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00:00Le Mexique vient de connaître une nouvelle flambée de violences spectaculaires après la mort du chef de cartel El Mencho.
00:06Routes bloquées, écoles fermées, villes paralysées, les autorités appellent au calme.
00:10Et dans Aujourd'hui l'économie, on parle ce matin de ce que cet événement nous rappelle.
00:14Les cartels mexicains ne sont pas seulement un sujet sécuritaire, ils sont aussi des acteurs économiques majeurs dans le pays.
00:21Et comme souvent, on va commencer par quelques chiffres.
00:23Alors ils sont forcément approximatifs puisque l'on parle d'activités illégales.
00:27Mais selon les estimations relayées par plusieurs économistes et analystes du secteur,
00:32le seul trafic de drogue au Mexique génère entre 20 et 40 milliards de dollars par an.
00:38Mais en réalité, ces cartels contrôlent une vingtaine de secteurs criminels.
00:42On peut noter par exemple les jeux clandestins, la prostitution, la contrefaçon ou encore le trafic d'armes.
00:48En fait, si on cumule toutes ces activités, le crime organisé devient le premier secteur économique du Mexique
00:55devant le pétrole, le tourisme et même les transferts d'argent envoyés par les expatriés depuis les Etats-Unis.
01:01Autrement dit, sans figurer dans les statistiques officielles, les cartels pèsent plus lourd que les piliers traditionnels de l'économie
01:07nationale.
01:08Exactement. Et cette tendance est ancrée dans l'économie du pays.
01:11Dès le début du XXe siècle, le Mexique exportait déjà de l'opium et du pavot.
01:17Pendant des décennies, ces activités ont été tolérées, voire intégrées de manière tacite au fonctionnement économique.
01:23Et ce système a pris une telle ampleur que dans certaines régions, les cartels remplacent quasiment l'Etat.
01:30Ils financent, ils arbitrent, ils punissent, ils font travailler et ils protègent.
01:34Mais les autorités ont déclaré la guerre à cet écosystème et cette lutte contre les cartels a un coût économique
01:40majeur pour le pays.
01:41Par exemple, les entreprises mexicaines doivent maintenant intégrer dans leur budget ce qu'on appelle un coût cartel.
01:48Qu'importe leur taille d'ailleurs de ces entreprises, selon les estimations, entre 5 et 10% du PIB mexicain
01:54serait englouti dans la sécurité, les extorsions et la protection.
01:58Et cet argent, évidemment, n'est pas investi dans l'activité légale.
02:02Tout à fait. Et les petits commerçants sont parmi les premières victimes.
02:05Les grandes entreprises, elles, négocient parfois directement avec les groupes criminels pour sécuriser leurs employés et leurs marchandises.
02:12Cette économie sous contrainte freine les investissements étrangers et en bout de chaîne renforce la dépendance à cette contre-économie
02:19violente.
02:20La mort récente d'El Mencho, chef du cartel Ralisco Nouvelle Génération, illustre parfaitement ce phénomène.
02:26En quelques heures, 20 Etats mexicains ont été paralysés avec des routes bloquées, des voitures incendiées, les transports interrompus ou
02:33encore les écoles fermées.
02:34Le trafic aérien, lui, a été perturbé. Des dizaines de vols ont été annulés et cela affecte évidemment directement le
02:42tourisme et l'image du pays.
02:43Mais Stéphane, le Mexique peut-il réellement se passer de cet argent criminel ?
02:47Alors c'est la grande question. En effet, un car à court terme, frapper les cartels, ça signifie une perte
02:52d'emplois illégaux, mais des emplois quand même.
02:54Une baisse de liquidité dans certaines régions et la déstabilisation d'économies locales tout entières.
02:59Mais si on regarde avec une vision de long terme, évidemment, le narcotrafic agit comme un cancer économique et social,
03:05car la difficulté, elle est là.
03:07Aujourd'hui, plus l'Etat combat les cartels, plus la violence augmente.
03:11Et plus la violence augmente, plus l'économie légale recule.
03:14Et plus l'économie légale recule, plus les populations deviennent dépendantes des cartels.
03:20En fait, c'est un cercle vicieux.
03:21Et la corruption dans pratiquement toutes les strates du pouvoir compliquent encore plus ce changement de système.
03:27Stéphane Genest, merci beaucoup.
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