00:01Si vous étiez ici, vous verriez tout de suite, en fait, on se croit, en fait, théoriquement, on est au
00:05centre de l'agriculture,
00:06ça ressemble plus à un camp retranché, en fait, où il y a tellement de crispations autour de la personnalité
00:13du chef de l'État,
00:14autour de son inaction pendant 9 ans, qu'ils ont bien compris qu'il fallait un dispositif de sécurité énorme
00:20pour qu'il ne puisse surtout pas approcher les agriculteurs, histoire qu'ils ne se rendent pas compte de la
00:24vraie réalité.
00:24Et c'est ça le problème, en fait, il va avoir une visite toute fléchée où il ne rencontrera strictement
00:30personne,
00:30il n'aura aucune idée de ce qu'est l'agriculture, et ce sera finalement à l'image de ces
00:359 années de présidence,
00:37c'est-à-dire aucune défense de notre agriculture.
00:40Et donc nous, ce qu'on voulait, c'est pendant la dernière année qu'il va lui rester au pouvoir,
00:45c'est qu'enfin, il se mette au travail pour l'agriculture, qu'il fasse ce qu'il a dit,
00:50c'est-à-dire qu'il avait un diagnostic qui n'était pas mauvais,
00:52c'était de dire qu'il fallait absolument protéger notre modèle agricole français et européen,
00:57mais c'est clairement de sa prérogative au niveau international et européen,
01:01et là-dessus, il n'a pas agi.
01:03Donc plutôt que de venir se faire une fausse idée de ce qu'est l'agriculture,
01:07faire semblant de la regarder, de s'y intéresser,
01:10mais qu'il agisse, bon sang, qu'il agisse, il lui reste un an, il ne se représente pas,
01:13il n'y a pas d'échéance électorale, il n'y a pas de bonne image à avoir,
01:16qu'il se mette clairement au travail.
01:18Alors très concrètement, vous allez me dire sur quoi il peut encore agir dans l'année qui lui reste ?
01:25Entre autres sur la politique agricole commune, elle doit se mettre en place d'ici 2028,
01:31et si on veut, si vous voulez, ce qui fait la composante du chiffre d'affaires,
01:36du revenu des agriculteurs, c'est la quantité produite, le prix de vente,
01:40et malheureusement les subventions PAC que vont toucher l'agriculteur.
01:46Et là-dessus, en ce qui concerne le prix, si on veut avoir des prix rémunérateurs pour notre agriculture,
01:52pour les agriculteurs, et nous c'est ce qu'on réclame depuis 1992,
01:55il faut clairement une politique, c'est pas avec le budget de la PAC qu'on aura des prix rémunérateurs,
02:01ce sont avec des mesures politiques de protection de notre agriculture.
02:04Et ça, ça se décide pas forcément au niveau français, mais surtout au niveau européen,
02:08donc là-dessus, c'est la prérogative internationale du chef de l'État,
02:12donc on attend de lui là-dessus, clairement, qui nous propose quelque chose
02:16pour protéger ce modèle agricole européen et fournir des prix rémunérateurs.
02:21Ensuite, sur la quantité, là c'est les moyens de production
02:24qui doivent être remis à la disposition des agriculteurs français,
02:27c'est plus au niveau national que ça se joue.
02:29Et pour la PAC, c'est aussi au niveau européen,
02:31donc là-dessus, vraiment, on l'attend clairement pour l'année qui vient,
02:34parce que 2028, c'est tout de suite.
02:37Et justement, pour que je comprenne bien,
02:39et que nos téléspectateurs également puissent bien saisir,
02:42qu'est-ce qu'il faut faire pour vous en priorité ?
02:43C'est plutôt augmenter les prix ou baisser les charges ?
02:49Augmenter les prix, clairement augmenter les prix.
02:52Les charges, depuis des années,
02:54qu'on sent que l'agriculture est en souffrance,
02:57les charges, elles ont été réduites quand même fortement.
03:01On prend l'exemple, alors moi, par exemple, je suis céréalier,
03:04les années où il y a eu la guerre en Ukraine
03:07et où les prix étaient très élevés,
03:09on n'avait pas de soucis pour payer nos charges,
03:11et c'est plus ça le modèle que l'on veut,
03:13des prix qui soient rémunérateurs,
03:14qui correspondent réellement à la valeur
03:17qu'ont nos produits agricoles,
03:18et qui permettent de payer les charges, clairement.
03:22Si rien ne change d'ici un an, qu'est-ce que vous ferez ?
03:28La colère agricole se manifestera de nouveau,
03:32et dans un an, il y a les élections présidentielles,
03:35vous le savez très bien,
03:36donc c'est pour ça que clairement,
03:38tous les candidats, ou les futurs candidats,
03:39ou les candidats potentiels,
03:41ils vont venir nous voir sur le salon de l'agriculture
03:43pour prendre un peu la température,
03:45pour prendre le pouls,
03:46pour voir ce qu'il faut faire
03:47pour améliorer le modèle agricole,
03:50et ce sera dans les urnes l'an prochain
03:53que se jouera peut-être l'avenir de l'agriculture.
03:56Mais c'est clair que la colère très forte
03:58qui était née en 2024,
03:59et qui s'était exprimée lors de salons,
04:01derrière moi, vous vous en souvenez très bien,
04:03elle n'est pas apaisée,
04:05et clairement, il va falloir une action forte
04:07d'ici l'an prochain,
04:09pour que cette colère enfin puisse se calmer,
04:11que les agriculteurs puissent vivre dignement
04:14de leur métier.
04:14Ça fait des années qu'on le demande.
04:16Là, sincèrement, on est au bout du système,
04:19on est au bout de cette politique agricole commune.
04:21Il faut clairement que pour 2028,
04:23on ait des pistes qui permettent
04:25d'entrevoir une amélioration.
04:27Ce qui est extrêmement frustrant,
04:28c'est que tous les combats syndicaux
04:30que l'on fait jusqu'à maintenant,
04:31on se bat systématiquement
04:33pour que la situation n'empire pas.
04:35Ce que l'on voudrait,
04:35c'est réellement qu'elle s'améliore
04:37pour nos agriculteurs, pour nos éleveurs.
04:39On espère pouvoir faire passer ce message,
04:41pas qu'aujourd'hui,
04:42mais toute la semaine,
04:43auprès de tous les responsables politiques
04:44qui vont venir nous voir.
04:46Et pour finir sur ce salon,
04:48je sais que vous ne voulez pas rencontrer
04:50le chef de l'État ce matin,
04:52et on peut effectivement le comprendre.
04:53D'une manière ou d'une autre,
04:54vous avez essayé de lui faire passer
04:56votre message en manifestant
04:58votre colère aujourd'hui,
05:00lors de sa visite ?
05:03Je pense que le message compte tenu
05:05des modifications multiples de programmes
05:08pour ce matin qu'il a eu,
05:09je pense que le message,
05:10il l'a très bien compris.
05:11On l'a déjà rencontré plusieurs fois
05:13depuis fin décembre,
05:14donc le message, il le connaît.
05:16S'il y a tout ce dispositif,
05:17c'est évidemment qu'il ne souhaite pas
05:19qu'on vienne l'embêter.
05:21En revanche,
05:22tous les autres responsables politiques,
05:24ceux qui nous ont donné l'impression
05:25qu'ils voulaient sauver l'agriculture,
05:27qu'ils voulaient faire quelque chose pour eux,
05:28eux, évidemment, nous allons les rencontrer,
05:31nous allons discuter avec eux,
05:32mais là aussi, le message est clair,
05:35la tribune politique qu'ils servaient habituellement,
05:37qu'ils utilisaient habituellement
05:39au salon de l'agriculture,
05:40on n'en veut plus,
05:41on ne veut que des responsables politiques,
05:43clairement, qui ont fait le choix
05:44de défendre l'agriculture.
05:46François Valredde,
05:47Éric Revelle est à mes côtés,
05:48il a une question pour vous.
05:49Oui, je voulais vous poser une question
05:50parce que se joue une importante négociation
05:51en ce moment, vous avez dit,
05:52augmenter les prix aux producteurs
05:54plutôt que baisser les charges.
05:56Il y a une négociation comme chaque année
05:57entre la grande distribution,
05:59les industriels et les producteurs.
06:01Bon, Annie Gennevard a réussi un nouvel exploit
06:03puisque la grande distribution,
06:04pour l'instant, boycotte cette réunion,
06:06mais c'est un moment important
06:08que cette négociation
06:09avec la grande distribution et les industriels.
06:11Tout à fait.
06:13Oui, oui, oui,
06:14c'est un moment très important.
06:15Oui, oui.
06:16Oui, oui, et en fait,
06:18nous, ce qui compte, si vous voulez,
06:19pour que l'agriculteur soit rémunéré,
06:22grosso modo,
06:23qu'il ne soit pas en concurrence des loyales,
06:25faire tout un tas d'usines à gaz
06:27pour essayer de forcer des industriels
06:29à acheter des productions agricoles
06:32plus chères que le prix du marché,
06:36ça ne peut pas fonctionner.
06:37C'était les lois égalies,
06:38mais on s'est bien rendu compte
06:39que ça ne fonctionnait pas.
06:39Ce qu'il faut,
06:40c'est maîtriser le marché,
06:41qu'il n'y ait pas de concurrence des loyales
06:43pour que, clairement,
06:44les prix agricoles remontent
06:46et que les industriels,
06:48la grande distribution,
06:49ne puissent pas contourner
06:50tout ce système
06:51via l'Europe
06:53ou s'approvisionner moins cher
06:54dans le reste du monde.
06:56C'est clairement notre objectif,
06:58ce que l'on défend depuis des années
06:59et qui semble évident pour tout le monde,
07:02mais qui, visiblement,
07:02est très difficile
07:03à mettre en place
07:04et à mettre en œuvre.
07:08Merci beaucoup, François Valrette.
07:10Je le rappelle,
07:10vous êtes secrétaire général
07:13de la Coordination Rurale
07:14en direct depuis le Salon de l'Agriculture.
07:16On vous souhaite bon courage
07:16et on souhaite plein de courage
07:18à tous nos agriculteurs,
07:19à tout le monde paysan
07:20qui nourrit la France aujourd'hui.
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