- il y a 17 minutes
Thierry Breton, ancien Commissaire européen et ancien ministre de l'Économie, était l'invité du Face à Face sur BFMTV et RMC ce mardi 24 février.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:008h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Thierry Breton.
00:04Bonjour.
00:04Vous êtes l'ancien commissaire européen bien sûr, ancien ministre de l'économie.
00:07Vous êtes aujourd'hui sous une forme de sanction de la part des Etats-Unis.
00:11Vous n'avez plus le droit au visa et je voudrais particulièrement vous interroger
00:16sur ce qu'il s'est joué hier soir, ce qu'il se joue aujourd'hui.
00:19L'ambassadeur des Etats-Unis en France était convoqué au ministère des Affaires étrangères à 19h.
00:24L'ambassadeur, il ne s'est pas présenté. Qu'est-ce que ça dit ? Qu'est-ce que ça
00:29dit des Etats-Unis ?
00:30On parlera ensuite des sanctions qui vont être prises par la France à son encontre.
00:33Qu'est-ce que ça dit des Etats-Unis de ne même pas honorer un rendez-vous avec le ministère
00:39des Affaires étrangères ?
00:40Dans la gradation des tensions qui peuvent exister, ou des irritants on va dire, qui peuvent exister entre les Etats,
00:49il y a effectivement un certain nombre d'éléments qui sont normés.
00:52comme par exemple la convocation d'un ambassadeur.
00:55Ce n'est pas la première fois du reste que l'ambassadeur des Etats-Unis en France se fait convoquer
00:59par le Quai d'Orsay.
01:02Alors on sait qu'il n'a pas du tout d'expérience diplomatique, c'est le moins qu'on puisse
01:05dire.
01:06Mais enfin ceci n'excuse pas bien entendu les attitudes ou les propos,
01:09et c'est dans ce contexte que le Quai d'Orsay, lorsqu'il l'estime nécessaire, convoque l'ambassadeur.
01:13Alors la première fois qu'il n'est pas venu, il avait renvoyé un numéro 2 à un numéro 3.
01:17Cette fois-ci il ne vient pas.
01:19Ben voilà, c'est un constat.
01:21Et c'est un constat de quoi ?
01:22C'est-à-dire c'est un constat d'arrogance, de refus de dialogue, de volonté de rupture ?
01:29A Pauline de Malherbe, il faudra lui demander.
01:31Parce qu'évidemment s'il le fait c'est qu'il a sans doute des raisons,
01:34et il sait ce qu'il fait, en tout cas on peut l'espérer.
01:38Personnellement, moi je suis attaché, encore une fois, à des relations apaisées avec les Etats-Unis.
01:44Alors on voit ce qui se passe, et j'en suis aussi la victime.
01:47Mais je continue à dire qu'il est absolument indispensable de garder évidemment une relation,
01:52une relation équilibrée, en tout cas à travers ceux qui ont la responsabilité des canaux.
01:57Bon, alors on voit que l'ambassadeur actuel des Etats-Unis,
02:00il préfère visiblement recevoir Mme Le Pen et M. Bardella
02:03que d'aller voir M. Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères.
02:08Très bien, c'est son choix.
02:09Il est effectivement, il est dit, il est assumé,
02:13il est là pour s'appuyer et pour développer le Rassemblement national en France.
02:19Il le dit de façon très explicite, je n'invente rien.
02:22Il suffit de lire, encore une fois, ce document de la sécurité nationale
02:27qui a été, je dirais, la bible diplomatique du département d'État américain en décembre 2025,
02:34en indiquant précisément que les Etats-Unis avaient l'intention désormais
02:39de s'appuyer sur les partis extrémistes d'extrême droite en Europe
02:43pour affaiblir l'Europe et ses institutions.
02:46Très bien, il le dit, ce n'est pas pour autant une raison
02:49pour ne pas aussi travailler avec ceux qui incarnent démocratiquement
02:52le choix des électeurs français.
02:54Pour l'instant, le choix des électeurs français,
02:56c'est évidemment d'avoir porté au pouvoir le gouvernement tel qu'il est
02:59et avec son président de la République.
03:00Que vous nous dites, Thierry Breton, c'est qu'au fond,
03:02ça n'est pas du tout un hasard de calendrier ou une difficulté d'agenda.
03:06Il y a un, un ambassadeur qui, quand il ne vient pas sciemment à une convocation,
03:13le fait, semble-t-il, avec l'accord, voire même en harmonie
03:16avec la décision de Donald Trump, mais surtout, vous nous dites qu'au fond,
03:20il y a une véritable ingérence politique.
03:22En tout cas, il suffit encore une fois de lire, je dirais, la philosophie,
03:25la ligne désormais de conduite du département d'État américain,
03:29c'est-à-dire du ministère des Affaires étrangères américain,
03:31qui dit, je le redis de façon très explicite,
03:34qu'il veut s'appuyer sur tous les partis d'extrême droite en Europe
03:36pour mettre à mal les institutions européennes et vassaliser l'Europe.
03:40C'est écrit noir sur blanc.
03:42Voilà, il faut qu'on en tienne compte.
03:43Alors moi, je le regrette personnellement.
03:44Moi, je suis un ami des États-Unis.
03:46Quelles que soient, encore une fois, les évolutions politiques,
03:48je le regrette, mais c'est ce qui est dit,
03:50il faut que nous, encore une fois, on en tienne compte.
03:52Il n'en demeure pas moins, et je le redis par rapport à votre question,
03:55il n'en demeure pas moins, que nous devons avoir des relations
03:57qui sont des relations équilibrées.
03:59Si jamais l'ambassadeur est convoqué,
04:04évidemment, avec un allié, il faut venir,
04:06ou en tout cas, envoyer son numéro 2.
04:08On verra effectivement pour la suite,
04:10mais au fond, quand vous dites qu'il veut s'appuyer,
04:13est-ce qu'il veut juste s'appuyer,
04:15ou est-ce qu'il veut favoriser ?
04:17Et là, on serait, dans ce cas-là, dans une forme de manipulation.
04:21C'est-à-dire, est-ce que vous dites,
04:23il faut être vigilant,
04:24est-ce que les États-Unis vont activement faire en sorte
04:29qu'un parti gagne plutôt qu'un autre ?
04:31Personne ne le sait, en tout cas, on voit les intentions,
04:33elles sont exprimées, certains les expriment de façon très explicite,
04:37comme par exemple M. Steve Bannon,
04:38qui dit de façon très très explicite ce qu'il attend des résultats des élections en 2027.
04:43– Mais Steve Bannon n'est pas membre de l'administration ?
04:47– Oui, mais il fait partie, encore une fois, de cette galaxie MAGA,
04:50mais vous savez, pour…
04:51– MAGA, make America great again.
04:53– Pour faire en sorte que nous préservions notre démocratie,
04:57nous avons des lois, ces lois doivent être respectées,
05:00nous avons également des lois désormais dans l'espace informationnel,
05:03dans l'espace numérique, j'en ai été le rédacteur,
05:06ces lois doivent être appliquées,
05:08non pas encore une fois en discrimination,
05:11mais pour protéger nos institutions, pour protéger notre démocratie.
05:14– Est-ce qu'elle est fragile, notre démocratie ?
05:16Est-ce qu'elle est vulnérable à leurs intentions,
05:20voire même peut-être à leurs actions ?
05:22– Notre démocratie est fragile
05:24si ceux qui sont en charge d'appliquer les lois ont la main qui tremble.
05:27S'ils n'ont pas la main qui tremble,
05:29et je pense en particulier à la Commission européenne,
05:31qui doit appliquer ces lois désormais,
05:33non pas encore une fois de façon véhémente, de façon violente,
05:35mais tout simplement, lorsqu'ils voient qu'il y a des manquements,
05:38et je parle de l'espace informationnel,
05:40ils ont l'obligation d'appliquer ces lois sans discrimination,
05:44ça veut dire évidemment sans ostracisation également,
05:47mais il faut le faire,
05:48et ces lois, je le redis, protègent évidemment,
05:51sont faites pour nous protéger dans cet espace informationnel,
05:55bien sûr nos enfants, c'est ce qu'il y a de plus important,
05:57mais aussi notre démocratie, il faut donc appliquer les lois.
05:59– On va revenir à cette question justement de l'information du numérique,
06:03mais dans la mesure où l'ambassadeur ne s'est pas présenté,
06:08il aura désormais plus de difficultés à accéder aux membres du gouvernement français,
06:14c'est une sorte de sanction à son endroit,
06:18est-ce que c'est suffisant ?
06:19Est-ce qu'on est suffisamment ferme avec les Etats-Unis ?
06:22– Je n'ai pas de jugement à porter encore une fois sur la façon dont le Quai d'Orsay
06:25veut réagir,
06:26je crois qu'il a bien réagi,
06:28et j'espère qu'au fond on va revenir retomber dans une normalité.
06:33– Je suis frappée par la manière dont vous ne voulez pas mettre d'huile sur le feu.
06:37– Oui, parce que c'est normal encore une fois,
06:39on voit très bien les choses à qui elles se passent,
06:40je vous les ai décrites à l'instant,
06:42on sait très bien où sont les aspirations encore une fois
06:45du gouvernement américain actuel par rapport au parti d'extrême droite en France et en Europe,
06:50on le voit très bien,
06:51on voit que l'ambassadeur des Etats-Unis a également ses aspirations,
06:54j'ai rappelé tout à l'heure le fait qu'il a reçu en grande pompe
06:58les deux leaders d'extrême droite en France,
07:02Madame Le Pen et Monsieur Bardella,
07:04c'est son choix,
07:05et encore une fois je ne le critique pas,
07:07et je ne critique pas non plus eux s'ils vont le voir,
07:09mais on sait encore une fois où il est,
07:11très bien, il faut en tirer les conséquences,
07:13il n'en demeure pas moins que nous sommes nous-mêmes une grande démocratie
07:19et qu'on doit travailler, qu'on doit discuter avec les Etats-Unis
07:22à travers les canaux officiels.
07:23– La question ensuite de la puissance de l'Europe et de son harmonie,
07:27notamment vis-à-vis de la Russie, on va y venir,
07:29mais une dernière question sur la relation avec les Etats-Unis,
07:32Emmanuel Macron a écrit personnellement à Donald Trump pour parler de vous,
07:37pour lui demander, je cite,
07:39de reconsidérer les décisions de l'administration
07:41et de lever les sanctions injustement imposées à Nicolas Aguilou,
07:45qui est donc ce juge français,
07:47et à Thierry Breton, savez-vous s'ils ont répondu
07:50et si les choses suivent leur cours ?
07:52– Non, je n'ai pas cette information,
07:54Pauline de Malherbe,
07:56mais en tout cas, j'ai constaté comme vu…
07:57– Donc ils n'ont pas répondu, sinon vous le sauriez ?
07:58– Je crois que cette lettre est assez récente,
08:01donc on va peut-être laisser le temps, peut-être qu'ils la reçoivent
08:03et qu'ils la discutent,
08:05j'ai évidemment été sensible de…
08:06– J'imagine qu'elle n'est pas envoyée par la poste…
08:09– Je ne pense pas, non vous avez raison.
08:10– Qu'elle a dû normalement arriver assez vite.
08:12– Ça sert à ça aussi les ambassadeurs,
08:14c'est pour ça qu'ils ont continué à avoir des contacts.
08:16Mais voilà, donc j'ai bien entendu pris ça comme je devais le prendre,
08:21c'est-à-dire que j'étais sensible effectivement au fait
08:23que le président de la République le dise,
08:25et dit quoi en fond ?
08:26Et dit que tout simplement, que ce soit le juge Guillou ou moi-même,
08:29nous avons tout simplement exercé notre mandat,
08:32notre travail, sans discrimination,
08:35sans vouloir ostraciser quiconque,
08:37tout simplement par rapport, encore une fois,
08:39à ce qui nous était demandé.
08:41Et en ce qui me concerne, je le rappelle,
08:43bien sûr, j'ai proposé ces textes de loi
08:46qui encadrent le numérique désormais,
08:48c'est ô combien nécessaire.
08:49– Et c'est au titre de cela que vous êtes aujourd'hui sanctionné par les États-Unis ?
08:52– Mais je le redis, ceux qui font les lois,
08:53et heureusement nous sommes dans une démocratie,
08:55c'est le Parlement européen qui a voté à près de 90%,
08:59les députés, 90% des parlementaires européens ont voté.
09:02C'est donc eux qui sont évidemment,
09:04qui devraient être sanctionnés,
09:05mais je ne leur souhaite pas.
09:06– Vous payez pour tout le monde, vous portez le chapeau.
09:07– Et les 27 États membres qui ont voté à l'anonymité.
09:10Vous voyez, c'est finalement toute l'Europe qui est concernée.
09:12– Vous êtes le bouc émissaire de tout le monde.
09:14Enfin, tout de même Thierry Breton,
09:16il est frappant de voir qu'Emmanuel Macron écrit à Donald Trump,
09:19et Donald Trump ne répond pas.
09:20– On verra.
09:21– En tout cas, pour l'heure,
09:22il n'a pas répondu un mot sur les droits de douane.
09:25On a du mal à suivre désormais,
09:27mais au fond, ce ne sont plus les changements de pied de Donald Trump,
09:31c'est désormais la justice américaine,
09:35la Cour suprême qui condamne Donald Trump sur ses droits de douane.
09:39Il avait commencé par dire qu'il passerait outre.
09:42Pourra-t-il le faire ?
09:44Est-ce qu'au fond, le meilleur gardien des relations,
09:47ce n'est pas justement la démocratie,
09:49y compris la démocratie américaine au fond ?
09:51– Eh bien oui, on retombe dans le droit.
09:54Et au fond, je suis de ceux qui regardent ça,
09:56évidemment, avec beaucoup d'attention, vous l'imaginez,
09:58mais aussi, je ne vais pas non plus m'en réjouir,
10:01c'est, encore une fois, les institutions américaines qui fonctionnent.
10:05Vous savez, on appelle ça le « check and balances »,
10:07c'est-à-dire les contre-pouvoirs.
10:09Eh bien, les contre-pouvoirs ont fonctionné,
10:11bien que la Cour suprême, je le rappelle pour nos auditeurs,
10:14elle est plutôt à la main aujourd'hui,
10:16puisqu'il y a ces neuf juges qui prennent les décisions suprêmes,
10:18c'est un peu l'équivalent de notre Conseil constitutionnel,
10:22sur ces neuf juges, il y en a six qui sont des républicains
10:26ou nommés par Donald Trump,
10:27eh bien, malgré tout, ils ont dit le droit,
10:29et le droit, c'est qu'on ne peut pas, aux États-Unis,
10:33et quelque part, Donald Trump ne peut pas,
10:34utiliser les droits de douane comme il les a utilisés,
10:37c'est-à-dire comme des armes, comme des revolvers,
10:39vous savez, on disait, il met un revolver sur la table,
10:41et quand il discutait, il vous disait,
10:43si jamais tu ne fais pas ce que je veux,
10:44je vais te mettre 30%, 40%, 50% de droit de douane,
10:47eh bien, on se rend compte que ce revolver,
10:48c'est un revolver à eau, il n'était pas chargé.
10:50Il n'y aura donc pas, comment vous voyez la suite ?
10:56Alors, la suite, c'est qu'il y a quand même une disposition,
10:58c'est ce fameux section 122,
11:00qui autorise le président des États-Unis
11:03pour rester dans le droit, encore une fois,
11:05parce qu'encore une fois, les relations internationales
11:07sont encadrées par le droit,
11:09pour rester dans le droit,
11:10donc il autorise à mettre pendant 150 jours
11:13des droits de douane à hauteur de 15% maximum.
11:16Donc il a utilisé ce qui est maintenant autorisé par la loi,
11:20enfin, il respecte la loi dans les relations internationales,
11:23c'est donc une bonne chose,
11:24mais dans 150 jours, on verra,
11:26il faudra qu'il repasse devant le Congrès.
11:28Donc on est dans l'incertitude la plus absolue,
11:29j'ajoute que toutes les décisions...
11:32On reste dans l'incertitude.
11:33On reste dans l'incertitude.
11:34Mais je voudrais rendre hommage ce matin à votre micro
11:36au Parlement européen.
11:37On se souvient de cet accord, on va le dire, calamiteux,
11:41qui a tellement humilié les Européens,
11:43qui avait été scellé par Ursula von der Leyen
11:45et Donald Trump dans ce golfe de Turnberry,
11:48donc au nord du Mexique,
11:50où finalement on avait le sentiment qu'on avait tout lâché,
11:52pour rien.
11:53Eh bien le Parlement européen a refusé
11:55de ratifier cet accord,
11:56qui était un accord tellement déséquilibré.
11:58Ils ont repoussé la décision.
12:00La décision, tenez-vous bien,
12:02devait être prise aujourd'hui.
12:03Eh bien compte tenu de l'incertitude absolue
12:05et du fait qu'on a changé, encore une fois,
12:07de régime, grâce au Parlement européen,
12:10eh bien on n'a pas cédé.
12:11Et au fond, on rentre maintenant dans une nouvelle phase
12:14de cette nouvelle normalité,
12:15vous voyez, je mets des guillemets,
12:16donc par rapport aux négociations,
12:18il faut encore une fois remercier le Parlement.
12:20Est-ce que ça veut dire que les dirigeants,
12:21les dirigeants, pardon, de la Commission européenne,
12:23avaient en quelque sorte trahi ?
12:25Eh bien en tout cas, ils sont encadrés.
12:27Il ne faut jamais qu'ils l'oublient.
12:28Ils sont encadrés par le Parlement,
12:30ils sont encadrés par le Conseil.
12:31Eh bien le Parlement européen,
12:32et notamment a décidé de dire
12:34on ne peut pas ratifier cet accord,
12:36et donc ils ont repoussé la décision,
12:38ils ont bien fait,
12:39on rentre maintenant dans une nouvelle phase.
12:41Alors cette nouvelle phase,
12:42il va falloir rediscuter,
12:43mais c'est une phase qui est encadrée désormais
12:45par le droit,
12:46et dans le droit des relations internationales,
12:48y compris commerciales,
12:49on ne peut plus faire n'importe quoi,
12:51on ne peut plus non plus accepter,
12:52en tout cas la Cour suprême
12:54vient de l'interdire au président des États-Unis,
12:56de dire je vais vous faire un port de force,
12:58parce que ce que vous dites ne me plaît pas.
12:59Et d'en faire une arme.
13:00Vous avez peut-être vu cette information,
13:02je vous en parle,
13:03parce que précisément vous évoquez Ursula von der Leyen,
13:06ce sont mes confrères de Politico
13:08qui ont révélé qu'un appel d'offres
13:10avait été lancé par la Commission européenne
13:11pour augmenter de 50%
13:13le budget des jets privés
13:15des dirigeants de l'Union européenne.
13:16Ça vous paraît le bon moment, ça ?
13:18Non, ça ne me paraît pas le bon moment,
13:19il faut donner l'exemple,
13:20chacun doit donner l'exemple,
13:22et j'estime qu'effectivement...
13:24Vous-même vous preniez beaucoup de jets privés
13:25quand vous étiez commissaire européen ?
13:27Eh bien quand je les prenais, c'est moi qui les payais.
13:28C'est vous qui les payais ?
13:29Absolument.
13:30Vous avez fait des déplacements professionnels ?
13:32J'ai fait des déplacements et je les ai payés moi-même.
13:34Je n'ai jamais voulu que la Commission paye quoi que ce soit.
13:37Notamment quand je m'occupais des vaccins.
13:38Quand vous vous occupiez des vaccins,
13:39vous avez réglé vous-même ?
13:41Absolument.
13:42Avec votre argent personnel ?
13:44Mon argent, je n'ai jamais voulu solliciter,
13:45c'est normal, et je n'en tire aucune voie.
13:47Quand il fallait utiliser les jets privés,
13:49parce qu'il n'y avait pas...
13:50Parce qu'il n'y avait pas de solution,
13:51parce que l'espace aérien était fermé pour les vaccins.
13:53Alors c'est d'autant plus intéressant Thierry Breton
13:55qu'effectivement c'est un exemple qui est pointé
13:56par la Commission européenne qui dit
13:57on a besoin de davantage de jets privés
13:59parce que regardez quand il y a eu le Covid,
14:01il y avait des avions qui ne marchaient pas,
14:02parce que évidemment les complications aujourd'hui
14:05de l'espace aérien avec le...
14:08Après ça pose quand même un problème Thierry Breton,
14:09c'est que peut-être vous aviez les moyens vous de le faire.
14:11Si vous n'aviez pas eu les moyens,
14:12est-ce que ça veut dire que certaines des décisions cruciales
14:15qui ont dû être prises pour les vaccins
14:18n'auraient pas eu lieu ?
14:19Madame Apolline de Malherbe, il y a un budget pour ça.
14:21Eh bien dans ces conditions j'aurais sollicité le budget,
14:25je n'ai pas voulu le faire pour des raisons encore une fois
14:27qui m'appartiennent.
14:27En tout cas ça n'est pas le moment de demander 50% de plus.
14:30Une question aussi sur cette harmonie européenne
14:33ou cette fragilité justement,
14:35l'Ukraine, 4 ans de guerre
14:37et il n'y a pas eu d'accord sur des nouvelles sanctions
14:39contre la Russie
14:40parce qu'il y a le veto hongrois.
14:43C'est un revers, voilà ce que dit notamment
14:46la France et les ministres des affaires étrangères
14:50à Bruxelles, nous n'avons pas les moyens de passer outre,
14:53nous sommes bloqués par ce veto ?
14:54Non, on en est encore une fois au 20ème paquet de sanctions,
14:57on le sait, on en a passé 19,
14:58donc moi j'ai confiance, on va le passer ce paquet, le 20ème,
15:02mais on sait qu'évidemment,
15:04là encore,
15:05et on en revient au début de notre discussion,
15:08un pays de Malherbe,
15:10il y a en Europe certains pays
15:13qui sont, on sait,
15:15anti-européens, c'est clair,
15:17en tout cas qui sont anti-institutions européennes
15:19et donc il faut savoir les gérer,
15:21on parle évidemment de la Hongrie,
15:22on peut parler aussi de la Slovaquie
15:25avec Robert Fitchow,
15:26par parenthèse,
15:27ce sont les deux seuls dirigeants
15:29que le secrétaire d'État,
15:31donc Marco Rubio,
15:33est venu saluer lorsqu'il est venu
15:35la semaine dernière, il y a 10 jours.
15:36– On en revient à ce que vous dites sur la volonté d'affaiblir
15:38les institutions européennes.
15:39– On en revient encore une fois,
15:41ce sont ceux qui sont donc les alliés également,
15:44les alliés donc désignés par l'administration Trump
15:47en Europe pour affaiblir l'Europe, voilà.
15:50– Pardon, mais Thierry Vendant,
15:51je me pose toujours une question,
15:52c'est pourquoi ?
15:53Pourquoi ?
15:54Quel est l'intérêt des Américains
15:55dans une situation mondiale
15:57où ils ont face à eux la Russie, la Chine,
16:00d'affaiblir ceux qui sont leurs amis ?
16:01– Mais Madame de Malherbe,
16:02parce qu'encore une fois,
16:03l'histoire nous apprend
16:04qu'évidemment, qui mène les guerres aujourd'hui
16:06ou qui est dans ce contexte belligérant,
16:09ce sont les Etats-Unis d'Amérique
16:10et encore une fois, ils le font
16:12comme ils décident de le voir le faire
16:14et puis on sait que derrière,
16:15il y a évidemment le rapport de force,
16:17peut-être même conflit,
16:18qui est en ligne de mire,
16:20je parle évidemment entre les Etats-Unis et la Chine
16:22et qui doit financer ça ?
16:26Évidemment, les vassaux.
16:27Nous sommes aujourd'hui vus
16:29par une grande partie des Etats-Unis,
16:30pas tous encore une fois,
16:31mais notamment par, je dirais,
16:34cette dynamique maga
16:36dont on a parlé tout à l'heure,
16:38comme étant évidemment ceux
16:39qui doivent soutenir.
16:40Les vassaux, c'est fait pourquoi ?
16:42C'est fait pour payer les guerres.
16:43Ou bien, vous savez,
16:45les électeurs en 2027,
16:46en France, ils vont avoir
16:47un choix assez simple,
16:49ou bien on choisit
16:50de porter au pouvoir
16:52ceux qui favorisent
16:53cette dynamique
16:53enclenchée par les Etats-Unis,
16:55ou bien ils résistent.
16:56Voilà, les choses
16:56sont en train de devenir
16:57de plus en plus claires.
16:58Pour vous, les questions
16:59de politique intérieure
17:00en France,
17:01il faudra aussi les regarder
17:02à l'aune de la question
17:04de la relation.
17:04Mais regardez ce qui se passe
17:05dans le monde,
17:06c'est une évidence,
17:07à mon avis,
17:07ça va devenir l'un des critères
17:08les plus pertinents,
17:09les plus importants.
17:11Regardez du reste,
17:12les sondages.
17:13Aujourd'hui,
17:15près de 60%
17:16des électeurs en Europe
17:17estiment que cette dynamique-là
17:19va à l'encontre
17:20de l'Europe
17:21et de leur propre pays.
17:23Et bien, chez nous,
17:23c'est pareil en France.
17:24Voilà, les électeurs
17:25vont avoir le choix,
17:27il va devenir de plus en plus clair
17:28au fur et à mesure
17:29où on va rentrer dans la campagne.
17:30Avec ou contre
17:31les Américains
17:32et les Alliés américains ?
17:33C'est toujours nos alliés,
17:34vous le dites ?
17:34Bien sûr,
17:34ce sont toujours nos alliés
17:35en particulier dans le cadre
17:36de l'OTAN,
17:37mais il faut continuer
17:37à leur parler.
17:38Mais vous savez,
17:38pour parler avec eux,
17:40et je le redis,
17:41moi je connais bien
17:41les États-Unis,
17:42j'aime ce pays,
17:43il faut savoir aussi
17:44exercer des rapports de force
17:45lorsqu'ils sont légitimes
17:47et qu'ils s'inscrivent
17:48dans le droit.
17:48Et nous,
17:49nous devons en permanence
17:50s'inscrire dans le droit.
17:51Merci Thierry Breton,
17:53ancien commissaire européen
17:54et ancien ministre de l'économie
17:55d'avoir répondu à mes questions
17:56ce matin,
17:58il est 8h46.
Commentaires