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Bénédict et Christine trouvent le comportement de la Marquise de plus en plus étrange. Elle tient des propos inquiétants sur son mari. Est-elle folle ? Quel traitement mystérieux lui est administré par le médecin hindou Sahib Khan ? Par ailleurs, dans le petit village de Corbillères, les suspicions sur Benedict s'intensifient...
Mini-série réalisée par Marcel Cravenne en 1976, dans un univers à la fois étrange et fantastique, adaptée du roman de Gaston Leroux.
= Le 1er ép. est déjà proposé sur cette chaîne, voici les suivants.
)> un petit résumé au début de chaque épisode.
Genre : Fiction, Fantastique
#vosouvenirstélé
#encoreunbonprogramme
Mini-série réalisée par Marcel Cravenne en 1976, dans un univers à la fois étrange et fantastique, adaptée du roman de Gaston Leroux.
= Le 1er ép. est déjà proposé sur cette chaîne, voici les suivants.
)> un petit résumé au début de chaque épisode.
Genre : Fiction, Fantastique
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00:31...
01:02Bénédicte Masson, poète et relieur dans l'île Saint-Louis,
01:06éprouve une immense passion pour la ravissante Christine Gaillard,
01:09la fille de l'horloger qui habite en face de chez lui.
01:14Hélas, sa laideur ne lui permet aucun espoir.
01:21Christine est fiancée à Jacques Quentin,
01:24un jeune chirurgien dont les recherches dans le domaine de la biologie font autorité.
01:29En outre, Christine héberge secrètement un jeune homme inconnu d'une stupéfiante beauté,
01:34et ce qui est bien étrange avec le consentement de son fiancé et de son père.
01:41Christine et Bénédicte se retrouvent chaque jour à l'hôtel particulier du marquis de Coulteret.
01:46Elle sculpte le buste de la marquise, lui s'occupe de la bibliothèque.
01:52Il règne dans cette demeure une atmosphère étrange,
01:56et la marquise, atteinte d'une maladie inconnue, tient des propos énigmatiques.
02:01Si on me soigne, dit-elle, ce n'est pas pour me guérir.
02:07Quant au marquis, il se montre très sensible au charme de Christine.
02:14Un jour, Bénédicte découvre les portraits des ancêtres du marquis,
02:17et constate avec stupeur que ces portraits reproduisent tous exactement
02:23les traits de l'actuel marquis de Coulteret.
02:40Ce sont les portraits des aïeux du marquis qui vous fascinent toujours ?
02:44Oui.
02:46Pas les portraits.
02:48Un portrait.
02:50Ah oui, lequel ?
02:51Celui-ci.
02:53Tiens, pourquoi ?
02:55Il a exactement le même visage que les autres.
02:57Ce n'est pas le visage qui me fascine.
03:00C'est le costume.
03:02Le costume ?
03:04Oui.
03:06Il me rappelle quelque chose.
03:09Ou quelqu'un.
03:12Ce serait alors quelqu'un que vous auriez connu dans une vie antérieure.
03:15Vous croyez à la méthampsychose, Bénédicte ?
03:18Non.
03:19Mais ce costume,
03:21il me semblait l'avoir vu il n'y a pas si longtemps.
03:24Il est dans ma vie actuelle, en tous les cas.
03:27Peut-être au cinématographe,
03:29dans un de ses films à épisodes.
03:31Non, non, sûrement pas.
03:32Je ne devais pas les voir.
03:34Mais à vous,
03:36ce costume ne vous dit rien ?
03:38Absolument rien.
03:39Christine !
03:40Oh mon Dieu, Bénédicte, la marquise !
03:42Oh mon Dieu, Bénédicte, la marquise !
04:09Je vous l'avais dit.
04:11Mais c'est parce que vous cessez de vous soigner, madame.
04:14Alors votre état, forcément, cesse de s'améliorer.
04:17Mais au contraire, monsieur Masson, au contraire.
04:21Moi, je me soigne.
04:23Et plus j'ai de chance de vivre.
04:24De vivre au ralenti, mais de vivre.
04:28De lui échapper.
04:32Vous allez voir qu'ils vont encore me ressusciter.
04:37Il est là.
04:38Il est là pour ça.
04:40Mais qui ?
04:42Son docteur.
04:44Le complice du marquis.
04:47C'est Satan.
04:49C'est Satan.
04:52Et voilà ses démons.
04:55Madame la marquise.
04:58Le docteur vous attend dans votre chambre.
05:10Vous voyez, je crois que je n'y échapperai pas.
05:15J'ai tout mon sang à refaire.
05:38J'ai vraiment l'impression qu'on l'emmène au supplice.
05:49Mais quel est ce médecin qui a l'air de tellement la terroriser ?
05:53C'est un hindou, lui aussi.
05:56Une espèce de mage.
05:58Le fameux Saïp Khan.
06:00Dont le marquis s'est complètement entiché.
06:03Ah oui.
06:04Oui, il me semble en effet en avoir entendu parler.
06:09Mais quel est son traitement ?
06:11Quel est son secret ?
06:13Je ne sais pas au juste.
06:22À propos de médecins et de médecine.
06:28Votre fiancée est, je crois, un des grands espoirs de sa génération.
06:36Oui.
06:37C'est un grand savant.
06:39Un très grand savant.
06:41Malgré son jeune âge.
06:44Oui.
06:46Et un grand chirurgien aussi.
06:50Qui, dit-on, serait capable de ressusciter un mort.
06:54C'est quand même très exagéré.
06:57De toute façon, je ne vois pas ce qu'il pourrait faire pour cette pauvre marquise.
07:01Et pas la marquise que je pensais.
07:03Non, non, laissez-moi !
07:05Je ne peux pas !
07:07Je ne peux pas !
07:10Je ne peux pas !
07:13Ma fille, laissez-moi mourir !
07:15Non !
07:45Je ne peux pas, laissez-moi.
07:51Je ne peux pas, laissez-moi.
07:56Je ne peux pas.
08:05Je ne peux pas.
08:08Mais entrez donc !
08:11Ne restez pas comme ça sur le seuil de la porte.
08:22Encore un bol.
08:24Buvez, je le veux, buvez.
08:32Ça suffira pour aujourd'hui.
09:03Mon cher Saïd Kahn, vous connaissez déjà Mlle Gaillard, mais pas encore M. Masson.
09:12Relieur et poète.
09:17D'après ce que je vois, cela s'est plutôt bien passé aujourd'hui.
09:22Oui, la marquise est un bon sujet, mais par moments elle se crispe, se rédit,
09:26elle semble mettre toute sa volonté à refuser de se soigner.
09:29Alors il faut beaucoup plus de fluide.
09:32En fait, la marquise est simplement très anémiée parce qu'elle se laisse dépérir.
09:38Mais qu'est-ce que vous lui donnez à boire ?
09:40Oh, rien de bien extraordinaire.
09:43Une sorte de remontant de reconstituant à base d'extraits de fer et de jus de viande.
09:53Alors ?
09:55Rien de nouveau.
09:57Et lui ?
09:59Ça n'a pas changé.
10:01Il a toujours lé né ravif.
10:04Tu n'as vraiment rien pu trouver ?
10:07Absolument rien.
10:10Peut-être ce soir, peut-être demain.
10:12Mais en attendant.
10:15En attendant du sérum, du sérum et encore du sérum.
10:36Voyons, monsieur de Coulteret, n'insistez pas.
10:39Vous m'aviez promis.
10:41Madame chère Christine, il n'y a rien de mal.
10:44Nous ne serons que quelques intimes.
10:46Vous devriez venir.
10:47C'est un spectacle merveilleux.
10:49La Dorga est une danseuse unique au monde.
10:52Et après le spectacle...
11:00Je me suis venu vous rapporter le sade que vous m'aviez donné à relier.
11:06Ah oui, oui, oui, c'est vrai.
11:10Oui, oui.
11:10C'est très, très, très joli.
11:13C'est exactement ce qu'il faut.
11:16Vous aimez les danses hindoues, Bénédicte ?
11:22Je ne sais pas.
11:24Je ne le connais pas.
11:26Pourquoi ?
11:27La Dorga donne ce soir un récital au musée Guimet.
11:30Je l'ai connue aux Indes.
11:32C'est une artiste merveilleuse.
11:33Et je suggérais à Mademoiselle Gaillard d'aller la voir danser.
11:37Bien entendu, cette invitation tient également pour vous.
11:40Vous trouverez deux places à l'entrée.
11:43Alors à ce soir, j'espère.
11:52Je crois que je suis arrivé à temps.
11:54Oui.
11:57Vous êtes arrivé à temps.
12:03Qu'est-ce qu'il y a, Christine ?
12:07On n'est pas bien ?
12:09Je me sens un petit peu drôle depuis quelques instants.
12:14Mais ce n'est rien.
12:16Ça va passer.
12:18Au fait, qu'est-ce que c'est que cette Dorga ?
12:22C'est une danseuse hindoue.
12:25Et c'est aussi, je crois, la maîtresse du Marquis.
12:27Bien, décidément.
12:29Le Marquis semble aimer beaucoup les femmes.
12:32En dehors de la sienne.
12:33Oui.
12:35Il paraît que la Dorga est une fort belle personne.
12:39Vous avez envie d'aller la voir ?
12:42Pourquoi pas.
12:45Mais vous voudriez peut-être y aller avec votre fiancée ?
12:49Non.
12:52Ce soir, je sais qu'il doit travailler très tard.
12:55Oui.
12:57Et en dehors de votre fiancée,
13:00vous êtes sûre qu'il n'y a personne d'autre
13:03avec qui vous auriez envie d'aller à cette soirée ?
13:05Mais oui.
13:07Quel drôle de question, Bénédicte.
14:38Qu'est-ce que vous en pensez ?
14:40Je pense, en tous les cas,
14:42que le Marquis aime les contrastes.
14:44C'est le négatif de la Marquise.
14:47Mais je dois dire que je le plains de moins en moins.
14:50Vous la trouvez belle ?
14:52Belle, mais inquiétante.
14:55Et vous ?
14:58Inquiétante, mais...
14:58pas mal dans son genre.
15:01Je voudrais peut-être aller remercier le Marquis.
15:08Comment faites-vous, ma chère amie, pour vous surpasser chaque soir ?
15:11C'est uniquement pour vous et pour vos amis, mon cher Marquis.
15:16Ah, ma chère Christine, cela vous a plu ?
15:20Oui, beaucoup.
15:22C'est très évocateur.
15:25C'est sûrement la charmante demoiselle dont vous m'avez parlé.
15:28Hum...
15:29Comme je comprends votre enthousiasme.
15:32Vous venez bien sûr à notre petit souper.
15:35J'avais oublié de vous le dire.
15:37Le souper est décommandé.
15:39Comment ça, décommander ?
15:40D'ailleurs, mademoiselle Gaillard n'est pas venue seule.
15:44Elle est avec un ami.
15:46Bénédicte Masson.
15:47Un grand poète.
15:49Je suis persuadé que ces deux jeunes gens voudront rentrer ensemble.
15:53Eh bien, je vous laisse à votre poésie.
15:55Quant à nous, nous irons quand même souper.
15:58N'est-ce pas, mon cher Saïd Gann ?
16:16Eh bien, bonsoir, Bénédicte.
16:19Je passais une très agréable soirée.
16:22Et grâce à vous, je peux être évité le pire.
16:26Je viens de rapporter une bouteille d'eau de vie de noix.
16:33De chez moi.
16:35De ma campagne.
16:38Vous ne voudriez pas...
16:40Non, Bénédicte.
16:41Pas ce soir.
16:43Il est déjà très tard.
16:46Bonne nuit, Bénédicte.
16:48Et faites de beaux rêves.
17:16Vous ne connaissez pas votre chance d'échapper à ce genre de problème.
17:20Aussi.
17:21Aussi, je la connais.
17:23Mais vous avez bien raison de rester célibataire.
17:26Et de ne vivre que pour votre poésie et pour votre art.
17:32Mais au fait, vous vous plaisez toujours à l'hôtel de Coulteret, au milieu de tous ses vieux livres.
17:38Oui.
17:39Oui, beaucoup.
17:40Mais, excusez-moi, à propos de l'hôtel de Coulteret, il y a quelque chose que je voulais vous demander.
17:48Le pavillon qu'habite Mademoiselle Gaillard avec son père faisait bien partie des communs de l'hôtel.
17:57Oui, mais il y a fort longtemps que nous ne les occupons plus.
18:00Nous n'avons plus, hélas, le même train de maison qu'au 18e.
18:04Mais, existe-t-il une communication quelconque entre l'hôtel et les anciens communs ?
18:11Mais non, absolument pas.
18:13Autrefois, peut-être.
18:15Pourquoi me demandez-vous cela ?
18:17Oh, simple curiosité.
18:21Oui, toutes ces vieilles demeures ont toujours plus ou moins leur mystère.
18:25Ah, vous pensez peut-être que je traverse les murs pour rejoindre la nuit Mademoiselle Christine ?
18:33C'était bon du temps de mon aïeul, Louis XV.
18:37Un sacré Gaillard, ce Louis Amédée.
18:40Savez-vous qu'il avait collaboré à l'encyclopédie ?
18:42Non.
18:44Quels articles ?
18:45Il en a écrit plusieurs.
18:47Mais, le plus fameux et le plus audacieux pour l'époque,
18:52était sur la sorcellerie.
18:54Tenez, écoutez plutôt.
19:04Ce qu'une opinion,
19:07trop souvent mal éclairée,
19:09obscurcie par les ténèbres de l'ignorance
19:11et de la superstition religieuse qualifiée du nom de sorcier,
19:15ne faisait point nécessairement commerce avec le diable,
19:18comme on continue malheureusement encore de le penser dans notre siècle de lumière.
19:23Ceux-là même que l'on accusait de pratiquer la sorcellerie
19:27et que l'on a sauvagement persécutés et torturés
19:31n'étaient en fait que des précurseurs,
19:34des hommes de science condamnés par leur supériorité
19:37et l'avance qu'ils avaient pris sur leur temps
19:41à subir les attaques d'une médiocrité bornée
19:45et d'une religiosité fanatique.
19:48Mais, vous connaissez le texte par cœur.
19:52Mais oui, c'est vrai.
19:55À force de le relire,
19:58nous avons tellement en commun mon aïeul Louis Amédée
20:00et moi-même.
20:02Mais, je vous empêche de travailler.
20:05Je vous laisse.
20:07Nous reparlerons de tout cela une autre fois.
20:16C'est parti.
20:39Il le sait par cœur parce que c'est lui qui l'a écrit.
20:47Madame.
20:50Vous étiez là ?
20:52Alors, maintenant, vous avez compris que c'est le même.
20:55Il le sait par cœur.
20:58C'est parce que c'est lui qui l'a écrit.
21:01Mais enfin, madame.
21:04Comment pouvez-vous croire une chose pareille ?
21:07Parce que leur tombeau est vide, monsieur Masson.
21:11Vide ?
21:12Comment ça ?
21:14Comment ça ?
21:15Quel tombeau ?
21:15Le tombeau d'Écoulterey dans leur château en Vendée.
21:19Leur corps n'y est pas.
21:22À aucun.
21:24Et où sont-il ?
21:26Où sont-ils ?
21:27Nulle part.
21:30Parce qu'ils ne sont pas morts.
21:35Enfin, il n'est pas mort.
21:40Théoriquement, le corps de Louis a m'aidé.
21:43Celui de l'encyclopédie aurait été jeté à la voirie par les révolutionnaires.
21:49Et les autres ?
21:53Il y en a un qui serait mort en mer.
21:59Un autre qui aurait été enlevé dans une épidémie à l'étranger.
22:06Que sais-je encore ?
22:09C'est ce qu'il dit.
22:10Lui.
22:12Mais les autres...
22:16ne sont jamais morts.
22:19Puisque c'est le même.
22:22Écoutez, madame.
22:24Détendez-vous un peu.
22:27Essayons de raisonner.
22:29Je sais ce que je dis, monsieur Masson.
22:31Je ne suis pas folle.
22:33Ce n'est pas un hasard.
22:35S'il a pris la défense de la sorcellerie
22:37quand il avait 150 ans de moins.
22:40Vous pensez donc que votre mari est un sorcier ?
22:44Si seulement il n'était que sorcier,
22:47alors il ne me serait pas interdit de mourir.
22:53Il vous est interdit de mourir ?
22:57Oui, parce que si je mourrais, je deviendrais comme lui.
23:01C'est pour ça que je suis condamnée à vivre.
23:06Vous ne voulez donc pas comprendre
23:07pourquoi il me ressuscite chaque fois ?
23:10Regardez.
23:13Regardez-la dans le cou.
23:14Ça n'est rien.
23:16C'est une petite égratignure.
23:18Ça n'est pas une égratignure, monsieur Masson.
23:20C'est une morsure.
23:21Une morsure par laquelle il me prend ma vie.
23:23Il me la boit goutte à goutte.
23:25C'est comme ça que les monstres de son espèce
23:27peuvent vivre des siècles sur le sang des autres,
23:30de leurs victimes.
23:33Enfin, madame,
23:36vous ne voulez quand même pas prétendre
23:37que le marquis de Coulteret
23:42est un...
23:45Si, si, c'en est un...
23:46Je ne le prétends pas, je le sais.
24:12Ah, c'est vous, Bénédicte ?
24:14Oui.
24:15Comme vous n'êtes pas venu ce matin,
24:16j'ai eu peur que vous ne soyez malade.
24:18Non.
24:20Non, simplement un peu fatigué.
24:21Ce que j'ai appris en votre absence
24:23à l'hôtel de Coulteret
24:24est tellement extraordinaire,
24:27tellement inattendu.
24:29Oui.
24:30Oui, peut-être.
24:31Mais je m'excuse, Bénédicte,
24:33je ne suis pas seule.
24:34Mais, ma chérie,
24:35pourquoi ne dis-tu pas à monsieur Masson d'entrée ?
24:37Ah, c'est vrai,
24:38je ne me rappelais pas que vous vous connaissiez.
24:40Je ne voudrais pas vous déranger.
24:41Pas du tout, au contraire.
24:49Alors, que se passe-t-il encore dans ce fameux hôtel de Coulteret ?
24:53Ça ne vous n'imaginerait jamais ce que la marquise m'a dit ce matin sur son mari.
24:57J'imagine fort bien, au contraire.
24:59Elle vous a dit que le marquis était un vampire
25:01et qu'il avait 190 ans.
25:05Comment ça ?
25:07Vous le saviez ?
25:09Mais mon pauvre Bénédicte,
25:10j'ai eu droit à tout ça avant vous.
25:12Je parie même qu'elle vous a montré
25:14une vague égratignure au bras ou au cou.
25:20Vous saviez tout ça ?
25:23Et vous ne m'avez jamais rien dit ?
25:26Je ne voulais pas vous ennuyer avec toutes ces sornettes.
25:29Et puis, le marquis m'a demandé la plus grande discrétion
25:32et je dois dire que je le comprends.
25:34Enfin, il ne tient pas à sombrer dans le ridicule.
25:37Vous vous rendez compte de ce grand rire dans Paris
25:39si l'on apprenait que la marquise de Coulteret
25:41croit qu'elle a épousé un vampire ?
25:45Et vous, monsieur Quentin ?
25:47Qu'est-ce que vous en pensez ?
25:49Ce que je pense des vampires ?
25:51Non, non.
25:52Je suppose que vous pensez comme moi
25:54qu'il n'existe que dans l'imagination de la marquise.
25:57Que le marquis n'a pas 190 ans.
26:00Mais je n'en sais rien, moi, monsieur Masson.
26:02Je serais beaucoup moins affirmatif que vous.
26:05Enfin, vous ne croyez quand même pas
26:08que le marquis de Coulteret...
26:10Moi, monsieur Masson, je crois à tout
26:12et je ne crois à rien.
26:14Je suis un homme de science.
26:17Où commence la vie, où commence la mort,
26:20partout, nulle part.
26:22Et puis, en fin de compte,
26:23une chose que l'on croit morte
26:25n'est peut-être que de la vie en sommeil.
26:29Moi, monsieur Masson,
26:31je crois à la renaissance de la vie.
26:47Il est beau, n'est-ce pas ?
26:52Christine prétend qu'elle n'a pas une modèle.
26:55Mais je me demande si je dois la croire
26:57et si je ne devrais pas être un peu jaloux.
27:05Jacques, Christine !
27:12Ah, vous n'êtes pas seul.
27:14Je ne voudrais pas vous déranger.
27:16Je vous laisse.
27:17Je vous accompagne.
27:28Au revoir, monsieur Masson.
27:29Au revoir.
27:39Alors, c'est pour ce soir ?
27:40C'est pour ce soir, monsieur Quentin.
27:42J'en ai du tout frais et du tout jaune.
28:04Gabriel n'était donc pas vraiment guéri.
28:08Qu'est-ce qu'ils vont bien pouvoir lui faire maintenant ?
29:02Et pour vous, monsieur Masson, qu'est-ce que ça sera ?
29:04Un café.
29:05Moi.
29:06Au revoir.
29:07Merci.
29:08Alors, permacabé, ça marche, le petit commerce ?
29:10Oui.
29:11Ça ne va pas aller mieux.
29:12Trop de demandes et pas assez de marchandises.
29:14On meurt pourtant, pas moins qu'avant.
29:17Non, mais c'est surtout qu'on meurt trop vieux.
29:19Vous ne voudriez pas que les gens meurent plus jeunes ?
29:21Non, pas moins, mais pour mes canards.
29:24Enfin, pour ceux qui m'en demandent.
29:25Ils en volent des tout frais.
29:28Forcément, pour leurs expériences.
29:30Les artères de 70 ans, ça ne vaut pas les artères de 20 ans.
29:33Dites donc, c'est votre monsieur Quentin qui doit en consommer pas mal.
29:37Ah, monsieur Quentin, le plus jeune professeur de France.
29:39Il n'en consommera jamais assez, comme vous dites.
29:42Croyez-moi, il vous étonnera un jour.
29:44Un jour qui n'est pas si lointain que ça.
29:47Excusez-moi de me mêler à la conversation.
29:49Mais pour ces dissections, les corps de femmes sont-ils plus ou moins recherchés ?
29:56C'est ça non ?
29:57Pourquoi ? Vous avez un filon ?
30:01Non, je regrette.
30:04On n'a pas tous les jours un Landru sous la main.
30:07Quand on veut à tout prix avoir des cadavres en bonne santé, si j'ose dire,
30:12le mieux serait évidemment de les faire soi-même.
30:15Évidemment, ça serait l'idéal.
30:18Bonsoir, monsieur.
30:27En somme, la mort vaincue, c'est les fameux mouvements perpétuels.
30:34C'est pratiquement la même pensée qui anime votre père et votre cousin.
30:39L'un d'un point de vue mécanique et l'autre d'un point de vue physiologique.
30:44Physiologique.
30:48Non ?
30:49Vous ne savez pas ça ?
30:51Je ne sais pas, Bénédicte.
30:53Ils ne me tiennent pas au courant de ce qu'ils font.
30:56Et tout cela est si loin de moi, de mes préoccupations.
31:00Ah oui ?
31:02Vraiment ?
31:03Si loin ?
31:06Si loin ?
31:20Mais qu'est-ce qui se passe ?
31:21Oui, on a entendu un cri.
31:23Vous êtes là, merci.
31:25Tenez.
31:27Regardez.
31:29Aux bras.
31:31Le sang.
31:34Mon sang qui coule.
31:36Mais ce n'est rien, ma chère Bessie.
31:38Voyons.
31:40Calmez-vous.
31:46La marquise s'est simplement piquée à une épine de rose.
31:50Oui, rien de plus.
31:51J'ai d'ailleurs envoyé sang-gore chercher de quoi arrêter l'écoulement.
31:55Non, il n'y a pas de rose.
31:57Pas d'épine.
32:00Il y a le mal partout.
32:04Il y a le mystère qui mord.
32:06Je le répète, c'est une toute petite piqûre.
32:11Christine.
32:13Bénédicte.
32:14Ne me quittez pas.
32:15Surtout, ne me quittez pas.
32:17Voyons, voyons, Bessie.
32:20Détendez-vous.
32:21Ne pensez plus à rien.
32:25Me voilà, ça est bon.
32:30Mais non, voyons.
32:32Je t'ai demandé le chlorure de calcium.
32:36Chlorure de calcium.
32:41C'est imbécile, c'est trompé de flacon.
32:44Ce qu'il a de terrible avec la marquise, c'est que le moindre incident prend de telles proportions.
32:52Ah, voilà, parfait.
32:55En quelques secondes, il n'y paraîtra plus.
32:58Merci.
33:00Merci.
33:07Vous voyez, ou plutôt, vous ne voyez plus rien.
33:11Je crois qu'il serait bon de la laisser se reposer un petit peu.
33:15Oui, je vais essayer de la calmer.
33:18Venez, laisse-en faire ça être calme.
33:21Non.
33:22Non, ne me quittez pas.
33:23Restez.
33:25Sinon, la morsure va revenir.
33:29Vous ne croyez pas que si nous restions un peu, ça pourrait la rassurer ?
33:33Mais non, au contraire.
33:35Il faut lui faire oublier ses obsessions.
33:37Et là-dessus, saille de canne est imbattable.
33:41Pardonnez-moi.
33:47Détendez-vous, je le veux.
33:50Détendez-vous.
33:51Oubliez qui vous êtes.
33:54Oubliez le sang.
33:56Le chlorure de calcium arrête effectivement l'écoulement du sang.
33:59C'est presque instantané.
34:00Oui, oui, c'est bien, mais...
34:02Le citrate de soude...
34:04Ah non, le citrate de soude a l'effet exactement contraire.
34:07C'est-à-dire ?
34:08C'est-à-dire qu'on l'utilise pour dégorger une plaie, pour faire couler le sang.
34:11Plus abondamment.
34:16C'est bien ce que je pensais.
34:18Je vous remercie mille fois, M. Moulinier.
34:22Vous venez à la chimie, M. Masson ?
34:25C'est plutôt la chimie qui vient à moi, M. Moulinier.
34:40Alors, vous êtes convaincue cette fois.
34:44Il est parti avec tout mon sang.
34:48Il m'a bu jusqu'à l'âme.
34:51Mais non, voyons.
34:53Vous l'avez imaginé.
34:56Et Saipkan a refermé votre écourchure.
34:59Quand vous étiez là.
35:01Mais après,
35:03ils l'ont rouverte.
35:06Et il m'a inspiré tout entière.
35:10Pourquoi êtes-vous parti ?
35:12Le marquis nous a entraînés.
35:15Il nous était difficile de...
35:17Oui.
35:18Bien sûr.
35:20Mais surtout, méfiez-vous de lui.
35:23Parce que lui, il se méfie de vous.
35:26Ce que je redoute maintenant,
35:30c'est qu'il m'emmène là où le tombeau reste toujours vide.
35:33Au château de Coulteret ?
35:35Oui.
35:37Là-bas, en Vendée, il n'a pas de témoin gênant à craindre.
35:44Ce serait terrible.
35:48Il n'y a qu'un homme en qui je puisse avoir confiance.
35:50Le père de Ruine.
35:51Le régisseur.
35:54C'est un brave homme.
35:56Retenez bien son nom si l'on m'emmenait là-bas.
35:59C'est lui qui pourra vous dire s'il me reste encore du sang.
36:03Mais, madame,
36:06vraiment ?
36:07Vous n'êtes pas piquée à une épine de rose ?
36:11Je ne suis pas folle, monsieur Masson.
36:14On ne crie pas à la mort
36:16quand on se pique à une rose.
36:19J'ai crié quand il m'a mordu.
36:23Mais comment cela s'est-il passé ?
36:26Il y a longtemps qu'il était dans votre chambre
36:29quand il vous a mordu.
36:30Il n'y était pas encore.
36:34Il vous a mordu quand il n'était pas encore dans votre chambre ?
36:37Oui.
36:38C'est le diable.
36:40Il m'a mordu quand j'étais seule.
36:43Il mord quand il veut.
36:45Et comme il veut.
36:48Il ne mord quand même pas à distance.
36:52Si, c'est bien ça le pire.
36:54Il peut mordre à distance.
36:58Je ne sais pas encore comment il fait.
37:01Mais je le saurais.
37:05Je finirai bien par le savoir.
37:10Partez maintenant.
37:12Il ne faut pas qu'il vous revoie dans ma chambre.
37:25Encore une chose, Christine.
37:28Une chose curieuse.
37:30Ce que la marquise n'est jamais allée aussi loin
37:32qu'aujourd'hui dans ses élucubrations.
37:34C'est la première fois que vous ne dites pas qu'elle est folle.
37:37Oui, c'est vrai.
37:41Et moi, pour la première fois, je crois vraiment qu'elle est folle.
37:44Il faudra quand même résoudre tout ça à mon retour.
37:47À votre retour ?
37:48Pourquoi vous partez, Bénédicte ?
37:51Oui.
37:53Pour quelques jours.
37:55Dans ma petite maison de Corbière, aux environs de Paris.
37:59C'est là que je me retire de temps à autre.
38:02Pour écrire.
38:04Pour me replier sur moi-même.
38:07Surtout quand je me sens un peu triste.
38:10Et c'est le cas en ce moment ?
38:13Vous devriez être la dernière personne à me le demander.
38:21On m'a dit que votre petite maison de Corbière était charmante.
38:24Qui ça ? On ?
38:26Le marquis.
38:28Il s'est même étonné que vous ne m'ayez jamais invité.
38:31Comment le marquis connaîtrait-il ma maison ?
38:34Je crois qu'il a parcouru la région pour y acheter une chasse.
38:38Et c'est à cette occasion qu'il a vu votre maison qu'il a trouvée charmante.
38:42C'est drôle qu'il ne m'en ait jamais parlé.
38:46En tous les cas, elle n'est pas charmante.
38:50Elle est lugubre.
38:54N'y venez jamais, Christine.
38:57Surtout, n'y venez jamais.
39:06Où en est Gabriel ?
39:07Va te rendre compte par toi-même.
39:09Est-ce qu'il pourra vraiment marcher comme avant ?
39:11Si Dieu le veut, il marchera mieux qu'avant.
39:14Il pourra même courir comme personne n'en a jamais couru.
39:22Et ça ne vous gêne pas d'aller travailler de temps à autre à la campagne ?
39:25Non, au contraire, j'adore la campagne.
39:28J'y ai été élevée.
39:30D'après ce que je sais, vous êtes seule dans ma vie.
39:35Oui, je suis de l'assistance.
39:37C'est un inconvénient ?
39:39Non, pas du tout.
39:42Moi aussi, je suis seule.
39:46Vous pourriez commencer la semaine prochaine ?
39:48Quand vous voudrez, M. Masson.
40:06C'est bien comme ça, M. Masson ?
40:10Oui, très bien.
40:12Vous avez assez travaillé pour aujourd'hui.
40:14Vous devriez aller chercher des œufs.
40:15On va se faire une oblette.
40:43Sous-titrage Société Radio-Canada
40:57Eh bien, Père Violette, vous en avez un, Droulbert ?
41:00Qu'est-ce qui vous arrive ?
41:01Il m'arrive que la septième est arrivée.
41:03Comment ça ? Quel septième ?
41:05Le septième femme à barbe bleue, tiens.
41:06Bon, allez, donnez-moi un petit bas.
41:08Ah oui, je vois.
41:11Vous n'allez pas lui fiche l'affaire, votre barbe bleue ?
41:13Il ne vous a rien fait.
41:14Ou à moi, ou à moi.
41:16Bon, c'est bon.
41:17Je n'ai pas de jupeau.
41:18Il t'a quand même fait qu'il t'a refusé de vendre sa maison.
41:21Ce qui t'a empêché de devenir garde-chasse.
41:23C'est pour ça que tu lui en veux.
41:25Le femme n'a pas de garde-chasse ?
41:27Oui, alors ?
41:29C'est comme qu'il irait.
41:31Un balard qui se fera gendarme ?
41:32Ça vaut mieux qu'un assassin qui continue à être un assassin.
41:35C'est quand même pas prouvé.
41:37Parce qu'alors, il serait déjà guillotiné ?
41:40Parce que vous trouvez ça normal ?
41:41Les six demoiselles qui l'a successivement amenée à Corbière.
41:44Et qui ont toutes disparu, sans laisser de traces.
41:48Il nous a toutes supprimées, c'est évident.
41:51D'ailleurs, il a une tête de tueur.
41:55Ça, il faut bien dire qu'il a une tête à venir catholique.
41:57Mais la tête, c'est jamais que la tête.
42:00De toute façon, il n'a jamais retrouvé les corps.
42:03Et six cadavres, ça ne s'évapore pas si facilement.
42:07Moi, je dis ça comme ça, c'était pas tellement un bon client.
42:11Eh bien, qu'est-ce que vous direz quand vous y serez passé, vous aussi ?
42:14Je ne dirai plus rien.
42:15Bon, tout le coup, on ne sait pas un homme comme vous et moi, Madame Collard.
42:19Non, d'abord, pourquoi il venait à Corbière ?
42:23Non, un homme qui ne pêche pas, qui ne chasse pas.
42:27Oui, et qui passe son temps à grébouiller des trucs sur des bouts de papier.
42:32En rêver dans le vogue, mais quand il ne rêve plus, hein ?
42:35Eh bien, ça, il ne rêve plus du tout.
42:37Mais je veux que vous dise que c'est un nouveau landru !
42:40Et que là, c'est qu'elle ! Eh bien, il va y passer, comme les ciseaux !
42:44C'est vous qui finirez par y passer, Père Violette.
42:47Hein, si vous continuez à mes pieds, il y a raconté des saloperies sur mon compte.
42:50Mais ne lâchez pas, ne touchez pas !
42:52Et surtout, allez raconter aux jeunes femmes qui viennent chez moi.
42:54Parce qu'à force de les affoler en leur foutant des idées dans la tête,
42:58c'est vous qui les poussa à s'enfuir.
43:00C'est à cause de vous qu'elles disparaissent.
43:01Qu'est-ce qui se passe, c'est un con ?
43:02Et si celle-là s'en va comme les autres, c'est vous que j'en rendrai responsable.
43:05Et je n'hésiterai pas à vous crever la paillasse.
43:14Un autre bar.
43:17Mais Père Violette,
43:19je souhaite pour vous que la septième, elle ne s'en aille pas.
43:30Oui, il m'a suivi.
43:32Et j'ai hâté le pas quand j'ai compris qu'il voulait m'aborder.
43:35S'il recommence, je fais plus attention à ce qu'il dit.
43:38Il raconte des horaires sur mon compte.
43:39Pourquoi ?
43:40Oh, une sombre histoire entre nous.
43:44Un vieux braconnier qui rêve d'acheter une conduite et de finir garde-chasse.
43:48Et il prétend que je l'en ai empêché.
43:50Comment l'auriez-vous empêché de devenir garde-chasse ?
43:52En lui refusant de vendre cette maison, il y tira autour.
43:57Pas à lui.
43:59Mais un riche Parisien pour qui il devait acheter dans le coin une chasse d'un seul tenant.
44:03Et qui lui avait promis de le prendre à son service.
44:08Ah mais oui !
44:13Je comprends maintenant.
44:14Quoi donc ?
44:16Non, rien.
44:19Un rapprochement que je viens de faire.
44:27Télégramme, M. Masson.
44:30Merci.
44:41Une mauvaise nouvelle ?
44:45Bonne.
44:47Et une mauvaise.
44:54Oh, Bénédicte.
44:56Merci.
44:57Merci d'être revenu.
44:59Je suis passé chez vous.
45:01Mais votre père m'a dit que vous étiez ici.
45:03Oui.
45:04Ils travaillent tous les deux là-bas.
45:06Ici, nous serons plus tranquilles.
45:08Mais la marquise...
45:09La marquise...
45:10Lui n'est pas là.
45:12Il est parti dans une de ses propriétés avec la d'Orga, je crois.
45:16Quant à la marquise,
45:17elle est là-haut.
45:19Plus alanguie que jamais.
45:20Mais...
45:21Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
45:23Venez.
45:24Asseyez-nous.
45:26Je vais vous raconter.
45:29Ça s'est passé hier.
45:31Dans cette pièce.
45:33J'étais toute seule.
45:36J'arrangeais un bouquet de roses dans un vase.
45:40Et soudain,
45:41j'ai senti une piqûre.
45:44J'étais comme...
45:46engourdie.
45:48Et j'ai dû aller m'étendre sur le canapé où nous sommes en ce moment.
45:53À partir de là, je ne sais pas si je me suis assoupie,
45:56si j'ai rêvé ou bien si c'était réel.
45:59Mais soudain,
46:00il était là.
46:03Le marquis ?
46:04Oui.
46:05Il était penché sur moi.
46:07Le visage congestionné comme l'autre matin chez la marquise.
46:10Oh, Bénédicte,
46:11c'était horrible.
46:13Il se rapprochait de moi de plus en plus.
46:15J'aurais voulu le repousser,
46:17mais je n'en avais pas la force.
46:19Il s'emparait de mon bras.
46:21Il collait ses lèvres à ma piqûre
46:22et il m'aspirait le sang.
46:24Il me buvait la vie.
46:27Je sais bien que je vous rappelle la marquise,
46:29mais ne souriez pas, Bénédicte.
46:32Vraiment, il me buvait la vie.
46:34Mais voyons, Christine,
46:37vous avez dû vous piquer en arrangeant les roses.
46:41Une banale petite piqûre d'épines.
46:45Mais comme c'était également le cas de la marquise,
46:48eh bien,
46:48la scène impressionnante de l'autre jour
46:50vous a sans doute influencée.
46:53Et vous avez eu ce cauchemar.
46:55Je suis presque sûre de ne pas m'être piquée une rose.
46:58Presque,
47:00mais pas vraiment sûre.
47:03Eh bien, moi, Christine,
47:05je suis sûre que vous avez rêvé.
47:08C'est même un exemple classique d'autosuggestion.
47:12Ce qui prouve d'ailleurs
47:13un fantasme en expliquant à un autre
47:16que la marquise est également victime de son imagination
47:19et de l'étrange climat qui règne à l'hôtel.
47:22C'est celle de Coulteret.
47:24Si imagination il y a, Bénédicte,
47:27je ne la regrette pas.
47:29Car je lui dois votre retour.
47:34Ne me dites pas, Christine,
47:38que je vous ai manqué.
47:40Si, Bénédicte.
47:43J'apprécie infiniment votre présence.
47:46Votre forme d'esprit,
47:48de pensée.
47:50Vous le savez d'ailleurs.
47:52Oui.
47:53Et je sais que j'ai une belle âme.
47:55Il ne faut pas rire, Bénédicte.
47:58Ce n'est pas si fréquent.
48:02Il était aussi beau que Cabariel.
48:06Mais enfin, Bénédicte,
48:08vous n'allez quand même pas être jaloux d'un buste en terre glaise.
48:13Un buste en terre glaise
48:16qui a des bras,
48:18des jambes,
48:21un cœur,
48:23une chair,
48:24comme vous et moi,
48:27et qu'on sert dans ses bras
48:28quand il sort d'une armoire renaissance.
48:30Comment le savez-vous ?
48:34Peu importe comment je le sais.
48:37Mais je sais aussi que votre fiancé,
48:40qui n'ignore pas son existence,
48:43est avec lui d'une étrange complaisance.
48:46Que c'est lui qui l'a soigné
48:49et qui l'a guéri
48:51après que votre père ait voulu le tuer.
48:57Ce que je ne sais pas,
48:59c'est quels sont les liens secrets
49:01qui vous unissent tous les quatre.
49:03Bénédicte,
49:04il faut me jurer de ne rien dévoiler à personne,
49:06d'oublier tout ce que vous avez vu,
49:08de ne plus vous demander ce que Gabriel fait chez nous,
49:11jusqu'au jour
49:11qui n'est peut-être pas lointain
49:13où je pourrais tout vous expliquer.
49:15Vous m'entendez, Bénédicte ?
49:17Il faut me le jurer
49:17sur ce que vous avez de plus cher au monde.
49:22Je vous le jure, Christine.
49:26Sur vous.
49:30Et même si je ne peux pas
49:31encore vous révéler sa véritable identité
49:33ni les raisons que nous avons de le cacher.
49:36Parce que vous le cachez.
49:38Oui, nous le cachons.
49:42Ce que je peux quand même vous dire,
49:44c'est que lui non plus,
49:46je ne peux pas vraiment l'aimer.
49:51Pourquoi ?
49:52Il n'a que sa beauté.
49:55Une tête idéale,
49:56mais rien dedans.
49:59Est-ce que j'aimerais moins d'avoir rien
50:01dans cette tête-là ?
50:03Et enfin, Bénédicte,
50:07un homme n'a pas besoin d'être beau
50:08pour être aimé.
50:11pour être aimé.
50:28Non.
50:30Non, Rene, papa.
50:31Alors ça va...
50:40Baptiste...
50:42Brigitte !
50:43Non !
50:44Brigitte !
50:45non !
50:46Brigitte !
50:48Brigitte !
50:50Brigitte !
50:51Brigitte !
50:54Brigitte !
51:01Aaaaaah!
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