Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 heures
Chaque matin dans son édito, Jean-Christophe Buisson revient sur l'actualité politique du jour. Ce jeudi, il s'intéresse au salon de l’Agriculture qui se tient en ce moment à Paris et qui a beaucoup perdu de son éclat de naguère.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00L'édito politique sur Europe 1 avec le Figaro, bonjour Jean-Christophe Buisson.
00:05Bonjour Jacques, bonjour Anissa.
00:07Ce matin Jean-Christophe, vous voulez nous parler du salon de l'agriculture qui se tient en ce moment à
00:11Paris
00:12et qui selon vous a beaucoup perdu de son éclat de naguère.
00:15Oui, le salon de l'agriculture ne fermera ses portes que dans trois jours,
00:19mais on peut d'ores et déjà en tirer un premier bilan et il n'est pas globalement positif.
00:23On se dirige vers une chute de fréquentation inédite, sans doute près d'un quart de visiteurs en moins,
00:28ce qui est déjà en soi un indicateur triste, mais ce n'est presque pas le plus frappant.
00:32Ce que l'on retiendra de cet événement, c'est qu'il ressemble de moins en moins à ce qu
00:36'il était autrefois,
00:37à la fois une immense fête populaire et familiale, un rendez-vous politique majeur, une fierté nationale.
00:43Or, que nous a réservé le cru 2026 ?
00:45Moins de monde donc, une bagarre sur un stand de nougat provoqué par une bande de jeunes armés de couteaux
00:50et de planchettes de bois,
00:51et des visites de politiques qui ne passionnent même pas les chaînes d'info continues,
00:55pourtant a priori avides d'images comme celles d'un élu LFI parmi des chèvres,
00:59ou un ministre obligé de boire cul sec, une chope de lait devant une vache en pleine digestion sonore.
01:04Qu'a-t-on retenu par exemple des passages port de Versailles du premier ministre Sébastien Lecornu,
01:08ou du président des Républicains et candidat à la présidentielle Bruno Retailleau ?
01:11Rien de rien.
01:12Sans remonter à Jacques Chirac, adorant venir tâter le cul des vaches,
01:16pendant que Lionel Jospin se faisait arroser par des jets d'œufs plus ou moins frais,
01:19ou même à Nicolas Sarkozy, invitant avec des mots choisis un qui dame à quitter les lieux,
01:23on a encore en tête les images plus récentes d'Emmanuel Macron arpentant les allées du salon durant 14 heures,
01:29ou Marine Le Pen accueillie avec des colliers de fleurs au stand de l'Outre-mer,
01:32ce qui sera peut-être à nouveau le cas aujourd'hui, sait-on jamais.
01:35Mais au-delà de l'absence de réponses concrètes que les politiques ont à proposer aux problèmes des paysans,
01:40crise des vocations, chute des revenus, matraquage bureaucratique,
01:43on sent bien que le cœur n'y est plus.
01:45Alors, à qui la faute selon vous ? Aux organisateurs, aux visiteurs, à l'époque ?
01:49C'est un peu un mélange de tout cela.
01:51L'épidémie de dermatose qui a frappé nos éleveurs de bovins et les a empêchés de venir exposer leurs plus
01:56belles bêtes
01:56a sûrement beaucoup joué dans la baisse du nombre de visiteurs.
01:59Mais franchement, les remplacer par des chats, des lamas et des dromadaires,
02:04dans l'espoir de faire venir un public qu'on sait en général passionné par les matous et avide d
02:08'exotisme,
02:09c'est tuer l'esprit même du salon.
02:11Car à ce qu'on sache, camélidés et félins ne sont ni très nombreux, ni très actifs dans les étables
02:16et les cours de nos fermes.
02:17Et cette initiative est d'autant plus aberrante qu'elle contredit totalement le discours de la ministre de l'Agriculture,
02:22Annie Genevard,
02:24assurant, il y a deux jours dans le même lieu, je cite,
02:26qu'on a soupé trop longtemps d'un boboïsme hermétique aux conditions de vie des agriculteurs.
02:31Or, s'y présenter portes de Versailles, des chats perçants et des chameaux kazakhs,
02:35ou proposer des cours de doga, c'est-à-dire des exercices de yoga avec son dog, son chien,
02:41si ça, ce n'est pas du boboïsme, je ne sais pas ce que c'est.
02:43Bon, admettons une faute de goût, mais y a-t-il vraiment lieu de s'inquiéter à ce point ?
02:48Mais oui, je crois, parce que depuis sa première édition, il y a une soixantaine d'années,
02:51le salon de l'agriculture incarnait une certaine France, un certain monde.
02:55Son dépérissement, la disparition de son âme dans une molle indifférence générale
02:59sont aussi celui et celle de notre pays.
03:03Pays, paysage, paysan, vous le savez, ces mots ont la même racine et ont destin lié.
03:07Je ne sais pas si Roland Barthes avait retenu le salon de l'agriculture dans ses célèbres mythologies,
03:12où figurait par exemple le Tour de France, mais si ce n'était pas le cas,
03:15il aurait mérité d'en faire partie et d'être qualifié lui aussi de fait national fascinant.
03:20Et si les mythes sont des signes, leur disparition aussi est un signe, un mauvais signe.
03:25L'édito politique sur Europe 1 signé Jean-Christophe Buisson du Figaro
03:29et à la une du Figaro ce matin, la surenchère radicale de la France insoumise en vue de la présidentielle
03:33et Michel Houellebecq, poète de notre crépuscule.
03:37Il est 7h55, excellent début de journée, bon réveil avec Europe 1 matin
03:41et Jacques Seré jusqu'à 9h, nous sommes le jeudi 26 février.
03:45Dans un quart d'heure, l'invité de la grande interview Europe 1 CNews,
03:48Sébastien Chenu, député RN du Nord et vice-président de l'Assemblée nationale,
03:52il répondra aux questions de Laurence Ferrari.
03:54Dans un instant, votre journal, la météo et le sein du jour sur Europe 1.
Commentaires

Recommandations