- 19 hours ago
Category
🗞
NewsTranscript
00:00Et la ministre chargée des Français de l'étranger nous a rejoint sur ce plateau,
00:03Léonore Carroi, bonjour.
00:05Bonjour.
00:05Vous venez de l'entendre dans ce reportage à détresse de cette famille
00:09qui n'est pas seule, qui se sent démunie, sur place.
00:13Que pouvez-vous tout d'abord lui répondre ?
00:15Déjà qu'on entend leur détresse, et moi je l'entends,
00:19parce que vous faites un reportage, mais on l'entend chaque jour,
00:2124h sur 24 et 7 jours sur 7,
00:23parce que ce sont des milliers d'appels que nous recevons et que nous traitons
00:27de Français qui sont sur place et qui nous demandent quoi faire, comment rentrer en France.
00:31Alors le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères est pleinement mobilisé
00:35avec des volontaires de la Croix-Rouge, avec des volontaires du ministère,
00:38pour répondre, pour apporter un secours à nos concitoyens qui sont les plus vulnérables,
00:44et puis pour aider les Français à trouver une solution pour rentrer chez eux.
00:47Soit c'est par le biais d'avions que nous affrétons,
00:52soit par le biais de places que nous bloquons,
00:53soit par le biais de vols militaires que nous avons réussi à remplir de Français vulnérables.
00:58Et puis il y a encore d'autres opérations qui sont évidemment en cours et à l'étude,
01:03mais également en les aidant, en les informant sur les espaces aériens qui sont encore ouverts,
01:09en les aidant aussi à trouver des vols commerciaux,
01:11parce que certaines compagnies ont repris des vols,
01:14en faisant tout ce que nous pouvons, en nous mobilisant pleinement
01:18pour les aider à rentrer en France en sécurité.
01:21On voit bien que la mobilisation des agents sur place est absolument totale.
01:25À Paris aussi, chaque pays se trouve dans un contexte différent.
01:30Mais concrètement, on entend depuis plusieurs jours que c'est difficile parfois d'obtenir des informations,
01:36d'avoir un interlocuteur.
01:38Comment se fait le suivi ? Comment peuvent-ils s'informer concrètement ?
01:42Si vous me permettez, je vais prendre un petit peu le temps pour essayer d'être le plus clair possible,
01:46et puis pour que les Français qui nous regardent sachent quoi faire.
01:49La première chose à faire, si vous ne l'avez pas fait, et c'est absolument impératif, c'est de
01:53se signaler.
01:54Si vous habitez dans un des 15 pays qui sont aujourd'hui touchés par cette crise,
01:58vous devez vous inscrire au registre des Français de l'étranger.
02:01Si vous êtes de passage, si vous êtes en transit, il faut s'inscrire sur le fil d'Ariane.
02:05Ensuite, il faut s'informer.
02:07S'informer proactivement en regardant les informations qui sont mises à jour très régulièrement
02:12sur le site diplomatie.gouv.fr.
02:14Mais en plus, ce que je tiens à dire aux Français, c'est que s'ils sont inscrits sur le
02:18fil d'Ariane,
02:18nous leur envoyons aussi des informations, lorsque des informations pertinentes doivent être envoyées.
02:25Donc on a fait déjà 47 campagnes d'envoi de SMS, de messages aux Français qui étaient inscrits
02:32sur le fil d'Ariane et dans le registre des Français de l'étranger.
02:35L'autre chose que je souhaite leur dire, c'est qu'ils doivent évidemment nous signaler,
02:38que ce soit sur le fil d'Ariane ou en appelant le centre de crise ou les numéros qui sont
02:43disponibles
02:44poste par poste, nous indiquer des situations de vulnérabilité.
02:48Nous avons des personnes qui ont besoin de médicaments, nous avons des personnes avec des très jeunes enfants,
02:52des femmes enceintes, toutes sortes de situations.
02:55Vous croyez que c'était les vacances ?
02:56Absolument, c'était les vacances scolaires.
02:57Les gens parisiennes scolaires et donc il y a beaucoup de familles qui étaient parties dans ces régions-là.
03:01Bien sûr, il faut avoir une idée de l'ordre de grandeur.
03:03Aujourd'hui, nous avons près de 20 000 personnes, rien qu'aux Émirats, qui se sont inscrits sur le fil
03:08d'Ariane.
03:09Nous avons 41 500 personnes qui se sont inscrites sur le fil d'Ariane au total pour tous les pays
03:15de la région.
03:17415 000 personnes qui sont présentes.
03:19Donc moi, ce que je dis à ces familles, et je sais que ça peut être difficile à entendre
03:23lorsque l'on est anxieux, lorsque l'on a peur, lorsque l'on doit rentrer en France,
03:27c'est que je leur dis, armez-vous de patience, mais insistez.
03:31J'étais hier au centre de crise après ma journée de travail vers 23h.
03:35Il n'y avait pas de temps d'attente.
03:37Alors que pendant la journée, je sais que le temps d'attente peut être extrêmement long.
03:41Appelez, insistez, informez-vous.
03:43Il y a beaucoup d'informations qui sont transmises par nos postes.
03:47Et notre objectif, c'est de nous assurer que tous les Français qui le souhaitent puissent rentrer en sécurité.
03:52Et ça, c'est un point extrêmement important.
03:54Dernier point sur l'organisation sur place.
03:56Ce n'est pas facile de rester, de rester sur la durée.
03:59On ne sait pas combien de temps et quand pourront se faire ces rapatriements
04:03compte tenu des risques de missiles.
04:05Notamment, on l'a vu hier soir, on sait qu'il y a une forte solidarité qui s'organise sur
04:09place.
04:09Mais comment peut agir la France sur place dans ces pays pour aider ces milliers de personnes ?
04:14Effectivement, les chiffres sont très importants.
04:16Vous avez raison d'insister sur la solidarité.
04:18Évidemment, moi, je parlais du dévouement des agents du ministère et des bénévoles de la Croix-Rouge.
04:23Mais en fait, sur place, vous avez aussi des associations d'entraide, de Français,
04:27les accueils qui sont mobilisés pour apporter des informations.
04:30Les Français qui résident aident aussi les Français qui sont de passage.
04:34Et puis, vous avez aussi un maillage territorial de la France qui est absolument unique au monde.
04:39C'est-à-dire que nous, on a évidemment des postes consulaires, des ambassades, des consulats.
04:43Mais nous avons en plus des élus des Français de l'étranger, de tous ces pays,
04:47qui d'ailleurs, pour certains d'entre eux, sont en ce moment réunis à Paris parce que c'est leur
04:50assemblée.
04:52Ils se réunissent deux fois par an à Paris.
04:54Et nous avons aussi ce qu'on appelle des chefs d'îlots, des îlotiers,
04:57qui sont des personnes qui, bénévolement, sont en charge aussi de la sécurité des Français
05:01dans des territoires éloignés des consulats et des ambassades.
05:03Ils peuvent se tourner vers eux, effectivement, sur place.
05:05Il y a un réseau très important.
05:07Il y a des informations qui sont communiquées.
05:08Ce qui est important, c'est de suivre les comptes certifiés, les informations officielles.
05:13Parce que dans des moments comme ça, de grands désarrois, de grandes tensions et inquiétudes,
05:17il y a aussi beaucoup de fausses informations qui circulent.
05:20Je comprends les craintes, les inquiétudes.
05:24Je comprends même la colère lorsqu'elle peut s'exprimer.
05:27Mais j'invite chacune et chacun à faire preuve de sang-froid.
05:30Parce que nous devons travailler ensemble pour trouver des solutions
05:33pour leur permettre de rentrer, mais de rentrer en sécurité.
05:36Nous sommes dans une situation extraordinaire.
05:38Effectivement, ces familles, quand elles sont parties en vacances dans la région,
05:41elles n'imaginaient pas qu'elles auraient à vivre une telle situation.
05:44Personne ne l'imaginait.
05:45Concrètement, ce qui concerne les opérations de rapatriement à présent,
05:49comment s'organisent-elles ?
05:51Est-ce qu'il y a des personnes qui restent prioritaires ?
05:54Comment faites-vous face à cette insécurité dans les heures ?
05:57Et surtout la magnitude de personnes qui souhaitent rentrer et qui sont concernées.
06:01Parce que malheureusement, je dis malheureusement parce qu'on aurait préféré que le contexte ait été différent,
06:07mais la France a une grande expérience de rapatriement de ses concitoyens dans la région.
06:11On le voit d'ailleurs lorsque l'on voit les appels que l'on reçoit.
06:14Certains pays qui pourtant sont très touchés par les opérations militaires
06:19ont des populations qui sont très résilientes parce qu'elles ont l'habitude de ce type d'opérations.
06:24En revanche, d'autres qui ont plus de vacanciers, qui ne s'attendaient absolument pas à se retrouver dans ce
06:30cas,
06:30ont des populations qui sont beaucoup plus inquiètes.
06:32Et c'est tout à fait normal, je ne porte aucun jugement de valeur là-dessus.
06:35Mais pour revenir sur ce point, il faut vraiment insister sur l'importance pour les Français
06:42de suivre les consignes, qui sont des consignes pays par pays,
06:46qui sont des consignes qui évoluent parce que la situation évolue.
06:49Vous avez des espaces aériens qui ouvrent puis referment.
06:52Vous avez vu...
06:54Je vous interromps, il y a eu cette attitude effectivement hier,
06:56c'est-à-dire qu'il y a un vol qui pensait qu'il pouvait éventuellement rejoindre l'Arabie Saoudite
07:01et finalement...
07:02Non, Abu Dhabi.
07:03Abu Dhabi qui a dû faire demi-tour.
07:06On ne sait pas, c'est toute la difficulté j'imagine pour vous de planifier,
07:09de donner des dates et un échéancier pour ces Français qui attendent.
07:13Moi, je pense que les Français peuvent comprendre que nous sommes dans une situation
07:17où il faut faire preuve de flexibilité et s'adapter.
07:19Parce que notre objectif, c'est évidemment qu'il soit toujours en sécurité.
07:23Maintenant, j'aimerais aussi les rassurer.
07:25Ce n'est pas parce que ce vol a dû être dérouté,
07:28parce que les conditions de sécurité n'étaient pas réunies,
07:30qu'il n'y a pas d'autre vol.
07:31Au contraire, je peux déjà leur dire aussi
07:33que d'autres opérations de rapatriement sont en cours
07:37et d'autres encore sont à l'étude.
07:39Et donc, oui, nous avons déjà fait rentrer 4 avions
07:43avec des Français que nous rapatrions au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères,
07:48donc des avions militaires et des avions civils,
07:50des avions affrétés et des avions sur lesquels nous avions un bloc de place.
07:54Donc vraiment, toutes les options, les solutions sont possibles.
07:57Mais il y aura d'autres solutions, d'autres avions.
08:01Et d'ailleurs, les personnes qui étaient prévues dans le vol qui a été dérouté
08:04sont en train d'être appelées pour être mises sur d'autres avions.
08:07Donc nous continuons.
08:08Ce n'est pas parce qu'à ce moment-là, ce n'était pas possible d'atterrir
08:12et de repartir avec des Français
08:14que les opérations cessent, bien au contraire.
08:17Vous étiez à l'arrivée des premiers vols qui ont pu rejoindre la France.
08:20Que vous ont dit ces Français à la descente de l'avion ?
08:23Les Français étaient extrêmement soulagés d'être là.
08:26Moi, j'ai vu beaucoup de familles, beaucoup de personnes vulnérables.
08:30Il y avait aussi une colonie de vacances.
08:32Et effectivement, tout le monde était très content d'être de retour.
08:35Et comme toujours dans ces situations,
08:37ils pensent aussi aux autres vacanciers,
08:39aux autres personnes qu'ils connaissent qui n'ont pas encore pu rentrer.
08:42C'est pour ça que j'appelle chacun à faire preuve de patience,
08:45mais aussi de vigilance, de s'informer, d'être proactif.
08:49Parce qu'il y a aussi beaucoup de Français,
08:50et ça, on ne les voit pas forcément à la télé,
08:52mais beaucoup de Français qui réussissent à prendre des vols commerciaux.
08:56Je le rappelle.
08:57Le Sultanat d'Omane, pour l'instant, son espace aérien est ouvert.
09:01Je dis pour l'instant parce que tout peut évoluer,
09:03mais il n'y a pas non plus d'indication que ça doit fermer.
09:07Aux Émirats, les aéroports de Dubaï, pardon,
09:11ouvrent aussi par intermittence.
09:13Vous avez des vols qui reprennent.
09:14Du coup, c'est à la charge du passager,
09:16alors que s'il est rapatrié par la France,
09:19ce n'est pas à sa charge.
09:21Alors, il y a un coût de ces rapatriements.
09:23C'est important de le dire parce qu'effectivement,
09:25on se dit que c'est la course et les prix augmentent énormément.
09:27Tout le monde n'a pas le moyen de payer un billet,
09:29plusieurs milliers d'euros pour entrer en France.
09:31Bien sûr, il y a des solutions qui existent,
09:32et c'est pour ça que c'est toujours important.
09:34Je ne dis pas qu'il y aura systématiquement une solution
09:37dans l'immédiat à chacun des problèmes.
09:40On est en train de parler de dizaines de milliers de personnes
09:42qui se retrouvent coincées, chacun avec des situations particulières.
09:46Et d'ailleurs, même si vous n'avez pas une vulnérabilité particulière,
09:49moi, je comprends que vous puissiez juste être stressés, angoissés,
09:51sans avoir nécessairement une vulnérabilité objective.
09:54Pour autant, il y a des solutions.
09:57C'est pour ça que je vous dis, signalez-vous, contactez-nous.
09:59Nous apportons des solutions, y compris à des questions de cet ordre.
10:04En tout cas, nous donnons des informations qui sont utiles
10:06et permettent à nos concitoyens de rentrer.
10:08Une nouvelle phase militaire a débuté en Iran.
10:10L'incertitude est immense pour les Iraniens et les expatriés, évidemment.
10:14Que demande la France aujourd'hui ?
10:17Nous demandons une désescalade, un retour au dialogue.
10:21Un embrasement dans la région est absolument néfaste pour tous
10:24et a des conséquences sur des civils, sur des populations civiles.
10:27Et encore une fois, notre priorité, c'est de protéger nos ressortissants,
10:31où qu'ils soient à travers le monde,
10:32protéger nos intérêts, nos emprises, nos bases militaires,
10:36et puis permettre au commerce international de reprendre la liberté de circulation.
10:41Parce que, vous le savez, c'est une région extrêmement stratégique.
10:44Vous avez le détroit d'Hormuz où 20% des échanges en matière de pétrole et de gaz naturel se
10:50font.
10:50Donc nous sommes évidemment pour une désescalade de la situation
10:54qui permette de reprendre la liberté de circulation, le commerce,
10:58et surtout, surtout, parce que c'est notre priorité, de protéger nos ressortissants.
11:02En parlant de ressortissants, Cécile Collère et Jacques Paris sont toujours en sécurité à l'ambassade ?
11:08Absolument, et nous appelons, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères
11:11a fait un appel très solennel hier encore,
11:14à ce qu'ils puissent retourner en France rapidement,
11:18à ce qu'ils puissent nous rejoindre comme nos compatriotes qui sont évidemment en Iran.
11:24La situation est extrêmement difficile.
11:25Il faut que nous parlions du Liban.
11:27La France est en train d'apporter son aide à l'armée libanaise.
11:30On a entendu Emmanuel Macron s'exprimer hier.
11:33Il a annoncé l'envoi de blindés aux forces armées libanaises.
11:36Que cherche à éviter la France ?
11:39L'occupation, notamment par Israël, du sud du pays ?
11:42La France cherche à éviter l'escalade, une fois de plus l'embrasement,
11:46les conséquences sur les populations civiles.
11:49La France cherche à apporter un soutien immédiat, tout de suite,
11:53à des populations civiles qui sont éprouvées,
11:55en envoyant du matériel médical, en apportant une assistance d'urgence.
12:01Et puis la France cherche la stabilité.
12:04Nous sommes un partenaire fiable dans la région.
12:06Nous tenons nos engagements et nous sommes une puissance de dialogue.
12:10Et c'est la raison pour laquelle, dans les dernières 48 heures,
12:13le président de la République a échangé avec tous ses homologues,
12:16a appelé à la désescalade et se retrouve justement dans cette position d'équilibre
12:21pour que la situation s'apaise pour les populations civiles
12:26et puis pour notre communauté française qui est très importante au Liban
12:29et pour laquelle j'ai une pensée particulière aujourd'hui.
12:31Madame la ministre, Léonore Carrois, je vous remercie beaucoup d'être venue sur ce plateau.
12:35C'était très important, évidemment, pour tous les Français qui nous regardent
12:37dans les pays du Golfe, d'entendre ces mots
12:40et de savoir que la France, bien évidemment, est extrêmement mobilisée
12:45depuis Paris et puis sur place dans tous les pays concernés.
12:49Merci beaucoup.
12:50On revient.
Comments