- il y a 1 jour
Entre 1971 et 1992, le quartier Méaulens–Saint-Géry, à Arras, a connu l’une des plus importantes transformations urbaines de son histoire.
Quartier médiéval aux ruelles étroites, marqué par les guerres et le temps, Méaulens est déclaré insalubre au début des années 1970 : 63 % des logements sont jugés indignes.
Démolitions, expropriations, débats politiques, mobilisation des habitants…
Près de 180 immeubles sont détruits, 627 logements reconstruits et 405 restaurés.
Sous l’impulsion de Guy Mollet, puis de Léon Fatous, et grâce au travail de l’architecte Pierre Rousse, le quartier est entièrement repensé :
– îlots aérés
– commerces en rez-de-chaussée
– architecture limitée à trois étages
– intégration du patrimoine ancien comme l’Hospice Saint-Éloi
Mais derrière les murs reconstruits, ce sont près de 195 familles qui quittent le quartier.
Cette vidéo retrace :
📜 L’histoire du vieux Méaulens
🏚 Les démolitions de 1974
🏗 Les choix architecturaux
👥 La transformation sociale
🎉 La renaissance d’une vie de quartier
Une page méconnue de l’histoire d’Arras.
Quartier médiéval aux ruelles étroites, marqué par les guerres et le temps, Méaulens est déclaré insalubre au début des années 1970 : 63 % des logements sont jugés indignes.
Démolitions, expropriations, débats politiques, mobilisation des habitants…
Près de 180 immeubles sont détruits, 627 logements reconstruits et 405 restaurés.
Sous l’impulsion de Guy Mollet, puis de Léon Fatous, et grâce au travail de l’architecte Pierre Rousse, le quartier est entièrement repensé :
– îlots aérés
– commerces en rez-de-chaussée
– architecture limitée à trois étages
– intégration du patrimoine ancien comme l’Hospice Saint-Éloi
Mais derrière les murs reconstruits, ce sont près de 195 familles qui quittent le quartier.
Cette vidéo retrace :
📜 L’histoire du vieux Méaulens
🏚 Les démolitions de 1974
🏗 Les choix architecturaux
👥 La transformation sociale
🎉 La renaissance d’une vie de quartier
Une page méconnue de l’histoire d’Arras.
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00:04Le quartier Méolens-Saint-Géry, l'un des plus anciens d'Arras, a conservé son charme médiéval jusqu'aux années
00:091970, malgré le temps et les guerres.
00:12Mais cette décennie a marqué une profonde transformation architecturale.
00:17Le quartier Méolens est le siège de la Société des Jouteurs, fondée le 12 juillet 1812.
00:22Tradition populaire emblématique qui anime régulièrement le bassin du port.
00:25Les fêtes nautiques, les défilés et les rassemblements contribuent à faire de Méolens un lieu de convivialité reconnu dans toute
00:32la ville, où la culture ouvrière et festive demeure très présente.
01:11Le quartier est composé de nombreux commerces, dont le Père Tranquille, la boucherie, la boulangerie Pruveau, la droguerie en berre,
01:19mais aussi des cafés, une librairie, des marchands d'articles de pêche et des épiceries de proximité.
01:24On y compte encore, au tournant des années 1970, plusieurs dizaines d'enseignes sur quelques centaines de mètres.
01:32La rue Méolens fonctionne comme un petit centre-ville autonome.
01:35On y travaille, on y fait ses courses, on s'y rencontre.
01:38Les commerçants accordent le crédit, connaissent leurs clients, participent aux fêtes de quartier.
01:43Cette densité commerciale entretient un esprit de village où tout le monde se connaît.
02:06Pour appréhender correctement ce bouleversement architectural qui toucha le quartier durant cette décennie, il faut remonter au début du XXe
02:13siècle.
02:13En 1919, à l'instigation du député Honoré Cornudet est voté une loi imposant des plans d'aménagement.
02:19Le quartier Méolens-Saint-Géry est directement concerné.
02:22Ses rues étroites et ses maisons anciennes ne correspondent plus aux normes modernes.
02:26Les propriétaires cessent progressivement d'investir.
02:28L'absence d'entretien accélère la vétusté, infiltration, humidité, sanitaire extérieur.
02:33En 1968, la population est vieillissante et les logements très dégradés.
02:38Les entrepôts du quai du Rivage se vident progressivement.
02:41Le déplacement des activités portuaires affaiblit l'économie locale et accentue la dégradation générale du quartier.
02:48Le comité de défense des habitants du quartier Méolens-Saint-Géry organise un débat en 1971 sur l'avenir du
02:55quartier.
02:55En présence des candidats au municipal, sous l'œil des médias nationaux.
02:59La commune peut elle-même, directement et sans aucune autre intervention extérieure, prendre en main la rénovation du quartier.
03:07Si vous permettez un petit peu, je voudrais simplement ajouter ceci, c'est qu'au fond c'est l'expérience
03:11qui nous dira la meilleure formule.
03:14On sait qu'il existe des comités de quartier.
03:16Les comités de quartier, d'ailleurs, ne sont pas toujours très représentatifs de la composition sociale de ces quartiers et
03:22des désirs des gens de ces quartiers.
03:26Monsieur Deleupot vient de créer dans son quartier Méolens-Saint-Géry, un comité de défense qui a invité les leaders
03:31des trois listes à venir s'expliquer.
03:34Le nom est Deleupot, il est membre du Parti Socialiste.
03:38Il est membre du Parti Socialiste, sa fille est membre du PSU et lui a fait du coup de jadis.
03:48C'est lui en particulier qui a essayé de soulever ensemble le quartier.
03:52Alors Monsieur le Maire, s'il vous plaît, si vous voulez prendre place.
03:57La seule réunion contradictoire de cette campagne va commencer.
04:00Monsieur Zatouan, si vous vous êtes là.
04:07Vous vous en prie, Monsieur le Maire.
04:17Bon, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
04:21Monsieur, nous avons cru utile d'avoir les trois candidats comme ça ce soir.
04:26Nous considérons nos trois candidats comme des simples mains.
04:28Guy Mollet va refuser de serrer la main de Francis Jacquemont.
04:32De toute manière, je ne les vois pas, c'est qu'il y a un docteur.
04:34Je vous en prie, saluez-vous, Messieurs.
04:39Mon impression, c'est que ce quartier où les gens veulent rester,
04:44on le laisse volontairement pourrir.
04:46Pour pouvoir dire ensuite, ce quartier est foutu, il faut donc le raser.
04:51Ce n'est pas seulement un problème du quartier Mollet,
04:54ce n'est pas seulement un problème d'élection municipale à la Joanne,
04:57c'est un problème de politique économique et sociale nationale,
05:01et aussi longtemps que les Français n'auront pas changé cette politique économique nationale,
05:06le quartier Mollet ne trouvera pas de solution à ces problèmes.
05:08C'est ça la vérité.
05:12Non, on ne s'écarte pas des problèmes de Méolence,
05:14parce que les problèmes de Méolence sont directement liés
05:17à l'emprise du capitalisme sur les communes.
05:24Bien.
05:25On n'est pas ici pour parler du préfet.
05:27En ce qui concerne les propositions concrètes,
05:31il est bien évident, mais Jacquemont aura la parole quand il voudra l'apprendre.
05:34C'est pas vrai, il n'a pas le droit de parler, il n'y a qu'un seul candidat
05:36qui a le droit de parler ici.
05:37Eh bien, vous m'empêchez de parler aussi.
05:38C'est ça qui ne connaît pas, parce que Jacquemont ne connaît pas.
05:42Alors donc, il faut mettre ça dans les mains des Arras, moi.
05:44Et c'est tout.
05:47Non, monsieur.
05:49À ce moment-là, demandez la carte d'électeur de monsieur Jacquemont.
05:51Dans ce problème de Méolence ingérit,
05:58il y a un préalable, c'est celui des égouts.
06:01On ne peut pas faire, monsieur Jacquemont,
06:04un réseau d'égouts avant de connaître le plan d'urbanisme et le plan d'alignement.
06:10N'importe quelle maire de France, c'est cela.
06:14Ce que nous voulons, nous,
06:16c'est que la municipalité, si c'est une municipalité populaire,
06:21gère le problème de la rénovation de ce quartier avec vous,
06:24et non pas comme ça s'est passé depuis 25 ans dans vous,
06:26et d'autre part, et d'autre part,
06:28que cette municipalité fasse ça avec vous,
06:31mais non pas contre vous,
06:32comme le ferait la municipalité qui serait gérée par Jacquemont,
06:35c'est-à-dire une municipalité.
06:38Une municipalité.
06:41Oui, oui, mais je ne m'écarte pas de ce sujet,
06:44parce que Jacquemont est le représentant ici des patrons et des spéculateurs immobiliers
06:48et il ne peut pas faire...
06:51Il ne peut pas faire la rénovation que nous voulons et que vous voulez.
06:59Nous, c'est qu'on ne fera pas de discours,
07:01et dès le 15 mars, on se mettra à l'action.
07:10C'est qu'il faut absolument que désormais,
07:14et pas seulement dans le mois qui précède les élections,
07:17mais toujours, un comité de défense existe.
07:21Moi, je répondrai rapidement, monsieur Guimelet,
07:23pour lui dire que vous n'allez pas au comité de quartier d'aller vers le maire,
07:27c'est au maire d'aller vers ses ennemis.
07:30À la fin des années 1960,
07:32sous l'impulsion de commerçants et d'habitants engagés,
07:35se crée un comité de défense.
07:37Leur objectif est clair,
07:38éviter une destruction massive
07:39et préserver l'identité du quartier.
07:42Ils demandent à participer aux décisions,
07:44à être informés des projets,
07:45et à défendre les habitants face aux risques d'expropriation.
07:48Leur mobilisation transforme la rénovation en enjeu politique majeur.
07:52Guimelet sera réélu,
07:53en promettant que jamais on ne permettra de raser le quartier.
08:01Face à un taux d'insalubrité dépassant 60%,
08:04la municipalité active la loi Vivien.
08:07L'État finance 70% du coût des opérations.
08:11Après un concours d'architectes,
08:12le projet de Pierre Roux s'est retenu.
08:14Il privilégie une architecture modeste,
08:17limitée à trois étages,
08:18conservant la trame urbaine existante
08:20et intégrant briques, ardoises et pierres traditionnelles.
08:23Des réunions publiques sont organisées
08:25afin d'expliquer les choix,
08:27rassurer les habitants
08:28et limiter les départs forcés.
08:30L'objectif affiché reste d'éviter les grandes tours
08:32et de préserver l'âme du quartier.
09:01La zone de résorption prévoit la démolition des immeubles jugés irrécupérables
09:11et la reconstruction de logements modernes.
09:14La zone de réhabilitation concerne les bâtiments pouvant être restaurés.
09:23Le nouveau quartier se dessine en îlots aérés,
09:26intégrant jardins intérieurs et cheminements piétonniers.
09:29Chaque logement dispose d'un balcon,
09:31les raies de chaussée accueillent des commerces
09:32et l'ensemble ne dépasse pas trois étages
09:35afin de préserver l'échelle humaine.
09:39Les matériaux traditionnels sont privilégiés
09:41pour maintenir une continuité visuelle
09:43avec l'ancien quartier médiéval.
10:00En septembre 1974,
10:03les premiers engins de démolition arrivent.
10:06Le paysage urbain change brutalement.
10:08Façade murée, toiture ouverte, rue partiellement fermée.
10:12Il fallut malheureusement se séparer
10:14de certaines bâtisses comme la maison Tabony,
10:16qui se situait à une fourche au niveau de la rue au Foulon.
10:36Parmi ces bâtisses non conservées,
10:38dont la vétusté et l'état de délabrement
10:40rendaient la tâche de restauration impossible,
10:42se trouve l'hôtel du Bon Pasteur
10:44datant du XVIIIe siècle
10:45et située au 71 rue Méolence,
10:47mais aussi la plus vieille bâtisse du quartier,
10:49datant de 1606
10:50et située au 97 rue Méolence.
10:54Ce fut aussi le cas de la brasserie des Planques.
10:56On voit ici le puits qui date du XVIIe siècle
10:59qui fut mis à jour lors de fouilles préalables
11:01à la construction de l'école Victor Hugo,
11:03avant qu'elle ne devienne la maison de l'éco-citoyenneté.
11:31L'enjeu pour l'architecte urbaniste Pierre Rousse
11:34est aussi de permettre la juxtaposition de l'ancien
11:36et du nouveau à leur point de rencontre.
11:48C'est parti !
12:05Sous-titrage Société Radio-Canada
12:17Les commerces historiques sont détruits,
12:19puis parfois réimplantés ailleurs,
12:21comme le Café Le Père Tranquille
12:22ou la Boulangerie Pruveau.
12:25Comme l'a souhaité Guy Mollet,
12:27Pierre Rousse restaurera certaines bâtisses,
12:29parmi lesquelles les maisons 117 et 119,
12:31situées rue Méolence,
12:33dont l'ancien corps de garde.
12:34Ce sont d'ailleurs les seuls immeubles
12:36côté impaire de la rue Méolence
12:38à avoir été sauvegardés.
12:39Le secteur compris entre la rue du Moulinet
12:41et la grande rue du Rivage
12:42est le seul à avoir conservé toutes ses habitations.
12:46La démolition s'organise en cinq phases successives
12:49pour reloger progressivement les habitants.
12:52Malgré cela,
12:53près de 195 familles quittent le quartier
12:55entre 1974 et 1978.
12:59Certaines se relogent en périphérie,
13:01d'autres partent définitivement.
13:02Seules quelques familles reviennent
13:03dans les nouveaux logements.
13:04La population diminue fortement.
13:06Les anciens immeubles mitoyens
13:08laissent place à des ensembles plus aérés.
13:10Les nouvelles constructions
13:11offrent chauffage individuel,
13:13sanitaire intérieur,
13:14isolation et lumière abondante.
13:16Cependant,
13:16les loyers,
13:17même modérés,
13:18excluent certaines familles nombreuses.
13:20La mutation sociale s'amorce.
13:22Jeunes couples et employés
13:23remplacent progressivement
13:24les familles ouvrières traditionnelles.
13:55Sous-titrage Société Radio-Canada
14:23Sous-titrage Société Radio-Canada
14:37Sous-titrage Société Radio-Canada
14:38Sous-titrage Société Radio-Canada
15:11Le 17 mars 1975,
15:13la première pierre des 77 futurs logements
15:16est posée par Guy Mollet.
15:17Ce geste symbolise le passage du projet
15:20à la reconstruction.
15:21D'autres tranches suivent en 1977 et 1978,
15:25confirmant la transformation progressive du quartier.
16:02La démolition se déroulera en cinq phases.
16:04On commence par démolir un premier secteur
16:07pour y construire des logements
16:08qui seront occupés par les habitants
16:09du second secteur,
16:10et ainsi de suite.
16:29Les habitants apprennent à vivre
16:31entre construction et démolition.
16:47Après le décès de Guy Mollet le 3 octobre 1975,
16:51son successeur au siège de maire,
16:52Léon Fatou,
16:53poursuit l'opération
16:54et inaugure les 77 nouveaux logements
16:57en août 1976.
17:00S'en suivront d'autres en 1977 et 1978.
17:05La dernière tranche fut inaugurée
17:07au début des années 1990,
17:12avec les 230 logements
17:14situés en bordure de l'ancien port,
17:15également pensés par Pierre Rousse.
17:17On voit sur ces photos un exemple très parlant
17:19de comparaison entre anciens et nouveaux logements.
17:21La famille Bédue,
17:23qui habitait aux cinq places de l'ancien rivage,
17:25dans un immeuble vétuste aux escaliers étroits,
17:27sans sanitaires intérieurs,
17:29avec infiltration et rats,
17:30et la famille Béguinet,
17:32qui intègre l'un des nouveaux logements
17:33fraîchement construits.
17:34Dans le nouvel appartement,
17:36chauffage individuel au gaz,
17:37salle de bain avec baignoire,
17:39au essai intérieur,
17:40grande baie vitrée laissant entrer la lumière.
17:43Un contraste saisissant.
17:44Mais derrière cette amélioration matérielle,
17:46il y a aussi un bouleversement humain.
17:49Depuis 1974,
17:51près de 195 familles ont dû quitter le quartier.
17:53Beaucoup ne reviendront pas.
17:55Ces disparités sont pointées par une enquête de 1973,
17:59menée par l'Action sanitaire et sociale,
18:01DAS,
18:02sur 490 immeubles
18:03et 850 logements.
18:05Elle déclare que 72 immeubles
18:07sont désormais interdits à l'habitat,
18:08et que le taux d'insalubrité du quartier atteint les 63%,
18:12une maison sur cinq ayant des voiescées à l'extérieur.
18:14Cette enquête s'appuie sur les critères définis par la loi Vivien.
18:17Humidité,
18:18ventilation,
18:20éclairage,
18:21état des escaliers,
18:22raccordement à l'eau et à l'égout,
18:23sécurité.
18:25Chaque immeuble est évalué.
18:26Il suffit que 60% d'un îlot soit jugé insalubre
18:29pour que l'ensemble soit classé en zone à résorber.
18:32Au-delà du projet architectural,
18:34la municipalité comprend très vite
18:36qu'il ne s'agit pas seulement de reconstruire des murs,
18:38mais de préserver un tissu social.
18:40Au-delà du projet architectural,
18:42on veut la création d'un projet social,
18:44en créant par exemple des lieux dans lesquels les générations peuvent se croiser.
18:48Car la rénovation ne bouscule pas seulement des rues,
18:50elle transforme un groupe humain entier.
18:52En septembre 1974,
18:54une cellule d'animation Méolence s'ingérit et créée.
18:57Elle est installée dans un ancien café au cœur même de la zone en démolition.
19:01Elle est animée par Christian Bultet,
19:04animateur socio-culturel diplômé.
19:06Sa mission ?
19:07Accompagner les habitants dans cette période brutale.
19:10Informer,
19:10rassurer,
19:11orienter,
19:12expliquer les droits au relogement,
19:14aider à comprendre les procédures,
19:16maintenir le lien avec les 105 familles déjà parties.
19:19Il rédige également dans ce tumulte,
19:21un journal de quartier,
19:22Mon quartier,
19:23diffusé à 800 exemplaires.
19:26Pendant que les bulldozers avancent,
19:28les camions des premiers nouveaux arrivants arrivent.
19:30La cellule est un espace où chacun peut s'exprimer,
19:32poser ses questions,
19:34partager ses inquiétudes.
19:35Elle accueille aussi des permanences de la CAF,
19:37de l'action sanitaire et sociale,
19:39des services HLM.
19:41Elle devient un véritable lieu de coordination sociale.
19:44Il faut éviter que le quartier ne devienne une juxtaposition d'inconnus.
19:48L'association des nouveaux locataires organise l'accueil des nouveaux venus.
19:51L'association des nouveaux locataires installe un stand avec des informations sur le quartier
19:56et un prêt d'outillage.
19:57Le ciné-club AGM fait sa publicité depuis un stand Rue Méolence.
20:01Tous gardent le souvenir du premier Balfolk,
20:04cinq rues des 11 000 vierges,
20:05avec l'association La Fustanelle.
20:08Jadis, une église du XIXe siècle s'élevait place Sainte-Croix,
20:11devenue aujourd'hui place Guimollet.
20:14Vendue comme bien nationale à la Révolution,
20:16elle fut détruite pour laisser place à des habitations des XVIIIe et XIXe siècles.
20:20Mais dans le cadre de la restructuration urbaine,
20:23il est décidé de construire un centre administratif municipal au cœur du quartier rénové.
20:28En 1975, ces maisons anciennes sont à leur tour livrées au bulldozer de l'entreprise Delabie.
20:33La mairie est à cette époque située à l'hôtel de ville historique.
20:36En 1976, des fouilles archéologiques sont menées.
20:40On découvre des sépultures de l'ancien cimetière, des caves, des souterrains.
20:44Les habitants viennent photographier ces vestiges.
20:54Le 2 octobre 1976, après avoir rebaptisé la place en hommage à Guimollet,
21:04Léon Fatou pose la première pierre de la future mairie d'Arras sur les plans de l'architecte Émile Coué.
21:11La ville souhaitait depuis 1971 acquérir ce terrain stratégique.
21:15Avec cette construction, la municipalité affirme une volonté forte,
21:20replacer Méolence au centre de la ville.
21:23On peut encore voir cette première pierre au niveau moins 1 de la mairie.
21:29Construit en 1746 sous le nom d'Hôtel Laurent,
21:33le bâtiment est très délabré au moment de la réhabilitation.
21:44Plutôt que de le démolir, on choisit de le restaurer.
21:54Il devient le foyer soleil, puis Résidence Soleil,
21:57ouverte le 1er mai 1978.
22:09Elle propose 42 logements pour personnes âgées,
22:12avec des espaces collectifs.
22:19L'objectif est double,
22:21offrir un cadre digne aux seniors,
22:23et maintenir leur présence dans le quartier.
22:28Les étages supérieurs accueillent des salles d'animation,
22:32projections, lectures, gymnastiques, bricolages.
22:39Le lieu devient un pilier de la reconstruction sociale.
22:44En 2025, la Maison des seniors y est inaugurée.
22:47Preuve que l'esprit du projet de 1978 perdure.
22:59Derrière la Résidence Soleil
23:01est construite la Halte Garderie Méolence.
23:03Elle répond à l'évolution démographique du quartier.
23:06De jeunes couples s'installent dans les nouveaux logements.
23:08Le quartier ne doit pas devenir uniquement
23:10un secteur administratif ou résidentiel,
23:12mais un espace de vie intergénérationnel.
23:15Elle est aujourd'hui occupée
23:16par le centre social Nord-Est Centre.
23:21L'Hospice Saint-Éloi, place de l'Ancien Rivage,
23:23est le plus ancien édifice de la place.
23:30Construit au début du XVIIe siècle
23:32par Robert Leriche,
23:33hors fèvre à Rajoy,
23:34il est reconnaissable à sa tourelle en briques.
23:40Classé Monument historique en 1946,
23:42il est restauré dans le cadre de la réhabilitation.
23:47Il devient un équipement collectif majeur.
23:50Salle d'animation, réunion, projection.
23:55Un symbole fort.
23:57Le patrimoine ancien n'est pas effacé.
23:59Il est intégré au nouveau quartier.
24:04Peu à peu, entre 1978 et le début des années 1980,
24:08le paysage urbain change profondément.
24:11Les immeubles ne dépassent pas trois étages.
24:13Briques, pierres et ardoises
24:15rappellent l'architecture traditionnelle à Rajoise.
24:17Les cages d'escalier donnent sur des courrettes intérieures,
24:20favorisant une échelle plus humaine.
24:22On cherche clairement à éviter l'image froide et anonyme
24:24des grands ensembles.
24:25La rénovation transforme donc l'espace.
24:28Mais elle ne suffit pas à recréer du lien.
24:30Car derrière cette amélioration du cadre de vie,
24:32la cohésion sociale a été fragilisée.
24:35Entre 1968 et 1975,
24:38la population chute de plus de 600 habitants.
24:40Seuls 32% des habitants vivent encore dans le même logement.
24:44Cela signifie que près des deux tiers ont déménagé.
24:46Les repères disparaissent,
24:48les voisins changent,
24:49les habitudes se perdent.
24:50La vie commerciale recule fortement.
24:52Sur 71 boutiques autrefois présentes,
24:55seules quelques-unes subsistent.
24:57Les activités portuaires déclinent également.
24:59Le port fluvial,
25:00qui structurait l'emploi local et rythmait la vie du quartier,
25:03est progressivement déplacé vers Saint-Laurent-Blangy.
25:06Autrement dit,
25:07ce ne sont pas seulement des bâtiments qui disparaissent.
25:09Ce sont des lieux de rencontre,
25:11des espaces de sociabilité,
25:13une mémoire collective.
25:14Alors dans ce contexte,
25:16l'animation devient essentielle.
25:18Elle ne vient pas simplement divertir,
25:20elle vient recréer de la proximité.
25:22Le bal du 14 juillet,
25:23les braderies,
25:24le cinéma de quartier,
25:26ceux de la Saint-Jean,
25:27les réunions d'habitants.
25:29Ces moments permettent aux anciens et aux nouveaux habitants
25:31de se rencontrer,
25:32d'échanger,
25:33de se reconnaître.
25:35Ils redonnent une visibilité à chacun.
25:37Ils recréent un sentiment d'appartenance.
25:39Une équipe d'une dizaine d'habitants
25:40prend progressivement le relais de l'animateur.
25:43C'est un point fondamental.
25:44L'objectif est atteint lorsque l'animateur peut s'effacer.
25:55Cela signifie que la dynamique collective
25:57ne dépend plus d'une intervention extérieure,
25:59mais qu'elle est portée par les habitants eux-mêmes.
26:02Entre 1974 et 1992,
26:05le quartier change profondément.
26:07Mutation sociale,
26:08baisse du nombre de familles nombreuses,
26:10arrivées de jeunes couples et d'employés,
26:12tout en maintenant une forte proportion de personnes âgées.
26:15La rénovation a amélioré l'habitat.
26:17Elle a modernisé l'espace urbain.
26:18Mais elle a aussi transformé l'identité du quartier.
26:21Et pourtant, à travers les fêtes,
26:23les permanences,
26:24les cafés partagés sur le trottoir,
26:26quelque chose subsiste.
26:27L'idée que Méolence n'est pas seulement
26:29un ensemble de logements rénovés,
26:30mais un lieu de solidarité vivante,
26:32où le lien social se reconstruit,
26:34jour après jour,
26:35par l'engagement et la présence des habitants.
26:39Les quatre tranches principales sont achevées.
26:43627 nouveaux appartements
26:44sont construits dans la zone de résorption
26:46et 405 logements restaurés en zone de réhabilitation,
26:49dont le monde piété,
26:51ainsi que l'ancien hôtel du Bois de Fosseux
26:52ou encore l'hôtel de Wismes situé rue Saint-Jacques.
26:57Les 24 cellules commerciales sont livrées.
27:01Les dernières opérations,
27:03le long de l'ancien port,
27:05aboutissent au début des années 1990,
27:07avec 230 logements supplémentaires.
27:09Entre 1974 et 1992,
27:1317 années ont profondément transformé Méolence-Saint-Géry.
27:17La rénovation fut architecturale,
27:19mais aussi sociale.
27:20Elle modernise l'habitat,
27:21tout en modifiant durablement la composition
27:23et l'identité du quartier.
27:26Trois récents chantiers dans le quartier Méolence
27:28méritent également d'être cités.
27:32Les aménagements réalisés au niveau du pont de Grès,
27:34le long du canal Saint-Michel à Arras,
27:36s'inscrivent dans une démarche de mise en valeur
27:38du patrimoine fluvial et urbain.
27:40La création d'un chemin de halage
27:42permet aujourd'hui de redonner toute sa place au canal
27:44dans le paysage arajois.
27:46Autrefois espace utilitaire lié à la navigation,
27:48la berge devient un lieu de promenade et de découverte,
27:51favorisant les mobilités douces
27:52et le lien entre les quartiers.
27:54Ces travaux participent à la valorisation
27:56du cadre historique du canal,
27:57la réappropriation des berges par les habitants,
28:00et l'amélioration de la qualité paysagère du site.
28:03Rue des Archers,
28:05un diagnostic archéologique préalable
28:07au futur projet immobilier,
28:08a mis en lumière une occupation continue
28:10du site du Xe siècle à nos jours.
28:12Sur 4 500 m2,
28:14les fouilles ont révélé un ancien bras du crinchon,
28:17des vestiges de ponton,
28:18une chaussée et une grange médiévale,
28:20enrichissant la compréhension
28:22de l'évolution urbaine du quartier Méolence.
28:24Le projet architectural s'inscrit
28:26dans cette mémoire patrimoniale.
28:27Le corps principal de l'ancien lycée Baudimont,
28:30Saint-Charles, sera restauré à l'identique,
28:32tout comme les rez-de-chaussée des maisons voisines.
28:34Des surélévations contemporaines en zinc
28:36rétabliront la continuité de la rue.
28:39Deux bâtiments neufs structureront l'ensemble
28:40autour d'un jardin intérieur,
28:42organisé autour d'un platane multicentenaire conservé.
28:47Suite à 6 mois de travaux de rénovation,
28:49la place de l'ancien rivage
28:50a été inaugurée ce samedi 25 octobre 2025.
28:56Axe important du projet,
28:57il fallait adapter la place au dérèglement climatique
29:00car le quartier s'était retrouvé sous les eaux
29:02après un fort orage en juin 2021.
29:05Les aménagements réalisés par la ville d'Arras
29:07et la communauté urbaine d'Arras
29:09ont permis de faire de ce lieu
29:10un véritable espace de convivialité pour tous.
29:14Le public a pu découvrir Joute Poétique,
29:17la sculpture de l'artiste Catherine Millet,
29:19avec la collaboration technique de Marc Nave, métallier,
29:22une œuvre qui raconte l'histoire et la vie du quartier.
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