- il y a 1 jour
Après une carrière de nageuse bien remplie, un palmarès XXL jusqu'à la médaille de bronze olympique aux JO de Londres 2012 avec le relais 4x200m NL, Coralie Balmy a donné un tout autre sens à son après-carrière. Protection de l'environnement, sauvegarde de certaines espèces animalières, voyages humanitaires ont rythmé sa vie. Désormais retournée en Martinique, elle permet notamment avec son association "COCO AN DLO" à de nombreux jeunes d'apprendre à nager.
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SportTranscription
00:17Bonjour, bienvenue dans la Victoire Éternel, l'émission consacrée au sport féminin.
00:22Aujourd'hui, je reçois une figure incontournable de la natation française.
00:26Elle est médaille olympique, multiple championne d'Europe.
00:29Elle a nagé dans les bassins pendant plus d'une décennie, aux côtés des meilleures nageuses de sa génération.
00:35Aujourd'hui, elle vient nous parler de son après-carrière, de son quotidien, presque 10 ans après l'annonce de
00:40sa retraite sportive.
00:41J'ai la chance d'accueillir Coralie Balmy.
00:43Salut Coralie.
00:44Bonjour.
00:45Très heureuse de te recevoir sur ce plateau, très heureuse aussi que tu viennes nous parler de ton après-carrière,
00:51presque 10 ans, comme je l'ai dit, après l'annonce de ta retraite après Rio en 2016.
00:55Comment ça va déjà ?
00:56Ça va bien. J'ai l'impression que c'était hier.
01:0010 ans, c'est énorme.
01:02Alors raconte-nous ta nouvelle vie. Je crois que tu es partie vivre en Martinique.
01:06Oui, je suis rentrée vivre en Martinique, mon île natale où j'ai grandi.
01:10Et vraiment, ce qui me tenait à cœur, c'était d'apporter quelque chose là-bas,
01:15de toute mon expérience, de tout ce que j'ai pu vivre à travers mon sport, mais aussi à travers
01:19mes études.
01:20C'est pour ça que je suis rentrée là-bas.
01:22Alors tu as quitté, je le disais du coup, les bassins, mais tu es toujours proche de l'eau et
01:28aussi en lien avec l'environnement.
01:30Dans un premier temps, tu es partie au Gros du Roi en travaillant dans un centre de réhabilitation des tortues
01:36en tant que bénévole à temps plein.
01:38Pourquoi est-ce que tu as fait ce choix ?
01:40J'ai fait ce choix parce que j'ai fait des études d'assistant vétérinaire pour animaux sauvages.
01:46Et je voulais vraiment m'investir dans le domaine environnemental et dans le soin aux animaux et d'autant plus
01:53aux animaux marins.
01:54J'adore la plongée sous-marine, je suis guide aussi de plongée.
01:56J'adore l'eau, bien entendu.
01:58Donc c'est vraiment ce qui m'a amenée vers ça.
02:01Est-ce que tout de suite, après la fin de ta carrière, tu avais prévu, parce que là, je crois
02:03que c'était entre 2016 et 2017, c'est ça que tu es partie au Gros du Roi ?
02:07Oui, mais j'avais anticipé, oui, à la fin de ma carrière parce qu'en tant qu'athlète, on a
02:12toujours l'habitude de travailler soit par tranche de 4 ans, par rapport aux Jeux en appui,
02:17ou soit par tranche de saison, donc de septembre à août.
02:21Et là, il fallait vraiment, pour que je puisse vivre bien ma dernière année, que je sache où j'allais
02:26être en septembre.
02:27Donc c'est quelque chose que j'avais déjà anticipé, oui.
02:29Ton père était vétérinaire, tu le disais, tu as fait une formation par rapport à ça aussi.
02:35Tu as toujours eu cet amour pour les animaux.
02:37Est-ce que tu as rapidement su que tu t'engagerais dans cette voie-là après ta carrière ?
02:42Non, je n'ai pas rapidement su ça.
02:44Et c'est vrai que c'est quelque chose qui m'a même surpris,
02:47parce que j'avais déjà accompagné mon père à l'occasion de certaines interventions.
02:52Et jamais je ne m'étais dit, c'est ce que j'ai envie de faire ou d'aller prendre
02:55en soin des animaux, etc.
02:57Donc c'est vraiment venu au fur et à mesure, au fil des rencontres,
03:00et une nouvelle passion vers le milieu marin qui s'est complètement révélée à moi.
03:04Tu le disais tout à l'heure, tu as un peu anticipé justement cet après-carrière.
03:08Est-ce qu'on permet aujourd'hui aux sportifs de préparer ça ?
03:12Est-ce que toi, on a aménagé ton année 2016 pour pouvoir voir après les Jeux ?
03:16Non, ça c'est vraiment une démarche personnelle.
03:19C'est vraiment, en tout cas à cette époque, il y a 10 ans déjà,
03:22c'était aller baliser soi-même, aller se renseigner,
03:27aller soit reprendre des études après ou soit faire des études en même temps
03:31et essayer de trouver quelque chose à la sortie.
03:35Donc c'est vraiment une démarche personnelle.
03:37Du coup, tu as continué dans cette voie-là.
03:39Tu es partie en Polynésie, sur l'atoll de Tetiaora,
03:43au centre de soins Temana Otemana.
03:46C'est l'esprit de l'océan.
03:47Qu'est-ce que cette nouvelle expérience t'a appris,
03:49toi personnellement et aussi dans ton métier ?
03:53Cette expérience était complètement incroyable.
03:55C'était pour une mission scientifique sur les tortues de mer aussi.
03:58Et ça m'a appris que je pouvais, comment dire,
04:03j'arrivais à me créer ma propre voie.
04:06C'est-à-dire que jusque-là, c'est toujours l'encadrement,
04:09le staff, l'entraîneur, le président de l'Asso,
04:12l'équipe de France, etc., qui guide le parcours.
04:15Et là, ça m'a prouvé que je suis capable aussi de me faire un petit chemin
04:21et d'aboutir à des missions comme ça,
04:26des missions de rêve, des choses qu'on voit uniquement à la télé.
04:30C'est vrai.
04:30Et c'était juste génial.
04:32Oui, parce que j'ai vu en plus dans une interview,
04:34tu disais que quand tu es sportif de haut niveau,
04:36on prévoit ton heure où tu déjeunes, ton heure où tu vas te coucher,
04:40on te prend tes billets d'avion, etc.
04:41Est-ce que pour toi, tu avais besoin aussi de te prouver
04:43que tu étais capable d'organiser un peu ta vie,
04:46de faire tes propres choix ?
04:48Oui.
04:48Oui, alors c'est sûr qu'au début, ça fait peur.
04:50On se dit, mais mince, même un rendez-vous chez le médecin,
04:53un truc tout simple.
04:54Comment ça dans trois semaines ?
04:56Maintenant, en fait, on est tellement habitués à tout avoir tout de suite
05:00et à ce qu'on fasse pour nous,
05:02que c'est une redécouverte aussi, un nouvel apprentissage.
05:06Donc oui, j'avais besoin de montrer que j'étais capable.
05:08Ça rassure.
05:09Qu'est-ce que tu as appris pendant tes expériences en Polynésie ?
05:12On voyait tout à l'heure, c'est idyllique, c'est absolument magnifique.
05:16Mais qu'est-ce que tu as appris vraiment ?
05:17Ou alors, qu'est-ce que tu as découvert que tu ne savais pas ?
05:20J'ai appris les missions scientifiques sur les animaux.
05:23J'ai découvert une nouvelle culture avec la culture polynésienne.
05:28En comparaison avec le territoire insulaire de la Caribe
05:31et la Martinique en l'occurrence,
05:33j'ai découvert un autre rapport à la vie,
05:37un autre rapport à l'océan,
05:39une autre connexion à l'environnement.
05:42C'est vraiment différent.
05:45Là-bas, ils vivent vraiment en fusion,
05:47en accord avec l'environnement, le milieu marin.
05:50Alors qu'ailleurs, même en Caraïbe ou ailleurs,
05:54c'est deux choses distinctes.
05:56D'accord.
05:57On vit à côté, mais on ne vit pas dedans.
06:00Donc c'est ça que ça m'a appris, un nouveau regard là-dessus.
06:02Est-ce qu'aujourd'hui, tu perpétues un peu ça,
06:04toi en Martinique ou pas ?
06:06Oui, j'essaie de recréer du lien entre les gens
06:09et le milieu marin et l'environnement.
06:12L'idée, c'est ça.
06:12C'est de prendre conscience qu'on vit dans l'environnement.
06:16De toute façon, c'est comme ça.
06:17Ça fait partie d'un tout.
06:19Et que nous, on en fait partie également.
06:20Et qu'on n'est pas à côté.
06:23On est dedans.
06:24Donc c'est respecter, apprendre à découvrir et à respecter.
06:27C'est très important.
06:28Tu as aussi participé à des voyages humanitaires en Afrique.
06:32Tu as fait le Kenya en août 2017
06:34et au Népal en octobre 2017
06:36avant de créer une première association,
06:38puisque tu en as créé une deuxième,
06:39on en parlera après,
06:41Big Green Océan.
06:42Quelle était l'idée derrière cette association ?
06:44L'idée derrière cet asso,
06:46c'était déjà de faire découvrir autrement la mer.
06:52Principalement axée autour des nageurs
06:55et des sports nautiques.
06:57C'est comprendre que c'est un outil d'épanouissement,
07:01de bien-être, de sport, de performance, etc.
07:03Mais avant tout, c'est un écosystème vivant
07:05qu'il faut connaître pour mieux appréhender.
07:08Et donc ces voyages humanitaires,
07:10qu'est-ce que tu faisais sur place ?
07:12Le voyage au Kenya,
07:14c'était une mission autour d'une réserve de girafes.
07:17Donc on allait prendre soin,
07:19en tout cas recenser les animaux,
07:21essayer de voir, comment dire,
07:24s'il n'y avait pas de braconniers, etc.
07:26Et préparation de la rentrée scolaire
07:28dans un petit village maasai.
07:31Et après, au Népal,
07:32c'était la réhabilitation d'une école,
07:37parce que c'était à l'épicentre d'un gros séisme
07:40qui avait eu lieu plusieurs années auparavant.
07:42Donc on était allé pour repeindre,
07:45remettre, rapporter des fournitures, etc.
07:49Et c'était génial.
07:49C'était fou.
07:51C'est des aventures incroyables.
07:52Ouais.
07:52Quel souvenir tu gardes un peu de ça ?
07:54Celui qui t'a le plus marqué, par exemple ?
07:56Le souvenir qui m'a le plus marqué,
07:58je pense, c'est au Népal,
07:59parce qu'on dormait chez l'habitant.
08:00Et ils ne parlaient pas anglais.
08:04Donc autant dire qu'on ne comprenait rien
08:07si on se parlait.
08:07Mais du coup, on a pu créer une autre forme de langage
08:11par l'observation, par les gestes, etc.
08:13Et je trouve que ça a créé un lien encore plus fort.
08:17Et même si on n'est resté que dix jours avec eux,
08:20on a tous pleuré comme des malènes.
08:22C'était complètement incroyable.
08:24Alors qu'on se dit, mais il y a la barrière de la langue,
08:26donc du coup, ça va mettre une petite distance.
08:27Mais c'était encore plus fort.
08:29Et ça, ça m'a marquée.
08:31Et comment est-ce que tu as atterri là-bas ?
08:33J'ai envie de dire, comment est-ce que tu as préparé ça ?
08:35Si d'autres personnes veulent s'engager,
08:36comment est-ce qu'on peut faire ?
08:38C'est une association qui s'appelle Univer le Sport,
08:40qui fait ça plusieurs fois par an.
08:43Donc il faut les contacter.
08:46Et après, pour le Kenya,
08:47c'est aussi à travers une association.
08:49Je ne suis pas partie toute seule.
08:51Oui, sur un coup de tête, c'était organisé.
08:53C'était organisé, oui.
08:55En 2019, tu as créé, du coup,
08:58une deuxième association,
09:01association,
09:02Coco And Law,
09:03avec ton ami et ancien agent.
09:05C'était quoi, là aussi, l'objectif de cette asso ?
09:08Qu'est-ce que tu avais envie de mettre en lumière ?
09:12Ce que j'avais envie de mettre en lumière
09:14à travers Coco And Law,
09:15c'est vraiment le fait de se dire,
09:19apprendre à nager, être à l'aise dans l'eau,
09:20savoir se mettre en sécurité,
09:22surtout en milieu insulaire.
09:23C'est un droit, c'est vital, en fait.
09:26Et parce qu'en fait, il y avait un manque ou pas ?
09:27Il y avait un manque parce que moi,
09:29je me suis rendue compte
09:30que j'ai appris à nager
09:31parce que mes parents ont pu m'emmener
09:32en association à apprendre à nager dans un club.
09:35Mais ce n'est pas forcément systématique
09:38quand on est à l'école.
09:39Donc là, je me suis dit,
09:40vraiment pour faire en sorte
09:42qu'un maximum d'enfants soient à l'aise dans l'eau,
09:43il faut s'adresser aux écoles
09:45et il faut que ça devienne quelque chose d'automatique
09:47et de ludique à la fois pour les professeurs
09:49et pour les enfants.
09:50Parce que sinon, il y a trop d'enfants
09:53qui sont isolés
09:54et qui n'ont jamais la chance
09:56d'y aller en dehors de l'école.
09:58Donc l'idée, c'était ça,
09:59c'est de venir en renfort
10:00pour les professeurs des écoles
10:02en les formant sur une méthodologie simple
10:06d'apprentissage de la natation pour les enfants.
10:09Et tu as mis en place ?
10:10Oui, que j'ai mis en place
10:12et après, qui s'est développé
10:13à travers l'aisance aquatique,
10:14un programme qui a été soutenu
10:15par le ministère des Sports
10:17et de l'Éducation nationale, etc.
10:19Donc moi, je suis instructeur en aisance aquatique.
10:21Et l'idée, c'est de se servir
10:24de l'aisance aquatique
10:25comme moyen d'aller découvrir le milieu marin.
10:29Parce qu'une fois qu'on se sent bien,
10:30en sécurité, etc.,
10:32c'est ouvrir le champ des possibles
10:35dans la mer,
10:36comprendre qu'il y a des animaux qui y vivent,
10:38qu'on a un impact,
10:39qu'on peut le protéger,
10:40qu'on peut en faire son métier aussi.
10:43Donc c'est vraiment amener une nouvelle ouverture.
10:45Oui, c'est génial.
10:46Est-ce que tu sens que les enfants, du coup,
10:47sont un peu plus à l'aise ?
10:48En tout cas, est-ce qu'ils sont captivés
10:50par ce que tu leur apprends ?
10:52Oui, l'avantage avec les enfants,
10:54c'est que dès qu'il y a des nouvelles découvertes,
10:56ils sont complètement captivés, intéressés.
10:59Ils en demandent toujours plus.
11:01Ils sortent de la mer,
11:01ils ont les yeux comme ça.
11:03C'est vraiment génial.
11:04Ça ouvre des petites portes.
11:06Oui, bien sûr.
11:06Est-ce qu'ils se rendent compte
11:07de qui tu es, toi,
11:08de l'impact que tu peux avoir
11:09et de ta carrière sportive
11:11et de la chance qu'ils ont
11:13d'apprendre avec toi ?
11:16Après, c'est des petits.
11:17On commence à partir de 3 ans.
11:20On fait de 3 à 10 ans.
11:22C'est vrai qu'ils s'en rendent compte
11:24parce que les professeurs en parlent,
11:26parce que les parents en parlent.
11:27Mais moi, je ne mets pas l'accent là-dessus.
11:29C'est vraiment dans l'accompagnement.
11:31Mais oui, je pense qu'ils s'en rendent compte quand même.
11:34Parle-nous des autres projets
11:35que vous mettez en place.
11:37Est-ce qu'ils sont uniquement en Outre-mer, d'ailleurs ?
11:39Ils sont principalement en Outre-mer.
11:41Vraiment.
11:42On a déjà fait des programmes
11:44avec la PJJ,
11:46la Protection de la Jeunesse Judiciaire,
11:48le ministère de la Justice,
11:50Guadeloupe-Martinique-Guyen,
11:52Saint-Martin.
11:53Donc, c'est vraiment la population cible.
11:57En 2021, ton association a reçu un prix
12:01Maïf Sport Planète pour ses engagements,
12:04notamment pour le respect de la nature
12:06portée toujours par le vecteur sportif.
12:08Est-ce que ça a été une fierté pour toi,
12:11pour ton travail,
12:11pour votre travail à toutes les deux ?
12:13Tu l'as vu être récompensée.
12:14Qu'est-ce que ça représente ?
12:16C'est bien.
12:17Ça fait plaisir.
12:17Que le travail soit reconnu,
12:20soit valorisé et mis en avant
12:21et soutenu,
12:23parce qu'à l'époque,
12:24la Maïf nous soutenait également.
12:25Donc, oui, c'est hyper important.
12:28Ça permet de, comment dire,
12:31de valider d'une certaine façon
12:33les actions et de voir
12:34que c'est un bel impact.
12:36Là, tu parlais que la Maïf vous soutenait.
12:38Est-ce que ça veut dire
12:39que vous recherchez aussi,
12:40vous avez besoin de sponsors,
12:41vous avez besoin de soutien
12:42pour l'association ?
12:43Comment ça fonctionne ?
12:45Ça fonctionne à travers
12:46soit des dons,
12:47de privés
12:48ou soit on répond
12:49à des appels à projets
12:50de fondation
12:50ou de public.
12:54Donc, c'est vrai que là,
12:55nous, on est sans cesse
12:56en recherche de financement
12:57de toute façon
12:58puisque plus on fait d'action,
12:59plus on a besoin de financement
13:01parce que plus on a
13:02des intervenants
13:03et plus il faut produire
13:05des outils
13:06et puis emmener les enfants
13:07en sortie, etc.
13:09Donc, oui,
13:10on est tout le temps en recherche.
13:11Oui.
13:12Avis aux investisseurs.
13:14Je crois aussi savoir
13:15que tu t'es lancée
13:16dans le sauvetage sportif.
13:18Alors déjà,
13:18qu'est-ce que c'est exactement ?
13:20Explique-nous.
13:21Le sauvetage sportif,
13:23c'est des disciplines
13:24qui sont venues
13:26du sauvetage
13:27des secouristes
13:27en mer
13:28et qui se sont retranscrites
13:30en piscine.
13:31Voilà, où il y a
13:32des compétitions,
13:33il y a des Jeux mondiaux
13:35qui auront lieu
13:35l'année prochaine
13:36en 2027
13:37et il y aura même,
13:40ça sera même
13:41aux Jeux olympiques
13:41de 32 normalement
13:42puisque les JO de 32
13:45auront lieu
13:45en Australie.
13:47Oui, exactement.
13:48Et c'est le sport phare là-bas.
13:50OK, oui,
13:50ça ne m'étonne pas du tout.
13:51Mais donc,
13:52c'est quoi exactement
13:53les épreuves
13:53pour que les gens
13:54qui ne connaissent pas
13:55puissent savoir un peu
13:56à quoi ça peut ressembler ?
13:58Alors, il y a de la natation
14:00sans matériel
14:01et après, surtout,
14:02il y a des épreuves
14:03avec matériel
14:03donc soit avec palme
14:04soit avec un mannequin
14:05qu'on va tracter
14:07sur une certaine distance
14:09soit avec une bouée tube.
14:11C'est une grande bouée
14:12comme Alerta Malibu
14:13où on va chercher des gens.
14:16Donc, soit on tracte
14:16quelqu'un réellement
14:17ou soit on nage
14:18avec la bouée tube
14:19uniquement.
14:20OK.
14:20Voilà, donc c'est
14:21des épreuves de sauvetage
14:24qui sont traduites
14:25en compétition.
14:25Mais donc, toi,
14:26tu en fais ?
14:28Non.
14:28Ah.
14:28Moi, je n'en fais pas.
14:29Moi, j'ai eu la chance
14:30de faire une initiation
14:31l'année dernière
14:32où j'ai découvert
14:33cette discipline
14:34et c'est vraiment
14:35hyper accessible.
14:36C'était ça vraiment l'enjeu.
14:38Mais non, moi,
14:39je n'en fais pas
14:40parce que je ne fais plus
14:41de sport de haut niveau.
14:42Et ça ne se retenterait pas
14:44dans cette version-là,
14:45justement ?
14:45Toujours dans l'eau
14:46mais avec un autre
14:47petit challenge ?
14:48C'est vrai que c'est
14:49hyper accessible
14:50et hyper ludique.
14:51Oui, c'est sûr
14:51que ça tente.
14:52Ouais.
14:53Sachant que je pense
14:53qu'il y a plein d'anciens
14:54nageurs
14:54qui s'y sont mis, non ?
14:55Oui.
14:56Soit des anciens nageurs
14:57ou soit des nageurs
14:58qui sont à chaque fois
14:59aux portes un peu
15:00de l'équipe de France.
15:01Ouais.
15:01Ce qui est intéressant,
15:01c'est de pouvoir basculer
15:02sur cette discipline
15:04complémentaire
15:04qui leur permettrait là
15:06d'être en équipe de France
15:07ou ailleurs.
15:08Mais oui,
15:09c'est quelque chose.
15:10Ah, je sens
15:11quand il y a un petit truc.
15:13Il y a assez quelque chose
15:14pour voir en Martinique
15:15mais en plus,
15:16il y a un bon terrain de jeu
15:17là-bas.
15:18Ben grave.
15:19Ouais.
15:19C'est idéal.
15:19Ça s'y prêterait.
15:21Ah ouais, ça serait...
15:22Et puis c'est surtout
15:22que ça te permet aussi
15:23un peu de renouer
15:24même si on voit bien
15:25que tu t'es pas trop
15:26éloignée des bassins
15:27mais ça fait un peu
15:28revenir aussi
15:29à ton premier amour
15:31différemment.
15:31Et puis là,
15:32t'as un niveau de dingue.
15:34Mais ce qui est bien en plus,
15:35c'est que ça amène
15:36vers de la formation,
15:37vers des métiers
15:39de sauveteur en plus.
15:41Donc c'est hyper complémentaire.
15:43Est-ce que d'ailleurs,
15:44on en parle là,
15:44donc je sens qu'on a éveillé
15:46une petite flamme en toi.
15:48Est-ce que ça te manque
15:49un peu cette vie
15:50de sportif de haut niveau ?
15:52Est-ce que tu as
15:55envie un jour
15:56de reprendre ?
15:56Est-ce que parfois,
15:57tu es un peu nostalgique ?
15:59Alors, envie de reprendre,
16:01non.
16:01Je pense que je ne reprendrai
16:03jamais de toute façon.
16:04Et la nostalgie,
16:06elle est dans les grands événements,
16:07dans les équipes de France,
16:09les stages,
16:10les regroupements,
16:11le côté humain en fait,
16:12vraiment.
16:13et après,
16:15je rêve que je nage,
16:16je rêve que je suis en compète.
16:18Non, c'est vrai ?
16:19Oui, encore.
16:20Oui, c'est génial.
16:21C'est génial parce que
16:22c'est que le bon côté au final.
16:23Oui, oui, c'est sûr.
16:24C'est les bonnes sensations,
16:25etc.
16:27La perf.
16:28Donc, ce qui manque,
16:29c'est le côté humain,
16:31le côté collectif.
16:32Et après,
16:33les sensations dans l'eau
16:35qui étaient vraiment
16:36hyper fines.
16:38Mais je ne reprendrai jamais
16:39parce que je connais
16:40l'envers du décor
16:40et ce n'est pas possible.
16:42Oui, bien sûr.
16:43Est-ce qu'aujourd'hui,
16:43tu as des nouvelles ?
16:44Vous gardez des liens
16:45justement de ce que vous avez vécu
16:46qui est assez exceptionnel
16:48dans une vie au final ?
16:50Oui, avec les copines
16:51d'équipe de France.
16:52Oui, on se voit chaque année,
16:53surtout avec celle du relais,
16:554x2 médaillée à Londres.
16:57Donc, on se voit chaque année.
16:59On est amies, en fait.
17:00Ça crée tellement du lien.
17:01Et en plus, ce sont des personnes
17:03avec qui j'ai grandi
17:04de mes 15 ans à mes 29 ans
17:06dans l'eau.
17:07Donc, c'est sûr
17:08que ça devient des amis.
17:09Oui.
17:10Et on rappelle évidemment
17:11que parmi ton palmarès,
17:13il y a eu notamment
17:14trois titres européens
17:15en individuel sur 400 mètres,
17:18deux en petits bassins
17:18et un en grands bassins,
17:20deux médailles de bronze mondiales
17:22en relais 4x200.
17:24Et bien sûr, tu l'as dit,
17:25cette magnifique médaille
17:26de bronze olympique
17:27avec ce même relais à Londres
17:29en 2012.
17:29Justement, quand tu jettes
17:30un petit coup d'œil
17:31et un peu dans le rétro,
17:33est-ce que tu es fière
17:34de tout ce que tu as accompli
17:35dans ta carrière
17:36ou est-ce que tu changerais
17:37quelque chose ?
17:38Mais je ne peux pas changer.
17:40C'est trop tard.
17:43Mais oui, quand même,
17:44je suis fière.
17:45Et c'est en le racontant,
17:47en fait,
17:47et c'est en le voyant
17:49que je m'en rends compte.
17:50Après, sur le coup,
17:51on veut toujours plus.
17:52On veut toujours la médaille d'or,
17:54on veut toujours gagner,
17:55on veut toujours être qualifié,
17:55on veut toujours machin.
17:57Donc, il y a chaque fois
17:58un nouvel enjeu,
17:59un nouvel objectif.
18:00Mais quand j'ai arrêté,
18:02je me suis dit,
18:02oui, quand même,
18:03c'est pas mal.
18:04Oui.
18:06Et par rapport maintenant
18:07à ton après-carrière,
18:08est-ce que tu es fière
18:08de ce que tu as réussi
18:09à entreprendre ?
18:11Oui, oui, oui.
18:12Vraiment, je suis contente
18:13parce que c'est rendre
18:15l'eau accessible
18:16et c'est ce qui me tient à cœur.
18:18C'est vraiment de mettre
18:19en sécurité la population
18:21et de leur apporter des connaissances
18:24sur leur environnement.
18:25Oui, ça va, je suis contente.
18:27Est-ce que tu sais à peu près
18:28à combien de personnes,
18:29enfin, combien d'enfants
18:29vous avez appris à nager
18:31grâce à ton association ?
18:32Là, on est à environ
18:34du 500 par an.
18:36Donc, je pense qu'on est
18:38à 1 000, 2 000,
18:402 500,
18:42près de 3 000 enfants.
18:44Donc, oui, c'est des chiffres
18:46quand même assez importants
18:48et impactants.
18:48Donc, c'est chouette.
18:50Et il y a aussi des adultes dedans.
18:52D'accord.
18:52Oui.
18:53Je pensais que c'était
18:53que pour les enfants.
18:54Donc, c'est aussi ouvert
18:55aux adultes qui auraient
18:56des difficultés à nager.
18:57Oui, aux adultes, oui.
18:58Mais uniquement
18:59pendant les vacances scolaires,
19:00du coup.
19:00Et avec les adultes,
19:02c'est souvent les enfants
19:03qui viennent en stage d'abord.
19:05Après, les parents,
19:05ils se disent,
19:06bon, maintenant, il est à l'aise.
19:07Il veut aller plus loin.
19:08Il faut que je l'accompagne
19:09et que moi aussi,
19:10je me sente en sécurité.
19:11Donc, ça découle comme ça.
19:12On a même eu trois générations,
19:14les grands-parents
19:15qui sont venus.
19:16Oui, c'est vraiment utile.
19:18Oui, c'est trop bien.
19:18Et puis, surtout,
19:19il y a aussi une sensibilisation
19:20sur l'environnement
19:21et ce qu'il y a,
19:22pas que en piscine, quoi,
19:23en mer,
19:24ce qu'il y a sous nous.
19:26Oui, ce qui est vivant.
19:27Il y en a eu des remarques.
19:29Ah, mais le poisson perroquet,
19:30je ne l'avais jamais vu vivant.
19:32Je l'avais juste vu
19:32dans mon assiette.
19:33Oh non !
19:34Bon, ben voilà.
19:35Il existe
19:35et il est comme ça.
19:37Et il nage.
19:38C'est quoi maintenant
19:40la suite pour toi ?
19:42La suite,
19:43c'est continuer
19:44les actions en Martinique
19:46et ouvrir ailleurs.
19:48Donc, Guyane,
19:49Guadeloupe,
19:50peut-être Réunion
19:52ou Polynésie.
19:53l'idée, c'est vraiment
19:54encore cibler
19:55toutes les populations
19:57insulaires
19:58des Outre-mer français
20:01pour encourager tout ça
20:03et puis s'enrichir
20:06d'expériences,
20:07de cultures et tout ça.
20:08De rencontres.
20:09Oui.
20:09C'est vraiment très, très chouette.
20:11Est-ce que tu...
20:12On parlait donc
20:12de ton après-carrière,
20:13mais est-ce que tu continues
20:14quand même de suivre
20:15ce qui se passe aujourd'hui
20:17dans les équipes de France ?
20:18Est-ce que tu étais présente
20:19aux Jeux de Paris 2024 ?
20:21Oui, j'ai eu la chance
20:22d'être là,
20:23d'être à la piscine en plus,
20:25de vivre ces moments
20:26d'émotions incroyables.
20:28Alors à Paris,
20:29ce qui était bizarre,
20:30c'est quand je suis allée
20:30chercher mon accréditation,
20:32j'avais envie de prendre mon sac,
20:35de prendre mon maillot,
20:36de ma chantier,
20:36il y a tous les trucs
20:37qui se remettent.
20:38C'est des automatismes.
20:39Calme-toi,
20:40c'est pas toi qui neige.
20:42Mais c'était vraiment
20:43super à vivre.
20:44En plus, j'ai revu
20:45des anciens olympiens et tout.
20:47Mais oui,
20:47je suis l'équipe de France,
20:49bien sûr.
20:49Après, c'est vrai
20:50qu'il y a beaucoup de jeunes,
20:52donc moi,
20:53ceux avec qui j'avais nagé,
20:54ils ont déjà arrêté de nouveau.
20:56Mais c'est une belle génération.
20:58Oui.
20:58Est-ce que tu as senti
20:59un peu cette pression
20:59quand tu allais chercher
21:00ton accréditation ?
21:01Parce que là,
21:01il y a beaucoup de sportifs
21:02qui ont fait Paris 2024
21:04qui nous parlent justement
21:05de cette pression
21:05sur leurs épaules.
21:06Est-ce que toi,
21:06tu as ressenti un peu ça
21:07ou pas du tout
21:09par rapport à l'enjeu
21:10de l'événement ?
21:11Est-ce que quand tu étais
21:12au cœur de la piscine,
21:14est-ce que toi,
21:15tu sentais un peu
21:16ce truc énorme
21:17qui était en train
21:18de se passer ?
21:19Oui, mais ça,
21:20c'est normal.
21:21Enfin, on est habitués.
21:22On est habitués.
21:23Il y a toujours la pression,
21:24il y a toujours l'enjeu,
21:26il y a toujours...
21:26Vraiment, l'idée,
21:28c'est en tant qu'athlète,
21:29moi, j'étais spectatrice,
21:30donc ça allait.
21:31Mais en tant qu'athlète,
21:31c'est d'avoir la posture
21:33d'acteur et pas de spectateur.
21:35Là-dessus,
21:36j'ai été vraiment bien accompagnée
21:37pour mes premiers Jeux olympiques
21:39parce que quand tu rentres
21:40dans la piscine,
21:42c'est une arène.
21:42Nous, on a l'habitude
21:43d'une piscine,
21:44il y a 500 personnes
21:45et encore,
21:45c'est 500 nageurs.
21:46Et là, c'est des milliers,
21:49des milliers,
21:49des dizaines de milliers
21:50de personnes.
21:52Mais normalement,
21:53tu es préparée.
21:54Donc, ça va.
21:55Oui.
21:57Oui, l'enjeu,
21:58il est là.
21:59C'est le double enjeu
21:59parce que c'est à la maison.
22:01Oui, c'est ça
22:02qui est difficile,
22:03je pense, à gérer.
22:04Et tu disais qu'il y a
22:04plein de jeunes,
22:05de nouvelles générations.
22:06Est-ce qu'ils sont venus te voir
22:07en te demandant des conseils ?
22:09Moi, je suis allée les voir
22:10après la calife
22:11qu'ils avaient faite à Chartres.
22:14Et voilà.
22:15Donc, je leur ai donné
22:16tout plein de conseils
22:17et s'ils ont besoin,
22:19ils s'adressent, quoi.
22:20Ils s'adressent à moi
22:21mais vraiment,
22:22je les ai conseillés
22:24par rapport justement
22:25à cette idée
22:26de posture d'acteur
22:27versus spectateur.
22:29Et je leur ai vraiment dit
22:31de s'appuyer sur les anciens
22:32qui étaient encore en équipe,
22:33Flo, Charlotte, etc.
22:36De demander,
22:36de demander,
22:37de demander.
22:37Je sais que moi,
22:38en tant que capitaine
22:39de l'équipe de France,
22:40j'étais toujours
22:41dans cet accompagnement
22:42aussi des plus jeunes.
22:43Donc, c'est vraiment ça
22:44au sein même
22:45de l'équipe de France
22:46c'est savoir se soutenir
22:47et s'accompagner.
22:48Et avec ton expérience,
22:50aujourd'hui,
22:50qu'est-ce que tu dirais
22:51aux sportifs
22:52qui vont bientôt
22:53mettre fin
22:54à leur carrière
22:55et qui appréhendent l'après ?
22:58Je leur dirais
22:59que c'est normal
23:00d'appréhender.
23:01Je leur dirais
23:02que je comprends
23:03enfin la phrase
23:05de mon coach
23:05qui me disait
23:06« Profite,
23:07ce sont tes meilleures années
23:08et après tu vas voir
23:08c'est plus dur ».
23:10Mais je leur dirais
23:12qu'il va falloir
23:14être courageux
23:14parce qu'il faut
23:15tout réapprendre
23:16et il y a tout
23:16qui sera différent
23:17mais que c'est possible
23:18et ça a une autre saveur
23:20mais c'est joli aussi.
23:22Eh bien,
23:22sur cette belle phrase,
23:24on va terminer.
23:25Merci beaucoup Coralie
23:26d'avoir été avec moi aujourd'hui.
23:28Je te souhaite vraiment
23:28le meilleur pour la suite
23:30et tu reviendras
23:30nous reparler
23:31de ton assaut,
23:32de comment ça évolue
23:33avec grand plaisir.
23:33Avec des nouvelles images.
23:36Merci aux équipes
23:38techniques en régie.
23:39Julien Perronnet
23:40à l'édition,
23:41Nicolas Bayet
23:42à la réalisation,
23:43Clément Ritter
23:43au son
23:44et Sylvie Vanel
23:45au maquillage.
23:46Merci à vous
23:47de nous avoir suivis.
23:48On se retrouve
23:49dans deux semaines
23:50pour un nouveau numéro
23:51de La Victoire est en elle.
23:52Salut !
24:04Sous-titrage Société Radio-Canada
24:10Sous-titrage Société Radio-Canada
24:11Sous-titrage Société Radio-Canada
24:12Sous-titrage Société Radio-Canada
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