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  • il y a 3 mois
Les clefs d'une vie de Bérangère Loiseau
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-02-25##

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Voici 50 ans, Bernard Loiseau ouvre un restaurant à Saulieu
00:10avec l'espoir de récolter trois étoiles.
00:13Depuis, il en a rejoint des millions d'autres,
00:15mais l'aventure se poursuit telle qu'elle était à l'origine,
00:18c'est-à-dire familiale.
00:20Bonjour Bérangère Loiseau.
00:21Bonjour.
00:22Alors, vous êtes l'une des filles de Bernard Loiseau
00:24et vous êtes aujourd'hui à la tête de ces entreprises,
00:28de cette maison Bernard Loiseau.
00:30Il y a ce livre, Le goût, le goût, le goût, chez Gléna,
00:33qu'on va évoquer.
00:34Mais le principe des clés d'une vie, c'est d'évoquer votre parcours,
00:36donc le parcours de Bernard Loiseau aussi, à travers des dates clés.
00:39Donc, avant de parler de vous, on va parler de votre père
00:43avec des dates et surtout la voix de Bernard Loiseau.
00:45Comme moi, j'étais gamin, je suis rentré en apprentissage
00:47chez Trois-Grois à 17 ans, en apprentissage à 17 ans,
00:50et Trois-Grois a eu trois étoiles Michelin 15 jours
00:52après que je suis arrivé à l'apprentissage,
00:52et j'ai dit, j'aurais trois étoiles.
00:54Voilà, exactement.
00:55On reconnaît cette voix passionnée.
00:57Et tous les jours, je mets mes chaussettes et je me dis, trois étoiles.
00:59Voilà.
01:00Alors justement, le 15 mars 1968, c'est le jour où les Trois-Grois ont trois étoiles.
01:05Et en fait, les Trois-Grois, il y avait Jean, le maître Saussier,
01:09il y avait Pierre au fourneau et leur père, Jean-Baptiste, maître d'hôtel et sommelier.
01:13Et Bernard Loiseau est témoin de ces trois étoiles, Bérangère Loiseau.
01:17Oui, c'est ça.
01:18Papa, en fait, jeune enfant ne tenait pas en place.
01:21Il n'était pas mauvais à l'école, mais il ne tenait pas en place.
01:23Et son père, qui était représentant, mangeait souvent pour le boulot chez les frères Trois-Grois.
01:29Et il dit aux frères, il dit, oh là là, vous ne voulez pas prendre mon fils en apprentissage ?
01:34Je ne sais pas quoi en faire.
01:35Et il a demandé à papa.
01:37Papa lui a dit, banco, j'y vais.
01:38Et c'est comme ça que papa s'est retrouvé, effectivement, en apprentissage chez Trois-Grois.
01:42Et qu'il a vécu, deux semaines après son arrivée, le graal absolu,
01:46c'est-à-dire décrocher une troisième étoile.
01:48Et ça l'a bouleversé pour sa vie entière.
01:51Et c'est devenu, depuis, sa raison d'être.
01:54Et d'ailleurs, il a rencontré aussi, je ne sais pas si vous le savez,
01:57il y a deux jeunes journalistes qui arrivent un jour chez Trois-Grois.
01:59Ce sont Christian Millau et Henri Gault,
02:02qui sont les maîtres du journalisme en Nouvelle Cuisine.
02:05Et il va assister pratiquement à leur début dans Paris Presse,
02:09avec des premiers articles sur les Trois-Grois.
02:11C'est incroyable.
02:11Et Christian Millau aussi a beaucoup suivi papa après,
02:15et a été au rendez-vous quand papa s'est installé à Solieux.
02:17Exactement. Alors, votre père, Bernard Loiseau, est né à Chamalières,
02:21comme Daniel Gilbert, d'ailleurs, et Vénéry Gernestin.
02:24Et c'est vrai qu'il doit son amour de la cuisine au départ à sa mère.
02:29Oui, exactement.
02:30Ma grand-mère était issue de la belle bourgeoisie clarmantoise,
02:33et elle avait un très beau magasin de traiteurs charcuterie.
02:39Et ils étaient vraiment les plus connus dans le domaine.
02:42Et mon père traînait souvent dans les jupes de sa mère, dans la charcuterie.
02:45Et puis en même temps, elle lui apprenait des recettes.
02:48Oui, c'était une très très bonne cuisinière.
02:50C'était une gourmande, même moi je m'en souviens.
02:53Et elle a vraiment ouvert les yeux de papa sur la cuisine.
02:59C'est grâce à elle qu'il a inventé après la technique du déglaçage des sauces à l'eau,
03:03chose qu'elle faisait déjà chez elle.
03:05Mais oui, elle a été essentielle dans le déclic de papa.
03:08Elle lui apprenait, je crois, à éplucher des cèpes au départ.
03:11Oui, ça.
03:12Et papa parle de nombreux souvenirs, notamment avec sa fameuse purée
03:15dans laquelle il fallait reproduire le cratère des volcans du Puy-de-Dôme
03:19pour y mettre la sauce.
03:21Non, papa avait des souvenirs savoureux avec sa mère, oui.
03:24Et Bernard, donc votre père, a aussi découvert, grâce à votre grand-mère,
03:29les secrets de la tourte aux champignons et de l'épaule d'agneau.
03:31Oui, et papa a toujours été un fin cueilleur aussi.
03:36Elle l'avait initié à la cueillette de champignons,
03:39ce qu'il a refait après dans son Morvan dans lequel il s'est attaché.
03:41Alors, j'en reviens aux trois gros, parce que tout de suite,
03:43il se manifeste, Bernard Loiseau, par sa passion, sa niac permanente.
03:48Alors, il m'avait dit un jour,
03:49tu n'imagines pas le nombre de fois où je me suis brûlé,
03:52car un cuisinier, pour apprendre son métier, il se brûle en permanence.
03:55Il se brûle, il se coupe, il en prend plein la tête.
03:58Mais oui, papa s'est tout de suite démarqué chez les frères trois gros.
04:04En cuisine, bien entendu, et c'était très difficile,
04:07mais aussi, il a tout de suite appris une connaissance client.
04:10Et c'est Guy Savoie qui me raconte ses anecdotes.
04:14On voyait arriver la file de voiture des clients depuis la cuisine.
04:18Et papa, tout de suite, disait,
04:20Monsieur trois gros, il y a tel client qui arrive,
04:21j'ai vu sa berline, elle arrive, attention, il y a tel client qui arrive.
04:24Et il a tout de suite eu cette conscience du client.
04:27Alors, il se trouve que Guy Savoie est arrivé en apprentissage
04:30pendant la dernière année d'apprentissage de Bernard Loiseau.
04:34Et ils sont devenus inséparables.
04:36Inséparables. Vraiment des frères d'armes.
04:38Et Guy Savoie en parle avec beaucoup d'émotion à chaque fois qu'il parle de papa.
04:43Et effectivement, quand il passe pour la première fois
04:46le pas de la porte de la cuisine de chez trois gros,
04:48il se retrouve face à Bernard.
04:49Et papa lui dit, moi, Bernard Loiseau,
04:53premier apprenti chez trois gros, 1m80, 90 kilos.
04:56Il plantait le décor tout de suite.
04:58Et Guy Savoie était arrivé là parce que sa mère
05:00avait transformé une buvette à Bourgogne-Jalieu
05:02en petit restaurant où Guy aidait à préparer des omelettes
05:05et des entrecôtes.
05:07Et puis un boulanger l'avait pris sous son aile
05:09pour faire des brioches.
05:10Et il avait téléphoné à Jean Spragro
05:12qui a accepté de prendre Guy Savoie comme apprenti.
05:15Et alors, il se trouve que Bernard Loiseau
05:17va se retrouver avec un CAP de cuisinier
05:19à la fin de son stage.
05:21Oui, c'est ça.
05:22Et puis c'est le début de sa longue carrière.
05:25Il a fait quelques petites missions dans le Puy-de-Dôme
05:30et puis très vite, très vite, il a été propulsé à Paris.
05:33Oui, mais en même temps, il y a eu le service militaire.
05:35Et le service militaire, je crois qu'il a rencontré
05:37quelqu'un qui a été le déclic.
05:39Alors, au service militaire, c'est là où papa a décroché
05:41les meilleures notes parce qu'il était cuisinier.
05:44Il était le cuisinier de la brigade
05:45et il en a fait saliver plus d'un.
05:48Et en même temps, par un copain,
05:50il rencontre ensuite au service militaire,
05:53Claude Verger, qui était un cuisinier parisien
05:57qui savait repérer les talents.
05:59Exactement, c'était encore un des grands restaurateurs
06:02de l'époque et effectivement,
06:04il avait plusieurs locaux sur Paris,
06:06plusieurs restaurants et il plaçait effectivement
06:07les jeunes talents.
06:09Il a placé papa à Paris, justement,
06:11la barrière de Clichy, la barrière Poclin.
06:13Et il a vraiment lancé papa devant les médias
06:16et surtout, il lui a ouvert un style de cuisine
06:21que papa ne connaissait pas.
06:22C'est-à-dire ?
06:23Très instantané, très sur le produit,
06:26ce qui est devenu après cette pureté du goût
06:29qui a été la quête du Graal de papa
06:31dans tout ce qu'il a créé.
06:33Et c'est grâce à Claude Verger
06:34que papa arrive à ce lieu.
06:36Alors, d'abord, il devient chef à la barrière de Clichy.
06:39La barrière de Clichy, au départ,
06:40c'est l'une des barrières d'octroi
06:41du mur des fermiers généraux.
06:43Qui est installée à l'emplacement de la place Clichy,
06:46aujourd'hui, je ne sais pas si vous le savez,
06:47elle permettait, cette barrière,
06:48d'accéder à Clichy jusqu'en 1860.
06:50Il fallait payer.
06:51Ça existait vraiment.
06:53Donc, Claude Verger repère Bernard Loiseau
06:56et donc le met comme chef dans ce restaurant
06:59qui était un restaurant fréquenté
07:01par le tout Paris de la culture à l'époque.
07:03Car on sortait dans Paris le soir,
07:05on déjeunait à la midi très long bon,
07:06parfois je suis à 16h,
07:07et c'était une adresse mythique.
07:09Tout à fait.
07:10Et c'est, encore une fois,
07:11c'est là que papa a découvert son style de cuisine
07:14et a commencé à se faire connaître
07:16et à être la cocluse de tous les Parisiens et des médias.
07:19Oui, parce qu'il avait ce style de cuisine très particulier
07:22et très léger.
07:24Et je crois que c'était les femmes qui entraînaient leur mari.
07:26Oui, tout à fait.
07:27Et mon père a toujours pris le client comme boussole
07:31et c'est déjà à Paris, à la barrière de Clichy,
07:33qu'il entendait les dames
07:35soit prendre la commande pour leur époux,
07:37soit dire non, non, moi je veux la sauce à pas,
07:38moi je veux ci, moi je veux ça.
07:39Il s'est dit, bon sang,
07:40si on commence déjà à arriver au restaurant
07:42et être paniqué avec le ventre serré
07:45de ce qu'on va manger,
07:46c'est qu'il se passe quelque chose.
07:47Et c'est à ce moment-là qu'il a commencé aussi
07:49avec Claude Verger
07:50à retirer le gras superflu, le sucre, etc.
07:55et avoir une cuisine beaucoup plus fraîche
07:56et surtout beaucoup plus légère.
07:58Oui, ça ce sont des semaines,
07:59des semaines de préparation, de réflexion, de travail.
08:03Bien évidemment, bien évidemment.
08:05Et c'est après un focus donné au jus,
08:09au jus qui sont uniquement une extraction des carcasses
08:11qui sont cuites pendant des heures et des heures
08:13et après on n'en récupère que la quintessence moelle.
08:15Donc il n'y a pas besoin de remettre du beurre,
08:18de la crème, etc.
08:19Le goût, le goût, le goût.
08:20Mais c'est une invention justement de Bernard Loiseau.
08:22Personne n'y avait songé avant, curieusement,
08:25Bérangère Loiseau.
08:25Oui, tout à fait.
08:27Évidemment, quand on parle de Bernard Loiseau,
08:29on se souvient avec le sourire aux lèvres
08:31de l'homme qu'il était et de la passion qu'il transmettait.
08:34Mais c'était surtout un cuisinier de génie
08:37qui a été le maillon,
08:39qui a fait évoluer la cuisine française
08:40vers ce qu'on connaît aujourd'hui.
08:42Et toutes ces techniques,
08:43le déglaçage des sauces à l'eau,
08:45la liaison des sauces à la purée de légumes, etc.
08:48sont enseignées maintenant dans toutes les écoles d'hôtellerie.
08:51Alors Claude Verger, vous l'avez dit,
08:52Bérangère Loiseau,
08:53décide d'acheter la Côte d'Or de Solieux.
08:56Alors la Côte d'Or à Solieux,
08:57au départ c'était un relais de poste
08:58qui est devenu un restaurant
08:59dont le jambon à la crème est devenu spécialité.
09:02Et puis en 1932,
09:03Alexandre Dumaine,
09:04qui est un grand cuisinier,
09:06qui revient d'Algérie,
09:08arrive là et va obtenir trois étoiles,
09:10restait là jusqu'en 1975
09:11et puis après la maison était pratiquement à l'arrêt.
09:14Oui, tout à fait.
09:15Ce qui est absolument fabuleux,
09:16c'est que cette petite maison au fin fond du Morvan...
09:19C'est un petit restaurant, hein ?
09:20Tout petit,
09:21a connu une destinée extraordinaire.
09:23C'est-à-dire qu'elle a connu deux fois
09:25les meilleurs chefs de leur époque.
09:27Alexandre Dumaine,
09:29un des premiers trois étoiles de l'histoire du Michelin,
09:32et ensuite Bernard Loiseau.
09:33Donc pour le jeune Bernard de 24 ans,
09:35quand Claude Verger lui dit,
09:36viens Bernard, je te place,
09:38tu vas reprendre derrière Alexandre Dumaine,
09:39mais c'était l'aboutissement de toute une carrière de chef.
09:44Oui, mais en même temps, c'est un défi,
09:46il risque de s'effondrer.
09:48Oh là là, c'était un défi absolu,
09:50la maison ne ressemblait plus à grand-chose,
09:54elle avait perdu ses étoiles,
09:55l'autoroute était déjà construite,
09:57il n'y avait pas d'hôtellerie.
09:59Non, non, c'était très compliqué,
10:00mais peu importe.
10:02Il avait cette mission,
10:03conquérir la troisième.
10:04Il fallait lui trouver un successeur à la barrière de Clichy,
10:07et là, il appelle quelqu'un qui n'arrêtait pas de passer d'un restaurant à l'autre
10:11en disant, c'est pas le moment de m'installer,
10:13c'est Guy Savoie,
10:14et il va convaincre Guy Savoie de s'installer,
10:16et si Guy Savoie est là aujourd'hui,
10:18c'est grâce à Bernard Loiseau, Bérangère Loiseau.
10:21Je ne sais pas, en tout cas,
10:22oui, leur rencontre a été déterminante,
10:25je pense, dans le succès des deux,
10:28et Claude Verger leur a très assurément mis le pied à l'étrier.
10:31Oui, et c'est vrai que Guy Savoie hésitait,
10:33il ne mesurait pas son talent,
10:35alors que Bernard Loiseau, lui, il y croyait à fond.
10:37Et puis il le lançait, il dit,
10:38bon, c'est bon, tu ne vas pas brider le cul des poulets pendant longtemps,
10:42sois chef, vas-y, lance-toi.
10:43Et il s'est lancé.
10:44Et il s'est lancé,
10:45il y a une autre date importante dans son parcours,
10:47qui est le 27 mars 1979.
10:50On en parle dans quelques instants sur Sud Radio,
10:53avec la fille de Bernard Loiseau, Bérangère Loiseau.
10:56Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessy.
10:59Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Bérangère Loiseau,
11:02l'une des filles de Bernard Loiseau.
11:04Ce sont les 50 ans de l'arrivée de Bernard Loiseau à Saulieu,
11:08et vous publiez un livre, Maison Bernard Loiseau,
11:10Le goût, le goût, le goût, chez Glénat,
11:12qu'on va évoquer tout à l'heure.
11:13Mais on en revient au parcours de Bernard Loiseau,
11:16que vous connaissez parfaitement, bien sûr.
11:18Alors, j'ai repéré une date clé aussi,
11:21le 27 mars 1979, sa première télé.
11:25Il est invité dans C'est la vie,
11:27une émission sur France 2,
11:28présentée par Noël Mamère,
11:30une émission qui était tous les matins,
11:32une émission généraliste,
11:33traitant des questions d'environnement
11:35et de défense des consommateurs.
11:37Elle est à Dijon ce jour-là,
11:38et Bernard, qu'on n'a jamais vu à la télévision,
11:40prépare une poularde de Brest à l'Estragon.
11:43Vous connaissez cette séquence ?
11:44Mais pas du tout, c'est fabuleux !
11:45C'est vrai que c'est sa première télé.
11:47D'accord !
11:48Et déjà, il fait exploser l'audimat par sa présence et son originalité.
11:53Oui, sa prestance, son charisme,
11:54et puis cette passion,
11:57cette passion, voilà,
11:59qui vous transmet et qui vous emporte.
12:01Alors, il se trouve qu'il a tout de suite compris,
12:03Bernard Loiseau, je crois Bérangère,
12:06l'importance des médias,
12:07dès qu'il était déjà à la barrière de Clichy.
12:09Oui, tout à fait.
12:10Il a tout de suite compris qu'il y avait des prescripteurs
12:13qu'il fallait convaincre et séduire
12:15pour remplir un restaurant.
12:17Je crois que papa,
12:18probablement parce que sa mère avait une entreprise,
12:21a toujours eu cette notion du taulier.
12:23Il faut faire tourner la baraque, comme il disait.
12:26Et c'est comme ça qu'il s'est montré dans les médias.
12:31C'était au départ pour faire venir les clients,
12:34et après, c'était la plateforme parfaite pour lui,
12:38pour pouvoir déverser tout son amour des autres
12:41et son amour de la cuisine.
12:42Oui, et puis c'était assez nouveau.
12:44Jusqu'en années 70,
12:46les médias n'utilisaient pas les cuisiniers,
12:48on n'en parlait pas.
12:49Et les premiers, ça a été Bocuse,
12:51ça a été Roger Verger, un peu oublié à Mougin,
12:54et Gaston Le Nôtre.
12:56Ce sont les premiers à l'époque.
12:58Non, les stars, c'était les restaurateurs.
13:00Exactement.
13:01Et il ne va plus manquer une seule occasion,
13:04Bernard Loiseau, de passer à la télévision.
13:06Ah oui, alors là, ça c'était son...
13:08Ça, c'était son dada.
13:09Et il était parfait.
13:10C'était un acteur né.
13:12C'est incroyable.
13:13Il aurait pu être acteur.
13:14Il aurait pu être acteur,
13:15mais un acteur de cinéma extraordinaire.
13:18Mais voilà, ce qu'il portait,
13:19c'était vraiment sa conviction profonde
13:23de ce que la gastronomie française porte en elle,
13:26sa conviction profonde pour les producteurs,
13:28pour les artisans, les agriculteurs,
13:30pour les terroirs, la défense du terroir.
13:32Il avait compris avant tout le monde
13:33que sans ses producteurs,
13:35il ne serait rien.
13:36Et c'est d'ailleurs un des tout premiers chefs
13:38à évoquer les producteurs.
13:40Ça, on l'oublie.
13:41Et en même temps,
13:42à les évoquer simplement pour le grand public.
13:45Car lorsqu'il passe à la radio ou à la télévision,
13:47Bernard Loiseau est très simple dans son langage.
13:49Oui, c'est très simple.
13:51Il disait, moi, si je fais ce métier,
13:52c'est parce que j'aime les gens
13:53et parce que j'aime manger.
13:55Donc, évoquer une recette d'œufs au plat,
13:58bien sûr que ça le transporte.
14:00Et bien sûr qu'il est ravi de partager ça
14:02avec le grand public.
14:02Et c'est une belle évolution
14:04parce qu'il y a la première émission de télévision
14:06sur la cuisine.
14:06Ça s'appelait La Cuisine de Monsieur X
14:08en 1953.
14:09Je ne sais pas si vous le savez.
14:10Il y avait un comédien qui s'appelait Georges Hadet
14:12qu'on avait choisi
14:13parce qu'il savait faire la cuisine.
14:14Il était devant une caméra
14:15en train de préparer un œuf au plat
14:17ou des sardines.
14:18Et il parlait tellement
14:19que la recette n'en finissait pas.
14:21Ça durait 18 minutes.
14:22Et c'était totalement incompréhensible.
14:24L'émission a duré 6 mois.
14:26Et ensuite, il y a eu Raymond Oliver.
14:27Mais c'est des choses...
14:28La cuisine n'est pas facile
14:30à expliquer à la télévision.
14:31Non, et c'est vrai que Bernard Loiseau,
14:32mon père, a vraiment participé
14:34à démocratiser la haute cuisine.
14:37Et il le faisait même dans ses plats.
14:38Ses plats les plus connus
14:41et ceux qui l'ont propulsé
14:42dans la troisième étoile.
14:44C'est finalement...
14:44Il disait, ma cuisine,
14:45c'est la tradition à visiter.
14:46Donc en fait, il prenait des plats
14:47du terroir typique
14:49et il les transposait
14:50dans le registre gastronomique.
14:51Et il n'avait pas peur de ça.
14:52Il a réinventé le Saint-Honoré.
14:55Il a réinventé la pochouse
14:56qui est devenue son fameux
14:57cendre au vin rouge.
14:59Il a réinventé la persillade
15:00de nos campagnes
15:01qui est devenue
15:02ces fameuses jambonnettes de grenouilles.
15:04C'était quelqu'un d'extrêmement ancré,
15:06extrêmement fier de son terroir,
15:08des paysans.
15:09Et quand bien même
15:10il faisait du trois étoiles,
15:11il prenait la parole
15:12pour parler d'une cassolette de giroles
15:15avec un oeuf poché dessus.
15:17Enfin, voilà,
15:18c'était la gourmandise avant tout.
15:19Et puis je crois que les studios
15:20de télévision et de radio
15:21étaient sa seconde maison.
15:23Il pouvait très bien partir de Solu
15:25à 6h du matin
15:25pour être à 9h à la radio
15:27et rentrer ensuite
15:28au restaurant pour le déjeuner.
15:30Bon, il n'y avait pas
15:31de contrôle radar à l'époque.
15:33Oui, c'est ça.
15:35C'est de notoriété familiale.
15:38Oui, il ne ratait pas un service en fait.
15:40Rien ne pouvait lui faire rater un service.
15:42Même les médias.
15:42Il partait en radio.
15:47Il enregistrait 20 émissions d'affilée
15:49puis il revenait.
15:50Et puis il s'était bouclé.
15:51Oui, mais en même temps,
15:52il roulait très très vite.
15:54Oui, il roulait très très vite.
15:55Et c'est vrai que ma mère
15:57essayait de le freiner un maximum.
15:59Mais il roulait très vite en voiture.
16:01Il roulait très vite dans sa vie.
16:02Il roulait très vite après les étoiles.
16:04Tout était très vite.
16:05Il y a une émission de télévision
16:07qui a marqué aussi cette époque.
16:08Et Bernard Loiseau
16:09était un des pensionnaires.
16:10Ça s'appelait « Quand c'est bon,
16:11il n'y a pas meilleur »
16:12avec François Robott.
16:13Vous vous en souvenez de cette émission ?
16:14Oh là là, oui, oui, oui.
16:16Il était l'un des plus présents
16:17dans cette émission.
16:18François Robott était un journaliste photographe
16:20qui s'est reconverti dans la cuisine
16:22et qui a fait cette émission.
16:23Et à chaque fois
16:24qu'il fallait quelqu'un d'important
16:26ou qu'il y avait la niac,
16:27on appelait Bernard Loiseau.
16:29Ah mais c'était la personne parfaite.
16:32Il emportait tout sur son passage.
16:33Et puis il suffisait qu'il parle
16:35pour qu'on ait la salive qui coule.
16:37C'était extraordinaire.
16:38Alors le défi justement
16:39en dehors de la télévision,
16:41c'est Solieux.
16:41Il arrive à Solieux,
16:42ce n'est plus rien.
16:43En plus, avant,
16:45on traversait le Morvan,
16:46la Nationale 6 en pleine nuit.
16:48Moi j'ai connu ça enfant
16:49en voiture
16:50où mes parents m'amenaient
16:52et c'était l'enfer.
16:54Et donc on s'arrêtait à Solieux.
16:56Et puis quand il arrive,
16:57on ne s'arrête plus à Solieux.
16:58On ne s'arrête plus à Solieux
16:58puisque l'autoroute est là
17:00et on ne sort plus,
17:02on ne sort plus naturellement
17:03sur Solieux.
17:03Donc là, c'est un...
17:04Là, il connaît...
17:05Maman le raconte
17:06dans son livre
17:06La Revanche d'une femme.
17:08Il connaît des années
17:09très très difficiles.
17:10Oui, parce qu'il faut tout refaire en plus.
17:11Il faut tout refaire.
17:13Il est dans une équipe
17:13qui a connu l'avant,
17:15Bernard Loiseau,
17:16donc qui est très sceptique
17:17contre ce jeune gringalet
17:19qui débarque
17:20avec une cuisine
17:21qui choque tout le monde
17:22et qui bouverse tout.
17:23Et tout est à faire.
17:25Il a cuisiné 15 ans
17:27dans la cuisine
17:28d'Alexandre Dumaine
17:29des années 30.
17:30Il est dans des conditions
17:32compliquées.
17:33Oui, en plus,
17:33je crois qu'il vit
17:34dans une toute petite chambre
17:35avec un lavabo
17:35et un placard.
17:36C'est tout, oui.
17:37Rien du tout.
17:38Juste au-dessus du restaurant.
17:40Je crois qu'il a conservé
17:41un hommage à Alexandre Dumaine
17:43avec une petite salle
17:45qui est juste à côté de l'entrée.
17:46Oui, bien entendu.
17:47La salle Alexandre Dumaine
17:48qui est dorénavant
17:50classée monument historique.
17:52Et c'est d'ailleurs là
17:53où nous accueillons
17:53actuellement nos clients.
17:54Il se trouve qu'il se réveille
17:56tous les matins.
17:57Il travaille jour et nuit.
17:58Les vacances,
17:59ça n'existe pas.
17:59Et il surveille tout,
18:00Bernard Loiseau.
18:01Non, mais ça n'existe pas.
18:02Il s'était ouvert
18:03365 jours par an.
18:05C'était du non-stop.
18:07Il a dédié sa vie
18:08à cette œuvre.
18:09Il a tout donné.
18:10Tout, tout, tout.
18:11Et c'est Norbert Tarrère,
18:12je ne sais pas si
18:13il m'a raconté cette anecdote,
18:14chef du Prince de Galles.
18:15Il s'est fait engager
18:16chez Bernard Loiseau
18:17avec un faux CV.
18:18Oui.
18:19Et au bout de 15 jours,
18:21Bernard Loiseau
18:22s'en est emparé
18:23à découvrir la vérité,
18:24l'a convoquée
18:25et lui a dit
18:26la prochaine fois que tu mens,
18:27même dans une grande chaîne
18:28de fast-food,
18:29tu ne rentreras pas.
18:30Tu ne rentreras pas.
18:30Oui, oui, absolument.
18:31Il ne supportait pas
18:32ce genre de choses.
18:33Non, non, non.
18:35Ce que dit Guy Savoie
18:37dans le nouveau livre,
18:39Bernard Loiseau,
18:40c'était la pureté même.
18:41Et c'est vrai que,
18:42voilà, lui mentir,
18:43faire du mal,
18:43ça, c'était inconcevable.
18:45Et puis,
18:45il y a une expression,
18:46aujourd'hui,
18:47qui est dans un langage courant,
18:48qui est au taquet.
18:49On la doit,
18:50Bernard Loiseau.
18:50On la doit,
18:51mais oui,
18:52mais oui,
18:52je le redis à mes équipes,
18:53et quand on fait nos réunions,
18:55on est là tous,
18:56allez, au taquet.
18:57Oui, c'était,
18:58on ne lâche rien,
18:59on y va,
19:00c'était cette niaque quotidienne.
19:02Bernard Loiseau,
19:03c'était une prise électrique
19:04sur laquelle
19:04toutes les équipes
19:05se branchaient le matin
19:06et c'était parti, quoi.
19:07Oui, mais le taquet,
19:08c'est vraiment lui
19:08qui a inventé cette expression.
19:09En fait,
19:09le taquet,
19:10au départ,
19:11ça sert à bloquer quelque chose.
19:12Et quand on est au taquet,
19:14on atteint une limite
19:15infranchissable,
19:15en théorie.
19:16Donc, c'est de là,
19:17il vient l'expression.
19:17Alors, je ne sais pas
19:17d'où il l'avait appris
19:18de ses parents,
19:19mais...
19:19Il demande du vélo,
19:20je crois.
19:20Du vélo,
19:21c'est vrai que je pense.
19:21Et puis,
19:22il y a eu quand même
19:22quelques anecdotes
19:23et un jour,
19:24il a fait une énorme gaffe.
19:27Et voici le bébé de chambre.
19:29Oh là là, oui.
19:31Il se trouve que
19:32parmi les habitués
19:35de Bernard Loiseau
19:36de la Côte d'Or
19:36à Sauglieu,
19:37il y a un certain
19:38François Mitterrand.
19:39Le Président de la République.
19:40Voilà.
19:40Il vient, il adore ce restaurant
19:41et puis un jour,
19:43Bernard Loiseau
19:43lui propose un menu.
19:45Bernard Loiseau.
19:46Aïe, aïe, aïe.
19:46Aïe, aïe, aïe.
19:47C'est au moment
19:48où papa vient d'inventer
19:49les jambonnettes de grenouilles.
19:50Donc, il est fier comme tout.
19:51Il a décroché la lune, déjà.
19:53Et donc,
19:54le Président arrive
19:55et papa lui dit
19:56Monsieur le Président,
19:57Monsieur le Président,
19:58je vous ai préparé
19:59ma spécialité.
20:00Vous allez voir,
20:00c'est incroyable avec ça.
20:01C'est sûr,
20:02j'aurai ma troisième étoile.
20:03Les jambonnettes de grenouilles,
20:04purée d'ail et jus de persil.
20:05Toujours la carte d'ailleurs.
20:07Et là,
20:07le directeur de cabinet
20:08se décompose sur place.
20:10Papa ne comprend pas.
20:12Et Mitterrand lui dit
20:13Ah l'oiseau,
20:14vous ne manquez pas d'humour.
20:16Et le directeur de cabinet
20:18attrape papa et dit
20:19Mais vous êtes fous !
20:20Mais vous êtes fous !
20:21Voyons, voyons !
20:22La grenouille !
20:23Kermiter !
20:24Le Mopet Show !
20:24Le Mopet Show !
20:25Et oui,
20:26il y a la grenouille
20:27dans le Mopet Show.
20:27Ben oui !
20:28Et il se trouve que ça venait
20:29en fait au départ,
20:30le Mopet Show,
20:31c'était une grenouille kermite
20:32et Jacques Martin
20:33avait découvert cette série
20:34Personne n'en voulait,
20:35il l'avait programmée
20:36et Stéphane Galoreau
20:37qui avait travaillé avec lui
20:39l'a repéré
20:40et a fait le Mopet Show.
20:41Bon ça c'est arrangé
20:42parce que François Mitterrand
20:43avait beaucoup d'humour je pense.
20:44Oui,
20:45mais il n'a pas mangé
20:46les grenouilles.
20:47Et puis cette troisième étoile
20:48il l'a obtenue
20:49et je crois que ça a été
20:50le plus beau jour de sa vie.
20:52Ouais,
20:52c'est inexplicable.
20:55Inexplicable pour lui
20:56c'est l'accomplissement
20:58de ce qu'il a donné
20:59toute sa vie.
21:00On est en 1991
21:01il arrive donc en 75
21:04à la Côte d'Or de Dumène
21:0677 première étoile
21:0781 deuxième étoile
21:09et 91 la troisième étoile.
21:10Vous avez vu
21:10les années qui se sont écoulées
21:12et là c'est l'euphorie absolue.
21:15En même temps
21:16il a un nouveau petit bébé
21:18mon frère Bastien qui naît.
21:20Donc ouais ouais
21:21c'était hallucinant
21:24et on est d'ailleurs parti
21:25fêter la troisième étoile
21:27chez Paul Bocuse.
21:28Avec des éléphants
21:29de chez Pain d'Air.
21:30Avec les éléphants
21:30de chez Pain d'Air.
21:31Paul appelle papa
21:32et lui dit
21:32attention tu vas voir Bernard
21:34je t'ai réservé
21:34deux gros poids lourds
21:36tu tiendras un KO
21:37deux poids lourds.
21:38Alors papa se disait
21:38mince c'est qui les VIP
21:40qui l'a invité et tout
21:41c'était deux éléphants
21:42du cirque Pain d'Air.
21:44Ça c'est l'humour
21:45des cuisiniers.
21:46Autre date importante
21:47dans son parcours
21:48le 23 décembre 1998.
21:50A tout de suite sur Sud Radio
21:51avec Bérangère Loiseau
21:52pour parler de Bernard Loiseau.
21:54Sud Radio
21:55les clés d'une vie
21:56Jacques Pessis
21:57Sud Radio
21:58les clés d'une vie
21:58mon invité Bérangère Loiseau
22:00à l'occasion des 50 ans
22:02de l'arrivée
22:03de Bernard Loiseau
22:03à Saulieu
22:04et de la sortie de Solige
22:05maison Bernard Loiseau
22:07le goût
22:07le goût
22:08le goût
22:08chez Gléna
22:09on va en reparler.
22:10Bérangère vous êtes donc
22:11l'une des filles
22:11de Bernard Loiseau
22:12et puis
22:13vous connaissez
22:14son parcours par cœur
22:15et si je vous parle
22:16du 23 décembre 1998
22:18c'est le jour
22:19de l'entrée en bourse
22:19de Bernard Loiseau
22:20et ça c'est aussi
22:21une première
22:22pour un cuisinier.
22:24Mais papa n'a rien fait
22:25comme les autres
22:25il fallait surtout
22:26bien se démarquer
22:28et un jour
22:29il a cette proposition là
22:30et tout
22:30il dit
22:31est-ce qu'il y a déjà
22:32des chefs ?
22:32Non monsieur Loiseau
22:33il n'y a personne
22:34et bien ce sera moi
22:35dès lors
22:36Bernard Loiseau
22:37est encore maintenant
22:37le seul chef
22:38trois étoiles
22:39coté en bourse.
22:39C'est venu commencer
22:40quelqu'un qui lui a dit
22:41pour vous développer
22:42il faut entrer en bourse ?
22:43Oui c'est ça en fait
22:44papa s'est endetté
22:46toute sa vie en fait
22:47il n'a fait que des travaux
22:48sur travaux
22:48sur travaux
22:49pour embellir la maison
22:50c'était que des investissements
22:52toute sa vie
22:52et à un moment donné
22:54bon oui
22:54il faut faire un appel d'air
22:55il faut des fonds
22:56pour continuer à se développer
22:57il a regardé plusieurs options
22:59et celle-ci
22:59il avait bien intrigué
23:01très avant-gardiste
23:02comme d'habitude
23:03oui mais il ne connaissait rien
23:04du tout
23:04rien du tout
23:05il s'est lancé
23:06et bien lui en a pris
23:07puisqu'il a ouvert
23:08dans la foulée
23:09les trois restaurants sur Paris
23:11développé toute une gamme
23:12d'épicerie fine
23:13toute une ligne
23:13de plats cuisinés
23:15et de soupes aussi
23:16dans tous les supermarchés
23:18et c'est comme ça
23:19qu'il a
23:19ça y est
23:19il a épuré sa dette
23:21et il a réussi
23:21à continuer à investir
23:23oui mais au départ
23:24lorsqu'il arrivait en bourse
23:25tout le monde s'est méfé
23:25personne n'y croyait
23:26Bérangère Loiseau
23:27oui personne n'y croyait
23:28et c'est vrai que
23:29nous sommes encore actuellement
23:30une anomalie totale
23:31dans le milieu
23:32papa disait
23:33moi
23:34mon cours de bourse
23:35c'est un encéphalogramme plat
23:36et ça lui allait très bien
23:38effectivement
23:39les investisseurs
23:40se sont moqués
23:40ils disaient
23:41mais qu'est-ce qu'on va faire là-dedans
23:42en fait ils ne comprenaient pas
23:43puisqu'il n'y a pas de comparable
23:44en fait
23:45donc c'est pas de l'immobilier
23:46c'est pas une chaîne
23:47une chaîne de fast-food
23:49il n'y avait rien de similaire
23:51mais
23:52ça lui a permis
23:53de vraiment
23:54vraiment faire un bel appel d'air
23:55et développer la méthode
23:56oui
23:56et en même temps
23:57ça lui a permis
23:57Bernard Loiseau
23:58d'avoir la couverture
23:59du Nord-Orient
24:00oui pour une deuxième fois
24:02puisqu'il l'avait déjà eu
24:02pour la troisième étoile
24:04mais c'est vrai qu'il aurait pu ouvrir
24:05un restaurant aux Etats-Unis
24:06avec cette première page
24:08du New York Times
24:08oui bien sûr
24:10écoutez
24:10il a fini par
24:12par ouvrir au Japon
24:13finalement
24:13alors il se trouve
24:14que ce côté visionnaire
24:15c'est aussi une préparation
24:17de l'avenir
24:17car
24:18en prenant des risques
24:19Bernard Loiseau
24:20a joué
24:21Bernard Loiseau
24:22la carte de la pérennité
24:24oui oui oui
24:25tout à fait
24:25tout de suite
24:27tout de suite
24:27il voulait construire
24:28quelque chose
24:29sur le long terme
24:31et il s'est installé
24:32dans un
24:32voilà
24:33il n'y avait rien
24:34d'immédiat
24:35il n'y avait pas d'actionnaire
24:36qui lui demandait des comptes
24:38en permanence
24:38c'était
24:39il a tout de suite compris
24:41je pense
24:41la dimension patrimoniale
24:42de ce qu'il était en train
24:43de construire
24:44à quel point il représentait
24:45la France
24:46et le patrimoine français
24:46oui en même temps
24:47il était conscient
24:48que tout pouvait s'arrêter
24:49du jour au lendemain
24:51oui
24:52par rapport à ses étoiles
24:53c'est sûr
24:54et par rapport au restaurant aussi
24:55parce que
24:56moi je me souviens de Marc Vérat
24:58qui s'est retrouvé
24:58dans le gouffre
24:59je me souviens un jour
25:00je vais à Beaumanière
25:01il y avait
25:02Pierre Gagnère
25:02totalement désespéré
25:03que Jean-André Charrière
25:05allait essayer de consoler
25:05qui venait de fermer son restaurant
25:07à Saint-Etienne
25:08qui ne savait pas où aller
25:09car du jour au lendemain
25:11un restaurant
25:11ça peut fermer
25:12oui c'est sûr
25:13que ce sont des métiers
25:14qui sont à faible marge
25:16donc on est toujours
25:17un petit peu sur
25:17une ligne de crête
25:18mais voilà
25:19papa a été visionnaire
25:21et son investissement en bourse
25:22lui a permis justement
25:23de continuer
25:24à nous d'être là
25:25alors justement
25:26ça a commencé
25:27par ces produits dérivés
25:28et là
25:29Paul Bocuse
25:30ou Joël Robuchon
25:31Georges Blanc avait déjà
25:32tenté l'expérience
25:32et il a eu l'idée
25:33de dire
25:34on va ouvrir une boutique
25:35Bernard Loiseau
25:35une marque
25:36en 95
25:37et c'était aussi novateur
25:40oui mais
25:42il a été novateur
25:43dans tout
25:44que ce soit
25:45dans ses techniques
25:45dans ses techniques culinaires
25:47que ce soit
25:47dans ses investissements
25:48que ce soit
25:49dans ses développements
25:49il avait toujours
25:50un coup d'avance
25:51il faisait partie
25:53de ces personnalités
25:54vraiment hors normes
25:56qui pressentent
25:57déjà l'avenir
25:58vous vous souvenez
25:58de ces premiers produits dérivés
25:59ce que c'était ?
26:01parce que moi
26:01je me souviens
26:02de Tablier Bernard Loiseau
26:04oui
26:05tous les produits
26:06à de la table
26:07logotés
26:07tout de suite
26:08et ça c'était
26:09tout à fait novateur
26:10parce que les gens
26:11avaient un souvenir
26:11chez eux
26:12d'autres l'ont fait ensuite
26:13absolument
26:14et puis il a ouvert
26:15des premiers restaurants
26:15à Paris à l'époque
26:17Tante Marguerite
26:18et Tante Louise
26:19qui ont été
26:20des événements aussi
26:21oui et qui ont vécu
26:2220 ans
26:23sur la scène parisienne
26:24c'est un exploit absolu
26:25jusqu'à ce qu'Anne Hidalgo
26:27empêche toute circulation
26:28pratiquement
26:28voilà
26:29et il se trouve aussi
26:30que les plats cuisiniers
26:31là aussi
26:32les plats cuisiniers
26:33chez soi
26:33aujourd'hui
26:34il y en a
26:34de tous les grands cuisiniers
26:35et petits cuisiniers
26:36et il a été le premier aussi
26:38il a été le premier
26:39et il a surtout
26:40été le premier
26:41à croire
26:42aux sous-vides
26:44aux sous-vides
26:44il a compris
26:45que ça ne dénaturait pas
26:47le produit
26:48et que bien au contraire
26:49ça a développé
26:50un certain nombre de goûts
26:51puisqu'il n'y a pas de
26:51il n'y a pas de contact
26:52avec l'eau
26:53tout est vraiment préservé
26:54et là-dessus
26:55il a été très précurseur
26:56et ça a été un succès phénoménal
26:57et là il a rencontré aussi
26:58des professionnels
26:59des spécialistes
27:00des scientifiques
27:00oui absolument
27:01parce qu'il ne faisait pas
27:02comme ça
27:02les choses au hasard
27:03non non non
27:03bien entendu
27:04et on continue
27:05d'ailleurs
27:06je continue encore
27:07cette ligne
27:08tous les ans
27:09chez Agis
27:10nous avons un très beau
27:12menu festif
27:12pour que tout le monde
27:13puisse avoir l'oiseau
27:14chez soi
27:14alors je me suis un peu
27:15renseigné
27:16les produits dérivés
27:16ça a commencé en 1932
27:18et le premier produit dérivé
27:20c'est un certain
27:20K.Kamen
27:21qui va voir
27:22Walt Disney
27:23et qui lui propose
27:24de faire
27:24des montres Mickey
27:26et elles se sont vendues
27:27en deux ans
27:27à 2 millions d'exemplaires
27:29et c'est le premier
27:30produit dérivé de l'histoire
27:31extraordinaire
27:31c'est fou hein
27:32alors Bernard Loiseau
27:34au milieu de tout ça
27:35quoi qu'il arrive
27:36il conserve le moral
27:37il conserve le moral
27:39tout le temps
27:39il est à fond
27:40tout le temps
27:41il a eu sa troisième étoile
27:42et il doit en faire
27:43deux fois plus
27:43pour la garder
27:44voilà
27:45c'est ça qui est incroyable
27:46mais même dans les moments difficiles
27:47il ne manifeste pas
27:49le moindre moment de fatigue
27:51il est toujours optimiste
27:52il est toujours optimiste
27:54il y croit toujours
27:55effectivement
27:55nous on a les coulisses
27:57on a l'autre côté
27:58on a l'envers de la médaille
27:59et quelques personnes
28:02privilégiées
28:02qui ont un contact avec lui
28:03comme par exemple Guy Savoie
28:04eux savent
28:06son caractère
28:07angoissé
28:08son côté perfectionniste
28:10qui est finalement
28:11jamais satisfait
28:12oui car
28:12mais moi je me souviens
28:13d'avoir vu
28:14il était toujours
28:15toujours angoissé
28:16malgré le sourire
28:17et c'était
28:18il n'est chez lui
28:18il n'y avait rien
28:19pour le calmer
28:19non c'était comme ça
28:21et je pense que c'était
28:22voilà l'envers de la médaille
28:23d'une personne
28:23qui est non-stop tout le temps
28:25maman raconte aussi
28:26dans son livre
28:27ce qu'elle a vécu avec lui
28:29et comment
28:30voilà
28:31comment il arrive
28:31à ce drame en 2003
28:33alors il a conservé
28:35le moral effectivement
28:35et je crois que votre maman
28:37y est pour beaucoup
28:38et je pense que les gens
28:39ne vont pas faire
28:40500 kilomètres
28:41pour un établissement
28:43qui ne soit pas exceptionnel
28:44voilà
28:45Dominique Loiseau
28:45Dominique Loiseau
28:46qui l'a rencontrée
28:47je crois
28:47elle était journaliste gastronomique
28:49et puis il a flashé sur elle
28:51et il l'a pu lâcher
28:52ouais c'est ça
28:54en fait
28:55maman devait couvrir
28:56pour son journal
28:57un trophée de chef
28:59et dans le jury
29:00il y avait Bernard Loiseau
29:01et papa l'a regardé
29:02non-stop
29:02pendant toute la durée
29:05du trophée
29:06et il n'a pas lâché
29:08depuis
29:08ils se sont retrouvés
29:09après à des manifestations
29:10parisiennes
29:11et c'était le début
29:12d'une très très belle histoire
29:14une belle histoire en plus
29:15avec des enfants
29:16car il voulait des enfants
29:17Bernard Loiseau
29:19oui alors
29:20c'est surtout maman
29:22qui voulait des enfants
29:22et lui bien sûr
29:24ça le réjouissait
29:26mais tout de suite
29:27une première réaction
29:27c'est attention
29:28il ne faut pas qu'il me dérange
29:29pendant le service
29:30maman le raconte
29:30donc je peux le dire
29:32je peux le dire
29:33mais c'est vrai
29:34que maman rentre dans sa vie
29:35et là un couple se forme
29:37c'est l'eau et le feu
29:38et là c'est l'équilibre parfait
29:41et maman construit
29:42une vie privée à papa
29:43chose qu'il n'avait pas
29:44oui car il ne prenait
29:45jamais de vacances
29:46non jamais de vacances
29:47mais il habitait
29:48il habitait au restaurant
29:49c'était tout le temps
29:50toute la nuit
29:50tout le temps
29:51elle est parvenue justement
29:53à le calmer un peu
29:54de ce côté là
29:54oui bien évidemment
29:55et on a acheté
29:56moi je suis née
29:58je suis née
30:00au-dessus de la réception
30:02on a habité
30:02deux ans de ma vie
30:03et après maman a dit
30:05non mais c'est pas possible
30:05ça suffit
30:06c'est infernal
30:06on achète une maison
30:07dans le petit village
30:09et il nous faut une coupure
30:10il nous faut une coupure
30:11et elle a aidé un petit peu
30:13à trouver des temps
30:14de respiration
30:15alors vous avez donc
30:18Bérangère, Blanche
30:18et Bastien
30:19oui
30:20donc un point commun
30:21ce sont les B
30:22des prénoms
30:22pourquoi ?
30:23les trois B
30:23les trois B
30:24parce que papa a dit
30:26comme ça
30:26écoute Dominique
30:27le cousson est déjà fait
30:28puisqu'il avait créé
30:29son LB
30:30son logo
30:31qui a marqué
30:32toute une génération
30:33et il y en avait
30:34sur les couettes
30:36sur les draps
30:37sur les tabliers
30:38il a dû aller
30:38Dominique
30:39comme ça
30:39le trousseau est déjà fait
30:40alors il se trouve aussi
30:42que vous avez été élevé
30:44un petit peu éloigné
30:46de tout ça
30:46Bérangère Loiseau
30:47vous comme votre frère
30:48et votre soeur
30:48oui
30:50en fait à l'époque
30:52neuf Français sur dix
30:53savent qui est Bernard Loiseau
30:54vous montrez le degré
30:56de célébrité de mon père
30:58donc moi forcément
30:59j'allais pas avoir
31:00une vie
31:00une vie comme les autres
31:01et maman l'aperçut
31:03très rapidement
31:03parce que quand j'avais 15 ans
31:04j'étais devant le restaurant
31:06et j'arrêtais tous les passants
31:07moi
31:07fille de Bernard Loiseau
31:09et chez nous
31:09c'est trois étoiles
31:10donc là elle s'est dit
31:11oulalala
31:12il va falloir que je les préserve
31:13et donc on a vite été mis
31:14au pensionnat
31:16chez les soeurs dominicaines
31:17pour être
31:18voilà quand même
31:19à l'école de la vraie vie
31:20et des valeurs
31:20en même temps
31:21Bernard Loiseau
31:21vous a appris des petites choses
31:22à la campagne
31:23il y avait des moments
31:24où il se retrouvait près de vous
31:26oui
31:27moi je chéris
31:28tout particulièrement
31:29ces moments là
31:30on se retrouvait
31:31dans le Morvan
31:31il était très attaché
31:32à son Morvan
31:33on partait faire des petites cueillettes
31:34de champignons
31:36ramasser les noisettes
31:36aux sauts de goulous
31:37on avait quelques petites excursions
31:40oui
31:40car il faut bien le savoir
31:41quand Bernard Loiseau
31:42est arrivé à Saulieu
31:43le Morvan n'existait plus
31:45les artisans n'existaient plus
31:45il a sauvé
31:46les artisans du Morvan
31:47oui tout à fait
31:48il a remis le Morvan
31:49sur une carte mondiale
31:50vraiment
31:50la ville de Saulieu
31:51maintenant
31:51tout le monde sait
31:52tout le monde sait où c'est
31:53grâce à lui
31:54et il a recréé un écosystème
31:56autour de lui
31:57oui
31:57tout à fait
31:58et puis il y a ce drame
31:59du 24 février 2003
32:00moi ce qui me frappe
32:01c'est qu'il y a des moments
32:02de l'histoire
32:03où on sait toujours
32:04où on a appris
32:05la disparition de quelqu'un
32:06pour Dalida
32:07pour François Bernard Loiseau
32:08on sait tous
32:09on sait tous
32:10qu'en quelques secondes
32:11il a mis fin à une vie
32:12qui était fabuleuse
32:13on n'a jamais su
32:14vraiment pourquoi
32:15Bérangère Loiseau
32:16il y a différentes hypothèses
32:17non il y a effectivement
32:18différentes hypothèses
32:20après je pense que
32:20pour un être humain
32:22conduire une vie comme ça
32:25sans arrêt
32:26toute sa vie
32:26c'est pas tenable
32:27sur le long terme
32:28voilà
32:29c'était un être hors norme
32:30avec une fin hors norme
32:32et avec des obsèques hors normes
32:34oui
32:34oulala
32:35oui ça je m'en souviens
32:36je m'en souviens
32:36comme si c'était hier
32:37il y avait
32:38il y avait plus de 4000 personnes
32:39dans les rues de Solieux
32:41Solieux était envahi
32:43ouais ouais
32:43il était le star mondial
32:45et moi je me souviens
32:46avoir déjeuné avec lui
32:47à Paris
32:48un mois plus tôt
32:50on allait vers le restaurant
32:51et il s'arrêtait
32:52devant chaque passant
32:53qu'il saluait
32:53je disais
32:53mais pourquoi Bernard
32:54tu t'arrêtes devant chaque passant
32:55il disait
32:55c'est peut-être des clients en puissance
32:57si jamais je ne les salue pas
33:00ils ne viendront pas chez moi
33:01parce que j'aurais été mal poli
33:04mais il s'est donné pour la France
33:06il s'est donné pour son patrimoine
33:08il s'est donné pour sa gastronomie
33:09il s'est donné pour ses artisans
33:10il a donné sa vie
33:11alors il se trouve que
33:13Dominique votre mère
33:13a sauvé la maison
33:14oui
33:15qui était impensable
33:16je ne serais pas là aujourd'hui
33:18si elle n'avait pas décidé
33:20de continuer le 24 février 2003
33:21personne ne serait là
33:22la maison serait à l'arrêt
33:23et effectivement
33:24elle a levé son petit doigt
33:26comme ça elle a dit
33:26moi je vais essayer
33:27on va y arriver
33:29la maison est très belle
33:30tout ce qui est construit
33:30est intemporel
33:32ça représente la France
33:33donc il n'y a pas de raison
33:33que ça ne continue pas
33:34mais personne n'y croyait
33:36personne n'y croyait
33:37il y a une photo dans Paris Match
33:38qui a marqué votre histoire
33:40on vous voit avec elle
33:42et c'est vrai qu'on sent
33:43la détermination de tout ça
33:45et effectivement
33:46elle y est arrivée
33:47elle a notamment créé un concours
33:48un concours dans un lieu
33:50que Charles Trenet a chanté
33:57car il y a eu un concours
33:58Bernard Loiseau
33:59qu'elle a créé à l'île Maurice
33:59qui a été un événement
34:00parce que tous les chefs
34:01ont participé à cet événement
34:03que les chefs étoilés
34:04qui concouraient
34:04c'était un trophée
34:06extrêmement prestigieux
34:07qui a duré 15 ans
34:08et tout ça a permis
34:10de perpétuer l'image
34:11du Bernard Loiseau
34:12bien sûr
34:14la première année
34:15a été extrêmement difficile
34:17je mets au défi
34:18n'importe quelle femme
34:19de faire ce que ma mère a fait
34:20elle perd 50%
34:22de fréquentation
34:24elle perd des équipes
34:25elle ne sait pas
34:26si les assurances
34:26vont rembourser
34:27elle ne sait rien
34:28elle avance au jour le jour
34:30et petit à petit
34:31les clients reviennent
34:32se rendent compte
34:34que la cuisine est bonne
34:35puisque le sous-chef de papa
34:36pendant 20 ans
34:37est devenu le chef
34:38et il se retrouve bien
34:40à la maison
34:41et c'est reparti
34:42voilà tranquillement
34:43et après 2007
34:44elle ouvre
34:45un nouvel établissement
34:46l'Oiseau des Vignes
34:47à Beaune
34:48qui est toujours
34:49en fonctionnement
34:50et qui est un véritable succès
34:51en 2013
34:53elle ouvre
34:53l'Oiseau des Ducs
34:54et c'est parti
34:54à Dijon
34:55et puis aujourd'hui
34:56vous assurez la relève
34:57et on l'évoque
34:58à travers une date
34:59le 22 octobre 2025
35:01à tout de suite
35:01sur Sud Radio
35:02avec Bérangère Loiseau
35:03Sud Radio
35:05les clés d'une vie
35:05Jacques Pécy
35:06Sud Radio
35:07les clés d'une vie
35:08mon invité
35:09Bérangère Loiseau
35:10alors on évoque
35:11les 50 ans
35:12de l'arrivée
35:13de Bernard Loiseau
35:14à son lieu
35:15votre père
35:15avec ce livre
35:17Maison Bernard Loiseau
35:18le goût
35:19le goût
35:19chez Glénat
35:20que vous avez édité
35:22que vous avez créé
35:23alors avant tout
35:24il faut savoir
35:25que vous avez décidé
35:26voici quelques temps
35:27de prendre
35:29la direction totale
35:30de chez Bernard Loiseau
35:31au départ
35:32votre mère
35:32vous a confié les clés
35:33je crois que vous êtes
35:34arrivé dans la maison
35:34au départ
35:35après des études
35:36en 2013
35:37c'est ça
35:38moi j'ai fait école de commerce
35:40je voulais pas faire
35:41le parcours classique
35:42d'hôtellerie
35:43puisque je connaissais bien
35:45le métier
35:46j'ai fait école de commerce
35:47et après
35:48j'ai passé mon CAP de cuisine
35:49et je suis rentrée
35:50en 2013
35:51dans l'entreprise
35:52avec l'intention
35:53d'être dans l'entreprise
35:54vous ne vouliez pas
35:54faire autre chose
35:55ah non mais moi
35:55je me projetais nulle part ailleurs
35:58le relais
35:58le relais Bernard Loiseau
35:59c'est ma maison
36:00c'est là où j'ai grandi
36:01j'ai appris à marcher
36:02sur les grandes dalles
36:03de Bourgogne
36:03dans l'entrée
36:04c'est chez moi
36:06c'est chez moi
36:07et il y a une telle magie
36:08dans ce lieu
36:08que je ne me suis jamais
36:10projetée ailleurs
36:11donc vous êtes rentrée
36:12pour le marketing
36:12au départ
36:13que vous aviez appris
36:14vous parlez français
36:15anglais
36:15je crois que vous étiez
36:16à Londres aussi
36:17un petit peu
36:17oui oui oui
36:18j'habite un peu à New York
36:19je parle mandarin
36:20voilà c'était bien pratique
36:22pour aller chercher
36:22les clients étrangers
36:23et donc au départ
36:24vous entrez
36:24en observant la maison
36:26telle qu'elle est devenue
36:27oui c'est ça
36:28je rentre par la petite porte
36:30et je crée le département
36:31marketing
36:32parce qu'il y avait besoin
36:32il y a une marque
36:33qui est très forte
36:35on était déjà développé
36:36il fallait structurer
36:37le commercial etc
36:38mais à aucun moment donné
36:40je m'étais dit
36:40bon voilà
36:41dans tant d'années
36:42je reprendrai la suite
36:43alors il se trouve
36:44que le livre est titré
36:45maison Bernard Loiseau
36:47mais on pourrait parler
36:47de famille Bernard Loiseau
36:49parce que Blanche
36:50votre soeur
36:50est également dans l'aventure
36:51oui absolument
36:52ma soeur
36:53elle a fait un parcours
36:54de cuisinier
36:55donc elle est chef
36:55et c'est elle
36:56qui a fait
36:57toutes nos dernières ouvertures
36:58l'oiseau de France
36:59à Tokyo
37:00où elle a vécu
37:01au total
37:01pratiquement deux ans
37:03et elle a ouvert
37:03l'oiseau du temps
37:04à Besançon aussi pour nous
37:05exactement
37:06car en effet
37:07vous avez quitté Paris
37:07pour la province
37:08car finalement
37:09la vie de Bernard Loiseau
37:10c'était plutôt
37:11la province que Paris
37:13oui il y a un vrai ancrage
37:14dans nos campagnes
37:15et on s'est vraiment
37:16recentré sur la Bourgogne
37:17on s'est ouvert
37:18à la Franche-Comté
37:19on va ouvrir à Metz
37:20cette année en 2026
37:21donc on continue
37:23à se développer
37:23mais je pense que
37:24on est légitime
37:25la maison Loiseau
37:26est légitime
37:27pour aller travailler
37:27les différents terroirs de France
37:29et après les faire rayonner
37:30à l'étranger
37:31c'est ce qu'on fait à Tokyo
37:33Metz d'ailleurs
37:33vous avez préparé
37:35des spécialités Lorraine
37:36en vous inspirant
37:37de Bernard Loiseau
37:37et moi je me suis un peu
37:38renseigné sur la quiche Lorraine
37:39qui est quand même
37:40un petit peu
37:41la tradition
37:41elle est mentionnée
37:43dès 1586
37:44dans la comptabilité
37:45du duc Charles III de Lorraine
37:46et c'était une pâte à pain
37:48sans moule
37:49badisonnée
37:49avec une fiche couche
37:50de crème et d'œuf
37:51et c'est simplement
37:51quand les Alsaciens
37:54et les Lorrains
37:54sont arrivés à Paris
37:55dans les brasseries
37:56que la quiche Lorraine
37:57est devenue
37:57ce qu'elle est devenue
37:58aujourd'hui
37:58et que vous allez faire évoluer
38:00bien sûr
38:00alors en 2023
38:02vous devenez PDG
38:04de l'entreprise
38:05comment c'est arrivé
38:06écoutez
38:07moi je suis
38:08donc je suis dans la maison
38:09je fais avancer les choses
38:10aussi auprès de maman
38:12et en 2023
38:14moi je me suis jamais
38:16sentie prête
38:17à aucun moment donné
38:18je me suis sentie prête
38:19comment faites-vous
38:19pour passer derrière
38:20Dominique et Bernard Loiseau
38:22j'aurais jamais
38:23les armes suffisantes
38:23pour passer derrière eux
38:24et c'est mon conseil d'administration
38:26qui m'a secoué
38:27qui m'a dit
38:27non non mais c'est bon
38:28vas-y t'es prête
38:29lance-toi
38:29avec l'aide de votre mère
38:31bien sûr
38:31avec l'aide de maman
38:32bien sûr
38:33qui est présidente d'honneur
38:33qui nous suit de très près
38:34alors le problème
38:35c'est que vous avez des enfants
38:37vous avez une vie
38:38voilà
38:38et qu'il faut gérer
38:40ce travail
38:40en étant dans le restaurant
38:42en étant quelquefois au Japon
38:43en étant ailleurs
38:44comment vous faites ?
38:45mais on fait
38:45on fait mon cher Jacques
38:46on a la niaque
38:47et on défonce tout
38:48et on avance
38:49alors ça veut dire aussi
38:51se renouveler sans arrêt
38:52faire évoluer
38:53parce qu'il y a des travaux
38:54en permanence dans le restaurant
38:55des investissements
38:56oui
38:56tous les ans je continue
38:58moi j'ai deux missions
38:59embellir la maison de Solieux
39:01faire en sorte qu'elle soit
39:01au top du top
39:02qu'on décroche cette troisième étoile
39:04qu'on soit une des plus belles
39:05destinations de France
39:06et continuer à développer le groupe
39:08parce que le message qu'on porte
39:09il est magnifique
39:10cette authenticité
39:11cette défense de nos terroirs
39:13cette quête de l'excellence
39:14en permanence
39:15on est légitime
39:16à s'installer ailleurs
39:17mais dans cette époque
39:19où l'administration est reine
39:21où il y a beaucoup de choses
39:23qui ne vont pas
39:24c'est l'exemple à suivre ?
39:26écoutez nous on fait avec
39:27on joue avec les cartes du jeu
39:28et on avance
39:29mais j'ai la chance
39:30d'avoir des équipes
39:31extraordinaires aussi
39:32qui sont complètement empreintes
39:33du style oiseau
39:34et de cette passion
39:36et puis j'avancerai à rien
39:39si je n'étais pas là
39:40mais cette équipe
39:41elle se renouvelle
39:42en permanence
39:43parce qu'il faut à chaque fois
39:43trouver des nouveaux
39:44oui mais c'est ça qui est fabuleux
39:46et parfois on fait appel
39:47à des talents
39:48qui sont dans l'entreprise
39:50à des anciens de la maison
39:51aussi
39:51qui nous rejoignent
39:52et moi j'ai hâte aussi
39:55de convertir
39:55des nouveaux talents
39:56à toute cette aventure l'oiseau
39:58alors justement
39:58le livre que vous sortez
40:00pour les 50 ans
40:00pourquoi ce livre aujourd'hui
40:02pourquoi ce livre souvenir
40:03à l'occasion des 50 ans
40:04Bérangère L'oiseau ?
40:05j'avais envie de poser
40:07de poser par écrit
40:08cet héritage
40:10et ce socle loiseau
40:12qui est intemporel
40:14et qui parle à toutes les générations
40:16j'avais envie
40:16voilà
40:16de redire
40:18et de réécrire
40:19tout ce que Bernard Loiseau
40:21a légué aux français
40:22alors pour ça
40:23il fallait se plonger
40:24dans les archives
40:24oui absolument
40:25on a fait un travail extraordinaire
40:27dans les archives
40:27il y a des documents inédits
40:30rédigés par papa
40:31il y a des photos exceptionnelles
40:32qui sont dans cet ouvrage
40:33et ensuite
40:3440 recettes actuelles
40:36de Louis-Philippe
40:37et Lucille Vigilant
40:38qui sont le chef
40:40et chef pâtissière
40:42de la Côte d'Or
40:42à Sautlieu
40:43et qui démontrent
40:44à quel point
40:44cet héritage est encore en vie
40:47et ces archives
40:48Bernard Loiseau
40:49il y avait des articles
40:50partout dans les journaux
40:50il les conservait en permanence
40:52alors c'est Madame Loiseau
40:53Dominique qui a fait
40:54ce travail journalistique
40:56de classement
40:58de l'intégralité
40:59j'ai tout en fait
41:00on a une salle d'archives
41:01à la maison
41:02au relais
41:03que maman a vraiment travaillé
41:04tout est consigné
41:06il y a une matière
41:06exceptionnelle
41:07des images
41:08des diapos
41:09du son
41:09des radios
41:10des télés
41:11c'est fabuleux
41:13ça nourrit
41:14toutes nos équipes
41:15tous les jours
41:15et il y a aussi
41:16beaucoup de photos
41:17où Bernard Loiseau
41:18apparaît toujours souriant
41:19avec des chefs
41:21et dans d'autres situations
41:22ça aussi
41:22il a fallu faire
41:23une sélection de photos
41:24oui
41:25parce qu'on aurait pu faire
41:2650 bouquins
41:27il n'y a pas de soucis
41:28mais voilà
41:29chaque photo
41:31chaque image
41:31qui a été choisie
41:32pour ce livre
41:33raconte quelque chose
41:34et elle
41:36elle dit quelque chose
41:37de papa
41:37et j'adore moi
41:38la photo
41:39de la couverture
41:41où papa est à table
41:42et on a l'impression
41:43d'être à côté de lui
41:44il dit bon alors
41:44vas-y tu t'assois
41:45qu'est-ce tu bois
41:45qu'est-ce tu manges
41:46on y va
41:47oui une chose
41:47qu'on ne fait plus assez
41:48aujourd'hui
41:48dans ce monde
41:50industrialisé
41:51oui mais
41:52on est là pour défendre
41:54justement
41:54ce superbe héritage
41:55et c'est un héritage
41:56qui est vrai
41:57c'est un héritage
41:58qui prend aux tripes
41:59qui touche le coeur
42:01on fait le plus beau métier
42:02du monde
42:02il se trouve que
42:03le livre n'est pas
42:04intitulé
42:05Bernard Loiseau
42:05mais Maison Bernard Loiseau
42:07oui oui oui tout à fait
42:09parce que ça continue
42:11c'est pas un livre
42:12sur une personne
42:13qui n'est plus là
42:14c'est un livre
42:15sur une maison
42:16qui porte son nom
42:17et qui est en vie
42:18et qui prépare
42:19les 50 prochaines années
42:21alors il y a des articles
42:21de journaux aussi
42:22et dans l'un des articles
42:24Bernard Loiseau
42:25est surnommé
42:25le Mozart des fourneaux
42:26Bernard Loiseau
42:27oui exceptionnel
42:29oui oui
42:29mais bien sûr
42:30mais c'était
42:31c'était un des plus grands
42:32et j'ai bon espoir
42:34que ça le reste encore
42:34pour longtemps
42:35et puis bien sûr
42:36Guy Savoie et les trois gros
42:38sont ses frères d'âme
42:39et ils sont présents
42:39dans ce livre
42:40oui bien sûr
42:41c'était impossible
42:43de passer à côté
42:43de cette genèse
42:44de l'histoire
42:45de Bernard Loiseau
42:46sans eux
42:46je ne sais pas
42:47s'il aurait eu ce déclic
42:49et puis il y a une ode
42:51à la cuisine végétale
42:52oui tout à fait
42:53parce qu'en faisant
42:54le travail d'archive
42:55justement
42:55j'ai découvert
42:57un texte exceptionnel
42:58de papa
42:58qui s'appelle
42:59La magie des légumes
43:00qui date de 1984
43:02où il rend un hommage
43:03exceptionnel aux légumes
43:04on est dans les années 80
43:06le légume
43:06c'est toujours
43:07le parent pauvre
43:08et effectivement
43:09après en creusant encore
43:11j'ai retrouvé
43:11des anciens menus
43:12des anciennes cartes
43:13et j'ai vu
43:13qu'il avait déjà
43:14à l'époque
43:15un menu 100% végétal
43:16ça s'appelait
43:17légumes en fête
43:17alors cette année
43:18pour les 50 ans
43:19avec Louis-Philippe
43:20on a recréé
43:21un menu légumes en fête
43:22mais là
43:22c'était un visionnaire
43:24parce qu'à l'époque
43:24personne ne voulait
43:25des légumes
43:26dans son assiette
43:28mais bien sûr
43:28mais il a été visionnaire
43:29sur tout
43:30tout tout
43:32la préface bien sûr
43:33c'est Dominique
43:33votre mère
43:34qui l'a signé
43:34oui bien bien sûr
43:36elle est partie prenante
43:38de cette aventure
43:39et sans elle
43:40nous ne serions pas là
43:43la France lui doit beaucoup
43:44et c'est elle
43:45qui a accepté
43:46que vous preniez le relais
43:47elle a eu confiance
43:48elle vous a soutenu
43:49Bérangère Oiseau
43:50oui oui oui
43:51elle était
43:51elle était contente
43:53et je crois
43:54que c'est tout
43:54ce qu'elle espérait
43:55et en même temps
43:56que Blanche soit avec vous
43:57cette complicité
43:59elle a toujours existé
44:00entre vous
44:01et votre soeur Blanche
44:02mais c'est exceptionnel
44:03maman dit
44:04sur trois enfants
44:05qu'il y en ait un
44:05qui veut devenir cuisinier
44:06c'est un miracle
44:07et c'est vrai
44:08qu'on est très très complémentaires
44:10et on va faire des merveilles
44:12vous jouiez à la cuisine
44:14quand vous étiez enfant
44:15toutes les deux
44:16oui forcément
44:17on baignait dedans
44:18en permanence
44:19mais elle
44:20c'était toute la journée
44:22moi je faisais pas mal
44:23de pâtisseries
44:24et de gâteaux
44:25elle c'était des poules
44:26et rôtis
44:27et justement
44:28la complicité
44:29la complémentarité
44:30comment ça se passe
44:30justement dans cette maison
44:31aujourd'hui
44:32entre vous deux
44:32de toute façon
44:33du travail
44:34il y en a pour beaucoup
44:34donc c'est pas ce qui manque
44:36oui elle
44:37elle est vraiment
44:38mon bras droit
44:38sur la partie des ouvertures
44:40en opérationnel
44:41donc ça
44:42ça me décharge beaucoup
44:42et moi je suis
44:43sur le temps long
44:44à veiller à la destinée
44:46de cette belle maison
44:47en même temps
44:47c'est beaucoup
44:48beaucoup de travail
44:49il faut avoir la gnaque
44:50et la force de travail
44:52de votre père
44:53Bérangère Loiseau
44:54bah oui
44:54mais on s'appelle Loiseau
44:56alors il y a quelqu'un
44:57qui est aussi présent
44:58dans ce livre
44:59vous allez reconnaître sa voix
45:01c'est être libre
45:02c'est prendre la route
45:04et avoir des copains
45:06et mettre du rythme
45:07dans la vie
45:08ne jamais s'ennuyer
45:09voilà
45:09Philippe Labreau
45:10Philippe Labreau
45:11qui signe aussi un texte
45:12dans ce livre
45:13il y a une histoire là-dessus
45:16oui
45:17quand j'ai fait ce livre
45:19j'ai appelé
45:19Philippe Labreau
45:20et je lui ai dit
45:22on peut pas faire ce livre
45:23sans vous
45:23il était extrêmement proche
45:25de papa
45:25il avait
45:27de maman aussi
45:28il lui avait dit
45:29il essayait de lui dire
45:30Bernard ralentis
45:32calme-toi
45:32tu ne tiendras pas
45:34etc
45:36et quand je lui ai demandé
45:37il a tout de suite accepté
45:38et il nous a
45:40remis son manuscrit
45:41quelques jours
45:42avant son
45:42avant son décès
45:44donc voilà
45:45c'est le dernier texte
45:45de Philippe Labreau
45:46je le crois
45:47et dans ce texte
45:49il évoque notamment
45:50le jour où il a voulu
45:51payer l'addition
45:52chez Bernard l'Oiseau
45:54oui oui
45:54mais en fait
45:55avec papa
45:55c'était tout ou rien
45:57donc
45:58si vous étiez l'ami
45:59de Bernard l'Oiseau
46:00bien sûr
46:01c'était comme à la maison
46:02tu payes pas
46:02non mais non seulement ça
46:03mais on repartait
46:04avec le plein d'essence
46:04de la station d'entence
46:06oui oui
46:06c'est vrai qu'il lui manquait
46:07son plein à Philippe Labreau
46:09mais papa était comme ça
46:10en fait
46:11c'était pas de limite
46:12et il avait une formule
46:13en disant
46:13on n'emportera rien
46:14ouais
46:15et on n'emportera rien
46:16et ça avait beaucoup travaillé
46:18Philippe Labreau
46:19justement
46:19qui lui a dédié un chapitre
46:21dans son livre
46:22j'irais nager
46:23dans plus de rivières
46:25et lui disait
46:26mais Bernard
46:27moi au contraire
46:27j'emporterais tout
46:28et moi j'ai une anecdote
46:29que vous connaissez peut-être pas
46:30mais j'étais chez Bernard l'Oiseau
46:32le jour où Philippe Labreau
46:34deux jours avant le Goncourt
46:35a appris qu'il n'aurait pas le Goncourt
46:36qui était le rêve de sa vie
46:38et j'ai vu Bernard
46:39remonter le moral à Philippe Labreau
46:41qui était au plus profond
46:42du désespoir
46:43en disant
46:44j'ai raté ma vie
46:45parce que je n'ai pas le Goncourt
46:46je ne sais pas si vous le savez
46:47non pas du tout
46:48et c'est vrai qu'il a trouvé
46:49les mots qu'il fallait
46:51j'ai assisté à la scène
46:52ça a duré une dizaine de minutes
46:53il s'est mis à table
46:54à côté de lui
46:54et il l'a moralement sauvé
46:57il était au bon endroit
46:59pour apprendre cette nouvelle
47:00et ces recettes mythiques
47:01justement
47:02que vous avez transformées
47:03ça veut dire que les recettes
47:04peuvent évoluer
47:05au fil des décennies
47:05Père Angère-Loiseau
47:06bien sûr qu'elles peuvent évoluer
47:08tant qu'on respecte
47:08l'idée maîtresse
47:10d'un plat
47:12on le fait régulièrement
47:14notamment avec Louis-Philippe
47:17néanmoins
47:17il y a dans notre carte
47:18trois classiques
47:20qui ne bougent pas
47:22les jambonnettes de grenouilles
47:24la rose des sables
47:25le saint Honoré
47:26et Louis-Philippe
47:27se nourrit justement
47:28de tous les plats de papa
47:30pour recréer
47:31quelque chose de nouveau
47:32mais c'est
47:34ce que mon père a imaginé
47:35est tout à fait
47:36intemporel
47:37et ça perdurera
47:39dans de nombreuses années
47:40et votre connaissance
47:41de la cuisine
47:42vous permet aussi
47:43de donner votre avis
47:44à l'équipe
47:45qui travaille en cuisine
47:46Bérangère-Loiseau
47:46oui absolument
47:47absolument
47:48et ça me donne aussi
47:50je pense une légitimité
47:51en tout cas
47:51je parle le même vocabulaire
47:53qu'eux
47:53je connais leurs contraintes
47:54moi j'ai passé six mois
47:56à cahier du poisson
47:57etc
47:57donc je sais ce que c'est
48:00d'être derrière les fourneaux
48:01et quand on lit ce livre
48:02et quand on se souvient
48:03du parcours de Bernard Loiseau
48:04finalement ce livre
48:05c'est le symbole
48:06d'une France
48:06qui ne doit pas disparaître
48:08oui
48:08et je pense que cette France
48:09elle est encore là
48:10et elle a encore de belles années
48:11devant elle
48:12et on va continuer
48:14la France est magnifique
48:15c'est le plus beau pays du monde
48:17on en est fiers
48:19et sublimons-la
48:20et faisons-la rayonner
48:21en tout cas
48:22nous c'est ce qu'on veut faire
48:23dans toutes nos maisons
48:24à Dijon
48:24à Bona
48:25à Besançon
48:25à Tokyo
48:26demain à Metz
48:27et à Solieux
48:28et en même temps
48:29la faire rayonner
48:29ça veut dire défendre
48:30des produits
48:30défendre la nature
48:31défendre la campagne
48:32défendre des artisans
48:33oui
48:34donc défendre la France
48:37défendre ses paysages
48:38défendre son tourisme
48:39défendre qui elle est
48:40c'est un combat nécessaire
48:42mais auquel beaucoup ne croient plus
48:44je ne sais pas
48:44en tout cas moi
48:45c'est ce qui me porte
48:46tous les jours
48:46à faire continuer
48:47à driver mes équipes
48:49pour le plus beau bonheur
48:52pour le bonheur des autres
48:54c'est ça qui nous anime
48:57et c'est ça qui a animé Papa
48:58à rendre les gens heureux
48:58je pense que s'il vous regarde
49:00Bernard Loiseau doit être fier de vous
49:01et de votre sœur
49:02et de votre mère
49:03on fait tout pour en tout cas
49:05continuez ainsi
49:06et en attendant
49:07je recommande à celles et ceux
49:08qui nous écoutent
49:09et bien sûr d'aller chez vous
49:11mais également
49:11de lire ce livre
49:13Maison Bernard Loiseau
49:14Le goût, le goût
49:15Gléna
49:16qui démontre que finalement
49:17vous êtes une famille de goûts
49:20merci Bérangère Loiseau
49:21merci Jacques
49:21les casines de vie
49:22c'est terminé pour aujourd'hui
49:24on se retrouve bientôt
49:25restez fidèles
49:26à l'écoute de Sud Radio
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