00:00Dettes publiques sous tension, crispation du front social, érosion du pouvoir d'achat, chômage persistant.
00:06Depuis plusieurs mois, le gouvernement navigue en eau trouble.
00:10Face à l'accumulation des difficultés, l'exécutif tente d'apporter des réponses ponctuelles aux urgences sans toujours parvenir à
00:17apaiser les frustrations.
00:18Mais un réflexe revient avec constance dans le discours officiel.
00:22Renvoyer systématiquement la responsabilité des mois actuels au régime déchu d'Ali Bongo.
00:28Un argument devenu central, brandi comme une clé d'explication universelle, mais qui peine de plus en plus à convaincre
00:35une opinion publique lassée.
00:37Cette lassitude s'est accentuée avec la montée en puissance médiatique d'Alain-Claude Bilébinzé, figure de proue de l
00:43'opposition.
00:44A travers des sorties publiques, l'ancien premier ministre dénonce un pilotage à vue et l'incapacité du pouvoir à
00:50produire des résultats tangibles.
00:52Face au camp présidentiel, visiblement en manque d'une stratégie de communication cohérente, oppose rarement un discours structuré.
01:00Il se contente le plus souvent de rappeler le lourd héritage laissé par l'ancien régime,
01:06comme si ce rappel suffisait à exonérer les actuels dirigeants de toute responsabilité politique.
01:12L'argument est particulièrement récurrent sur la question de la dette publique.
01:16Trois ans après la prise de pouvoir de Brice Clotaire au Ligu Nguema, le régime continue de souligner l'endettement
01:23hérité du passé.
01:24Pourtant, l'opposition rappelle qu'au moment du coup d'État, la dette se situait autour de 56% du
01:29PIB.
01:30Un niveau certes préoccupant, mais conforme à la norme communautaire.
01:34Surtout, elle accuse les autorités actuelles d'avoir accru l'endettement sans que cela ne se traduise par une amélioration
01:41visible du quotidien des Gabonais.
01:42« Routes inachevées et projets à l'arrêt, services publics toujours défaillants ».
01:47Pour beaucoup, l'argument de l'héritage ne suffit plus à masquer l'absence de résultats concrets.
01:53Dans l'opinion, le temps a clairement changé.
01:55Trois ans après, il y a désormais un bilan, résume un internaute, reflétant un sentiment largement partagé.
02:02Le nouveau régime en est à son troisième exercice budgétaire.
02:06Des dizaines de milliards de francs CFA ont été engagés, notamment les 63 milliards injectés dans les provinces en 2024,
02:13dont plusieurs projets restent inachevés voire inexistants.
02:16Le bétonnage des voies secondaires souvent citées est devenu un symbole de promesses non tenues.
02:22Dès lors, persister à tout imputer à l'ancien régime apparaît contre-productif.
02:26Non, le pouvoir en place ne peut plus durablement se réfugier.
02:30Derrière le passif d'Ali Bongo pour justifier ses propres insuffisances.
02:34Les Gabonais attendent désormais autre chose que des rappels historiques.
02:38Ils réclament des réponses claires et mesurables sur le pouvoir d'achat, l'emploi, la sécurité,
02:44l'indépendance de la justice et la vitalité démocratique.
02:47À l'épreuve du temps, l'argument de la faute à l'ancien régime s'use.
02:51Et avec lui, la patience d'un peuple en quête de résultats.
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