00:00On va réécouter la voix de Johnny Hallyday.
00:02Ça fait huit ans, jour pour jour, que Johnny Hallyday nous a quittés.
00:04C'était le 5 décembre 2017.
00:07Qu'est-ce que ça vous fait, Eddie Mitchell, d'entendre sa voix à nouveau ?
00:11Déjà, il ne me vient plus, on va embêter mes nuits.
00:14Vous ne rêvez plus de lui ?
00:15Non, je ne rêve plus de lui, mais quand j'en rêve maintenant,
00:19je le mets dehors, je fais non, non, pas aujourd'hui.
00:22Il vient vous parler la nuit ?
00:24Oui, il venait surtout m'enquiquiner, me dire,
00:28tu sais, il y a un mal costumé, lui, il arrive en pirate, n'importe quoi me dit.
00:31Mets-toi en chevalier, viens, on s'en va.
00:33Mais non, dis-donc, je suis en train de dormir, il faut boire la paix.
00:36Puis non, finalement, comme il avait une force de persuasion extraordinaire,
00:41finalement, je le suivais, je me mettais en chevalier.
00:43Ça, ce n'était pas dans le rêve, c'était dans la réalité.
00:45Non, non, non, non, ça, c'est dans les rêves.
00:48C'était à l'époque.
00:50Non, mais à l'époque, quand même, il va entrer dans des choses marrantes.
00:56Edi, l'histoire de votre rencontre est géniale.
00:59Il a essayé de vous voler vos 45 tours à une surprise partie.
01:02Oui, oui, oui, ben oui.
01:04Vous aviez quel âge ?
01:05J'avais 15 ans, lui 14.
01:08J'étais donc l'aîné.
01:11Et non, j'étais furieux parce que la surprise partie se passait dans un appartement
01:21qui était situé dans un étage au-dessus de la loge de la concierge.
01:25Et en partant, je ne retrouve plus mes disques et je descends.
01:29Et je vois Bonjoli qui était en train de donner mes disques à la concierge en disant
01:34je passerais les prendre demain.
01:37Donc je l'attrape, puis je lui mets une tarte et je fais
01:40mais vous aimez, enfin tu aimes les mêmes choses que moi, finalement.
01:46Alors attendez, pour bien comprendre, vous lui filez une claque et après vous discutez avec lui.
01:49Oui, ça se passe comme ça.
01:50Et après ils sont devenus, vous êtes devenus très très très proches.
01:54Mais qu'est-ce qu'il vous a répondu après la claque ?
01:56Ah ben oui, j'aime la même chose que toi.
01:58Bon voilà, on ne va pas sortir dehors et se taper dessus quand même.
02:04Non, c'est vrai.
02:05Et quelques années plus tard, on est en 1983, vous étiez sur le plateau de Champs-Elysées ensemble
02:10et vous ne manquiez pas de complicité.
02:13Il y a deux générations qui sont passées, vous êtes toujours là.
02:16Comment vous expliquez ça ?
02:16À mon avis, je connais les raisons.
02:18Vous avez toujours été sobres.
02:19Une vie saine, couché tôt, jamais d'abus.
02:23Jamais après-minuit.
02:24Jamais d'abus, jamais d'abus.
02:26Jamais, enfin jamais.
02:29Vous avez toujours eu des vies familiales, couché tôt, levé tôt, rentré très tôt.
02:34Très sérieux, très sérieux.
02:36Jamais d'abus, couché avant minuit.
02:38Oh oui, les menteurs.
02:41C'est bizarre que les nez ne s'allongent pas à ce moment-là.
02:43Deux grands menteurs là quand même.
02:44Oui, oui, oui.
02:46Vous avez surtout essayé de préserver Johnny Hallyday de ses excès.
02:50Oui, parce que lui il se couchait vraiment très très tard,
02:54mais parfois il ne se couchait même pas du tout.
02:56Et moi, j'allais me coucher.
02:58Il était temps.
02:59Il était temps.
03:00Et j'essayais de l'entraîner, mais rien à faire.
03:03Rien à faire.
03:04Bon, ben tant pis.
03:05Vous dites même que c'était mon petit frère.
03:07Oui, ben oui, oui, oui.
03:09C'était mon frère en frangin.
03:11Je le préservais, quoi.
03:14J'imagine que c'est dur quand on a connu quelqu'un à 14 ans,
03:17qu'on a eu ses carrières incroyables.
03:20C'est difficilement reproductible aujourd'hui, plus de 60 ans de carrière,
03:23de se connaître à 14 ans et de devenir deux icônes de la musique.
03:25Alors cette question, elle peut paraître simple.
03:27Je sais que vous êtes quelqu'un de pudique.
03:29Il vous manque aujourd'hui ?
03:30Oui, il me manque, il me manque, mais lui, je pense que là où il est,
03:37on ne lui manque pas.
03:39Donc l'un dans l'autre, on s'arrange.
03:42Je parlais de beaucoup de points communs ce soir entre vous,
03:44Anna Girardot, Raphaël Quenard et Dimitiel.
03:46Ça, c'est un énorme point commun.
03:47Raphaël Quenard, vous allez interpréter, incarner bientôt Johnny Hallyday au cinéma.
03:52Le tournage va démarrer en juin 26 jusqu'au mois d'octobre 26.
03:57Quatre mois, il sera réalisé par Cédric Jimenez.
03:59Il est prévu la sortie pour 2027, au tour du mois de décembre 2027.
04:04C'est qui, Johnny, pour vous ?
04:07C'est un immense artiste qui est surtout pour moi l'incarnation
04:12d'une forme de simplicité, de pureté.
04:15C'est ce que j'admire le plus chez un artiste.
04:19La proximité et les réactions qu'il provoque chez ses admirateurs,
04:25elles sont le témoignage de ça, de sa transparence infinie.
04:30Après, je ne sais pas, Eddie connaît mieux le personnage que moi,
04:33donc ça me fait bizarre de parler devant l'œil exercé.
04:37Non, mais il ne faut pas, il ne faut pas.
04:39C'est une bonne impression, c'est un bon fantasme.
04:41Oui, c'est énorme, parce que Johnny était un véritable caméléon.
04:45Oui.
04:46Parce qu'il était passé, je me souviens, dans la même année,
04:50il était passé de l'Hippie, San Francisco,
04:54Les fleurs dans les cheveux, à Boney et une clagne avec une mitraillette.
04:58Et puis après, il était passé à Mad Max, avec une H sur scène.
05:05Je disais, c'est normal, c'est un chanteur.
05:07Bon, un chanteur avec une H, je ne comprenais pas vraiment bien.
05:12Mais bon, lui, il le faisait passer.
05:14Et ça, c'est une force.
05:16C'est une force extraordinaire.
05:17Il y a déjà une très bonne nouvelle autour de ce projet
05:19qui va être réalisé par Cédric Jiménez, produit par Hugo Célignac.
05:21C'est que ce film est validé par Laura Smet, David Hallyday
05:26et coproduit, je le disais avec Laetitia Hallyday.
05:29Pourtant, en guerre, c'est un projet qui réunit la famille
05:32et c'est une belle nouvelle pour vous, Raphaël Canard ?
05:34C'est un projet réconciliateur.
05:35Oui, qu'il ait la bénédiction des uns et des autres
05:39et qu'ils s'entendent sur l'artistique
05:42et ce que Cédric veut défendre avec Hugo et moi.
05:45C'est quand même une bénédiction.
05:49Et dis-vous qu'il connaissait par cœur Johnny Hallyday.
05:51Et vous validez, Raphaël Canard, en Johnny ?
05:53Moi, je veux dire que...
05:55Là, c'est une question pas facile.
05:57Là, si vous dites non, il va passer une très mauvaise soirée.
06:00Non, non, on a le droit.
06:01Mais peut-être que tu n'as jamais vu un film, Eddy.
06:03Tu n'as peut-être jamais vu un film.
06:05Quand on voit la photo de Johnny et qu'on vous voit,
06:08on se dit que oui, ça peut marcher.
06:10Je ne vous avais pas demandé que vous avez passé 60 ans
06:12avec Johnny Hallyday comme Eddie Mitchell.
06:14Mais là, je regarde les photos.
06:15Je rigole.
06:16Non, moi, je trouve que le talent est évident.
06:21C'est évident, maintenant, il s'attaque à quelque chose de très, très, très fort.
06:26À la pression !
06:27À la pression !
06:27Oui, oui, oui, oui, oui, bravo !
06:29Quasiment inaccessible.
06:31C'est pas inaccessible, mais je veux dire, difficile, c'est sûr.
06:34Difficile, c'est sûr.
06:35Mais en vrai, ce qu'on va s'attacher à essayer de retranscrire,
06:38c'est l'intériorité de Johnny.
06:40Il y a une phrase qui a été prononcée par Cédric Jiménez
06:43que je vais me permettre de faire mienne ce soir.
06:46Il a dit, si on demandait à un comédien de faire un biopic sur Zinedine Zidane,
06:51on ne pourrait jamais lui demander au grand jamais de jouer comme Zinedine Zidane.
06:55C'est proprement impossible.
06:57Donc ça, ce sera impossible.
06:58En revanche, on va s'attacher à essayer de retranscrire
07:01ce qui faisait son intériorité, ses entrailles.
07:04Edi, est-ce que vous avez un conseil ce soir à donner à Raphaël Quenard ?
07:08Une manière de tenir le micro ?
07:09Une manière de fumer des gitanes sans filtre ?
07:12Un geste ?
07:12Non, mais ça, c'est...
07:14Ça, je veux dire, ça, il le sait, il le sait.
07:17Non, mais il le sait, parce que...
07:18Ah non, si t'as un geste, si t'as un geste, t'es dit.
07:20Ah ouais ?
07:23Non, le geste, je sais pas.
07:25Bon, je peux te faire ça, je peux te faire des tas de choses,
07:31mais non, tu as ton talent, tu as ton œil
07:35pour mieux voir l'intériorité du personnage que tu veux interpréter,
07:40et à toi de jouer.
07:42Je peux pas dire mieux.
07:44Le patron valide.
07:45C'est dur, Anna, parfois, parce que je peux pas poser la question à Raphaël Quenard,
07:48parce qu'on vient d'évoquer Raphaël Quenard,
07:49mais d'avoir un rôle comme ça, avec une pression folle de quelqu'un qui existait,
07:53on parle souvent des biopics, c'est très dur d'incarner,
07:55pour une actrice ou un acteur, c'est difficile ?
07:57Bien sûr, parce qu'il faut faire honneur à la personne en question,
08:01mais comme le dit Raphaël, on peut pas non plus...
08:03C'est des personnes qui ont des talents immenses,
08:05on peut pas non plus devenir aussi talentueux qu'eux,
08:09mais on peut essayer d'aller chercher à l'intérieur ce qui se passe,
08:12et peut-être la raison pour laquelle ils font ça,
08:14et d'aller faire une enquête qui est passionnante sur eux
08:17pour retrouver leur énergie.
08:18Moi, en ce moment, je suis en train d'interpréter Michel Mouton,
08:22qui est une championne de rallye,
08:24et c'est vrai qu'il y a cette pression énorme
08:26qu'elle soit heureuse au final,
08:28mais en même temps, de pouvoir partager un dixième
08:31de ce qu'elle a vécu, de ce qu'elle a ressenti,
08:34et d'aller partager un petit peu de sa vie comme ça,
08:37c'est passionnant.
08:38Et vous allez repartir ce soir avec cet album
08:41qui est tout aussi passionnant,
08:42l'album Amigos,
08:43où on retrouve trois titres bonus,
08:45dont une chanson composée par Pascal Obispo.
08:48Est-ce vraiment bien utile ?
08:49On va l'écouter.
08:50Et dixième.
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