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  • il y a 12 heures
Il ne savait pas que sa voix pouvait devenir un jour une voix artificielle. Pendant des années, Khalil Traoré fumait sans imaginer un seul instant que ce geste, en apparence anodin, et imitatif au départ, finirait un jour par lui coûter la voix. Aujourd’hui, il s’exprime à l’aide d’un laryngophone car atteint d’un cancer de la gorge. Cependant, plutôt que de s’apitoyer sur son sort, il a transformé son épreuve en combat. En effet, il sensibilise les jeunes aux dangers de la cigarette à travers ses réseaux sociaux et rêve désormais d’un monde sans tabac qu’il estime possible avec l’engagement de tous. Dans cet entretien qu’il a accordé à Lefaso.net ce lundi 16 février 2026, le sexagénaire raconte son histoire, ses regrets mais aussi le désir qui l’anime désormais dans cette lutte contre le tabac.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Il ne savait pas que sa voix pouvait devenir un jour une voix artificielle.
00:04Pendant 32 ans, Khalil Traoré fumait sans imaginer un seul instant que ce geste un peu anodin et imitatif au
00:12départ finirait un jour par lui coûter la voix.
00:15Aujourd'hui, il est atteint du cancer de la gorge. Il s'agit d'une pathologie qui consiste à l
00:21'ablation de ses cordes vocales.
00:22Pour se faire entendre, le sexagénaire utilise un laryngophone, un appareil placé contre la gorge qui récréent artificiellement une voix.
00:31Pour ce qui est de la cigarette, je commençais autour des années 72 au lycée par imitation.
00:45Puis, je suis revenu, je peux dire l'addiction, au bout de 4 ans, 5 ans, je me suis rendu
00:54compte que l'extrême est difficile pour moi d'arrêter de fumer.
01:00Et là, ça n'était plus pour faire le malin. C'était car il m'a devenu une drogue légale,
01:07mais à laquelle j'étais déjà accoutumé.
01:11Et ça, chaque jour, je traînais l'engagement ferme, d'arrêter à une date quelqu'un, 30 décembre ou bien
01:22le jour de mon anniversaire.
01:23Et c'était chez Ruport, et le Ruport n'en va finir pendant 32 ans.
01:29Entre traitements, rééducation et apprentissage du laryngophone, le chemin a été long.
01:35Mais à la maison, l'accueil et la bienveillance de ses proches ont facilité son retour à la vie quotidienne.
01:41L'appareil que j'ai là, lui, je ne savais même pas qu'il existait.
01:46Donc pour moi, j'avais commencé après mon séjour hospitalier à utiliser une armoise.
01:54Quand je rentrais dans le bus, dans le métro, j'écris où je vais, je montre l'offre.
01:59Ils avaient l'habitude, on dirait, de voir des passagers comme moi, quand on me disait, tac, tac, tac.
02:05Quand on m'a dit de faire une rééducation de la voix, il fallait aller à l'hôpital pour rencontrer
02:11des orthophonistes.
02:13Donc quand je partais, il y avait des séances de laryngédomisées avec l'orthophoniste qui nous apprenait comment on inspirait,
02:25on expirait.
02:26Bon, toute cette kinéthérapie éthique et tout, là, on a essayé de le respecter.
02:31Puisqu'à ce point, il nous annonce qu'il y a un match qui va nous approcher aussi.
02:37Bon, vous allez voir.
02:39Ce jour-là, il est venu, il nous a trouvé, il s'est mis à table.
02:43C'est quelqu'un qui avait été aussi laryngédomisé comme nous, mais qui ne s'est servi avec qui il
02:50utilisait la voix ésofagienne.
02:52Donc, s'il ne t'avait pas parlé, on n'allait même pas savoir.
02:56Et même quand il a parlé, on dit, bon, on peut recouvrir cette voix-là.
03:01Et puis, tant mieux, alors, on va aller pour l'orthophonie que nous sommes en train de faire.
03:07Mais, il nous a sorti des articles de ce genre-là.
03:10Il dit que lui, il était matcheur aussi, il était certes un produit de substitution.
03:16Alors, voici, on ne la recouvre pas.
03:18Et que ça, ça s'appelle un laryngophone.
03:21C'est un électro-larynx.
03:23Et il nous a expliqué un peu le fonctionnement.
03:26Bon, bon, moi, j'étais prêt à rentrer.
03:29Et qui n'était là-bas que pour les besoins de l'orthophonie.
03:33Je dis, moi, pourquoi il va falloir y aller là ?
03:36Car c'est ça.
03:36Moi, je veux cette machine-là, je vais rentrer avec ça.
03:39Je ne peux plus attendre ici.
03:42Il n'y a pas femme, ma fille, mes enfants, le boulot.
03:44Tout est perturbé maintenant.
03:46Il faut que je rentre.
03:47Donc, c'est comme ça que je suis rentré avec cet appareil-là, qui ne réussit d'ailleurs pas à
03:52tout le monde.
03:53Et attention, j'ai essayé.
03:55Ça n'a pas marché.
03:56Moi, j'ai eu beaucoup de chance.
04:00Beaucoup de chance.
04:02D'abord, de pouvoir partir éventuellement, d'avoir été logé par mon meilleur ami d'enfance.
04:10Et de repartir 5 à 8 fois.
04:13Donc, si vous comptez, donc, il se fallait le retour en Giron.
04:18Et vraiment, ça, c'est onéreux.
04:23Et il ne faut pas rentrer dedans, parce que, comme je l'ai dit, c'est une chance sur 100
04:29000.
04:30Et donc, arrêtez pas, mais il est encore temps.
04:34Parce que ça ne pardonne pas.
04:37Tu te fumer, il y a un qui ameurait.
04:41Les statistiques l'ont prouvé.
04:42Plutôt que de s'abitoyer sur son sort, il a transformé son épreuve en combat.
04:48En effet, il sensibilise les jeunes sur les dangers de la cigarette à travers ses réseaux sociaux
04:53et rêve désormais d'un monde sans tabac qu'il estime possible avec l'engagement de tous.
04:58Sous-titrage Société Radio-Canada

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