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  • il y a 5 minutes
Une marche a eu lieu à Lyon pour rendre hommage à Quentin Deranque, le militant nationaliste mortellement roué de coups. Dans le cadre de l'enquête pour homicide, sept hommes, dont deux collaborateurs du député LFI Raphaël Arnault, ont été mis en examen.

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Transcription
00:00En hommage au militant nationaliste Quentin de Ranque qui a tourné à la démonstration de force avec des saluts nazis,
00:06des slogans racistes.
00:07Y aura-t-il des conséquences dans les urnes ? Quelles conséquences sur le RN, sur LFI ?
00:12On va en parler avec Laurent Neumann, on va en parler également avec Alexandra González du service police-justice de
00:17BFM TV qui nous rejoint à l'instant.
00:19Parce que Alexandra, la justice est saisie plusieurs signalements.
00:22Alors la justice va être saisie effectivement dans les prochaines heures par la préfecture qui a repéré au moins deux
00:30saluts nazis dans la manifestation.
00:32Nous nous avons regardé les images de nos reporters, on en dénombre même un peu plus.
00:39En tous les cas, pour l'instant le Parc-et-Lyon n'a pas ouvert d'enquête mais ce sera
00:44probablement le cas lorsque le signalement leur parviendra de façon formelle.
00:49Un salu nazi peut faire l'objet de poursuites judiciaires pour apologie de crimes de guerre ou apologie de crimes
00:56contre l'humanité.
00:57Et c'est une infraction qui peut aller jusqu'à cinq ans de prison.
01:02Bon et puis Isor de la Gorce nous a rejoint pour faire un point, Isor, véritablement sur ses militants, ses
01:08visages connus, c'est vrai ?
01:11Tout à fait. Alors dans la marche, on a pu repérer différentes figures majeures de groupuscules d'extrême droite.
01:17Parmi eux, il y avait par exemple Ivan Benedetti, c'est l'ancien président de Oeuvres françaises, un mouvement pétiniste
01:24et antisémite qui a été dissous.
01:26Il a été condamné à plusieurs reprises et exclu du Front National.
01:31On a également pu repérer dans les services d'ordre Marc de Cacré-Valmenier, c'est l'ancien dirigeant des
01:37Oafs de Paris.
01:37Effet intéressant, il a été condamné deux jours seulement après la manifestation à un an de prison en appel, dont
01:44six mois avec aménagement sous bracelet électronique
01:48pour des faits de violence envers des militants d'ECOS Racisme, un meeting d'Éric Zemmour en 2021.
01:55Il est condamné effectivement trois jours avant juste cette marche. Est-ce qu'il y avait d'autres personnalités identifiées,
02:00Isor ?
02:01Tout à fait. Alors avant la marche, on a pu voir un discours de Raphaël Emma, qui est le porte
02:07-parole du groupuscule identitaire Tenezoun.
02:10Il s'est exprimé brièvement avant l'hommage. Il défend notamment la théorie du grand remplacement.
02:16Parmi tous ses visages, on a également pu voir Alexandre Gabriac, qui est un ancien conseiller régional du FN.
02:24Il avait notamment été exclu pour une photo où il était apparu le bras tendu devant un drapeau nazi.
02:35Tous ses visages se sont mêlés à près de 3200 personnes samedi dernier.
02:41Alors justement, Alexandra, cette justice qui a été saisie, qui va être saisie en tout cas par la préfète, elle
02:46concerne qui en tout cas ?
02:48Alors, ça va être l'objet de l'enquête. Identifier qui sont ces personnes, est-ce qu'elles appartiennent à
02:54une association ou pas ?
02:56Et est-ce qu'elles peuvent être poursuivies directement ?
02:59Mais la tâche n'est pas aisée parce qu'on le voit sur les images, souvent les visages sont dissimulés.
03:05Alors, comme le disait à l'instant Isor, il y a des grandes figures qui peuvent être identifiées,
03:09et qui peuvent aider peut-être les enquêteurs à comprendre qui sont derrière ces saluts nazis.
03:16Mais tout ça fera l'objet de l'enquête.
03:19Est-ce qu'il y avait un service d'ordre ? Parce qu'on entend sur nos images et nos
03:23reporters qui étaient au milieu de la marche,
03:24entendez bien certains qui disaient « Attention, il y a des caméras, attention à vos gestes ».
03:27Est-ce que, parce que c'était assez peu organisé, est-ce qu'il y avait quand même un service
03:31d'ordre qui contrôlait tout ça ?
03:32Alors oui, il y avait manifestement un service d'ordre, puisqu'on voyait bien qu'il y avait le long
03:36du cortège des militants qui étaient là,
03:39qui justement cadraient un peu le cortège, empêchés, il faut le dire, les journalistes de travailler correctement.
03:46Nos reporters ont eu parfois du mal à filmer ce qui se passait, puisqu'ils arrivaient avec des parapluies noires
03:52pour masquer les caméras.
03:55Ils repoussaient les journalistes, donc un travail compliqué sur le terrain.
03:59Dans le service d'ordre, on a pu notamment identifier Marc de Cacré, qui est un leader néo-nazi,
04:05bien connu des spécialistes de ce milieu, qui est l'ancien, on en parlait tout à l'heure,
04:10qui est l'ancien dirigeant des OUAP de Paris, et qui faisait partie justement de l'organisation de ce service
04:16d'ordre.
04:16Alors la question qui se pose également, Alexandra, c'est sur ces organisateurs de cette marche.
04:21Est-ce qu'ils risquent quelque chose si justement des délits sont constatés dans justement cette manifestation ?
04:27Alors on a posé la question, on nous explique que non, les organisateurs ne peuvent pas être poursuivis pénalement,
04:33directement, si des infractions sont commises.
04:36Ils engagent quand même leurs responsabilités, mais ils ne peuvent pas être poursuivis s'il y a des faits isolés
04:41de violence, par exemple.
04:42C'est le cas souvent dans toutes les manifestations, qu'elles soient là comme à l'extrême droite,
04:49quand c'est aussi le cas des manifestations sociales, à l'extrême gauche, etc.
04:52Il peut y avoir des affrontements, des violences, des dégradations.
04:56La responsabilité pénale n'est pas engagée pour les organisateurs.
04:59Laurent, tout à l'heure, Izzor nous parlait de ces groupuscules, l'œuvre française, les OUAP de Paris.
05:03Ils sont tous censés être dissous.
05:05Pourtant les militants, on les retrouve toujours.
05:07Oui, mais c'est la preuve que même s'il y a eu dissolution administrativement,
05:12les membres de ces associations, de ces groupuscules, peuvent continuer à agir ensemble.
05:17Et d'ailleurs, on l'a vu avec la jeune garde.
05:19La jeune garde a été dissoute.
05:21Ça n'empêche pas ses membres de se retrouver et d'aller faire le coup de poing avec des militants
05:26du camp d'en face.
05:27Autre remarque quand même sur toutes les images que l'on voit.
05:30On voit des saluts nazis.
05:32On voit surtout beaucoup de visages masqués.
05:34Et je rappelle qu'il est interdit d'être dans l'espace public, le visage masqué.
05:39Et puis, il y a beaucoup de gens qui, voyant ces images, se disent
05:42« Mais bon sang, mais pourquoi cette manifestation a-t-elle été autorisée ? »
05:46A priori, le seul fait de manifester avec des slogans de ce type
05:51ou avec des gestes comme ceux qui ont été vérifiés sur les images,
05:54c'est en soi un trouble à l'ordre public.
05:56Et là, il y a peut-être une réponse.
05:58Et là, je parle sous le contrôle d'Alexandra.
06:00Les services de renseignement, pour eux, cette manifestation, elle est très utile.
06:04Parce qu'il y avait 3200 personnes et il y a des images.
06:07Et donc, c'est une façon aussi de cadrer ces mouvements,
06:11de mettre des noms sur des visages, de voir qui fait quoi,
06:14de voir qui fait partie des activistes de ces mouvements.
06:18Et donc, pour les services de renseignement,
06:20une telle manifestation est très importante.
06:22C'est vrai qu'elle s'est déroulée dans le calme, après tout.
06:25Donc, ceux qui disent « Il y avait un risque de trouble à l'ordre public »,
06:27ben non, elle s'est déroulée calmement.
06:29Sauf que le seul fait d'être sur la voie publique,
06:31avec de tels slogans...
06:33C'est déjà un trouble à l'ordre public.
06:34C'est en soi un trouble à l'ordre public.
06:36Et c'est pour cette raison-là que la justice va être saisie
06:39et va enquêter.
06:40Mais comme le disait Alexandra,
06:42ça va être extrêmement difficile de qualifier les faits
06:45et à ces faits d'y associer une personne.
06:47À la fois sur les saluts nazis,
06:48mais aussi sur des injures racistes et homophobes
06:51qu'on a pu entendre très clairement.
06:54Et j'ai encore regardé les images il y a quelques instants.
06:56On distingue très clairement les propos racistes qu'on ne va pas...
07:00Allez-y, ceci dit, parce qu'autant caractériser les choses.
07:03On entend le mot boule.
07:03On entend sale boule, on entend la fin de ta race,
07:07sale arabe aussi, j'ai entendu un peu plus tard sur les images,
07:11avec, notamment pour la séquence, on entend sale boule,
07:15des personnes du service d'ordre qui intiment les manifestants d'arrêter
07:20en disant attention il y a des caméras, on est filmé, il y a des caméras.
07:23Tout ça va intéresser la justice, ça peut être qualifié d'un jeu raciste
07:26ou d'appel à la haine raciale.
07:29Et d'ailleurs Alexandra, les groupuscules ultra-droites
07:31sont également dans le collimateur des autorités de l'Elysée,
07:34notamment avec cette réunion qui est prévue demain.
07:36Qu'est-ce qu'on peut en attendre ?
07:37Alors, ce qu'on peut dire, c'est qu'il y a deux associations d'ultra-droites
07:42qui depuis plusieurs mois, et donc pas liées à cet événement de samedi,
07:46qui depuis plusieurs mois sont dans le viseur du ministère de l'Intérieur
07:49pour une procédure de dissolution.
07:52Deux associations identitaires,
07:55l'une peut presque être qualifiée de néo-nazie d'après ce que j'ai pu voir.
07:59Il y a une association qui s'appelle le Bloc Montpellierain
08:02et l'autre, Patria Albiges.
08:05Il y a également en parallèle une association d'ultra-gauche
08:09qui est également dans le viseur de Beauvau pour une procédure de dissolution.
08:13Pour ces trois associations, la procédure est en cours,
08:16c'est très long, il y a du contradictoire,
08:18ça doit passer en Conseil des ministres,
08:20et ce n'est pas demain que leur sort sera tranché.
08:22– Extrême droite et extrême gauche,
08:24ça rappelle les propos du chef de l'État depuis New Delhi la semaine dernière.
08:27Laurent, des deux côtés, il y a un ménage à faire,
08:30ce sont les mots du chef de l'État.
08:31– Les partis extrêmes doivent faire le ménage,
08:33et effectivement, dans la réunion qui va avoir lieu demain,
08:36il y a deux associations d'extrême droite
08:39qui sont dans le viseur de l'exécutif
08:42pour une éventuelle dissolution.
08:45Mais j'allais dire, les images que l'on a vues samedi
08:48lors de cette manifestation,
08:49même si elle s'est bien déroulée,
08:51si elle s'est déroulée dans le calme,
08:53elle contrebalance quand même terriblement
08:55les récits qu'on a fait autour de la mort de Quentin de Ranck.
08:59Il y avait bien, au moment où ce jeune homme nationaliste
09:02a perdu la vie,
09:03une bagarre entre des personnalités d'ultra-gauche
09:07et d'autres personnalités d'ultra-droite,
09:09c'est bien cela.
09:10Et donc, à la fois, il y a la mort d'un homme,
09:13donc c'est quand même d'une gravité absolue,
09:16mais on voit en face qui était là.
09:18Et donc, ceux qui viennent rendre hommage à Quentin de Ranck,
09:21ce sont ceux qu'on voit sur ces images.
09:23Je rappelle quand même que cette manifestation,
09:26la famille de Quentin de Ranck s'en était désolidarisée.
09:29C'est-à-dire qu'ils ne voulaient pas que la mort de leur fils
09:32soit récupérée par ces groupuscules d'extrême droite.
09:36Mais on voit bien qu'il y a un double récit,
09:38à la fois de violence à l'extrême gauche,
09:41la mort d'un jeune homme,
09:42et la violence d'extrême droite,
09:44parce que ce sont bien des images violentes que l'on voit,
09:47au moins sur les messages qui sont diffusés.
09:49Et ce qui est intéressant aussi,
09:51c'est le Rassemblement National qui s'est désolidarisé ici
09:54en appelant à ne pas participer à ce cortège.
09:56Et ce que j'ai pu voir sur les boucles télégrammes
09:59des groupes d'ultra-droite,
10:01ce sont des critiques envers le Rassemblement National
10:03en disant, ne respectez pas cette injonction
10:06qui, selon nous, n'a pas lieu d'être,
10:08venez manifester avec nous.
10:09Donc, on voit bien que l'extrême droite, l'ultra-droite,
10:11il y a quand même beaucoup de friction.
10:13On avait posé la question en plateau
10:14à des représentants du Rassemblement National,
10:17pourquoi ils ne voulaient pas être là ?
10:18Alors, eux disaient,
10:19c'est parce qu'on craint des affrontements
10:21avec l'ultra-gauche.
10:22En réalité, je pense que c'est surtout
10:23qu'ils ne voulaient pas être à côté d'images non-nazis,
10:27parce que c'est aussi ça le passé,
10:28il faut le rappeler,
10:29le passé politique du Rassemblement National
10:32et avant du Front National.
10:33Mais quand on voit justement, Laurent,
10:35ses torches,
10:36quand on voit ses slogans,
10:37est-ce qu'il n'y a pas un sentiment
10:38quand même d'impunité aujourd'hui des extrêmes
10:40qui, malgré tout,
10:42malgré les caméras qu'il tentait de cacher,
10:44étaient filmés ?
10:45Et il y a ce sentiment-là
10:46de faire des saluts nazis devant des caméras ?
10:48Je le disais,
10:48la question s'est réellement posée
10:50de savoir s'il fallait interdire
10:52cette manifestation.
10:53Alors, je sais bien qu'à chaque fois,
10:55on brandit l'idée de la liberté d'expression.
10:56Le maire de Lyon, d'ailleurs, l'avait dit.
10:58Le maire de Lyon voulait l'interdire.
10:59La liberté d'expression,
11:00la liberté de manifester,
11:02qui est un droit absolu.
11:03La question, c'est manifester pour dire quoi ?
11:06Manifester pour envoyer
11:08quel type de slogan ?
11:09Si les slogans de cette manifestation
11:12concernent des slogans racistes, homophobes,
11:16destinés vers des personnes d'une autre race,
11:18Antisémites également.
11:19Pardon, ce sont des slogans
11:21qui sont interdits par la loi,
11:23qui sont punis par la loi.
11:24Et donc, la question s'est posée.
11:26L'explication que je donne, moi,
11:28c'est que cette manifestation,
11:29elle peut être utile au service de renseignement
11:32pour documenter celles et ceux
11:34qui appartiennent,
11:35qui sont des activistes de ces associations.
11:38Par ailleurs, on l'a compris,
11:39dans l'œil de l'exécutif et de la justice,
11:41puisque certaines ont déjà été dissoutes,
11:43et donc d'autres risquent de l'aide
11:45dans les heures qui viennent.
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