00:00Manon, aujourd'hui encore une bonne nouvelle, vous nous parlez de l'émergence d'une nouvelle figure Incel.
00:04Sur les réseaux, il s'appelle Clavicular. Dans la vraie vie, Brandon Peters, il a 20 ans, un visage de
00:09petit mignon.
00:09Il fascine les médias américains en ce moment qui sont en boucle sur lui.
00:13Le New York Times vient de lui consacrer un long portrait intitulé « beau à n'importe quel prix »
00:18où il est interviewé tout au long d'une journée.
00:21GQ l'a aussi suivi en soirée à New York, elle le considère comme l'un des influenceurs les plus
00:25célèbres au monde.
00:25Et la plateforme américaine Hulu est même en train de tourner un documentaire sur lui actuellement.
00:30Alors vous allez me dire, mais qui est ce mec et pourquoi il fascine autant ?
00:34Vraie question, car il y a encore quelques mois, Clavicular n'était personne.
00:37Du moins, il n'était personne au-delà des sphères masculinistes auxquelles il appartient.
00:42Lui, son créneau, c'est le « looks maxing ».
00:44Je vous en avais déjà parlé, cette pratique est utilisée par des hommes pour s'améliorer physiquement
00:49histoire d'arriver à pécho des femmes qui ne veulent pas d'eux.
00:52Pour ça, ils se mettent des coups de marteau dans la mâchoire ou prennent des stéroïdes à foison.
00:57Le problème, c'est qu'en mettant en avant Clavicular, les médias mettent aussi en avant cette pratique horrible
01:02qui est de plus en plus utilisée chez la jeune génération.
01:04J'imagine que ça sert aussi de prévention.
01:06Alors oui, évidemment, les médias que j'ai cités ne valident pas du tout le concept de cette pratique.
01:11Mais donner une caisse de résonance à un gamin de 20 ans qui dit que les femmes sont bêtes,
01:15qui prend de la cristalmette et qui danse sur du Kanye West avec Nick Fuentes et Andrew Tate en soirée,
01:19c'est peut-être un peu too much.
01:21Et il est vrai qu'on assiste à une transformation dans la manière de traiter de la culture incel dans
01:27les médias.
01:27On parle quand même d'hommes misogynes, violents, extrémistes qui ont commencé à émerger il y a une dizaine d
01:32'années
01:32sur des forums que personne ne connaissait comme 4chan.
01:35Le problème, c'est qu'ils ont gagné en notoriété à cause des réseaux sociaux.
01:39Ça a leur a profité.
01:40Mais il y a encore peu de temps, on n'aurait pas imaginé voir le New York Times faire un
01:43portrait de Andrew Tate, par exemple.
01:45En parler pour dénoncer le fait qu'il soit condamné pour trafic sexuel, c'est une chose, c'est de
01:49l'information.
01:50Mais lui donner l'opportunité d'être interviewé dans un média aussi prestigieux, c'était impossible à imaginer.
01:56Quelque part, c'est une manière de valider leur notoriété.
01:58Exactement, et c'est tout ce que ces nouvelles figures cherchent.
02:01Elles veulent du buzz, elles veulent de la visibilité, que leurs idées envahissent les conversations et qu'elles ne soient
02:06plus une sous-culture.
02:07Au fur et à mesure, ces hommes ont réussi à se forger un chemin dans les sphères médiatiques.
02:12Ça a commencé par l'émergence de leurs podcasts sur les plateformes mainstream.
02:16Adin Ross, Andrew Tate, Logan Paul.
02:18Pour certains, ça a été leur solution miracle pour contrer leur bannissement des réseaux sociaux traditionnels.
02:23Mais ils ont surtout réussi à transformer leur niche en un véritable empire, quitte à ce qu'ils deviennent des
02:28idoles.
02:29Car GQ, qui va passer une soirée en boîte à New York avec Claviculard, c'est le rendre sympa.
02:35C'est minimiser le rôle qu'il a dans la montée du masculinisme aujourd'hui.
02:38C'est en faire une figure de pop culture qui n'a pourtant pas du tout mérité ce statut.
02:42C'est exactement ce qu'il cherche et ils ont aujourd'hui un boulevard qui leur est offert.
02:48Surtout, on ne devrait pas en parler parce qu'il a un nom ridicule, Claviculard.
02:50Oui, c'est pour la clavicule, vous avez bien compris.
02:54Merci Manon.
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