00:00Des Africains envoyés sur le front ukrainien par la Russie,
00:03un Kényan avec une mine anti-char fixée à la poitrine.
00:05What's your name ?
00:06Francis.
00:07Ces vidéos massivement relayées mettent en lumière le sort des hommes africains enrôlés dans l'armée russe.
00:12Tout un écosystème économique qui s'est construit sur l'importation de chers à canons.
00:18Mais comment se retrouve-t-il en Ukraine au cœur de la guerre de Vladimir Poutine ?
00:23C'est ce que raconte cette enquête du collectif d'investigation Impact.
00:27D'abord, la Russie mène une campagne de recrutement en ligne par le biais de sites web,
00:31d'agences de voyage, de réseaux sociaux ou encore de messagerie instantanée.
00:35Un certain nombre d'agents de recrutement postent sur WhatsApp des offres pour rejoindre l'armée
00:40dans les chats ou les groupes dédiés aux offres d'emploi.
00:45Je m'appelle Boris, je suis russe. J'ai deux offres d'emploi pour tout le monde.
00:49Dans ces messages, les recruteurs multiplient les promesses alléchantes.
00:53Entre 2500 et 5000 dollars par mois et la possibilité de vivre en Russie en tant que citoyen.
00:59Cette générosité est un leurre selon des témoignages.
01:02Parallèlement, des soldats sont enrôlés sous la pression ou par tromperie.
01:06C'est ce qui est arrivé à celui qu'on voit dans cette vidéo.
01:08La chaîne CNN a retrouvé la mère de cet homme.
01:11Elle raconte que Francis Enderwa, 35 ans, s'était envolé pour la Russie
01:15en croyant qu'un poste d'ingénieur électricien l'y attendait.
01:17Mais il a finalement été contraint de suivre un entraînement militaire expéditif
01:21avant d'être déployé en Ukraine.
01:23Son sort aujourd'hui n'est pas connu.
01:25Comme lui, des centaines de Kenyans se sont liés involontairement à l'uniforme russe.
01:29A l'image de l'athlète Evans Kibet, aujourd'hui prisonnier de guerre en Ukraine,
01:33qui avait signé un contrat écrit en cyrillique.
01:42Au moins 1417 recrues africaines ont été enrôlées par la Russie,
01:46selon une liste de données obtenue par le collectif Impact.
01:49Une autre liste dévoile les noms de 317 soldats africains morts au combat.
01:53En moyenne, ils ont été tués six mois après la signature de leur contrat.
01:57Et on a un certain nombre d'hommes qui meurent au bout d'un mois.
02:01Ce constat, il est effrayant.
02:02Et en fait, ils s'expliquent parce que la plupart d'entre eux ne reçoivent pas de formation
02:06ou alors reçoivent une formation vraiment minimale.
02:09Et ils sont principalement utilisés pour vraiment aller en première ligne au front.
02:13Et comme l'analyse le collectif,
02:15ce système repose sur les difficultés économiques des personnes prêtes à émigrer.
02:19Notre rapport, il s'intitule « Business du désespoir »
02:22parce que la plupart des gens qui choisissent de prendre ces risques,
02:25c'est des gens qui sont dans une situation économique et sociale
02:28qui les poussent à accepter ce type d'offres
02:31parce qu'ils sont à la recherche de meilleures conditions de vie ainsi que de meilleurs salaires.
02:36Au Kenya, pays particulièrement touché,
02:38le gouvernement a condamné l'utilisation de ses citoyens comme chair à canon.
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