00:00La guerre entre la Russie et l'Ukraine qui a de lourdes conséquences sur l'économie mondiale. Bonjour Stéphane Genest.
00:06Bonjour Adriane.
00:06Et on en parle ce matin dans Aujourd'hui l'économie. On s'intéresse plus précisément à l'un des
00:11fronts de ce conflit, le front agricole.
00:13Stéphane, on parle là d'une guerre hybride qui se déroule aux portes de l'Europe où blé, maïs, engrais
00:19et huile de tournesol sont aussi devenus des armes.
00:23Exactement et pour comprendre il faut revenir à un constat simple. Avant février 2022, l'Ukraine et la Russie nourrissaient
00:28une large partie de la planète.
00:30A eux deux, ils représentaient un tiers du commerce mondial de blé, plus de 20% du maïs exporté et
00:37surtout Andréane, près de 75% des exportations mondiales d'huile de tournesol.
00:43Autrement dit, depuis 4 ans maintenant, c'est toute la planète qui mange moins bien, plus cher ou plus difficilement.
00:48Et c'est pour ça que dès le début de la guerre, les frappes russes ont ciblé, Stéphane, les ports
00:54ukrainiens, les silos, tout comme les infrastructures ferroviaires et fluviales.
00:57Oui, cela a évidemment affecté la production ukrainienne car l'objectif russe c'est d'affaiblir l'économie du pays,
01:03de réduire ses revenus d'exportation et de fragiliser son effort de guerre.
01:07Et sur les marchés mondiaux, la réaction a été brutale. Les prix du blé ont flambé de 50%.
01:12Ceux du maïs et des huiles végétales se sont envolés et face à cette situation, Moscou a transformé le blé
01:19en une arme diplomatique en l'utilisant comme levier d'influence.
01:22Moscou qui a maintenu des flux élevés vers ses partenaires stratégiques comme l'Afrique du Nord et subsaharienne, le Moyen
01:29-Orient et l'Asie centrale.
01:30C'est ce qu'on appelle tout simplement la diplomatie céréalière russe. Le blé devient ainsi une monnaie d'influence.
01:37Et donc on assiste ou du moins on a assisté à une recomposition de la géopolitique alimentaire.
01:43Exactement, les chaînes d'approvisionnement se sont régionalisées, les politiques de stockage stratégique ont été réajustées et pour le coup
01:50elles, elles se sont généralisées.
01:52Une expression a de plus en plus été utilisée, la souveraineté alimentaire.
01:57C'est précisément cet axe qui a structuré les stratégies nationales, notamment européennes, car l'Europe s'est retrouvée face
02:03à un dilemme majeur.
02:04Soutenir l'Ukraine, oui, tout en protégeant son propre modèle agricole.
02:09Mais quatre ans plus tard, malgré une relative normalisation des marchés, les effets qu'on vient d'évoquer persistent.
02:15Et le modèle agricole ukrainien se recompose.
02:18Oui, et la guerre accélère justement cette recomposition.
02:21Les grands groupes agroalimentaires et industriels y voient là une opportunité d'investissement à moindre coût, avec une capacité d
02:29'absorber les chocs, car il faut avoir un regard de long terme, Andréane.
02:32Beaucoup pensent à la reconstruction du secteur, qui va nécessiter énormément d'argent, dans la dépollution des sols, la remise
02:39en état des réseaux,
02:40ou encore la reconstitution des surfaces agricoles, tout comme des infrastructures d'ailleurs,
02:45puisque l'agriculture ukrainienne reste et restera un enjeu géostratégique majeur, tant pour l'Europe que pour l'équilibre alimentaire
02:53mondial.
02:53Stéphane Jeuneste.
02:54the
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