- il y a 21 heures
Adriana Karembeu, mannequin, animatrice et comédienne, elle publie "Je t’aime parce que je t’aime et voilà tout" (éd Leduc). Entretien à retrouver sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-jeudi-05-mars-2026-6059302
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00:00France Inter
00:03La Grande Matinale
00:07Sonia Devillers
00:09Adriana Carambeux, des jambes d'1m26, un sourire qui a pulvérisé les années 90.
00:15Depuis, elle a passé 30 ans de sa vie sous les projecteurs, défilés, shooting de mode et plateau télé,
00:22où elle fut tour à tour animatrice et invitée.
00:25Pourtant, Adriana Carambeux fut une petite fille, prête à tout pour disparaître.
00:31Alors, comment la cape d'invisibilité d'une enfant mal aimée s'est-elle transformée en super pouvoir de la
00:39séduction par l'image, donc par le regard ?
00:42C'est ce qui nous occupe ce matin.
00:44En attendant, Adriana Carambeux a aujourd'hui 54 ans, c'est ça ?
00:4854 ans.
00:50Elle est amoureuse et tellement heureuse d'être amoureuse qu'elle voudrait que nous soyons tous heureux et tous heureux
00:57d'être amoureux.
00:58Portrait numéro 101.
01:02Bonjour Adriana Carambeux.
01:04Bonjour, c'était très joli ce que vous avez dit sur moi.
01:06Et bien voilà, je t'aime parce que je t'aime.
01:08Et voilà tout.
01:10C'est le titre de ce petit livre qui paraît aux éditions Le Duc.
01:13La vie est une histoire d'amour.
01:15Vous menez une sorte d'enquête, vous allez interroger des cliniciens, des psychologues, des spécialistes du cerveau, des philosophes.
01:21Et surtout, surtout, vous mélangez votre propre histoire à d'autres témoignages.
01:27Sur ce que l'amour peut détruire en chacun de nous, ce qu'il peut guérir et ce qu'il
01:31peut réparer.
01:33Alors, on va remonter l'histoire, le fil de votre histoire à vous, Adriana.
01:38Vous êtes née de l'autre côté du rideau de fer, en Tchécoslovaquie, un pays qui n'existe plus, puisque
01:44c'était le titre de votre autobiographie.
01:46Votre mère est très jeune, si jeune, quand elle devient maman, qu'en réalité, elle n'a pas terminé ses
01:53études de médecine.
01:54Et que vous allez être placée chez vos grands-parents.
01:57C'est eux qui vont s'occuper de vous quand vous êtes petite.
01:59Et ce n'est pas un arrachement.
02:01En réalité, ce n'est pas ça, la première blessure d'amour de votre vie à vous.
02:06C'est même plutôt un beau souvenir.
02:07C'est grâce à ces souvenirs, je pense que j'existe, en fait.
02:12Parce que c'est cette forme de l'amour fondateur qui m'a donné des bonnes bases.
02:18Même si on peut dire qu'après, ce n'était pas tout beau pour moi.
02:24Heureusement que j'ai eu ça.
02:25L'amour de ses grands-parents.
02:26L'amour de mes grands-parents, quand on parle de l'amour fondateur, c'est l'amour qu'on ne
02:31choisit pas.
02:32On est nés dedans et c'est comme un décor d'une maison.
02:36On s'habitue.
02:37Mais heureusement que celui-là est venu en premier.
02:40C'est ça.
02:40Comme un socle, comme quelque chose de fondateur.
02:42Exact, parce que je pourrais me dire qu'est-ce que ça fait d'être aimé et d'aimer.
02:49Et puis, vous allez revenir chez vos parents et vous allez avoir une petite sœur.
02:56Et vous allez avoir un père qui, en réalité, ne sait pas vous aimer, ne sait pas vous donner de
03:03l'amour.
03:04Et en revanche, préfère sa deuxième fille.
03:07Et ça, c'est une douleur terrible quand on est enfant.
03:11Parce que quand on est enfant, on n'a pas d'âme.
03:15On ne sait pas se défendre déjà.
03:17Et on ne comprend pas.
03:19Je me souviens que j'étais dans ma chambre et la nuit, j'ai ruminé sur le fait qu'est
03:24-ce que j'aurais pu mal faire pour l'énerver à ce point.
03:30Pourtant, j'étais bonne à l'école.
03:32J'étais gentille.
03:33Vous me posez dans un coin.
03:34Vous me récupérez deux semaines plus tard.
03:36Je n'ai jamais sali mes vêtements.
03:38Et j'ai toujours cherché qu'est-ce qui n'allait pas.
03:42J'étais petite, j'avais six ans.
03:43Donc, c'est quelque chose que je n'arrivais pas à comprendre à l'époque.
03:49Et que ça m'a profondément blessée.
03:55Et vous vous faites oublier.
03:57C'est ça que vous racontez.
03:59Vous cherchez à devenir invisible.
04:03Parce que c'était la seule arme que je pouvais éventuellement développer.
04:09Et j'ai observé et je me suis tout simplement adaptée à cette situation.
04:14Car quand on est invisible, rien ne nous arrive finalement.
04:20Donc, c'était une espèce de couverture.
04:22C'est ça.
04:24J'ai lu que vous avez, peut-être à cet âge-là, c'est vous qui allez nous le dire,
04:30connu une période d'anorexie.
04:32C'est-à-dire, vous n'arriviez plus à manger.
04:35Est-ce que c'est à cet âge-là ?
04:36C'est à cette période-là ?
04:37Mais ce n'était pas vraiment une anorexie.
04:40J'avais vraiment du mal à avaler une nourriture.
04:45Ça n'a pas duré longtemps.
04:47Ma mère m'a amenée chez le médecin.
04:49Il a regardé.
04:50Ce n'est pas une obstruction, quelque chose d'étrange.
04:52Et il a dit, ne vous inquiétez pas, aucun enfant meurt parce qu'il a faim.
04:59Je pense que c'est faux.
05:01Mais c'était un blocage psychologique.
05:04Car à ce moment-là, j'étais enlevée de mes grands-parents.
05:07Et d'un coup, je me retrouve dans une nouvelle maison avec des nouveaux parents.
05:11D'un coup, du jour au lendemain.
05:14Et ça, je n'arrivais pas à gérer.
05:16Et vous le racontez dans ce livre, les étapes douloureuses de cette enfance.
05:24Vous racontez que votre père vous a dit, très très jeune, tu devrais travailler et payer un loyer.
05:29Ce qui signifie que vous êtes une charge pour lui.
05:31Oui, c'est ça.
05:32J'étais un obstacle.
05:34J'étais quelque chose à la maison qu'on ne souhaitait pas.
05:37Qui n'était pas là pour aimer.
05:41Mais en même temps, j'ai senti cette contradiction.
05:44Car mes grands-parents m'ont adoré.
05:47Moi, pareil.
05:48Et j'avais du mal à comprendre.
05:51Et plus tard, avec ma soeur, je vois que mon père est capable d'aimer quelqu'un.
05:56Et pas vous.
05:57Mais ce n'était pas moi.
05:58Oui.
05:59C'est dur pour un enfant.
06:00C'est très dur.
06:01C'est quand on vit un refus à l'âge adulte.
06:05Ok, soit.
06:05Oui.
06:06On ne peut pas plaire.
06:07Il ne m'aime pas.
06:08Ce n'est pas grave.
06:09Et quand vous dites que vous étiez bonne élève, vous étiez excellente élève.
06:13Oui.
06:14Franchement, difficilement, je pourrais faire mieux.
06:18Pour lui plaire.
06:19Pour le satisfaire.
06:20Pour qu'enfin, il puisse me dire.
06:23Ma fille, je suis fière de toi.
06:25Tu as bien fait.
06:26Ou, viens, je te fais un câlin.
06:28Un truc.
06:28Oui.
06:29C'est ça.
06:30C'est-à-dire.
06:30Et alors, vous choisissez médecine.
06:33Est-ce que je ne savais pas du tout, moi, que vous étiez une ancienne étudiante en médecine ?
06:37Moi, je me souviens, quand vous présentiez sur France 2 avec Michel Cymes,
06:40les pouvoirs extraordinaires du corps humain et tout ça.
06:42Lui, il est médecin.
06:43Je ne savais pas du tout que vous étiez une ancienne étudiante en médecine.
06:46Oui, moi, je fais trois ans de médecine et j'ai été choisie pour cette émission grâce à ça.
06:52Oui, c'est ça.
06:53C'était vos souvenirs d'anatomie.
06:54Le cours d'anatomie.
06:56Très bon souvenir.
06:57À Prague.
06:58Ah non, mais j'étais vraiment bon élève.
06:59Ah oui, à Prague.
07:00Et du coup, pour cette émission, c'était génial car je comprenais tout.
07:06Et à chaque fois qu'on a tourné, c'était une prise avec des spécialistes vraiment pointus de la médecine
07:12et de la science.
07:13Donc, franchement, ça tombait bien que j'avais cette formation.
07:17Mais la médecine, c'est votre maman.
07:20Oui, ma mère était médecin.
07:21Qui était médecin.
07:22Et donc, si vous choisissez médecine, c'est que vraiment, vous choisissez votre mère face à votre père.
07:28Vous choisissez sa voix à elle.
07:30Vous choisissez son métier à elle.
07:32Exactement.
07:33J'ai idolâtré ma mère.
07:36Elle était toujours tellement belle, tellement gentille, tellement humaine, tellement empathique, douée.
07:47Et puis, j'ai baigné dans ses livres.
07:49J'ai traîné dans ses jupes tout le temps.
07:51Vous avez baigné dans ses livres.
07:52Il y a une petite histoire sur les livres de médecine, sur les manuels de médecine de votre mère en
07:57Tchécoslovaquie, dans lequel vous aviez retrouvé des petits mots d'un amoureux.
08:02C'est ça ?
08:02Et c'est vraiment mon premier contact avec cette tendresse, avec cette expérience amoureuse, parce que j'étais encore vraiment
08:11enfant.
08:12Et je lis ça sur les marges de livres d'anatomie ou physiologie, j'en sais rien.
08:18C'est de votre mère.
08:19Et c'est de ma mère.
08:20Et c'était écrit dans la langue tchèque, mais un peu maladroitement, parce que la personne était étrangère.
08:27Et je trouvais ça hyper mignon.
08:29Et j'ai adoré.
08:31Il écrivait des petites jolies phrases, presque poèmes, trop mignons.
08:36Et je tombe sur ce truc.
08:39C'était très joli.
08:40C'était très joli.
08:41Vous vous souvenez de cette campagne Van der Bra?
08:44Van der Bra pure, without patting.
09:00C'est vous en train d'enlever un soutien-gorge.
09:02Donc, vous avez été repérée très jeune et en fait, vous avez quitté la Tchécoslovaquie très jeune.
09:08Très jeune, pas si jeune que ça, parce que j'étais dans la troisième année de la médecine.
09:12J'étais découverte dans la rue et j'avais déjà 20 ans.
09:15Donc, ce n'est pas si jeune.
09:16Ce n'est pas si jeune pour une carrière de mannequin.
09:17Oui, c'est vrai.
09:18C'est vrai qu'il y a des filles qui sont découvertes à 13, 14 ans.
09:2116 ans.
09:21Oui, c'est vrai.
09:22Oui, c'est vrai.
09:22Donc, je me dis Dieu merci parce que je pense que c'était un bon âge.
09:29Trop tôt, ce n'est pas bien non plus.
09:30Je ne sais pas comment j'allais gérer.
09:31J'avais quand même une certaine maturité, une éducation, des valeurs, un petit vécu pour prendre mes propres décisions.
09:42Est-ce que c'est facile la première fois qu'il faut montrer son corps, qu'il faut laisser des
09:50inconnus vous regarder, vous examiner, vous peser, vous mesurer ?
09:55Est-ce que c'est une évidence quand on a été une petite fille qui voulait se faire oublier, qui
10:01voulait disparaître ?
10:02C'est assez rigolo parce que c'est vrai, j'étais en plus maladivement timide, effacée et que je ne
10:12me suis jamais trouvée jolie.
10:15Et là, d'un coup, comme vous dites, on se redresse.
10:21Je me souviens, je me suis redressée et j'ai adoré mes chaque seconde parce que j'ai entendu.
10:27Tu es jolie, tes cheveux sont beaux, tu marches joliment et tous ces compliments, je n'ai jamais entendu.
10:34Ça m'a fait du bien.
10:36J'ai évidemment compris que c'est des compliments superficiels, mais ça m'a fait ma thérapie.
10:44C'est incroyable.
10:46Je me suis nourrie de ça.
10:49Nourrie de ça ?
10:50Nourrie de ça.
10:51Là, on vous entend à la télé.
10:53Et maintenant, voici Adriana Carambeu.
11:06Waouh, waouh, waouh, waouh !
11:13Vous connaissez Adriana, Eddy ?
11:15Non, mais je suis ravi.
11:16Ah oui, ça je comprends, oui.
11:18Ça va Adriana ?
11:19Voilà, ça va Adriana, oui, ça va très bien.
11:22Vous êtes absolument radieuse, vous avez des boucles blondes qui descendent jusque...
11:27Au milieu du dos, là vous êtes face à moi avec les cheveux très courts, c'est tout nouveau ?
11:30C'est tout nouveau, c'était ma signature, les cheveux, la crinière, c'était longtemps ma signature, oui.
11:36Ah, et donc qu'est-ce qui s'est passé là, à 54 ans ?
11:39Terminer la signature, qu'est-ce qui se passe ?
11:41Non, parce qu'il est vrai que pendant le manéquinat, ça faisait partie de mon potentiel commercial, les cheveux.
11:49J'ai entendu dire que la crinière représente à peu près 20% de look total.
11:55Mais là, j'ai 54 ans, je pense que je mérite cette petite liberté de choisir la coupe qui me
12:07plaît.
12:08Et vraiment, c'est venu juste comme ça, sans aucune préméditation, mais je kiffe beaucoup.
12:12Très bien, vous avez raison de kiffer parce que vous êtes magnifique.
12:15Vous avez défilé pour les plus grands, à commencer par Thierry Mugler.
12:18Il y a des images qui ont fait le tour du monde.
12:20Il y a eu évidemment cette campagne pour les soutiens-gorge push-up Wonderbra.
12:24Sur l'affiche, le slogan, c'était « I can't cook, walkers ».
12:29Je ne sais pas cuisiner, qui s'en soucie ?
12:31Ce qui était quand même d'un sexisme à l'époque, mais dingue !
12:34Mais moi, je pense que non, justement.
12:36Moi, j'ai signé cette campagne parce que c'était pour une première fois une femme qui parle de ses
12:42atouts,
12:43ça veut dire sa poitrine, sans aucune gêne.
12:45Bien évidemment qu'une poitrine, c'est sexy.
12:48La poitrine, elle est faible pour nourrir son enfant, mais c'est aussi un atout sensuel.
12:53Je ne vois pas pour quelles raisons on devrait se cacher.
12:55C'est vrai, mais est-ce qu'on était obligé de dire « je ne sais pas cuisiner » ?
12:59Mais parce qu'il y a l'humour dedans.
13:00Oui, c'est vrai.
13:01Voilà.
13:02J'ai vraiment kiffé ce pub, justement, par rapport à ça.
13:07Quel était deuxième degré ?
13:09Alors, je reviens à cette histoire d'amour, de mauvais amour, de bon amour.
13:16Enfin, tout ce que vous tricotez dans ce livre et toute cette réflexion que vous menez,
13:21est-ce que là, il n'y a pas un piège immense ?
13:23Quand on se met à rencontrer un succès aussi foudroyant, une notoriété mondiale,
13:32est-ce que quand on a été mal aimé, pas aimé par son propre père,
13:37est-ce qu'on se trompe sur ce que c'est que de recevoir de l'amour ?
13:41Et quand on reçoit de l'argent, quand on reçoit des applaudissements,
13:44quand on a des assistants partout qui exécutent votre moindre désir,
13:47quand les gens qui sont attirés par le succès se mettent à vous tourner autour comme des papillons,
13:52est-ce qu'on prend ça pour l'amour quand ça n'en est pas ?
13:54Je ne me suis jamais trompée sur ça, je pense.
13:57Parce qu'à travers de mes expériences négatives et positives amoureuses,
14:04Je ne vous parle pas d'amour avec les hommes.
14:06Je vous parle de prendre le succès, l'argent, le tourbillon qui va avec pour de l'amour.
14:14Non, mais il ne faut pas prendre la grosse tête.
14:19Un jour, je rentre chez ma mère, mais il y a longtemps, il y a 20 ans,
14:23et j'étais un peu comme bouddhite, un peu trop contente, un peu trop sûre de moi, j'imagine.
14:30Et ma mère m'a tout de suite dit, ma chérie, tu peux redescendre sur Terre ?
14:34Et là, j'ai eu tellement la honte que je me suis dit, ok, elle n'a raison, plus jamais.
14:39Franchement, je n'ai pas la grosse tête, c'est sûr.
14:42Avec les hommes, en revanche, vous vous êtes trompée.
14:44Et vous le racontez avec beaucoup de sincérité.
14:46Et encore, tromper, c'est un grand mot.
14:48Je pense qu'à chaque moment de notre vie, il nous faut un amour qui est différent.
14:56Par exemple, c'est là que j'ai pris à 20 ans ou à 30 ans.
15:00Aujourd'hui, il ne me conviendrait pas.
15:01Mais à ce moment-là, c'était peut-être nécessaire.
15:04Parce que vous racontez une histoire que vous avez traversée.
15:07En disant, toute ma jeunesse, j'ai pensé que chercher un homme, c'était chercher un homme fort.
15:13C'était chercher quelqu'un qui avait de la puissance, qui avait de la force.
15:17Et je ne me suis pas rendue compte que j'ai été me glisser dans une histoire
15:20où la force est devenue de l'emprise, du contrôle.
15:23Exactement.
15:24Mais à l'époque, c'est ce que vous vouliez.
15:26C'est ce que je voulais.
15:27Et pendant longtemps, je voulais, pendant longtemps, je cherchais des hommes qui sont très forts,
15:31très forts caractères.
15:31Qui vous dominent.
15:32Un peu macho, très dominateurs.
15:34Car c'était, il faut le dire, beaucoup plus facile pour moi.
15:38J'étais quelqu'un encore très timide.
15:40Mais ce n'est pas sûr de moi, surtout.
15:42Et que quelqu'un prend le relais, qui fait tout pour vous.
15:45Et au début, évidemment, par amour.
15:47Et au début, c'était vraiment sincère.
15:49Et bon.
15:50Et beau.
15:51J'ai adoré.
15:53Attention.
15:54C'est juste de se rendre compte, quand est-ce que ça vire.
15:58Quand est-ce que ça vrille.
15:59Quand est-ce que ça devient une persécution.
16:01Et quand est-ce qu'on commence de se perdre dans cette relation.
16:03Quand est-ce qu'on n'existe plus.
16:05Quand est-ce qu'on décide vraiment pour toute votre vie.
16:08Et c'est là où c'est là que je n'ai pas capteur en bon moment.
16:14C'est ça.
16:15J'ai beaucoup appris.
16:16Mais il y a quelqu'un que vous nommez pas dans ce livre.
16:22Vraiment ?
16:39On dit son nom, on ne dit pas son nom.
16:41Qu'est-ce qu'on fait, Adriana Carambeu ?
16:45Mais moi non plus, je ne sais pas trop finalement.
16:47C'est vous qui choisissez, c'est votre vie.
16:49En fait, dans ce livre, je décris cet amour qui m'arrive, évidemment.
16:53Parce qu'elle est magnifique.
16:56Je le décris.
16:57On n'a pas besoin de savoir et de coller le nom ou le prénom sur cet amour.
17:02Mais ce que je vis est important.
17:04Et c'est pour ça que je le décris.
17:05Parce que c'est un amour qui apaise, qui me rend là où j'ai toujours rêvé d'être.
17:12Ça veut dire d'être en paix.
17:15Et c'est le plus beau.
17:17Donc c'est quand même très formidable d'avoir passé la barre des 50 ans, non ?
17:21Je pense, mais après, je n'ai vraiment rien.
17:23J'ai entendu les femmes après 50 ans de parler de ces sujets quand j'étais plus jeune.
17:29Et je me suis dit, ah, si elle mente, on nous l'a fait à l'envers.
17:36C'est ça, parce que je pense qu'avec la maturité, on a toujours notre beauté, je trouve.
17:43Il y a surtout vous.
17:44Non, mais il y a cette maturité, il y a ce vécu, il y a cette paix intérieure.
17:49Et surtout, je pense qu'on gagne en confiance en soi.
17:54Et je parle beaucoup dans ce livre aussi, en amour de soi.
17:59Parce que si on n'a pas cela, j'espère que ça ne sent pas trop comme un cliché,
18:03parce qu'on le dit souvent, mais c'est vraiment.
18:05C'est vraiment ça.
18:06Il faut commencer par soi-même, sinon l'amour dans lequel on rentre
18:09ne va jamais être aussi vrai et aussi sincère.
18:13Mais ce garçon qu'on vient d'entendre chanter, dont on ne dit pas le nom,
18:17il y a quand même...
18:17Mais dites le nom, ça va !
18:19Il s'appelle Marc Lavoine.
18:22Il y a 20 ans, vous l'aviez repéré, dans un événement caritatif, sur un plateau télé.
18:26Je pense que c'était 27 ans.
18:28Il y a 27 ans ?
18:29Oui.
18:29Et il y a 27 ans, il y avait quand même en une micro-fraction de seconde,
18:33quelque chose qui vous avait traversé l'esprit en se disant
18:35« Ce mec-là, il est pour moi ».
18:37Oui, ce mec-là, il est pour moi.
18:38Je me suis dit ça, mais vite fait.
18:40Et puis, je me suis dit « Non, il faut arrêter. »
18:43Mais ça ne m'a jamais quittée, en fait.
18:46Mais tellement platonique, tellement je n'aurais jamais imaginé rien, mais rien du tout.
18:51Il y a 27 ans.
18:52Il y a 27 ans.
18:53C'est quand même comment ?
18:54Je suis très patiente.
18:56C'est absolument incroyable.
18:58Et puis ensuite, vous vous retrouvez dans un talk show, une espèce d'émission du samedi soir.
19:03Et d'ailleurs, vous avez une phrase assez marrante, assez intéressante dans le livre.
19:08Vous dites « C'est le genre de talk show, le genre de plateau télé où si on n'est
19:11pas soi-même, on est mort ».
19:13Oui, c'est ça, parce que c'est une émission où on raconte vraiment, c'est un peu ça, on
19:19se livre.
19:21Et moi, je n'ai jamais pratiqué ça, mais il faut être sincère si on veut passer un message
19:27ou si on veut que les gens nous captent un peu mieux.
19:32Et donc, c'était tout sincère, cette interview.
19:37Donc, voilà, je l'ai dit.
19:39Et là, vous l'avez balancé.
19:41Là, vous l'avez balancé.
19:42Je l'ai balancé, parce que c'était...
19:45Franchement, c'est ce que je dis, je n'en reviens pas, toujours.
19:49Comment est-ce possible ?
19:50C'est que ça tient à ça.
19:52Imaginez si je n'aurais pas fait, ce serait encore...
19:55Non, mais là, il y a quelque chose d'extrêmement sincère et authentique qui est sorti.
19:59C'est voilà, Marc Lavoine, j'adore ce mec.
20:01Non, je n'ai pas dit ça.
20:02Non, vous n'avez pas dit ça, vous avez dit quoi ?
20:04Je l'ai dit « Je suis amoureuse de ce mec ».
20:05Ah, carrément !
20:06Ah non, mais c'est pire.
20:10C'est la totale.
20:11C'est la totale.
20:12Je t'aime parce que je t'aime et voilà tout.
20:14C'est donc ce livre qui paraît aux éditions Le Duc.
20:17Et c'est donc une collection d'histoires dont la vôtre, Adriana Carambe.
20:21Vous êtes accompagnée par des cliniciens, par des thérapeutes, par des philosophes.
20:25Il y a des grands noms qui vous accompagnent dans ce parcours.
20:29L'aigle noir, Christophe André, et puis aussi témoignage de d'autres personnes.
20:34Absolument.
20:34Parce que c'est bien d'entendre aussi d'autres personnes s'exprimer par rapport à l'amour
20:39et de se retrouver dans cette histoire qui sont différentes et se dire parfois « Ouf, je ne suis pas
20:45seule ».
20:47Merci Adriana Carambe.
20:48Merci.
20:49Vous n'êtes pas seule.
20:50Je ne suis pas seule.
20:51Merci d'être venue sur France 1.
20:52Merci beaucoup.
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