00:00Notre chère présidente, Camille Cotard !
00:38Bonsoir.
00:48Je suis très honorée d'être la présidente de la 51e cérémonie des Césars.
00:57Pour être à la hauteur de cette fonction, j'ai consulté quelques collègues chefs d'État
01:04à l'étranger, des gens expérimentés qui font pas mal parler d'eux en ce moment,
01:09et qui m'ont inspiré tout un programme pour rendre le cinéma français great again.
01:23Premièrement, c'est la base. Il faut qu'on soit performant.
01:30Donc, à compter de ce jour, tous les réalisateurs dont les films feront moins de 500 000 entrées
01:37devront s'excuser publiquement et réapprendre leur métier en retournant sur les bancs d'une école de commerce.
01:48En ce qui concerne les films d'auteurs, et je sais qu'il y en a beaucoup ce soir, c
01:53'est très bien.
01:54Bien sûr, on va continuer à en faire, mais en court-métrage.
01:58C'est 10 minutes max. Et on évite tous les sujets trop niches, comme les femmes, les queers, les immigrés,
02:10la nature, la paix.
02:12C'est boring tout ça.
02:15Troisième point, on rationne... Ah non ! Deuxième point très important, bien sûr.
02:22Un pays fort doit sécuriser ses ressources.
02:26C'est pourquoi j'annonce officiellement ce soir l'annexion de la Belgique.
02:33Super acteur, super technicien, on va envoyer des sociétés françaises gérer tout ça efficacement.
02:39En plus, les Belges, ils sont très sympas, ils se battront pas.
02:43Enfin, cela dit, quand on y pense, l'annexion avait déjà commencé.
02:46Regardez, Cécile. De France. Voilà.
02:50Donc on continue comme ça. Virginie Firas sera Virginie de France.
02:54Benoît de France. François de France.
02:56Et les réalisateurs, les frères des Ardennes de France. Voilà.
03:00C'est bien ça.
03:07Troisième point, évidemment, on rationalise les institutions.
03:10Donc la cérémonie des Césars, par exemple, ça dure beaucoup trop longtemps.
03:14On simplifie.
03:15Meilleur acteur, meilleure actrice, meilleur film, tout le reste, on s'en fout.
03:24Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non,
03:29non, non, non, non, non, c'est pas maintenant.
03:31C'est quand je me remettrai mon prix Nobel de la paix. C'est après le César d'honneur à
03:35Jim Carrey.
03:35Comme ça, on va crescendo dans l'émotion.
03:39Dernier point fondamental.
03:41Les collègues ont attiré mon attention sur un problème majeur que nous avons, et particulièrement en France, les artistes.
03:51Ils jugent, ils critiquent, ils doutent, ils nuancent, ils chouinent.
03:57Ouah, ouah, le monde va mal. Ouah, ouah, il y a trop d'inégalités.
04:03Bah non, c'est pas bien ça.
04:04Donc, on va continuer à faire de l'art, mais sans les artistes.
04:11Oh, assez grisant toute cette brutalité.
04:15Tenir tout ce petit monde dans sa main, serré, serré, serré, écrasé.
04:23Oh, bah il est mort, le cinéma, du coup. C'est con.
04:30Puis ça va vite, hein. Trois décrets et c'est fini.
04:36Ça fait mal d'imaginer un monde dans lequel on pourrait tuer la pensée.
04:43Parce que la culture, l'université, la recherche, le journalisme, ce sont nos poumons.
04:50C'est ça qui fait qu'on est vivant.
04:52Sans ça, on étouffe ou on s'entretue.
04:55Alors, le cinéma français, il est bien vivant.
05:00Il est vivant et fragile.
05:03Et d'ailleurs, je dirais même plus, il est vivant parce qu'il est fragile.
05:07Il faut faire beaucoup de films pour que surgissent quelques merveilles.
05:10Il faut former beaucoup de gens pour prétendre à l'excellence.
05:14Et c'est précisément parce que l'art est fragile qu'on doit le protéger.
05:19En France, on a un système de financement unique au monde.
05:24Aux côtés des diffuseurs, il y a le CNC, le Centre National du Cinéma.
05:28Et c'est grâce à lui, en partie, qu'on a cette incroyable variété de films.
05:32Alors, vous ne le savez peut-être pas, vous qui nous regardez ce soir.
05:36Mais quand vous allez au cinéma, quand vous achetez un ticket de cinéma, vous financez de futurs films français.
05:42Vous devenez acteur de la création.
05:45Et quand vous allez voir Dune, vous financez l'histoire de Souleymane.
05:50Ce modèle, c'est l'une de nos fiertés nationales, comme la gastronomie, la mode et la sécurité sociale.
06:11En France, le public français va voir majoritairement des films français.
06:17Et nos films ne nous plaisent pas qu'à nous parce qu'ils voyagent partout.
06:20Nous sommes le deuxième cinéma au monde à s'exporter après le cinéma américain.
06:28Alors, tant qu'on est vivant, continuons de chercher, de réfléchir, de se planter, de mettre de la nuance là
06:36où certains voudraient de la simplification.
06:39La culture est souvent attaquée en premier parce qu'elle est une arme extrêmement puissante contre la brutalité et l
06:46'autoritarisme.
06:48Ce soir, nous aimerions dédier cette cérémonie à tous les peuples qui, dans le monde, luttent pour la liberté au
06:56péril de leur vie.
07:13En France, nous avons encore la liberté de pouvoir nous exprimer.
07:20Soyons-en fiers, soyons-en dignes, la tête haute et le cœur battant.
07:27Vive le cinéma, vive la France.
07:31Je déclare la 51e cérémonie des Césars ouvertes.
07:49De combien ont la vie ?
07:51Il y a de 85e- distribution …
07:53Il y a de 85e-y lebbio.
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