- il y a 5 semaines
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00:00Ils ont quand même ouvert...
00:02Ils ont quand même ouvert.
00:03Tous les tiroirs ont été ouverts.
00:06La boîte ici a été...
00:08a été jetée par terre.
00:11Et cette armoire a été ouverte aussi ?
00:13Cette armoire a été ouverte aussi.
00:15Et qu'est-ce qu'il y a dans cette armoire ?
00:16Des vêtements. Uniquement des vêtements ?
00:18Des vieux vêtements, il n'y a rien.
00:23Et donc à côté ?
00:24Et à côté ?
00:25C'est là où ils ont pris les vies.
00:32Tous les tiroirs ont été en verre.
00:36Ça c'est le tiroir de la commode.
00:38Ça c'est le tiroir de la tasse de nuit.
00:39Des bijoux se trouvés ?
00:40Des bijoux se trouvés ici.
00:43Alors ils ont laissé la montre en plageur.
00:47Ils ont emmené les deux montres en or.
00:49Deux montres anciennes.
00:51Tout a été foulé.
00:52Il y a une paire de moussons de manchette qui a disparu.
00:54Il y a un cheminière de notre comité qui a disparu.
00:57Il y a...
00:58Il n'est pas que le travage en or qui a disparu.
01:01Il y a une nazaire ici.
01:03Ils en privent.
01:05Ils ont laissé l'enpli, ils ont laissé les galiseurs.
01:08Alors ce qu'il va falloir, monsieur, c'est retrouver le bon garantie de la taquille.
01:10Oui.
01:11Afin que nous ayons de la marque, le titre, le numéro.
01:15Absolument.
01:15C'est la première fois que vous avez été cambriolé ?
01:17C'est la première fois, oui.
01:18Alors, quel sentiment on éprouve dans ces cas-là ?
01:23Je ne vais pas rentrer.
01:28On a l'impression que, disons, le fait que quelqu'un rentre chez vous, on a l'impression de...
01:33C'est gênant déjà qu'il y ait quelqu'un rentre chez vous et surtout de retrouver tout ça dans
01:36cet état-là.
01:39Il y a des choses auxquelles je tenais, qui sont des choses qui ont disparu.
01:48Mais pourquoi ?
01:49Parce que j'ai entendu parler de beaucoup de cambriolages et peu de fois en trouver quelque chose.
01:55Moi-même, je me suis fait voler deux autoradios.
01:59On n'a jamais rien retrouvé.
02:03Vous pensez que les gendarmes sont en train de travailler pour rien, là ?
02:06Non, je pense qu'il faut qu'ils fassent ce qu'ils font.
02:09Et que, malgré tout, la probabilité est faible.
02:12Alors, Madame Lecor, vous détenez un triste record. Lequel ?
02:1627 cambriolages.
02:1827 cambriolages.
02:19Un par an, environ.
02:20Dans une maison de campagne.
02:21Une maison dans laquelle nous n'allons que pour les week-ends.
02:24Et qui est une maison qui est isolée, tout de même.
02:25Elle est isolée dans un bois de pain.
02:27Oui.
02:28Autour d'une grande ville qui est une ville étante.
02:31C'est presque une incitation au cambriolage, d'habiter dans les bois.
02:34C'est dommage. C'est certainement beau.
02:37Bon. Alors, vous avez l'impression que la gendarmerie ne peut pas vous protéger.
02:41Non, on n'a jamais rien retrouvé. En 27 fois.
02:44Et alors, qu'est-ce que vous faites, maintenant ?
02:46Eh bien, nous avons la chance d'avoir un garage un peu plus loin, qui est bien surveillé.
02:50Et on vide notre maison quand on part.
02:52Vous vous cambriolez avant que les cambrioleurs le fassent ?
02:55Absolument.
02:56Merci.
02:57Madame Folle, vous n'avez pas été cambriolée, vous avez été agressée tout de même.
03:03Moi, j'appelle ça, oui, de l'agression pure et simple.
03:06On vous a arraché votre sac ?
03:07On m'a arraché mon sac à la sortie de la poste.
03:10Il était quatre, trois dans une voiture et l'autre qui m'a arraché le sac.
03:14Je me suis retrouvée éjectée sur la voie publique, je n'ai rien compris, rien.
03:18Et bon, ils m'ont pris d'ailleurs, ils ont trié, ils savaient très bien ce qu'ils faisaient,
03:21tant donné qu'ils ne m'ont pris dans mon sac que ma carte d'identité, mon permis de conduire,
03:26mon carnet de chèque et ma carte bleue.
03:28Vous avez l'impression que c'était un gang organisé ?
03:30Moi, j'ai l'impression que ce n'est pas...
03:32Déjà, moi, j'étais la troisième agression, je ne sais si c'est dans la journée,
03:35mais l'inspecteur m'a dit que j'étais la troisième agression dans le même quartier
03:38et par la même voiture qui était, bien sûr, un véhicule volé.
03:41Je vous remercie.
03:42Eh bien, avant l'émission, par le Minitel TF1 3615 TF1,
03:47nous avons posé la question aux téléspectateurs.
03:52diriez-vous que vous vivez dans la crainte d'être victime d'un cambriolage, d'un vol ou d'autres
03:58méfaits ?
03:58Oui, 62%, non, 38%.
04:03Eh bien, c'est une réponse qui ne vous surprendra pas, monsieur Estrada,
04:09parce que finalement, l'insécurité, elle vous a fait fuir, hein ?
04:12Tout à fait.
04:13Vous avez déménagé ?
04:14J'ai déménagé, contraint et forcé.
04:16Alors, vous habitiez ?
04:17J'habite à Marignane, dans les Bouches-du-Rond, à côté de Marseille.
04:19J'habite en centre-ville, une rue où, vraiment, la délinquance a un paroxysme complet.
04:24Mais j'étais voisin des deux curés.
04:27Et ensemble et moi, nous avons déposé 45 plaintes en espace de cour.
04:30Deux 17 mois.
04:31La différence, c'est que le curé, il ne pouvait pas déménager du presbytère, mais vous ?
04:35Tout à fait.
04:36Moi, dès que j'ai pu, je l'ai fait.
04:38Alors, qu'est-ce que ça voulait dire, cette insécurité ?
04:41C'était tous les jours, les voitures cassées dans la rue.
04:43Le soir, bon, ce que je voulais dire, c'est que les femmes ne peuvent même pas sortir le soir
04:47après 18 heures.
04:47C'est la sécurité la plus totale.
04:50Vendredi dernier, il y a eu trois agressions avec sacs arrachés, en plein jour, dans la rue.
04:54Dans l'ancienne rue, j'habite.
04:55Les cambriolages ?
04:56Les cambriolages, c'est sans arrêt.
04:58Vous en aviez eu plusieurs ?
04:59J'en ai eu plusieurs sans réponse, d'ailleurs, énormément, et les curés aussi.
05:03Bon, mais alors, vous appeliez la police, tout de même.
05:06Écoutez, j'ai même appelé la police en voyant un de cambriolages.
05:09Qu'est-ce qu'on vous a répondu ?
05:10On m'a répondu qu'on ne pouvait envoyer personne, parce qu'il n'y avait pas d'effectifs.
05:16Monsieur Carrosa, vous habitez une autre banlieue chaude, de la banlieue parisienne à Vitry.
05:22Et vous, vous avez failli voir votre cambriolaire.
05:25Oui, enfin, ils n'étaient pas tout seuls, ils étaient deux, hein.
05:28C'était au mois de juillet, il faisait très chaud, les portes-fenêtres de mon balcon étaient ouvertes,
05:33et deux individus se sont introduits dans mon appartement.
05:36Et, ben, pendant que je dormais, ils ont commencé à débrancher le poste de télévision,
05:40et j'ai été réveillé, moi, par les grognements de mon petit chien.
05:43Alors, bien, le temps de faire surface, j'ai pris mon fusillage, car j'ai un fusillage la nuit, n
05:48'est-ce pas ?
05:49Et puis, je suis allé dans le salon, mais certainement qu'ils m'avaient entendu, et parce qu'ils se
05:54sont échappés,
05:55ils ont sauté le balcon en apportant une sacoche avec des... enfin, sans importance, n'est-ce pas ?
06:00C'est-à-dire qu'à 20 secondes près, avec votre fusil en main, vous les auriez vus se sauver
06:06?
06:06Euh, je les aurais surpris dans mon salon.
06:09Oui, et alors ?
06:10Eh bien, alors, il aurait fallu qu'il soit très passif face à mon fusil, sinon, je pense que j
06:14'aurais tiré.
06:16Vous auriez été un délinquant ?
06:18Euh, pourquoi un délinquant ?
06:20Vous auriez été un délinquant dans le sens où il y a un état de droit et qu'on ne
06:23doit pas substituer un état de droit à la peine de mort.
06:26Même si le vol est un fléau et il faut le reconnaître, moi, en tant qu'assurance, on le voit
06:29bien,
06:30c'est pas pour autant qu'on en arrive à tuer des gens pour cela.
06:32Je crois qu'il faut se pencher sur les problèmes de société que ça pose en amont avec la police
06:37qu'il y ait un véritable dialogue.
06:38Nous, on a un exemple très simple là-dessus.
06:40À la Bastille, nous avions des pièces volées à la vue de tout le monde.
06:43La place était complètement occupée par des voleurs et toutes les semaines, et personne ne disait rien.
06:47Nous avons passé des accords avec le préfet.
06:49La police a fait son rôle, a joué son rôle.
06:51Et nous, motards, eh bien, nous avons été faire de la prévention.
06:54Nous avons discuté avec d'autres motards.
06:56Et puis, 6 mois après, il n'y avait plus de pièces volées.
06:59Et c'était aussi une façon d'empêcher le recel et d'empêcher ce commerce illicite.
07:05Alors, je crois que le fusil n'a jamais rien résolu en France.
07:08Au contraire, ça provoque des drames encore plus graves et qu'il y a un état de droit, il faut
07:12le respecter.
07:14Je crois que le droit est bien précis dans ce sens-là.
07:17On n'a pas le droit de s'introduire chez les gens la nuit, monsieur.
07:20Alors, vous dites que moi, en tuant ou en abattant ou en blessant ces individus, j'aurais été un délinquant.
07:25Mais je crois que la question, il faut le reposer à ces gens-là.
07:28Est-ce que pour venir voler un poste de télévision, un transistor, ils ne risquent pas leur vie ?
07:33Monsieur Estrada, si vous voulez donner le micro à Marignane, là, justement, dans votre quartier, les gens sont armés, non
07:40?
07:40Tout le monde est armé, effectivement.
07:42Cette défense n'a absolument rien réglé, ce que je vous dis.
07:45Seulement, voilà, la méprise, la personne qui a tué son propre fils cet été.
07:50La surprise, parce qu'il y a eu bien souvent, et dans deux cas précis où on a descendu quelqu
07:53'un qui avait 16 ans,
07:54la haine, ça a engendré, et la vengeance.
07:56Et tous ces gens-là sont partis, et le problème n'a jamais été réglé.
07:59Vous n'avez jamais été tenté, vous, d'avoir une arme ?
08:03Jamais.
08:03Vous savez, lorsque vous disposez d'une arme, vous ne savez jamais à quel moment vous pouvez tirer.
08:06Et il suffit d'avoir une petite peur, et vous allez faire un geste qui va vous marquer toute votre
08:10vie.
08:11Si vous n'en avez pas, je pense que vous pouvez régler les problèmes.
08:13Alors, autrement, on ne peut pas se défendre.
08:15Alors, je vais donner la parole aux téléspectateurs.
08:18Nous leur avons posé la question, approuvez-vous les gens qui vivent armés pour se défendre contre les cambrioleurs ?
08:27Oui, 59%, non, 41%.
08:30Monsieur Maillard, vous vouliez parler.
08:32Oui, moi, je suis aussi armé d'un fusil à l'intérieur d'un pavillon, et je suis tout à
08:36fait d'accord avec monsieur.
08:37J'estime qu'à partir du moment où la personne passe le seuil de mon pavillon, elle connaît les risques,
08:44si vous voulez.
08:45Nous, nous sommes des automobilistes, on parle de la peur du gendarme quand on conduit très vite.
08:49Donc, j'estime qu'il ne peut pas y avoir la peur du gendarme à l'intérieur d'un pavillon,
08:52il peut y avoir la peur du fusil.
08:54Voilà, c'est la dissuasion.
08:55Monsieur Carroza, est-ce que vous avez le sentiment que si les cambrioleurs savaient que beaucoup de particuliers sont armés,
09:03eh bien, ils renonceraient ?
09:04Ah, j'en suis persuadé, oui. Absolument.
09:11Vous aussi, madame.
09:12Je pense aussi, oui, absolument.
09:14Moi, je crois qu'il ne faut pas tout mélanger.
09:16Non, non, parce que le risque est disproportionné. Je pense que la défense des biens ne justifie pas l'attaque
09:21de la personne.
09:22C'est vrai que la sécurité des biens et des personnes est une exigence sociale, on est tous d'accord,
09:27mais je pense que la légitime défense, c'est quand même autre chose.
09:30Alors, Monsieur Jean-Paul Jean, en tant que magistrat, comment réagissez-vous à ces réactions ?
09:37Écoutez, je crois que le fait de s'armer, enfin, le western, etc., c'est toujours un sentiment d'échec
09:42d'une société face à ça.
09:44Ça n'engendre effectivement que la haine, des tas d'incompréhension.
09:47Je crois qu'il faut essayer de traiter le vrai problème.
09:49Essayer de voir comment on peut les régler concrètement dans ce charpire, etc.
09:52Effectivement, si la police ne vient pas ou ne peut pas venir alors qu'on voit des cambrioleurs, là, il
09:56y a un problème.
09:56Alors, qu'est-ce qui a été fait sur la suite ? Il y a un conseil communal de prévention
09:59de la délinquance, il y a...
10:00Vous avez été voir le commissariat, le maire est intervenu.
10:03Nous reparlerons de tout ça. Ce qui est sûr, c'est que si les gens sont tentés de se faire
10:07policier, c'est parce qu'ils ont le sentiment que les policiers sont inefficaces.
10:11Alors, je vais maintenant faire venir quelqu'un qui va tous vous réconcilier.
10:17Pourquoi ? Parce que André Lebar a fait une longue carrière dans la police et qu'il était chargé.
10:24Vous étiez responsable de la sécurité sur les Champs-Elysées à Paris.
10:29En 12 ans, vous avez réussi à faire 6000 arrestations de malfaiteurs et pas de bavure.
10:35Alors, comment avez-vous fait ?
10:37C'était en 1974 que j'étais chargé de créer une équipe dite anti-criminalité face, effectivement, à la naissance
10:44de la sécurité sur ces quartiers.
10:46J'étais composée d'une équipe et nous sommes allés directement sur le terrain.
10:50Nous sommes confrontés avec ces délinquants.
10:52Et notre démarche était de les détecter dans la foule, sur la voie publique.
10:57Et très rapidement, nous avons obtenu des résultats tout à fait intéressants et qui ont été confortés au fil des
11:05années.
11:05Puisque, commençant en 1974, la première année, nous avons effectué 300 arrestations en flagrant délit.
11:11Lorsque j'ai quitté en 1986, l'équipe, nous tournions à mille arrestations en flagrant délit par an.
11:19Et je dois dire que j'ai été confronté absolument à toutes les situations, toutes les sortes de délits possibles,
11:23du vol à la tire au vol à l'étalage, au hold-up, au fusil d'assaut.
11:27Mais alors, pourquoi, vous, étiez-vous plus efficace que vos prédécesseurs ?
11:32Ah, peut-être parce que j'avais la foi. Peut-être...
11:36Non, mais vous pouvez tout dire, je précise, vous avez quitté la police il y a six mois.
11:40Alors, pourquoi êtes-vous l'exception et non pas la règle dans la police ?
11:45Ben, l'exception, les circonstances ont fait que, effectivement, des hommes aussi ont permis que je mène cette activité,
11:51qui ont été mes commissaires de police psychétiques dans une première phase.
11:54Et j'ai eu carte blanche, c'est vrai que j'ai rompu avec ce qui se faisait traditionnellement.
11:59J'ai banni de mon vocabulaire le mot de fonctionnaire, complètement.
12:02Et il est vrai que, pendant de nombreuses années, j'ai travaillé 10 à 12 heures par jour, mes épipiers
12:05aussi,
12:06et que c'était une sorte de challenge, et que, très rapidement, nous avons non seulement jugulé,
12:13mais, enfin, nous ne sommes pas les seuls, en complémentarité avec les autres services de police, bien évidemment,
12:17jugulé de la montée de la criminalité.
12:19Je peux dire que c'est officiellement ami que, dans les dernières années, vers 1986,
12:24nous avions fait baisser sur les Champs-Elysées la criminalité de 20%, à peu près.
12:29J'aurais voulu étendre cette expérience, et d'autres hommes ne l'ont pas permis. Alors, je suis parti.
12:34Donc, la police peut mieux faire, de votre point de vue ?
12:37Bien sûr.
12:37Eh bien, asseyez-vous là, vous nous direz, tout à l'heure, comment.
12:43Ce sentiment d'une certaine inefficacité de la police, eh bien, il se retrouve chez les spectateurs.
12:50Nous avons posé la question.
12:52Face aux différentes formes de vols, avez-vous le sentiment que la police est très efficace ?
12:594%.
12:59Efficace ?
13:0135%.
13:02Peu efficace ?
13:0361%.
13:05Alors, commissaire Dilasser, est-ce que vous comprenez tout de même ce sentiment du public d'irritation ?
13:11Je dirais que la police, elle fait son travail. Si, depuis 1985, on a constaté une certaine baisse de la
13:19délinquance, c'est quand même bien grâce, en partie, à l'action de la police.
13:23Et concrètement, quand je vois, pour les cambriolages, le taux d'élucidation est inférieur à 15%, encore plus bas pour
13:34les vols de voiture ou pour les vols à la roulotte, il y a quand même quelque chose qui choque
13:39le public.
13:39Lorsque vous parlez des taux d'élucidation, laissez-moi vous dire que la police arrête des personnes à la suite
13:48d'un flagrant délit ou à la suite d'enquêtes effectuées par les inspecteurs de police.
13:55Et, quelquefois, l'enquête suit un flagrant délit sur commission regatoire, par exemple, des instructions, etc.
13:59Et, lorsqu'on arrête en flagrant délit, bien souvent et trop souvent, on ne peut mettre à la charge de
14:06l'individu interpellé que le fait pour lequel il a été interpellé.
14:11Alors que, peut-être, cette personne a commis une série de cambriolages. Et si vous ne retrouvez pas son repère,
14:19il vous sera extrêmement difficile de lui imputer d'autres cambriolages.
14:23Ce qui explique le taux d'élucidation dont vous parlez. Alors qu'en réalité, le taux réel à la suite
14:30des interpellations est bien meilleur que vous ne l'indiquez.
14:32Oui, je crois qu'il faut préciser, pour le taux d'élucidation, il ne peut pas donner satisfaction, dit comme
14:38il est, 12%, effectivement, il ne peut pas donner satisfaction.
14:41Dans la réalité, ça ne se présente pas tout à fait comme ça. Moi, j'ai deux exemples aux deux
14:45mecs qui se sont passés la semaine dernière.
14:46Premier exemple, trois personnes ont été arrêtées, une bande. Ces trois personnes auront connu cinq vols. Et puis, dans les
14:5348 heures de garde à vue, elles auront connu 40 vols.
14:57Mais quand on leur a demandé de préciser, elles étaient dans l'incapacité de préciser.
15:01Ils ont fait 40 vols. Ils savent quand même où ils sont.
15:06Non, non, non, attendez. Ce qu'on veut dire, c'est qu'ils sont bien incapables de vous dire dans
15:10quelle voiture ils ont volé.
15:12Et c'est ça, c'est des vols dans des voitures. Et alors là, on a 30 victimes, 40 victimes
15:17qui ne seront pas satisfaites et je le comprends très bien.
15:19Et si on vient vous dire que vous avez vu devant vous, à 50 cm, le cambrioleur, enfin cambrioleur pardon,
15:28mais la personne avec votre bijou au cou.
15:30Vous allez à la police et on vous dit, ah, écoutez, madame, il est 7 heures du soir. Il n
15:34'y a personne. On ne peut malheureusement pas vous aider.
15:37Et êtes-vous assuré? Oui. Avez-vous été remboursé? Oui.
15:40Mais alors, qu'est-ce que vous venez faire chez nous? Ça, c'était ce qui m'est arrivé à
15:43moi.
15:44Eh bien, écoutez, je vais faire venir maintenant M. Deleplace, qui est le secrétaire général de la FAS, un syndicat
15:53qui réunit le plus de policiers depuis le gardien de la paix jusqu'au commissaire en France.
16:01Vous voyez ce qui se passe à l'étranger. Franchement, est-ce qu'il n'y a pas des pays
16:06à l'étranger où la police est plus efficace contre le vol?
16:10Nous sommes les deuxièmes en Europe sur le taux des réussites après l'Italie. Je suis responsable aussi d'un
16:15syndicat international. C'est l'Italie qui est le pays le plus efficace.
16:17Ce sont les Italiens qui résolvent le mieux la question des législations. Et les deuxièmes en Europe, c'est la
16:22France. Donc, assez fiers.
16:24Mais, derrière cela, c'est vrai que ces critiques qui viennent d'être évoquées ce soir, pour moi, j'en
16:30fais profit.
16:32Parce qu'il n'y a qu'à partir du moment où les victimes expriment qu'ils interpellent les policiers
16:38et les gendarmes. Et que se passe-t-il dans un commissariat, dans une gendarmerie?
16:44Il y a des contraintes et des urgences. Contraintes, par exemple, il y a quelques semaines, vous avez vu, nous
16:52avons reçu en France le prince de Galles, avec son épouse.
16:57Donc, on a des gardiens de la paix qui rendent les honneurs au lieu de courir après les valeurs.
17:02Trois mille hommes. Trois mille hommes ce jour-là. Chaque jour à Paris, par exemple, vous passez dans les rues
17:07de Paris, vous voyez des hommes devant les portes.
17:08500 policiers par jour sont rivés à une porte pour garder une personnalité, voire une ambassade, une négation étrangère.
17:15Et ensuite, je vais ajouter un troisième chiffre. Chaque jour, au standard de Paris, Paris intra-muros, 1 500 appels
17:22de SOS urgences.
17:24Et quand on nous appelle en urgence, que faisons-nous? On ne sait jamais, au bout de ces 1 500
17:29appels jour, ce qui nous attend, on y court.
17:31Écoutez, tout à l'heure, écoutez, mon collègue Lebarce, j'étais très satisfait d'entendre un homme qui a fait
17:37au moins le métier de policier.
17:39Et il l'a fait d'une façon complète et journalière.
17:42Mais dites-donc, ça devient rare dans la police.
17:42Avec une motivation, vous avez vu sa motivation.
17:44Ça devient rare dans la police.
17:45Et je crois qu'il y a des Lebarces partout.
17:47Et qu'on essaye de faire comprendre en français qu'on ne peut pas déranger les policiers à propos de
17:51tout et de n'importe quoi.
17:52Monsieur Delplasson, on va faire une expérience. Regardez. Je pose la question à toutes nos victimes, à tous nos plaignants.
18:00Lorsque vous êtes arrivés pour porter plainte à la police, quel sentiment avez-vous eu?
18:06Le sentiment que les policiers notaient et bondissaient pour aller rechercher vos voleurs, ou le sentiment que vous les embêtiez?
18:14Non, pas disponible du tout. Pas disponible du tout.
18:15On va avoir affaire aux fonctionnaires en toute l'acceptation du terme, c'est-à-dire là pour prendre votre
18:19fiche, votre nom, et c'est tout.
18:21Monsieur Valentin.
18:22J'ai eu affaire, sur une affaire, à deux fois la même police.
18:28Je ne parle pas de la gendarmerie.
18:29La première fois, c'est deux policiers vraiment dilettantes qui sont venus prendre le constat.
18:34Et ils m'ont dit, vous savez, les constats, on en a beaucoup à faire tous les jours.
18:37Ce n'était pas leur problème, absolument pas.
18:39Et pour le même bureau de police, quelques mois après, quand on avait retrouvé une partie des choses,
18:44là, j'ai eu affaire à un policier très consciencieux qui a passé beaucoup de journées avec moi.
18:48Donc, je pense qu'il y a, dans la police, plusieurs catégories de gens.
18:53Certains qui sont sérieux et d'autres, comme vous dites, monsieur, qui ne font peut-être pas tout ce qu
18:57'ils pourraient faire.
18:57Monsieur Jean.
18:58Je pense que c'est quand même un problème d'organisation et qu'il y a un travail de fond
19:01qui se fait à partir de ça.
19:03C'est-à-dire que tout le monde sait très bien que la logique aussi d'une hiérarchie ou de
19:06n'importe quel ministre,
19:08c'est la logique statistique au niveau du résultat.
19:10On a souvent tendance à faire du chiffre, c'est-à-dire ce qu'on appelle des crânes et des
19:14bâtons,
19:14faire le flagrant des lits à tout prix.
19:17Effectivement, là, on voit le résultat.
19:18Plutôt que les longues enquêtes qui aboutissent à quoi ?
19:21Qui aboutissent à désorganiser les réseaux de recel arrivent au fond,
19:24mais dont les résultats sont très aléatoires parfois.
19:26Donc, on préfère parfois un résultat immédiat qui est nécessaire, interpellé,
19:30au travail très lourd, des enquêtes très longues, etc.,
19:33qui s'attaquent plus au fond du problème, par exemple celui du recel.
19:35Parce que s'il y a autant de cambriolages, pourquoi ?
19:37C'est parce qu'il y a des tas de réseaux de recel qui sont organisés.
19:39On sait très bien que c'est une sorte de puits qu'on remplit constamment.
19:42Si on interpelle un voleur, on ne règle pas le problème des réseaux de recel.
19:46Il faut bien reconnaître que nous avons probablement des efforts d'organisation, de réorganisation,
19:51et nous luttons, je tiens à le dire, contre ce que nous appelons les charges indues,
19:56c'est-à-dire des charges qui ne devraient pas revenir à la police ou à la gendarmerie,
20:00et là, je parle en connaissance de cause,
20:02de façon à ce que nous ayons davantage de monde sur le terrain.
20:05Ceci dit, nous ne restons pas non plus les bras croisés.
20:07Et sans faire d'autosatisfaction, je dirais que nous étudions tous les moyens,
20:12notamment les moyens techniques.
20:13Nous avons un plan bureautique qui nous permettrait de mettre davantage de gens sur le terrain
20:18pour traiter plus vite les procédures, car il faut bien quand même écrire des procédures.
20:21Sinon, comment la justice peut-elle fonctionner ?
20:24Ce constat, j'ai là, qu'il m'a été fait en dernier, le policier qui le faisait ne savait
20:30pas taper à la machine,
20:30il avait une vieille anéroute pourrie, et il a mis la demi-journée pour me le taper.
20:36Alors, c'est vraiment du temps perdu.
20:38Bon, concrètement, sans engager de nouveaux policiers, est-ce qu'on aura davantage de policiers sur le terrain ?
20:45Oui, question. Tout le reste, c'est de la littérature.
20:47Eh bien, avec une redéfinition des missions, avec effectivement la mise en œuvre également peut-être de certaines propositions
20:53entre la gendarmerie et la police, on peut envisager une amélioration de la situation.
20:57Bon. Donc, ce que dit M. Donne-Place, c'est vrai et on va améliorer la situation.
21:03On peut l'améliorer. Il faut la volonté. Il faut la volonté. Il faut la volonté.
21:08Pour une police moderne, vous en conviendrez.
21:10Les collègues qui sont avec ces vieilles machines, vous savez, quand on rentre policier, M. De Couset,
21:13on n'est pas fatalement un employé de bureau. On n'est pas venu pour ça.
21:16Et dans une police moderne, je l'ai vu dans certains pays qui ne sont pas plus évolués que le
21:21nôtre au plan économique,
21:22il y a des opératrices en informatique dans les commissariats qui tapent les procédures.
21:26Il y a les policiers sur le terrain qui ramassent les éléments et qui viennent signer leurs procédures.
21:30Je crois qu'il ne faut pas avoir peur de sortir de cette machine à écrire que vous avez vue
21:34et qu'on voit dans tous les commissariats qui est réformée depuis 1945,
21:37de passer à la bureautique, à l'informatique, à la vidéo.
21:40Écoutez, à ce stade, je vous demande d'écouter M. Philippe Robert.
21:45M. Philippe Robert est sociologue et l'étudie, c'est son métier en tant que chercheur,
21:52tous ces problèmes de délinquance. Alors, on a ce sentiment d'insatisfaction du public.
21:59Le public dit au fond, ça n'intéresse pas vraiment la police. Est-ce que c'est un sentiment général
22:04? Est-ce que c'est vrai ? Qu'est-ce qu'il y en est ?
22:08M. Philippe Robert. Oui, nous avons fait comme vous. Nous avons interrogé des personnes pour savoir s'elles avaient été
22:13victimes.
22:14Mais on en a interrogé plus d'11 minutes. M. Philippe Robert. Oui. Alors, c'est vrai que... M. Philippe
22:19Robert.
22:20M. Philippe Robert. Le vol et le cambriolage s'entraînent une plainte systématique et un coefficient de satisfaction d'un
22:26tiers.
22:27M. Philippe Robert. Un tiers de gens disent que la police fait ce qu'il faut. C'est à peu
22:31près les chiffres qu'on a eus, hein ?
22:33M. Philippe Robert. Celui qui vient d'être volé ou cambriolé, c'est vraiment quelque chose d'important pour lui.
22:40M. Philippe Robert. Pour le professionnel qui reçoit la plainte, c'est une affaire assez banale, la plupart des fois,
22:50souvent pas très gratifiante.
22:52M. Philippe Robert. Et il y a ce décalage immédiat entre le sentiment de celui à qui y est arrivé
23:00quelque chose de très ennuyeux, de quelquefois dramatique, et puis la réaction du professionnel.
23:08M. Philippe Robert. De là, souvent, une décédition.
23:10M. Philippe Robert. Et concrètement, c'est pas très gratifiant pour la police et les policiers d'arrêter des petits
23:16voleurs.
23:17M. Philippe Robert. C'est pas la même chose que de se lancer sur une grande affaire criminelle. C'est
23:20ça que vous voulez dire ?
23:21M. Philippe Robert. C'est une délinquance qui, soit de banale, soit de petite, est une délinquance difficile que l
23:26'on ne peut, on ne pourrait prêter efficacement qu'en y consacrant une priorité, une énergie énorme.
23:34M. Philippe Robert. À part ça, nous sommes un pays qui avons une des plus grandes densités policières d'Europe
23:39et même du monde occidental.
23:41M. Philippe Robert. Moi, je suis pas un spécialiste d'organisation policière. Je constate qu'il y a une distorsion.
23:46M. Philippe Robert. Je vous remercie. Donc, on se retrouvera là sur ce problème et nous poserons des questions à
23:52ce sujet au ministre tout à l'heure.
23:55M. Philippe Robert. Alors, il est un domaine spécifique de délinquance où on voit bien la difficulté de la police
24:04à élucider les affaires. Ce sont les vols d'automobiles.
24:08M. Philippe Robert. 250 000 automobiles volées chaque année, 200 000 retrouvées. Oui, ce ne sont pas des affaires élucidées,
24:14simplement que la voiture avait été empruntée puis est retrouvée.
24:17M. Philippe Robert. Il reste 50 000 voitures vraiment volées. Et là-dessus, il y a à peu près 5
24:24% de taux d'élucidation. Et donc, pour les malfaiteurs, il y a un bénéfice annuel de 2 milliards.
24:32M. Philippe Robert. Ce sont bien sûr des réseaux organisés. Comment fonctionne-t-il ? Regardez ce reportage sur un
24:39de ces réseaux.
24:52M. Philippe Robert.
24:54M. Philippe Robert. Pendant près d'une heure, nous avons simulé le vol d'une voiture. Regardez bien. Malgré le
25:04bruit de l'alarme, c'est l'indifférence. Au mieux, l'agacement.
25:08M. Philippe Robert. Parmi les nombreux passants, personne ne tentera d'intervenir. Personne même n'imaginera l'éventualité d'un
25:15vol.
25:15M. Philippe Robert. Pourtant, chaque jour, 700 voitures sont volées et 170 ne seront jamais retrouvées.
25:23M. Philippe Robert.
25:25M. Philippe Robert. Vous voulez voir comment je pratique ? Absolument. M. Philippe Robert. Ah, voilà une, je vais vous
25:31montrer.
25:31M. Philippe Robert. Ok, je vous attends là ? M. Philippe Robert. Vous m'attendez là. Si vous voyez la
25:34police, vous me faites signes. Et dès que le feu s'allume de la voiture, vous pourrez monter avec moi.
25:38M. Philippe Robert. Ok.
25:40M. Philippe Robert. Il nous fallait rencontrer les différents protagonistes de ce trafic et en reconstituer les états.
25:46M. Philippe Robert. Premier maillon de la chaîne, un spécialiste. Il vole des voitures depuis 15 ans.
25:55M. Philippe Robert.
26:43Malgré une alarme à alimentation autonome et un système spécial de blocage du volant,
26:47la voiture sera volée devant nous en 4 minutes 27 secondes exactement.
27:05Où est-ce qu'on est ici ?
27:07Ici on est arrivé au point terminal, on mange, on va aller prendre une voiture,
27:11et l'équipe relais va suivre la suite des opérations.
27:15Dites-moi, c'est si facile que ça de voler une voiture ?
27:17Non, c'est très difficile, mais après des années d'expérience, de travail, j'ai appris et je suis devenu
27:22un spécialiste.
27:24Et vous mettez combien de temps pour voler une voiture en moyenne ?
27:27Entre 3 et 5 minutes. Pour des voitures beaucoup plus complexes avec des larmes sophistiquées,
27:31je vais aller directement par le moteur.
27:32Alors, les systèmes anti-vol, ça sera quelque chose ?
27:36Pour moi, personnellement, non. Ils n'ont aucune efficacité.
27:39Et vous voulez combien de voitures par jour ?
27:42Une, deux, trois, si je les trouve.
27:46La demande, elle se fera toujours.
27:47Disons que je peux les prendre, on me les vend à tout, on me les rachitera tout de suite.
27:51Et vous gagnez combien par voiture ?
27:52Pour cette voiture ce soir, j'ai gagné 5,000 francs.
27:54Ça aurait été une grosse voiture, j'aurais une, 1,5 francs.
27:56Dites-moi, et maintenant, qu'est-ce qu'il va se passer ?
27:59Eh bien, maintenant, l'équipe prend les vanilles, elle va changer.
28:01Je l'ai mal, elle va changer les serrures,
28:03on va s'occuper de la voiture, des plaques et tout.
28:05Il faudrait prendre les papiers.
28:06Demain matin, elle sera prête, le chauffeur n'aura plus qu'à la prendre et à la livrer.
28:09Allez, à ce monsieur.
28:24Bonjour.
28:25Bonjour.
28:26Je viens prendre possession de mon véhicule.
28:29C'est votre véhicule ?
28:30Je ne sais pas, mais c'est la raison que je n'ai pas le message devant.
28:33Je considère que c'est mon véhicule.
28:39Vous allez où, là ?
28:41À Damas.
28:42Vous passez par où ?
28:43Je vais quitter la France au Mont Blanc.
28:46Viens les pays de l'Est, après, et... Damas.
28:49Est-ce qu'il y a des trucs pour ne pas se faire remarquer ?
28:51Oui, on s'habille très proprement.
28:53En look avec la voiture, quoi, bien sûr.
28:56Est-ce qu'il y a une voiture qui est première aux hitparades ?
28:58Oui, c'est Immers.
29:01Pas problème, Mercedes.
29:03Ferrari, Porsche, BMW.
29:05Voilà à peu près la gamme, d'ailleurs.
29:06Est-ce que vous êtes employé par quelqu'un ?
29:09J'ai un patron, oui.
29:11Et vous payez bien ?
29:13Trois semaines.
29:14Deux millions pour me ramener la voiture...
29:15Enfin, pour livrer la voiture à Damas, je suis deux millions.
29:18Et j'ai un million de frais de route au départ.
29:20Et vos papiers sont en règle ?
29:21J'ai des papiers en règle, à mon nom, si vous voulez,
29:24mais qui sont faux, quand même.
29:25Les papiers des véhicules sont entièrement faux.
29:27C'est risqué d'être passeur ?
29:29Non, pas trop.
29:31C'est vraiment pas...
29:32La première fois, ça peut se cantonner entre 15 jours et 2 mois d'emprisonnement.
29:36Puis si le type n'est pas trop con, je crois qu'il arrête là, quoi.
29:39Vous n'avez pas l'impression de faire du tour aux gens, quand même ?
29:42Vraiment pas, non.
29:43Pas du tout.
29:44Vos assurances, oui.
29:45Bon, qu'est-ce que je fais ?
29:46Vous descendez ou je vous emmène à Damas ?
29:48Monsieur Robert, une réaction à fil ?
29:50Oui, je crois que ce reportage montre 2 caractéristiques très importantes
29:56qui permettent de comprendre un peu mieux l'importance des vols et des cambriolages
30:00dans notre société actuellement.
30:02Premièrement, l'abondance de biens tentants.
30:06Des voitures, mais aussi des magnétoscopes, des télévisions.
30:10Il n'y a jamais eu dans aucune société une telle masse de biens
30:14qui sont des biens prestigieux, qui sont des biens tentants, qui sont des biens que l'on peut étouler.
30:18Un circuit parallèle.
30:20Deuxième caractéristique, il n'y a jamais eu autant de biens, aussi peu surveillés,
30:24aussi difficiles à surveiller.
30:25Vous avez vu ces voitures dans la rue.
30:27Mais pensez aussi que les maisons ne sont plus tellement protégées par leurs propriétaires
30:34parce qu'eux, ils travaillent ailleurs.
30:35Parce que moi, j'ai des grilles à chaque fenêtre, à ma porte-senêtre,
30:39des grilles métalliques, j'ai des mâchoires, j'ai mis maintenant des... des... des... des...
30:47des antivols de motos pour qu'on empêche... pour empêcher d'ouvrir mes grilles.
30:51Oui.
30:52Et ça n'empêche rien.
30:55Et vous touchez là un problème très important, c'est la très faible efficacité
31:00pour trouver des mesures de sécurité passives, sans présence humaine.
31:04Ce que je voudrais dire, moi aussi, sur le reportage qui m'a frappé, c'est que personne n'intervient.
31:09L'alarme sonne longtemps, hein.
31:10Alors, on parlait de l'efficacité...
31:12On parle depuis le début de l'émission de l'efficacité de la police.
31:15On arrive à ce paradoxe où, on l'a vu par les sondages, les gens vivent en psychose.
31:20Euh... je sais plus combien de pourcents redoutent d'être un jour la victime d'un cambriolage.
31:25Les hommes politiques font des campagnes là-dessus.
31:27Mais à côté de ça, ils se sentent absolument pas concernés quand ils passent à côté
31:29ou d'une agression physique ou d'un véhicule qu'on est en train de cambrioler.
31:34Les gens sont exaspérés, ils ne sont pas mobilisés.
31:37Ça, on va y revenir.
31:38Je voudrais qu'on reste un instant sur les vols de voitures.
31:40Parce que vous, monsieur Maillard, vous aviez donc une voiture qui tente énormément les voleurs,
31:47puisque c'était une GTI.
31:49Et le 13 août, rentrant à ma caravane à 100-150 mètres de la voiture,
31:55j'ai vu une jeune personne tourner autour.
31:58Bon, je me suis dit dans un premier temps, c'est quelqu'un qui regarde l'intérieur, l'équipement,
32:01parce qu'il y avait radio-téléphone, etc. à l'intérieur.
32:05Et là, j'ai commencé un petit peu à ne plus sourire.
32:08C'est quand j'ai vu la personne monter dans cette voiture.
32:11En un quart de seconde, je me suis mis à courir.
32:13Je me suis dit, il va se pencher pour mettre le contact, comme on a pu le voir sur le
32:17reportage.
32:17Ce que je ne savais pas, et ça je l'ai su après, c'est qu'on m'avait fracturé
32:21ma caravane pour aller chercher les clés de cette voiture.
32:24Donc la voiture s'enfuit, et vous, vous la poursuivez ?
32:27Eh bien, on la poursuit. J'ai une maison qui se trouvait là, sur place, avec sa propre voiture.
32:31Et sur 50 kilomètres, nous avons poursuivi cette voiture.
32:36Alors bon, ce que je trouve grave...
32:37Et vous ne l'avez jamais retrouvée ?
32:38Non, non, non, non, ça fait maintenant trois mois pratiquement, et je n'ai jamais eu de nouvelles de cette
32:44voiture.
32:46Monsieur Dilater, franchement, on a le sentiment que la police n'est pas très motivée sur le recel, les réseaux
32:53de vente des voitures volées et tout ça.
32:56C'est une erreur.
32:57Il y a deux choses, hein. Il y a le vol d'emprunt, comme vous l'avez appelé, c'est
33:02de loin la grande majorité.
33:03Là, les véhicules sont retrouvés, et je dirais que lorsque la voiture s'enfuit, appel 17, la patrouille arrive, on
33:09peut intercepter le voleur.
33:10Puis à côté de cela, pour le quart environ des véhicules...
33:12Je ne peux pas vous faire de peine, mais dans ce cas-là, on n'a pas besoin de vous
33:15pour la retrouver.
33:16C'est des vols véritables.
33:18Non, mais pour arrêter l'auteur, il faut quand même appeler la police, faire le 17, et notamment, c'est
33:22une des meilleures solutions.
33:24Et d'autre part, il y a effectivement le trafic.
33:26Il y a trafic parce qu'effectivement, on peut meuler les numéros, enlever les plaques qui sont riftées, hein,
33:35et enlever éventuellement des numéros qui sont mis par autocollant, hein, sur les différentes pièces, châssis, boîtes de vitesse, moteurs.
33:45Et puis également, parce que, au niveau des cartes grises, si on assure une rotation en récupérant des cartes à
33:52la casse,
33:53des véhicules à la casse, et en assurant des rotations assez rapides auprès des préfectures, on peut arriver à monter,
33:59donc, une filière et un réseau.
34:01Qui n'est pas facile à démanteler, parce que, vous arrivez à avoir, je dirais, des papiers qui sont conformes
34:08aux balles.
34:08Je fais 1000 balles, j'en ai un affreux, je fais 1000 balles.
34:11Mais, même vous, moi...
34:12C'est pour mon problème, moi, c'est à ce moment-là, les flics, on va faire...
34:15S'ils sont sur le tratoire, vous, ils n'ont qu'à vous serrer quand vous piquez.
34:18Ou ils n'ont qu'à serrer en amont ou en aval, ils font ce qu'ils volent.
34:22Mais moi, je lui prends un coup.
34:23Je l'achète, 2000 balles, m'ont dit, vous l'avez acheté, je l'ai acheté au plus, c'est
34:26tout.
34:26À qui vous, je le connais pas.
34:29Si j'étais vous, je le prendrais maintenant, hein.
34:31Vous reprenez pas, c'est pas trop sur moi, mais...
34:34Parce que là, on prend pas les chèques, hein.
34:35Oui, mais c'est bien.
34:38Si je vous disais, oui, que du matériel de vous, ça vous gêne ou pas ?
34:41Moi, je m'en fous.
34:42Vous avez été cambriolé, vous ?
34:44Je vous dis tout de suite que c'est pas une question de cambriolage.
34:47Je crois que c'est un cambriolage.
34:48Pour être cambriolé, je le sais que je suis une cambriolée.
34:50J'ai une lettre trois fois en quinze jours.
34:52Alors, du coup, vous pouvez pas accepter d'acheter du matériel qui, peut-être, a été volé.
34:59C'est absolument bien.
35:00Ah non, mais ça, c'est pas pareil.
35:01Ah pourquoi ? Si, moi.
35:03Ça veut rien dire.
35:05C'est pas pris dans les appartements, ça.
35:07Non, mais c'est pris dans un camion, c'est pareil.
35:09Si jamais vous partez sur ce principe-là, pour vous, c'est pas pareil, pas ?
35:14Ah bien sûr, faut pas dire que c'est bien.
35:17Oui.
35:18Mais de là de l'acheter ou pas de l'acheter, chacun fait ce qu'il veut, je pense, hein
35:21?
35:22Oui.
35:22Moi, j'irais pas piquer un camion.
35:24Oui.
35:25Mais en revanche, vous seriez prêts à racheter...
35:29Ah vous savez, faut pas...
35:31Chercher Billy à 14h, où il y a un pote qui vous dit pas, parce que c'est un bon
35:34mal.
35:36Mais vous vous doutez bien que l'origine est...
35:38On s'en fout.
35:40On s'en fout, c'est ça ?
35:41Bah je suis propre, moi.
35:47Alors, ça fait sourire, mais pas seulement tout de même.
35:51Pas sourire, c'est de...
35:52C'est là le mal, justement, de la délinquance.
35:56Et quand on voit des images comme ça, qu'on voit d'ailleurs très souvent à Marseille,
36:00ça donne beaucoup à réfléchir.
36:01Je suis choqué, mais pas surpris.
36:03Même le corps.
36:04Je crois que moi, je m'en suis peut-être bien rendue compte.
36:06On me proposerait une affaire comme ça, je sais pas si j'hésiterais pas,
36:09parce que je ne rendrais peut-être pas compte que ça a été volé avant,
36:13ou tout du monde, ça a été volé en grande quantité, ça me fait pas du tout
36:15le même effet que des vols de cambriolage.
36:19Oui, madame.
36:20J'avoue que, tout récemment, le 21 octobre, pour sûr, il y a une personne qui est venue au bureau,
36:26chez moi, m'a proposé une affaire très tentante, et j'ai pas du tout réfléchi.
36:31Maintenant qu'on en parle, je réalise ce que j'ai effectivement peut-être fait, mais j'ai acheté.
36:37Au cours de ce tournage, notre équipe a été à plusieurs reprises menacée d'expulsion par, justement, les commerçants de
36:47ce marché aux puces,
36:48qui disaient, mais qu'est-ce que c'est, vous êtes en train de vendre des choses volées, nous, nous
36:52sommes de net commerçants.
36:53Écoutez, monsieur, à ce qui me concerne, lorsque j'étais cambriolé, la police m'a dit, allez aux puces, peut
36:59-être que vous retrouverez une partie des choses que vous avez faites.
37:02Et j'ai dit à la police, à ce moment-là, si moi, je retrouve quelque chose, est-ce que
37:05je peux vous appeler?
37:06Et elle m'a dit, non, monsieur, on ne peut rien faire, la seule chose qui reste, c'est à
37:10vous de la racheter.
37:13Mais, si vous le rachetez, si vous rachetez ce qu'on vous a volé, à ce moment-là, vous devenez
37:18aussi un recelleur.
37:20Comment croyez-vous que réagissent nos téléspectateurs?
37:23On leur a, là aussi, posé la question, si l'on vous propose une bonne affaire, entre guillemets,
37:30vérifiez-vous qu'il ne s'agit pas d'un objet volé.
37:34Le vérifie 62%, ne le vérifie pas 38%.
37:39Il y a donc un marché du recel qui ressemble 38% de la population.
37:45Vous voyez que c'est considérable. J'appelle maintenant.
37:47Monsieur Bonnemaison, monsieur Bonnemaison, vous êtes député maire d'Épinay,
37:51et puis vous avez surtout présidé le Conseil national de prévention de la délinquance.
37:57Alors, on y arrive maintenant. On s'aperçoit que les gens sont excédés, mais qui ne sont pas mobilisés contre
38:01le vol.
38:02Tout le monde s'insurge.
38:04Mais dans le même temps, vous voyez ces gens qui trouvent tout à fait normal d'acheter un objet volé,
38:11de faire une bonne affaire avec cela.
38:12Vous avez le recel d'inconscience. Vous avez aussi le recel sophistiqué, structuré.
38:18Vous avez le recel artisanal que l'on trouve sur certains marchés au plus.
38:22Mais vous avez des gens qui ont pignon sur rue, qui sont d'ailleurs bien souvent les premiers à crier
38:28après les auteurs de vol,
38:30après le petit grand brioleur, à le soumettre à la vindique.
38:33Combien on a rencontré de gens arrêtés pour des motifs de recettes dans des grands trafics
38:39dont on s'apercevait en même temps qu'ils étaient dans telle ou telle association critiquant le vol,
38:46voulant qu'on mette en prison pour 25 ans les voleurs, etc.
38:50Je vais poser une question, monsieur, dit l'affaire comme ça à vue de nez.
38:54A votre avis, combien vole-t-on d'autoradios en France chaque année ?
38:58À peu près 100 000 ?
39:00Beaucoup plus.
39:02Plus ?
39:03Plutôt 200 000 ?
39:04Plus. Il y a environ 400 000 puisqu'il y a 600 000 volets à roulotte
39:07et que l'essentiel des volets à roulotte porte sur les autoradios.
39:11Et j'ajoute que l'activité des services, on en a pris conscience,
39:15et notamment grâce aux travaux menés par le conseil national et prévention de la délinquance,
39:18on a triplé le bilan d'activité en matière de recel.
39:24Il y a donc en France chaque année 400 000 honnêtes gens qui achètent des autoradios volées.
39:30C'est bien ça que vous dites ?
39:32Il y en a un certain nombre qui sont récupérés par la police,
39:35serez-vous bien, qui sont récupérés par la police en arrêtant un voleur
39:38et qu'on ne peut pas restituer aux propriétaires
39:42et qu'on envoie ensuite aux grès de monsieur le procureur de la publique, hein,
39:47et qui sont ensuite vendus au domaine.
39:49Alors, monsieur Bonnemaison, vous voulez repérer les voleurs avant qu'ils volent,
39:53vous voulez repérer les jeunes en danger de devenir voleurs ?
39:56Je veux les repérer avant qu'ils ne deviennent voleurs,
40:00et s'ils ont été voleurs, faire encore de la prévention
40:03pour que, en même temps qu'on les sanctionne,
40:05on s'organise pour leur créer une potentialité,
40:08que lorsqu'ils sortent de prison, on s'organise pour qu'ils ne tombent pas dans la récidive.
40:13Ça veut dire qu'il faut mettre des plans pour voir comment trouver des emplois,
40:19comment faire qu'ils puissent se loger,
40:21comment faire qu'ils puissent entrer dans des activités, se former.
40:24C'est tout un effort qu'il faut déployer,
40:27et à partir de, également, mettre en place des dispositifs de protection.
40:33On parlait...
40:34Vous l'avez fait à Epinay ?
40:35Mais bien sûr.
40:36Et vous estimez que c'est efficace ?
40:38Nous avons enregistré des résultats des baisses de la délinquance
40:42tout à fait significatifs, et pendant plusieurs années.
40:46Mais nous avons fait, non seulement, on n'est pas ni complaisants ni permissifs,
40:51en même temps que nous avons mis ces dispositifs pour permettre un projet de vie à des jeunes.
40:56Nous avons fait installer des portes sans souci.
40:58C'est nous, la prévention, qui avons inventé le renforcement des portes dans les HLM.
41:05C'est nous qui avons proposé qu'on mette des micro-ordinateurs dans les commissariats de police,
41:10et qui avons fait installer les premiers.
41:12C'est nous qui avons suggéré, avec M. Badinter,
41:18que l'on mette en place le travail d'intérêt général,
41:20que l'on ne considère pas que la prison est la potion miracle qui règle tout.
41:26Il faut que l'ensemble des citoyens comprennent que la sécurité,
41:30ça ne descend pas tout rôti du ciel.
41:33Merci, M. Badmaison.
41:35Prévention, tout le monde en est d'accord,
41:39mais aussi efficacité accrue grâce à de nouvelles techniques.
41:43Alors, tout au début de l'émission, on vous a parlé du système informatique Judex.
41:48Eh bien, c'est ce système qui a permis à la gendarmerie d'entrer dans la caverne des 60 voleurs,
41:55d'y retrouver, c'est très tort.
41:57Regardez comment tout cela a pu se passer.
42:03...
42:03Oui, brigade de Jean-Louis dans GOS, quoi.
42:06Oui, monsieur.
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