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Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères et de l'Europe, était l'invité d'Apolline de Malherbe dans le Face à face sur BFMTV et RMC ce mardi 3 mars 2026. Il s’est exprimé sur la guerre au Moyen-Orient.
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00:00Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Noël Barraud.
00:05Bonjour.
00:05Vous êtes le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.
00:08Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin.
00:10Elles sont évidemment très nombreuses.
00:13Des questions d'abord sur la situation de nos ressortissants dans la région,
00:17leur éventuel rapatriement.
00:18Des questions sur l'évolution de notre doctrine de dissuasion nucléaire et ses conséquences.
00:23Et des questions aussi sur nos alliances.
00:25Un mot que vous avez prononcé hier, prête. La France se tient prête.
00:31Par le jeu des alliances, nos alliés étant pour certains touchés,
00:36sommes-nous de facto impliqués dans cette guerre ?
00:39Non, pas de facto. Mais chacun le voit.
00:43Cette guerre qui a été initiée par les frappes d'Israël et des Etats-Unis
00:47et auxquelles l'Iran a répondu de manière totalement inconsidérée et indiscriminée
00:52entraîne dans le conflit un certain nombre de pays de la région
00:55avec lesquelles nous avons des relations, des accords de défense
00:59et dans lesquelles nous avons des intérêts, y compris des bases militaires.
01:04Et donc, ce que j'ai dit hier et ce que le président de la République a rappelé,
01:09c'est que la France se tient prête à défendre ses partenaires à leur demande
01:13de manière proportionnée et évidemment conformément au principe de légitime défense collective
01:19qui est un principe du droit international.
01:21Ça veut dire qu'à tout moment, s'il nous le demande, nous interviendrons ?
01:26Ça veut dire en tout cas que nous avons le droit d'intervenir et que nous nous tenons prêts à
01:30le faire.
01:31Évidemment, c'est au président de la République de prendre la décision.
01:33On va prendre le temps justement d'essayer de comprendre ce que ça veut dire.
01:36Quand vous parlez de ces alliances, nous avons donc des alliances, nous la France,
01:40avec plusieurs Etats de la région, les Émirats Arabes Unis, le Qatar, le Koweït,
01:44qui ont été visés ces 48 dernières heures.
01:47Alors, vous les avez eus au téléphone, est-ce que des demandes ont été faites
01:50ou est-ce qu'à ce stade, ils ne nous ont pas demandé de les aider ?
01:53Ce sont des échanges qui sont en cours à propos du renforcement de leur défense
02:00par le biais de mises à disposition d'équipements.
02:03Lorsque les décisions auront été prises, elles seront communiquées.
02:06Mais effectivement, par les canaux diplomatiques, des échanges sont très fréquents à tous les niveaux,
02:11mais également par les canaux militaires.
02:13Je le redis, il faut bien voir que dans ce conflit, il y a bien sûr les Etats-Unis et
02:18Israël d'un côté,
02:19l'Iran de l'autre, mais nous avons beaucoup de pays tout autour,
02:22on parlait du Liban à l'instant, qui se retrouvent, malgré eux,
02:26entraînés dans une guerre qu'ils n'ont pas choisie.
02:28Et notre responsabilité de partenaires de confiance, de pays concernés,
02:33puisque nous avons 400 000 ressortissants dans la douzaine de pays qui sont concernés,
02:36On va prendre le temps évidemment de comprendre quel est leur sort.
02:38L'un, c'est de ne pas nous mettre la tête dans le sable,
02:41et c'est d'apporter des réponses de protection pour ces pays et pour nos intérêts sur place.
02:47En aucun cas offensif, mais pardon, je voudrais vraiment que l'on soit très précis,
02:50effectivement, puisque vous laissez entendre au fond que si les décisions,
02:54quand les décisions seront prises, elles seront communiquées.
02:57Ça veut dire qu'au moment où on se parle, potentiellement l'un de ces pays avec qui nous sommes
03:01alliés
03:01est en train de nous dire, voilà, moi j'ai besoin que vous vous teniez prêts,
03:04vous nous avez toujours dit que vous nous défendriez,
03:06nous ne nous déroberons pas, s'ils nous le demandent.
03:09On ne se dérobera pas.
03:11Vous avez bien vu, comme moi, qu'un hangar d'une base française aux Émirats Arabes Unis
03:17a été touché par un drone.
03:20Nous sommes là dans un pays avec lequel nous avons des accords de très longue date
03:25et dans une situation pareille, vous imaginez bien que les échanges se multiplient
03:29pour savoir comment à la fois le pays peut se défendre contre de futures attaques
03:35et comment la France peut protéger ses intérêts dans ce pays-là.
03:38Vous évoquez effectivement notre base à Abu Dhabi,
03:41cette très grande base navale en dehors du territoire français.
03:44Elle a été en effet touchée.
03:45Est-ce que ça veut dire que sur cette base-là, c'est la France qui est visée
03:50ou c'est le territoire plus largement ?
03:52On ne peut pas être aussi catégorique, vous savez.
03:54Est-ce que le drone a ciblé la France ?
03:58Vous voyez, ce sont des dégâts extrêmement limités et uniquement matériels.
04:03On ne peut pas avoir la certitude que la France était explicitement ciblée.
04:08Donc, vous voyez, on réagit en prenant le temps de l'analyse.
04:12La situation est suffisamment grave pour ne pas s'emballer.
04:16Mais c'est évidemment l'objet d'un certain nombre de conversations
04:18que nous avons avec nos partenaires sur place.
04:20Est-ce que vous pouvez nous confirmer que des rafales français basées à Abu Dhabi
04:23sont intervenues au cours du week-end pour neutraliser des drones ?
04:27Nous avons, aux Émirats, puisque nous avons cette base navale et cette base aérienne,
04:31où nous d'ailleurs nous nous sommes rendus avec le président de la République,
04:34la ministre des Armées, au mois de décembre, pour soutenir nos troupes.
04:36Vous y étiez pour passer effectivement la fin de l'année avec nos troupes sur place.
04:40Ces rafales et leurs pilotes sont mobilisés pour assurer la sécurité de notre emprise.
04:48Vous n'infirmez pas le fait qu'ils soient intervenus ce week-end ?
04:52Ils ont conduit leurs opérations de sécurisation du ciel au-dessus de nos bases.
04:57Le Charles de Gaulle est-il en route ?
04:59Le Charles de Gaulle est en Suède.
05:01J'y étais moi-même la semaine dernière dans le cadre de ses missions otaniennes.
05:06Il y est encore ?
05:07Écoutez, moi j'y étais vendredi dernier.
05:08Il y était, je vous le confirme.
05:09Donc vendredi il y était, mais vous ne voulez pas nous dire si aujourd'hui il y est encore ?
05:13À ma connaissance, il est dans le nord de l'Europe.
05:16Dans le nord de l'Europe, mais peut-être en train de sortir de la mer Baltique ?
05:19Pas à ma connaissance.
05:20Il y a des frégates multimissions qui sont en exercice autour de Toulon.
05:25Est-ce qu'elles pourraient elles aussi se rendre sur place, potentiellement ?
05:28Rien n'est exclu.
05:30Je comprends votre prudence, mes questions sont très précises,
05:33mais je comprends effectivement que de votre côté il soit difficile de me donner ces informations.
05:37Mais je pense que c'est important que les Français comprennent.
05:39Quand vous dites la France est prête, jusqu'où ?
05:41La France est prête à se protéger, protéger ses ressortissants, protéger ses intérêts dans la région et ses partenaires.
05:50Elle dispose de moyens dont certains sont déjà disposés parce qu'avant la guerre, il y avait des exercices ou
05:57des opérations dans la zone.
05:58D'autres sont à la disposition du chef de l'État pour, si le juge opportun, apporter ce niveau de
06:07réassurance,
06:08soit pour nous-mêmes et dans le cadre d'éventuelles opérations de protection,
06:13soit pour nos partenaires parce qu'une présence, une simple présence, que ce soit en Mer Rouge ou en Méditerranée,
06:19a un effet dissuasif.
06:21Une question maintenant sur nos ressortissants, avec deux volets.
06:24L'un qui est la question de la menace qui pèse sur eux en restant sur place dans une zone
06:28qui peut être touchée.
06:30Et l'autre, c'est la question aussi de leur éventuel retour, voire rapatriement.
06:34D'abord sur le danger imminent ou non.
06:36A l'aube, l'ambassade des États-Unis en Arabie Saoudite à Riyad a été touchée par des drones iraniens.
06:41L'ambassade des États-Unis au Koweït l'aurait été un peu plus tôt dans la nuit.
06:44Est-ce que vous avez un message à faire passer ou avez-vous fait passer un message au personnel, notamment
06:49des ambassades françaises sur place ?
06:51Est-ce que vous estimez qu'ils pourraient être aussi visés comme le sont les Américains ?
06:54La situation, pour des raisons évidentes, est différente.
06:59Une ambassade américaine n'est pas exposée comme l'est aujourd'hui une ambassade française.
07:04Ceci étant dit, vous avez raison de le rappeler, ça me permet de saluer le courage, l'engagement et le
07:09professionnalisme des agents de nos ambassades dans la région.
07:12Nous sommes très vigilants à ce que l'évolution de la situation ne les place pas en situation de danger
07:19précisément.
07:20Ensuite, vis-à-vis de nos ressortissants, les conseils sont très clairs.
07:25La plus grande prudence, le respect strict des consignes qui sont données par les autorités locales.
07:31Et puis ensuite, en fonction de la situation des pays, des voies de sortie aériennes ou terrestres,
07:37et bien de les emprunter en suivant constamment les consignes de sécurité qui sont données sur le site et actualisées
07:46régulièrement, je l'ai vérifié ce matin, sur le site diplomatie.gouv.fr.
07:49Jean-Noël Barraud, combien de Français sont précisément sur place ?
07:52Ont-ils tous été à peu près localisés ? Et allez-vous les rapatrier pour certains ?
07:57On a 400 000 ressortissants français dans la douzaine des pays qui sont aujourd'hui concernés par la situation.
08:06Pour l'essentiel, ce sont des Français qui résident dans la région, y compris des binationaux.
08:12Pour d'autres, ce sont des Français de passage.
08:14Ces Français de passage, nous les invitons pour pouvoir les recenser, pour pouvoir savoir où ils sont,
08:19à s'inscrire sur le filarian, sur le site du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.
08:24À ce stade, c'est plus de 25 000 personnes que nous identifions comme Français de passage s'étant inscrits.
08:31Et c'est vers eux, bien sûr, que nous nous tournerons.
08:34Vous avez un chiffre là-dessus ? Vous avez eu l'information sur combien, dans ces 400 000, combien sont
08:39de passage précis ?
08:40Par définition, je n'ai pas ce chiffre, puisque quand on est de passage...
08:45Mais combien se sont en tout cas inscrits depuis 24 heures ?
08:47Plus de 25 000 personnes.
08:48D'accord.
08:50Pardon, les 25 000 personnes, c'est celles qui se sont inscrites.
08:54Celles qui s'étaient inscrites avant le début des opérations militaires et celles qui se sont inscrites depuis.
09:00Et j'invite ceux qui ne l'ont pas encore fait à le faire pour que nous puissions les localiser.
09:05Et qu'est-ce que vous allez faire ensuite, une fois qu'ils seront localisés ?
09:08Eh bien, nous allons continuer à leur donner, à leur faire parvenir les consignes de sécurité et les informations pour
09:17faciliter leur retour en France.
09:18C'est-à-dire que c'est à eux, par leurs propres moyens, de rentrer ?
09:21Nous, nous allons faciliter d'abord le retour en France, chaque fois que ce sera possible.
09:27Nous avons, par exemple, mis en place aux frontières entre l'Israël et l'Égypte et la Jordanie, des équipes
09:34consulaires,
09:35qui, à la frontière, vont faciliter le passage des ressortissants français qui souhaitent sortir par la voie terrestre,
09:42et puis ensuite emprunter un vol depuis l'Égypte ou la Jordanie.
09:46Le même dispositif, qui avait déjà été éprouvé lors de la guerre des 12 jours,
09:49est aujourd'hui mis en place aux Émirats Arabes Unis, aux frontières avec Oman et aux frontières avec l'Arabie
09:57Saoudite.
09:58Deux pays dont, jusqu'à présent, l'espace aérien est ouvert.
10:01En parallèle, nous renforçons nos équipes sur place, qui sont sur le pont depuis 72 heures,
10:08et nous renforçons nos équipes à Paris pour que la réponse téléphonique, qui est assurée jour et nuit, puisse se
10:14faire sans délai d'attente.
10:16Et enfin, nous nous préparons à des affrêtements de vols pour que les personnes les plus vulnérables,
10:25les personnes qui méritent d'être accompagnées, puissent, le cas échéant, en bénéficier.
10:28Dans ce cas, ce seraient des avions de la République française ou des avions mobilisés par la République française
10:35qui pourraient rapatrier, quand vous dites les plus vulnérables, ça veut dire quoi ?
10:38Ça veut dire les plus vulnérables physiquement ?
10:40Ça veut dire les plus vulnérables, j'allais dire, socialement, qui n'ont pas les moyens de rentrer par leurs
10:46propres moyens ?
10:47Sur quels critères estimez-vous qu'ils sont les plus vulnérables ?
10:50Vous m'avez posé deux questions. La première, c'est le type de vol.
10:53Eh bien, il y a toutes les possibilités. Il y a des vols commerciaux sur lesquels on parvient à obtenir
11:01des blocs de place.
11:03Il y a des vols que nous pouvons affrêter, des vols civils que nous pouvons affrêter.
11:06Il y a aussi des possibilités qui pourraient se présenter ou que nous pourrions solliciter d'avions de la République
11:13française.
11:14Ensuite, s'agissant des personnes vulnérables, ce sont les postes diplomatiques, les ambassades et les consulats
11:19qui sont au contact de nos ressortissants sur place, en lien avec le Quai d'Orsay,
11:24qui établit ces listes pour que les personnes vulnérables puissent retourner en France en priorité.
11:29Comment vous avez réagi, Jean-Noël Barraud, lorsque vous avez entendu les premiers appels d'un certain nombre,
11:34comme on appelle, d'influenceurs, qui disaient leur détresse et qui appelaient la France à l'aide ?
11:39Moi, je comprends l'inquiétude profonde de nos ressortissants sur place.
11:46Je mesure aussi l'angoisse de leurs familles qui, ici en France, attendent leur retour.
11:52Et je leur dis que nous allons, avec toutes les équipes du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères,
11:57nous mobiliser jusqu'à ce que chacun d'entre eux soit retourné en France.
12:00Vous ne demandez pas, comme les Américains, à tous les citoyens français de quitter immédiatement la région ?
12:06Votre homologue américaine exhorte les citoyens américains, je cite,
12:10à quitter immédiatement les pays du Moyen-Orient en utilisant les vols commerciaux disponibles
12:13depuis Bahreïn, l'Égypte, l'Iran, l'Irak, Israël, la Cisjordanie, Gaza, la Jordanie, le Koweït,
12:18le Liban, Oman, le Qatar et l'Arabie Saoudite, ainsi que la Syrie, les Émirats Arabes et le Yémen.
12:23Nous n'avons pas fait de liste comme celle-là et nous ne demandons pas à tous les Français de
12:27quitter.
12:27Apolline de Malherbe, j'aimerais pouvoir le faire, mais la plupart des pays que vous avez cités,
12:32que vous venez de citer, ont fermé leur espace aérien.
12:34Et donc il est très difficile pour nos ressortissants sur place de pouvoir quitter ce pays.
12:39Mais s'ils peuvent partir, vous leur dites partir.
12:40Bien sûr, certains pays ont maintenu leur espace aérien ouvert, c'est le cas de l'Arabie Saoudite, d'Omane,
12:46du Liban.
12:47C'est vrai aussi des Émirats Arabes Unis, où hier, quelques vols sont partis ou sont repartis.
12:56L'espace aérien s'étant réouvert.
12:58Évidemment, pour les Français de passage, nous les invitons à ce que, si les conditions le permettent,
13:04ils puissent sortir du pays et notamment prendre les vols pour ceux qui sont en attente.
13:08Pour les Français de passage, on est bien d'accord.
13:09C'est-à-dire que les Américains, eux, ils demandent à tous les Américains de partir.
13:11Non, mais attendez, la priorité, c'est évidemment la sécurité pendant ces opérations militaires de nos ressortissants, de nos intérêts.
13:20Mais c'est aussi d'aller au plus vite à la désescalade.
13:23Puisque vous voyez bien comment, chaque jour qui passe, ce conflit s'élargit et a tendance à s'aggraver.
13:30Pardon de revenir au Liban, mais je vois, grâce aux journalistes de BFM notamment, des images qui me rappellent,
13:38exactement, qui me rappellent celles de l'automne 2024, qui a précipité le Liban au bord du précipice.
13:47Et si le pays n'y est pas tombé, c'est parce que la France, en lien avec les États
13:51-Unis, a obtenu un cessez-le-feu et un accord de cessez-le-feu.
13:54Quel sera le rôle de la France là, précisément, sur cette question du Liban ?
13:58Bien, d'abord de condamner la lourde erreur du Hezbollah, qui a entraîné un pays qui était pourtant en train
14:07de se remettre sur les rails,
14:08dans une guerre qu'il n'a pas choisie, de dénoncer les violations par Israël de l'intégrité territoriale du
14:15Liban,
14:15et d'appeler toutes les parties à respecter cet accord de cessez-le-feu, qui enfin nous permettait d'entrevoir
14:20un meilleur avenir pour le Liban.
14:22La France devait avoir un rôle, justement, notamment dans le désarmement du Hezbollah,
14:26que demandent les autorités libanaises, qui appellent le Hezbollah à cesser immédiatement toute part au conflit.
14:33Est-ce qu'il est encore temps pour la France, justement, de proposer son aide sur ce point-là ?
14:36Merci de rappeler que les autorités libanaises, hier, ont été très claires.
14:40Elles ont dénoncé les frappes menées par le Hezbollah sur le nord d'Israël,
14:45elles ont appelé à son désarmement, elles ont déclaré comme illégale la branche armée du Hezbollah.
14:50Et ce désarmement, il est indispensable, il est essentiel.
14:54Nous l'appelons de nos voeux et nous ne faisons pas que l'appeler de nos voeux.
14:57Nous avions prévu d'organiser ce jeudi une conférence consacrée au renforcement des forces armées libanaises,
15:02celles qui doivent disposer du monopole des armes.
15:05Cette conférence, nous espérons pouvoir la tenir au plus vite,
15:07mais pour ça, il faut bien sûr que l'escalade militaire puisse s'arrêter dans la région.
15:11Deux nouvelles alliances, en quelque sorte, se sont dessinées aussi ces 48 dernières heures.
15:17Paris, Londres, Berlin, qui ont parlé d'une seule et même voix en disant qu'ils étaient prêts à des
15:22actions défensives.
15:23Et puis, hier, Emmanuel Macron qui a annoncé que la France entrait dans une nouvelle étape de sa dissuasion nucléaire,
15:28avec une dissuasion avancée, avec un certain nombre de nouveaux partenaires.
15:33Est-ce que ça veut dire, en quelque sorte, qu'ils deviennent, j'allais dire presque, nos petits frères,
15:38ou est-ce qu'ils sont nos partenaires à égalité ?
15:40C'est-à-dire qu'on garde, nous, l'autorité décisionnelle, mais on partage avec eux la protection.
15:46Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que ça veut dire concrètement ?
15:48Bien sûr. C'est un discours historique qui fait franchir une étape à notre dissuasion,
15:54qui est un trésor national et qui va rester indépendante et française de bout en bout.
15:59Plus précisément, l'appréciation des intérêts vitaux appartiendra uniquement au président de la République
16:06et la décision d'emploi de l'arme nucléaire appartiendra exclusivement au président de la République.
16:11Mais il y a deux dimensions nouvelles.
16:12La première, c'est que nous allons durcir notre dissuasion en relevant notre arsenal,
16:18le nombre de nos têtes nucléaires.
16:20Le deuxième élément majeur, c'est que nous allons créer des coopérations nouvelles avec les pays européens.
16:27Dans le cadre de cette dissuasion avancée, qui va leur permettre de participer à des exercices,
16:33de s'associer à des manœuvres de signalement ou de pouvoir accueillir sur leur sol des déploiements de circonstances.
16:39C'est ce qui est très avantageux pour nous.
16:41Potentiellement, nous aurions des armes atomiques qui seraient situées, localisées en Allemagne, par exemple.
16:47Ou en tout cas, des capacités militaires qui pourront ainsi se disperser, compliquer le calcul de l'adversaire.
16:53Mais pour autant, si un jour l'Allemagne, par exemple, nous dit « Écoutez, je suis menacée, il faut activer
16:57la bombe »,
16:58on pourra toujours dire non ?
17:00C'est le président de la République qui appréciera souverainement si les intérêts vitaux de la France sont effectivement concernés.
17:06Et c'est lui qui, sur cette base, appréciera souverainement l'opportunité de faire emploi de l'arme nucléaire.
17:12Et cette dissuasion nucléaire restera intégralement financée par la France, par les contribuables français.
17:18Le intégralement financé, ça veut quand même dire qu'ils vont pouvoir en profiter, mais c'est nous qui payons
17:21?
17:22Nous développons avec eux des projets de coopération pour tout le volet de notre sécurité qui n'est pas nucléaire.
17:28C'est ce qu'on appelle dans le jargon militaire le volet conventionnel.
17:31Les systèmes d'alerte pour savoir quand des missiles, nucléaires ou non, entrent dans nos espaces ou se dirigent vers
17:39nos espaces aériens.
17:41La défense anti-aérienne, comment ? C'est le grand sujet du moment dans la guerre avec l'Iran.
17:46Évidemment, lorsqu'on le voit avec le fameux dôme de fer.
17:47Et puis ensuite, ce qu'on appelle maintenant, on a pris l'habitude de ce terme depuis la guerre en
17:51Ukraine, les frappes dans la profondeur, qui est une arme offensive, mais qui a vocation à gérer une escalade militaire
17:58sous le seuil nucléaire.
18:00Puisqu'on a vu, avec la guerre en Ukraine, qu'on pouvait avoir une très forte intensité de conflictualité, de
18:05guerre, sans que les seuils nucléaires ne soient franchis.
18:09Et donc, ces projets de coopération, c'est à l'échelle européenne qu'il faut les mener.
18:13Et c'est aussi une manière pour nos partenaires de contribuer à la défense du territoire national par le développement
18:19de ces projets communs.
18:20Merci beaucoup Jean-Noël Barraud d'avoir accepté de faire le point sur RMC et BFM TV ce matin.
18:25Vous êtes ministre d'Affaires étrangères. Je voudrais également redonner le numéro de la cellule de crise.
18:28Vous l'avez évoqué. Je donne ce numéro pour tous ceux qui nous écoutent de l'étranger et qui ont
18:33besoin d'informations 01 43 17 51 00.
18:38Comme ça, c'est dit. Merci beaucoup d'avoir accepté de répondre à mes questions.
18:40Il est 8h47 sur RMC et BFM TV.
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