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00:00Le réveil 100% local.
00:03D'ici matin, jusqu'à 9h.
00:058h moins le quart de violentes bagarres entre détenus à la prison de Valence à dernier jour,
00:09surpopulation carcérale, manque de personnel, on en parle avec notre invité de suite, Alexandre Berthaud.
00:15Oui, bonjour Fabrice Salamone.
00:17Bonjour.
00:17Vous êtes le secrétaire local UFAP, UNSA Justice, c'est un syndicat représentatif au centre pénitentiaire de Valence.
00:25Tout à fait.
00:25Une bagarre pendant laquelle des coups de couteau ont été portés, on parle bien de ça,
00:31c'était mardi à la maison d'arrêt.
00:34Racontez-nous et comment c'est possible de questions ?
00:36Alors je vais vous contextualiser tout ça.
00:38En fait, les bagarres sont quotidiennes au centre pénitentiaire de Valence.
00:43Chaque jour, 2, 3, 4, 5, 6 bagarres, des agressions, des actes entre détenus, c'est constant.
00:50Sauf que là, on arrive dans un système où les cellules sont saturées,
00:58notre surpopulation est criante,
01:02ce qui du coup génère entre personnes détenues des conflits supplémentaires.
01:08À ça, on rajoute des règlements de compte liés à ce qui peut se passer à l'extérieur dans nos
01:13quartiers.
01:14Je ne vais pas en parler ici, mais tout le monde comprendra rapidement de quoi je parle.
01:17Mais c'est plus qu'avant ?
01:20Les bagarres, vous dites, il y en a 2, 3, 4, 5, 6 par jour, il y en a plus
01:24qu'avant ?
01:24Oui, il y en a énormément plus.
01:25Et comment il peut y avoir des couteaux ?
01:27Les couteaux arrivent par tous les biais.
01:31Ce sont des couteaux en céramique qui ne sont pas du tout détectés au portique de sécurité.
01:35Ils arrivent de partout, par les airs, par la livraison par drone,
01:40par des projections de l'extérieur vers l'intérieur.
01:44On considère aujourd'hui que potentiellement chaque détenu peut très rapidement avoir un couteau en céramique.
01:52Et mardi, ce qui s'est passé, des détenus se sont battus, c'était des règlements de compte en plus.
01:57Ils avaient déjà commencé quelques jours et semaines avant.
02:02L'agressé a sorti un couteau en céramique pour se défendre et il a l'amé l'agresseur sur une
02:09cour de promenade
02:10où il y avait une trentaine de détenus.
02:12Et immédiatement, le personnel a ouvert la cour de promenade pour intervenir.
02:15On y est allé avec des moyens ridicules, se mettre en danger pour éviter un drame.
02:21Voilà, on en est là.
02:22C'est quoi des moyens ridicules ?
02:23Des moyens personnels.
02:25Combien ? Pour 30 détenus dans la cour, combien de surveillants ?
02:28Pour 30 détenus dans la cour, au niveau des rez-de-chaussée des bâtiments, ils sont 4.
02:34Pendant qu'ils sont dans la cour de promenade, tout est fermé, tout est sécurisé.
02:37Mais si jamais il faut intervenir, et là-dessus, une annonce de bagarre générale,
02:41parce que 2 se sont battus, d'autres se sont rajoutés, etc.
02:45Ça a été un mouvement collectif.
02:48Et quand notre établissement a été bloqué, des renforts de partout sont arrivés.
02:52Mais ces renforts de partout, ils sont venus d'autres bâtiments qui sont à côté,
02:57laissant vide en personnel ces bâtiments-là.
03:01On comprend bien le problème.
03:02Il y a plusieurs problèmes dans ce que vous dites.
03:04Et d'ailleurs, vous avez adressé une lettre à l'administration pénitentiaire
03:07en faisant état de toute une liste de doléances, on va dire, et plusieurs questions.
03:13D'abord, il y a le manque de personnel.
03:15On va s'arrêter là-dessus.
03:16Combien ?
03:17Aujourd'hui, au centre pénitentiaire de Valence, parmi le personnel de surveillance,
03:21surveillants et surveillantes, nous avons 36 postes qui ne sont pas pourvus.
03:26Il manque 36 surveillants pénitentiaires.
03:29Il manque 36 agents.
03:30Gérald Darmanin a annoncé, il y a deux mois, 1000 agents pénitentiaires recrutés en 2026.
03:37Je veux saluer M. le garde des Sceaux qui est énormément prolixe et annonce des choses,
03:45fait des effets de manche, magnifique.
03:46Annonce, ne vous inquiétez pas, hop, ni le personnel en plus pour les médecins pénitentiaires.
03:50Sauf que c'est faux, en réalité, sur cette annonce de 1000 personnels,
03:54on en aura 550 pour toute la France.
03:57550 pour toute la France.
03:58Et aujourd'hui, il manque 4000 surveillants dans les prisons en France.
04:064000 personnels en moins.
04:08Et je vais vous opposer une autre statistique.
04:10Par an, on a 5000 agressions sous personnel.
04:16Vous dites ça au moment où, en 2026, il doit y avoir l'ouverture d'un nouveau quartier de lutte
04:22contre le crime organisé
04:23avec des détenus particulièrement dangereux qui vont arriver à la prison de Valence.
04:27Qu'est-ce que vous dites de ça à l'administration pénitentiaire ?
04:30Nous, ce qu'on dit de ça à l'administration pénitentiaire, sur les échelons au-dessus du centre pénitentiaire de
04:35Valence,
04:36parce qu'avec la direction que l'on a actuellement sur le centre pénitentiaire,
04:39ils se sont vraiment saisis du sujet,
04:41et ils ont produit un projet qui est très bien ficelé,
04:45qui est très bien montré,
04:46et qui prend tous les champs de possibilités.
04:48Aujourd'hui, on n'a pas d'arbitrage.
04:49On n'a rien.
04:50On ne sait pas.
04:51On ne sait pas si on va avoir du personnel,
04:52on ne sait pas quand est-ce qu'on va commencer les travaux,
04:54on ne sait pas s'il y aura une sécurisation,
04:55on ne sait rien.
04:56Et ça, on doit ouvrir demain ce quartier-là,
04:59avec, comme vous l'avez dit,
05:01des personnes détenues du haut du spectre de la criminalité,
05:03mais nous, en face, on n'aura rien
05:05pour les encadrer, pour les surveiller,
05:08pour intervenir s'il y a besoin.
05:09C'est la paupérisation du travail du survent pénitentiaire,
05:13c'est un manque flagrant de personnel.
05:15Permettez-moi une petite analogie.
05:18Je vais en profiter pour saluer une profession,
05:20qui sont les boulangers.
05:21Demain matin,
05:22un boulanger va se lever à 2h du matin
05:25pour aller faire,
05:25il doit faire
05:261000 baguettes.
05:27Mais pour faire ces 1000 baguettes,
05:29on lui donne 600 grammes de farine.
05:31Il fait comment ?
05:32Il fait comment ?
05:33Donc vous dites que vous ne pouvez pas travailler,
05:35c'est ce qu'on entend ce matin, en tout cas.
05:37On ne peut pas travailler en sécurité.
05:38Ce n'est pas possible.
05:39J'ai adressé des courriers
05:40à notre directeur interrégional.
05:42J'attends aujourd'hui des réponses concrètes.
05:45L'équipe de direction
05:46du centre pénitentiaire de Valence
05:48a fait un gros travail,
05:50justement,
05:50pour préparer un projet bien concret.
05:52On attend des arbitrages.
05:53Monsieur Paul Louchouarne,
05:55directeur interrégional
05:55de l'administration pénitentiaire,
05:57répondez-moi,
05:58répondez-nous,
05:59on vous attend.
06:00Le message est passé.
06:01Fabrice Salamone,
06:02secrétaire local UFAP,
06:03une sage justice,
06:04ce matin avec nous
06:05pour dénoncer le manque de personnel
06:06au centre pénitentiaire de Valence.
06:08Merci.
06:09Merci beaucoup.
06:09Il est à 7h51.
06:10Ici Dromardèche.
06:12Ici Dromardèche.
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