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  • il y a 2 jours
La candidate La France Insoumise à la Mairie de Paris, Sophia Chikirou, invitée ICI Paris de Valentine Letesse le 02/03/26.

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Transcription
00:00Il y a moins de deux semaines du premier tour, nous recevons une nouvelle candidate à la mairie de Paris.
00:04Celle de la France Insoumise, Sophia Chikirou, bonjour.
00:07Bonjour madame.
00:08Cette étiquette justement de la France Insoumise classée depuis vendredi à l'extrême gauche par le Conseil d'Etat pour
00:14ses élections,
00:15est-ce qu'elle est difficile à porter aujourd'hui ?
00:17La question n'est pas qu'elle soit difficile à porter ou pas, la question est, est-ce qu'elle
00:21correspond à une réalité politique ?
00:24C'est-à-dire, est-ce qu'elle a un sens aujourd'hui ?
00:26Ou est-ce que c'est la décision d'un ministre de l'Intérieur qui est confirmée, certes par un
00:31Conseil d'Etat,
00:31encore que les arguments du Conseil d'Etat ne sont pas du tout ceux du ministre,
00:34et sont assez incroyables, si je puis me permettre, puisque le Conseil d'Etat dit
00:38que la France Insoumise est d'extrême gauche, contrairement aux précédentes élections,
00:44parce qu'elle n'a pas d'alliance avec le Parti Socialiste.
00:46Donc nous, nous ne savions pas qu'il y avait une obligation à passer des accords avec le Parti Socialiste
00:52pour être considérée comme de gauche.
00:54Le ministre de l'Intérieur dit que ça témoigne d'une forme de radicalité de la France Insoumise.
00:59Est-ce que vous êtes d'accord ?
01:00Non, bien sûr que je ne suis pas d'accord.
01:02La radicalité de la France Insoumise, elle est parfaitement assumée.
01:05Mais être radical et être extrême, c'est deux choses différentes.
01:08Il y a une histoire politique de l'extrême gauche dans notre pays, et dans le monde d'ailleurs.
01:13Quand nous, on choisit de faire la révolution citoyenne,
01:16c'est-à-dire de passer par les urnes pour changer le système,
01:18ce n'est pas la même chose que l'extrême gauche qui conteste en effet les institutions,
01:22qui refusent d'en faire partie, de siéger, etc.
01:25Donc ça vous dérange d'être qualifié d'extrême gauche ?
01:27Moi, je ne trouve pas insultant d'être d'extrême gauche.
01:30Je respecte beaucoup les partis et les électeurs de l'extrême gauche.
01:35Je les respecte énormément.
01:36On se retrouve toujours dans les luttes sociales, les luttes écologistes.
01:39Il n'y a vraiment pas de problème là-dessus.
01:41C'est juste que ce n'est pas vrai, c'est tout.
01:42Donc les gens savent très bien que la France Insoumise est un parti dont le programme ressemble beaucoup au programme
01:48du Parti Socialiste
01:49lorsqu'il était de gauche dans les années 70, le programme commun de François Mitterrand, etc.
01:54C'est tout.
01:55Donc on ne va pas en passer des heures là-dessus.
01:58Donc ça ne pénalise pas plus votre candidature ?
02:01Ah non, ça ne pénalise pas du tout.
02:02Alors deux semaines après la mort de Quentin Deranque, militant identitaire,
02:06la France Insoumise est accusée d'antisémitisme.
02:09Jean-Luc Mélenchon s'en est encore défendu hier soir lors d'un meeting à Perpignan
02:14pour finalement jouer quelques minutes plus tard avec le nom de Raphaël Glucksmann
02:18après l'avoir fait avec celui de Jeffrey Epstein.
02:21Est-ce qu'il met de l'huile sur le feu Jean-Luc Mélenchon ?
02:23Non, non, non.
02:24Je pense qu'il y a des gens qui n'ont que ça à faire, des polémiques.
02:28Ça doit être un argument, une stratégie de campagne pour certains.
02:32Raphaël Glucksmann ne le prend pas très bien.
02:33Il le compare à Jean-Marie Le Pen ce matin.
02:35Oui, voilà, c'est une stratégie de campagne.
02:36Il voit des antisémites partout et ce sont les mêmes qui voient des antisémites partout
02:40qu'ils ne voient de fascistes nulle part.
02:42Donc non, je pense que ce n'est vraiment pas l'intérêt du sujet en ce moment.
02:47Je crois que les gens ont besoin de savoir qu'ils ont des dirigeants politiques
02:51qui ont l'intention, comme nous le faisons nous avec la France Insoumise,
02:54de réclamer à Cors et à Cri une commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Epstein, par exemple.
03:00Il y a une affaire de pédocriminalité majeure dans ce pays.
03:03Et à chaque fois qu'on veut en parler, on nous sort une polémique en face.
03:06Donc ça commence à bien faire.
03:07Il y a une affaire de pédocriminalité majeure.
03:10Il y a un homme, milliardaire, qui a passé une bonne partie de son temps à Paris, en France,
03:15et qui, sur plusieurs années, a été couvert.
03:17On a besoin de savoir ce qui s'est passé.
03:19Nous sommes le seul pays où on nous refuse une commission d'enquête parlementaire.
03:22Aux Etats-Unis, il y en a une.
03:23En Grande-Bretagne, il y en a une.
03:24On a besoin de comprendre les dysfonctionnements qu'il y a pu y avoir dans la justice, dans l'enquête
03:29policière.
03:30Pourquoi rien n'est sorti ?
03:32Pourquoi les victimes n'ont-elles pas été entendues ?
03:35Pourquoi n'y a-t-il pas eu de poursuites ?
03:37Alors vous parlez de pédocriminalité, Sophia Chikirou.
03:40Mais ce n'est pas que de la pédocriminalité.
03:40Est-ce que, justement, il faut faire le ménage dans le périscolaire parisien ?
03:44Après ces nombreux témoignages d'enfants qui se disent victimes d'agressions sexuelles,
03:49comment vous comptez régler le problème si vous êtes élu à la mairie de Paris ?
03:53L'affaire est très grave.
03:54D'abord, vraiment, nous parlons ici de tout un système qui a été mis en place par les socialistes,
04:00qui dirigent la ville depuis des années,
04:02qui a permis à des personnes qui n'avaient rien à faire dans le périscolaire,
04:05qui n'avaient rien à faire au contact d'enfants,
04:07de pouvoir se faire recruter et de pouvoir sévir.
04:10Je précise qu'il est possible de travailler dans des crèches de la ville de Paris sans diplôme d'État.
04:14Est-ce que vous comptez revenir sur cette mesure ?
04:16Oui, alors le périscolaire et les crèches, ce sont deux choses différentes.
04:18Mais restons sur le périscolaire pour le moment, sur le système de recrutement dans le périscolaire.
04:22Nous avons 8000 vacataires dans le périscolaire.
04:244000 sont des vacataires permanents qui font bien leur travail pour la très large majorité d'entre eux.
04:29Ce sont des gens qui sont extrêmement précarisés.
04:31Mais il y a aussi un système de recrutement qui fait que les gens n'étant pas très attirés par
04:36le métier,
04:36vu qu'il est fait dans des conditions où les salaires ne sont pas bons,
04:39les conditions de travail ne sont pas bonnes, on recrute un peu n'importe qui.
04:42Ce système qui a été mis en place fait plus de 10 ans qu'il a été dénoncé par l
04:45'inspection de la ville.
04:46L'inspection générale de la ville de Paris avait prévenu que s'ils ne mettaient pas en place un certain
04:51nombre de recommandations,
04:52nous allions vers un système dangereux.
04:54C'est ce qui s'est passé.
04:55Nous, ce qu'on dit, c'est d'abord, on titularise les 4000 vacataires permanents,
04:59on leur donne des conditions de travail stables, fin de la précarité pour eux.
05:03Ensuite, on dit, on crée une catégorie A, c'est-à-dire qu'on crée une filière avec une progressivité
05:08de carrière,
05:08on améliore les conditions salariales et surtout, on dit, aucun animateur qui n'est pas au moins le BAFA.
05:15Il faut les former au métier de l'animation.
05:18Pourquoi ? L'éducation communale est essentielle.
05:20Vous savez, un enfant parisien, il y a 220 000 enfants qui sont confiés à Paris, école et collège.
05:26Un enfant parisien va passer 24 heures en moyenne dans le système scolaire et 28 heures en moyenne dans le
05:31système périscolaire.
05:32C'est de l'éducation communale.
05:34Il faut y mettre les moyens.
05:35Nous sommes les seuls à dire, on augmente le budget de l'éducation communale.
05:39Alors, vous remettez à plat le périscolaire.
05:41Vous voulez rendre gratuits les transports de Paris au moins de 25 ans alors que l'abonnement du Navigo a
05:47encore augmenté.
05:48Vous voulez baisser le prix des loyers.
05:50Comment vous financez toutes ces mesures avec une municipalité déjà endettée à hauteur de 10 milliards d'euros ?
05:56Ce sont des arguments qui ne tiennent pas la route.
05:58Je vais vous le dire pourquoi.
06:00D'abord, les coûts que cela représente ne sont pas si élevés et les gains sont beaucoup plus intéressants.
06:04Aujourd'hui, la gratuité des transports en commun pour les moins de 25 ans, c'est une nécessité.
06:09Nous sommes la ville de France où le forfait de transport en commun pour les jeunes est le plus cher.
06:15Il y a un besoin d'aider non seulement les personnes étudiantes, les personnes qui vont à l'école, qui
06:20sont scolarisées, mais aussi les jeunes travailleurs.
06:2250% des jeunes à Paris sont en contrat précaire.
06:26On a des taux de chômage chez les jeunes qui passent les 20%.
06:29Mais alors comment vous financez toutes ces mesures ?
06:31Nous, on a décidé de mettre 240 millions d'euros supplémentaires dans ce qu'on appelle le budget de fonctionnement.
06:37Pour cela, nous avons décidé d'augmenter la taxe foncière de 2,5 points.
06:43Je vous dis ce que cela représente.
06:44Si vous êtes propriétaire d'un 130 m² dans le 11e arrondissement de Paris,
06:50130 m² dans l'11e arrondissement de Paris, vous paierez 10 euros de plus par mois de taxe foncière.
06:56pour pouvoir financer des services publics, des centres de santé de proximité,
07:01de la gratuité pour la cantine, pour les quotients 1 à 3,
07:04de la gratuité du périscolaire, de la gratuité des fournitures scolaires et du transport,
07:09comme ça, et plein d'autres choses, l'amélioration des conditions salariales pour les agents.
07:13C'est-à-dire qu'avec 2,5 points de taxe foncière qui représentent 10 euros par mois
07:17pour un propriétaire d'un 130 m² dans le 11e, vous pouvez tout financer.
07:21Je suis la seule à dire les choses très clairement.
07:23Mon ambition, c'est répondre aux besoins et c'est réparer les dégâts
07:27et préparer l'avenir avec de l'investissement.
07:29L'investissement que nous proposons, nous, c'est 760 millions d'euros supplémentaires par an,
07:35c'est-à-dire porter l'investissement de 1,7 à 2,5 milliards par an.
07:39Pourquoi ? On est en pleine urgence écologique.
07:42On doit préparer la ville de Paris au changement climatique.
07:46C'est l'un des grands axes de votre programme, planifier la bifurcation écologique de Paris,
07:50basé sur le principe du zéro béton inutile.
07:53Vous promettez, comme maire de Paris, de ne plus bétonner du tout.
07:57Alors je dis zéro béton inutile, c'est-à-dire, par exemple,
08:00je vous prends 5 grands projets immobiliers qui existent aujourd'hui,
08:03qui sont des projets comme Bercy-Charenton,
08:05des bureaux, des bureaux, des bureaux, des bureaux.
08:07Hier, je me baladais entre le 17e et le 18e arrondissement.
08:10La gare des mines, dont l'avenir, c'est de faire encore des bureaux.
08:13Il faut arrêter les bureaux à Paris.
08:15On a un million de mètres carrés de bureaux vides à Paris.
08:19Le bureau participe de la spéculation immobilière.
08:22Le bureau, c'est vraiment l'action qui consiste à créer du mètre carré
08:26pour créer de la valeur pour des entreprises.
08:28Et finalement, il n'y a pas d'activité derrière.
08:30Ça ne rapporte rien, si ce n'est de la spéculation immobilière.
08:32On dit stop moratoire sur la construction des bureaux à Paris.
08:36Il y a des bureaux vides.
08:37Donc vous créerez des logements.
08:39On doit transformer un certain nombre de bureaux en logements.
08:42Et puis il y a des bureaux vides qui peuvent tout à fait servir de bureaux
08:45plutôt que d'être vides et d'être mis en location.
08:47On n'a pas besoin d'en construire de nouveaux.
08:49Par contre, Paris a besoin de nature.
08:51Parce que chaque habitant parisien devrait avoir 10 mètres carrés,
08:55selon l'Organisation mondiale de la santé,
08:56pour être en bonne santé.
08:5710 mètres carrés de nature, ce n'est pas le cas.
08:59Donc nous, les cinq projets immobiliers qu'on veut stopper,
09:02dont l'avenir c'est de faire des bureaux,
09:04on dit qu'on en fera des parcs, comme le parc de Belleville,
09:07comme le parc des Buttes-Chaumont.
09:08Et ça, ce sera très utile aux Parisiens.
09:10On a besoin de beaucoup de nature à Paris.
09:12On propose, nous, d'aller jusqu'à 200 hectares sur la première mandature,
09:16c'est-à-dire jusqu'en 2032.
09:18Donc ça veut dire de la végétalisation, de la construction de places,
09:20de ces grands parcs qu'on a dans notre projet.
09:23Il s'agit vraiment de se préoccuper des urgences,
09:25d'adapter la ville.
09:26Chaque fois qu'on fait un espace naturel dans Paris,
09:29on diminue de 8 degrés la température en pleine chaleur.
09:33Alors avec votre programme, Sophia Chikirou,
09:35vous êtes crédité pour l'instant d'environ 10% d'intention de vote.
09:39Un peu plus, le dernier sondage, il était un peu plus généreux.
09:41Il nous a mis 12,5.
09:42Un peu plus d'environ 10% de vote,
09:44ce qui sera suffisant en tout cas pour aller au second tour.
09:45Un peu plus, ça fait une grosse différence entre 10 et 12,5.
09:47Est-ce qu'il y aura, entre le premier et le second tour,
09:52une discussion avec la liste de gauche portée par Emmanuel Grégoire
09:56ou c'est inenvisageable pour vous, candidate France Insoumise ?
09:59Moi, j'ai toujours dit que la France Insoumise et les Verts populaires,
10:02puisque nous sommes alliés dans cette campagne
10:04avec les Verts populaires et le comité Vérité et Justice pour Adama,
10:07j'ai toujours dit, nous sommes en tête, nous tendons la main,
10:10parce que le but, c'est de gagner la ville
10:12pour faire ce programme de rupture et changer Paris.
10:14Mais malheureusement, Emmanuel Grégoire répète à chaque interview
10:21jamais d'alliance avec la France Insoumise,
10:23ni au premier ou au deuxième tour.
10:24Je pense qu'il a tort de se comporter comme ça.
10:25Je crois qu'il est un peu prisonnier de certaines personnes,
10:29particulièrement sectaires, qui se trouvent sur sa liste.
10:31J'ai entendu Ariel Veil dire plutôt perdre
10:34que de s'allier avec la France Insoumise.
10:35C'est dommage qu'il pense comme ça,
10:37mais moi, je dis aux électeurs, je dis aux Parisiens,
10:40votez au premier tour pour le programme qui vous convainc,
10:43celui qui vous donne l'impression que les choses vont s'améliorer à Paris,
10:47notamment pour toutes les catégories modestes.
10:49Mais vous savez, Paris, 50% des foyers...
10:51Mais au second, vous n'êtes pas contre, vous allez aux socialistes.
10:5450% des foyers à Paris vivent avec moins de 2500 euros par mois.
10:58Notre programme, il s'adresse en priorité à ces 50% de la population parisienne.
11:03Donc, Sophia Chiquerou, vous êtes d'accord pour une alliance possible au second tour avec Emmanuel Grégoire ?
11:08Non, moi, je vous le dis très clairement, je pense qu'aujourd'hui,
11:08nous sommes largement sous-estimés, la France Insoumise.
11:11Je crois que le soir du premier tour, comme l'a dit mon collègue Manuel Bompard,
11:15il peut y avoir des surprises.
11:17Hier, samedi, j'ai fait campagne sur le terrain et l'accueil est incroyable.
11:23Les gens nous disent, tenez bon, on est avec vous
11:25et la participation va être élevée à Paris.
11:27J'incite vraiment les gens à aller voter et à faire le choix du nouveau Paris populaire.
11:31On devra donc attendre le premier tour pour savoir si vous êtes prêts à une alliance avec la gauche.
11:36C'est une élection à deux tours.
11:37Moi, je vous le dis, je suis en tête, je tends la main pour gagner.
11:40Merci, Sophia Chiquerou, candidate la France Insoumise à la mairie de Paris,
11:43pour cette interview spéciale municipale sur ICI Paris, Île-de-France.
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