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[#LeCanapéRouge] Gildas Ndzengue Mbomba, Président de l'AGUB

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00:03Musique
00:16Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue sur le canapé rouge de Gabon Media Time.
00:21Dans un contexte où le coût de la vie continue de peser sur les ménages
00:25et où l'accès au financement reste un défi pour les familles comme pour les PME,
00:30la question bancaire revient au cœur du débat public.
00:33Taux d'intérêt jugé élevé, frais annexes, parfois peu lisibles
00:37et sentiment d'une accumulation de prélèvements.
00:41Ces derniers jours, l'Association gabonaise des usagers des banques
00:44a tiré la sonnette d'alarme sur le coût du crédit bancaire au Gabon
00:48en pointant notamment le taux effectif global
00:51et en appelant à des mesures de plafonnement et de transparence.
00:55Parallèlement, une autre polémique agite l'opinion,
00:58la redevance annuelle de 1000 francs CFA
01:01liée à la protection des données personnelles
01:03prélevées via plusieurs circuits
01:05qui ravivent la question de la pédagogie fiscale
01:08et du consentement à l'impôt.
01:11Pour en parler, nous recevons ce soir
01:13le président de la GUB, Gildas Nzengenbomba.
01:16Bonsoir Président et merci d'avoir accepté notre invitation.
01:19C'est moi qui vous remercie, Gabon Media Time.
01:21Bonsoir.
01:22Alors, comme il est de coutume sur le canapé rouge de Gabon Media Time,
01:26la première question que je vais vous poser est celle de savoir
01:29comment vous vous portez en ce début d'année 2026.
01:33En cette début d'année, je me porte bien, moralement et physiquement.
01:37Depuis la fin janvier 2026, la GUB dénonce un coût invraisemblable
01:42du crédit bancaire qui freine les ménages et les PME.
01:45Concrètement, qu'est-ce qui a déclenché votre alerte
01:49et quels indicateurs vous permettent de dire que la situation est critique ?
01:54Alors, il faut préciser que l'Association Gaboniale des Isagers des Banques
01:58n'a pas attendu 2026 pour faire observer
02:03que le coût du crédit est élevé au bar.
02:06Il faut dire qu'en 2024, nous avons lancé la première enquête nationale
02:11de satisfaction auprès des Isagers des Banques du Gabon.
02:15Cette enquête a révélé que 79%, donc à peu près 80% des enquêtés
02:20estimait le coût du crédit, donc le taux d'intérêt du crédit élevé au Gabon.
02:26Cette enquête a été, cette observation a été confirmée
02:30par les chiffres récents de la Banque d'État de l'Afrique centrale
02:34qui a révélé que le taux effectif global du Gabon,
02:39le taux d'intérêt du global moyen, est le risqueur à tous les autres pays de la CEMAC.
02:43Alors justement, vous insistez sur le taux effectif global
02:46qui inclut bien évidemment les intérêts et les frais annexes
02:50tels que les frais de dossier, les commissions d'assurance garantie,
02:53TVA et les contributions sociales, etc.
02:55Pourquoi le débat doit-il se faire autour de ce taux effectif global
02:59et pas uniquement sur le taux nominal affiché ?
03:02Alors il est important de comprendre d'abord comment est structuré
03:06le taux d'intérêt, le taux d'intérêt nominal, avant d'aller sur le TEG.
03:10Le taux d'intérêt nominal est composé de plusieurs coûts.
03:16Dans ces coûts, on peut retrouver le coût de la ressource.
03:19Le coût de la ressource, c'est le coût du revient de l'argent.
03:21Parce que la banque centrale, elle achète, elle se réapprovisionne de cet argent,
03:28elle acquiert cet argent à travers la Banque de France qui imprime des billets.
03:33Donc c'est aussi un coût.
03:34Donc c'est le coût de la ressource.
03:35Et dans cette composition du taux d'intérêt nominal,
03:39nous avons également le coût du risque.
03:41Parce que dans le crédit, il y a le risque de non-remboursement.
03:44Donc les banques mettent également dans le coût, dans ce taux d'intérêt nominal,
03:48le coût du risque.
03:49Nous avons également le coût d'exploitation.
03:51Parce que dans le taux d'intérêt des banques, il y a le coût d'exploitation
03:56dans lequel on peut avoir les salaires, en tout cas tout ce qui concerne le fonctionnement.
04:01Et d'autres coûts annexes qui tournent sur l'environnement,
04:06qui sont également, font partie de la composition du taux d'intérêt nominal.
04:13Ce taux d'intérêt nominal-là, il y a rajouté, comme vous l'avez dit,
04:19d'autres frais annexes qui vont constituer ce qu'on appelle le taux effectif global,
04:24qui lui est le coût réel du crédit.
04:26Parce que le taux d'intérêt nominal à annoncer n'est pas le coût réel du crédit.
04:31Le coût réel du crédit, c'est le TEG, qu'on appelle aussi le taux annuel effectif global.
04:35qui représente réellement le coût du crédit.
04:39Alors, beaucoup d'usagers disent ne pas comprendre ce qu'ils signent
04:43ou découvrir parfois le coût réel après signature.
04:48Quelle pratique bancaire posez-vous comme problématique ?
04:52Manque d'informations, clauses abusives, assurances imposées, frais non anticipés ?
04:58Et que demandez-vous exactement en matière de transparence ?
05:01En fait, la réglementation impose à tous les établissements bancaires et des micro-finances
05:08de présenter le TEG à tous les clients avant de le signer.
05:14En général, lorsque la banque vous présente une simulation de crédit,
05:17parce que lorsque vous allez à la banque, la banque doit vous présenter le taux effectif global.
05:22Normalement, vous devez le voir sur la simulation de prêts.
05:26C'est ce taux-là que vous devez regarder si vous souhaitez comparer les coûts entre banques
05:30et non le taux qui est annoncé dans les communications, dans les publicités bancaires.
05:36Donc, nous souhaitons que ce taux-là soit plus connu des clients
05:39et que les clients signent le contrat de prêt sur la base de ce taux-là.
05:43Il faut également signaler que l'élément le plus important dans le crédit,
05:49c'est ce contrat, justement ce contrat de prêt-là.
05:51Le client doit regarder le taux effectif global et non le taux d'intérêt nominal
05:58qui, lui, n'engloque pas le coût général du crédit.
06:02Donc, le plus important, c'est le coût, le prêt, le contrat de prêt
06:07et d'autres documents annexes au crédit.
06:10Mais là-bas, le contrat de prêt.
06:11Alors, est-ce que depuis l'enquête nationale, la première enquête nationale
06:16sur la satisfaction client des services bancaires que vous avez menée,
06:23est-ce que vous avez senti des améliorations dans le fonctionnement des banques
06:28en matière de transparence à ce niveau ?
06:30Ce qu'on a constaté là-bas, leur enquête a révélé qu'il y a certains clients
06:34qui n'avaient pas de contrat.
06:36Il y a certains clients qui avaient des crédits mais qui n'avaient pas de contrat.
06:39La difficulté quand vous n'avez pas de contrat, c'est que si le gestionnaire
06:45a entré des informations sur la date de clôture du crédit
06:50qui n'est pas la même date que celle qui est inscrite sur le contrat de prêt,
06:53il se pourrait que vous soyez en train de rembourser un crédit
06:56qui est réellement, en réalité déjà, devrait déjà être complètement terminé, remboursé.
07:04Donc, nous avons invité les établissements bancaires justement à respecter cette réglementation
07:11qui impose aux banques à remettre, aux établissements de microfinance,
07:15à remettre à chaque client leur contrat de prêt.
07:17Et nous invitons les clients surtout et encore à garder ce document-là
07:22jusqu'à l'instinction du crédit.
07:24Nous avons constaté, effectivement, par rapport à votre question,
07:28une prise en compte de la part de certains établissements bancaires
07:33des recommandations que nous avons proposées lors de l'enquête
07:37que nous avons lancée en 2024.
07:39Et notamment sur la proposition de moyens de paiement adaptés à chaque client.
07:47Parce que nous avons souhaité que, concernant les moyens de paiement
07:51comme des cartes bancaires, que les clients qui ont moins de revenus
07:54puissent avoir une carte bancaire adaptée à leurs besoins
07:58et non avoir une carte bancaire de paiement à l'international.
08:02Alors qu'ils, pour certains, ne feront jamais des voyages
08:05pour faire des paiements à l'international ou ils ne feront pas des paiements sur Internet.
08:08Donc, pour ces clients-là, nous avons proposé aux banques de leur donner une carte CEMAC,
08:13donc une carte régionale, GIMAC, qui leur permettrait simplement de faire des retraits
08:18et de faire des retraits dans les pays membres de la CEMAC
08:21parce que ces clients n'ont pas vocation à aller hors de la CEMAC
08:24ou faire des paiements sur Internet.
08:27Donc, ils n'ont pas forcément besoin d'une carte de paiement à l'international.
08:29Donc, ce sont ces propositions que nous avons pu observer.
08:33Certaines banques l'ont déroulé et nous sommes satisfaits déjà de ce point-là.
08:38Vous évoquez un secteur bancaire peu concurrentiel.
08:41Quel mécanisme entretient cette rigidité des taux ?
08:45Est-ce lié au coût des ressources, au risque, structure du marché
08:49ou même à l'absence de nouveaux acteurs ?
08:52Le marché est peu concurrentiel.
08:54Cela signifie qu'il y a une certaine banque ou deux banques
08:59qui offrent beaucoup plus de prêts.
09:02C'est-à-dire que si vous savez que les crédits fonctionnent avec l'offre et la demande,
09:06s'il y a peu d'offreurs de crédit, le coût du crédit augmente.
09:10Le prix du crédit augmente.
09:12Donc, la solution à ce marché peu concurrentiel,
09:17c'est que l'État puisse ouvrir le marché bancaire, le secteur bancaire,
09:20à d'autres acteurs qui viendront également offrir la possibilité d'injecter le crédit dans le marché.
09:30Donc, c'est une proposition que nous faisons.
09:32D'ailleurs, nous pensons que nous allons avoir de nouveaux entrants dans le secteur bancaire
09:38en espérant que ces nouveaux entrants puissent participer à l'amélioration de l'offre de crédit.
09:45Vous parlez également de non-application effective, d'un taux d'usure protecteur.
09:50Qui doit fixer ce plafond ? À quel niveau ?
09:53Et comment éviter qu'un plafond théorique soit contourné par des frais annexes ?
09:59Alors, il faut dire que dans la zone CEMAC, nous avons ce problème-là.
10:03Nous l'avons fait observer au comité de politique monétaire.
10:08Nous n'avons pas de taux d'usure.
10:10Le taux d'usure, qu'est-ce que c'est un taux d'usure ?
10:12Le taux d'usure, c'est simplement ce taux-là maximum auquel les banques peuvent prêter.
10:17Or, nous n'avons pas ce taux d'usure.
10:20Du coup, ça laisse un grand couloir aux établissements bancaires, aux établissements de microfinance,
10:25de mettre des taux, des TEG, sans avoir un plafond auquel il ne doit pas dépasser.
10:31Donc, c'est une recommandation que nous faisons au comité de politique monétaire de la Béac
10:35de mettre en place un taux d'usure pour les crédits à la consommation, un taux d'usure pour les
10:39crédits immobiliers.
10:40D'ailleurs, si on compare la zone CEMAC à la zone UMOA, dans la zone UMOA, ils avaient un taux
10:45d'usure de 15% en 2025.
10:48Depuis le 1er janvier 2026, ils ont maintenant un taux d'usure de 14% pour les crédits à la
10:53consommation.
10:54Donc, le taux d'usure est toujours comparé au TEG.
10:57Donc, ça voudrait dire que si nous avons un TEG de 17% ou de 16% au Gabon,
11:03ce TEG-là, comparativement à la zone CEMAC, ce TEG-là serait déjà un taux usurier en zone UMOA.
11:09Donc, nous souhaitons que la zone CEMAC puisse mettre en place un taux d'usure protecteur du consommateur.
11:16Évoquons la question liée à la redevance sur la protection des données personnelles, si vous voulez.
11:22Alors, depuis le prélèvement de février 2026, la redevance annuelle de 1000 francs CFA pour la protection des données personnelles
11:30suscite une forte crispation.
11:32Déjà, pouvez-vous, en quelques mots, expliquer aux téléspectateurs ce qu'est cette axe
11:39et quel est le ressenti domino que vous remontez du terrain par rapport à celle-ci ?
11:43Nous aurions bien voulu que cette axe soit expliquée par les initiateurs.
11:48Ce n'est pas notre rôle d'expliquer cette axe-là.
11:51Nous regrettons le fait que l'autorité pour la protection des données en caractère personnel
11:57n'est pas conviée à la table des échanges, des dialogues, pour qu'on puisse comprendre en amont,
12:08avant d'avoir apporté cette redevance devant l'Assemblée nationale pour qu'elle la valide,
12:15nous avons été conviés à une séance de travail seulement après que le texte ait été validé.
12:21Donc, s'il y a lieu d'expliquer les raisons de cette nouvelle redevance sur les comptes bancaires,
12:29j'invite justement les autorités de la protection des données en caractère personnel
12:34à faire cette œuvre pédagogique auprès des populations.
12:37Nous, ce que nous souhaitons, c'est que le compte bancaire des usagers ne soit pas une tirerie
12:42où chaque pouvoir, chaque établissement public puisse décider de venir ponctionner l'argent
12:49dans les comptes bancaires des Gabonais.
12:52Et suite à notre rencontre avec l'autorité, nous avons fait remarquer justement
13:00que nous aurions bien voulu participer à ce débat-là.
13:05Mais malheureusement, nous avons eu la décision après.
13:08Alors justement, vous parlez de cette rencontre, elle a eu lieu le 5 février 2026.
13:15Donc, vous avez été reçu par les responsables de l'autorité pour la protection des données
13:19à caractère personnel et à la vie privée.
13:21Et vous dites avoir obtenu des clarifications tout en regrettant de ne pas justement avoir été consulté en amont.
13:29Qu'est-ce qui vous a été expliqué et qu'est-ce qui reste contestable sur la méthode ?
13:34Alors, ce qui nous a été expliqué, c'est que l'importance même, que nous comprenons très bien,
13:39de la protection des données à caractère personnel et la difficulté pour cette institution,
13:45de difficulté budgétaire qui permettrait de dérouler de manière performante
13:53l'exercice de leur émission régalienne.
13:55Mais nous l'avons très bien compris et nous ne sommes pas contre justement la protection des données à caractère
14:01personnel.
14:02Au contraire, c'est justement la méthode que nous n'apprécions pas.
14:08Nous avons été mis sous le fait accompli de constater qu'il y a une redevance qui sera prélevée sur
14:14le compte des usagers.
14:15Et je sais très bien que l'autorité de protection des données à caractère personnel connaît l'existence de notre
14:23organisation,
14:24qui est une organisation crédible, responsable, professionnelle,
14:29qui œuvre pour protéger les pouvoirs d'achat des usagers des banques et des établissements de microfinance et financiers en
14:35général.
14:36Donc je pense qu'on aurait dû, nous, au risque de me répéter, nous convier avant.
14:43Donc c'est ce que nous avons dit.
14:46Il nous a été demandé d'être le porte-voix de cette redevance-là, mais nous avons...
14:52Qui représente 4,8 milliards de francs CFA.
14:55Qui représente 4,8 milliards, comme vous le dites.
14:58Mais nous n'avons pas manqué de dire que nous avons décidé de consulter quand même les usagers des banques
15:08du Gabon.
15:08C'est pourquoi nous avons mené une communication sur nos plateformes numériques pour avoir l'avis des usagers des banques
15:16du Gabon,
15:16qui sont à peu près les 600 000 quand même de comptes bancaires.
15:20Donc nous n'avons pas compris pourquoi nous n'avons pas été conviés pour échanger sur cette redevance-là.
15:29D'autant plus qu'il y a déjà une jurisprudence sur les taxations en lien avec les comptes bancaires et
15:36les transactions financières des clients.
15:38Parce que si vous vous rappelez, en 2024, nous avons saisi la présidence de l'Assemblée nationale de la transition
15:43pour demander le retrait de la taxe de 2% sur un retrait en espèce dans les comptes.
15:52Donc, sachant cela, je pense que l'autorité aurait bien fait d'échanger avec nous.
15:58Parce que notre rôle, justement, c'est de défendre les droits et les intérêts des consommateurs des services bancaires et
16:03financiers.
16:04Alors, justement, au-delà du montant de cette redevance, les usagers demandent à quoi ça sert.
16:11Où va l'argent ?
16:12Quel mécanisme, justement, de traçabilité et de rédition des comptes recommanderiez-vous
16:18pour que cette redevance ne soit pas perçue comme une ponction sans bénéfice visible pour les consommateurs ?
16:25Ce qui nous intéresse pour l'instant, c'est de savoir si cette redevance-là est conforme avec la réglementation.
16:30Elle est conforme à la loi parce qu'elle a été votée par l'Assemblée du Diputé de l'Assemblée
16:33nationale.
16:34Mais est-ce qu'elle est conforme avec les textes supérieurs qui sont les règlements de la Sénat ?
16:41Notamment le règlement RCOBAC 2020-04 relatif à la protection des consommateurs,
16:47pardon, relatif aux services bancaires minimum garantis,
16:50qui prévoit 22 services bancaires minimum garantis, notamment la tenue du compte.
16:56Donc, le fait qu'un citoyen de la Sénat détienne un compte, ce compte ne doit pas être taxé,
17:05ni taxé par la banque, ni taxé par l'État, ni ne doit pas subir des frais.
17:10Parce qu'il y a, dans la volonté de ce texte, dans l'esprit de ce texte,
17:13la volonté pour les plus hautes autorités de la Banque centrale
17:16et les autorités de l'UMAC et l'Union Monétaire d'Afrique centrale,
17:20d'oeuvrer pour l'inclusion financière des populations de la Sénat parce que notre zone souffre d'une faiblesse d
17:26'inclusion financière.
17:27Donc, si vous mettez encore une taxe sur les comptes qui sont en réalité, doivent être exonérées de taxes,
17:36vous fragilisez la confiance de la masse populaire envers le secteur financier.
17:40Nous ne l'avons pas manqué de dire à l'autorité qu'il aurait été mieux d'attendre le déroulement
17:45de la stratégie nationale d'inclusion financière qui a été validée le mois dernier par le ministre de l'Économie.
17:52Déroulez cette stratégie nationale d'inclusion financière parce que notre pays, aujourd'hui,
17:55souffre d'un manque d'épargne domestique et formelle,
17:59parce que l'épargne informelle fait concurrence à l'épargne formelle.
18:05Donc, l'idée de la stratégie nationale d'inclusion financière,
18:07c'est de capter cette épargne informelle et la drainer dans le secteur financier formelle.
18:11Mais lorsque vous taxez les comptes bancaires, lorsque vous avez une fiscalité agressive sur les comptes bancaires des clients,
18:21ça ne donne pas envie aux populations, des acteurs du secteur informel de rentrer dans le secteur formel.
18:28Et puis, je dirais également que ce n'est pas parce qu'une redevance a un intérêt général
18:35que cette redevance est forcément juste. Il faudra encore que cette redevance soit conforme à la hiérarchie des normes,
18:41donc conforme aux textes supranationals, qui sont les règlements signés par nos États dans la région, dans la CEMAC.
18:49Alors, on parle de prélèvement via la téléphonie, via les banques, via les microfinances également.
18:54Vous avez évoqué cela.
18:56Mais tout cela pose un enjeu d'équité.
18:59Tout le monde paie, indépendamment de l'usage réel ou du niveau de revenu.
19:05Comment concilier le financement d'une politique publique et de justice sociale ?
19:10Ce qu'on peut dire, c'est qu'on aimerait bien comprendre comment ça se passe.
19:16Est-ce que les prélèvements de 1 000 francs qui se font sans les comptes des clients,
19:18parce qu'on a constaté que la redevance touche les comptes des bancaires, les comptes des microfinances et la téléphonie
19:26mobile ?
19:27Est-ce qu'on ne va pas vivre là une double taxation ?
19:32Parce que nous savons que les usagers des banques sont également des usagers des téléphonies mobiles.
19:36Comment peut-on vérifier que moi, M. Zengé, mon marginal, je n'ai pas payé cette taxe deux fois.
19:43Ça, ce serait une double peine.
19:48Ce serait, du point de vue fiscal, une double taxation qui ne serait pas conforme à la réglementation.
19:55Donc, c'est toutes ces questions que nous nous posons.
19:59Alors, TFH, CFU et autres rédévences diverses, justement, les ménages parlent d'asphyxie.
20:07Selon vous, où se situe la ligne rouge ?
20:09À partir de quand, l'accumulation des prélèvements devient-elle économiquement contre-productive et socialement explosive ?
20:18Pour nous, la ligne rouge est déjà franchie.
20:20Lorsque l'État recherche de l'argent dans les comptes bancaires des clients, ça prouve qu'il y a un
20:25réel problème.
20:26Mais le problème, il faut trouver des solutions.
20:30Mais ces solutions, ces problématiques sont d'ordre structurel.
20:34Nous avons fait appel à inviter à la baisse du coût du crédit, mais nous sommes bien conscients que le
20:40coût du crédit est la résultante d'une problématique plus profonde,
20:46donc une problématique structurelle.
20:47Donc, la ligne rouge, pour nous, elle est franchie.
20:50Et nous, le message que nous souhaitons passer, c'est que toutes les administrations étatiques en recherche de budget, en
20:58recherche de moyens,
20:59ne viennent pas rentrer dans les comptes bancaires des clients,
21:03qui laissent les comptes bancaires des Gabonais tranquilles,
21:06qui recherchent des moyens pour financer leurs institutions, leurs organismes, par d'autres moyens.
21:12Parce que lorsqu'on vient dans votre compte bancaire, vous vous sentez un peu violé, c'est un peu votre
21:17compte, votre intimité.
21:18En plus, s'il faut le faire, il faut donner toutes les informations,
21:22il faut avoir une démarche pédagogique, en faire un débat public,
21:25mais ne pas l'imposer aux populations qui le sont surpris,
21:29de constater que dans leur compte, il y a eu des prélèvements sans qu'au préalable, il n'a été
21:33averti.
21:33Pourtant, ces usagers des banques ont une représentation en tant qu'association.
21:39Même l'association découvre que les usagers des banques ont été prélevés.
21:43Et même la banque qui a ce devoir-là, d'information avant de prélever, ne l'a pas fait.
21:49Donc nous ne comprenons pas cette attitude-là.
21:51Et nous invitons à ce que, à l'avenir, nous soyons conviés à des séances de travail
21:57pour toute administration qui souhaiterait mener des actions en relation avec les usagers des secteurs bancaires et financiers.
22:07Alors, dans l'écosystème, il y a les banques, il y a les régulateurs,
22:12il y a également les autorités monétaires et les gouvernements.
22:16À qui attribuez-vous la responsabilité principale de corriger le système ?
22:21Alors, la responsabilité, elle est partagée.
22:26Concernant le coût du crédit, c'est une responsabilité qui est de l'ordre de l'État,
22:31donc les pouvoirs publics.
22:33Les pouvoirs publics, pourquoi ?
22:34Parce que ce sont les pouvoirs publics qui règlent les problématiques d'eau, d'électricité.
22:39Parce que la défaillance en infrastructure a un impact sur le coût du crédit.
22:44Lorsqu'un établissement bancaire doit lui-même payer des groupes électrogènes
22:50qui doivent fonctionner 24 heures sur 24, 7 jours sur 7,
22:54eh bien, qu'est-ce que l'établissement bancaire fait ?
22:56Elle prend ces coûts-là, elle répercute sur le coût du crédit.
22:59Lorsque l'établissement bancaire est en manque d'eau dans ses agences
23:02et qu'elle doit travailler à l'adduction d'eau potable dans les agences,
23:06eh bien, qu'est-ce qu'elle fait ?
23:07Le coût, elle répercute dans le coût du crédit.
23:10Donc, ce sont toutes ces faiblesses dans les infrastructures
23:15qui ont un impact sur le coût du crédit.
23:17Donc, ça, c'est le rôle de l'État, c'est à l'État de régler cette problématique-là.
23:20Pour la Banque centrale, nous avons été conviés récemment,
23:24le mois dernier, par le gouverneur de la Banque centrale,
23:27au lancement du bureau d'information sur le crédit,
23:30qui aura pour rôle, justement, de travailler à l'amélioration de l'information sur le crédit
23:36parce que la faiblesse, la défaillance de l'information économique du client,
23:40défaillance de l'information sur le crédit,
23:44engendre une hausse des crédits en souffrance.
23:47Ces crédits en souffrance qui sont dus au fait que les clients ont des retards de paiement
23:51de 90 jours, de 180 jours,
23:55et quand le client ne rembourse pas, quand le crédit est compromis,
23:58les banques sont obligées de provisionner,
24:00prendre de l'argent dans leur front propre,
24:02et ça fait des pertes pour les banques.
24:04Les régulateurs ayant constaté, pour le cas du Gabon,
24:09que les créances en souffrance ont dépassé la norme internationale que les 5%,
24:15le régulateur, qui est la commission bancaire, a décidé,
24:18pour stabiliser le secteur bancaire,
24:21de prendre un texte réglementaire portant augmentation du capital des banques
24:26qui est passé de 10 milliards à 25 milliards.
24:28Aussi, constatant l'hausse, justement, des créances en souffrance,
24:34elle a également pris un autre texte relatif à l'indexation des clients en défaillance.
24:40Donc, ce sont les démarches, les solutions que le régulateur a prises récemment.
24:48Concernant les banques,
24:50je pense que nous souhaitons, nous, que les banques puissent être plus transparentes,
24:56que les banques puissent proposer des produits adaptés à la clientèle,
25:00parce qu'elle-même, elle participe également à ces créances en souffrance,
25:06parce qu'il y a des crédits qui sont mal analysés.
25:09Vous avez des crédits où le client est un agent public non permanent,
25:16nommé par décret 12,
25:18mais qui se retrouve avec un crédit de 10 millions.
25:21Bon, lorsqu'il y a un conseil des ministres et qu'il est déflaché,
25:24eh bien, la banque se retrouve avec un client en défaillance de remboursement.
25:28Donc, la responsabilité des banques est également de faire une analyse du crédit
25:33en prenant compte de tous les paramètres pour qu'on ne se retrouve pas avec un client défaillant.
25:37Donc, c'est ça.
25:38Nous avons également des cas où les clients de banques ont des crédits mal adaptés.
25:43Vous avez un usage des banques retraitées dont la pension passe par trimestre,
25:48mais quand on propose un crédit dont les mensualités sont prélevées par mois,
25:52ça crée forcément des intérêts de retard.
25:55Donc, c'est à cette responsabilité que nous appelons les gestionnaires,
25:58les établissements bancaires à œuvrer également pour l'amélioration,
26:03pour réduire justement les crédits en souffrance.
26:06S'agissant des consommateurs, donc des usagers des banques,
26:10nous les appelons à la responsabilité,
26:13parce que les crédits en souffrance sont également du fait que certains clients sont de mauvaise foi.
26:20Voilà, il faut qu'on le dise.
26:21Il y a des usagers des banques qui sont agents publics de l'État,
26:24qui ont des crédits, mais qui partent à la solde,
26:27négocier à la solde pour qu'on leur change de banque.
26:30Du coup, la banque se retrouve avec une créance non remboursée
26:34et qu'elle recherche maintenant le client.
26:36Donc, ces créances non remboursées font que les banques sont frileuses pour remettre des crédits
26:43et donc, qu'est-ce qu'elles font ?
26:45Elles ajoutent le risque, le coût du risque de non remboursement,
26:49dont le coût du taux d'intérêt.
26:51Donc, il faut qu'on comprenne bien que ça fonctionne.
26:54Plus les crédits ne seront pas remboursés, plus les banques seront frileuses
26:58et lorsqu'elles vont remettre des crédits, elles vont ajouter dans ce crédit-là
27:01un coût du risque élevé pour que ceux qui ont des crédits sains,
27:05ceux qui remboursent bien leurs crédits, paient les crédits de ceux qui leur remboursent mal.
27:10Alors, merci pour ces éclairages.
27:12Nous allons nous prêter à un tout petit jeu.
27:15Vous allez répondre à ces questions par oui ou par non.
27:18Alors, le crédit est-il aujourd'hui un accélérateur ou un piège social pour certains ménages ?
27:24Le crédit est un accélérateur, mais il ne faut pas que ce crédit nous fasse confronter,
27:31nous nous confronte à un mur qui est un taux d'intérêt.
27:34Parce que si le taux d'intérêt est trop élevé, le taux d'intérêt sera comme un mur
27:38qui nous empêche de voir l'avenir, qui nous empêche de voir nos projets, nos ambitions.
27:42Donc, ce mur qui est le taux d'intérêt-là, nous souhaitons que les pouvoirs publics,
27:47que l'État et les banques puissent le baisser pour que les entreprises et les populations
27:53puissent voir l'avenir et voir leurs projets.
27:55Faut-il publier systématiquement le taux effectif global avant signature ?
28:01La réglementation l'exige.
28:03Le taux effectif global doit être connu du client avant la signature du contrat de prêt.
28:10Les banques ont l'obligation de publier toutes leurs conditions principales
28:15dans les agences des banques et également dans leur site internet.
28:20Ce que certaines banques ne font pas, on leur a déjà fait observer.
28:26Le taux d'usure strict est-il indispensable au Gabon ?
28:29Le taux d'usure n'existe pas, comme je vous l'ai dit.
28:33Nous recommandons les puits d'autorité de l'UMAC et de la Comité de politique monétaire
28:38de la Banque centrale à mettre en place un taux d'usure.
28:42Ce taux d'usure va permettre aux banques et aux habitements de microfinance
28:46de savoir là où elles doivent s'arrêter.
28:50Sinon, nous allons aller avec un taux d'intérêt qui ne va faire que s'élever
28:57et s'élever au point où le crédit va au fur et à mesure de créer des surendettés.
29:04Est-vous pour la suspension de la redevance pour la protection des données
29:09en attendant que les résultats de son efficacité soient vérifiables ?
29:16Concernant cette redevance, nous sommes pour que cette redevance
29:19respecte la réglementation nationale, donc les lois,
29:24mais aussi la réglementation communautaire.
29:27Si cette taxe, cette redevance respecte tous ces textes-là nationaux et communautaires,
29:35nous ne voyons aucun inconvénient à ce qu'elle sera appliquée dans les comptes des clients.
29:41Merci. Et peut-être un mot de fin, Gildas Dengue-Momba, président de la GUE ?
29:45Mon mot de fin est de dire que nous sommes un acteur important dans l'écosystème financier et bancaire.
29:55Notre rôle est de préserver les intérêts et les droits des consommateurs
29:59des services bancaires et financiers au Gabon,
30:02avec pour vision la pacification de l'écosystème financier en faveur de l'inclusion financière.
30:09Notre protection des consommateurs est une protection des consommateurs
30:12qui ne vise pas à fragiliser la confiance des consommateurs envers le secteur financier,
30:16mais bien au contraire, une vision qui a pour objectif
30:20d'avoir un système bancaire et financier plus stable, plus inclusif et plus responsable.
30:26J'invite donc tous les usagers des banques du Gabon à rejoindre notre organisation
30:30qui est l'Association Gabonaise des Usagers des Banques.
30:33Merci, M. le Président de la GUEB, d'avoir répondu à nos questions.
30:38On retiendra que derrière les débats sur les taux, les frais et les redevances,
30:44il y a des enjeux centraux tels que la confiance, la transparence
30:49et la capacité des citoyens à comprendre ce qu'ils paient et pourquoi.
30:53Crédits, protection du consommateur, données personnelles, pouvoir d'achat,
30:57ce sont des sujets techniques, mais dont les effets sont très concrets dans la vie quotidienne.
31:03Merci à vous de nous avoir suivis.
31:05C'était le Canapé Rouge de Gabo Media Time.
31:08A très bientôt.
31:09Sous-titrage Société Radio-Canada
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