00:00Allez, on va décortiquer cette intervention forcément avec vous Anne Corpé. Bonjour Anne.
00:03De ce discours, on va d'abord retenir évidemment les records de longueur, je disais, ce bilan miralifique aussi,
00:09pas tout à fait raccord avec la réalité quand même.
00:11Oui, comme d'habitude, Donald Trump a abusé de superlatifs. Dans son discours, il y avait beaucoup de chiffres faux,
00:18de données tronquées.
00:20Alors, pour vernir son bilan, Donald Trump utilise toujours la même méthode.
00:24C'est d'abord noircir le bilan de son prédécesseur, qu'il juge toujours avoir trouvé l'état du pays
00:33dans une situation catastrophique à son arrivée à la Maison-Blanche,
00:37en particulier sur les deux sujets qui ont fait le succès de Donald Trump et qui sont importants pour son
00:44électorat.
00:45Tout d'abord, l'inflation. Donc, il a déclaré avoir pris le pouvoir avec une inflation record.
00:53Alors, c'est vrai qu'elle a atteint des pics sous Joe Biden en 2022, mais quand Donald Trump est
00:59arrivé à la Maison-Blanche,
01:00elle n'était plus qu'à 3%. Elle est aujourd'hui à 2,4%.
01:06Donald Trump a notamment affirmé que les prix de l'essence avaient été divisés par 4. C'est faux.
01:11Mais il sait que les Américains sont très sensibles aux prix à la pompe et il espère que son électorat
01:18croira les données qu'il a affichées.
01:20Le deuxième sujet qui mobilise son électorat, c'est évidemment l'immigration, sur lequel il a bâti toute sa campagne.
01:29Alors, là aussi, il est parti de faits réels, à savoir que l'immigration clandestine a explosé sous Joe Biden,
01:36mais il a parlé d'invasion de personnes évadées de prison, de malades sorties d'hôpitaux psychiatriques.
01:44Bon, c'est évidemment loin de la réalité. Il a aussi dit que son administration avait expulsé des criminels à
01:51un taux record.
01:52Or, la majorité des personnes expulsées par son administration n'avaient en réalité aucun casier judiciaire.
01:59Alors voilà pour la politique intérieure. C'est vrai que c'est en fait la politique internationale, la politique étrangère,
02:05qui n'occupe pas un rang de premier choix.
02:07Pourtant, hier soir, Trump a évidemment évoqué la situation avec l'Iran, mettant en garde cette nuit,
02:14car accusant l'Iran de poursuivre ses sinistres ambitions nucléaires
02:19et de surtout concevoir des missiles capables de frapper, d'atteindre les Etats-Unis.
02:23On va l'écouter, on en reparle juste après.
02:27Ils ont déjà développé des missiles capables de menacer l'Europe et leur base outre-mer
02:32et ils travaillent à la construction de missiles qui pourront bientôt atteindre les Etats-Unis d'Amérique.
02:37Après l'opération Midnight Hammer, ils ont été avertis de ne plus tenter à l'avenir de reconstruire leurs programmes
02:45d'armement,
02:45en particulier leurs armes nucléaires.
02:49Pourtant, ils continuent à tout recommencer. Nous avons tout détruit, mais ils veulent recommencer.
02:55Je préfère résoudre ce problème par la voie diplomatique.
02:59Mais une chose est sûre, je ne permettrai jamais aux sponsors du terrorisme,
03:03ce qu'ils sont, d'avoir une arme nucléaire. Je ne peux pas laisser cela se produire.
03:10Bon, il faut dire qu'à cela, les Iraniens ont immédiatement et fermement démenti.
03:15L'idée de tout ça, c'est quoi ? C'est de maintenir la pression dans cet entre-deux diplomatique
03:19?
03:19On va se retrouver demain à Genève pour essayer encore de négocier. Troisième round pour parler.
03:23Oui, alors d'abord, Donald Trump, il faut le rappeler, a massé un énorme dispositif militaire au large des côtes
03:30iraniennes.
03:31Et c'est important pour lui d'expliquer aux Américains que Téhéran constitue vraiment une menace contre les Américains
03:38avec ses missiles capables d'atteindre, soi-disant, les États-Unis.
03:42Alors, il est difficile, en fait, pour le président de ne pas agir sur le plan militaire alors qu'il
03:49a déployé une telle armada.
03:52En même temps, il dit qu'il préfère une solution diplomatique.
03:55C'est vrai qu'il y a des discussions qui reprennent.
03:57C'est la troisième session demain à Genève.
04:00Et parce que, sur le plan politique, il s'est mis lui-même dans une situation très compliquée avec cet
04:05énorme dispositif militaire,
04:08parce qu'il a toujours dit qu'il était contre les guerres interminables menées à l'étranger,
04:14parce que son chef d'état-major lui-même a mis en garde contre un conflit avec l'Iran.
04:19Il y a des risques objectifs, d'abord de mort américain,
04:24puisqu'il y a 30 à 40 000 soldats américains qui sont déployés sur des bases dans la région,
04:30et que l'Iran a, contrairement au Venezuela, des vrais risques, des vraies capacités de riposte.
04:39Il a répété avoir détruit les infrastructures nucléaires.
04:43Là aussi, c'est en contradiction avec ce que dit sa propre administration,
04:47puisque, dans le document de sécurité nationale, il est expliqué que ces infrastructures ont simplement été endommagées.
04:54Mais vous avez raison, la politique étrangère n'est traditionnellement pas au cœur des discours de l'État de l
05:00'Union.
05:01Celui-là n'a pas fait exception sur le sujet.
05:03Il n'a pas dit grand-chose sur l'Ukraine, juste une phrase,
05:06alors que c'était le quatrième anniversaire de l'invasion russe à grande échelle.
05:10Voilà la guerre à laquelle elle avait promis de mettre fin en 24 heures seulement.
05:14Merci beaucoup Anne, qu'on retrouve dans le club à 14 heures.
05:16Avec James Sandré, on va continuer évidemment de débriefer et de fact-checker aussi les différentes annonces.
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