00:00Et tandis qu'on entrera dimanche, dimanche dans la cinquième année de guerre, les négociations pour la paix ont repris
00:06hier entre Ukrainiens et Russes à Genève, sous médiation américaine.
00:11Une deuxième séance de discussion est prévue aujourd'hui, mais pendant ce temps-là, François, les combats continuent, la Russie
00:17continue de bombarder et l'Ukraine de contre-attaquer.
00:20Oui, on va commencer par les négociations parce que ça ne se passe pas bien. On a entendu hier certains
00:27membres des délégations parler d'une ambiance délétère.
00:29Ça signifie généralement qu'on n'arrive pas à avancer. L'ambiance est un peu sinistre malgré les bouquets de
00:34fleurs.
00:35Vous êtes ici, là, dans la salle de balle de l'hôtel intercontinental de Genève, donc ambiance bunker, avec d
00:41'un côté, vous le voyez, les médiateurs américains, Kouchner et Witkoff.
00:44De l'autre, le chef de la délégation ukrainienne. Je vous avais parlé de lui, Roustemou Merov, ancien ministre de
00:49la Défense, qui est aujourd'hui le chef du Conseil national de sécurité ukrainien.
00:53Et en face, ça, c'est nouveau, Vladimir Poutine a décidé, pour cette négociation, de changer de chef de délégation.
01:00Vladimir Melinsky, ce n'est pas un très bon signe. Pourquoi ? Parce que Melinsky était déjà le chef de
01:07la première négociation entre les Russes et les Ukrainiens.
01:09C'était en février 2022, quelques jours seulement après le début de la guerre. Et la demande, à l'époque
01:15des Russes, était très simple.
01:17Vous capitulez ou on continue. Et donc, c'est l'homme de ce langage-là qui a été nommé chef
01:23de la délégation.
01:25Il est un ancien ministre de la Culture, extrêmement contravincé parce que ultra-nationaliste, ultra-réactionnaire, très, très proche de
01:33Poutine.
01:34Probablement corrompu parce que son épouse, Marina Melinskyya, millionnaire, à la fois sur le plan immobilier et sur le plan
01:42de la fortune personnelle.
01:43Bref, ça n'est vraiment pas l'homme auquel on s'attendait pour présider ces négociations à Genève.
01:49Même si, encore une fois, il ne faut présager de rien, il peut se passer aujourd'hui une ouverture.
01:53Mais enfin, il faut rester très prudent.
01:54Et pendant ce temps-là, sur le terrain, Dominique le disait, la guerre continue.
01:57Les Russes continuent d'attaquer et les Ukrainiens aussi.
02:00Oui, les bombardements, vous le savez, des Russes continuent sous forme de raids de missiles sur les infrastructures énergétiques.
02:10Et donc, ce qui est intéressant, c'est de voir que les Ukrainiens n'abandonnent pas la partie, mais avec
02:14des opérations beaucoup plus ciblées.
02:16C'est ce qu'indique le Kiev Post d'hier, avec notamment des opérations des services de renseignement sur des
02:21cibles extrêmement précises.
02:23Par exemple, ici, sur un entrepôt de missiles russes Iskander qui se trouve en Crimée.
02:28Mais ce sont aussi des frappes dans cette fameuse guerre du froid qui vise des installations électriques en Russie,
02:36notamment du côté de Belgorod et assez loin, en profondeur également,
02:42puisque même hier, il se trouve que les Ukrainiens ont réussi à frapper une caserne de police militaire à Saint
02:50-Pétersbourg,
02:50c'est-à-dire vraiment extrêmement loin de leur base.
02:54Ils ont réussi également à frapper d'autres cibles de l'armée russe.
03:00Et c'est ça qui nous intéresse parce que ça montre bien qu'à la fois, ils sont capables de
03:04résister
03:05et de contre-attaquer, y compris en reprenant du territoire aux Russes.
03:10C'est le cas à Zaporizhia où 200 km² ont été repris ces derniers jours par l'armée ukrainienne.
03:17Pourquoi ? Parce qu'ils ont réussi à saboter, à éliminer les satellites Starlink dont s'étaient emparés les Ukrainiens
03:24et qui leur permet d'envoyer des drones difficilement détectables.
03:28Donc c'est une forme de progrès pour les Ukrainiens,
03:30mais ça ne suffira pas probablement à renverser le cours de la guerre,
03:34mais peut-être à changer le rythme de la négociation avec les Russes.
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