00:00Deux versions s'opposent, puisque la plaignante dénonce attouchement et pénétration digitale.
00:05Vous parliez du dossier. Dans ce dossier, il y a notamment des échanges entre la plaignante et l'une de
00:11ses amies,
00:11avec laquelle elle a échangé avant d'arriver chez Ashraf Hakimi, pendant qu'elle était au domicile d'Ashraf Hakimi.
00:18Il y a notamment ce texto adressé à son ami « La vie de ma mère, il m'a violée,
00:22il m'a doigtée, genre horrible, de force et un peu plus loin,
00:24je t'en supplie, dépêche-toi, il me viole ».
00:27Alors, ces textos-là, vous les annoncez complètement hors contexte, puisqu'ils sont intégrés dans une très longue conversation.
00:35Et ces textos, ils ne sont jamais que la parole de la plaignante.
00:39Alors certes, ça ressemble à un élément objectif, parce que c'est un SMS,
00:42mais ce n'est jamais que cette femme qui expose à son ami une situation qui n'a aucune réalité.
00:49À titre d'illustration, dans tous ces échanges SMS, à un autre moment, elle explique qu'il se passe quelque
00:55chose de très grave,
00:56et interrogée par la juge d'instruction, elle n'a jamais été en mesure de dire ce qu'il se
01:00passait de grave,
01:01et elle a même reconnu qu'en réalité, tout allait bien.
01:03Donc on ne peut accorder aucune crédibilité à ces textos, pas plus qu'à la parole d'une plaignante dont
01:11je redis que je l'écris.
01:11Pourquoi on accorderait moins de crédibilité à ces documents-là et à la parole de la plaignante
01:16qu'à celles de votre client et aux documents qui sont, j'imagine que vous en avez,
01:22en tout cas vous estimez qu'ils vont dans votre direction ?
01:27Tout simplement parce qu'Ajraf Hakimi n'a fait aucune obstruction à la justice.
01:31Il a demandé immédiatement à être entendu, il a voulu être confronté avec cette femme,
01:34il a donné son ADN, il a donné son téléphone, tandis que la plaignante...
01:38Elle a fait obstruction ?
01:40Oui, nous considérons que la plaignante, la partie civile, a fait obstruction à la justice,
01:44elle a refusé tous les examens médicaux alors qu'ils étaient possibles
01:48et qu'ils auraient pu conforter sa version pour peu qu'elle ait été vraie.
01:52Elle a refusé de donner le nom d'un témoin-clé, c'est-à-dire une personne avec qui elle
01:55a dîné
01:55juste avant de se rendre au domicile d'Ajraf Hakimi
01:58et juste avant d'échanger de nombreux messages projetant de dépouiller le joueur de football.
02:03Ces messages, ce n'est pas moi ni M. Hakimi qui les ont écrits,
02:07et ce n'est pas nous non plus qui avons tenté de les dissimuler à l'autorité judiciaire.
02:12Elle a encore refusé l'exploitation de son téléphone portable.
02:15Justement, je voudrais me tourner vers Mélanie Vecchio.
02:17Qu'est-ce qu'il y a dans l'ordonnance de mise en accusation révélée avant-hier ?
02:22Mélanie, est-il vrai que la plaignante a refusé de se soumettre à des examens gynécologiques,
02:26de remettre son téléphone portable pour qu'il soit analysé, etc. ?
02:30Alors, sur les examens gynécologiques, le magistrat instructeur est très clair là-dessus.
02:34Elle a refusé de se soumettre à ces examens-là, de remettre son portable également.
02:38Et il y a également, je ne sais pas si vous en avez également parlé,
02:42il y a ces expertises psychologiques qui ont été effectuées pendant cette enquête.
02:49Il y a un premier expert qui a constaté qu'elle n'avait pas...
02:53Parce que c'est très important, il faut le rappeler, dans ces affaires-là,
02:56les expertises psychologiques sont extrêmement importantes.
03:00Absolument.
03:01Les experts constatent qu'elle n'avait pas tendance à la fabulation, à la mythomanie.
03:06Et une psychologue va mettre aussi en évidence des propos et des expressions
03:11qui sont employées par la plaignante,
03:14qui ne sont pas du vocabulaire d'une victime d'agression sexuelle.
03:18Et selon cette psychologue, elle aurait pu être influencée par son amie.
03:23Maître...
03:24Et je me permets d'ajouter...
03:25Je me permets d'ajouter parce qu'effectivement,
03:27l'ordonnance de mise en accusation dont votre journaliste a pris connaissance,
03:30ce n'est pas l'intégralité du dossier,
03:32c'est que l'expert qui a indiqué que cette femme n'avait pas de tendance
03:36à la fabulation et à la mythomanie, qui sont des maladies mentales, je le rappelle,
03:40a ajouté immédiatement ensuite que cela ne permettait pas pour autant
03:44de garantir l'authenticité de ses déclarations.
03:48Mais la magistrate estime que le récit de cette jeune femme, de la plaignante,
03:52est constant et circonstancié,
03:55notamment en ce qui concerne son récit autour d'une pénétration digitale
03:59que lui aurait imposée à Shraf Hakimi, votre client.
04:02Alors, ce n'est pas ce que dit exactement le juge d'instruction.
04:05Ce que dit le juge d'instruction, c'est que sur cette partie-là,
04:08qui en réalité est une partie non détaillée, il y a une constance.
04:10Mais en revanche, la juge d'instruction relève des variations,
04:14des évolutions et des contradictions dans le récit de la victime.
04:18En définitive, ce que dit cette ordonnance de mise en accusation,
04:21ce n'est pas évidemment qu'Hash Hakimi serait coupable de quoi que ce soit,
04:25ce n'est pas qu'il y aurait des preuves contre lui,
04:27c'est qu'il existe des éléments à charge et des éléments à décharge
04:30qui méritent qu'on en débatte contradictoirement,
04:33d'abord devant la cour d'appel,
04:34et ensuite le cas échéant devant une juridiction de jugement.
Commentaires