00:00Alors, on a beaucoup de mots qui font peur, mais si on regarde bien, une affection grève incurable,
00:05ça concerne environ 13 millions de personnes qui souffrent d'affections longue durée en France.
00:09Qui engage le pronostic vital, ça ne veut rien dire, parce qu'il n'y a pas d'horizon temporel.
00:15Et surtout qu'on parle de phase avancée.
00:17Mais une affection, une ALD, une affection longue durée, ce n'est pas forcément incurable ?
00:21Si.
00:22Si ?
00:22Si, si.
00:23Les gens doivent vivre avec, en fait.
00:24D'accord.
00:25Et donc, qui engage le pronostic vital…
00:27Donc, une ALD, 13 millions de personnes peuvent bénéficier, enfin, le critère est respecté.
00:32Pour autant, il faut ensuite que ça engage le pronostic vital.
00:36Donc là, on arrive à un million de personnes.
00:38D'accord.
00:39Parce que ça concerne, en gros, les cancers métastatiques, les infections pulmonaires, cardiaques, mais aussi le VIH,
00:46enfin, pas mal de pathologies qui sont évolutives, avec lesquelles les gens peuvent vivre.
00:51Et on parle de phase avancée, ce qui ne veut pas dire grand-chose, qui est très subjectif.
00:55Et donc, on a potentiellement des gens qui ont encore plusieurs années de vie devant eux, qui sont éligibles à
01:00la loi.
01:00Donc, on n'est plus du tout sur une loi fin de vie, mais vraiment sur un droit à la
01:04mort largement ouvert,
01:05beaucoup plus que dans d'autres pays.
01:08Et effectivement, on parle de souffrance physique ou psychologique.
01:11Ça a été après-midi débattu à l'Assemblée.
01:14Mais donc, ça veut dire concrètement que vous pouvez être, par exemple, dépressif à la suite de l'annonce de
01:19votre cancer.
01:20Et dans ce cas-là, vous êtes éligible parce que vous souffrez d'une souffrance psychologique, sans forcément de douleur
01:25physique.
01:28Et on parle aussi de souffrance insupportable.
01:31Donc là aussi, il est très difficile à objectiver.
01:33Et surtout, ça peut être insupportable lorsque la personne décide d'arrêter le traitement.
01:37Donc là encore, on voit qu'on est sur des critères très flous, très lâches.
01:42Et donc, ça manque vraiment de rigueur.
01:44Et surtout, le problème de fond, c'est que ça introduit un geste de mort au sein de la relation
01:49de soins.
01:50Et la France serait le seul pays à faire ça.
01:51C'est-à-dire que le geste létal par un médecin est imposé directement dans le Code de la santé
01:57publique.
01:57Donc, c'est ça qui est assez inquiétant.
01:59C'est qu'on assimile le fait de donner la mort à un soin.
02:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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