00:00En hommage au militant nationaliste Quentin de Ranque qui a tourné à la démonstration de force avec des saluts nazis,
00:06des slogans racistes.
00:07Y aura-t-il des conséquences dans les urnes ? Quelles conséquences sur le RN, sur LFI ?
00:12On va en parler avec Laurent Neumann, on va en parler également avec Alexandra González du service police-justice de
00:17BFM TV qui nous rejoint à l'instant.
00:19Parce que Alexandra, la justice est saisie plusieurs signalements.
00:22Alors la justice va être saisie effectivement dans les prochaines heures par la préfecture qui a repéré au moins deux
00:30saluts nazis dans la manifestation.
00:32Nous nous avons regardé les images de nos reporters, on en dénombre même un peu plus.
00:39En tous les cas, pour l'instant le Parc-et-Lyon n'a pas ouvert d'enquête mais ce sera
00:44probablement le cas lorsque le signalement leur parviendra de façon formelle.
00:49Un salu nazi peut faire l'objet de poursuites judiciaires pour apologie de crimes de guerre ou apologie de crimes
00:56contre l'humanité.
00:57Et c'est une infraction qui peut aller jusqu'à cinq ans de prison.
01:02Bon et puis Isor de la Gorce nous a rejoint pour faire un point, Isor, véritablement sur ses militants, ses
01:08visages connus, c'est vrai ?
01:11Tout à fait. Alors dans la marche, on a pu repérer différentes figures majeures de groupuscules d'extrême droite.
01:17Parmi eux, il y avait par exemple Ivan Benedetti, c'est l'ancien président de Oeuvres françaises, un mouvement pétiniste
01:24et antisémite qui a été dissous.
01:26Il a été condamné à plusieurs reprises et exclu du Front National.
01:31On a également pu repérer dans les services d'ordre Marc de Cacré-Valmenier, c'est l'ancien dirigeant des
01:37Oafs de Paris.
01:37Effet intéressant, il a été condamné deux jours seulement après la manifestation à un an de prison en appel, dont
01:44six mois avec aménagement sous bracelet électronique
01:48pour des faits de violence envers des militants d'ECOS Racisme, un meeting d'Éric Zemmour en 2021.
01:55Il est condamné effectivement trois jours avant juste cette marche. Est-ce qu'il y avait d'autres personnalités identifiées,
02:00Isor ?
02:01Tout à fait. Alors avant la marche, on a pu voir un discours de Raphaël Emma, qui est le porte
02:07-parole du groupuscule identitaire Tenezoun.
02:10Il s'est exprimé brièvement avant l'hommage. Il défend notamment la théorie du grand remplacement.
02:16Parmi tous ses visages, on a également pu voir Alexandre Gabriac, qui est un ancien conseiller régional du FN.
02:24Il avait notamment été exclu pour une photo où il était apparu le bras tendu devant un drapeau nazi.
02:35Tous ses visages se sont mêlés à près de 3200 personnes samedi dernier.
02:41Alors justement, Alexandra, cette justice qui a été saisie, qui va être saisie en tout cas par la préfète, elle
02:46concerne qui en tout cas ?
02:48Alors, ça va être l'objet de l'enquête. Identifier qui sont ces personnes, est-ce qu'elles appartiennent à
02:54une association ou pas ?
02:56Et est-ce qu'elles peuvent être poursuivies directement ?
02:59Mais la tâche n'est pas aisée parce qu'on le voit sur les images, souvent les visages sont dissimulés.
03:05Alors, comme le disait à l'instant Isor, il y a des grandes figures qui peuvent être identifiées,
03:09et qui peuvent aider peut-être les enquêteurs à comprendre qui sont derrière ces saluts nazis.
03:16Mais tout ça fera l'objet de l'enquête.
03:19Est-ce qu'il y avait un service d'ordre ? Parce qu'on entend sur nos images et nos
03:23reporters qui étaient au milieu de la marche,
03:24entendez bien certains qui disaient « Attention, il y a des caméras, attention à vos gestes ».
03:27Est-ce que, parce que c'était assez peu organisé, est-ce qu'il y avait quand même un service
03:31d'ordre qui contrôlait tout ça ?
03:32Alors oui, il y avait manifestement un service d'ordre, puisqu'on voyait bien qu'il y avait le long
03:36du cortège des militants qui étaient là,
03:39qui justement cadraient un peu le cortège, empêchés, il faut le dire, les journalistes de travailler correctement.
03:46Nos reporters ont eu parfois du mal à filmer ce qui se passait, puisqu'ils arrivaient avec des parapluies noires
03:52pour masquer les caméras.
03:55Ils repoussaient les journalistes, donc un travail compliqué sur le terrain.
03:59Dans le service d'ordre, on a pu notamment identifier Marc de Cacré, qui est un leader néo-nazi,
04:05bien connu des spécialistes de ce milieu, qui est l'ancien, on en parlait tout à l'heure,
04:10qui est l'ancien dirigeant des OUAP de Paris, et qui faisait partie justement de l'organisation de ce service
04:16d'ordre.
04:16Alors la question qui se pose également, Alexandra, c'est sur ces organisateurs de cette marche.
04:21Est-ce qu'ils risquent quelque chose si justement des délits sont constatés dans justement cette manifestation ?
04:27Alors on a posé la question, on nous explique que non, les organisateurs ne peuvent pas être poursuivis pénalement,
04:33directement, si des infractions sont commises.
04:36Ils engagent quand même leurs responsabilités, mais ils ne peuvent pas être poursuivis s'il y a des faits isolés
04:41de violence, par exemple.
04:42C'est le cas souvent dans toutes les manifestations, qu'elles soient là comme à l'extrême droite,
04:49quand c'est aussi le cas des manifestations sociales, à l'extrême gauche, etc.
04:52Il peut y avoir des affrontements, des violences, des dégradations.
04:56La responsabilité pénale n'est pas engagée pour les organisateurs.
04:59Laurent, tout à l'heure, Izzor nous parlait de ces groupuscules, l'œuvre française, les OUAP de Paris.
05:03Ils sont tous censés être dissous.
05:05Pourtant les militants, on les retrouve toujours.
05:07Oui, mais c'est la preuve que même s'il y a eu dissolution administrativement,
05:12les membres de ces associations, de ces groupuscules, peuvent continuer à agir ensemble.
05:17Et d'ailleurs, on l'a vu avec la jeune garde.
05:19La jeune garde a été dissoute.
05:21Ça n'empêche pas ses membres de se retrouver et d'aller faire le coup de poing avec des militants
05:26du camp d'en face.
05:27Autre remarque quand même sur toutes les images que l'on voit.
05:30On voit des saluts nazis.
05:32On voit surtout beaucoup de visages masqués.
05:34Et je rappelle qu'il est interdit d'être dans l'espace public, le visage masqué.
05:39Et puis, il y a beaucoup de gens qui, voyant ces images, se disent
05:42« Mais bon sang, mais pourquoi cette manifestation a-t-elle été autorisée ? »
05:46A priori, le seul fait de manifester avec des slogans de ce type
05:51ou avec des gestes comme ceux qui ont été vérifiés sur les images,
05:54c'est en soi un trouble à l'ordre public.
05:56Et là, il y a peut-être une réponse.
05:58Et là, je parle sous le contrôle d'Alexandra.
06:00Les services de renseignement, pour eux, cette manifestation, elle est très utile.
06:04Parce qu'il y avait 3200 personnes et il y a des images.
06:07Et donc, c'est une façon aussi de cadrer ces mouvements,
06:11de mettre des noms sur des visages, de voir qui fait quoi,
06:14de voir qui fait partie des activistes de ces mouvements.
06:18Et donc, pour les services de renseignement,
06:20une telle manifestation est très importante.
06:22C'est vrai qu'elle s'est déroulée dans le calme, après tout.
06:25Donc, ceux qui disent « Il y avait un risque de trouble à l'ordre public »,
06:27ben non, elle s'est déroulée calmement.
06:29Sauf que le seul fait d'être sur la voie publique,
06:31avec de tels slogans...
06:33C'est déjà un trouble à l'ordre public.
06:34C'est en soi un trouble à l'ordre public.
06:36Et c'est pour cette raison-là que la justice va être saisie
06:39et va enquêter.
06:40Mais comme le disait Alexandra,
06:42ça va être extrêmement difficile de qualifier les faits
06:45et à ces faits d'y associer une personne.
06:47À la fois sur les saluts nazis,
06:48mais aussi sur des injures racistes et homophobes
06:51qu'on a pu entendre très clairement.
06:54Et j'ai encore regardé les images il y a quelques instants.
06:56On distingue très clairement les propos racistes qu'on ne va pas...
07:00Allez-y, ceci dit, parce qu'autant caractériser les choses.
07:03On entend le mot boule.
07:03On entend sale boule, on entend la fin de ta race,
07:07sale arabe aussi, j'ai entendu un peu plus tard sur les images,
07:11avec, notamment pour la séquence, on entend sale boule,
07:15des personnes du service d'ordre qui intiment les manifestants d'arrêter
07:20en disant attention il y a des caméras, on est filmé, il y a des caméras.
07:23Tout ça va intéresser la justice, ça peut être qualifié d'un jeu raciste
07:26ou d'appel à la haine raciale.
07:29Et d'ailleurs Alexandra, les groupuscules ultra-droites
07:31sont également dans le collimateur des autorités de l'Elysée,
07:34notamment avec cette réunion qui est prévue demain.
07:36Qu'est-ce qu'on peut en attendre ?
07:37Alors, ce qu'on peut dire, c'est qu'il y a deux associations d'ultra-droites
07:42qui depuis plusieurs mois, et donc pas liées à cet événement de samedi,
07:46qui depuis plusieurs mois sont dans le viseur du ministère de l'Intérieur
07:49pour une procédure de dissolution.
07:52Deux associations identitaires,
07:55l'une peut presque être qualifiée de néo-nazie d'après ce que j'ai pu voir.
07:59Il y a une association qui s'appelle le Bloc Montpellierain
08:02et l'autre, Patria Albiges.
08:05Il y a également en parallèle une association d'ultra-gauche
08:09qui est également dans le viseur de Beauvau pour une procédure de dissolution.
08:13Pour ces trois associations, la procédure est en cours,
08:16c'est très long, il y a du contradictoire,
08:18ça doit passer en Conseil des ministres,
08:20et ce n'est pas demain que leur sort sera tranché.
08:22– Extrême droite et extrême gauche,
08:24ça rappelle les propos du chef de l'État depuis New Delhi la semaine dernière.
08:27Laurent, des deux côtés, il y a un ménage à faire,
08:30ce sont les mots du chef de l'État.
08:31– Les partis extrêmes doivent faire le ménage,
08:33et effectivement, dans la réunion qui va avoir lieu demain,
08:36il y a deux associations d'extrême droite
08:39qui sont dans le viseur de l'exécutif
08:42pour une éventuelle dissolution.
08:45Mais j'allais dire, les images que l'on a vues samedi
08:48lors de cette manifestation,
08:49même si elle s'est bien déroulée,
08:51si elle s'est déroulée dans le calme,
08:53elle contrebalance quand même terriblement
08:55les récits qu'on a fait autour de la mort de Quentin de Ranck.
08:59Il y avait bien, au moment où ce jeune homme nationaliste
09:02a perdu la vie,
09:03une bagarre entre des personnalités d'ultra-gauche
09:07et d'autres personnalités d'ultra-droite,
09:09c'est bien cela.
09:10Et donc, à la fois, il y a la mort d'un homme,
09:13donc c'est quand même d'une gravité absolue,
09:16mais on voit en face qui était là.
09:18Et donc, ceux qui viennent rendre hommage à Quentin de Ranck,
09:21ce sont ceux qu'on voit sur ces images.
09:23Je rappelle quand même que cette manifestation,
09:26la famille de Quentin de Ranck s'en était désolidarisée.
09:29C'est-à-dire qu'ils ne voulaient pas que la mort de leur fils
09:32soit récupérée par ces groupuscules d'extrême droite.
09:36Mais on voit bien qu'il y a un double récit,
09:38à la fois de violence à l'extrême gauche,
09:41la mort d'un jeune homme,
09:42et la violence d'extrême droite,
09:44parce que ce sont bien des images violentes que l'on voit,
09:47au moins sur les messages qui sont diffusés.
09:49Et ce qui est intéressant aussi,
09:51c'est le Rassemblement National qui s'est désolidarisé ici
09:54en appelant à ne pas participer à ce cortège.
09:56Et ce que j'ai pu voir sur les boucles télégrammes
09:59des groupes d'ultra-droite,
10:01ce sont des critiques envers le Rassemblement National
10:03en disant, ne respectez pas cette injonction
10:06qui, selon nous, n'a pas lieu d'être,
10:08venez manifester avec nous.
10:09Donc, on voit bien que l'extrême droite, l'ultra-droite,
10:11il y a quand même beaucoup de friction.
10:13On avait posé la question en plateau
10:14à des représentants du Rassemblement National,
10:17pourquoi ils ne voulaient pas être là ?
10:18Alors, eux disaient,
10:19c'est parce qu'on craint des affrontements
10:21avec l'ultra-gauche.
10:22En réalité, je pense que c'est surtout
10:23qu'ils ne voulaient pas être à côté d'images non-nazis,
10:27parce que c'est aussi ça le passé,
10:28il faut le rappeler,
10:29le passé politique du Rassemblement National
10:32et avant du Front National.
10:33Mais quand on voit justement, Laurent,
10:35ses torches,
10:36quand on voit ses slogans,
10:37est-ce qu'il n'y a pas un sentiment
10:38quand même d'impunité aujourd'hui des extrêmes
10:40qui, malgré tout,
10:42malgré les caméras qu'il tentait de cacher,
10:44étaient filmés ?
10:45Et il y a ce sentiment-là
10:46de faire des saluts nazis devant des caméras ?
10:48Je le disais,
10:48la question s'est réellement posée
10:50de savoir s'il fallait interdire
10:52cette manifestation.
10:53Alors, je sais bien qu'à chaque fois,
10:55on brandit l'idée de la liberté d'expression.
10:56Le maire de Lyon, d'ailleurs, l'avait dit.
10:58Le maire de Lyon voulait l'interdire.
10:59La liberté d'expression,
11:00la liberté de manifester,
11:02qui est un droit absolu.
11:03La question, c'est manifester pour dire quoi ?
11:06Manifester pour envoyer
11:08quel type de slogan ?
11:09Si les slogans de cette manifestation
11:12concernent des slogans racistes, homophobes,
11:16destinés vers des personnes d'une autre race,
11:18Antisémites également.
11:19Pardon, ce sont des slogans
11:21qui sont interdits par la loi,
11:23qui sont punis par la loi.
11:24Et donc, la question s'est posée.
11:26L'explication que je donne, moi,
11:28c'est que cette manifestation,
11:29elle peut être utile au service de renseignement
11:32pour documenter celles et ceux
11:34qui appartiennent,
11:35qui sont des activistes de ces associations.
11:38Par ailleurs, on l'a compris,
11:39dans l'œil de l'exécutif et de la justice,
11:41puisque certaines ont déjà été dissoutes,
11:43et donc d'autres risquent de l'aide
11:45dans les heures qui viennent.
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