n'avons pas.
50:10Donc ça veut dire aussi
50:10qu'il faut une politique
50:11de bonne gestion
50:12des finances publiques en France.
50:13Est-ce que ce dialogue
50:14franco-allemand
50:14il ne pourrait pas
50:14se reconstruire justement
50:15contre l'acier chinois
50:17qui n'est pas concerné
50:19par le texte
50:20de la Commission européenne ?
50:21Est-ce que ça pourrait
50:22être quelque chose
50:22qui...
50:23Comme pour les élections
50:23moi je rêve du jour
50:24où les Français
50:25voteront pour
50:25plutôt que voter contre
50:26donc on doit reconstruire
50:28le dialogue franco-allemand
50:28non pas contre l'acier chinois.
50:30À coup sûr
50:31il faut marquer un coup d'arrêt
50:32sur certaines exportations chinoises
50:34qui sont massivement subventionnées
50:36d'une manière ou d'une autre
50:36par les autorités chinoises
50:38et qui détruisent nos emplois
50:39et je pense qu'on doit
50:41reconstruire le dialogue
50:42franco-allemand
50:42non pas contre les chinois seulement
50:44ou pas d'abord
50:45mais pour l'Europe
50:45Justement
50:46Une certaine idée de l'Europe
50:47L'idée du made in Europe
50:49ne convainc pas
50:50tous les politiques en France
50:52notamment à gauche
50:53et à l'extrême droite
50:55et ils disent en gros
50:56ça ne sert à rien
50:57parce qu'il y a du dumping
50:57au sein même de l'Union européenne
50:59Comment on peut lutter
50:59contre ce dumping
51:01au sein des états ?
51:01Vous avez à l'extrême droite
51:02ou à l'extrême gauche
51:04c'est le moment de le dire
51:05et je le répéterai d'ici 2027
51:07des hommes et des femmes
51:08qui sont nationalistes
51:09et moi je pense
51:11comme Mitterrand l'avait dit un jour
51:12que le nationalisme
51:13c'est la guerre
51:13donc il faut défendre
51:15notre nation
51:16on doit défendre
51:17notre patrie
51:17je pense même
51:18qu'on a besoin
51:18des nations
51:19pour combattre le nationalisme
51:20voilà pourquoi
51:21je ne suis pas fédéraliste
51:22au niveau européen
51:23mais on a besoin
51:24de travailler ensemble
51:26et de respecter
51:27le cadre européen
51:28donc que ces responsables
51:30d'extrême droite
51:30ou d'extrême gauche
51:31disent qu'ils sont contre
51:32le made in Europe
51:33ils ont tort
51:34Mais quand même
51:35Michel Barnier
51:35il faut bien reconnaître
51:36que le made in Europe
51:37si on le favorise
51:37les usines ne s'ouvrent pas
51:39en France
51:39les usines automobiles
51:40elles s'ouvrent
51:41en Europe de l'Est
51:42par exemple
51:42ils n'ont pas totalement tort
51:43vous avez de grandes usines
51:44automobiles en France
51:45et vous avez bien
51:46d'autres raisons
51:47vous devriez aller
51:49entre deux émissions
51:50visiter le salon
51:51made in France
51:52qui s'est tenu
51:53il y a quelques semaines
51:54à Paris
51:55et qui était formidable
51:55vous aviez des centaines
51:57et des centaines
51:57de petites et de grandes
51:58moyennes entreprises
51:59qui fabriquent français
52:00et qui sont fiers
52:01voilà pourquoi
52:01je vous dis que ce pays
52:02mérite qu'on se batte pour lui
52:03vous aviez proposé
52:04un plan d'épargne
52:05en 2024
52:05pour la réindustrialisation
52:07qu'en est-il ?
52:08oui je pense
52:09pour ça qu'il ne suffit pas
52:10d'être en défensive
52:11il faut être moins naïf
52:14dans nos négociations commerciales
52:15y compris au Mercosur
52:16il faut protéger
52:18nos
52:19temporairement peut-être
52:20par des tarifs
52:21contre les exportations
52:22massives des chinois
52:23il faut résister aux américains
52:25y compris
52:26par la guerre des tarifs
52:27s'ils l'amènent contre nous
52:28mais ça ne suffit pas
52:30il faut pouvoir
52:31investir au niveau européen
52:32j'étais très heureux
52:33que l'Europe soit capable
52:34au lendemain du Covid
52:35d'emprunter 750 milliards
52:38pour investir
52:39dans la redressement du pays
52:42et de nos pays
52:43après le Covid
52:44je pense qu'il faut être capable
52:45d'emprunter ensemble
52:47pour investir ensemble
52:47et s'agissant de la France
52:48de mobiliser l'épargne
52:50qui est très abondante
52:51d'autant plus que les gens
52:52sont inquiets
52:52et je continue à penser
52:54qu'il faut
52:55je l'ai dit au gouvernement actuel
52:57livrer d'épargne industrielle
52:59qui mobilise une partie
53:00des fonds
53:01qui n'est pas un des français
53:01qui les encourage fiscalement
53:03à investir dans la production
53:05agricole et industrielle
53:06Michel Barnier
53:07voici les deux dernières minutes
53:08de l'émission
53:09on finit la séquence
53:10comme d'habitude
53:10ça passe vite votre émission
53:11je vous remercie
53:12parce que ça doit
53:12ça doit être intéressant
53:14allez le vrai faux
53:14n'est pas moins intéressant
53:15vous avez le droit
53:17de me dire vrai ou faux
53:18éventuellement une phrase
53:19d'explication
53:20c'est parti
53:20la question 8 mars
53:22aux grands hommes
53:23la patrie reconnaissante
53:24il est temps de dégenrer
53:25la devise
53:26au frotton du panthéon
53:27vrai ou faux ?
53:29c'est une proposition
53:30vraie qui a été faite
53:31mais je ne la crois pas
53:31opportune
53:32ouvrir le parapluie nucléaire
53:34français aux européens
53:35c'est se préparer
53:36à perdre notre pleine
53:38souveraineté
53:38vrai ou faux ?
53:39c'est faux
53:39c'est faux
53:40le président de la République
53:41a été très clair
53:41il y aura une souveraineté
53:43dans la décision
53:43dans la conduite
53:44mais il y aura un dialogue
53:45avec les européens
53:46pour définir
53:47ce que sont
53:47nos intérêts stratégiques
53:48une question à l'homme d'Alberville
53:50ça tanque fort
53:50en ce moment
53:51à la direction du comité
53:52d'organisation des JO 2030
53:54même le numéro 2
53:55a donné sa démission
53:56le président des JO 2030
53:58du COJOP
53:59Edouard Gros-Piron
54:00devrait maintenant
54:01songer aussi à démissionner
54:02vrai ou faux ?
54:03c'est faux
54:03je pense qu'on a des raisons
54:05de lui faire confiance
54:05nous l'avons choisi
54:06et de l'aider
54:07de l'accompagner
54:08à trouver la bonne gouvernance
54:10de ce comité
54:11c'est toujours compliqué
54:12été je d'été
54:13je d'hiver
54:13d'organiser des Jeux Olympiques
54:15je le dis d'expérience
54:17vendredi soir
54:17l'ouverture des Jeux Paralympiques
54:18de Milan-Cortina
54:19les athlètes russes
54:20qui défilent avec leur drapeau
54:21ça vous a choqué
54:22vrai ou faux ?
54:23oui oui
54:24je pense qu'on n'aurait pas
54:25dû accepter
54:26que pour les raisons
54:27liées à l'actualité
54:28et à l'agression russe
54:29les biélorusses
54:30les biélorusses aussi
54:31les russes défilent
54:32avec leur drapeau
54:33il nous reste 30 secondes
54:34on va essayer de faire
54:34avec du vrai du faux seulement
54:36un peu de poétique fiction
54:382027 deuxième tour
54:39Mélenchon Bardella
54:40vous vous abstenez
54:41vrai ou faux ?
54:42vrai
54:43vous avez été le négociateur
54:44du Brexit
54:44dit un jour le Royaume-Uni
54:45demandera à l'Union Européenne
54:46l'annulation du divorce
54:47vrai ou faux ?
54:51j'ai toujours regretté
54:53vous calez ?
54:54non non je ne cale pas du tout
54:55vous le souhaitez ?
54:55bien sûr
54:56j'ai regretté le Brexit
54:58qui est un non-sens
54:59du point de vue
55:00de l'intérêt national britannique
55:02le jour où les britanniques
55:03mais c'est leur choix
55:04c'est pas le nôtre
55:05le choix
55:06ils seront là
55:08et nous discuterons avec eux
55:09Michel Barnier
55:10merci d'avoir répondu
55:11à nos questions politiques
55:13auditeurs, téléspectateurs
55:14nous vous retrouvons
55:15la semaine prochaine
55:16un excellent dimanche à vous
55:17merci
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